Bonjour Ă toutes et Ă tous,
Je suis Olivier Frey, Ă©conomiste et consultant spĂ©cialisĂ© dans lâagriculture et lâagroalimentaire. Chaque semaine, dans le cadre de mon activitĂ© et de ma veille personnelle, je lis de nombreux articles et Ă©tudes consacrĂ©s aux entreprises, aux filiĂšres et aux transformations du monde alimentaire.
Eatâs Business rassemble ceux qui mâont paru les plus intĂ©ressants ou les plus rĂ©vĂ©lateurs des Ă©volutions en cours.
Comme toujours, vous trouverez une formule ristretto pour aller Ă lâessentiel et une formule lungo pour celles et ceux qui souhaitent approfondir.
Pour ceux qui veulent la version audio :
Pour ceux qui veulent la formule ristretto, les 3 articles que je vous conseille de lire en priorité cette semaine sont :
Le
Bonne lecture et bonne semaine Ă toutes et Ă tous!
Pour celles et ceux dâentre vous qui ont plus de temps pour la formule lungo :


Les Ăchos, LâAllemagne veut Ă son tour introduire une « taxe soda », 14/10/2026
LâAllemagne sâapprĂȘte Ă rejoindre les pays europĂ©ens ayant instaurĂ© une fiscalitĂ© spĂ©cifique sur les boissons sucrĂ©es. Le gouvernement fĂ©dĂ©ral a adoptĂ©, le 14 octobre, un projet de taxe qui pourrait entrer en application le 1er juillet 2027, sous rĂ©serve de son approbation par le Bundestag. Cette initiative vise principalement Ă renforcer les ressources de lâassurance-maladie, dont la situation financiĂšre nĂ©cessite de nouvelles mesures de stabilisation.
Le dispositif concernerait un large éventail de produits : sodas, limonades, thés glacés, boissons énergisantes, nectars de fruits et sirops contenant du sucre. Les boissons sans sucre ou allégées seraient généralement exemptées. La taxation serait progressive, selon la concentration en sucre : 26 centimes par litre pour les boissons contenant au moins 5 grammes de sucre pour 100 millilitres, puis 32 centimes par litre à partir de 8 grammes.
Les recettes fiscales attendues atteindraient 690 millions dâeuros en 2027, premiĂšre annĂ©e dâapplication, puis 925 millions en 2028. Ces prĂ©visions ont Ă©tĂ© revues Ă la baisse par rapport Ă une prĂ©cĂ©dente version du projet, qui avait provoquĂ© des tensions entre les conservateurs de la CDU et leurs partenaires sociaux-dĂ©mocrates du SPD.
Ă titre de comparaison, la taxe française sur les boissons sucrĂ©es, introduite en 2012 et modifiĂ©e Ă plusieurs reprises, rapporte actuellement un peu plus de 450 millions dâeuros par an. La France envisage parallĂšlement une taxation supplĂ©mentaire visant certains produits alimentaires transformĂ©s et sucrĂ©s, dans le cadre du projet de financement de la SĂ©curitĂ© sociale pour 2027.
En Allemagne, les reprĂ©sentants de lâindustrie des boissons contestent vivement cette nouvelle fiscalitĂ©. Ils dĂ©noncent un dispositif susceptible dâaugmenter les prix Ă la consommation, dâalourdir les charges administratives et de fragiliser les entreprises dans une conjoncture Ă©conomique difficile.
La profession souligne Ă©galement les efforts volontaires dĂ©jĂ accomplis pour diminuer la teneur en sucre des boissons. Selon sa fĂ©dĂ©ration, la rĂ©duction obtenue entre 2015 et 2025 dĂ©passerait 20 %, soit davantage que lâobjectif initial de 15 %.
Pour attĂ©nuer les critiques, le gouvernement prĂ©voit une exemption pour les petits producteurs indĂ©pendants fabriquant jusquâĂ 70 000 litres annuellement. Dâautres dĂ©rogations pourraient ĂȘtre envisagĂ©es, sous rĂ©serve de lâaccord de la Commission europĂ©enne.

