Bonjour Ă toutes et Ă tous,
Je suis Olivier Frey, Ă©conomiste et consultant spĂ©cialisĂ© dans lâagriculture et lâagroalimentaire. Chaque semaine, dans le cadre de mon activitĂ© et de ma veille personnelle, je lis de nombreux articles et Ă©tudes consacrĂ©s aux entreprises, aux filiĂšres et aux transformations du monde alimentaire.
Eatâs Business rassemble ceux qui mâont paru les plus intĂ©ressants ou les plus rĂ©vĂ©lateurs des Ă©volutions en cours.
Comme toujours, vous trouverez une formule ristretto pour aller Ă lâessentiel et une formule lungo pour celles et ceux qui souhaitent approfondir.
Pour ceux qui veulent la version audio :
Pour ceux qui veulent la formule ristretto, les 3 articles que je vous conseille de lire en priorité cette semaine sont :
Libération, La Bretagne, nouvelle terre viticole : «Sur le littoral, on a ce cÎté iodé et maritime qui plaßt», 31/10/2026
Les Ăchos, Ube latte, matcha coco, nouvelles textures : comment les boissons chaudes se rĂ©inventent, 29/10/2026
The Wall Street Journal, How Do You Save the Worldâs Chocolate Supply? You Reinvent Chocolate, 30/10/2026
Bonne lecture et bonne semaine Ă toutes et Ă tous!
Pour celles et ceux dâentre vous qui ont plus de temps pour la formule lungo :


Libération, Mauvaise surprise : les produits végans industriels sont encore plus ultratransformés que les autres, 27/10/2026
Une enquĂȘte publiĂ©e dans le numĂ©ro dâoctobre de 60 Millions de consommateurs met en lumiĂšre le degrĂ© particuliĂšrement Ă©levĂ© dâultratransformation de nombreux substituts vĂ©gĂ©taux Ă la viande. MalgrĂ© leur image naturelle et leurs promesses nutritionnelles, ces produits figurent, aux cĂŽtĂ©s des pĂątisseries industrielles, parmi les catĂ©gories alimentaires prĂ©sentant les niveaux de transformation les plus importants.
Les aliments ultratransformĂ©s se caractĂ©risent notamment par la prĂ©sence dâingrĂ©dients rarement utilisĂ©s dans les prĂ©parations domestiques : isolats de protĂ©ines, amidons modifiĂ©s, Ă©mulsifiants, arĂŽmes ou sucres industriels. Ces substances, appelĂ©es marqueurs dâultratransformation, sont frĂ©quemment employĂ©es pour reproduire la texture, le goĂ»t et lâapparence des produits carnĂ©s.
LâenquĂȘte rĂ©vĂšle que les alternatives vĂ©gĂ©tales peuvent afficher un Nutri-Score favorable tout en prĂ©sentant un nombre important de ces marqueurs. Les falafels My Vay, commercialisĂ©s chez Aldi, atteignent ainsi un niveau dâultratransformation comparable Ă celui de certaines cĂ©rĂ©ales industrielles. Les substituts de jambon HappyVore et Fleury Michon prĂ©sentent, quant Ă eux, des profils similaires Ă ceux de chips aromatisĂ©es.
Les nuggets et prĂ©parations panĂ©es vĂ©gĂ©tales sont Ă©galement concernĂ©s. Plusieurs rĂ©fĂ©rences commercialisĂ©es par HappyVore, Garden Gourmet, My Vay ou Le Gaulois affichent des niveaux dâultratransformation particuliĂšrement Ă©levĂ©s. Certaines alternatives se distinguent nĂ©anmoins favorablement, notamment les steaks de pois Hari & Co.
Cette situation soulĂšve des interrogations sanitaires. Selon les Ă©tudes citĂ©es, une consommation importante dâaliments ultratransformĂ©s est associĂ©e Ă une augmentation de 20 % du risque de surpoids et dâobĂ©sitĂ©, de 18 % du risque cardiovasculaire et de 25 % du risque de diabĂšte de type 2. Ces rĂ©sultats correspondent Ă des associations statistiques et ne dĂ©montrent pas, Ă eux seuls, une causalitĂ© directe.
Une Ă©tude issue de la cohorte NutriNet-SantĂ© montre par ailleurs que les vĂ©gĂ©taliens prĂ©sentent une proportion dâaliments ultratransformĂ©s dans leur alimentation supĂ©rieure Ă celle des omnivores : 39,5 % contre 33 %.
LâenquĂȘte souligne toutefois quâaucune marque ne prĂ©sente systĂ©matiquement un profil favorable ou dĂ©favorable : les rĂ©sultats varient selon les recettes et les catĂ©gories.
Face Ă ces constats, 60 Millions de consommateurs prĂ©conise la crĂ©ation dâun indicateur spĂ©cifique permettant dâĂ©valuer le degrĂ© dâultratransformation, complĂ©mentaire du Nutri-Score. Lâobjectif serait dâamĂ©liorer lâinformation des consommateurs et de mieux distinguer les qualitĂ©s nutritionnelles des procĂ©dĂ©s industriels employĂ©s.
