Bonjour Ă toutes et Ă tous,
Je suis Olivier Frey, Ă©conomiste et consultant spĂ©cialisĂ© dans lâagriculture et lâagroalimentaire. Chaque semaine, dans le cadre de mon activitĂ© et de ma veille personnelle, je lis de nombreux articles et Ă©tudes consacrĂ©s aux entreprises, aux filiĂšres et aux transformations du monde alimentaire.
Eatâs Business rassemble ceux qui mâont paru les plus intĂ©ressants ou les plus rĂ©vĂ©lateurs des Ă©volutions en cours.
Comme toujours, vous trouverez une formule ristretto pour aller Ă lâessentiel et une formule lungo pour celles et ceux qui souhaitent approfondir.
Pour ceux qui veulent la version audio :
Pour ceux qui veulent la formule ristretto, les 3 articles que je vous conseille de lire en priorité cette semaine sont :
Les Ăchos, La crise du maquereau, casse-tĂȘte pour les industriels de la conserve, 21/09/2026
Les Ăchos, Ces trois chiffres qui redonnent de lâespoir aux acteurs du bio, 23/09/2026
The Wall Street Journal, Caviar Is Getting So Cheap You Could Serve It to a Toddler, 22/09/2026
Pour celles et ceux dâentre vous qui ont plus de temps pour la formule lungo :
LâUsine Nouvelle, «Ils ne se contentent plus de mettre tous les moyens derriĂšre ce qui fonctionne» : Antoine de Saint-Affrique passe Danone en mode «offensif», 19/09/2026
AprĂšs plusieurs annĂ©es consacrĂ©es au redressement de Danone, Antoine de Saint-Affrique ouvre une nouvelle phase de dĂ©veloppement marquĂ©e par des acquisitions et des investissements destinĂ©s Ă renforcer le positionnement du groupe dans la nutrition et la santĂ©. Les principaux indicateurs se sont amĂ©liorĂ©s : la marge opĂ©rationnelle atteint 13,4 % en 2025 contre 12,2 % en 2022, le retour sur capitaux investis dĂ©passe 10 % et les performances logistiques progressent. Le portefeuille a Ă©galement Ă©tĂ© rationalisĂ©, notamment par la cession dâHorizon Organic et de Michel et Augustin.
Cette phase dĂ©fensive laisse dĂ©sormais place Ă une stratĂ©gie plus offensive. Danone a notamment acquis le britannique Huel, spĂ©cialiste des repas hyperprotĂ©inĂ©s, pour environ un milliard dâeuros, puis lâaustralien Made, prĂ©sent dans les yaourts et boissons Ă bĂ©nĂ©fices nutritionnels. Ces opĂ©rations illustrent la volontĂ© du groupe de dĂ©passer son image traditionnelle de fabricant de produits laitiers et dâeaux pour devenir un acteur global de la nutrition.
Des fragilitĂ©s subsistent toutefois. En AmĂ©rique du Nord, certaines activitĂ©s vĂ©gĂ©tales, les « coffee creamers » et les yaourts affichent des performances insuffisantes. La croissance de la zone nâa atteint que 1,5 % au premier trimestre 2026. La crise des laits infantiles a Ă©galement entraĂźnĂ© des rappels en Europe et au Moyen-Orient et des blocages Ă Singapour. Danone souhaite donc rendre ses sites plus autonomes afin de rĂ©duire la dĂ©pendance Ă une organisation industrielle trĂšs centralisĂ©e.
Le groupe accĂ©lĂšre parallĂšlement dans les protĂ©ines, le microbiote et les produits associĂ©s Ă la santĂ©. Cette transformation nĂ©cessite dâimportantes adaptations industrielles : le budget dâinvestissement doit augmenter de 50 % sur trois ans. Lâobjectif est notamment de dĂ©velopper davantage de boissons nutritionnelles et de produits adaptĂ©s Ă une consommation nomade.
LâIndonĂ©sie illustre enfin le potentiel des marchĂ©s Ă©mergents. CinquiĂšme marchĂ© de Danone, le pays combine forte demande dâeau embouteillĂ©e, besoins en nutrition infantile et hausse du niveau de vie. Le groupe y possĂšde dĂ©jĂ vingt sites dâembouteillage et anticipe encore une croissance soutenue de ses activitĂ©s dans lâeau.
Les Ăchos, Ces trois chiffres qui redonnent de lâespoir aux acteurs du bio, 23/09/2026
AprĂšs plusieurs annĂ©es difficiles, le marchĂ© français des produits biologiques donne des signes plus solides de reprise. Au premier semestre 2026, la consommation de produits bio augmente de 4,8 % en valeur, selon lâAgence bio. Cette progression prolonge le redressement amorcĂ© en 2025, annĂ©e durant laquelle le marchĂ© avait dĂ©jĂ gagnĂ© 3,6 %. Le contraste est net avec les reculs enregistrĂ©s en 2022 et 2023, respectivement de 5 % et 4,7 %. Le prĂ©sident de lâAgence bio, Bruno Martel, estime que le secteur pourrait gĂ©nĂ©rer environ 300 millions dâeuros de chiffre dâaffaires supplĂ©mentaire sur le semestre et jusquâĂ 600 millions sur lâensemble de lâannĂ©e si la tendance se maintient.
