Bonjour Ă toutes et Ă tous, Eat's Business est une newsletter dans laquelle vous trouverez une revue de presse de quelques articles sur le monde de lâalimentaire qui mâont semblĂ© intĂ©ressants dans la semaine prĂ©cĂ©dente.Â
Pour ceux qui veulent la formule ristretto, les 3 articles que je vous conseille de lire en prioritĂ© cette semaine sont :Â
LâUsine Nouvelle, La France se dirige vers une restructuration saignante de ses filiĂšres viande, 10/07/2024
Les Ăchos, Faire autre chose que du vin avec le raisin : le crĂšve-coeur des viticulteurs français, 14/07/2024
Fast Company, 11 startups using tech to change the way we eat, 18/07/2024
Bonne lecture et bonne semaine Ă toutes et Ă tous!
Pour celles et ceux dâentre vous qui ont plus de temps pour la formule lungo :
Un peu dâautopromo pendant ces vacances dâĂ©tĂ©.
Rapport disponible Ă la vente ici : www.tendancesfood.com


LâUsine Nouvelle, La France se dirige vers une restructuration saignante de ses filiĂšres viande, 10/07/2024
Une étude publiée le 9 juillet par l'Institut du développement durable et des relations internationales (Iddri) dresse un tableau préoccupant de l'avenir des filiÚres viandes en France. Selon les projections, d'ici 2035, le secteur pourrait connaßtre une restructuration majeure, avec des conséquences importantes sur l'emploi et la production nationale.
L'étude prévoit une baisse significative du nombre d'exploitations d'élevage (-34%) et des emplois associés (-31%). Le secteur agro-industriel ne serait pas épargné, avec une réduction de 20% des outils d'abattage-découpe et 14% des emplois. Cette tendance s'accompagnerait d'une diminution du taux d'autosuffisance en viande, qui passerait de 97% en 2020 à 88% en 2035.
Face à une concurrence européenne accrue et une demande de plus en plus indifférenciée, les filiÚres françaises peinent à maintenir leur compétitivité. La pression sur les coûts entraßne une concentration des élevages, notamment dans le Grand-Ouest, au détriment d'une agriculture plus diversifiée. Malgré ces efforts, l'écart de productivité avec certains voisins européens reste important, notamment dans le secteur de la volaille.
Les auteurs de l'étude soulignent l'urgence de repenser le modÚle actuel, trop axé sur la compétitivité-prix. Ils mettent en garde contre les conséquences environnementales d'une simple délocalisation de la production, rappelant que l'importation de viandes à faible bilan carbone peut masquer d'autres impacts négatifs sur la biodiversité et la qualité des eaux dans les pays producteurs.
Paradoxalement, les efforts des filiÚres françaises pour développer l'autonomie alimentaire des élevages ne se traduisent pas par un avantage compétitif. Cependant, la hausse des cours des matiÚres premiÚres pourrait changer la donne.
L'étude appelle à une réflexion collective pour tracer un avenir plus désirable pour le secteur. Sans une évolution des conditions politiques et de marché, il deviendra de plus en plus difficile de concilier les enjeux économiques, sociaux et environnementaux liés à l'élevage. Le défi pour les filiÚres viandes françaises est désormais de faire valoir leurs spécificités dans un marché dominé par la recherche du moindre coût.

Les Ăchos, Faire autre chose que du vin avec le raisin : le crĂšve-coeur des viticulteurs français, 14/07/2024
La filiÚre viticole française traverse une crise majeure, confrontée à une surproduction chronique et une baisse constante de la consommation de vin. Face à ce défi, un ambitieux programme d'arrachage de vignes a été lancé, visant à réduire de 100.000 hectares la surface du vignoble national, soit 13% de sa superficie actuelle. Malgré une prime incitative de 6.000 euros par hectare, le programme peine à atteindre ses objectifs. Samuel Montgermont, viticulteur et négociant de la Vallée du RhÎne, estime que seuls 60.000 hectares seront finalement arrachés, un chiffre insuffisant pour résorber les excédents.
La déconsommation de vin est une réalité incontournable, avec plus d'un tiers des Français déclarant ne jamais en boire. Cette tendance, couplée à des problÚmes de rentabilité et de succession dans les exploitations, pousse la filiÚre à explorer de nouvelles pistes pour valoriser le raisin. Parmi les options envisagées, l'industrie cosmétique s'intéresse aux propriétés anti-oxydantes du raisin. L'utilisation de moûts comme édulcorant naturel dans certains jus de fruits est également à l'étude. Certains viticulteurs se tournent vers des cultures alternatives comme les oliviers ou les pistachiers.
La révolution touche aussi la façon de penser et de présenter le vin. Les professionnels appellent à "décomplexifier" le vin pour le rendre plus accessible aux consommateurs, notamment aux jeunes. Une nouvelle génération de vignerons commence à s'affranchir des appellations traditionnelles, jugées trop rigides face aux évolutions du marché. Du cÎté de la distribution, qui commercialise encore plus de la moitié des vins en France, une réflexion est en cours pour simplifier la présentation des vins en magasin. L'idée d'un classement par couleur plutÎt que par région est notamment évoquée. L'innovation dans le packaging est également à l'ordre du jour, avec des propositions comme la canette, bien que cette option divise la profession. La communication autour de l'accord mets-vins est perçue comme un levier prometteur pour développer la consommation.

