đŸŒŸđŸ‡đŸ„ Eat's business đŸ•đŸ·đŸ§€ 2021-18

Bonjour Ă  toutes et Ă  tous, je vous propose cette newsletter dans laquelle vous trouverez quelques articles sur le monde de l’alimentaire qui m’ont semblĂ© intĂ©ressants dans la semaine prĂ©cĂ©dente. 

Pour ceux qui veulent la formule ristretto, les 3 articles que je vous conseille de lire en prioritĂ© cette semaine sont : 

Bonne lecture et bonne semaine Ă  toutes et Ă  tous!

Pour celles et ceux d’entre vous qui ont plus de temps pour la formule lungo :


Les Echos, « Les Français sont prĂȘts Ă  payer plus cher pour rĂ©munĂ©rer les agriculteurs Â», 11/05/2021

Le cabinet Simon-Kucher a rĂ©alisĂ© une enquĂȘte sur les hausses de prix que les Français sont prĂȘts Ă  accepter pour des produits agricoles français.

Lors de cette enquĂȘte, ils ont par exemple utilisĂ© le cas d'un lot de 2 filets de poulet qui serait vendu Ă  3,90 euros au lieu de 3,40 euros (soit une hausse de prix de 12 %) et pour lesquels ces 50 centimes supplĂ©mentaires seraient reversĂ©s directement aux producteurs. Pour 84% des rĂ©pondants, cette hausse est acceptĂ©e Ă  cette condition, sans que cela n'affecte leur consommation de viande.

Evidemment, certains mĂ©nages français ont un budget serrĂ© et, comme l’explique David Vidal, associĂ© chez Simon-Kucher, â€œil y a aujourd'hui, et il y aura demain, une partie des consommateurs beaucoup plus sensibles au prix et qui ne peut accepter aucune hausse de prix, quelle que soit la raison sous-jacente”. Il s’agit donc selon lui “d'estimer le poids de ce segment et de construire une offre qui puisse Ă©galement rĂ©pondre aux besoins de ces consommateurs”. 

D’aprĂšs les conclusions de cette enquĂȘte, pour leurs achats alimentaires (viande, Ɠuf, lait,
) les Français seraient prĂȘts Ă  accepter une hausse de prix si celle-ci rĂ©pond Ă  3 raisons principales : un bĂ©nĂ©fice santĂ©, une meilleure rĂ©munĂ©ration des producteurs ou un meilleur impact environnemental. 

Par contre, ceci n’est que du dĂ©claratif et, comme souvent, il y a une dichotomie entre ce que dit le citoyen et les produits qu’achĂšte rĂ©ellement le consommateur.

L’ADN, Le label Ă©quitable Fairtrade / Max Havelaar s’ouvre aux producteurs français, 05/05/2021 + LinĂ©aire, Max Havelaar prend la dĂ©fense des agriculteurs français, 05/05/2021

Pour la 20Úme édition de la Quinzaine du Commerce Equitable, Max Havelaar a commandité un nouveau sondage à Opinion Way. On y apprend que

  • 62% des Français dĂ©clarent plĂ©bisciter l’origine France des produits qu’ils consomment,

  • 53% rĂ©clament le respect d'un prix payĂ© aux agriculteurs qui couvre leurs coĂ»ts de production,

  • 39% sont favorables au dĂ©veloppement de marques et labels garantissant une juste rĂ©munĂ©ration.

Selon les rĂ©pondants, les 2 principales raisons qui pĂ©nalisent l’agriculture française sont :

  • les prix bas imposĂ©s aux agriculteurs par les intermĂ©diaires et distributeurs (67% des rĂ©pondants),

  • la concurrence avec d’autres pays aux normes moins contraignantes (63% des rĂ©pondants).

