Bonjour Ă toutes et Ă tous, Eat's Business est une newsletter dans laquelle vous trouverez une revue de presse de quelques articles sur le monde de lâalimentaire qui mâont semblĂ© intĂ©ressants dans la semaine prĂ©cĂ©dente.Â
Pour ceux qui veulent la formule ristretto, les 3 articles que je vous conseille de lire en prioritĂ© cette semaine sont :Â
Les Ăchos, Pourquoi les « fast-foods » amĂ©ricains dĂ©barquent Ă la chaĂźne en France, 30/07/2024
Financial Times, Haute honey â the oenophileâs stealthiest status symbol, 29/07/2024
Inc, Burgers, Ice Cream, Brownies: How Upcycling Turns Food Waste Into Great Eating, 23/07/2024
Bonne lecture et bonne semaine Ă toutes et Ă tous!
Pour celles et ceux dâentre vous qui ont plus de temps pour la formule lungo :
Un peu dâautopromo pendant ces vacances dâĂ©tĂ©.
Rapport disponible Ă la vente ici : www.tendancesfood.com


Le Figaro, JO Paris 2024 : menu végétarien, frites interdites, baguettes... Dans les coulisses du plus grand restaurant du monde, 25/07/2024
Les Jeux Olympiques de Paris 2024 battent leur plein, et le Village olympique s'anime. Au cĆur de cette effervescence, un dĂ©fi colossal se joue en coulisses : nourrir les milliers d'athlĂštes et leur staff. Sodexo Live!, filiale du gĂ©ant de la restauration collective, orchestre cette opĂ©ration d'envergure. Le chiffre est impressionnant : jusqu'Ă 40 000 repas sont servis quotidiennement au plus fort des Jeux. Pour relever ce dĂ©fi, Sodexo a dĂ©ployĂ© une brigade de 1 000 personnes Ă la CitĂ© du CinĂ©ma de Saint-Denis, transformĂ©e en "plus grand restaurant du monde" avec 3 500 places.
L'Ă©laboration du plan de menus a nĂ©cessitĂ© des semaines de prĂ©paration. RĂ©sultat : plus de 500 recettes, dont un tiers 100% vĂ©gĂ©tariennes, dĂ©clinĂ©es en quatre styles culinaires. L'objectif est de satisfaire les palais et les besoins nutritionnels des 200 dĂ©lĂ©gations prĂ©sentes, tout en respectant un cahier des charges exigeant : 80% de produits d'origine française et 25% d'ingrĂ©dients provenant d'un rayon de moins de 250 km. Carrefour, sponsor premium des Jeux, assure l'approvisionnement en produits frais. Le distributeur livre 600 tonnes de denrĂ©es pendant l'Ă©tĂ©, s'appuyant sur son rĂ©seau de 30 000 producteurs français. Trois supĂ©rettes Ă©phĂ©mĂšres ont Ă©galement Ă©tĂ© installĂ©es dans les diffĂ©rents villages olympiques. Danone et Coca-Cola participent Ă l'effort, le premier en fournissant des produits laitiers adaptĂ©s aux sportifs, le second en installant des fontaines Ă boissons et un coffee shop. Pour Ă©viter la nostalgie culinaire, certains sponsors nationaux ont pris des initiatives. Ainsi, Ajinomoto, partenaire du comitĂ© olympique japonais, a ouvert une Ă©picerie proposant des produits nippons. Un chef Ă©toilĂ© franco-japonais a créé mĂȘme un menu spĂ©cial pour la dĂ©lĂ©gation japonaise.
MalgrĂ© quelques difficultĂ©s de rĂ©approvisionnement les premiers jours, notamment pour les Ćufs et les grillades, la machine semble dĂ©sormais bien huilĂ©e. Les organisateurs ont dĂ» faire face Ă certaines contraintes, comme l'interdiction des frites pour des raisons de sĂ©curitĂ©. Ce dispositif impressionnant, qui fonctionne 24h/24 et 7j/7 jusqu'Ă la fin des Jeux Paralympiques, illustre l'ampleur logistique de l'Ă©vĂ©nement.
LibĂ©ration, Gastronomie et JO : est-il vrai que lâon mange si mal sur les sites olympiques parisiens ?, 01/08/2024
Au village olympique, certains athlĂštes expriment leur mĂ©contentement. L'Ă©quipe amĂ©ricaine de gymnastique, notamment, trouve la nourriture dĂ©cevante et parfois insuffisante. Sur les 60 000 repas quotidiens, seuls 600 sont prĂ©parĂ©s par des chefs Ă©toilĂ©s. Sodexo Live, le fournisseur officiel, affirme avoir ajustĂ© les approvisionnements pour rĂ©pondre Ă la demande, notamment pour les Ćufs et les grillades.