Les Ăchos, Bio : la stratĂ©gie des industriels pour doubler leurs parts de marchĂ© en quatre ans, 27/10/2026
Ă lâoccasion de son cinquantiĂšme anniversaire, le Synabio, syndicat reprĂ©sentant plus de 200 entreprises agroalimentaires, a prĂ©sentĂ© une feuille de route ambitieuse pour relancer le marchĂ© français des produits biologiques. Son objectif est de porter la part de marchĂ© du bio de 5,8 % actuellement Ă 12 % en 2030, puis Ă 20 % en 2040.
Cette stratĂ©gie intervient aprĂšs plusieurs annĂ©es difficiles pour la filiĂšre. La part de marchĂ© du bio atteignait encore 6,9 % en 2020, avant de reculer sous lâeffet de lâinflation et des arbitrages budgĂ©taires des mĂ©nages. Depuis 2021, certaines catĂ©gories ont perdu jusquâĂ 25 % de leurs rĂ©fĂ©rences biologiques en grande distribution.
Pour inverser cette tendance, le Synabio identifie trois priorités : renforcer la présence des produits biologiques dans les supermarchés, soutenir les magasins spécialisés et développer leur utilisation en restauration commerciale et collective.
Lâorganisation souhaite Ă©galement mieux valoriser lâorigine française des produits, particuliĂšrement dans les circuits spĂ©cialisĂ©s.
La question des prix demeure nĂ©anmoins centrale. Lors des prĂ©cĂ©dentes nĂ©gociations commerciales, les industriels biologiques avaient demandĂ© une augmentation moyenne de 3,1 %, mais nâavaient obtenu que 1,6 %. Les tensions sur les matiĂšres premiĂšres agricoles, aggravĂ©es par la sĂ©cheresse, et sur les coĂ»ts industriels accentuent aujourdâhui les difficultĂ©s Ă©conomiques des entreprises.
Le Synabio plaide donc pour une répartition plus équilibrée des marges entre producteurs, industriels et distributeurs, afin de rendre les produits biologiques plus accessibles sans fragiliser les différents acteurs.
ParallĂšlement, le syndicat propose une bonification volontaire de 10 % des titres-restaurant, financĂ©e par les employeurs, pour encourager lâachat de produits durables, notamment biologiques.
La santĂ© constitue un autre pilier de cette stratĂ©gie. Le Synabio rappelle que la rĂ©glementation biologique autorise six fois moins dâadditifs et neuf fois moins dâauxiliaires technologiques que la production conventionnelle. Elle exclut Ă©galement les pesticides de synthĂšse et les organismes gĂ©nĂ©tiquement modifiĂ©s.
Lâorganisation souhaite faire reconnaĂźtre lâagriculture biologique comme un outil de prĂ©vention sanitaire.
Cette orientation explique son soutien à la généralisation du Nutri-Score, à une meilleure identification des aliments ultratransformés et à une fiscalité ciblant les sucres ajoutés.

Libération, La Bretagne, nouvelle terre viticole : «Sur le littoral, on a ce cÎté iodé et maritime qui plaßt», 31/10/2026
Longtemps considĂ©rĂ©e comme une rĂ©gion peu propice Ă la viticulture, la Bretagne connaĂźt un dĂ©veloppement rapide de sa production vinicole. FavorisĂ©e par lâĂ©volution du climat, lâouverture des droits de plantation en Europe depuis 2016 et lâinstallation de nouveaux exploitants, la rĂ©gion compte dĂ©sormais une cinquantaine de vignerons. Sa production devrait atteindre 200 000 bouteilles en 2026, avec lâambition de franchir le million dâici 2030.
Dans le Morbihan, Sandie Loiseau et Boris Collet ont créé les Vignes de Bodalan aprÚs une expérience viticole en Australie. Installés sur 4,5 hectares, ils ont commercialisé leur premiÚre cuvée en 2025, un assemblage de chardonnay et de chenin. Leurs 1 800 bouteilles se sont écoulées principalement grùce au bouche-à -oreille. Le couple espÚre atteindre progressivement 20 000 bouteilles annuelles.
PrĂšs de Saint-Malo, Edouard et Pauline Cazals figurent parmi les pionniers de cette nouvelle viticulture. Leur domaine, Les Longues Vignes, créé en 2017, produit aujourdâhui environ 30 000 bouteilles par an. Les exploitants privilĂ©gient une culture biologique, des interventions manuelles et des techniques adaptĂ©es Ă lâhumiditĂ© ocĂ©anique.
Si le rĂ©chauffement climatique favorise la maturation des raisins dans des rĂ©gions auparavant jugĂ©es trop fraĂźches, les conditions mĂ©tĂ©orologiques restent incertaines. AprĂšs les fortes prĂ©cipitations de 2024, lâĂ©tĂ© caniculaire de 2026 a provoquĂ© des vendanges particuliĂšrement prĂ©coces et des Ă©pisodes de sĂ©cheresse prĂ©occupants.
La filiĂšre rencontre Ă©galement un obstacle commercial : lâabsence dâindication gĂ©ographique protĂ©gĂ©e. Les producteurs doivent actuellement commercialiser leurs bouteilles sous la dĂ©nomination « vin de France », sans pouvoir revendiquer librement leur origine bretonne sur les Ă©tiquettes. La crĂ©ation dâune IGP permettrait de valoriser le terroir rĂ©gional et de renforcer la confiance des consommateurs.
MalgrĂ© cette contrainte, les vins bretons sĂ©duisent progressivement cavistes, sommeliers et restaurateurs. Le chef Brieg Le Cam, notamment, met Ă lâhonneur plusieurs domaines locaux dans ses accords gastronomiques.