Le deuxiĂšme signal positif provient de la grande distribution gĂ©nĂ©raliste. Les ventes de bio y progressent de 2,1 %, aprĂšs une hausse plus modeste de 1,2 % en 2025. Ce canal reste dĂ©terminant puisquâil reprĂ©sente environ la moitiĂ© des achats de produits biologiques. Les enseignes ont renforcĂ© leur communication et la mise en avant de ces rĂ©fĂ©rences. Dans les rĂ©seaux spĂ©cialisĂ©s, la dynamique est encore plus marquĂ©e : les ventes progressent de 9,3 % au premier semestre, aprĂšs +8,5 % en 2025.
LâĂ©volution des prix contribue Ă©galement au regain dâintĂ©rĂȘt. LâĂ©cart entre les produits bio et conventionnels sâest rĂ©duit, notamment parce que lâinflation a fortement renchĂ©ri les aliments conventionnels. Le bio apparaĂźt donc moins inaccessible quâauparavant.
TroisiĂšme indicateur encourageant : la France affiche un solde positif de 687 producteurs biologiques au premier semestre. Les nouvelles entrĂ©es augmentent de 14 %, notamment dans les grandes cultures, la volaille et les fruits, tandis que les cessations diminuent de 13 %. Cette Ă©volution intervient aprĂšs une annĂ©e 2025 oĂč le nombre dâexploitations bio avait reculĂ© pour la premiĂšre fois.
Le tableau reste nĂ©anmoins contrastĂ©. Le bio reprĂ©sente toujours moins de 6 % de la consommation alimentaire Ă domicile. Sa pĂ©nĂ©tration demeure Ă©galement faible dans la restauration commerciale et collective. Enfin, environ 10 % seulement de la surface agricole française est aujourdâhui cultivĂ©e en bio, loin de lâobjectif national de 21 % fixĂ© pour 2030.
Le Figaro, «Les consommateurs sont plus exigeants» : la crise du pouvoir dâachat et les carburants chers plombent les restaurants, 25/09/2026
Lâarticle dĂ©crit une restauration française fragilisĂ©e par la baisse du pouvoir dâachat, la hausse du coĂ»t des carburants et lâĂ©volution des habitudes de consommation. La sortie au restaurant, perçue comme une dĂ©pense de loisir, fait partie des premiers postes arbitrĂ©s lorsque les budgets se resserrent.
LâĂ©tĂ© 2026 a confirmĂ© ces difficultĂ©s. Selon Food Service Vision, la restauration Ă table a perdu 2 % de chiffre dâaffaires entre juin et aoĂ»t, tandis que la frĂ©quentation a reculĂ© de deux points par rapport Ă lâĂ©tĂ© 2025. Seuls les commerces de proximitĂ© et les cafĂ©s, bars et pubs ont progressĂ©, notamment grĂące Ă lâeffet Coupe du monde et aux consommations plus tardives pendant les fortes chaleurs.
La pression est particuliĂšrement forte sur les mĂ©nages les moins aisĂ©s. La hausse du prix de lâessence rĂ©duit directement leur capacitĂ© Ă consacrer une part de leur budget Ă la restauration. Dans les arbitrages de dĂ©penses de loisir, celle-ci figure parmi les premiers postes sacrifiĂ©s, derriĂšre lâhabillement et les sorties culturelles.
Les consommateurs qui continuent Ă frĂ©quenter les restaurants dĂ©pensent Ă©galement moins. Ils rĂ©duisent notamment les boissons alcoolisĂ©es, les entrĂ©es et les fromages. Les Ă©pisodes de canicule ont accentuĂ© ce phĂ©nomĂšne : un Français sur deux dĂ©clarait consommer moins dâitems au restaurant cet Ă©tĂ©, et jusquâĂ six sur dix pendant les pĂ©riodes de forte chaleur.
Dans ce contexte, le rapport qualitĂ©-prix devient central. TheFork observe que les Ă©tablissements proposant des promotions rĂ©sistent mieux, tandis que Bertrand Franchise recommande Ă ses franchisĂ©s de limiter les hausses tarifaires. Les clients sont dĂ©sormais plus attentifs Ă la fois au prix, Ă la qualitĂ© et Ă lâexpĂ©rience globale.
La situation financiĂšre du secteur devient prĂ©occupante. LâUmih Ă©voque 25 fermetures de restaurants par jour, tandis que le chiffre dâaffaires moyen de la restauration traditionnelle a reculĂ© de 6,5 % sur un an au deuxiĂšme trimestre 2026. Plus dâune entreprise sur deux se dit fragilisĂ©e ou en difficultĂ©, et la capacitĂ© dâinvestissement est souvent trĂšs faible.
Le Monde, « Au fond, un repas, câest quoi ? Câest dâabord passer un bon moment » : ces tables Ă©toilĂ©es qui se lĂąchent, 23/09/2026
Longtemps associĂ©e Ă la solennitĂ©, Ă la discipline et au silence, la haute gastronomie française sâautorise dĂ©sormais davantage dâhumour et de fantaisie. Le phĂ©nomĂšne se manifeste aussi bien dans les assiettes que dans le comportement des chefs et du personnel en salle. Ă LâOustau de BaumaniĂšre, par exemple, Glenn Viel dĂ©tourne volontairement certains codes du luxe avec des prĂ©sentations inattendues et des plats ludiques, estimant quâun Ă©tablissement prestigieux peut aussi rester un lieu de plaisir.