Les Ăchos, « La qualitĂ© nutritionnelle des produits alimentaires nâest pas le critĂšre prioritaire dâachat des consommateurs » : pourquoi lâinfluence des labels est moins importante quâon le croit, 13/10/2026
Les dispositifs dâinformation nutritionnelle, comme le Nutri-Score ou lâapplication Yuka, bĂ©nĂ©ficient dâune large adhĂ©sion des consommateurs, mais leur influence rĂ©elle sur les comportements dâachat reste limitĂ©e. Câest le principal enseignement des travaux prĂ©sentĂ©s par Pierre Chandon, professeur de marketing Ă lâInsead, qui analyse les effets de ces outils sur les habitudes alimentaires.
Deux Ă©tudes rĂ©alisĂ©es en 2020 pour le ministĂšre de la SantĂ© permettent dâĂ©clairer cette question. La premiĂšre portait sur 1,6 million dâachats effectuĂ©s dans 60 supermarchĂ©s français, tandis que la seconde examinait plus de 200 000 achats en restauration rapide.
Les résultats révÚlent un paradoxe : 85 % des consommateurs interrogés en supermarché estiment que le Nutri-Score les aide à mieux manger, et 90 % des clients de restauration rapide jugent favorablement son affichage. Pourtant, cette adhésion ne se traduit pas nécessairement par une modification significative des achats.
Selon Pierre Chandon, les choix alimentaires reposent avant tout sur des habitudes culturelles profondément ancrées. Le goût demeure le principal facteur de décision, tandis que le prix occupe une place croissante dans un contexte de contraintes budgétaires. La qualité nutritionnelle intervient généralement au second plan.
Les labels influencent davantage les consommateurs particuliĂšrement attentifs Ă leur alimentation, notamment parmi les catĂ©gories socioprofessionnelles supĂ©rieures. Leur impact peut Ă©galement ĂȘtre notable lorsquâune mauvaise Ă©valuation contredit lâimage positive dâun produit, comme cela a Ă©tĂ© observĂ© pour certaines boissons vĂ©gĂ©tales.
Ă lâinverse, une note nutritionnelle dĂ©favorable peut paradoxalement renforcer lâattrait de produits associĂ©s au plaisir, notamment les biscuits et les glaces.
LâintĂ©rĂȘt majeur des labels se situe donc moins dans leur capacitĂ© Ă transformer immĂ©diatement la demande que dans leur influence sur les fabricants. La perspective dâobtenir une meilleure notation encourage les industriels Ă reformuler leurs recettes et Ă amĂ©liorer la composition nutritionnelle de leurs produits.
Pierre Chandon souligne nĂ©anmoins la nĂ©cessitĂ© dâharmoniser les mĂ©thodes dâĂ©valuation. Le Nutri-Score repose sur un systĂšme validĂ© par les autoritĂ©s publiques de plusieurs pays europĂ©ens, tandis que Yuka intĂšgre notamment les additifs et leur dangerositĂ© potentielle, sans pouvoir toujours tenir compte des quantitĂ©s prĂ©sentes.

Le Figaro, «Ils sont persuadĂ©s que ce nâest pas fait pour eux» : ces restaurants Ă©toilĂ©s qui partent Ă la conquĂȘte des jeunes avec des menus moins chers, 10/10/2026
Face au vieillissement de leur clientĂšle et Ă lâimage parfois Ă©litiste de la haute gastronomie, plusieurs restaurants Ă©toilĂ©s français dĂ©veloppent des offres tarifaires destinĂ©es aux jeunes adultes. Lâobjectif consiste Ă rendre ces Ă©tablissements plus accessibles, tout en prĂ©parant le renouvellement de leur clientĂšle.
Ă Paris, Julien Dumas, chef du restaurant Ă©toilĂ© Zostera, propose dĂ©sormais aux 20-35 ans un menu en quatre services Ă 65 euros, contre des formules habituelles comprises entre 99 et 185 euros. Cette initiative, inspirĂ©e par les contraintes budgĂ©taires de sa niĂšce, doit permettre de dĂ©couvrir une cuisine gastronomique Ă©laborĂ©e autour de produits de qualitĂ©, sans dĂ©grader lâexpĂ©rience proposĂ©e. Le restaurateur prĂ©voit de rĂ©server plusieurs tables chaque soir Ă cette clientĂšle.
Cette dĂ©marche sâinscrit dans une tradition dĂ©jĂ ancienne en Alsace. Depuis 1992, lâassociation Ătoiles dâAlsace commercialise des formules destinĂ©es aux moins de 35 ans, avec des menus boissons comprises, proposĂ©s entre 65 et 145 euros selon les Ă©tablissements. MalgrĂ© son succĂšs historique, le dispositif doit ĂȘtre modernisĂ© pour toucher directement les jeunes gĂ©nĂ©rations, notamment grĂące aux rĂ©seaux sociaux.
La maison Troisgros, Ă Ouches, a adoptĂ© une stratĂ©gie similaire dĂšs 2012. Son offre Premiers pas permet aux moins de 35 ans de profiter dâun repas comprenant six services et quatre verres de vin pour 170 euros. Le succĂšs est dĂ©sormais tel que les rĂ©servations fonctionnent sur liste dâattente, avec environ cinquante couverts hebdomadaires.
Lâentrepreneur StĂ©phane Manigold, propriĂ©taire de plusieurs restaurants Ă©toilĂ©s parisiens, dĂ©veloppe Ă©galement des formules Jeunes Prestige. Elles coĂ»tent 98 euros dans ses Ă©tablissements une Ă©toile et 135 euros dans son restaurant deux Ă©toiles, boissons comprises. Il souhaite fĂ©dĂ©rer dâautres restaurateurs autour dâune association baptisĂ©e Les Ătoiles de Paris.
Au Taillevent, une approche diffĂ©rente a Ă©tĂ© retenue : les clients de moins de 33 ans bĂ©nĂ©ficient dâune rĂ©duction de 33 % sur leur addition, sous certaines conditions.
Au-delĂ de lâargument tarifaire, ces initiatives cherchent Ă lever les barriĂšres psychologiques qui Ă©loignent les jeunes de la gastronomie. Les chefs souhaitent transmettre leur savoir-faire, faire dĂ©couvrir de nouveaux produits et fidĂ©liser durablement une clientĂšle susceptible de revenir ultĂ©rieurement.