La diversité culturelle pose un défi supplémentaire, avec 208 nations représentées et autant de préférences alimentaires à satisfaire. Des problÚmes spécifiques sont soulevés, comme le manque de nourriture casher. Cependant, tous les retours ne sont pas tous négatifs. Le nageur norvégien Henrik Christiansen est devenu fan des muffins au chocolat servis au village, gagnant le surnom de "Muffin Man".
Pour les spectateurs, l'offre dans les stades est Ă©galement critiquĂ©e pour son manque d'originalitĂ©, avec une prĂ©dominance de fast-food international. Les fan-zones offrent des options limitĂ©es, bien que certaines proposent des alternatives vĂ©gĂ©tariennes et sans gluten. La bonne surprise vient du parc des nations Ă la Villette, oĂč une mini-exposition universelle propose une variĂ©tĂ© de cuisines internationales. Les pavillons de la Slovaquie, de la Mongolie, de l'Inde, de la Colombie et du BrĂ©sil offrent des spĂ©cialitĂ©s locales apprĂ©ciĂ©es, bien que parfois coĂ»teuses. Au Club France, un comptoir de spĂ©cialitĂ©s antillaises se dĂ©marque comme l'une des meilleures options culinaires.
Cette situation soulÚve des questions sur la capacité de la France à honorer sa réputation gastronomique lors d'un événement d'une telle ampleur. Les contraintes logistiques et la nécessité de satisfaire un public international semblent avoir conduit à des compromis sur la qualité et l'authenticité des plats proposés. Néanmoins, l'expérience culinaire des Jeux n'est pas uniformément négative.

Les Echos, La folle histoire de NataĂŻs, le roi du pop-corn au coeur du Gers, 06/07/2024
Au cĆur du Gers, une success-story agricole et industrielle redessine le paysage Ă©conomique local. NataĂŻs, devenu en trente ans le premier producteur europĂ©en de maĂŻs Ă pop-corn, illustre comment une entreprise innovante peut dynamiser un territoire rural.
Tout commence en 1994 lorsque Michael Ehmann, jeune agriculteur d'origine allemande, crĂ©e Pop-Corn Midi-PyrĂ©nĂ©es Ă BĂ©zĂ©ril, un village de 130 Ăąmes. L'idĂ©e lui vient lors d'un voyage aux Ătats-Unis. AprĂšs des annĂ©es d'adaptation aux conditions pĂ©doclimatiques locales, l'entreprise connaĂźt un vĂ©ritable essor avec le conditionnement de sachets de maĂŻs Ă Ă©clater au micro-ondes pour les particuliers.
Aujourd'hui, Nataïs pÚse 35% du marché européen du pop-corn. Avec un chiffre d'affaires de 80 millions d'euros en 2023, en progression de 48% sur cinq ans, et 150 salariés, l'entreprise est devenue un acteur économique majeur de la région. Son site de production de dix hectares, en constante expansion, tranche dans le paysage rural du Gers. L'impact sur le territoire est significatif. Nataïs représente un quart des recettes fiscales des entreprises de la communauté de communes du SavÚs. Pour Bézéril, cela se traduit par une manne financiÚre permettant la rénovation d'infrastructures locales et l'attraction de nouveaux services, comme l'installation récente d'un médecin.
Au-delà de son propre développement, Nataïs a créé un écosystÚme vertueux avec 210 agriculteurs locaux qui cultivent 8 000 hectares de maïs à pop-corn sous contrat. L'entreprise les accompagne vers des pratiques agroécologiques, encourageant l'utilisation de couverts végétaux pour améliorer la qualité des sols. Cette démarche, rémunérée par Nataïs, permet aux agriculteurs d'augmenter leurs revenus tout en adoptant des méthodes plus durables. L'engagement local de Nataïs se manifeste également par son soutien à la vie associative et culturelle, via le sponsoring du club de rugby local et du festival Jazz in Marciac.
Cette rĂ©ussite, Michael Ehmann l'attribue Ă l'innovation constante et Ă l'ancrage territorial. L'entreprise, dĂ©sormais familiale avec l'implication des enfants du fondateur, a mĂȘme lancĂ© sa propre marque de maĂŻs au nom gascon : Peta Milhoc, "le maĂŻs qui Ă©clate".