Cette Ă©volution tranche avec lâhĂ©ritage de la gastronomie codifiĂ©e Ă la fin du XIXe siĂšcle, notamment sous lâinfluence dâAuguste Escoffier. Le fonctionnement des grandes cuisines reposait alors sur une hiĂ©rarchie stricte et une discipline presque militaire. La salle rĂ©pondait aux mĂȘmes exigences de retenue. Pourtant, lâhistoire rappelle que certaines grandes maisons ont autrefois connu une ambiance beaucoup plus libre, comme chez Troisgros, oĂč animaux, clientĂšle nombreuse et consommation importante de vin cohabitaient encore dans les annĂ©es 1970 et 1980.
La mĂ©diatisation des chefs a contribuĂ© Ă changer leur image. Des personnalitĂ©s comme Philippe Etchebest ont popularisĂ© une figure de cuisinier plus expressive, spectaculaire et accessible. Certains chefs, comme Bruno Verjus, font dĂ©sormais de leur prĂ©sence en salle une composante essentielle de lâexpĂ©rience. Quelques restaurants vont jusquâĂ inviter de vĂ©ritables comĂ©diens lors de soirĂ©es particuliĂšres, transformant le repas en forme de spectacle.
Les rĂ©seaux sociaux amplifient cette dynamique. Matthias Marc utilise ainsi volontiers lâhumour dans ses vidĂ©os, tandis que sa nouvelle table jurassienne dĂ©cline aussi cet esprit dans le nom de certains plats et dans ses Ă©changes avec les clients.
Le Relais Louis XIII, Ă Paris, constitue un autre exemple. Son chef Manuel Martinez plaisante avec les convives et assume un service dĂ©contractĂ© tout en maintenant une forte exigence en cuisine. Une clientĂšle plus jeune frĂ©quente dĂ©sormais lâĂ©tablissement, attirĂ©e autant par sa personnalitĂ© que par sa cuisine classique.
LâidĂ©e centrale est que la dĂ©contraction nâimplique pas un relĂąchement de la qualitĂ©. Lâhumour devient au contraire un outil dâhospitalitĂ©, permettant de rĂ©duire la distance entre la haute gastronomie et une clientĂšle qui attend aujourdâhui une expĂ©rience plus vivante et personnelle.
Les Ăchos, Coupe-faim : ces « effets papillon » inattendus qui redĂ©finissent les habitudes de consommation, 22/09/2026
Lâessor des mĂ©dicaments de type GLP-1, utilisĂ©s notamment pour rĂ©duire lâappĂ©tit et favoriser la perte de poids, commence Ă modifier en profondeur les comportements de consommation. Une Ă©tude du Boston Consulting Group rĂ©alisĂ©e auprĂšs de plus de 1 500 utilisateurs dans neuf pays met en Ă©vidence des effets qui dĂ©passent largement le seul secteur alimentaire.
Dans lâalimentation, les utilisateurs privilĂ©gient davantage les fruits et lĂ©gumes, dont les dĂ©penses augmentent de 15 %, ainsi que les viandes et aliments riches en protĂ©ines, en hausse de 11 %. Les fibres et cĂ©rĂ©ales complĂštes progressent Ă©galement. Ă lâinverse, les achats de confiseries diminuent de 14 %, tandis que le chocolat, les boissons sans alcool sucrĂ©es, lâalcool, les snacks salĂ©s et certains plats prĂ©parĂ©s sont Ă©galement pĂ©nalisĂ©s.
La restauration est particuliĂšrement concernĂ©e. Les personnes prenant ces traitements rĂ©duisent fortement leurs occasions de consommation hors domicile : celles-ci passent en moyenne de onze Ă cinq par mois. Les fast-foods sont les plus touchĂ©s, alors que les cafĂ©s et Ă©tablissements gastronomiques rĂ©sistent mieux. AprĂšs lâarrĂȘt du traitement, la frĂ©quentation ne revient dâailleurs que partiellement Ă son niveau initial.
Les consĂ©quences sâĂ©tendent Ă dâautres catĂ©gories. Les utilisateurs augmentent leurs achats de complĂ©ments alimentaires de plus de 20 % afin de compenser certaines carences liĂ©es Ă une alimentation rĂ©duite. La perte de poids favorise Ă©galement le renouvellement de la garde-robe : les dĂ©penses dâhabillement progressent de 19 % et celles de chaussures de 15 %. Aux Ătats-Unis, la mĂ©decine esthĂ©tique bĂ©nĂ©ficie aussi du phĂ©nomĂšne, certains utilisateurs cherchant Ă attĂ©nuer les effets visibles dâune perte de poids rapide sur le visage.
Les industriels commencent donc Ă adapter leurs offres. Dans lâagroalimentaire, les produits enrichis en protĂ©ines se multiplient. Comme indiquĂ© prĂ©cĂ©demment, Danone a par exemple acquis Huel, tandis que NestlĂ© a renforcĂ© son contrĂŽle de Yfood Labs. Les chaĂźnes de restauration dĂ©veloppent Ă©galement des menus Ă forte teneur en protĂ©ines.