Le Monde, Les influenceurs, nouveaux VRP du vin, 15/07/2024
La filiÚre viticole française, confrontée à une baisse de la consommation et à la nécessité de rajeunir son image, se tourne désormais vers les influenceurs pour promouvoir ses produits. Cette stratégie, largement utilisée dans d'autres secteurs comme le luxe et la mode, fait son entrée dans le monde du vin, avec pour objectif de séduire une clientÚle plus jeune et de dynamiser les ventes.
De grands domaines comme le chĂąteau Cos d'Estournel, un grand cru classĂ© de Saint-EstĂšphe, n'hĂ©sitent plus Ă collaborer avec des influenceurs mode et lifestyle pour toucher un public en quĂȘte de contenus moins techniques sur le vin. D'autres marques, telles que GĂ©rard Bertrand ou PapotĂ© du groupe Castel, misent sur des partenariats avec des influenceurs food ou lifestyle pour promouvoir leurs cuvĂ©es. Instagram s'impose comme la plateforme de prĂ©dilection pour ces campagnes, malgrĂ© la montĂ©e en puissance de TikTok. Les marques y voient un moyen de moderniser leur communication, en privilĂ©giant des formats courts et ludiques comme les "reels", plus adaptĂ©s aux habitudes de consommation des jeunes gĂ©nĂ©rations. Cette approche marketing s'Ă©tend Ă©galement Ă l'organisation de "voyages d'influence", calquĂ©s sur le modĂšle des voyages de presse traditionnels. L'objectif est de crĂ©er une expĂ©rience immersive pour ces nouveaux prescripteurs et de gĂ©nĂ©rer du contenu attractif pour leurs communautĂ©s.
Cependant, cette stratégie n'est pas sans risque. La filiÚre viticole doit composer avec les contraintes de la loi Evin, qui encadre strictement la publicité pour l'alcool. Un récent jugement du tribunal correctionnel de Paris, condamnant le producteur Gérard Bertrand et une influenceuse pour une campagne jugée trop incitative, rappelle les limites légales de ces pratiques. Les professionnels du marketing d'influence dans le secteur viticole doivent donc naviguer avec précaution entre l'envie de moderniser leur image et le respect du cadre légal. La loi interdit notamment les associations entre alcool et célébrités, ce qui peut poser problÚme dans le choix des influenceurs.
Malgré ces défis, la filiÚre viticole semble déterminée à poursuivre sur cette voie, considérant les réseaux sociaux comme un canal de communication incontournable pour toucher les nouvelles générations de consommateurs. L'enjeu est de taille : réussir à rajeunir l'image du vin tout en respectant les contraintes légales et éthiques liées à la promotion de l'alcool.

Le Monde, La Barbade, le berceau du rhum, 12/07/2024
La Barbade, petit Ătat insulaire des CaraĂŻbes, revendique fiĂšrement son statut de berceau du rhum. C'est sur cette Ăźle que le mot "rum" est apparu pour la premiĂšre fois au XVIIe siĂšcle, et oĂč se trouve la plus ancienne distillerie en activitĂ© au monde, Mount Gay, fondĂ©e en 1703.
L'histoire du rhum barbadien est intimement liée à celle de la canne à sucre, introduite sur l'ßle en 1637. Les conditions naturelles favorables - relief plat, richesse en eau, vents constants - ont permis l'essor rapide de cette culture. Cependant, cette prospérité s'est construite sur l'exploitation des esclaves, une réalité historique que l'ßle ne cherche pas à occulter. Malgré des périodes difficiles, notamment au XIXe siÚcle, l'industrie du rhum a su se maintenir grùce à l'innovation et à l'adaptation. Aujourd'hui, la Barbade compte plusieurs distilleries prestigieuses comme West Indies Rum Distillery (WIRD), Mount Gay, Foursquare, ainsi que de nouveaux acteurs comme St. Nicholas Abbey et Hopewell. Le style barbadien se caractérise par un équilibre entre fruit et notes de vieillissement, reflet d'une longue tradition d'assemblage. Cette culture du mélange, comparable à celle du whisky écossais, a forgé la réputation des rhums de l'ßle.
Le renouveau du marché du rhum, amorcé dans les années 2000, a insufflé une nouvelle dynamique à l'industrie locale. Les distilleries misent sur la premiumisation, l'innovation et le respect des traditions. Certaines, comme Foursquare, revendiquent des rhums sans additifs, tandis que d'autres, comme WIRD, explorent de nouvelles techniques d'assemblage et de vieillissement. Le tourisme joue également un rÎle important dans cette renaissance, avec des distilleries qui s'ouvrent aux visites et proposent des expériences "spiri-touristiques" alliant patrimoine et dégustation. Cependant, ce renouveau fait face à des défis. La quasi-disparition de la production sucriÚre locale oblige les distilleries à importer une grande partie de leurs mélasses. Pour y remédier, certaines entreprises replantent leurs propres champs de canne.
Enfin, la question d'une indication géographique (IG) pour le rhum de la Barbade fait débat. Si tous s'accordent sur l'importance de protéger ce patrimoine, les avis divergent sur les critÚres à retenir, entre tradition stricte et flexibilité permettant l'innovation.

Les Ăchos, Blé : une rĂ©colte laminĂ©e par des mois de pluie en France, 09/07/2024
La récolte de blé 2024 en France s'annonce comme l'une des plus faibles de la derniÚre décennie, selon les premiÚres estimations de l'Institut de recherche Arvalis et de l'interprofession Intercéréales. Les conditions météorologiques exceptionnellement pluvieuses de l'hiver et du printemps sont à l'origine de cette situation préoccupante.
Le rendement prĂ©vu est de 64 quintaux par hectare, en baisse de 13% par rapport Ă l'annĂ©e prĂ©cĂ©dente et de 11% par rapport Ă la moyenne des dix derniĂšres annĂ©es. La production totale pourrait chuter Ă 29 millions de tonnes, contre 35 millions en 2023, soit une diminution de 17%. Cette baisse est accentuĂ©e par une rĂ©duction de 11% des surfaces cultivĂ©es, qui s'Ă©tablissent Ă 4,2 millions d'hectares. Les prĂ©cipitations, supĂ©rieures de 40% Ă la moyenne des vingt derniĂšres annĂ©es, ont perturbĂ© l'ensemble du cycle de culture, des semis Ă la rĂ©colte. Le manque de rayonnement solaire, en dĂ©ficit de 7% sur la mĂȘme pĂ©riode, a Ă©galement affectĂ© le dĂ©veloppement des plants. Ces conditions ont favorisĂ© la prolifĂ©ration de maladies et d'adventices, compliquant davantage la tĂąche des agriculteurs.
L'impact de ces intempéries varie selon les régions. Les zones océaniques, Atlantique et Manche, ont été particuliÚrement touchées, avec les Pays de la Loire subissant la plus forte baisse de rendement (-23%). Les Hauts-de-France, habituellement parmi les meilleures régions productrices, ont également souffert. En revanche, l'Est du pays et le sud de la Loire pourraient s'en sortir mieux que prévu. La qualité de la récolte reste incertaine à ce stade. Les conditions météorologiques des prochaines semaines seront déterminantes pour la densité des grains et la qualité de la farine. Une récolte sous la pluie pourrait affecter la qualité boulangÚre du blé. Malgré ces perspectives peu encourageantes, Jean-François Loiseau, président d'Intercéréales, se veut rassurant quant à la souveraineté alimentaire de la France en matiÚre de blé, grùce aux stocks existants de fin de campagne.