LibĂ©ration, Reportage «Les gens ont besoin du resto Ă lâancienne» : dans le Nord, les estaminets servis Ă toutes les sauces, 10/10/2026
Dans les Hauts-de-France, les estaminets connaissent un regain de popularitĂ© qui tĂ©moigne de lâattachement des consommateurs Ă la cuisine rĂ©gionale et aux Ă©tablissements conviviaux. Mais cette rĂ©ussite commerciale soulĂšve une question : comment prĂ©server lâidentitĂ© de ces lieux historiques face Ă leur multiplication et Ă leur transformation progressive en restaurants traditionnels ?
Ă lâorigine, les estaminets constituaient des lieux de sociabilitĂ© populaire oĂč ouvriers et paysans se retrouvaient pour boire, discuter, jouer ou conclure des affaires. Ces Ă©tablissements occupaient une place essentielle dans la vie quotidienne des communautĂ©s locales.
Aujourdâhui, leur succĂšs repose sur une atmosphĂšre chaleureuse, une dĂ©coration ancienne, des jeux traditionnels et une cuisine gĂ©nĂ©reuse. Carbonnade flamande, potjevleesch, frites au gras de bĆuf et spĂ©cialitĂ©s locales composent les cartes. Lâutilisation de produits rĂ©gionaux, les circuits courts et les prĂ©parations maison restent des marqueurs importants dâauthenticitĂ©.
Gilles Guillon, auteur dâun guide consacrĂ© aux estaminets, en recense environ 200 dans la rĂ©gion. Leur dĂ©veloppement attire de nouveaux entrepreneurs, notamment Anne et François Caulier, anciens professionnels du bĂątiment reconvertis dans la restauration en 2021. Le couple exploite dĂ©sormais huit Ă©tablissements, dont plusieurs adresses emblĂ©matiques de Lille.
Leur stratĂ©gie consiste Ă prĂ©server les traditions tout en modernisant lâexploitation : ouverture quotidienne, organisation du travail adaptĂ©e aux salariĂ©s et utilisation dâoutils numĂ©riques pour les commandes. Les jeux flamands conservent nĂ©anmoins une place importante dans leurs projets.
Dâautres acteurs privilĂ©gient une approche davantage commerciale. La Châtite Brigitte, dirigĂ©e par ClĂ©ment Richevaux, compte cinq Ă©tablissements et 200 salariĂ©s. Son concept associe spĂ©cialitĂ©s rĂ©gionales, portions gĂ©nĂ©reuses et dĂ©coration Ă©voquant les traditions populaires du Nord.
Cette Ă©volution suscite des critiques chez les dĂ©fenseurs des estaminets historiques, qui dĂ©noncent une utilisation parfois abusive de cette appellation. Le dĂ©bat porte Ă©galement sur leur identitĂ© gĂ©ographique, certains revendiquant exclusivement des racines flamandes, tandis que dâautres rappellent leur prĂ©sence historique dans un territoire culturel plus vaste.

Le Monde, Dans les supermarchés français, une journée noire aprÚs une cyberattaque massive visant des systÚmes frigorifiques, 12/10/2026
Une cyberattaque dâune ampleur exceptionnelle a frappĂ©, dans la nuit du 11 au 12 octobre 2026, les installations frigorifiques de plusieurs centaines de supermarchĂ©s français. En manipulant Ă distance les systĂšmes de rĂ©gulation des tempĂ©ratures, les pirates ont provoquĂ© la destruction de quantitĂ©s considĂ©rables de marchandises alimentaires.
Lâattaque a notamment touchĂ© environ 300 magasins IntermarchĂ© et Netto, une centaine de points de vente CoopĂ©rative U, 80 Carrefour, une trentaine de Monoprix et plusieurs Ă©tablissements E.Leclerc. Le grossiste Metro ainsi que certaines entreprises de la filiĂšre viande figurent Ă©galement parmi les victimes identifiĂ©es.
Les cybercriminels ont modifiĂ© les paramĂštres des dispositifs de dĂ©givrage, portant certaines tempĂ©ratures Ă 50 °C et prolongeant les cycles de fonctionnement dâune Ă huit heures. Cette manipulation a retardĂ© le dĂ©clenchement des alarmes et considĂ©rablement aggravĂ© les dĂ©gĂąts.
Dans certains magasins, les tempĂ©ratures auraient mĂȘme atteint 80 °C, entraĂźnant la dĂ©tĂ©rioration des Ă©quipements. Pour respecter les rĂšgles sanitaires, les distributeurs ont dĂ» Ă©liminer les denrĂ©es concernĂ©es par la rupture de la chaĂźne du froid.
La vulnĂ©rabilitĂ© exploitĂ©e concerne un logiciel de pilotage des installations frigorifiques dĂ©veloppĂ© par le groupe danois Danfoss. Lâentreprise indique que la majoritĂ© des Ă©quipements affectĂ©s sont des systĂšmes anciens, devenus obsolĂštes et ne bĂ©nĂ©ficiant plus des mises Ă jour de sĂ©curitĂ©.
Une alerte concernant certaines failles avait pourtant Ă©tĂ© publiĂ©e dĂšs le mois dâaoĂ»t. Lâincident met en Ă©vidence les risques associĂ©s Ă la gestion dĂ©centralisĂ©e des Ă©quipements techniques dans la grande distribution, chaque magasin pouvant disposer de ses propres prestataires et infrastructures informatiques.