Selon BCG, la diffusion des GLP-1 pourrait encore sâaccĂ©lĂ©rer : aux Ătats-Unis, 20 % de la population pourrait avoir utilisĂ© ces traitements dâici 2030, contre 9 % actuellement. En Europe, cette proportion pourrait atteindre 5 Ă 10 %, donnant au phĂ©nomĂšne une importance stratĂ©gique croissante pour les entreprises.
Les Ăchos, La crise du maquereau, casse-tĂȘte pour les industriels de la conserve, 21/09/2026
Le maquereau en conserve traverse une crise profonde liĂ©e Ă la forte diminution des stocks de maquereau commun dans lâAtlantique. TroisiĂšme poisson en boĂźte le plus vendu en France, derriĂšre le thon et la sardine, son prix a fortement augmentĂ©. Les rĂ©fĂ©rences classiques se vendent dĂ©sormais autour de 13 Ă 14 euros le kilo, contre environ 9 euros en 2022, tandis que certaines rĂ©fĂ©rences haut de gamme approchent 30 euros.
La principale cause est biologique. Selon le Conseil international pour lâexploration de la mer, la biomasse disponible de maquereau commun, ou Scomber scombrus, serait passĂ©e de plus de sept millions de tonnes il y a dix ans Ă moins de trois millions. Ce niveau se rapproche dâun seuil jugĂ© critique pour la pĂ©rennitĂ© du stock. En rĂ©action, lâUnion europĂ©enne a fortement rĂ©duit les quotas de pĂȘche. Une baisse de 70 % avait dâabord Ă©tĂ© envisagĂ©e avant dâĂȘtre ramenĂ©e Ă 48 %.
Le rĂ©chauffement climatique complique la situation en dĂ©plaçant les populations de poissons vers des eaux septentrionales. Le Royaume-Uni, lâIslande, la NorvĂšge, le Groenland et les Ăźles FĂ©roĂ© captent dĂ©sormais une part importante de la ressource, tandis que la Russie reprĂ©sente Ă©galement environ 10 % des prises. Le CIEM estime que les captures ont dĂ©passĂ© ses recommandations de prĂšs de 40 % sur les quinze derniĂšres annĂ©es.
Pour les conserveurs, les consĂ©quences sont sĂ©vĂšres. Le prix du maquereau frais a plus que doublĂ©, passant de moins de trois euros le kilo en 2024 Ă prĂšs de 6,80 euros fin 2025. Les entreprises augmentent leurs tarifs, rĂ©duisent leurs marges et limitent leur production. La conserverie Gendreau a ainsi suspendu temporairement son maquereau Label Rouge, tandis que La Belle-Iloise nâa produit que deux de ses neuf rĂ©fĂ©rences et a divisĂ© par trois les volumes travaillĂ©s en frais.
Les industriels se tournent donc dĂ©sormais vers dâautres espĂšces, notamment Scomber colias et Scomber japonicus, commercialisĂ©es comme « maquereau blanc ». Ces poissons prĂ©sentent pourtant des caractĂ©ristiques gustatives et nutritionnelles diffĂ©rentes du maquereau commun, notamment concernant les omĂ©ga-3. Cette substitution soulĂšve ainsi une question de transparence et de traçabilitĂ© pour les consommateurs.
GQ, Voici les 5 grandes tendances de la rentrée food 2026, 21/09/2026
La rentrĂ©e gastronomique 2026 est marquĂ©e par cinq Ă©volutions qui traduisent autant les contraintes Ă©conomiques du secteur que les nouvelles attentes des clients. La premiĂšre concerne le retour des formules dĂ©jeuner Ă prix accessibles. AprĂšs plusieurs annĂ©es dâinflation et de hausse des coĂ»ts, de nombreux restaurants cherchent Ă retrouver du volume le midi et Ă reconquĂ©rir une clientĂšle qui sâĂ©tait tournĂ©e vers lâoffre des boulangeries ou la vente Ă emporter. Des Ă©tablissements comme Lago, Gramme ou Ă la Renaissance adoptent ainsi des offres plus abordables sans nĂ©cessairement renoncer Ă leur identitĂ© culinaire.
DeuxiĂšme tendance : la recherche dâexpĂ©riences plus calmes et intimistes. AprĂšs la pĂ©riode des nĂ©o-bistrots animĂ©s et des salles Ă forte rotation, certaines adresses misent sur un nombre rĂ©duit de couverts et un service plus attentionnĂ©. Le retour de la nappe blanche symbolise cette Ă©volution. Longtemps associĂ©e Ă une restauration traditionnelle jugĂ©e rigide, elle devient dĂ©sormais un signe de soin, dâhospitalitĂ© et de cĂ©rĂ©monial.
TroisiĂšme mouvement : la rĂ©habilitation de la mĂ©moire gastronomique. Des institutions parisiennes telles que LâAmi Louis ou La Petite Chaise retrouvent les faveurs du public. Dâautres lieux historiques, comme lâAlcazar, Doobieâs ou le Bus Palladium, renaissent sous des formes renouvelĂ©es. Le succĂšs de ces Ă©tablissements tĂ©moigne dâun intĂ©rĂȘt pour des lieux porteurs dâhistoire dans un univers saturĂ© de concepts Ă©phĂ©mĂšres.