Les professionnels soulignent aussi lâadĂ©quation entre les caractĂ©ristiques de ces vins, souvent frais, lĂ©gers et marquĂ©s par leur environnement maritime, et les nouvelles attentes des consommateurs.
Le Figaro, «Tout sâĂ©tiole un peu partout» : climat, consommation⊠Dans le vignoble français, la peur gagne les vignerons, 01/11/2026
La viticulture française traverse une pĂ©riode dâincertitude profonde, marquĂ©e par la multiplication des alĂ©as climatiques, le recul de la consommation de vin et les difficultĂ©s Ă©conomiques des exploitations. Au-delĂ des inquiĂ©tudes liĂ©es aux rĂ©coltes, câest dĂ©sormais la pĂ©rennitĂ© du mĂ©tier de vigneron qui suscite des interrogations croissantes.
En Alsace, Florence Kachelhoffer, productrice au domaine Exeterra, dĂ©crit un climat dâinquiĂ©tude gĂ©nĂ©ralisĂ©e. Autrefois peu Ă©voquĂ©es entre professionnels, les difficultĂ©s financiĂšres et les perspectives dâabandon dâactivitĂ© occupent dĂ©sormais une place centrale dans les Ă©changes. La baisse de la demande, associĂ©e Ă une segmentation croissante du marchĂ©, fragilise particuliĂšrement les exploitations.
Le dĂ©rĂšglement climatique constitue une autre menace majeure. Catherine Corbeau-Mellot, du domaine Joseph Mellot, prĂšs de Sancerre, souligne lâimprĂ©visibilitĂ© des conditions mĂ©tĂ©orologiques. En 2026, cinq Ă©pisodes caniculaires et des vendanges exceptionnellement prĂ©coces ont illustrĂ© lâaccĂ©lĂ©ration des bouleversements. Les vignerons doivent Ă©galement composer avec les risques de grĂȘle, de gel printanier et de prĂ©cipitations excessives.
Selon une Ă©tude prĂ©sentĂ©e Ă Bruxelles par lâĂ©conomiste Jean-Marie Cardebat, les faibles rendements pourraient entraĂźner un manque Ă gagner proche dâun milliard dâeuros pour les producteurs français en 2026. Ă lâĂ©chelle de la France, de lâItalie et de lâEspagne, lâexposition Ă©conomique pourrait atteindre 6,69 milliards dâeuros. Ces chiffres correspondent toutefois Ă des estimations, et non Ă des pertes dĂ©finitivement constatĂ©es.
Pour limiter les risques, plusieurs solutions techniques sont envisagĂ©es : protections contre la grĂȘle, dispositifs antigel et Ă©quipements rĂ©duisant lâexposition solaire. Leur financement demeure nĂ©anmoins problĂ©matique, les banques se montrant plus rĂ©ticentes Ă accompagner une filiĂšre fragilisĂ©e.
Lâadaptation pourrait Ă©galement nĂ©cessiter une Ă©volution des appellations dâorigine contrĂŽlĂ©e, davantage de souplesse dans les cĂ©pages autorisĂ©s et une rĂ©duction de certaines surfaces viticoles. Des milliers dâhectares ont dĂ©jĂ Ă©tĂ© arrachĂ©s dans plusieurs appellations.
Cette situation soulÚve enfin la question de la transmission familiale des domaines, dont la viabilité future apparaßt moins certaine.
Face à ces difficultés, certains producteurs privilégient des solutions collectives : mutualisation du matériel, achats groupés et partage des réseaux commerciaux.

Le Monde, « Notre fiertĂ©, câest quand les Ă©tudiants nous disent que câest bon » : dans les cuisines dâun resto U, Ă Gif-sur-Yvette, 29/10/2026
Au restaurant universitaire Lieu de vie, situé à Gif-sur-Yvette, sur le plateau de Saclay, la restauration collective cherche à concilier qualité gastronomique, équilibre nutritionnel et accessibilité financiÚre. Cet établissement, qui sert quotidiennement 900 repas, illustre les transformations engagées dans les restaurants universitaires, mais également les difficultés provoquées par la généralisation du repas à un euro.
Depuis lâentrĂ©e en vigueur de cette mesure, le 4 mai 2026, la frĂ©quentation des restaurants universitaires a fortement augmentĂ©. Ă lâĂ©chelle nationale, 1,3 million de repas supplĂ©mentaires ont Ă©tĂ© servis depuis la rentrĂ©e, soit une progression de 48 % par rapport Ă 2025. Cette hausse entraĂźne des files dâattente importantes, une intensification du travail des Ă©quipes et parfois une rĂ©duction de la diversitĂ© des prĂ©parations.
Malgré ces contraintes, les étudiants interrogés apprécient globalement la qualité des repas. Les assiettes associent protéines, féculents et légumes, avec une attention particuliÚre portée aux assaisonnements et aux cuissons. Les équipes privilégient désormais une véritable cuisine de production plutÎt que le simple réchauffage de produits industriels.
Le chef Yann Pausé valorise notamment les produits bruts, les préparations maison et la réutilisation des ingrédients pour limiter le gaspillage. Les approvisionnements accordent une place importante aux produits biologiques, aux poissons issus de filiÚres durables et aux viandes bénéficiant de labels de qualité.