Les Ăchos, Dunkin': le roi du donut qui dĂ©barque face Ă Starbucks et Krispy Kreme en France, 25/07/2024
Le marchĂ© français du donut s'apprĂȘte Ă connaĂźtre une nouvelle secousse avec l'arrivĂ©e prochaine du gĂ©ant amĂ©ricain Dunkin'. Cette annonce, faite par Inspire Brands, propriĂ©taire de la marque, marque une Ă©tape importante dans l'expansion de l'enseigne en France, faisant suite Ă l'implantation de son concurrent Krispy Kreme en dĂ©cembre 2023. Dunkin' s'associe au groupe belge QSRP, dĂ©jĂ bien implantĂ© dans la restauration rapide en France avec des marques comme Quick, Burger King et O'Tacos. Ce partenariat stratĂ©gique vise Ă dĂ©velopper la marque de maniĂšre significative sur le territoire, en commençant par l'ouverture d'un premier point de vente Ă Paris, prĂ©vue pour dĂ©but 2025.
Avec 13 700 établissements dans prÚs de 40 pays, Dunkin' apporte son expérience internationale sur un marché français encore peu exploité. L'enseigne, qui a généré un revenu de 1,4 milliard de dollars en 2023, se positionne comme un concurrent direct de Starbucks plutÎt que de Krispy Kreme. En effet, 60% de ses ventes proviennent désormais du café, une évolution stratégique initiée au début des années 2000 pour revitaliser la marque. Malgré cette diversification, Dunkin' reste un acteur majeur du donut et en écoule pas moins de 2,9 milliards par an à travers le monde.
Son arrivĂ©e en France soulĂšve des questions sur la rĂ©ceptivitĂ© du marchĂ© français Ă ce produit typiquement amĂ©ricain, dans un pays rĂ©putĂ© pour sa pĂątisserie traditionnelle. Pourtant, Alexandre MaizouĂ©, directeur gĂ©nĂ©ral de Krispy Kreme France, voit d'un bon Ćil l'arrivĂ©e de ce concurrent. Il estime que la prĂ©sence du leader mondial contribuera Ă "Ă©vangĂ©liser" les Français Ă ce produit, crĂ©ant ainsi un vĂ©ritable marchĂ© du donut en France. Krispy Kreme, qui aura dĂ©jĂ ouvert une vingtaine de sites Ă l'arrivĂ©e de Dunkin', mise sur sa stratĂ©gie de monoproduit frais, fabriquĂ© sous les yeux des clients. Cette approche diffĂ©renciĂ©e pourrait ĂȘtre un atout face Ă l'offre plus diversifiĂ©e de Dunkin'.

Les Ăchos, Pourquoi les « fast-foods » amĂ©ricains dĂ©barquent Ă la chaĂźne en France, 30/07/2024
Les chaßnes de restauration rapide américaines débarquent en force sur le marché français, considéré comme stratégique malgré sa réputation de pays gastronomique. Depuis une dizaine d'années, le rythme d'arrivée de ces enseignes s'est considérablement accéléré. Alors qu'il avait fallu 12 ans entre l'ouverture du premier McDonald's (1979) et celle du premier KFC (1991), l'arrivée de nouvelles chaßnes est devenue presque banale. Five Guys (2016), Carl's Jr. (2018), Popeyes (2023), Krispy Kreme (2023), et bientÎt Dunkin' (2025) et potentiellement Wendy's illustrent cette tendance.
Plusieurs facteurs expliquent cet engouement. Le succĂšs de McDonald's en France, avec le ticket moyen le plus Ă©levĂ© au monde (12-13 euros), a ouvert la voie. La culture amĂ©ricaine, trĂšs apprĂ©ciĂ©e en France, facilite l'implantation de ces enseignes. La gĂ©nĂ©ration Z, nĂ©e entre 1997 et 2000, est particuliĂšrement rĂ©ceptive Ă cette "pop culture" vĂ©hiculĂ©e par les rĂ©seaux sociaux. Ces chaĂźnes ont Ă©galement fait des efforts pour s'adapter au marchĂ© français, connu pour son exigence de qualitĂ©. Elles ont souvent Ă©levĂ© leurs standards et cherchĂ© Ă s'approvisionner localement. La crĂ©ativitĂ© autour du burger et le rapport qualitĂ©-prix attractif en font une option de sortie familiale abordable. Cependant, toutes les enseignes n'ont pas connu le mĂȘme succĂšs. Des erreurs de positionnement ont parfois freinĂ© leur dĂ©veloppement. Steak 'n Shake et Carl's Jr., par exemple, ont Ă©tĂ© concurrencĂ©s par la gamme premium de McDonald's. Ă l'inverse, Five Guys a rĂ©ussi Ă s'imposer malgrĂ© des prix Ă©levĂ©s grĂące Ă son concept de personnalisation totale.