C’est dans ce contexte que Max Havelaar a dĂ©cidĂ© de proposer une labellisation des producteurs français et on pourra donc Ă  l’avenir retrouver le fameux logo sur des yaourts, crĂšmes desserts, viennoiseries, pĂątisseries, ou encore biscuits. La labellisation concernera les filiĂšres françaises de blĂ© et lait. Elle reposera sur une mĂ©thode inĂ©dite de fixation du prix garanti en fonction du territoire et d’un objectif chiffrĂ© de revenu. L’idĂ©e d’un prix en fonction du territoire est intĂ©ressante car, comme l’explique Blaise Desbordes, directeur gĂ©nĂ©ral de Max Havelaar France, « un seul prix Ă©quitable pour tout un pays peut ĂȘtre rĂ©ducteur. (
) Avec par exemple 40 centimes perçus par litre de lait, un producteur du Poitou peut ĂȘtre finalement moins bien rĂ©munĂ©rĂ© qu’un acteur breton qui perçoit 37 centimes. Â» 

A travers cette certification Ă©quitable “Nord-Nord”, Max Havelaar affiche 3 objectifs principaux :

  • garantie de meilleure rĂ©munĂ©ration,

  • accompagnement vers une agriculture durable,

  • contribution au maintien de territoires ruraux.

Pour ceux qui veulent en savoir plus sur la dĂ©marche, n’hĂ©sitez pas Ă  aller aussi consulter le dossier de presse.

L’Usine Nouvelle, Avec l'acquisition de Soufflet, InVivo devient la deuxiĂšme coopĂ©rative agricole d'Europe, 04/05/2021 + Les Echos, InVivo double de taille en avalant le gĂ©ant du nĂ©goce cĂ©rĂ©alier Soufflet, 04/05/2021

Nous en parlions en dĂ©but d’annĂ©e et c’est dĂ©sormais chose faite : le groupe coopĂ©ratif InVivo va donc racheter Soufflet pour donner naissance Ă  un groupe qui pĂšsera plus de 10 milliards d'euros de chiffre d'affaires et qui sera le 4Ăš (et non le 2Ăš comme on l’a lu un peu partout) groupe coopĂ©ratif agricole europĂ©en.

Ces deux entreprises sont peu connues du grand public. Et pourtant, Soufflet emploie 7 000 personnes au niveau mondial et est l'un des leaders mondiaux du malt avec une production de 2,3 millions de tonnes rĂ©alisĂ©e dans 27 malteries Ă  travers le globe. Soufflet a par ailleurs des projets d'investissement en cours en Ethiopie, en Russie, en Bulgarie ou en RĂ©publique TchĂšque. Comme l’explique Thierry BlandiniĂšres, le DG d’InVivo, « L'orge brassicole, qui est une activitĂ© trĂšs internationale, portĂ©e par le dĂ©veloppement de la consommation de biĂšre, est une importante source de valorisation pour les agriculteurs ». D’aprĂšs Les Echos, InVivo aurait pour ambition de doubler de taille dans le malt dans les cinq ans Ă  venir en investissant et en achetant de nouvelles usines. Soufflet est Ă©galement prĂ©sent dans la meunerie-boulangerie Ă  travers l’entreprise Neuhauser (connue pour ses marques Pomme de pain et BaguĂ©pi), rachetĂ©e il y a cinq ans et a rĂ©alisĂ© 377 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2019.

InVivo est une union de 192 coopĂ©ratives agricoles qui est historiquement spĂ©cialisĂ©e dans le commerce de cĂ©rĂ©ales mais qui est Ă©galement prĂ©sente dans la jardinerie, avec Jardiland, Delbard et Gamm Vert, dans la distribution alimentaire avec Frais d’Ici et Bio & Co, ainsi que dans le vin avec Cordier by InVivo.