Libération, Le «swicy», une nouvelle saveur pimentée et sucrée bientÎt chouchoute des rayons ?, 07/10/2026
Une nouvelle tendance gustative (mais que nous avions dĂ©jĂ identifiĂ©e dans notre Ă©tude Tendances Food sortie Ă lâĂ©tĂ© 2024) attire lâattention des consommateurs et des industriels de lâagroalimentaire : le « swicy », contraction des termes anglais sweet et spicy, dĂ©signant lâassociation du sucrĂ© et du pimentĂ©. PopularisĂ©e sur les rĂ©seaux sociaux, cette combinaison pourrait devenir un nouvel axe dâinnovation pour de nombreuses catĂ©gories alimentaires.
Le principe repose sur un contraste sensoriel entre la douceur du sucre et la sensation de chaleur provoquĂ©e par les Ă©pices. Parmi les recettes qui circulent sur Internet figurent notamment des sauces associant miel et sriracha, ou des desserts mĂȘlant chocolat noir, mangue et piment habanero.
Cette tendance puise ses inspirations dans différentes traditions culinaires, particuliÚrement asiatiques et sud-américaines. Les associations de fruits tropicaux, caramel, flocons de piment ou poivre du Sichuan illustrent la diversité des créations possibles.
Lâattrait de ces mĂ©langes repose notamment sur leurs caractĂ©ristiques sensorielles. La capsaĂŻcine, molĂ©cule responsable de la sensation piquante du piment, stimule les rĂ©cepteurs sensibles Ă la chaleur. Le sucre contribue Ă attĂ©nuer cette sensation, tandis que le piment limite lâimpression de douceur excessive. Cette interaction peut procurer une expĂ©rience gustative particuliĂšrement stimulante.
Le phĂ©nomĂšne intĂ©resse dĂ©sormais les spĂ©cialistes de lâinnovation alimentaire. Selon une Ă©tude publiĂ©e en septembre par Innova Market Insights, les consommateurs manifestent un intĂ©rĂȘt croissant pour les associations de saveurs contrastĂ©es, notamment lorsquâelles intĂšgrent une dimension pimentĂ©e.
Les confiseries, chocolats et boissons apparaissent comme des catégories particuliÚrement prometteuses, leurs consommateurs étant généralement ouverts aux nouveautés gustatives.
Pour les industriels, le principal défi consiste à déterminer le juste équilibre entre douceur et intensité piquante, tout en préservant les caractéristiques aromatiques des ingrédients durant les procédés de fabrication.
Toutefois, le swicy ne constitue pas une véritable invention culinaire. Les sauces thaïlandaises aigres-douces pimentées ou certaines préparations vietnamiennes associant mangue et sel pimenté reposent depuis longtemps sur des principes similaires.
La nouveautĂ© rĂ©side surtout dans la mĂ©diatisation internationale de ces associations et leur appropriation par lâindustrie agroalimentaire.

LSA, Omar Sy, Teddy Riner... Quand les cĂ©lĂ©britĂ©s sâĂ©rigent en Ă©gĂ©ries des marques de boisson sans-alcool, 10/10/2026
Le marchĂ© français des boissons sans alcool attire un nombre croissant de personnalitĂ©s issues du divertissement, du sport et des rĂ©seaux sociaux. Au-delĂ de leur rĂŽle traditionnel dâambassadeurs, ces cĂ©lĂ©britĂ©s deviennent investisseurs et participent directement au dĂ©veloppement de marques, profitant du dynamisme de plusieurs segments porteurs.
Cette stratégie, déjà répandue dans les pays anglo-saxons avec des personnalités comme Katy Perry, Tom Holland ou Elton John, connaßt une accélération en France.
Le youtubeur Squeezie illustre cette Ă©volution avec Ciao Kombucha, lancĂ© en 2025. La marque a rapidement rencontrĂ© le succĂšs, intĂ©grant le classement des principales innovations de Nielsen et rĂ©alisant 23 millions dâeuros de chiffre dâaffaires en quelques mois.
Fort de cette rĂ©ussite, lâinfluenceur a lancĂ© Ciao Energy en juin 2026, aux cĂŽtĂ©s de LĂ©na Situations et Inoxtag. Cette nouvelle marque investit le marchĂ© des boissons Ă©nergisantes, dont les ventes progressent de plus de 23 % en valeur en grande distribution.
Le champion olympique Teddy Riner sâengage Ă©galement sur ce segment avec Noxx. La marque privilĂ©gie initialement les circuits hors domicile, notamment les distributeurs automatiques et la restauration chaĂźnĂ©e, avant dâenvisager une implantation en grande distribution et un dĂ©veloppement international.
Dans les boissons fonctionnelles, lâacteur Kev Adams participe depuis 2020 Ă Drink Waters, marque proposant notamment des boissons conditionnĂ©es dans des bouteilles en aluminium rĂ©utilisables et recyclables.
Le phénomÚne touche également les alternatives aux boissons alcoolisées, un marché affichant une croissance de 11,9 % en valeur et de 10,1 % en volume.
Lâacteur Omar Sy est ainsi actionnaire du Petit BĂ©ret, spĂ©cialiste des vins, biĂšres et spiritueux sans alcool. PrĂ©sente dans plusieurs circuits de distribution, la marque prĂ©voit de commercialiser 1,5 million de bouteilles en 2026.
Sur le segment premium, French Bloom, cofondĂ©e par Constance Jablonski et Maggie Frerejean-Taittinger, dĂ©veloppe des vins dĂ©salcoolisĂ©s biologiques. Soutenue par LVMH depuis 2024, lâentreprise annonce une croissance annuelle de 80 % et vise plus dâun million de bouteilles vendues.
Pour les célébrités, ces investissements permettent de diversifier leurs revenus et de valoriser leur notoriété. Pour les marques, ils constituent un puissant accélérateur de visibilité et de distribution.