Le marché français approche néanmoins de la saturation. Les emplacements deviennent rares et onéreux, tandis que les chaßnes déjà installées poursuivent leur expansion rapide. Burger King est passé de 222 à 515 points de vente entre 2019 et 2023, KFC de 260 à 363. McDonald's, déjà bien implanté, ne montre qu'une croissance limitée, signe d'une certaine saturation. Malgré ces défis, le marché français reste un baromÚtre crucial pour ces géants américains. Réussir en France est perçu comme un gage de succÚs potentiel ailleurs, faisant écho à la célÚbre chanson de Frank Sinatra : "If I can make it there, I'm gonna make it anywhere".

Le Monde, Une vague de cocktails au goût du Japon, 16/07/2024
Une nouvelle tendance mixologique s'empare des bars français : les cocktails d'inspiration japonaise. De Paris à Lyon, une jeune génération de bartenders, bercée par la culture pop nippone, réinvente les alcools traditionnels de l'Archipel pour séduire les palais européens. Cette vague, fruit d'un soft power japonais de longue date, trouve ses racines dans la fascination pour les mangas, les jeux vidéo et la high-tech. Aujourd'hui, elle se manifeste par une réinterprétation créative des spiritueux japonais tels que le saké, le shochu ou l'awamori.
à Paris, le bar Danico, classé 51e au World's 50 Best Bars 2023, propose une carte thématique sur le Japon. On y découvre des créations audacieuses comme le Shinkansen, un cocktail aux saveurs iodées et salines, ou l'Edmond Honda, variante du manhattan aux accents nippons. Ces boissons jouent habilement avec les références à la pop culture japonaise pour attirer une clientÚle curieuse. à Lyon, le bar Kodama, fondé par Julie Cétan, passionnée du Studio Ghibli, offre une immersion dans l'univers des alcools japonais et coréens. L'établissement propose des cocktails originaux inspirés des voyages de sa créatrice, accompagnés de street food à la tokyoïte.
Cette tendance s'observe dans plusieurs villes françaises, chaque Ă©tablissement dĂ©veloppant sa propre vision sans chercher Ă reproduire fidĂšlement le modĂšle japonais. C'est cette rĂ©interprĂ©tation qui fait l'intĂ©rĂȘt de la dĂ©marche, selon Thierry Daniel, cofondateur de Spirits of Japan. L'utilisation du sakĂ© en cocktail, inhabituelle au Japon, illustre cette approche crĂ©ative. Pour initier le public, certains bars comme Kodama ou Sakaba Ă Paris proposent des dĂ©gustations de sakĂ© et des ateliers.
Les bartenders s'approprient également d'autres spiritueux japonais, notamment le shochu, que Thierry Daniel compare au mezcal il y a quelques années. Sa diversité offre un terrain de jeu prometteur pour les mixologues.

Le Figaro, Le tourisme va-t-il provoquer une pénurie de riz au Japon ?, 01/08/2024
Le Japon fait face Ă une situation inĂ©dite : ses rĂ©serves de riz ont atteint leur plus bas niveau du XXIe siĂšcle, suscitant des inquiĂ©tudes quant Ă une possible pĂ©nurie. Cette baisse significative rĂ©sulte d'une conjugaison de facteurs, dont l'explosion du tourisme et les conditions climatiques extrĂȘmes. Hiroshi Itakura, responsable au ministĂšre de l'Agriculture, explique que la production de riz a diminuĂ© l'annĂ©e derniĂšre en raison de tempĂ©ratures Ă©levĂ©es et de pĂ©nuries d'eau. De plus, le prix relativement bas du riz par rapport Ă d'autres cultures comme le blĂ© a Ă©galement contribuĂ© Ă cette situation. Le Japon a connu en septembre 2023 son plus fort Ă©pisode de canicule en 125 ans, et depuis avril, la chaleur a dĂ©jĂ causĂ© 36 dĂ©cĂšs.
ParallÚlement, le tourisme connaßt un essor sans précédent. Au premier semestre 2024, le Japon a accueilli un nombre record de 17,78 millions de touristes, dépassant les chiffres d'avant la pandémie. La faiblesse du yen rend les séjours plus abordables, attirant de nombreux visiteurs qui profitent de repas à prix cassés. Cette affluence touristique a entraßné une augmentation significative de la demande en riz. Pour la premiÚre fois en 10 ans, la consommation de riz a augmenté, atteignant 7,02 millions de tonnes entre juin 2023 et juin 2024. La demande spécifique des touristes étrangers a bondi de 31.000 tonnes pour atteindre 51.000 tonnes.
