đŸđđ Eat's business đđ·đ§ 2026-20
Bonjour Ă toutes et Ă tous, Eatâs Business est une newsletter dans laquelle vous trouverez une revue de presse de quelques articles sur le monde de lâalimentaire qui mâont semblĂ© intĂ©ressants dans la semaine prĂ©cĂ©dente.
Pour ceux qui veulent la version audio :
Pour ceux qui veulent la formule ristretto, les 3 articles que je vous conseille de lire en priorité cette semaine sont :
Le Monde, Craignant une loi favorable Ă lâindustrie agroalimentaire, la grande distribution se lance dans une opĂ©ration « transparence » sur les prix, 22/06/2026
Wall Street Journal, Protein-in-Everything Craze Has a Problem: Not Enough Whey Protein, 20/06/2026
Food Navigator, Private equity tightens hold on Big Food, 26/06/2026
Bonne lecture et bonne semaine Ă toutes et Ă tous!
Pour celles et ceux dâentre vous qui ont plus de temps pour la formule lungo :
Les Ăchos, Les ventes du commerce Ă©quitable ont dĂ©passĂ© lâan dernier les 3 milliards dâeuros, 25/06/2026
Le commerce Ă©quitable confirme son essor en France avec un chiffre dâaffaires de 3,2 milliards dâeuros en 2025, en progression de 23 % sur un an. Cette croissance, trĂšs supĂ©rieure Ă celle du marchĂ© alimentaire dans son ensemble, fait de ce segment lâun des plus dynamiques de lâagroalimentaire, mĂȘme sâil ne reprĂ©sente encore que 2,3 % des ventes alimentaires.
LâĂ©volution la plus marquante est la montĂ©e en puissance des produits dâorigine française. Pour la premiĂšre fois, ils dĂ©passent les filiĂšres tropicales en valeur, avec 1,64 milliard dâeuros de ventes contre 1,63 milliard pour les produits importĂ©s. Cette progression est notamment portĂ©e par le label Agri-Ăthique France, qui enregistre une hausse de 28 % en un an. Initialement centrĂ© sur des produits comme le cafĂ© ou le cacao, le commerce Ă©quitable sâĂ©tend dĂ©sormais Ă de nombreuses productions agricoles françaises, rĂ©pondant Ă une demande croissante en faveur dâune meilleure rĂ©munĂ©ration des producteurs et dâune agriculture plus durable.
Les catĂ©gories les plus reprĂ©sentĂ©es reflĂštent cette diversification. Les produits français sont dominĂ©s par la boulangerie-viennoiserie et lâĂ©picerie salĂ©e, tandis que le cafĂ©, le chocolat et les bananes restent les locomotives des filiĂšres tropicales.
La progression du secteur repose Ă©galement sur une diffusion plus large dans les circuits de distribution. Plus de la moitiĂ© des ventes sont dĂ©sormais rĂ©alisĂ©es en grandes et moyennes surfaces, signe que le commerce Ă©quitable nâest plus rĂ©servĂ© aux magasins spĂ©cialisĂ©s. La restauration hors domicile poursuit Ă©galement son dĂ©veloppement, portĂ©e par les objectifs de la loi Egalim qui favorise lâintroduction de produits durables dans la restauration collective.
Les Ăchos, « Câest un marchĂ© trĂšs attractif pour nous » : pourquoi les gĂ©ants de lâagroalimentaire se tournent vers lâOcĂ©anie, 22/06/2026
Face au ralentissement de certains marchĂ©s matures, plusieurs grands groupes agroalimentaires renforcent leur prĂ©sence en OcĂ©anie afin dây trouver de nouveaux relais de croissance et de consolider leur dĂ©veloppement en Asie-Pacifique. Danone illustre cette stratĂ©gie avec deux acquisitions rĂ©centes en Australie : le rachat de Made Group, spĂ©cialisĂ© dans les produits laitiers protĂ©inĂ©s et les alternatives vĂ©gĂ©tales Ă base de coco, ainsi que la prise de contrĂŽle intĂ©grale de sa coentreprise de produits laitiers frais avec Saputo Dairy Australia.