La quatriÚme tendance est générationnelle. De jeunes chefs lancent leurs propres projets aprÚs plusieurs années de formation. Sam Schwarz, Zac Gannat, Sahin Erdal, Juan Pablo Pineda ou Maxime Bouttier figurent parmi les noms observés. Le phénomÚne dépasse Paris, avec notamment de nouvelles ouvertures à Marseille ou dans le Jura.
Enfin, la gastronomie française devient plus internationale. Des restaurateurs ouvrent à Londres, Milan, Bruxelles ou au Japon. Dumbo prépare ainsi deux implantations européennes, tandis que Mory Sacko renforce ses liens avec le Japon grùce à la série Food Samouraï. Cette mobilité illustre une génération de professionnels moins attachée à un territoire unique, qui envisage désormais sa carriÚre et ses projets gastronomiques à une échelle internationale.
Foodbev, What Italian aperitivo culture can teach the global âlow and noâ alcohol market, 24/09/2026
Le marchĂ© mondial des boissons sans alcool ou faiblement alcoolisĂ©es sâest longtemps concentrĂ© sur la reproduction des boissons alcoolisĂ©es : retirer lâalcool, recrĂ©er les arĂŽmes dâun gin, dâun vin ou dâun cocktail, puis construire une catĂ©gorie autour du produit. Lâarticle propose dâinverser cette logique en prenant lâaperitivo italien comme modĂšle. Selon lâauteur, les industriels devraient commencer par lâoccasion de consommation avant de dĂ©velopper la boisson.
Lâaperitivo nâest pas rĂ©ellement une catĂ©gorie de produit, mais un rituel social. Il correspond Ă une heure de la journĂ©e, un type de verre, une tempĂ©rature, un environnement alimentaire, une intensitĂ© aromatique et une fonction sociale. Dans ce contexte, une boisson sans alcool ne concurrence pas uniquement une autre rĂ©fĂ©rence « no/low » : elle doit rivaliser avec le Spritz, le vin, la biĂšre, le tonic, lâeau gazeuse ou mĂȘme la dĂ©cision de ne rien commander.
Cette approche modifie les prioritĂ©s de la R&D. Retirer lâalcool fait perdre de la chaleur, du corps, de la persistance et une partie de la structure sensorielle. La tradition de lâaperitivo offre cependant plusieurs leviers : amertume, aciditĂ©, carbonatation, botaniques, sucre, tempĂ©rature et dilution. Une boisson peut donc paraĂźtre complexe et adulte sans nĂ©cessairement recourir Ă une technologie sophistiquĂ©e ou Ă des allĂ©gations fonctionnelles.
Le conditionnement doit Ă©galement dĂ©couler de lâoccasion. Une bouteille de 75 cl suggĂšre le partage, un petit format individuel convient au bar, tandis quâune canette crĂ©e encore dâautres usages. Le prix doit ĂȘtre Ă©valuĂ© par rapport aux boissons concurrentes disponibles au mĂȘme moment, et non simplement selon lâabsence dâalcool.
Lâauteur remet enfin en cause la sĂ©paration entre « consommateurs dâalcool » et « consommateurs no/low ». Beaucoup alternent les deux selon le moment, le contexte social ou leurs contraintes du lendemain. Lâenjeu commercial consiste donc moins Ă convertir dĂ©finitivement les consommateurs quâĂ gagner des occasions de consommation.
La maturitĂ© du marchĂ© arriverait ainsi lorsque la boisson sans alcool ne nĂ©cessitera plus dâexplication particuliĂšre et figurera naturellement parmi les options disponibles, au mĂȘme titre que les boissons alcoolisĂ©es.
Forbes, Examining Beer Pours From Around The World, 25/09/2026
La maniĂšre de servir une biĂšre varie fortement dâun pays Ă lâautre et reflĂšte autant des habitudes culturelles que des choix techniques ayant une incidence sur le goĂ»t. Lâarticle compare plusieurs traditions en montrant notamment que la quantitĂ© de mousse, souvent perçue comme une perte de produit aux Ătats-Unis, constitue au contraire un Ă©lĂ©ment essentiel de la dĂ©gustation dans plusieurs pays ayant une culture brassicole.
La RĂ©publique tchĂšque en offre lâexemple le plus spectaculaire. Les biĂšres y sont frĂ©quemment servies avec une quantitĂ© importante de mousse obtenue grĂące Ă un robinet spĂ©cifique appelĂ© « side pull ». Une grille placĂ©e dans le bec permet de produire une mousse dense et humide. Celle-ci protĂšge la biĂšre de lâoxydation et concentre une partie des arĂŽmes. Les TchĂšques distinguent plusieurs types de service. La hladinka correspond Ă un verre plein avec plusieurs doigts de mousse. Le ĆĄnyt comporte davantage de mousse et moins de biĂšre, tandis que le mlĂko est presque entiĂšrement composĂ© dâune mousse crĂ©meuse.