Cette situation contraste avec la tendance Ă long terme du Japon, oĂč la demande en riz Ă©tait en baisse en raison de la diminution de la population et du changement des habitudes alimentaires, les Japonais se tournant vers d'autres fĂ©culents comme les pĂątes ou les pommes de terre. MalgrĂ© ces chiffres alarmants, le ministĂšre de l'Agriculture se veut rassurant, affirmant que le Japon n'est pas encore dans une situation de pĂ©nurie de riz. NĂ©anmoins, cette situation soulĂšve des questions sur la capacitĂ© du pays Ă gĂ©rer l'Ă©quilibre entre l'accueil des touristes, la prĂ©servation de ses ressources alimentaires traditionnelles et l'adaptation aux changements climatiques.

Le Monde, « Aujourdâhui, cinq entreprises â ADM, Bunge, Cofco, Cargill et Louis Dreyfus Company â dominent la quasi-totalitĂ© de lâapprovisionnement alimentaire dans le monde », 22/07/2024
Dans une tribune publiée par Le Monde, l'économiste Xavier Dupret alerte sur la concentration du pouvoir dans l'industrie agroalimentaire mondiale et ses conséquences sur les prix des denrées alimentaires. Selon lui, cinq entreprises - Archer Daniels Midland (ADM), Bunge, Cofco, Cargill et Louis Dreyfus Company (LDC) - dominent aujourd'hui la quasi-totalité de l'approvisionnement alimentaire mondial. Ces multinationales contrÎlent environ 80% du commerce mondial des grains, leur conférant une influence considérable sur les prix de vente.
L'Ă©conomiste souligne que cette situation oligopolistique entraĂźne inĂ©vitablement une tendance Ă la hausse des prix, au dĂ©triment des consommateurs. Il appuie son argument en citant les profits records enregistrĂ©s par ces entreprises en 2022, comparĂ©s Ă leurs bĂ©nĂ©fices moyens sur la pĂ©riode 2016-2020 : ADM a connu une augmentation de 300%, Bunge de 280%, Cargill de 250% et LDC de 280%. Il argue que si la hausse des prix alimentaires Ă©tait uniquement due Ă la guerre en Ukraine et Ă la perturbation des exportations russes et ukrainiennes (qui reprĂ©sentent 30% des exportations mondiales de blĂ©), les taux de marge de ces entreprises n'auraient pas connu une telle Ă©volution spectaculaire. Il note une exception intĂ©ressante : Cofco, l'entreprise publique chinoise du secteur, n'a vu ses bĂ©nĂ©fices augmenter "que" de 70% sur la mĂȘme pĂ©riode. Il explique cette diffĂ©rence par le contrĂŽle Ă©troit exercĂ© par l'Ătat chinois sur l'entreprise, dans un souci de maintien de la stabilitĂ© sociopolitique du pays.
Face à cette situation, l'économiste suggÚre que l'Europe pourrait s'inspirer de l'approche chinoise en mettant en place des réglementations publiques plus contraignantes sur la tarification des produits alimentaires essentiels. Il rappelle que de telles mesures ont déjà été prises lors de la récente crise énergétique. Il prend soin de préciser que cette recommandation ne constitue pas un plaidoyer en faveur du systÚme politique chinois, mais plutÎt une réflexion sur la nécessité de réguler l'économie dans certains secteurs critiques.


Financial Times, Haute honey â the oenophileâs stealthiest status symbol, 29/07/2024
Le miel produit par les domaines viticoles de renom s'impose comme le nouveau symbole de statut discret dans le monde du vin. Ce nectar, souvent réservé aux amis et aux invités privilégiés, devient un indicateur subtil des connexions dans l'industrie vinicole.
La maison de champagne Billecart-Salmon illustre parfaitement cette tendance. Le miel issu de son prestigieux vignoble Clos Saint-Hilaire n'est distribuĂ© qu'Ă un cercle restreint. Mathieu Roland-Billecart, PDG, souligne l'importance des abeilles dans l'Ă©cosystĂšme du domaine, aux cĂŽtĂ©s des chevaux et des moutons. Ce miel, aux notes d'agrumes et lĂ©gĂšrement toastĂ©, complĂšte idĂ©alement le champagne CuvĂ©e Le Clos Saint-Hilaire 2007. D'autres grands domaines suivent cette voie. Le ChĂąteau Cheval Blanc Ă Saint-Ămilion offre son miel lors de la journĂ©e annuelle des vendanges rĂ©servĂ©e aux proches. En Toscane, le domaine Petrolo produit un miel de fleurs sauvages nommĂ© Miele di Galatrona, en rĂ©fĂ©rence Ă leur cĂ©lĂšbre vin Merlot. Il Marroneto, producteur renommĂ© de Brunello, propose un miel dont les arĂŽmes varient selon les saisons, reflĂ©tant la diversitĂ© florale de la rĂ©gion.