Pour Danone, ces opĂ©rations vont au-delĂ de la simple croissance locale. Elles permettent dâĂ©largir son portefeuille de produits dans une rĂ©gion oĂč le groupe commercialisait principalement de la nutrition infantile et mĂ©dicale. Elles lui offrent Ă©galement un accĂšs Ă des capacitĂ©s industrielles, Ă un rĂ©seau dâapprovisionnement agricole et Ă une plateforme dâexportation vers les marchĂ©s dâAsie du Sud-Est, oĂč la demande en produits laitiers continue de progresser.
LâAustralie et la Nouvelle-ZĂ©lande disposent en effet dâatouts majeurs : une agriculture performante, des normes sanitaires reconnues et une forte vocation exportatrice. Une grande partie de leur production agricole est destinĂ©e aux marchĂ©s asiatiques, faisant de la rĂ©gion une base logistique stratĂ©gique dans un contexte de tensions gĂ©opolitiques et de recomposition des Ă©changes internationaux.
Cette dynamique ne concerne pas uniquement Danone. Lactalis poursuit lui aussi son expansion aprĂšs lâacquisition des activitĂ©s grand public de Fonterra. Cette opĂ©ration doit renforcer sa prĂ©sence en OcĂ©anie, en Asie du Sud-Est et au Moyen-Orient, tout en faisant de lâAustralie lâun de ses principaux marchĂ©s internationaux. Lâobjectif est de consolider son leadership dans les produits laitiers et de profiter du potentiel de croissance de cette zone.
Dâautres entreprises privilĂ©gient lâexportation plutĂŽt que lâimplantation industrielle. Câest notamment le cas du groupe italien Mutti, qui sâest imposĂ© comme leader des produits dĂ©rivĂ©s de la tomate en Australie grĂące Ă une offre spĂ©cialisĂ©e et Ă une demande soutenue pour des produits de qualitĂ©.
Le Monde, Craignant une loi favorable Ă lâindustrie agroalimentaire, la grande distribution se lance dans une opĂ©ration « transparence » sur les prix, 22/06/2026
Ă lâapproche de lâexamen au SĂ©nat du projet de loi dâurgence pour la protection et la souverainetĂ© agricoles, les principales enseignes de la grande distribution ont engagĂ© une campagne de communication destinĂ©e Ă dĂ©fendre leur rĂŽle dans la maĂźtrise des prix alimentaires. Carrefour, E.Leclerc, IntermarchĂ©, CoopĂ©rative U, Auchan et la FĂ©dĂ©ration du commerce et de la distribution (FCD) entendent dĂ©montrer que les nĂ©gociations commerciales menĂ©es avec les industriels contribuent directement Ă prĂ©server le pouvoir dâachat des consommateurs.
Sâappuyant sur une Ă©tude rĂ©alisĂ©e avec Deloitte, les distributeurs ont comparĂ© les tarifs demandĂ©s par les fabricants pour un panier de douze grandes marques internationales aux prix finalement pratiquĂ©s en magasin. Selon eux, les industriels souhaitaient commercialiser ce panier Ă plus de 71 euros, alors quâil est vendu un peu plus de 52 euros aprĂšs nĂ©gociation. Les enseignes estiment que cette diffĂ©rence illustre leur capacitĂ© Ă limiter les hausses tarifaires et Ă contenir lâinflation.
Les distributeurs dénoncent également les fortes augmentations réclamées par certains grands groupes depuis 2021, évoquant notamment des demandes de hausse supérieures à 100 % sur certains produits. Ils soulignent que les PME agroalimentaires sollicitent généralement des revalorisations bien plus limitées que les grandes multinationales, renforçant selon eux la nécessité de maintenir un rapport de force dans les négociations.