Cette dĂ©marche sâinscrit dans les objectifs de la loi Egalim, qui prĂ©voit notamment 50 % de produits durables, dont 20 % issus de lâagriculture biologique.
La maĂźtrise des coĂ»ts reste nĂ©anmoins dĂ©terminante : si lâĂ©tudiant paie un euro, le coĂ»t rĂ©el dâun repas atteint huit euros. Les portions sont donc prĂ©cisĂ©ment dĂ©finies, tandis que le gaspillage alimentaire est limitĂ© Ă 63 grammes en moyenne par plateau dans lâacadĂ©mie de Versailles.
LâĂ©volution des attentes alimentaires constitue un autre changement majeur. La proportion de plats vĂ©gĂ©tariens choisis par les Ă©tudiants est passĂ©e dâenviron 20 % Ă 36 % en cinq ans. Des formations dispensĂ©es par des cuisiniers spĂ©cialisĂ©s accompagnent cette transition vers une alimentation plus vĂ©gĂ©tale.

Les Ăchos, Ube latte, matcha coco, nouvelles textures : comment les boissons chaudes se rĂ©inventent, 29/10/2026
Le marchĂ© des boissons chaudes connaĂźt une transformation rapide, portĂ©e par lâessor des coffee shops, lâĂ©volution des habitudes de consommation et lâinfluence des rĂ©seaux sociaux. Aux cĂŽtĂ©s du cafĂ© traditionnel, de nouvelles prĂ©parations Ă base de matcha, dâube ou dâingrĂ©dients vĂ©gĂ©taux sâimposent progressivement dans les Ă©tablissements.
Originaire des Philippines, lâube, un tubercule violet, attire particuliĂšrement lâattention grĂące Ă sa couleur spectaculaire. Sa popularitĂ© croissante a conduit les autoritĂ©s philippines Ă restreindre les exportations de produits frais afin de prĂ©server les variĂ©tĂ©s locales. Les poudres et extraits destinĂ©s aux boissons restent nĂ©anmoins exportables.
Cette tendance accompagne une mutation plus large du secteur. Selon Nicolas Nouchi, fondateur du cabinet Strategâeat, le nombre de coffee shops et salons de thĂ© en France a presque doublĂ© en deux ans. Environ 80 % de ces Ă©tablissements sont indĂ©pendants. Leur dĂ©veloppement rĂ©pond notamment Ă la recherche de nouveaux lieux de convivialitĂ© et Ă la diminution de la consommation dâalcool.
Les consommateurs, particuliÚrement les jeunes générations, recherchent désormais des boissons originales, personnalisables et visuellement attractives. Les préparations sans caféine gagnent du terrain, tandis que les saveurs inspirées de la pùtisserie se multiplient : crÚme de marrons, beurre de cacahuÚte, coco ou épices.
Columbus Café développe notamment des recettes à base de chicorée ou de curcuma. Starbucks renouvelle réguliÚrement son offre avec des créations saisonniÚres associant matcha, pomme ou épices de citrouille.
Lâapparence joue un rĂŽle commercial essentiel. Selon le rapport Future of Taste 2027 dâOatly, 82 % des professionnels interrogĂ©s constatent un intĂ©rĂȘt croissant pour les boissons alternatives au cafĂ© et au thĂ©. En France, un consommateur sur deux se dĂ©clare prĂȘt Ă dĂ©couvrir des boissons innovantes.
Une étude Beantropy & Comyu indique également que 96 % des nouveaux coffee shops parisiens proposent des boissons tendance et que 92 % commercialisent du matcha latte.
La dimension générationnelle reste particuliÚrement marquée : environ 70 % des 18-34 ans fréquentent les cafés pour découvrir de nouvelles tendances, contre seulement 11 % des plus de 65 ans.
Enfin, la texture devient un axe majeur dâinnovation. Mousses froides, gelĂ©es et perles comestibles enrichissent lâexpĂ©rience de dĂ©gustation.

Les Ăchos, Lâindustrie des boissons au cannabis en passe dâĂȘtre stoppĂ©e en plein Ă©lan aux Etats-Unis, 28/10/2026
Aux Ătats-Unis, le dĂ©veloppement rapide des boissons infusĂ©es au cannabis pourrait ĂȘtre brutalement interrompu par une nouvelle rĂ©glementation fĂ©dĂ©rale. Ă compter du 12 dĂ©cembre 2026, la teneur maximale autorisĂ©e en tĂ©trahydrocannabinol (THC) devrait ĂȘtre limitĂ©e Ă 0,4 milligramme par contenant, un seuil trĂšs infĂ©rieur aux concentrations actuellement commercialisĂ©es.
Cette mesure menace directement les fabricants de boissons alternatives Ă lâalcool, dont Willieâs Remedy+, marque créée par le chanteur Willie Nelson. Ses canettes contiennent actuellement entre 5 et 10 milligrammes de THC. Dix-huit mois aprĂšs son lancement, lâentreprise revendique un chiffre dâaffaires mensuel de 20 millions de dollars et une position dominante dans la distribution de cette catĂ©gorie.
Lâessor du marchĂ© trouve son origine dans une loi agricole adoptĂ©e en 2018. Initialement destinĂ©e Ă favoriser la culture du chanvre faiblement dosĂ© en THC, notamment pour offrir de nouveaux dĂ©bouchĂ©s aux producteurs de tabac, cette lĂ©gislation a permis aux industriels de dĂ©velopper des boissons contenant du THC concentrĂ©.