Ouest France, BiÚre. La pandémie a fait reculer les ventes de Kronenbourg, 06/05/2021

EniĂšme consĂ©quence de la pandĂ©mie : Kronenbourg a vu ses ventes en volume diminuer de 10% en 2020 Ă  5,1 millions d’hectolitres pour atteindre un CA total de 844 millions d’euros. Et c’est logiquement le segment de la consommation hors domicile qui a le plus souffert avec une baisse de 48%. Le groupe a d’ailleurs prĂ©cisĂ© qu’en moyenne les dĂ©bits de boissons et les festivals reprĂ©sentent Ă  eux deux 30 % des ventes du groupe. Par ailleurs, il estime que “à peu prĂšs un tiers Ă  40 % du volume” qui n’a pas Ă©tĂ© vendu en “cafĂ©, hĂŽtel, restaurant” a Ă©tĂ© Ă©coulĂ© en grande distribution, en moyenne sur les 15 derniers mois.

Le Huffington Post, Une bouteille de Petrus revenue de l'espace estimée à un million de dollars par Christie's, 06/05/2021

Avis à nos lecteurs fortunés et amateurs de vin.

Nous vous parlions il y a un mois de Space Cargo Unlimited et de leurs bouteilles de PĂ©trus qui ont sĂ©journĂ© 14 mois dans la station spatiale internationale. Et bien une de ces bouteilles est dĂ©sormais en vente chez Christie’s et est estimĂ©e Ă  pas moins d’un million de dollars.

Les Echos, Alimentation : Bruxelles donne son feu vert Ă  un premier insecte dans nos assiettes, 04/05/2021

En dĂ©but de semaine derniĂšre, les Etats membres de l'Union europĂ©enne ont autorisĂ© l'utilisation de vers de farine jaunes sĂ©chĂ©s comme « nouvel aliment », ce qui est une premiĂšre. Cela signifie qu’il peut dĂ©sormais ĂȘtre utilisĂ© « sous forme de collation » ou alors sous forme de poudre « dans des biscuits ou des produits Ă  base de pĂątes ». Cette autorisation a Ă©tĂ© obtenue par l’entreprise française Agronutris

Cette autorisation fait en fait écho à la stratégie « De la ferme à la table » qui a été présentée en 2020 par la Commission européenne et dans laquelle la Commission a mis en avant les insectes comme une source de protéines de substitution « qui peut soutenir la transition de l'UE vers un systÚme alimentaire plus durable ».

L’article prĂ©cise par ailleurs que onze autres demandes du mĂȘme type sont en cours d'examen par l'EFSA.

BFM TV, Pourquoi le pain de mie aiguise l’appĂ©tit des industriels, 10/05/2021

BFM nous apprend que l’entreprise espagnole Vicky Food va investir pas moins de 45 millions d’euros pour ouvrir sa premiùre usine en France d'ici fin 2022.

L’article prĂ©cise que, selon les chiffres d’IRI, les ventes de la panification prĂ©emballĂ©e ont atteint 855 millions d'euros sur la pĂ©riode allant de mars 2020 Ă  mars 2021 (soit +11,7% sur un an). Au sein de cette catĂ©gorie, le pain de mie reprĂ©sente plus de la moitiĂ© des ventes et est en progression de +7% sur un an. Et si 2020 a Ă©tĂ© une annĂ©e atypique Ă  bien des Ă©gards, les ventes de pain de mie ont encore progressĂ© de 7% au 1er trimestre de cette annĂ©e selon Nielsen.

Le marchĂ© du pain de mie est dominĂ© par deux acteurs : Harrys (filiale du groupe italien Barilla), qui reprĂ©sente environ un tiers des ventes, et Jacquet (filiale du groupe coopĂ©ratif Limagrain), qui reprĂ©sente environ 15%. Les MDD pĂšsent quant Ă  elles environ la moitiĂ© des ventes.  

AprĂšs avoir Ă©tĂ© dĂ©criĂ© pendant quelques annĂ©es, notamment Ă  cause de son apport calorique et des additifs le composant, le renouveau du pain de mie s’explique en partie par des innovations axĂ©es sur la nutrition (sans sucres ajoutĂ©s, affichage du Nutri-score, au seigle, au quinoa, Ă  la farine d'Ă©peautre
) et le dĂ©veloppement d’offres bio.  