Cette prise de parole intervient dans un contexte lĂ©gislatif tendu. Les enseignes craignent que plusieurs dispositions du futur texte renforcent la position des industriels au dĂ©triment de leur capacitĂ© Ă nĂ©gocier. Elles sâinquiĂštent notamment de nouvelles obligations administratives et de sanctions financiĂšres qui pourraient limiter leur libertĂ© de gestion des commandes et rĂ©duire leur marge de manĆuvre commerciale.
La grande distribution cherche également à répondre aux critiques formulées dans le rapport parlementaire sur les marges de la chaßne alimentaire, qui lui attribue une part importante de la valeur créée. Les enseignes contestent cette analyse et rappellent que leurs marges nettes restent limitées dans un secteur trÚs concurrentiel.
Libération, Florette, HelloFresh, Quitoque⊠Le combat de box à cuisiner, 18/06/2026
Le marchĂ© des repas prĂȘts Ă cuisiner poursuit son Ă©volution avec lâarrivĂ©e dâun nouvel acteur dans les rayons de la grande distribution. Florette, spĂ©cialiste des salades prĂȘtes Ă lâemploi, commercialise dĂ©sormais des « box Ă cuisiner » vendues en supermarchĂ©. InspirĂ©es du modĂšle popularisĂ© par les plateformes de livraison comme HelloFresh ou Quitoque, ces offres rassemblent les ingrĂ©dients nĂ©cessaires Ă la prĂ©paration dâun repas frais en une vingtaine de minutes, pour deux Ă trois personnes.
Avec cette initiative, Florette cherche Ă rĂ©pondre aux nouvelles attentes des consommateurs, en quĂȘte de solutions pratiques, rapides et accessibles. Lâentreprise mise sur des recettes simples, comme le pad thaĂŻ vĂ©gĂ©tarien, le risotto aux champignons ou le curry, proposĂ©es Ă un prix de 6,99 euros la box. Son objectif est de dĂ©mocratiser le concept des kits repas en sâappuyant sur la frĂ©quentation des supermarchĂ©s, sans passer par le modĂšle de lâabonnement.
Cette Ă©volution sâinscrit dans une tendance plus large. Selon les spĂ©cialistes du marchĂ©, la demande pour des solutions facilitant la prĂ©paration des repas reste soutenue, portĂ©e par le manque de temps, la perte progressive des habitudes culinaires et la recherche dâune meilleure maĂźtrise du budget alimentaire. AprĂšs un fort dĂ©veloppement pendant la crise sanitaire, les acteurs historiques du secteur continuent dâenregistrer une croissance, mĂȘme si celle-ci est plus irrĂ©guliĂšre.
HelloFresh demeure le leader mondial du segment, tandis que Quitoque poursuit son dĂ©veloppement en mettant en avant des recettes de saison, une majoritĂ© dâingrĂ©dients français et la lutte contre le gaspillage alimentaire. Les deux entreprises soulignent que leurs formules permettent de limiter les achats inutiles et de simplifier lâorganisation des repas.
Le modĂšle fait toutefois lâobjet de critiques. Plusieurs Ă©tudes ont pointĂ© le recours important aux emballages plastiques, un manque de transparence sur lâorigine de certains ingrĂ©dients, des temps de prĂ©paration parfois sous-estimĂ©s et des niveaux de sel Ă©levĂ©s dans certaines recettes. Le coĂ»t reste Ă©galement supĂ©rieur Ă celui dâun repas prĂ©parĂ© entiĂšrement Ă partir dâachats classiques, notamment lorsque les frais de livraison sont pris en compte.