Le secteur reprĂ©sente dĂ©sormais plus dâun milliard de dollars de chiffre dâaffaires aux Ătats-Unis, selon Whitney Economics. Les projections de Brightfield Group anticipaient mĂȘme un marchĂ© de 4,4 milliards de dollars Ă lâhorizon 2030.
Cette croissance intervient dans un contexte de recul de la consommation dâalcool. Selon Gallup, 54 % des AmĂ©ricains dĂ©claraient boire de lâalcool en 2025, contre 67 % en 2022. Les jeunes gĂ©nĂ©rations contribuent particuliĂšrement Ă cette Ă©volution, recherchant de nouvelles expĂ©riences de consommation.
Les boissons au THC profitent de cette tendance en proposant une alternative susceptible de provoquer des effets psychoactifs sans les consĂ©quences traditionnellement associĂ©es Ă une consommation excessive dâalcool.
Leur dĂ©veloppement suscite cependant une opposition politique et Ă©conomique croissante. Plusieurs parlementaires, dont Mitch McConnell, souhaitent dĂ©sormais encadrer plus strictement ces produits. Les industriels des boissons alcoolisĂ©es exercent Ă©galement des pressions rĂ©glementaires, face Ă lâĂ©mergence dâune concurrence sur le marchĂ© des boissons destinĂ©es aux adultes.
Certains acteurs traditionnels ont pourtant choisi de se diversifier. Tilray Brands, présent dans les biÚres et spiritueux, considÚre que ces boissons répondent à une évolution durable de la demande.

Les Ăchos, Des Ă©piceries bio aux coffee shops : lâirresistible ascension du kombucha, 30/10/2026
Longtemps cantonnĂ© aux magasins bio et Ă une clientĂšle spĂ©cialisĂ©e, le kombucha connaĂźt une croissance spectaculaire sur le marchĂ© français des boissons sans alcool. Cette prĂ©paration fermentĂ©e Ă base de thĂ© sucrĂ©, de bactĂ©ries et de levures bĂ©nĂ©ficie dĂ©sormais dâun positionnement commercial moderne, portĂ© par les rĂ©seaux sociaux et la recherche dâalternatives aux sodas traditionnels.
Son dĂ©veloppement sâest effectuĂ© en deux Ă©tapes. Des marques haut de gamme, comme Archipel, ont dâabord introduit le kombucha dans les Ă©piceries fines, les coffee shops et certains restaurants gastronomiques. Des chefs tels que Florent Ladeyn et Manon Fleury lâont intĂ©grĂ© Ă leurs propositions de boissons sans alcool.
Le vĂ©ritable changement dâĂ©chelle intervient en 2025 avec le lancement de Ciao Kombucha par le youtubeur Squeezie. GrĂące Ă une communication destinĂ©e aux jeunes consommateurs et Ă des emballages inspirĂ©s des boissons Ă©nergisantes, la marque rencontre immĂ©diatement un succĂšs commercial important.
Ciao reprĂ©sente aujourdâhui plus de 30 millions dâeuros de chiffre dâaffaires. Selon Rayon Boissons, elle dĂ©tient 64 % du segment et contribue Ă 80 % de sa croissance.
DâaprĂšs NielsenIQ, les ventes de boissons fermentĂ©es en grande distribution ont Ă©tĂ© multipliĂ©es par cinq en un an, atteignant 51 millions dâeuros, dont 94 % proviennent du kombucha. Celui-ci est dĂ©sormais rĂ©fĂ©rencĂ© dans prĂšs de huit magasins sur dix.
Dâautres marques, notamment Ucha, Kyo et Atika, profitent Ă©galement de cette dynamique.
Lâargument sanitaire constitue un facteur dâattractivitĂ©, particuliĂšrement grĂące Ă une teneur en sucre gĂ©nĂ©ralement infĂ©rieure Ă celle des sodas classiques. Un Coca-Cola contient 10,6 grammes de sucre pour 100 millilitres, contre environ 3 grammes pour Ciao Kombucha.
Toutefois, les bĂ©nĂ©fices attribuĂ©s au kombucha sur le microbiote restent insuffisamment dĂ©montrĂ©s scientifiquement. Certaines recettes contiennent Ă©galement des Ă©dulcorants, comme la stĂ©via, dont lâintĂ©rĂȘt Ă long terme pour le contrĂŽle du poids est discutĂ©.
Le prix reprĂ©sente un autre frein : une canette de Ciao Kombucha de 33 centilitres coĂ»te environ trois euros, soit prĂšs du triple dâun soda traditionnel.
Face à cette croissance, les multinationales renforcent leur présence dans les boissons fonctionnelles. PepsiCo a notamment acquis Poppi pour 1,95 milliard de dollars, tandis que Coca-Cola développe Simply Pop.


The Guardian, Boom in weight-loss drugs could lead to fall in beer sales, Heineken warns UK pubs, 23/10/2026
Le brasseur nĂ©erlandais Heineken, numĂ©ro deux mondial de la biĂšre, met en garde les pubs et bars britanniques contre les consĂ©quences potentielles de lâessor des mĂ©dicaments amaigrissants sur la consommation dâalcool. Les traitements de type GLP-1, notamment Ozempic et Wegovy, pourraient modifier durablement les habitudes des consommateurs et entraĂźner une diminution des ventes de biĂšre et de cidre.