Les Ăchos, Georgelin, la « pĂ©pite » de la confiture, s'accroche face Ă Bonne Maman, 15/07/2024
Lucien Georgelin, fondateur et patron de l'entreprise de confitures éponyme, continue de diriger sa société avec détermination malgré les difficultés récentes. DeuxiÚme acteur du marché français de la confiture derriÚre Andros, l'entreprise lot-et-garonnaise a traversé une période tumultueuse mais semble retrouver un nouveau souffle.
Il y a un an, écrasée par une dette de plus de 45 millions d'euros, la société a été placée en redressement judiciaire. Aujourd'hui, grùce à la compréhension du tribunal et au soutien de ses partenaires, elle reprend pied. Avec un chiffre d'affaires annuel de 78 millions d'euros et jusqu'à 350 employés, Georgelin reste un acteur majeur du secteur, occupant la deuxiÚme place sur un marché d'environ 400 millions d'euros.
L'histoire de Lucien Georgelin est celle d'un paysan devenu industriel. ArrivĂ© de Bretagne dans le Lot-et-Garonne Ă l'Ăąge de 6 ans, il a d'abord Ă©tĂ© agriculteur avant de se lancer dans la transformation de sa production en 1982. Sa philosophie : "Lorsque c'est bon, ça se vend". Cette approche, combinĂ©e Ă un marketing soigneusement rĂ©flĂ©chi malgrĂ© son apparente simplicitĂ©, a conquis la grande distribution. L'entreprise a diversifiĂ© ses activitĂ©s au fil des ans, s'Ă©tendant aux cĂ©rĂ©ales du petit-dĂ©jeuner, au miel, aux bonbons et mĂȘme aux produits salĂ©s. Aujourd'hui, la confiture ne reprĂ©sente plus que la moitiĂ© de l'activitĂ©, suivie par les produits salĂ©s (20%) et la pĂąte Ă tartiner (17%).
MalgrĂ© les difficultĂ©s financiĂšres, Georgelin a bĂ©nĂ©ficiĂ© du soutien de la grande distribution, qui lui a accordĂ© des facilitĂ©s de paiement et financĂ© des opĂ©rations promotionnelles. La rĂ©gion Nouvelle-Aquitaine s'est Ă©galement montrĂ©e prĂȘte Ă apporter son aide, sous condition d'une ouverture du capital et d'une dĂ©lĂ©gation accrue de la gestion. Cependant, Lucien Georgelin, qui dĂ©tient 80% de l'entreprise (les 20% restants appartenant Ă son frĂšre Patrick), s'est longtemps montrĂ© rĂ©ticent Ă ces changements. Aujourd'hui, Ă 77 ans, il semble plus ouvert Ă l'Ă©volution, les relations avec l'exĂ©cutif rĂ©gional Ă©tant dĂ©crites comme "trĂšs constructives".

Challenges, Les producteurs français de tomates cerises voient rouge face à la concurrence marocaine, 14/07/2024
La tomate cerise marocaine, vendue à bas prix dans les supermarchés français, suscite la colÚre des producteurs hexagonaux. Ce produit, exempté de droits de douane grùce à un accord entre l'Union européenne et le Maroc, connaßt un succÚs grandissant auprÚs des consommateurs français, avec des ventes en hausse de 60% en cinq ans.
Les maraĂźchers français dĂ©noncent une concurrence dĂ©loyale, pointant du doigt le coĂ»t de la main-d'Ćuvre au Maroc (0,97 euro/heure) nettement infĂ©rieur Ă celui en France (13,50 euros/heure). MalgrĂ© les frais de transport, la tomate marocaine reste jusqu'Ă 200% moins chĂšre que son Ă©quivalent français. Le principal acteur de cette production est la marque Azura, dĂ©tenue par la famille Tazi, qui rĂ©alise un chiffre d'affaires annuel de 500 millions d'euros. L'entreprise se prĂ©sente comme franco-marocaine, employant 200 salariĂ©s Ă Perpignan et 18 000 au Maroc.
Les producteurs français soulÚvent plusieurs points de contentieux. Ils contestent le dépassement du quota d'importation initialement fixé, dénoncent les conditions de travail au Maroc, et s'inquiÚtent de l'utilisation des ressources en eau pour cette culture intensive. Ils critiquent également le manque de visibilité de l'origine marocaine sur les emballages. La grande distribution, accusée de favoriser ces importations, se trouve dans une position délicate. Les enseignes réalisent des marges importantes sur ces produits qui dynamisent l'ensemble du rayon fruits et légumes. Certaines, comme Carrefour et Lidl, commencent à réagir en proposant des alternatives françaises à prix compétitifs.
Face à cette concurrence, le leader français Savéol contre-attaque en misant sur le bio, la lutte intégrée et l'élimination des pesticides de synthÚse. La mention "zéro pesticide" reste un argument de vente efficace, malgré la perte d'attrait du label bio.