Au Japon, la mousse est Ă©galement associĂ©e Ă la fraĂźcheur. Le « sharp pour » repose gĂ©nĂ©ralement sur environ 70 % de biĂšre pour 30 % de mousse. Le verre est refroidi, mais non congelĂ©, afin dâĂ©viter une production excessive de mousse. Ce mode de service gagne aussi en visibilitĂ© dans certaines brasseries amĂ©ricaines spĂ©cialisĂ©es dans les lagers japonaises.
Lâarticle sâintĂ©resse Ă©galement au « slow pour » dĂ©veloppĂ© dans la tradition allemande et repris avec enthousiasme en Italie, notamment pour les pils et certaines biĂšres houblonnĂ©es. La biĂšre est versĂ©e progressivement en plusieurs Ă©tapes afin de crĂ©er une mousse particuliĂšrement dense, haute et stable. Le processus demande davantage de temps mais transforme la texture et la perception aromatique.
Les Ătats-Unis suivent une approche diffĂ©rente. Dans les bars spĂ©cialisĂ©s, un col de mousse dâenviron deux centimĂštres est courant, mais les Ă©tablissements populaires utilisent parfois le « stadium pour » ou « iceman pour », oĂč le verre est rempli jusquâau bord sans mousse. Cette pratique donne lâimpression dâoffrir davantage de biĂšre, mais lâauteur estime quâelle prive le produit dâune composante importante de son expression.
Forbes, Walmart, AI And The New Fight For The Food Consumer, 24/09/2026
LâintĂ©gration croissante de lâintelligence artificielle dans lâalimentation et la restauration bouleverse les frontiĂšres traditionnelles entre distributeurs, restaurants, plateformes technologiques et spĂ©cialistes de la livraison. Lâarticle prend comme point de dĂ©part lâexpansion de Walmart dans la livraison de repas. AprĂšs Subway et Dunkinâ, le distributeur a ajoutĂ© Papa Johns Ă son Ă©cosystĂšme numĂ©rique, permettant aux clients de commander simultanĂ©ment repas, produits alimentaires et articles mĂ©nagers.
Cette Ă©volution intervient alors que lâIA commence Ă influencer directement le choix des consommateurs. Selon les donnĂ©es citĂ©es dans lâarticle, 22 % des consommateurs amĂ©ricains interrogĂ©s ont dĂ©jĂ utilisĂ© une intelligence artificielle pour les aider Ă choisir un restaurant. ParallĂšlement, leur fidĂ©litĂ© devient plus volatile : la proportion de personnes dĂ©clarant avoir changĂ© de chaĂźne de restauration favorite est passĂ©e de 33 % en 2025 Ă 45 % en 2026.
Les restaurants investissent donc dans de nombreux outils. Environ 26 % des opĂ©rateurs interrogĂ©s par la National Restaurant Association utilisent dĂ©jĂ lâIA, notamment pour le marketing, la planification des Ă©quipes, lâoptimisation des menus, les commandes ou la gestion des stocks. Wendyâs teste FreshAI dans les drive-in, tandis que Burger King expĂ©rimente un assistant destinĂ© Ă ses employĂ©s. Papa Johns combine pour sa part systĂšmes de commande en langage naturel, personnalisation et unification des diffĂ©rents canaux de livraison.
Wonder pousse lâintĂ©gration encore plus loin. Son systĂšme robotisĂ© Infinite Makeline peut produire jusquâĂ 500 bols par heure et automatise environ 80 % de leur assemblage. Lâentreprise dĂ©veloppe parallĂšlement des technologies de livraison autonome et MEL, une plateforme dâIA destinĂ©e Ă formuler des recommandations alimentaires personnalisĂ©es Ă partir des prĂ©fĂ©rences et objectifs de santĂ©.
Walmart développe également des services B2B liés aux achats, à la maintenance des équipements et à la logistique, augmentant ainsi sa présence auprÚs des opérateurs de restauration.
Lâenjeu concurrentiel se dĂ©place donc en amont : il ne sâagit plus seulement de savoir qui exĂ©cute la commande ou assure la livraison, mais qui influence la dĂ©cision alimentaire elle-mĂȘme. Dans cet environnement, la maĂźtrise des donnĂ©es et la visibilitĂ© numĂ©rique deviennent centrales, sans pour autant supprimer le rĂŽle de lâhumain dans lâhospitalitĂ© et lâexpĂ©rience client.
The Wall Street Journal, The High-Stakes Pursuit of Smuggling Butter Home From Paris, 23/09/2026
Le beurre artisanal français est devenu un souvenir trĂšs recherchĂ© par les touristes Ă©trangers Ă Paris, au point de crĂ©er une vĂ©ritable tendance alimentĂ©e par les rĂ©seaux sociaux. Le phĂ©nomĂšne se concentre notamment Ă La Grande Ăpicerie de Paris, oĂč le rayon frais attire dĂ©sormais des visiteurs venus spĂ©cialement acheter des beurres haut de gamme. Maison Bordier est la marque emblĂ©matique de cette mode, avec des rĂ©fĂ©rences classiques au demi-sel mais aussi des dĂ©clinaisons au yuzu, aux algues ou Ă la truffe.
Lâattrait repose autant sur le goĂ»t que sur le prix relatif du produit. Les beurres français, gĂ©nĂ©ralement plus riches en matiĂšre grasse que leurs Ă©quivalents amĂ©ricains, sont apprĂ©ciĂ©s pour leur texture et leur saveur. Une plaquette Bordier classique de 125 grammes est vendue autour de six euros, ce qui en fait un luxe gastronomique relativement accessible.