Whole Foods Market, The Next Big Things: Our Top Food Trend Predictions for 2027
Comme chaque annĂ©e, le distributeur amĂ©ricain Whole Foods Market dĂ©voile huit tendances alimentaires susceptibles de marquer lâannĂ©e 2027. ĂlaborĂ©es par son comitĂ© dâexperts, ces prĂ©visions tĂ©moignent dâune Ă©volution des attentes des consommateurs, qui recherchent simultanĂ©ment authenticitĂ©, bienfaits nutritionnels, nouvelles expĂ©riences gustatives et durabilitĂ©.
La valorisation du terroir constitue une premiĂšre tendance majeure. Longtemps associĂ©e au vin, cette notion sâĂ©tend dĂ©sormais au chocolat, au cafĂ©, aux huiles dâolive, aux cĂ©rĂ©ales et aux produits de la mer. Lâorigine gĂ©ographique, les mĂ©thodes de production et les caractĂ©ristiques propres Ă chaque territoire deviennent des arguments commerciaux diffĂ©renciants.
DeuxiĂšme tendance, la « beautrition » associe alimentation et beautĂ©. Les consommateurs sâintĂ©ressent davantage aux produits contenant du collagĂšne, des antioxydants, des omĂ©ga-3 ou des nutriments susceptibles de contribuer Ă la santĂ© de la peau. Boissons fonctionnelles, complĂ©ments alimentaires et produits naturellement riches en micronutriments bĂ©nĂ©ficient de cet engouement.
La gastronomie japonaise inspire Ă©galement de nouvelles innovations, notamment Ă travers le yĆshoku, cuisine fusion adaptant des spĂ©cialitĂ©s occidentales aux goĂ»ts japonais. Pains au lait, currys, escalopes panĂ©es et sauces spĂ©cifiques gagnent progressivement les rayons amĂ©ricains.
ParallÚlement, la réinvention de plats traditionnels favorise des associations culinaires inattendues, comme les lasagnes au poulet Buffalo ou les pizzas inspirées de spécialités régionales.
La cinquiÚme tendance concerne le minimalisme des ingrédients. Face aux inquiétudes entourant les additifs et les aliments ultratransformés, les consommateurs privilégient des compositions plus courtes et facilement compréhensibles.
Les saveurs amĂšres devraient Ă©galement progresser, portĂ©es notamment par les boissons sans alcool, les chocolats sophistiquĂ©s et les lĂ©gumes comme lâendive ou le radicchio.
Sur le plan environnemental, le « zĂ©ro dĂ©chet 2.0 » encourage la valorisation des coproduits alimentaires. Pain invendu transformĂ© en pĂątes, rĂ©sidus dâolive rĂ©utilisĂ©s ou sous-produits du cafĂ© illustrent cette dynamique dâĂ©conomie circulaire.
Enfin, les lĂ©gumineuses connaissent un regain dâintĂ©rĂȘt grĂące Ă leur richesse en protĂ©ines et en fibres, leur prix accessible et leur polyvalence culinaire. Lentilles, pois chiches et haricots sâimposent progressivement comme ingrĂ©dients principaux.

Food Dive, Can WK Kellogg save cereal?, 13/10/2026
ConfrontĂ© Ă une baisse structurelle de la consommation de cĂ©rĂ©ales pour le petit-dĂ©jeuner aux Ătats-Unis, WK Kellogg dĂ©ploie une stratĂ©gie de reconquĂȘte fondĂ©e sur lâinnovation nutritionnelle, le marketing et lâĂ©volution des usages. Le fabricant de Corn Flakes, Froot Loops et Frosties cherche Ă redynamiser une catĂ©gorie fragilisĂ©e par les nouvelles habitudes alimentaires et les critiques concernant les produits ultratransformĂ©s.
Selon Innova Market Insights, les ventes de cĂ©rĂ©ales ont reculĂ© de 3 % en volume en 2025, enregistrant une cinquiĂšme annĂ©e consĂ©cutive de baisse. Pourtant, la valeur du marchĂ© amĂ©ricain devrait dĂ©passer 13 milliards de dollars en 2027, contre 10,7 milliards en 2019, essentiellement sous lâeffet des augmentations tarifaires et de la montĂ©e en gamme.
RachetĂ© par Ferrero en 2025 pour 3,1 milliards de dollars, WK Kellogg entend repositionner ses marques autour de trois axes : santĂ©, praticitĂ© et plaisir. Lâentreprise a rĂ©duit de 10 % la teneur globale en sucre de ses cĂ©rĂ©ales en dix ans et supprimĂ© les colorants artificiels de lâensemble de son portefeuille dĂšs aoĂ»t 2026. Elle enrichit Ă©galement certaines rĂ©fĂ©rences en protĂ©ines, fibres et prĂ©biotiques.
Pour valoriser ces amĂ©liorations, le groupe a lancĂ© SPOONS, un systĂšme dâinformation nutritionnelle prĂ©sent sur les emballages, mettant notamment en avant la simplicitĂ© des ingrĂ©dients, les protĂ©ines, les fibres et les teneurs rĂ©duites en sucre.
La stratégie vise aussi à élargir les occasions de consommation. Les jeunes générations privilégient davantage les céréales comme encas que comme petit-déjeuner traditionnel, obligeant les fabricants à concurrencer directement les biscuits, confiseries et autres produits de snacking.
Les premiers rĂ©sultats apparaissent encourageants. Au premier semestre 2026, le recul des ventes amĂ©ricaines de cĂ©rĂ©ales sâest limitĂ© Ă 0,5 %, contre 1,5 % en 2025. Certaines marques progressent nettement, notamment Kashi (+26,8 %) et Froot Loops (+6,2 %) sur treize semaines.
La concurrence des nouvelles marques spĂ©cialisĂ©es dans les cĂ©rĂ©ales riches en protĂ©ines et pauvres en sucre demeure nĂ©anmoins importante. Ferrero a dâailleurs renforcĂ© son positionnement en acquĂ©rant Purely Elizabeth.
MalgrĂ© ces initiatives, les analystes restent prudents : les volumes devraient globalement stagner jusquâen 2031.