Aux Ătats-Unis, Jackson Family Wines intĂšgre son miel dans l'expĂ©rience Ćnologique, le servant lors de dĂźners "de la ferme Ă la table" Ă Kendall-Jackson. Tucker Taylor, directeur des jardins, met en avant les diffĂ©rences de goĂ»t entre les miels issus de ruches voisines, soulignant l'influence du terroir. En Afrique du Sud, le domaine Babylonstoren commercialise une gamme de miels aux saveurs distinctes, reflĂ©tant la diversitĂ© botanique de la rĂ©gion de Franschhoek. Le domaine propose Ă©galement des visites Ă©ducatives autour de l'apiculture. Au Portugal, Quinta da Manoella maintient plus de 30 ruches dans la vallĂ©e du PinhĂŁo. Jorge SerĂŽdio Borges, le vigneron, considĂšre les abeilles comme un indicateur prĂ©cieux de la santĂ© de l'Ă©cosystĂšme viticole.
Cette tendance s'inscrit dans une démarche plus large d'amélioration de la biodiversité dans les vignobles. Le miel de domaine, au-delà de son statut de produit exclusif, témoigne de l'engagement croissant des vignerons envers des pratiques agricoles plus durables et respectueuses de l'environnement. Le miel de domaine viticole devient donc non seulement un objet de convoitise pour les amateurs de vin, mais aussi un symbole de l'évolution des pratiques dans l'industrie viticole, alliant prestige et conscience écologique.

Financial Times, Veuve Clicquot CEO: âLetâs break the chains to consuming champagneâ, 21/07/2024
Jean-Marc Gallot, PDG de la maison de champagne Veuve Clicquot, fĂȘte ses 10 ans Ă la tĂȘte de l'entreprise en septembre prochain. Dans un entretien accordĂ© au Financial Times, il dĂ©voile sa vision audacieuse pour l'avenir du champagne et sa stratĂ©gie de croissance. Gallot s'inspire d'une campagne publicitaire iconoclaste de 1964, qui associait une bouteille de Veuve Clicquot Ă un hamburger, pour repousser les limites de la consommation traditionnelle de champagne. Son objectif : multiplier les occasions de boire du champagne en brisant les chaĂźnes des conventions.
Cette approche novatrice n'a pas toujours Ă©tĂ© bien accueillie dans le milieu conservateur du champagne. Il y a huit ans, le lancement d'une gamme conçue pour ĂȘtre bue sur glace a suscitĂ© la controverse. Gallot persiste nĂ©anmoins, convaincu que cette stratĂ©gie attire une nouvelle clientĂšle en quĂȘte d'expĂ©riences moins conventionnelles. Le PDG cherche Ă insuffler un esprit d'ouverture et de crĂ©ativitĂ© au sein de Veuve Clicquot, encourageant une atmosphĂšre oĂč l'on "travaille sĂ©rieusement sans se prendre au sĂ©rieux". Il prĂŽne une gestion flexible, privilĂ©giant les Ă©changes informels et laissant place Ă l'inattendu dans son emploi du temps.
Gallot souligne l'importance de la collaboration avec les créatifs, qu'il s'agisse du chef de cave dans le champagne ou du directeur artistique dans la mode. Son rÎle est de créer les meilleures conditions pour que ces visionnaires puissent s'exprimer. Le changement climatique pose de nouveaux défis à l'industrie du champagne. Les vendanges, autrefois en octobre, se déroulent désormais en août. Gallot évoque la possibilité de récoltes mécaniques nocturnes à l'avenir, soulignant la nécessité d'agilité et d'adaptation. Malgré un léger ralentissement des ventes en 2024, Gallot reste optimiste. Il considÚre la situation comme un simple ajustement, les ventes demeurant nettement supérieures à celles de 2019.
Enfin, le PDG met en avant la perspective unique qu'offre l'industrie du champagne, oĂč les bouteilles vieillissent pendant 3 Ă 10 ans. Cette relation particuliĂšre au temps lui a appris Ă prendre du recul et Ă adopter une vision Ă long terme dans sa gestion de l'entreprise.

Inc, Burgers, Ice Cream, Brownies: How Upcycling Turns Food Waste Into Great Eating, 23/07/2024
L'upcycling alimentaire, une tendance en plein essor, transforme les déchets alimentaires en produits savoureux et innovants. Ce marché, estimé à 53,7 milliards de dollars en 2022, pourrait atteindre 97 milliards d'ici 2031, selon Allied Market Research. Cette approche, qui consiste à donner une nouvelle vie aux aliments voués au rebut, séduit de plus en plus d'entrepreneurs et de consommateurs soucieux de l'environnement. Le professeur Jonathan Deutsch de l'université Drexel souligne que l'upcycling n'est qu'une nouvelle appellation pour une pratique culinaire ancienne, mais bénéficie aujourd'hui d'une attention accrue.