Dans une prĂ©sentation adressĂ©e Ă ses clients professionnels au Royaume-Uni, rĂ©vĂ©lĂ©e par Reuters, Heineken souligne que ces mĂ©dicaments, initialement dĂ©veloppĂ©s pour traiter le diabĂšte et dĂ©sormais largement utilisĂ©s dans la perte de poids, peuvent rĂ©duire lâenvie de consommer de lâalcool. Leur effet sur la sensation de satiĂ©tĂ© pourrait Ă©galement limiter le nombre de verres commandĂ©s lors dâune sortie.
Le groupe anticipe ainsi une remise en question des habitudes traditionnelles de consommation dans les pubs britanniques, notamment les longues sessions durant lesquelles les clients enchaĂźnent plusieurs pintes.
Pour accompagner cette Ă©volution, Heineken recommande aux Ă©tablissements dâadapter leur offre en privilĂ©giant les demi-pintes, les boissons faiblement alcoolisĂ©es ou sans alcool, ainsi que les associations entre boissons et petites portions alimentaires. Le brasseur identifie Ă©galement une tendance Ă choisir des produits plus haut de gamme, mais consommĂ©s en quantitĂ©s rĂ©duites.
Cette rĂ©flexion intervient dans un contexte de forte progression des traitements GLP-1. Selon une Ă©tude de JP Morgan, environ 10 millions dâAmĂ©ricains y ont eu recours en 2025.
Heineken considĂšre toutefois que ces transformations dĂ©passent les seuls utilisateurs de mĂ©dicaments amaigrissants. Elles sâinscrivent dans une Ă©volution plus gĂ©nĂ©rale vers la modĂ©ration, le bien-ĂȘtre et une consommation davantage rĂ©flĂ©chie.
Les industriels du secteur divergent nĂ©anmoins sur lâampleur du phĂ©nomĂšne. Diageo, propriĂ©taire de Guinness, estime que les consĂ©quences commerciales devraient rester maĂźtrisables. Carlsberg considĂšre, de son cĂŽtĂ©, que les donnĂ©es disponibles ne dĂ©montrent pas dâeffet significatif sur les ventes de biĂšre. Plusieurs Ă©tudes de Circana, NIQ et KAM suggĂšrent nĂ©anmoins une rĂ©duction de la consommation dâalcool chez les utilisateurs de GLP-1.
Les enjeux Ă©conomiques sont importants : les ventes de biĂšre dans les pubs, bars et restaurants britanniques reprĂ©sentaient prĂšs de 14 milliards de livres sur lâannĂ©e achevĂ©e en fĂ©vrier 2026. Les boissons sans alcool ou faiblement alcoolisĂ©es pesaient moins de 300 millions de livres.

New York Times, DoorDash to Buy Instacart for $17 Billion, Uniting 2 Delivery Giants, 29/10/2026
Le gĂ©ant amĂ©ricain de la livraison de repas DoorDash a annoncĂ© lâacquisition dâInstacart, leader de la livraison de courses alimentaires en ligne, pour 17 milliards de dollars. Cette opĂ©ration majeure doit permettre au groupe de consolider sa position dominante sur le marchĂ© amĂ©ricain de la livraison Ă domicile, en rĂ©unissant deux acteurs incontournables du secteur.
Lâaccord prĂ©voit une valorisation de 65 dollars par action Instacart, soit une prime de 26 % par rapport au cours du 22 octobre. ApprouvĂ©e par les conseils dâadministration des deux entreprises, lâopĂ©ration devrait ĂȘtre finalisĂ©e fin 2027 ou en 2028, sous rĂ©serve des autorisations rĂ©glementaires et de lâapprobation des actionnaires.
Le rapprochement repose sur des activitĂ©s complĂ©mentaires. DoorDash domine la livraison de repas prĂ©parĂ©s, tandis quâInstacart dispose de partenariats avec plus de 2 200 distributeurs alimentaires. Au troisiĂšme trimestre 2026, DoorDash a rĂ©alisĂ© 993 millions de commandes, en progression de 28 % sur un an, reprĂ©sentant prĂšs de 34 milliards de dollars de dĂ©penses et 4,6 milliards de chiffre dâaffaires. Instacart a enregistrĂ©, au deuxiĂšme trimestre, 90,3 millions de commandes, pour 10,4 milliards de dollars de transactions et plus dâun milliard de revenus.
Pour DoorDash, cette acquisition constitue un moyen dâaccĂ©lĂ©rer son dĂ©veloppement dans les courses alimentaires, dont les paniers moyens sont gĂ©nĂ©ralement plus importants que ceux de la restauration. Le groupe entend mutualiser les infrastructures technologiques et logistiques pour accĂ©lĂ©rer les livraisons, rĂ©duire les coĂ»ts et amĂ©liorer la rentabilitĂ© des commerçants partenaires.
LâopĂ©ration intervient dans un contexte de concurrence croissante. Amazon, Walmart et Uber investissent massivement dans la livraison alimentaire. Instacart, valorisĂ© 39 milliards de dollars pendant la pandĂ©mie, a progressivement perdu de sa valeur face Ă cette intensification concurrentielle.
Le rapprochement pourrait néanmoins susciter des inquiétudes concernant la concentration du marché, les conditions de travail des livreurs et les relations commerciales avec les distributeurs. Les autorités américaines devront notamment examiner ses conséquences sur la concurrence et les prix alimentaires.