New York Times, How Climate Change Is Causing âthe Gentrification of Seafoodâ, 13/10/2026
Le changement climatique bouleverse profondĂ©ment le secteur des produits de la mer aux Ătats-Unis, particuliĂšrement dans le nord-ouest du Pacifique. La rarĂ©faction des ressources halieutiques, la multiplication des phĂ©nomĂšnes climatiques extrĂȘmes et lâaugmentation des coĂ»ts de production transforment progressivement des aliments autrefois populaires en produits de luxe.
Ă Seattle, cette Ă©volution se traduit par une flambĂ©e spectaculaire des prix. Les huĂźtres, auparavant vendues autour dâun dollar piĂšce, atteignent dĂ©sormais 4,50 dollars. Le crabe royal dâAlaska, commercialisĂ© entre 25 et 45 dollars la livre en 2016, peut aujourdâhui coĂ»ter jusquâĂ 160 dollars. Le crabe dormeur du Pacifique est passĂ© de 8 Ă 13 dollars la livre Ă environ 25 dollars. Certains saumons royaux de la Copper River atteignent Ă©galement des prix exceptionnels.
Ces augmentations rĂ©sultent de plusieurs facteurs, notamment la surpĂȘche, lâinflation et les coĂ»ts dâexploitation, mais le rĂ©chauffement climatique accentue considĂ©rablement les difficultĂ©s. Les vagues de chaleur marines, lâacidification des ocĂ©ans et la prolifĂ©ration dâalgues toxiques perturbent les populations de poissons et de crustacĂ©s, tout en rĂ©duisant les pĂ©riodes de pĂȘche et de rĂ©colte.
Les producteurs dâhuĂźtres sont particuliĂšrement exposĂ©s. Dans lâĂtat de Washington, une prolifĂ©ration dâalgues toxiques a entraĂźnĂ© la fermeture des zones de rĂ©colte du Hood Canal pendant plusieurs mois en 2026. Pour sĂ©curiser leur activitĂ©, certaines entreprises diversifient leurs sites de production, investissent dans des systĂšmes de surveillance de lâeau et dĂ©veloppent des Ă©quipements permettant de rĂ©duire les contaminations bactĂ©riennes. Ces adaptations nĂ©cessitent cependant des investissements importants, qui contribuent Ă renchĂ©rir les produits.
Cette évolution entraßne également une transformation culturelle. Autrefois consommés quotidiennement par les classes populaires, certains poissons et coquillages deviennent des produits gastronomiques valorisés pour leur origine et leurs caractéristiques gustatives.
Lâhistorien de lâalimentation Mark Kurlansky qualifie ce phĂ©nomĂšne de « gentrification des produits de la mer », soulignant les risques dâexclusion des consommateurs modestes.
Face à cette situation, les professionnels de la restauration adaptent leurs pratiques : portions réduites, utilisation intégrale des poissons et valorisation des morceaux traditionnellement délaissés.