Financial Times, The battle for the future of milk, 07/05/2021

Alors que NestlĂ© vient de lancer Wunda, sa propre alternative vĂ©gĂ©tale au lait, le Financial Times s’est intĂ©ressĂ© Ă  ce segment en plein boom qui pĂšse dĂ©jĂ  17 milliards de dollars selon Euromonitor. Toutefois, mĂȘme s’il commence Ă  prendre de l’ampleur, ce segment ne reprĂ©sente encore qu'une petite fraction du marchĂ© global des produits laitiers, qui est estimĂ© Ă  650 milliards de dollars par an. Mais les multinationales de l’agroalimentaire y investissent de plus en plus et il existe dĂ©sormais au moins 124 startups qui se sont lancĂ©es sur ce crĂ©neau selon les donnĂ©es de Pitchbook. Le suĂ©dois Oatly prĂ©pare mĂȘme sa prochaine introduction en bourse, qui pourrait le valoriser jusqu'Ă  10 milliards de dollars.

L'enjeu pour tous ces acteurs est de taille : selon leurs dĂ©fenseurs, les Ă©missions de gaz Ă  effet de serre Ă©mises lors de la production de “lait vĂ©gĂ©tal” sont infĂ©rieures Ă  celles Ă©mises lors de la production de lait de vache. De plus, ces alternatives ouvrent la voie Ă  une nouvelle approche de l'alimentation et des boissons, sans animaux et de haute technologie, qui pourrait contribuer Ă  nourrir l'humanitĂ© et Ă  freiner le rĂ©chauffement climatique.

Selon l’article, la demande pour le “lait vĂ©gĂ©tal” s'est en fait nourrie de la culture des cafĂ©s. Ainsi, comme l’explique un expert de chez Bernstein, “choisir son type spĂ©cifique de lait vĂ©gĂ©tal chez Starbucks semble ĂȘtre une façon de s'identifier”.

Cette entrĂ©e tardive de certaines multinationales comme NestlĂ© sur ce marchĂ© traduit, selon l’article, leur conviction que la tendance des alternatives vĂ©gĂ©tales au lait est un changement durable, et pas seulement une mode chez la classe moyenne. Pour mettre au point Wunda, les chercheurs de NestlĂ© ont combinĂ© des protĂ©ines de pois avec de l'eau, des fibres de chicorĂ©e, du sucre et de l'huile de tournesol.

Historiquement, les "laits végétaux" produits à partir de graines de soja sont fabriqués en Chine depuis des siÚcles, tandis que le lait d'amande a une longue histoire au Moyen-Orient. Mais les laits végétaux ont atteint les marchés européens et américains beaucoup plus tardivement.

La sensibilisation croissante à l'intolérance au lactose a stimulé la demande de lait de soja dans les années 1970 et 1980, soutenue par une nouvelle génération de consommateurs soucieux de leur santé. Les ménages à la recherche d'une boisson végétalienne peuvent désormais choisir parmi l'avoine, les noix de cajou, la noix de coco, le chanvre, les pois, l'orge, le riz, les graines de chia et autres. Le soja a décliné en raison des préoccupations liées aux allergies et à sa contribution à la déforestation.

Au cours de la derniÚre décennie, les ventes de laits végétaux (hors lait à base de soja) ont été multipliées par neuf sur les marchés occidentaux, qui comprennent l'Europe occidentale, l'Amérique du Nord et l'Australasie, selon Euromonitor.

Les investissements en capital-risque dans le secteur des alternatives vĂ©gĂ©tales aux produits laitiers et aux Ɠufs ont grimpĂ© en flĂšche pour atteindre 1,6 milliard de dollars l'annĂ©e derniĂšre, contre 64 millions de dollars en 2015, selon Dealroom. Et, mĂȘme si le lait vĂ©gĂ©tal deviendra moins rentable Ă  l’avenir, les experts sont convaincus qu'il a un rĂŽle Ă  jouer pour freiner le changement climatique.