Financial Times, From Erewhon to Bayley & Sage, luxury grocers are back in fashion, 12/07/202â
Les épiceries de luxe connaissent un regain de popularité dans les quartiers aisés de certaines grandes métropoles. Ces établissements, à l'image d'Erewhon à Los Angeles et de Bayley & Sage à Londres, se distinguent par leur offre de produits haut de gamme et leur ambiance unique.
Erewhon, nĂ© d'un simple stand d'alimentation naturelle dans les annĂ©es 60, est devenu un vĂ©ritable phĂ©nomĂšne Ă Los Angeles. Avec ses dix points de vente, la chaĂźne attire une clientĂšle jeune et branchĂ©e, friande de smoothies Ă 23 dollars et de mets biologiques sophistiquĂ©s. De l'autre cĂŽtĂ© de l'Atlantique, Bayley & Sage s'est imposĂ© comme le repaire des gourmets londoniens, proposant des fraises françaises Ă 8,50 livres la barquette et attirant mĂȘme des joueurs de tennis lors du tournoi de Wimbledon.
Ces enseignes partagent trois caractéristiques clés :
un focus sur la santĂ© et le bien-ĂȘtre,
un ancrage local fort,
une notoriété disproportionnée par rapport à leur taille.
Elles misent sur des produits naturels, biologiques et traçables, justifiant ainsi des prix élevés. Leur implantation dans des quartiers "villages" renforce leur attrait communautaire. Enfin, leur présence sur les réseaux sociaux, notamment TikTok, amplifie leur statut culte auprÚs des jeunes consommateurs.
MalgrĂ© des chiffres d'affaires en hausse - Bayley & Sage a vu ses revenus augmenter de 29% l'annĂ©e derniĂšre - la rentabilitĂ© reste un dĂ©fi. La gĂ©rante de Bayley & Sage, Jennie Allen, admet que l'Ă©picerie est "un secteur Ă faible marge, quoi qu'on fasse". Daylesford Organic, une autre chaĂźne britannique, a mĂȘme enregistrĂ© des pertes de 3,6 millions de livres l'an passĂ©. L'histoire nous rappelle que le succĂšs de ces Ă©piceries haut de gamme peut ĂȘtre Ă©phĂ©mĂšre. Des enseignes comme Dean & DeLuca ou Fairway ont connu des difficultĂ©s aprĂšs une expansion trop rapide. Le dĂ©fi pour Erewhon, qui envisage de s'implanter Ă New York, et ses homologues sera de maintenir leur attrait exclusif tout en se dĂ©veloppant.
Dans un marché de l'alimentation en pleine mutation, ces épiceries de luxe semblent avoir trouvé leur place. Reste à voir si elles sauront pérenniser leur modÚle face aux défis économiques et aux évolutions des tendances de consommation.

Financial Times, Coffee prices set to rise even higher, warns Italian roaster Lavazza, 09/07/2024
Le géant italien du café Lavazza met en garde contre une nouvelle hausse des prix du café, déjà à des niveaux record. Giuseppe Lavazza, président du groupe, prévoit une augmentation pouvant atteindre 10% d'ici l'année prochaine, s'ajoutant à la hausse de 15% déjà observée cette année dans les rayons des supermarchés britanniques.
Cette augmentation est principalement due à la flambée des cours du café robusta, qui ont grimpé d'environ 70% au cours de l'année écoulée. Les contrats à terme sur le robusta à Londres ont atteint un record de 4 844 dollars la tonne, en raison de mauvaises récoltes dans les principaux pays producteurs d'Asie du Sud-Est.
Lavazza souligne que le changement climatique a particuliÚrement affecté la production dans les principaux pays producteurs de robusta, notamment le Vietnam et l'Indonésie, réduisant considérablement les quantités disponibles. Les prévisions météorologiques suggÚrent que la prochaine récolte vietnamienne ne permettra pas de reconstituer les stocks.
Outre les problÚmes climatiques, d'autres facteurs contribuent à la hausse des prix. Les perturbations du transport maritime, notamment dues aux attaques des rebelles Houthis en mer Rouge, ont augmenté les coûts d'expédition. De plus, la spéculation financiÚre sur les marchés à terme amplifie la hausse des prix.
Lavazza révÚle que ces hausses ont coûté 800 millions de dollars supplémentaires à l'entreprise depuis 2022, soit 2,5 fois son EBITDA. En conséquence, le résultat net de Lavazza a chuté de 95 millions d'euros en 2022 à 68 millions d'euros en 2023.
Un autre dĂ©fi se profile avec l'entrĂ©e en vigueur de nouvelles rĂ©glementations de l'UE en 2025, interdisant l'importation de cafĂ© et d'autres produits issus de zones dĂ©forestĂ©es. Selon Lavazza, seulement 20% des producteurs de cafĂ© sont prĂȘts Ă se conformer Ă ces rĂšgles, ce qui pourrait contraindre les torrĂ©facteurs europĂ©ens Ă s'approvisionner presque exclusivement au BrĂ©sil, seul pays prĂ©parĂ© Ă ces nouvelles exigences. Lavazza met en garde contre les consĂ©quences potentielles de ces rĂ©glementations, qui pourraient priver environ 8 millions de producteurs de cafĂ© de l'accĂšs au marchĂ© europĂ©en. Le groupe espĂšre que les rĂ©centes Ă©lections europĂ©ennes, qui ont poussĂ© le Parlement europĂ©en vers la droite, pourraient ouvrir la possibilitĂ© d'amender cette lĂ©gislation.
Food and Wine, Coffee Experts Agree, Freezing Your Coffee Beans Keeps Them Fresher for Longer, 09/07/2024
Lâarticle rĂ©vĂšle une tendance croissante dans le monde du cafĂ© de spĂ©cialitĂ© : la congĂ©lation des grains de cafĂ© pour prĂ©server leur fraĂźcheur. Cette mĂ©thode, autrefois considĂ©rĂ©e comme tabou, est dĂ©sormais adoptĂ©e par certains des meilleurs cafĂ©s et baristas du monde, marquant ainsi un tournant dans les pratiques de l'industrie du cafĂ© haut de gamme.
Esben Piper, fondateur de la sociĂ©tĂ© de cafĂ© danoise La Cabra, prĂ©voit d'intĂ©grer un "menu surgelĂ©" dans ses nouvelles torrĂ©factions Ă Brooklyn et Copenhague. Ce menu proposera des lots rares et limitĂ©s, acquis via des enchĂšres et des partenariats de longue date avec des producteurs. Kyle Ramage, copropriĂ©taire de Black & White Roasters en Caroline du Nord, utilise la congĂ©lation pour prĂ©server les cafĂ©s favoris de la marque. Cette mĂ©thode, initialement expĂ©rimentĂ©e pour les concours, sera bientĂŽt appliquĂ©e dans leurs cafĂ©s avec un menu de 20 Ă 25 cafĂ©s congelĂ©s.Matt Lewin, d'ONA Coffee en Australie, recommande de congeler les grains de cafĂ© 10 jours aprĂšs leur torrĂ©faction, moment oĂč l'Ă©quilibre entre CO2 et oxygĂšne est optimal pour prĂ©server les arĂŽmes. Il conseille d'expulser l'air du sac avant la congĂ©lation et de couvrir la valve unidirectionnelle avec du ruban adhĂ©sif pour empĂȘcher l'entrĂ©e d'air.
Pour une conservation optimale Ă domicile, les experts suggĂšrent l'utilisation de sacs sous vide. Alejandra Jaimes, d'Estellar Coffee, utilise une machine de mise sous vide pour conserver les cafĂ©s qu'elle rapporte de leur ferme en Colombie. Michael Phillips, champion du monde de barista 2010 et directeur de l'Ă©ducation chez Blue Bottle Coffee, va mĂȘme jusquâĂ utiliser des tubes pour stocker des doses individuelles de cafĂ©.
Concernant la préparation du café congelé, les avis divergent. Certains experts, recommandent de moudre les grains directement sortis du congélateur, tandis que d'autres préfÚrent les ramener à température ambiante.