DoorDash promet toutefois un abonnement commun aux deux plateformes et lâabsence dâobligations dâexclusivitĂ© pour les commerçants.

The Wall Street Journal, How Do You Save the Worldâs Chocolate Supply? You Reinvent Chocolate, 30/10/2026
Face aux tensions croissantes sur lâapprovisionnement mondial en cacao, plusieurs entreprises dĂ©veloppent des alternatives innovantes au chocolat traditionnel. Entre culture cellulaire et valorisation de coproduits agricoles, ces technologies pourraient transformer durablement lâindustrie chocolatiĂšre, confrontĂ©e Ă la volatilitĂ© des cours et aux consĂ©quences du changement climatique.
Depuis 2021, les prix des confiseries ont augmentĂ© de 44 % aux Ătats-Unis. Cette inflation rĂ©sulte notamment des difficultĂ©s rencontrĂ©es par les producteurs de cacao, particuliĂšrement exposĂ©s aux sĂ©cheresses, aux inondations et au manque dâinvestissements agricoles. En 2024, la tonne de cacao a dĂ©passĂ© 12 000 dollars, contre 2 000 Ă 3 000 dollars durant la dĂ©cennie prĂ©cĂ©dente. MalgrĂ© un repli autour de 5 000 Ă 6 000 dollars, les risques de nouvelles flambĂ©es persistent.
Deux approches technologiques émergent pour sécuriser les approvisionnements.
La premiĂšre repose sur la culture de cellules de cacaoyer en laboratoire. Les start-up Celleste et California Cultured dĂ©veloppent des procĂ©dĂ©s permettant de produire du cacao biologiquement identique au cacao conventionnel, sans cultiver dâarbres. Celleste, associĂ©e Ă Mondelez, a dĂ©jĂ fabriquĂ© des tablettes expĂ©rimentales. Son objectif est de produire une tonne annuelle de cacao par biorĂ©acteur de 1 000 litres, Ă partir de seulement deux fĂšves, contre environ deux hectares de plantation traditionnellement nĂ©cessaires.
California Cultured ambitionne Ă©galement de produire un cacao riche en flavanols et exempt de certains mĂ©taux lourds. Les deux entreprises visent des avancĂ©es commerciales ou rĂ©glementaires dâici 2028, mais doivent encore rĂ©duire considĂ©rablement leurs coĂ»ts de fabrication.
La seconde approche consiste à remplacer le cacao par des ingrédients agricoles transformés. Voyage Foods utilise notamment des pépins de raisin issus de la vinification, associés à des protéines de tournesol et des matiÚres grasses végétales. Son usine américaine peut produire 10 000 tonnes annuelles de substituts, distribués mondialement par Cargill.
Dâautres entreprises, comme Win-Win au Royaume-Uni et Prefer Ă Singapour, explorent des mĂ©langes de cĂ©rĂ©ales et de graines torrĂ©fiĂ©es.
Ces innovations intĂ©ressent les industriels dĂ©sireux de prĂ©server lâaccessibilitĂ© des produits chocolatĂ©s. Toutefois, les substituts reproduisent encore imparfaitement les qualitĂ©s gustatives du chocolat pur.
Ă terme, ces solutions pourraient complĂ©ter la production agricole traditionnelle plutĂŽt que la remplacer, tout en renforçant la rĂ©silience dâune filiĂšre fragilisĂ©e par les bouleversements climatiques.

Forbes, TikTok Introduces User-Generated Restaurant Guide, Must Eat, 30/10/2026
TikTok renforce son influence dans le secteur de la restauration avec le lancement de Must Eat, un guide gastronomique collaboratif directement intégré à son application. Cette nouvelle fonctionnalité permet aux utilisateurs de découvrir des établissements à partir des recommandations et expériences partagées par la communauté. Initialement déployé à New York, Los Angeles et dans la baie de San Francisco, ce service exploite les données de plus de 40 millions de publications et commentaires.
Must Eat propose deux catĂ©gories principales : restauration quotidienne et Ă©tablissements haut de gamme. Les utilisateurs peuvent affiner leurs recherches selon le quartier, le type de cuisine, les horaires dâouverture, le prix moyen par personne ou encore les Ă©valuations attribuĂ©es par la communautĂ©. Chaque fiche dâĂ©tablissement intĂšgre directement les vidĂ©os publiĂ©es par les clients, permettant de visualiser les plats, lâambiance et lâexpĂ©rience proposĂ©e.
Contrairement aux plateformes traditionnelles comme Yelp ou TripAdvisor, TikTok associe ainsi les recommandations gastronomiques à des contenus audiovisuels générés spontanément par les consommateurs. Le service ne comporte actuellement aucun référencement payant.
Cette initiative sâappuie sur lâinfluence croissante du rĂ©seau social sur les comportements alimentaires. Selon TikTok, 27 millions dâAmĂ©ricains ont dĂ©couvert puis frĂ©quentĂ© pour la premiĂšre fois un commerce indĂ©pendant grĂące Ă lâapplication en 2025, gĂ©nĂ©rant environ 4,7 milliards de dollars de dĂ©penses locales. La plateforme revendique plus de 200 millions dâutilisateurs aux Ătats-Unis.