Avec son offre distribuĂ©e directement en magasin, Florette espĂšre lever une partie de ces freins et sĂ©duire une clientĂšle plus large. Lâentreprise considĂšre ce nouveau segment comme un axe de diversification stratĂ©gique et ambitionne quâil reprĂ©sente, Ă terme, entre 10 et 15 % de son chiffre dâaffaires
Courrier International, Les derniers résistants du camembert au lait cru, 25/06/2026 (pas disponible en ligne pour le moment)
Le camembert demeure lâun des emblĂšmes de la gastronomie française, mais sa production traditionnelle traverse une pĂ©riode dĂ©licate. DerriĂšre la renommĂ©e mondiale de ce fromage se cache une filiĂšre fragilisĂ©e par lâindustrialisation, lâĂ©volution des habitudes de consommation et les difficultĂ©s Ă©conomiques rencontrĂ©es par les producteurs. En Normandie, seuls quatorze fabricants produisent encore un vĂ©ritable camembert de Normandie AOP, dont cinq producteurs-fermiers qui transforment eux-mĂȘmes leur lait.
La baisse de la consommation constitue lâun des principaux dĂ©fis. AprĂšs un rebond pendant la crise sanitaire, les ventes ont reculĂ© sous lâeffet de lâinflation et des arbitrages budgĂ©taires des mĂ©nages. Les jeunes consommateurs privilĂ©gient dĂ©sormais des fromages plus doux, comme la mozzarella ou lâemmental, obligeant la filiĂšre Ă renouveler son image. Les producteurs multiplient ainsi les actions de communication, notamment sur les rĂ©seaux sociaux, en proposant de nouvelles recettes destinĂ©es Ă sĂ©duire un public plus jeune.
La filiĂšre doit Ă©galement faire face Ă la concurrence des fabrications industrielles. La majoritĂ© des camemberts vendus en France sont Ă©laborĂ©s Ă partir de lait pasteurisĂ©, selon des procĂ©dĂ©s fortement automatisĂ©s qui permettent de rĂ©duire les coĂ»ts. Ă lâinverse, le cahier des charges de lâAOP impose un lait cru, un moulage manuel et une forte proportion de lait issu de vaches normandes Ă©levĂ©es au pĂąturage. Ces exigences garantissent un savoir-faire traditionnel mais rendent la production beaucoup plus coĂ»teuse.
Les producteurs dĂ©noncent Ă©galement la confusion entretenue autour des diffĂ©rentes appellations. Pendant plusieurs annĂ©es, certains fromages industriels ont pu mettre en avant leur fabrication en Normandie sans rĂ©pondre aux critĂšres de lâAOP. Une dĂ©cision rĂ©cente du Conseil dâĂtat a toutefois confirmĂ© que seuls les vĂ©ritables camemberts de Normandie au lait cru peuvent bĂ©nĂ©ficier de cette appellation protĂ©gĂ©e, une victoire importante pour les artisans.
Au-delĂ de la dĂ©fense dâun fromage, les producteurs rappellent quâils contribuent au maintien de lâĂ©levage de vaches normandes, Ă la prĂ©servation des paysages bocagers et au dynamisme Ă©conomique des territoires ruraux. MalgrĂ© un marchĂ© devenu plus difficile, ils continuent de dĂ©fendre un modĂšle reposant sur la qualitĂ©, le savoir-faire et lâauthenticitĂ©, convaincus que ces atouts restent essentiels pour assurer lâavenir du camembert traditionnel.
Eater, What âThe Bearâ Did Right, According to Industry Experts, 25/06/2026
Ă lâoccasion de la diffusion de la cinquiĂšme et derniĂšre saison de The Bear, plusieurs chefs et professionnels de la restauration reviennent sur lâimpact de cette sĂ©rie, devenue en quelques annĂ©es un vĂ©ritable phĂ©nomĂšne culturel. SaluĂ©e pour son rĂ©alisme, elle a contribuĂ© Ă faire dĂ©couvrir au grand public les coulisses du mĂ©tier de restaurateur et les exigences du travail en cuisine, tout en suscitant de nombreux dĂ©bats au sein de la profession.