The Guardian, UK drinks maker Britvic agrees ÂŁ3.3bn takeover by Carlsberg, 08/07/2024
Le brasseurs danois Carlsberg s'apprĂȘte Ă acquĂ©rir le fabricant britannique de boissons non alcoolisĂ©es Britvic (qui dĂ©tient notamment la marque Teisseire) pour 3,3 milliards de livres sterling, marquant une consolidation majeure dans l'industrie des boissons au Royaume-Uni.
Cette acquisition stratégique permettra à Carlsberg d'étendre son portefeuille au-delà de la biÚre, en intégrant les marques emblématiques de Britvic telles que J20, Robinsons et R White's. La nouvelle entité, baptisée Carlsberg Britvic, bénéficiera également de l'accord de licence exclusive de Britvic avec PepsiCo pour la production et la distribution de marques comme Pepsi Max et 7UP au Royaume-Uni et en Irlande.
Le PDG de Carlsberg, Jacob Aarup-Andersen, a souligné les synergies attendues entre le portefeuille de boissons non alcoolisées de haute qualité de Britvic et les capacités de distribution de Carlsberg. L'entreprise prévoit des économies annuelles d'environ 100 millions de livres sur cinq ans, notamment grùce à l'optimisation des achats et de la chaßne d'approvisionnement. ParallÚlement, Carlsberg a annoncé l'acquisition de la participation minoritaire de Marston's dans leur coentreprise de brassage au Royaume-Uni, Carlsberg Marston's. Cette opération renforce la position de Carlsberg sur le marché britannique de la biÚre, tout en maintenant un partenariat stratégique avec Marston's pour la distribution.
Ces transactions s'inscrivent dans un contexte de consolidation croissante du secteur des boissons, comme l'a souligné Ian Durant, président non exécutif de Britvic. Elles permettront au groupe élargi de mieux répondre aux opportunités de croissance dans divers segments du marché des boissons. L'accord est soumis à l'approbation de 75% des actionnaires de Britvic lors d'un vote à venir.