Plusieurs entreprises innovantes illustrent cette tendance. The Spare Food Co., fondée par les frÚres Kaye, propose des produits comme le Spare Starter, un mélange de légumes récupérés, et prévoit de lancer un burger contenant 30% de légumes upcyclés. Leur approche vise à repenser la chaßne d'approvisionnement alimentaire tout en créant des produits de qualité.
Dans le domaine des desserts, Salt & Straw, une marque de glaces artisanales, lance chaque année une série de saveurs upcyclées pour la Journée de la Terre. Leur glace au pain aux bananes, chocolat et chips utilise des bananes sauvées du gaspillage. Tyler Malek, co-fondateur, souligne l'importance de la transparence dans la communication sur ces produits. Renewal Mill se spécialise dans la production de farines et de mélanges à pùtisserie upcyclés. Leur farine d'okara, issue des résidus de production de tofu, est un exemple de leur innovation. Claire Schlemme, la fondatrice, met l'accent sur la valeur nutritionnelle des ingrédients récupérés.
Ces entreprises font face à des défis, notamment la nécessité de repenser les chaßnes d'approvisionnement et de convaincre les consommateurs de la qualité de leurs produits. Cependant, elles constatent une croissance encourageante de leur activité. Bien que l'upcycling ne soit pas une solution miracle au gaspillage alimentaire ou au changement climatique, il représente une amélioration progressive. Cette approche reflÚte une prise de conscience croissante des consommateurs et des entreprises sur l'importance de réduire le gaspillage alimentaire.

The Guardian, Cultivated food: from lab grown burgers to medicinal berries, 20/07/2024
La nourriture cultivée en laboratoire, allant des burgers aux baies médicinales, émerge comme une solution potentielle aux préoccupations éthiques et environnementales liées à l'alimentation. Cette technologie innovante touche désormais divers secteurs, de la viande au café, en passant par les produits de la mer et les produits laitiers.
Dans le domaine de la viande cultivĂ©e, les progrĂšs sont significatifs depuis le premier burger de laboratoire il y a une dĂ©cennie. McKinsey prĂ©dit une valeur mondiale de 25 milliards de dollars pour cette industrie d'ici 2030. Bien que des produits aient dĂ©jĂ Ă©tĂ© approuvĂ©s aux Ătats-Unis, Ă Singapour et en IsraĂ«l, le coĂ»t reste un dĂ©fi majeur. Les chercheurs travaillent Ă©galement Ă Ă©liminer l'utilisation de sĂ©rum fĆtal bovin, une pratique controversĂ©e.
Pour les produits de la mer, la culture cellulaire pourrait rĂ©pondre aux problĂšmes de surpĂȘche et de contamination. Un projet europĂ©en de 7 millions d'euros, Feasts, vise Ă dĂ©velopper des lignes cellulaires pour le saumon, le bar, les huĂźtres et d'autres fruits de mer.
Le café et le chocolat cultivés en laboratoire pourraient offrir une alternative aux méthodes traditionnelles, confrontées aux défis du changement climatique et de la déforestation. Le centre de recherche finlandais VTT travaille sur ces produits, ainsi que sur des baies exotiques aux propriétés médicinales potentielles. Bien que des progrÚs aient été réalisés, des questions subsistent quant à l'efficacité énergétique de ces procédés.
Dans le secteur laitier, déjà marqué par une forte présence d'alternatives végétales, de nouvelles entreprises développent des produits laitiers de laboratoire. Certaines, comme Perfect Day, reproduisent les protéines du lait en utilisant des bactéries génétiquement modifiées, tandis que d'autres, comme Wilk, cultivent directement des cellules mammaires pour produire du lait.
Ces avancées soulÚvent des questions sur l'acceptation des consommateurs et l'impact environnemental réel de ces technologies. Bien que prometteurs, ces produits font face à des défis en termes de coût, de goût et d'échelle de production.

Eater, A New Experiment Could Finally Unlock the Climate-Proof Coffee of the Future, 23/07/2024
Face aux défis du changement climatique, l'industrie du café se mobilise pour sauvegarder l'avenir de l'arabica, l'espÚce de café la plus consommée et appréciée dans le monde. Une étude récente prévoit une réduction de plus de 50% des terres propices à sa culture d'ici 2050, menaçant non seulement la production mais aussi les millions de familles d'agriculteurs qui en dépendent. Dans ce contexte, le projet Innovea, mené par l'organisation à but non lucratif World Coffee Research (WCR), émerge comme une initiative novatrice. Ce partenariat public-privé international vise à accélérer la sélection de variétés d'arabica plus résistantes et productives.