Lâun des principaux atouts de la sĂ©rie rĂ©side dans sa capacitĂ© Ă retranscrire lâintensitĂ© des services. Le rythme effrĂ©nĂ©, les Ă©changes permanents entre les Ă©quipes, la pression constante et les tensions qui accompagnent les coups de feu sont jugĂ©s particuliĂšrement crĂ©dibles par dâanciens cuisiniers et chefs interrogĂ©s. Contrairement Ă de nombreuses Ă©missions culinaires qui mettent surtout en scĂšne la crĂ©ativitĂ© ou la compĂ©tition, The Bear montre aussi la fatigue, les difficultĂ©s psychologiques et la complexitĂ© des relations humaines qui caractĂ©risent le fonctionnement quotidien dâun restaurant.
La sĂ©rie a Ă©galement contribuĂ© Ă modifier le regard du public sur la restauration. De nombreux spectateurs ont dĂ©couvert le travail invisible qui prĂ©cĂšde lâarrivĂ©e dâune assiette Ă table : organisation des brigades, prĂ©paration, coordination des Ă©quipes et recherche permanente de qualitĂ©. Pour plusieurs chefs, cette reprĂ©sentation plus fidĂšle a permis de mieux faire comprendre la passion, la discipline et lâengagement nĂ©cessaires pour faire fonctionner un Ă©tablissement. Certains comparent mĂȘme son influence Ă celle de Kitchen Confidential, lâouvrage dâAnthony Bourdain qui avait dĂ©jĂ levĂ© le voile sur les rĂ©alitĂ©s du mĂ©tier.
Les professionnels soulignent toutefois que la fiction entretient aussi certains clichĂ©s. LâintensitĂ© dramatique propre au format tĂ©lĂ©visĂ© peut laisser penser que le chaos est une condition indispensable Ă lâexcellence. Or, dans les Ă©tablissements les plus performants, la rĂ©ussite repose avant tout sur lâorganisation, la communication et la rigueur des Ă©quipes. Si la pression existe bel et bien, les situations de crise permanentes restent exceptionnelles.
Modern Retail, Levain Bakery is scooping up summer traffic with ice cream collaborations, 23/06/2026
Connue pour ses cookies, la chaĂźne amĂ©ricaine Levain Bakery cherche Ă rĂ©duire la saisonnalitĂ© de son activitĂ© en dĂ©veloppant une offre de glaces. Lâenseigne, qui constate traditionnellement un ralentissement de sa frĂ©quentation pendant les mois dâĂ©tĂ©, a enrichi cette annĂ©e sa gamme avec des cookies Ă la glace (« cookies Ă la mode »), des mini-sandwichs glacĂ©s et des affogatos. Lâobjectif est de maintenir le trafic en boutique Ă une pĂ©riode oĂč les consommateurs sont moins attirĂ©s par les pĂątisseries chaudes.
Les premiers rĂ©sultats sont encourageants. Au cours des deux premiĂšres semaines de juin, une transaction sur sept comprenait un produit glacĂ© et les ventes en soirĂ©e ont progressĂ©, les commandes passĂ©es aprĂšs 18 heures reprĂ©sentant dĂ©sormais 34 % des ventes quotidiennes, contre 31 % auparavant. Les magasins situĂ©s Ă Boston et Chicago enregistrent mĂȘme de meilleures performances que ceux de New York sur cette nouvelle catĂ©gorie.
LâidĂ©e de dĂ©velopper une offre de glaces remonte aux origines de Levain Bakery. DĂšs la fin des annĂ©es 1990, les fondatrices avaient constatĂ© une baisse de frĂ©quentation durant lâĂ©tĂ©, liĂ©e notamment aux dĂ©parts en vacances des New-Yorkais. AprĂšs plusieurs tests, lâentreprise a finalement lancĂ© un vĂ©ritable programme en sâappuyant sur des partenariats avec des glaciers locaux, une solution qui permet de proposer un produit de qualitĂ© tout en conservant son image de boulangerie de quartier.