Financial Times, UK becomes first European country to approve lab-grown meat, 17/07/2024
Le Royaume-Uni s'apprĂȘte Ă devenir le premier pays europĂ©en Ă commercialiser de la viande cultivĂ©e en laboratoire. Cette avancĂ©e fait suite Ă l'approbation par les rĂ©gulateurs britanniques de l'utilisation de poulet cultivĂ© Ă partir de cellules animales dans l'alimentation pour animaux de compagnie. La start-up britannique Meatly, spĂ©cialisĂ©e dans la petfood, est Ă l'origine de cette innovation et prĂ©voit de commencer la vente de son poulet cultivĂ© aux fabricants dĂšs cette annĂ©e. Owen Ensor, PDG et co-fondateur de Meatly, attribue cette opportunitĂ© au Brexit, qui permet une divergence par rapport aux rĂ©glementations de l'UE, ainsi qu'Ă l'accent mis par le prĂ©cĂ©dent gouvernement sur les biotechnologies et l'innovation.
Bien que le Royaume-Uni n'ait pas encore approuvĂ© ces produits pour la consommation humaine, d'autres pays comme IsraĂ«l, Singapour et les Ătats-Unis l'ont dĂ©jĂ fait. L'alimentation pour animaux de compagnie est considĂ©rĂ©e comme un point de dĂ©part naturel pour le marchĂ© de la viande cultivĂ©e. Une Ă©tude de l'UniversitĂ© de Winchester a rĂ©vĂ©lĂ© que 50% des propriĂ©taires d'animaux interrogĂ©s seraient prĂȘts Ă nourrir leurs animaux avec de la viande cultivĂ©e, et 32% la consommeraient eux-mĂȘmes. Cependant, cette avancĂ©e technologique suscite une vive opposition dans certains pays comme l'Italie, la France et l'Autriche, et a mĂȘme conduit Ă des interdictions pures et simples dans certains Ătats amĂ©ricains. Les opposants, soutenus par l'industrie de la viande traditionnelle, arguent que cette technologie menace l'Ă©levage.
Le secteur des alternatives à la viande a connu une croissance importante au cours de la derniÚre décennie, en réponse aux préoccupations concernant les émissions agricoles. L'agriculture animale produit jusqu'à un cinquiÚme des émissions réchauffant la planÚte, et la consommation de viande devrait augmenter de 50% d'ici 2050, selon le Programme des Nations Unies pour l'environnement. Malgré ces perspectives, le secteur de la viande cultivée fait face à des défis. L'investissement mondial dans les entreprises de viande et de fruits de mer cultivés a chuté de 922,3 millions de dollars en 2022 à 225,9 millions de dollars en 2023. Des entreprises pionniÚres comme Aleph Farms et Upside Food ont récemment procédé à des licenciements en raison d'un environnement macro-économique incertain.
Modern Farmer, Inside Floridaâs Ban on Lab-Grown Meat, 12/07/2024
De son cĂŽtĂ©, la Floride est devenue le premier Ătat amĂ©ricain Ă interdire la viande cultivĂ©e en laboratoire, ouvrant la voie Ă une controverse nationale sur cette technologie Ă©mergente. Le gouverneur Ron DeSantis a signĂ© la loi SB 1084 le 1er mai, rendant illĂ©gale la vente, la distribution, la crĂ©ation ou la possession de viande de synthĂšse dans l'Ătat. Cette dĂ©cision s'inscrit dans un contexte plus large de rĂ©sistance Ă l'encontre des protĂ©ines alternatives, avec l'Alabama qui a suivi l'exemple de la Floride, et d'autres Ătats comme l'Arizona et le Tennessee qui envisagent des mesures similaires.
Les opposants à la viande de synthÚse avancent des arguments controversés, allant du déni du changement climatique à des théories du complot impliquant les élites mondiales. Ces narratifs, largement répandus sur les réseaux sociaux, contredisent souvent les preuves scientifiques sur l'impact climatique de l'élevage traditionnel. Malgré ces oppositions, la science derriÚre la viande cultivée est bien établie. Les chercheurs soulignent que cette technologie pourrait contribuer à réduire l'empreinte environnementale de la production de viande, tout en répondant à la demande croissante de protéines.
Cependant, l'industrie de la viande cultivĂ©e fait face Ă des dĂ©fis importants en termes de production Ă grande Ă©chelle et de viabilitĂ© Ă©conomique. Avec seulement 3,1 milliards de dollars d'investissements, elle reste minuscule comparĂ©e Ă l'industrie de la viande traditionnelle, qui pĂšse 1,3 billion de dollars. De plus, les lobbies agricoles, particuliĂšrement influents dans des Ătats comme la Floride, jouent un rĂŽle clĂ© dans l'opposition Ă cette technologie. Ils expriment des inquiĂ©tudes quant Ă la sĂ©curitĂ© alimentaire et Ă la menace perçue pour les moyens de subsistance des agriculteurs.
Certains experts suggÚrent que l'intégration de la technologie de la viande cultivée dans l'agriculture traditionnelle pourrait offrir une voie médiane, permettant de réduire l'impact environnemental tout en préservant les emplois agricoles.

Fast Company, 11 startups using tech to change the way we eat, 18/07/2024
Lâarticle prĂ©sente un panorama des innovations technologiques dans l'industrie alimentaire, observĂ©es lors du rĂ©cent Fancy Food Show Ă New York. Ces startups rĂ©inventent notre façon de consommer, alliant crĂ©ativitĂ© et technologie pour proposer des produits novateurs.
Maungo Craft, basée au Botswana, utilise l'intelligence artificielle pour ajuster ses recettes de confitures et sauces en cas de pénurie d'ingrédients. L'IA assiste également la production en l'absence des managers.
Ziba, spécialisée dans les fruits secs afghans, intÚgre la technologie d'une maniÚre originale : un code Spotify permet aux consommateurs d'écouter de la musique afghane tout en dégustant leurs produits.
Grain De Sail se démarque par son approche écologique, transportant ses chocolats biologiques exclusivement par voiliers pour réduire l'empreinte carbone.
RoboSousChef représente l'avancée de la robotique dans la cuisine. Ce robot-chef prépare des plats en 12 minutes à partir d'ingrédients bruts, offrant une solution potentielle pour les familles occupées et la restauration collective.
Nepal Tea Collective utilise des QR codes sur ses sachets de thĂ©, permettant aux consommateurs de connaĂźtre et mĂȘme de donner un pourboire aux cueilleurs de thĂ©, amĂ©liorant ainsi leurs conditions de travail.
Parmi les innovations plus ludiques, on trouve le Food Crayon, un "crayon" comestible pour assaisonner les plats, et Let Them Eat Candles, qui propose des bougies en chocolat pour gĂąteaux.
Amos TastySounds innove avec des sucettes audio : grùce à la conduction osseuse, elles permettent d'entendre de la musique en les dégustant.
Dans le domaine des boissons, Cometeer révolutionne le café avec des capsules de café congelé à l'azote liquide, tandis que Solato propose des capsules de glace fraßche à la demande. Enfin, Saltverk produit du sel de mer islandais en utilisant 100% d'énergie géothermique, combinant une méthode traditionnelle du 17e siÚcle avec des technologies de pointe.
Ces innovations reflĂštent une tendance croissante dans l'industrie alimentaire Ă intĂ©grer la technologie pour amĂ©liorer non seulement les produits, mais aussi les processus de production et l'expĂ©rience du consommateur. Elles rĂ©pondent Ă des prĂ©occupations diverses telles que la durabilitĂ©, la traçabilitĂ©, la personnalisation et l'efficacitĂ©. Bien que certaines de ces innovations puissent sembler gadgets, elles illustrent la crĂ©ativitĂ© et l'esprit d'entreprise qui animent le secteur alimentaire. Elles ouvrent Ă©galement des perspectives intĂ©ressantes sur l'avenir de notre alimentation, oĂč la technologie jouera un rĂŽle de plus en plus important dans la production, la distribution et la consommation de nos aliments.