IFT, Fats and Oils in Foods Explained, 15/10/2026
Les huiles et matiĂšres grasses occupent une place essentielle dans lâalimentation et lâindustrie agroalimentaire. Au-delĂ de leurs propriĂ©tĂ©s nutritionnelles, elles jouent un rĂŽle dĂ©terminant dans la saveur, la texture, la conservation et la transformation des produits. Dans un contexte de prĂ©occupations sanitaires et environnementales croissantes, le secteur connaĂźt dâimportantes innovations technologiques.
Sur le plan nutritionnel, les lipides constituent la source dâĂ©nergie la plus concentrĂ©e, avec 9 kilocalories par gramme, contre 4 pour les protĂ©ines et les glucides. Ils fournissent des acides gras essentiels et facilitent lâabsorption des vitamines liposolubles. Leur qualitĂ© nutritionnelle varie cependant selon leur composition. Les omĂ©ga-3 et lâacide olĂ©ique, notamment prĂ©sent dans lâhuile dâolive, sont considĂ©rĂ©s comme bĂ©nĂ©fiques, tandis quâune consommation excessive de graisses saturĂ©es ou dâacides gras trans prĂ©sente des risques sanitaires.
Dans les formulations alimentaires, les matiĂšres grasses contribuent aux qualitĂ©s organoleptiques des produits. Elles apportent de lâonctuositĂ©, transportent les arĂŽmes et participent Ă la structure des prĂ©parations, particuliĂšrement en boulangerie-pĂątisserie. Les huiles aromatisĂ©es aux herbes, agrumes ou Ă©pices offrent Ă©galement de nouvelles possibilitĂ©s de diffĂ©renciation.
Les industriels dĂ©veloppent parallĂšlement des technologies permettant dâamĂ©liorer les performances fonctionnelles des lipides. Les olĂ©ogels transforment des huiles liquides en structures semi-solides susceptibles de remplacer certaines graisses saturĂ©es. LâinterestĂ©rification modifie les propriĂ©tĂ©s de fusion et de cristallisation sans recourir Ă lâhydrogĂ©nation. Lâencapsulation protĂšge notamment les omĂ©ga-3 de lâoxydation et facilite leur incorporation dans les aliments fonctionnels.
Pour la friture, les huiles riches en acide oléique, notamment celles de tournesol, sont privilégiées pour leur stabilité à haute température.
Lâarticle examine Ă©galement les controverses entourant les huiles de graines raffinĂ©es. Le raffinage amĂ©liore leur stabilitĂ© mais peut Ă©liminer certains composĂ©s bĂ©nĂ©fiques. Toutefois, leur impact nutritionnel dĂ©pend de leur composition, de leur transformation et de leur utilisation.
Enfin, les attentes des consommateurs favorisent les huiles biologiques, issues de pressions mécaniques, ainsi que les approvisionnements durables et transparents.

Serious Eats, Deltaâs Biscoff Cookies Were Supposed to Be Temporary. Then Passengers Fell in Love, 10/10/2026
Initialement introduits comme une solution provisoire à bord des avions de Delta Air Lines, les biscuits Biscoff du groupe belge Lotus Bakeries sont devenus, en quarante ans, une marque mondiale incontournable. Leur succÚs illustre comment un partenariat commercial peut transformer une spécialité régionale en phénomÚne international.
Lâhistoire commence en Belgique, oĂč le spĂ©culoos accompagne traditionnellement le cafĂ©. FondĂ©e en 1932, Lotus Bakeries industrialise sa production et dĂ©veloppe, dĂšs les annĂ©es 1950, le conditionnement individuel pour faciliter sa distribution dans les cafĂ©s.
En 1986, une pĂ©nurie dâarachides aux Ătats-Unis contraint Delta Air Lines Ă rechercher une alternative aux cacahuĂštes servies pendant les vols. La compagnie dĂ©couvre les biscuits Lotus lors dâun salon professionnel et dĂ©cide de les proposer temporairement Ă ses passagers. RebaptisĂ©s Biscoff, contraction associant biscuit et cafĂ©, ils rencontrent immĂ©diatement un succĂšs considĂ©rable.
Leur popularitĂ© sâexplique par leurs qualitĂ©s gustatives, mais Ă©galement par leurs caractĂ©ristiques techniques. Leur texture croustillante, leur faible humiditĂ© et leur longue conservation facilitent le stockage et la distribution. Leurs notes caramĂ©lisĂ©es et Ă©picĂ©es compensent aussi partiellement lâattĂ©nuation des perceptions gustatives provoquĂ©e par les conditions en cabine.
Devenus permanents chez Delta, 70 millions de sachets sont distribués annuellement par cette seule compagnie. Plusieurs autres transporteurs internationaux les proposent également.
Face Ă cette notoriĂ©tĂ© croissante, Lotus Bakeries dĂ©veloppe progressivement sa distribution aux Ătats-Unis. AprĂšs la vente par correspondance dans les annĂ©es 1990, la marque entre dans les grandes enseignes de distribution en 2006, notamment chez Kroger.
Lâentreprise diversifie ensuite son offre avec une pĂąte Ă tartiner lancĂ©e en 2007, puis des biscuits fourrĂ©s, nappages et collaborations avec dâautres industriels, notamment MondelÄz.
Cette stratĂ©gie accompagne une croissance soutenue. Selon Lotus Bakeries, Biscoff constitue dĂ©sormais la cinquiĂšme marque de biscuits la plus vendue au monde et affiche la plus forte progression sur le marchĂ© amĂ©ricain. Le groupe annonce une hausse de son chiffre dâaffaires supĂ©rieure Ă 20 % au premier semestre 2026, largement portĂ©e par Biscoff.
Les réseaux sociaux renforcent désormais cette dynamique, particuliÚrement auprÚs de la génération Z, qui multiplie les recettes utilisant ces biscuits.