New York Times, Are Plant Milks Good for You?, 10/05/2021

Le New York Times s’intĂ©resse d’un peu plus prĂšs Ă  la composition des alternatives vĂ©gĂ©tales au lait.

Ces substituts Ă  base de plantes sont gĂ©nĂ©ralement fabriquĂ©s en faisant tremper la lĂ©gumineuse, la noix, la cĂ©rĂ©ale ou tout autre ingrĂ©dient principal. On presse ensuite l’ensemble et on en extrait le liquide. Beaucoup de gens les prĂ©fĂšrent parce qu'ils veulent (ou doivent) Ă©viter les produits laitiers mais certains les choisissent parce qu'ils pensent qu'ils sont plus sains que le lait de vache.

Comme l’explique Melissa Majumdar, porte-parole de l'Academy of Nutrition and Dietetics, “en gĂ©nĂ©ral, ces laits non laitiers ont Ă©tĂ© prĂ©sentĂ©s comme Ă©tant plus sains, mais ce n'est pas nĂ©cessairement le cas”. Les experts invitent donc les consommateurs Ă  examiner l'Ă©tiquette nutritionnelle car certains laits ne sont pas aussi bons pour la santĂ© qu'ils le semblent. Finalement tout dĂ©pend du type de lait vĂ©gĂ©tal que vous buvez, du fait qu'il soit ou non enrichi, de la quantitĂ© de sucres ajoutĂ©s qu'il contient et de la maniĂšre dont il s'intĂšgre Ă  votre rĂ©gime alimentaire gĂ©nĂ©ral.

Le lait de vache est naturellement riche en protéines, en calcium, en potassium et en vitamines B, et il est souvent enrichi en vitamine A (naturellement présente dans le lait entier) et en vitamine D. Si de nombreux laits d'origine végétale sont enrichis de plusieurs des nutriments présents dans le lait de vache, tous ne le sont pas. De plus, beaucoup ne fournissent pas suffisamment certains nutriments clés comme les protéines, le potassium et la vitamine D.

L’article compare ensuite les six principales alternatives vĂ©gĂ©tales au lait (amande, avoine, soja, noix de coco, pois et riz) en termes de goĂ»t, de protĂ©ines, de calories, de graisses et d'autres attributs.

New York Times, Epicurious Has a Beef With Beef, 29/04/2021

Le site amĂ©ricain de recettes de cuisine Epicurious a annoncĂ© sur son blog qu’il ne publiera plus de nouvelles recettes Ă  base de bƓuf en raison de prĂ©occupations liĂ©es au changement climatique.

Les auteurs du post explique que ce changement est “uniquement liĂ© Ă  la durabilitĂ©, au fait de ne pas donner de visibilitĂ© Ă  l'un des pires contrevenants au rĂ©chauffement climatique au monde”. Selon eux, “cette dĂ©cision n'est pas anti-bƓuf mais plutĂŽt pro-planĂšte”.

Ce changement signifie qu'aucune nouvelle recette à base de bƓuf ne figurera sur la page d'accueil ou sur le fil Instagram d’Epicurious. Les recettes de bƓuf existantes resteront toutefois disponibles.

Evidemment cette dĂ©cision fait dĂ©bat, que ce soit chez les Ă©leveurs amĂ©ricains et les amateurs de viande mais Ă©galement chez les dĂ©fenseurs des animaux, pour qui il faudrait faire de mĂȘme avec les recettes Ă  base de poulet.

Just Food, Label for upcycled foods unveiled in the US, 26/04/2021

Aux Etats-Unis, un nouveau label intĂ©ressant vient d’ĂȘtre lancĂ©. Ce dernier a pour objectif de “fournir aux consommateurs des indications claires sur la prĂ©sence d'ingrĂ©dients alimentaires recyclĂ©s” dans toute une sĂ©rie de produits de consommation, y compris les aliments.