Eater, In Case of Emergency, Eat Saigaishoku, 12/07/2024
Au Japon, pays fréquemment touché par des catastrophes naturelles, le "saigaishoku" ou nourriture de survie, est devenu bien plus qu'une simple précaution : c'est un véritable phénomÚne culturel et une industrie en plein essor. Traditionnellement limitée à quelques produits basiques, l'offre de saigaishoku s'est considérablement diversifiée ces derniÚres années. On trouve désormais une grande variété de plats allant du riz déshydraté aux curry en passant par des desserts comme le cheesecake au matcha en conserve. Cette évolution répond à une demande croissante de la population pour des aliments de survie plus savoureux et adaptés à différents régimes alimentaires.
L'industrie du saigaishoku a connu un tournant majeur aprÚs le séisme de Kobe en 1995, lorsque les autorités ont cherché des alternatives aux traditionnels biscuits durs, jugés peu appétissants par les sinistrés. Depuis, le marché n'a cessé de croßtre, stimulé par les catastrophes naturelles récurrentes et la pandémie de COVID-19. Les prévisions indiquent que les ventes pourraient atteindre 32 milliards de yens (210 millions de dollars) d'ici 2027, soit plus du double qu'il y a dix ans.
Le saigaishoku n'est plus seulement rĂ©servĂ© aux situations d'urgence. Il est dĂ©sormais consommĂ© par des alpinistes, des astronautes, et mĂȘme par des familles pressĂ©es cherchant des repas rapides. Cette popularitĂ© croissante se reflĂšte dans la multiplication des recettes en ligne, des vidĂ©os de dĂ©gustation sur YouTube et des guides de stockage sur Instagram. Le gouvernement japonais encourage activement l'intĂ©gration du saigaishoku dans la vie quotidienne des citoyens. Il promeut le concept de "rolling stock", consistant Ă utiliser et renouveler rĂ©guliĂšrement ses rĂ©serves, et organise des dĂźners thĂ©matiques pour familiariser la population avec ces aliments. Cependant, une consommation prolongĂ©e de saigaishoku peut poser des problĂšmes de santĂ© en raison de sa teneur Ă©levĂ©e en sel et en matiĂšres grasses. Des initiatives sont en cours pour inclure des aliments plus Ă©quilibrĂ©s dans les rĂ©serves d'urgence.
Malgré ces défis, le saigaishoku reste un élément essentiel de la préparation aux catastrophes au Japon. Au-delà de sa fonction nutritive, il joue un rÎle psychologique important en offrant un réconfort familier dans des situations de crise.

New York Times, Why Do So Many Food Documentaries Seem to Think Weâre Stupid?, 10/07/2024
Les documentaires sur l'alimentation sont de plus en plus nombreux, mais leur approche pĂ©dagogique soulĂšve des questions. Lâarticle s'interroge sur la pertinence de ces programmes qui semblent considĂ©rer leur audience comme ignorante des bases de la nutrition.
Prenant pour exemple la série Netflix "You Are What You Eat: A Twin Experiment", l'auteur souligne que ces émissions répÚtent souvent des informations élémentaires, comme les bienfaits des fruits et légumes ou de l'exercice physique. Cette approche, bien qu'apparemment bienveillante, peut sembler condescendante envers un public déjà informé de ces réalités depuis l'enfance.
Lâarticle pointe du doigt le dĂ©calage entre ces programmes et la rĂ©alitĂ© des habitudes alimentaires. Alors que la plupart des gens sont conscients de l'importance d'une alimentation Ă©quilibrĂ©e, ils continuent de faire des choix basĂ©s sur le goĂ»t, la praticitĂ© ou le budget, plutĂŽt que sur la seule recherche d'une santĂ© optimale.
L'article critique Ă©galement la tendance de ces Ă©missions Ă prĂ©senter l'alimentation principalement sous l'angle de ses bĂ©nĂ©fices pour la santĂ© et l'environnement, nĂ©gligeant ainsi l'aspect plaisir et culturel de la nourriture. L'auteur cite l'exemple des "zones bleues", ces rĂ©gions du monde oĂč l'on vit le plus longtemps, soulignant que leurs habitants n'ont pas adoptĂ© leur rĂ©gime alimentaire pour des raisons de santĂ©, mais par tradition et plaisir.
Lâarticle explique que ces documentaires manquent une opportunitĂ© importante : celle de montrer comment on peut apprendre Ă aimer une alimentation saine. L'article conclut en suggĂ©rant que les Ă©missions de cuisine traditionnelles pourraient ĂȘtre plus efficaces pour promouvoir une alimentation saine. Contrairement aux documentaires nutritionnels, elles mettent l'accent sur le plaisir de la prĂ©paration et de la dĂ©gustation, sans jugement ni condescendance. Elles peuvent ainsi inspirer de nouvelles façons d'apprĂ©cier la nourriture, ouvrant potentiellement la voie Ă un mode de vie plus sain.