New York Times, The Internet Loves These Crispy, Deep-Fried Eggs. Now, You Can Make Them at Home., 16/10/2026
Une recette japonaise aussi simple que spectaculaire connaĂźt un succĂšs viral sur les rĂ©seaux sociaux : lâegg katsu, un Ćuf enrobĂ© de chapelure panko puis frit dans lâhuile. PopularisĂ©e par Lisa Kitahara, crĂ©atrice culinaire canado-japonaise, cette prĂ©paration sĂ©duit par son contraste de textures et son aspect visuel particuliĂšrement attractif.
PassionnĂ©e de friture et dâexpĂ©rimentations culinaires, Lisa Kitahara a dĂ©veloppĂ© cette recette en associant deux ingrĂ©dients principaux : un Ćuf et de la chapelure japonaise panko. MalgrĂ© sa simplicitĂ©, quâelle considĂ©rait initialement comme un frein Ă sa popularitĂ©, la prĂ©paration a rapidement rencontrĂ© un succĂšs considĂ©rable. Sa vidĂ©o Instagram approche les dix millions de vues, auxquels sâajoutent quatre millions de visionnages sur TikTok.
Lâattrait de lâegg katsu repose principalement sur son expĂ©rience sensorielle. Sous une enveloppe dorĂ©e et croustillante se trouvent un blanc particuliĂšrement tendre, comparable Ă celui dâun Ćuf pochĂ©, et un jaune encore coulant. La dĂ©coupe rĂ©vĂšle ainsi un contraste spectaculaire, parfaitement adaptĂ© aux formats vidĂ©o privilĂ©giĂ©s par les rĂ©seaux sociaux.
Si Lisa Kitahara a Ă©laborĂ© sa recette indĂ©pendamment, le concept possĂšde des prĂ©cĂ©dents au Japon. DĂšs 2013, un concours organisĂ© par deux associations professionnelles de la filiĂšre avicole japonaise avait rĂ©compensĂ© Kaori Kosugi, originaire dâHokkaido, pour une prĂ©paration similaire. Sa recette consistait Ă envelopper un Ćuf cru de chapelure panko avant de le frire et de le servir avec de jeunes pousses et de la sauce soja.
Cette spĂ©cialitĂ© sâinscrit dans la tradition japonaise des aliments panĂ©s et frits. Le terme katsu Ă©voque notamment le tonkatsu, une escalope de porc panĂ©e, tandis que le furai dĂ©signe diffĂ©rentes prĂ©parations frites Ă base de crevettes, dâhuĂźtres, de calamars ou dâautres ingrĂ©dients.
Contrairement aux Scotch eggs britanniques, lâegg katsu ne nĂ©cessite pas dâenveloppe de viande. Sa rĂ©ussite dĂ©pend cependant dâune manipulation dĂ©licate pour prĂ©server lâintĂ©gritĂ© du jaune, ce qui complique sa prĂ©paration en grande quantitĂ© dans les restaurants. Cette contrainte contribue Ă faire de lâegg katsu une recette particuliĂšrement adaptĂ©e Ă la cuisine domestique.

CNPA, Observatoire du commerce extérieur agricole et agroalimentaire, Octobre 2026
La France demeure une puissance exportatrice agricole et agroalimentaire majeure, mais sa compĂ©titivitĂ© internationale se dĂ©grade fortement. Câest le principal constat de lâObservatoire du commerce extĂ©rieur agricole et agroalimentaire publiĂ© par le CNPA en octobre 2026. LâĂ©tude souligne un paradoxe : alors que les Ă©changes alimentaires mondiaux connaissent une croissance soutenue, la France peine Ă profiter de cette dynamique.
Entre 2000 et 2025, les exportations agroalimentaires mondiales ont Ă©tĂ© multipliĂ©es par prĂšs de six, atteignant 1 985 milliards dâeuros, soit une progression annuelle moyenne de 7 %. Avec 84 milliards dâeuros exportĂ©s en 2025, la France conserve le cinquiĂšme rang mondial, derriĂšre les Ătats-Unis, les Pays-Bas, le BrĂ©sil et lâAllemagne. Elle occupe Ă©galement la quatriĂšme place pour les produits transformĂ©s.
Toutefois, depuis 2010, la croissance des exportations françaises est infĂ©rieure de 30 % Ă celle de la demande mondiale. Le pays affiche Ă©galement les performances les moins dynamiques parmi ses principaux concurrents europĂ©ens. LâEspagne le devance dĂ©sormais pour les produits agricoles bruts, tandis que lâItalie se rapproche rapidement de ses exportations agroalimentaires transformĂ©es.
Cette perte de compĂ©titivitĂ© se traduit par une dĂ©gradation historique de la balance commerciale. En 2025, lâexcĂ©dent agricole et agroalimentaire français sâest effondrĂ© Ă seulement 122 millions dâeuros, son plus faible niveau depuis 1978. Les industries agroalimentaires, traditionnellement excĂ©dentaires de 4 Ă 6 milliards dâeuros, nâaffichent plus quâun solde positif de 478 millions.
Le dĂ©ficit des produits de la mer, qui atteint 1,2 milliard dâeuros, contribue notamment Ă cette situation. LâUnion europĂ©enne demeure nĂ©anmoins le principal dĂ©bouchĂ© des exportations françaises, reprĂ©sentant 60 % des ventes, tandis que les boissons sont majoritairement commercialisĂ©es hors de lâUnion.
Les premiers rĂ©sultats de 2026 montrent une amĂ©lioration limitĂ©e. Sur les sept premiers mois, lâexcĂ©dent commercial atteint 600 millions dâeuros, soit 700 millions de plus quâun an auparavant, mais reste infĂ©rieur de 1,8 milliard Ă sa moyenne rĂ©cente.
Face Ă ce dĂ©crochage, le CNPA formule douze propositions articulĂ©es autour de quatre prioritĂ©s : mobiliser la diplomatie Ă©conomique, simplifier les procĂ©dures, renforcer lâaccompagnement des entreprises et amĂ©liorer la promotion internationale des productions françaises.

Câest tout pour aujourdâhui.
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A la semaine prochaine!
O. Frey