à New York, Levain Bakery collabore notamment avec CaffÚ Panna, une enseigne trÚs appréciée des amateurs de glaces artisanales. Cette association entre deux marques emblématiques de la ville a suscité un fort engouement sur les réseaux sociaux, renforçant la visibilité des deux partenaires et générant un bouche-à -oreille important.
Cette diversification conduit Ă©galement Levain Ă faire Ă©voluer sa stratĂ©gie marketing. Les glaces Ă©tant exclusivement vendues en boutique, contrairement aux cookies disponibles en e-commerce, la marque multiplie les animations locales, les collaborations avec des influenceurs et les Ă©vĂ©nements en magasin afin dâinciter les consommateurs Ă se dĂ©placer.
Lâhistoire de Good Culture illustre la maniĂšre dont une innovation produit, associĂ©e Ă une stratĂ©gie de croissance maĂźtrisĂ©e, peut transformer un segment alimentaire traditionnel. Son fondateur, Jesse Merrill, a lancĂ© lâentreprise en 2015 aprĂšs avoir constatĂ© que le fromage blanc (« cottage cheese »), pourtant riche en protĂ©ines et pauvre en sucre, contenait souvent de nombreux additifs. Atteint de rectocolite hĂ©morragique, il souhaitait dĂ©velopper une gamme plus naturelle, sans conservateurs ni Ă©paississants artificiels, rĂ©pondant aux attentes des consommateurs soucieux de leur santĂ©.
Partie de quelques magasins Whole Foods, Good Culture a progressivement Ă©largi son offre aux fromages frais et Ă la crĂšme aigre. En moins de dix ans, lâentreprise a atteint prĂšs de 200 millions de dollars de chiffre dâaffaires annuel et sâest imposĂ©e comme lâune des marques les plus dynamiques du secteur laitier premium. Cette rĂ©ussite a conduit le fonds dâinvestissement L Catterton, spĂ©cialiste des marques de consommation, Ă acquĂ©rir une participation majoritaire dans une opĂ©ration valorisant lâentreprise Ă plus de 500 millions de dollars.
Pour Jesse Merrill, le choix de son partenaire ne sâest pas limitĂ© Ă la valorisation financiĂšre. Les discussions, engagĂ©es prĂšs de deux ans avant la signature, ont avant tout portĂ© sur la qualitĂ© de la relation et la compatibilitĂ© des valeurs. Le dirigeant souhaitait conserver son rĂŽle de directeur gĂ©nĂ©ral et sâassurer que le futur actionnaire accompagnerait la croissance de lâentreprise sans remettre en cause sa culture entrepreneuriale.
LâarrivĂ©e de L Catterton doit permettre Ă Good Culture de franchir une nouvelle Ă©tape de son dĂ©veloppement. La sociĂ©tĂ© Ă©tait confrontĂ©e Ă dâimportantes limites de capacitĂ© de production, ne parvenant Ă satisfaire quâune partie de la demande du marchĂ©. Le fonds apporte dĂ©sormais son expertise en matiĂšre dâindustrialisation, de recrutement, de marketing et dâorganisation afin dâaccĂ©lĂ©rer le changement dâĂ©chelle.
La cession a Ă©galement bĂ©nĂ©ficiĂ© aux salariĂ©s, tous actionnaires de lâentreprise. Pour beaucoup, cette opĂ©ration reprĂ©sente un Ă©vĂ©nement majeur sur le plan personnel et financier, rĂ©compensant plusieurs annĂ©es dâinvestissement dans le dĂ©veloppement de la marque. Si lâentreprise change dâactionnaire majoritaire, lâĂ©quipe dirigeante reste en place et affiche une nouvelle ambition : faire de Good Culture une entreprise rĂ©alisant un milliard de dollars de chiffre dâaffaires. LâopĂ©ration apparaĂźt ainsi davantage comme une Ă©tape de croissance que comme une sortie pour son fondateur.