La tendance a pris de lâampleur avec les Jeux olympiques de 2024 et la multiplication des vidĂ©os publiĂ©es sur les rĂ©seaux sociaux. En 2025, La Grande Ăpicerie a vendu plus de 700 000 plaquettes de beurre, soit environ trois par minute. Bordier affirme toutefois ne pas vouloir augmenter fortement ses capacitĂ©s au risque de compromettre ses mĂ©thodes artisanales et sa qualitĂ©.
Le principal dĂ©fi pour les touristes consiste Ă rapporter leurs achats chez eux. Les voyageurs utilisent sacs isothermes, packs rĂ©frigĂ©rants, congĂ©lateurs dâhĂŽtel et emballages sous vide. La Grande Ăpicerie propose dâailleurs un service de mise sous vide, utilisĂ© pour environ 150 000 produits en 2025.
Les contrĂŽles de sĂ©curitĂ© peuvent nĂ©anmoins rĂ©server de mauvaises surprises. Le beurre est considĂ©rĂ© comme un produit tartinable et peut donc ĂȘtre soumis aux restrictions applicables aux liquides dans les bagages cabine, mĂȘme lorsquâil est congelĂ©. Certains voyageurs ont vu leurs achats confisquĂ©s. Le bagage en soute est gĂ©nĂ©ralement plus sĂ»r, mais ne garantit pas que le beurre ne fonde pas pendant le trajet.
Les douanes amĂ©ricaines autorisent gĂ©nĂ©ralement lâentrĂ©e de beurre français pasteurisĂ© pour un usage personnel, jusquâĂ cinq kilogrammes. Le vĂ©ritable enjeu nâest donc pas tant juridique que logistique : prĂ©server la chaĂźne du froid durant plusieurs heures de voyage afin que ce souvenir gastronomique arrive intact Ă destination.
The Wall Street Journal, Caviar Is Getting So Cheap You Could Serve It to a Toddler, 22/09/2026
Le marchĂ© amĂ©ricain du caviar connaĂźt une transformation rapide sous lâeffet dâune nouvelle gĂ©nĂ©ration de marques vendant directement aux consommateurs. Historiquement associĂ© au luxe, aux restaurants haut de gamme et Ă une clientĂšle trĂšs aisĂ©e, le produit se retrouve aujourdâhui commercialisĂ© avec des codes empruntĂ©s aux start-up : promotions, livraison gratuite, emballages colorĂ©s et communication sur les rĂ©seaux sociaux.
Des marques comme Cavi, Loft, Roe House ou Quince proposent ainsi du caviar Ă des tarifs beaucoup plus accessibles que ceux traditionnellement pratiquĂ©s par les maisons historiques. Quince vend par exemple 100 grammes dâOsetra pour 125 dollars, tandis que certaines promotions proposĂ©es par Loft rĂ©duisent fortement le prix de gros conditionnements. Cette dĂ©mocratisation accompagne une Ă©volution des usages. Le caviar est dĂ©sormais consommĂ© avec des aliments populaires tels que les nuggets ou les hot-dogs, et certaines marques le prĂ©sentent comme un produit adaptĂ© aux petites cĂ©lĂ©brations du quotidien.
Les millenials, notamment les femmes, constituent une cible importante. Certaines consommatrices achÚtent du caviar pour une soirée à domicile, parfois en remplacement du vin dans une logique « sober curious ». Cavi indique ainsi viser principalement les femmes de 25 à 45 ans et observe chez certains clients des achats trÚs répétés.
Cette baisse des prix sâexplique aussi par lâĂ©volution de lâoffre mondiale. Le caviar provient des Ćufs dâesturgeons, poissons qui peuvent nĂ©cessiter plusieurs annĂ©es avant dâatteindre leur maturitĂ©. AprĂšs la surexploitation des stocks sauvages de la mer Caspienne et les interdictions qui ont suivi, lâĂ©levage sâest gĂ©nĂ©ralisĂ©. De nombreuses fermes chinoises créées ces derniĂšres annĂ©es disposent dĂ©sormais de poissons arrivĂ©s Ă maturitĂ©, ce qui augmente fortement lâoffre. Selon une spĂ©cialiste citĂ©e par le journal, une quantitĂ© importante de caviar chinois de bonne qualitĂ© est dĂ©sormais disponible Ă bas prix.
LâĂ©tude sur le marchĂ© europĂ©en de la restauration hors domicile met en Ă©vidence un paradoxe : derriĂšre des performances globalement stables se cachent de profondes mutations gĂ©nĂ©rationnelles. Sur les cinq principaux marchĂ©s europĂ©ens â Royaume-Uni, Allemagne, France, Espagne et Italie â les dĂ©penses ont atteint 361,2 milliards dâeuros sur douze mois Ă fin juin 2026, en hausse de 1,4 %, tandis que la frĂ©quentation reculait lĂ©gĂšrement de 0,7 %. Le ticket moyen, lui, progresse de 2,1 %.