Ce label a Ă©tĂ© Ă©laborĂ© par l'Upcycled Food Association (UFA) et est, selon cette derniĂšre, la premiĂšre norme de certification au monde pour les produits “upcyclĂ©s”. Les entreprises qui souhaitent adhĂ©rer Ă  la certification doivent autoriser un audit de leur chaĂźne d'approvisionnement pour s'assurer que leurs ingrĂ©dients recyclĂ©s proviennent d'une source vĂ©rifiĂ©e. La norme exige Ă©galement des informations sur la quantitĂ© de contenu “upcyclĂ©â€ dans un ingrĂ©dient ou un produit ou encore la quantitĂ© d'un ingrĂ©dient qui Ă©tait destinĂ©e Ă  ĂȘtre perdue ou gaspillĂ©e.

L’article prĂ©cise que les Etats-Unis sont Ă  l'avant-garde du marchĂ© de consommation des aliments alimentaires recyclĂ©s, qui est encore une niche mais qui est en pleine expansion, comme en tĂ©moignĂ© les 400 produits qui sont dĂ©jĂ  sur le marchĂ©.

Financial Times, Food delivery groups braced for threat from rival apps, 05/05/2021+CNBC, Apps that promise grocery deliveries in 10 minutes are invading Europe as shopping shifts online, 12/05/2021

Les startups de Q-Commerce (GoPuff, Getir, Gorillas, Weezy, Dija, Cajoo, 
) continuent Ă  se dĂ©velopper en Europe Ă  coups de levĂ©es de fonds records (elles ont levĂ© environ 1,56 milliard de $ en Europe depuis le dĂ©but de l'annĂ©e contre 687 millions de $ sur toute l’annĂ©es 2020). Et ce n’est pas fini car selon Bloomberg, Getir et Gorillas cherchent toutes deux Ă  Ă  lever au moins 500 millions de dollars, ce qui les valoriserait respectivement Ă  7 et 6 milliards de dollars. Et elles utilisent leur trĂ©sor de guerre pour offrir de fortes remises afin de capter de nouveaux clients et de gagner des parts de marchĂ©

A tel point que les principaux acteurs de la livraison de repas Ă  domicile commencent Ă  regarder d’un mauvais oeil ces nouveaux concurrents. Uber Eats, DoorDash et Deliveroo misent en effet Ă©galement gros sur la livraison de produits d'Ă©picerie, qui reprĂ©sente pour eux un marchĂ© potentiellement plus important que celui de la livraison de repas. Selon le Financial Times, les dirigeants de Just Eat Takeaway.com et de Delivery Hero ont mis en garde contre une concurrence fĂ©roce qui rendrait difficile la rĂ©alisation de bĂ©nĂ©fices. De leur cĂŽtĂ©, Uber et Deliveroo envisageraient de faire des alliances avec ces nouvelles entreprises de livraison. Aux États-Unis, Uber a par exemple conclu un partenariat de grande envergure avec GoPuff, le service de livraison de proximitĂ© basĂ© Ă  Philadelphie, qui sera disponible via Uber Eats dans des dizaines de villes. Deliveroo teste actuellement un accord de distribution similaire avec Dija. ParallĂšlement, le groupe amĂ©ricain de livraison de repas DoorDash ainsi qu’Amazon envisageraient tous deux de rĂ©aliser un investissement ou une acquisition dans le secteur en Europe. Une telle opĂ©ration permettrait ainsi Ă  DoorDash de mettre un pied en Europe.

Pierre-Dimitri Gore-Coty, Senior Vice President Delivery chez Uber, a dĂ©clarĂ© qu'il suivait de prĂšs ce qui se passe du cĂŽtĂ© de Q-Commerce, aprĂšs avoir vu la taille de l'activitĂ© livraison de produits d’épicerie d'Uber ĂȘtre multipliĂ©e par 7 en Europe, au Moyen-Orient et en Afrique au cours des 12 derniers mois. Il compare par ailleurs la frĂ©nĂ©sie de financements autour des applications d'Ă©piceries livrĂ©es en 10 minutes Ă  la celle qui s’était emparĂ©e il y a quelques annĂ©es des services de location de vĂ©los et de scooters Ă©lectriques.