Wall Street Journal, Protein-in-Everything Craze Has a Problem: Not Enough Whey Protein, 20/06/2026
Lâengouement pour les aliments enrichis en protĂ©ines bouleverse actuellement le marchĂ© des ingrĂ©dients laitiers. Alors que les industriels multiplient les lancements de produits Ă forte teneur protĂ©ique â chips, pains, cĂ©rĂ©ales, glaces, confiseries ou encore pop-corn â, la demande en protĂ©ines de lactosĂ©rum (whey) dĂ©passe dĂ©sormais largement les capacitĂ©s de production. Cette tension entraĂźne une flambĂ©e des prix et contraint les fabricants Ă revoir leurs stratĂ©gies dâapprovisionnement.
Le concentrĂ© de protĂ©ines de lactosĂ©rum Ă 80 % (Whey Protein Concentrate 80), lâun des ingrĂ©dients les plus utilisĂ©s, a vu son prix atteindre un niveau record de plus de 13 dollars la livre aux Ătats-Unis, soit prĂšs de trois fois son niveau de lâannĂ©e prĂ©cĂ©dente. Les protĂ©ines isolĂ©es de lactosĂ©rum, plus concentrĂ©es, enregistrent elles aussi une forte hausse. Pour de nombreuses entreprises, il ne sâagit plus seulement dâun problĂšme de coĂ»t : les volumes disponibles sont dĂ©sormais limitĂ©s, une grande partie de la production Ă©tant dĂ©jĂ rĂ©servĂ©e par contrat.
Cette situation sâexplique par plusieurs facteurs. La recherche dâune alimentation riche en protĂ©ines continue de progresser, tandis que le succĂšs des traitements amaigrissants de type GLP-1 encourage les consommateurs Ă privilĂ©gier des aliments plus riches en protĂ©ines pour prĂ©server leur masse musculaire. RĂ©sultat : la prĂ©sence dâun apport protĂ©ique Ă©levĂ© est devenue un argument commercial incontournable pour de nombreuses marques.
Face Ă cette explosion de la demande, la filiĂšre laitiĂšre peine Ă suivre. La whey est un coproduit de la fabrication du fromage, mais sa transformation en ingrĂ©dients Ă haute valeur ajoutĂ©e nĂ©cessite des Ă©quipements industriels lourds, notamment des installations de filtration et de sĂ©chage trĂšs coĂ»teuses. Ces capacitĂ©s de transformation constituent aujourdâhui le principal goulot dâĂ©tranglement de la filiĂšre.
Les industriels investissent massivement pour augmenter leurs capacitĂ©s. Aux Ătats-Unis, le secteur laitier prĂ©voit plus de 11 milliards de dollars dâinvestissements dâici 2028, tandis que plusieurs groupes internationaux dĂ©veloppent ou acquiĂšrent de nouvelles unitĂ©s de transformation. Toutefois, ces projets nĂ©cessiteront encore plusieurs annĂ©es avant dâentrer pleinement en production.
Dans lâintervalle, certains fabricants se tournent vers des ingrĂ©dients alternatifs, comme les protĂ©ines isolĂ©es de lait, jusquâici plus abondantes et moins coĂ»teuses. Mais la hausse de la demande commence Ă©galement Ă faire grimper leurs prixâŠ
Wall Street Journal, Why Oatlyâs Marketing Went From Wordy Billboards to Beverage Events, 16/06/2026
AprĂšs avoir largement contribuĂ© Ă faire connaĂźtre le lait dâavoine grĂące Ă ses campagnes publicitaires dĂ©calĂ©es, Oatly fait Ă©voluer sa stratĂ©gie marketing pour accompagner la maturitĂ© de ce marchĂ©. Ă ses dĂ©buts, la marque suĂ©doise utilisait de longs messages humoristiques sur des panneaux dâaffichage afin dâexpliquer ce quâĂ©tait le lait dâavoine et de convaincre aussi bien les consommateurs vĂ©gĂ©taliens que le grand public. Aujourdâhui, alors que cette catĂ©gorie est entrĂ©e dans les habitudes de consommation, lâobjectif nâest plus de faire connaĂźtre le produit, mais dâinfluencer les tendances dans lâunivers des boissons.