Plusieurs restaurateurs témoignent de cet impact. à Manhattan, Thai Diner bénéficie de la visibilité offerte par les vidéos de ses clients. De son cÎté, Golden Diner, situé dans le quartier chinois de New York, a connu un regain de fréquentation aprÚs la viralité de ses pancakes au miel et au beurre en 2023. Cette popularité a nécessité une adaptation rapide de son organisation.
TikTok Ă©volue toutefois dans un environnement concurrentiel. LancĂ©e en 2021, lâapplication Beli revendique plus de 75 millions dâĂ©valuations de restaurants et environ 30 millions dâutilisateurs, dont 80 % ont 35 ans ou moins. Son intĂ©gration avec la plateforme de rĂ©servation Resy facilite Ă©galement lâorganisation des sorties.

European Union, Food innovation: building public trust and outreach, October 2026
Lâinnovation alimentaire reprĂ©sente un enjeu stratĂ©gique pour lâEurope, confrontĂ©e au changement climatique, aux tensions sur les ressources naturelles et Ă la nĂ©cessitĂ© de sĂ©curiser son approvisionnement. Pourtant, une Ă©tude EurobaromĂštre rĂ©vĂšle que les consommateurs europĂ©ens restent majoritairement prudents face aux nouveaux aliments issus des biotechnologies, de la fermentation de prĂ©cision ou de la culture cellulaire.
Si 69 % des EuropĂ©ens ont dĂ©jĂ entendu parler de ces innovations, 72 % estiment manquer dâinformations. Cette mĂ©connaissance contribue Ă une perception globalement dĂ©favorable : 51 % des personnes interrogĂ©es expriment une opinion nĂ©gative, contre 39 % une opinion positive.
Lâacceptation varie fortement selon les technologies. Les cultures vĂ©gĂ©tales adaptĂ©es aux sĂ©cheresses ou aux maladies recueillent 50 % dâavis favorables Ă leur consommation, devant les nouvelles protĂ©ines vĂ©gĂ©tales (47 %) et les ingrĂ©dients issus de fermentations microbiennes (46 %). Les aliments produits Ă partir de cellules animales suscitent davantage de rĂ©ticences : seuls 34 % des EuropĂ©ens se dĂ©clarent disposĂ©s Ă les consommer.
Les préoccupations portent principalement sur les conséquences sanitaires encore inconnues à long terme (43 %), le caractÚre jugé artificiel ou ultratransformé des produits (35 %) et le manque de transparence concernant leur composition ou leur fabrication (33 %).
LâĂ©tude souligne nĂ©anmoins que les consommateurs reconnaissent certains bĂ©nĂ©fices potentiels, notamment la rĂ©duction de la pression sur les ressources naturelles, la sĂ©curitĂ© alimentaire et la diversification de lâoffre.
La confiance apparaßt comme la principale condition de développement du marché. Ainsi, 85 % des répondants souhaitent des dénominations explicites et des informations transparentes sur les produits. Un étiquetage obligatoire renforcerait la confiance de 51 % des consommateurs, tandis que les évaluations indépendantes de sécurité constituent également un levier important.
Malgré ces garanties, 54 % des Européens resteraient réticents à acheter des aliments innovants, contre 42 % qui accepteraient.
Les rĂ©sultats mettent ainsi en Ă©vidence un dĂ©fi majeur pour les industriels : au-delĂ des performances technologiques, lâadoption de ces produits dĂ©pendra de leur capacitĂ© Ă dĂ©montrer des bĂ©nĂ©fices concrets, Ă garantir leur innocuitĂ© et Ă communiquer clairement auprĂšs des consommateurs.
Les principaux points clĂ©s de lâĂ©tude
1. La France figure parmi les pays les moins informĂ©s. Seuls 19 % des Français dĂ©clarent se sentir informĂ©s sur les aliments innovants, contre 27 % dans lâensemble de lâUnion europĂ©enne.
2. Lâacceptation dĂ©pend fortement du procĂ©dĂ© de fabrication. Les innovations vĂ©gĂ©tales proches de lâalimentation traditionnelle sont mieux accueillies que les produits issus de cellules animales.
3. La sécurité sanitaire reste la premiÚre préoccupation. Les consommateurs demandent des garanties indépendantes sur les effets à long terme, au-delà des informations communiquées par les fabricants.
4. Les diffĂ©rences gĂ©ographiques sont importantes. Les Pays-Bas (69 %), la SuĂšde (65 %), la Finlande (57 %) et le Danemark (54 %) prĂ©sentent les opinions les plus favorables Ă lâinnovation alimentaire.
5. La transparence doit ĂȘtre au cĆur de la commercialisation. Ătiquetage clair, origine des ingrĂ©dients, mĂ©thodes de production et contrĂŽles indĂ©pendants sont des conditions essentielles pour construire la confiance.
6. Le prix ne suffit pas Ă convaincre. Parmi les consommateurs disposĂ©s Ă acheter des aliments innovants, 56 % accepteraient de le faire Ă prix Ă©quivalent aux produits conventionnels. Le principal obstacle reste donc lâacceptation du produit lui-mĂȘme.
7. Les bĂ©nĂ©fices environnementaux doivent ĂȘtre tangibles. La rĂ©duction de lâutilisation des pesticides, des engrais ou des antibiotiques constitue le premier argument susceptible dâencourager une consommation rĂ©guliĂšre, citĂ© par 35 % des rĂ©pondants.
Câest tout pour aujourdâhui.
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A la semaine prochaine!
O. Frey