Les investisseurs pensent que les startups de Q-commerce vont prospérer longtemps aprÚs la pandémie. Mais certains cadres et experts du secteur du commerce de détail sont sceptiques quant à l'essor des applications de livraison rapide de produits alimentaires.

The Guardian, ‘More than a job’: the meal delivery co-ops making the gig economy fairer, 11/05/2021

Alors que les livraisons de repas Ă  domicile ont explosĂ© un peu partout dans le monde avec la pandĂ©mie et que les gros acteurs de ce marchĂ© en ont profitĂ©, The Guardian s’intĂ©resse Ă  ces alternatives plus Ă©thiques et sociales qui se sont crĂ©Ă©es en Europe.

Elles se nomment Eraman en Espagne, Olvo en France ou encore Khora en Allemagne et ces entreprises ont un point commun : ce sont des coopĂ©ratives. Elles sont dirigĂ©es par les travailleurs et se targuent d'ĂȘtre gouvernĂ©es dĂ©mocratiquement. Comme le rĂ©sume Cristina GonzĂĄlez, qui est coopĂ©ratrice chez Eraman, “c'est un travail, mais c'est aussi plus que cela. Chez Eraman, vous ĂȘtes un maillon de la chaĂźne, un membre d'une Ă©quipe, chez Glovo, vous ĂȘtes un pion, la derniĂšre position dans une hiĂ©rarchie.”

Et ces coopératives utilisent un logiciel mis au point par la fédération de coopératives CoopCycle, qui a été lancée par des français il y a quelques années et qui compte désormais 67 coopératives dans sept pays et s'est étendue de l'Europe au Canada et à l'Australie.

Les coopératives affirment que leur modÚle économique est plus avantageux pour les restaurants et les usagers. Eraman, par exemple, fait payer aux restaurants entre 10 et 20 % de la valeur de la commande, alors que Deliveroo prend 32 %, que la commission moyenne de Glovo est de 35 % et que celle de Just Eat et Uber Eats est de 36,20 %.

Mais l’une des questions clĂ©s est la suivante : ces coopĂ©ratives de livraison dirigĂ©es par des travailleurs peuvent-elles constituer une vĂ©ritable alternative aux gĂ©ants de la livraison?

Wine Spectator, A Second Life for Winemaking's Leftover Grape Skins, 28/04/2021

Le marc de raisin est un sous-produit de la vinification qui peut peser jusqu'Ă  30 % du poids total du raisin et dont l’élimination pose problĂšme car cela reprĂ©sente au global des milliers de tonnes de dĂ©chets par an.

Mais une Ă©tude rĂ©cente a rĂ©vĂ©lĂ© que ce sous-produit, composĂ© de peaux, de tiges et de graines, pourrait ĂȘtre un complĂ©ment de santĂ©. En effet, des chercheurs de l'universitĂ© de Californie ont dĂ©couvert que le marc de raisin Chardonnay contient des quantitĂ©s importantes d'oligosaccharides, un type d'hydrate de carbone prĂ©sent dans divers tissus vĂ©gĂ©taux et humains. Des Ă©tudes sur les oligosaccharides ont rĂ©vĂ©lĂ© que ce composĂ© contribue Ă  promouvoir la santĂ© immunitaire et intestinale.

Ces résultats constituent une découverte intéressante, car ils pourraient ouvrir la voie à de nouveaux débouchés pour le marc de raisin, notamment sous forme de compléments alimentaires.

Le papier de recherche est disponible ici.


Et vous? Est ce que vous avez déjà mangé des insectes?

Cela bouge enfin du cÎté des produits bio suremballés


Eat’s Business #17 | Emmanuel Rubin commente les actus bouffe : rĂ©quisitoire contre les gĂ©ants de la livraison de repas, casse-tĂȘte de la rĂ©ouverture des restos et les nouveaux OGM, 11/05/2021


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O. Frey