Cette stabilité apparente masque surtout des comportements trÚs différents selon les générations. La Gen Z, qui représente 16 % de la population, effectue 39 % de visites supplémentaires par rapport à ce que son poids démographique laisserait attendre. Les Millennials et la Gen X surperforment également, tandis que les Baby Boomers, pourtant 29 % de la population, sont nettement sous-représentés dans le trafic.
Les jeunes gĂ©nĂ©rations privilĂ©gient davantage les enseignes de restauration de marque, qui reprĂ©sentent 40 % des dĂ©penses de la gĂ©nĂ©ration Alpha et 35 % de celles de la Gen Z et des Millennials, contre seulement 16 % chez les Boomers. Circana explique cet Ă©cart par leur appĂ©tence pour la personnalisation, lâimmĂ©diatetĂ©, le digital et la livraison.
La santĂ© constitue un autre marqueur gĂ©nĂ©rationnel. Chez la Gen Z, 24 % privilĂ©gient une alimentation riche en protĂ©ines, 20 % les produits bio ou naturels, et 12 % pratiquent le jeĂ»ne intermittent. Ces habitudes influencent directement les attentes en matiĂšre dâoffre et de rythme de consommation.
Circana met Ă©galement en avant lâessor du repas en solo, particuliĂšrement portĂ© par les Millennials. Un tiers des visites liĂ©es aux repas principaux se fait dĂ©sormais seul, et ces consommateurs dĂ©pensent environ 70 % de plus lorsquâils mangent seuls que lorsquâils sont en groupe. Lâoffre reste toutefois encore mal adaptĂ©e Ă cette occasion, notamment sur les portions et certains types de plats.
Enfin, la notion de valeur Ă©volue. Pour la Gen X, malgrĂ© la pression du coĂ»t de la vie, lâoffre produit et la praticitĂ© passent avant le prix dans le choix dâun restaurant. Les Baby Boomers constituent, de leur cĂŽtĂ©, une opportunitĂ© encore sous-exploitĂ©e, notamment pour des repas plus longs et conviviaux.
Pour Circana, lâenjeu central est donc clair : la croissance future viendra dâune meilleure comprĂ©hension des usages propres Ă chaque gĂ©nĂ©ration, notamment autour du digital, du bien-ĂȘtre, de la personnalisation et des nouveaux formats de consommation.
Conagra Brands, The Future of Snacking 2026
LâĂ©tude montre que le snacking prend une place croissante dans les habitudes alimentaires amĂ©ricaines et quâil ne se limite plus aux catĂ©gories traditionnelles. Le marchĂ© reprĂ©sente dĂ©sormais 198,2 milliards de dollars de ventes annuelles et progresse plus vite que lâensemble du marchĂ© alimentaire. Les snacks remplacent aussi de plus en plus souvent les repas : les occasions de type « snack-as-meal » atteignent 56 milliards par an, soit une hausse de 18 % en six ans, particuliĂšrement marquĂ©e chez les Gen Z et Gen Alpha.
LâĂ©tude identifie trois grandes tendances. La premiĂšre est celle des âsaveurs audacieusesâ. Les consommateurs recherchent davantage de complexitĂ© et de surprise, avec des combinaisons mĂȘlant dessert, fruit, Ă©pices, aciditĂ© ou rĂ©fĂ©rences aux boissons. Le « sweet heat » progresse fortement, avec des saveurs comme le chili lime, le hot honey ou le sriracha. Les goĂ»ts acidulĂ©s, fermentĂ©s et vinaigrĂ©s gagnent Ă©galement du terrain, tout comme les saveurs issues de boissons telles que la limonade ou le limeade.
DeuxiĂšme tendance : le âFunctional Fuelâ. Les consommateurs attendent dĂ©sormais des snacks quâils apportent des bĂ©nĂ©fices nutritionnels concrets. La protĂ©ine reste centrale, mais elle est de plus en plus associĂ©e Ă dâautres promesses : fibres, collagĂšne, prĂ©biotiques, probiotiques, Ă©nergie, satiĂ©tĂ© ou santĂ© digestive. Les produits fonctionnels reprĂ©sentent environ 19 milliards de dollars de ventes, en hausse de 12,7 % sur un an. La fibre apparaĂźt comme lâun des principaux relais de croissance, portĂ©e par un intĂ©rĂȘt accru des consommateurs.
Enfin, lâĂ©tude met en avant lâessor de âlâindulgence permissiveâ : le plaisir reste essentiel, mais il doit dĂ©sormais sâaccompagner dâingrĂ©dients jugĂ©s plus simples, transparents et qualitatifs. Les consommateurs surveillent notamment le sucre, les huiles utilisĂ©es, lâorigine des ingrĂ©dients ou la prĂ©sence dâadditifs. Les allĂ©gations liĂ©es Ă lâhuile dâavocat, au grass-fed, au sans nitrates ou au sans huiles de graines progressent fortement.
Le rapport souligne aussi le rĂŽle croissant du digital et de lâIA dans la dĂ©couverte et lâĂ©valuation des produits. Les consommateurs utilisent davantage les outils de scan et les assistants conversationnels pour comparer les snacks selon leurs besoins. Lâenjeu pour les marques est donc de proposer des produits combinant plaisir, fonctionnalitĂ©, transparence et praticitĂ©.
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O. Frey