Lancé en 2022, Innovea implique des institutions de recherche gouvernementales dans neuf pays partenaires. Le projet a débuté par la création de 30 nouveaux croisements à partir de 16 variétés parentales, sélectionnées pour leurs performances lors d'essais antérieurs. 5 000 graines génétiquement distinctes ont été distribuées aux chercheurs partenaires pour des essais sur le terrain. L'objectif est de développer des arbres optimisés pour diverses conditions de production, offrant aux agriculteurs des options plus résilientes face au climat. Utilisant des méthodes de sélection traditionnelles couplées à des technologies de séquençage génétique à faible coût, Innovea vise à identifier rapidement les gÚnes recherchés.
Ce qui distingue Innovea, c'est son ampleur et son approche collaborative. Malgré la concurrence entre les pays exportateurs de café, les gouvernements partenaires ont accepté de coopérer en matiÚre de R&D. WCR prévoit de rendre disponibles 100 nouvelles variétés pré-commerciales pour des essais d'ici 2030, avec un objectif de mise à disposition des agriculteurs dÚs 2036. Cependant, les experts soulignent que le développement de nouvelles variétés n'est qu'une partie de la solution. Des adaptations dans les pratiques agricoles, comme l'introduction d'arbres d'ombrage et la régénération des sols, seront également nécessaires. De plus, les petits exploitants, qui produisent 60% de l'approvisionnement mondial, continuent de faire face à des défis économiques majeurs.
Modern Retail, Vietnamese coffee is gaining traction at national retailers and across cafes, 01/08/2024
Le cafĂ© vietnamien connaĂźt un essor remarquable aux Ătats-Unis en 2024, comme en tĂ©moigne l'augmentation de 61% des recherches Google pour "cafĂ© vietnamien" sur un an. Cette tendance se manifeste tant dans le commerce de dĂ©tail que dans la scĂšne des cafĂ©s spĂ©cialisĂ©s Ă travers le pays.
Copper Cow Coffee, une marque vietnamo-amĂ©ricaine, illustre cette ascension. FondĂ©e en 2016 par Debbie Wei Mullin, l'entreprise Ă©tend sa prĂ©sence Ă 469 magasins Target Ă l'Ă©chelle nationale ce mois-ci, aprĂšs une phase de test en Californie. En 2023, Copper Cow a enregistrĂ© une croissance de 50% de son chiffre d'affaires. D'autres marques, comme Nguyen Coffee Supply, ont Ă©galement fait leur entrĂ©e dans les grandes chaĂźnes de distribution. Le lancement de leurs cafĂ©s vietnamiens prĂȘts Ă boire dans 500 magasins Target en avril fait suite Ă leur introduction chez Whole Foods en 2023.
Plusieurs facteurs expliquent cet engouement croissant. Les mĂ©dias sociaux ont jouĂ© un rĂŽle crucial dans la popularisation des recettes de cafĂ© vietnamien, avec des tutoriels pour reproduire le goĂ»t caractĂ©ristique dans des chaĂźnes comme Starbucks. Le tourisme au Vietnam a Ă©galement stimulĂ© l'intĂ©rĂȘt pour la culture et la gastronomie du pays. Le cafĂ© vietnamien se distingue par l'utilisation de grains robusta, qui offrent un goĂ»t plus intense et prĂšs du double de cafĂ©ine par rapport Ă l'arabica. Cette particularitĂ© attire les amateurs de cafĂ© Ă la recherche de nouvelles saveurs.
La scĂšne des cafĂ©s vietnamiens se dĂ©veloppe dans des villes comme Portland, Seattle et Chicago. Ă New York, Kinhfolk, un nouveau cafĂ© vietnamien, ouvrira bientĂŽt ses portes Ă Brooklyn aprĂšs une sĂ©rie de pop-ups rĂ©ussis. Les dĂ©taillants manifestent un intĂ©rĂȘt croissant pour les variĂ©tĂ©s de cafĂ© bio, ce qui profite au cafĂ© vietnamien, le robusta Ă©tant plus facile Ă cultiver et plus rĂ©sistant au climat que l'arabica. Copper Cow prĂ©voit de lancer son cafĂ© certifiĂ© bio dans le commerce de dĂ©tail dĂ©but 2025. Les grandes chaĂźnes comme Walmart cherchent Ă diversifier leurs rayons de produits asiatiques en intĂ©grant des marques Ă©mergentes comme Copper Cow. Cette stratĂ©gie vise Ă attirer une clientĂšle Ă fort pouvoir d'achat.


Le muffin au chocolat du Crous est la vraie star des JO ;)
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O. Frey