New York Times, How Janet Yellen Became an Unlikely Culinary Diplomat, 13/07/2024
Janet Yellen, la secrĂ©taire au TrĂ©sor amĂ©ricain, s'est rĂ©vĂ©lĂ©e ĂȘtre une diplomate culinaire inattendue. Au cours des trois derniĂšres annĂ©es, elle a parcouru plus de 300 000 miles, combinant ses responsabilitĂ©s Ă©conomiques avec des expĂ©riences culinaires variĂ©es. De la mayonnaise aux fourmis Ă Mexico aux champignons hallucinogĂšnes Ă PĂ©kin, ses aventures gastronomiques ont fait les gros titres de la presse.
Bien que Janet Yellen affirme que ce n'est pas une stratĂ©gie dĂ©libĂ©rĂ©e de diplomatie, ses repas ont souvent servi de cadre Ă des moments importants. Par exemple, elle a convaincu le ministre irlandais des Finances de rejoindre un accord fiscal international autour de pĂątisseries Ă Bruxelles, et a finalisĂ© un plan pour plafonner le prix du pĂ©trole russe lors d'un dĂźner de travail Ă Washington. L'intĂ©rĂȘt mĂ©diatique pour ses habitudes alimentaires a atteint son apogĂ©e lors de son voyage en Chine, oĂč les mĂ©dias d'Ătat ont louĂ© son utilisation des baguettes. Janet Yellen thĂ©orise que cette fascination provient du fait que les hauts fonctionnaires ne sont gĂ©nĂ©ralement pas vus en train de manger en public.
Au-delĂ de la diplomatie, ces expĂ©riences culinaires servent Ă©galement Ă renforcer les liens avec son Ă©quipe et Ă mieux comprendre les Ă©conomies locales. Janet Yellen prend soin de rechercher personnellement les options de restauration, consultant les critiques sur son tĂ©lĂ©phone lors de ses dĂ©placements. Ces aventures gastronomiques ne se limitent pas Ă l'Ă©tranger. Aux Ătats-Unis, elle a Ă©tĂ© aperçue commandant un cheeseburger chez In-N-Out et dĂ©gustant un sandwich au porc effilochĂ© dans un restaurant de barbecue en Caroline du Nord.
Selon elle, ces interactions avec les populations locales l'aident Ă mieux comprendre la rĂ©alitĂ© Ă©conomique sur le terrain, complĂ©tant ainsi les donnĂ©es nationales qu'elle utilise dans son travail. Cette facette inattendue de sa personnalitĂ© ajoute une dimension humaine Ă son rĂŽle de haut responsable Ă©conomique, tout en servant subtilement les intĂ©rĂȘts diplomatiques des Ătats-Unis.

Boston Consulting Group, What the Alternative Protein Industry Can Learn from EV Companies, 11/07/2024
Les gouvernements et les acteurs des protĂ©ines alternatives devraient suivre trois leçons qui ont donnĂ© un coup de pouce Ă la croissance de lâindustrie des vĂ©hicules Ă©lectriques.
Lâindustrie des protĂ©ines alternatives doit innover pour atteindre la paritĂ© avec la viande animale en termes de qualitĂ© et de coĂ»t, solliciter des politiques gouvernementales de soutien et obtenir des investissements publics et privĂ©s pour construire les infrastructures nĂ©cessaires.
Lâaction est cruciale car les protĂ©ines alternatives pourraient rĂ©duire les Ă©missions mondiales de gaz Ă effet de serre encore plus que les vĂ©hicules Ă©lectriques. Lâagriculture animale reprĂ©sente environ 15 % Ă 20 % des Ă©missions de GESâplus que la production combinĂ©e de carbone des voitures, motos et autres vĂ©hicules lĂ©gers de transport de passagers.
Si les protĂ©ines alternatives pouvaient capturer la moitiĂ© du marchĂ© mondial des protĂ©ines, y compris les produits laitiers, ce changement permettrait de rĂ©duire 5 gigatonnes dâĂ©quivalents CO2 par an.
ConfrontĂ©e Ă une inflation sans prĂ©cĂ©dent depuis des dĂ©cennies, la France a vu revenir en force la question des prix bas dans lâoffre alimentaire. La mission du CGAAER a analysĂ© la compĂ©titivitĂ© prix de lâagriculture et de lâagroalimentaire français et leur place sur ce segment de marchĂ©.
Parmi les recommandations de lâĂ©tude :
Disposer dâun observatoire de lâeÌcosysteÌme alimentaire sâappuyant sur les donneÌes existantes (OFPM, analyses de filieÌre ou Agreste) et inteÌgrant une caracteÌrisation des produits et des acteurs eÌconomiques pour chaque segment de marcheÌ
Lancer en urgence une eÌtude visant aÌ recueillir par enqueÌte les informations qui seront preÌsentes dans le futur observatoire. Ces travaux pourront eÌtre conduits par lâorganisme qui aura eÌteÌ choisi pour creÌer ce dernier
InteÌgrer dans toute politique publique la question de la concurrence prix et donc de la compeÌtitiviteÌ prix. Au sein de la concurrence prix, une concurrence qualiteÌ pourrait eÌtre introduite sur des caracteÌristiques dâorigine
Lancer en urgence une politique industrielle interministeÌrielle inteÌgrant le MASA visant aÌ promouvoir la diversiteÌ de lâoffre alimentaire depuis les premiers prix jusquâau haut de gamme. Pour cela, faciliter lâagrandissement des entreprises et la creÌation de grosses PME ou ETI, reÌparties sur le territoire, pourvoyeuses dâemplois, capables de produire dans la dureÌe aÌ bas couÌts, et associeÌes aux reÌflexions collectives sur les politiques publiques territoriales et nationales
Iddri, Des filiÚres viandes françaises sous tension : entre pressions compétitives et accÚs à la biomasse, Juillet 2024
LâĂ©tude mentionnĂ©e dans le tout premier article de cette newsletter.


La revanche peut parfois prendre une tournure originale
La nouvelle tendance TikTok à éviter
Câest tout pour aujourdâhui.
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A dans 2 semaines !
O. Frey