Cette nouvelle approche repose sur la « stratĂ©gie barista », mise en place depuis plusieurs annĂ©es. PlutĂŽt que de recruter principalement des commerciaux, Oatly sâest entourĂ© dâanciens baristas chargĂ©s de travailler directement avec les cafĂ©s les plus influents. Leur rĂŽle consiste Ă observer les nouvelles pratiques de consommation, identifier les tendances Ă©mergentes et accompagner les professionnels dans la crĂ©ation de nouvelles boissons Ă base de lait dâavoine.
Lâentreprise va dĂ©sormais plus loin en organisant des Ă©vĂ©nements comme Aftertaste, prĂ©sentĂ©s comme des lieux dâĂ©change rĂ©unissant restaurateurs, chaĂźnes de cafĂ©s, distributeurs, crĂ©ateurs de contenus et experts afin dâanticiper les Ă©volutions du marchĂ© des boissons. Lâambition est de positionner Oatly non plus comme un simple fournisseur dâingrĂ©dients, mais comme un acteur capable dâinspirer les innovations du secteur et de diffuser ces tendances auprĂšs dâun public plus large grĂące aux rĂ©seaux sociaux.
Cette Ă©volution concerne Ă©galement les relations avec les grandes enseignes de restauration rapide et les chaĂźnes de cafĂ©s. Les discussions ne portent plus uniquement sur les volumes ou les prix du lait dâavoine, mais aussi sur les attentes des jeunes consommateurs, les nouveaux usages et le dĂ©veloppement de cartes de boissons adaptĂ©es aux tendances Ă©mergentes. Oatly intervient ainsi comme un partenaire de conseil dans la conception des offres.
Cette stratĂ©gie sâaccompagne dâune rationalisation des dĂ©penses marketing. Les investissements publicitaires traditionnels ont Ă©tĂ© rĂ©duits au profit dâactions plus ciblĂ©es, mĂȘlant communication digitale, Ă©vĂ©nements et collaborations avec les professionnels du secteur. Pour Oatly, cette approche permet de renforcer son image de marque tout en continuant Ă influencer la culture des boissons dans un marchĂ© dĂ©sormais beaucoup plus concurrentiel.
Financial Times, An everymanâs guide to oysters in 2026, 16/06/2026
Longtemps considĂ©rĂ©es comme un produit de luxe rĂ©servĂ© aux grandes occasions, les huĂźtres connaissent un regain dâintĂ©rĂȘt portĂ© par de nouveaux concepts de restauration et une Ă©volution des habitudes de consommation. Autrefois aliment populaire, elles avaient progressivement acquis une image haut de gamme Ă la suite de la rarĂ©faction des ressources au XIXá” siĂšcle. Aujourdâhui, lâessor des bars Ă fruits de mer, des comptoirs de marchĂ© et des offres promotionnelles contribue Ă les rendre plus accessibles, tout en favorisant de nouveaux usages culinaires.
Cet engouement sâinscrit Ă©galement dans une recherche croissante de produits durables et traçables. Les professionnels rappellent que lâostrĂ©iculture prĂ©sente un faible impact environnemental et participe mĂȘme Ă lâamĂ©lioration de la qualitĂ© de lâeau grĂące au rĂŽle filtrant des huĂźtres. Cet argument environnemental renforce lâattractivitĂ© dâun produit dĂ©jĂ apprĂ©ciĂ© pour sa richesse nutritionnelle.
Le marchĂ© reste dominĂ© par deux grandes familles dâhuĂźtres : les huĂźtres plates, disponibles principalement durant les mois les plus froids et rĂ©putĂ©es pour leur goĂ»t plus complexe, et les huĂźtres creuses, commercialisĂ©es toute lâannĂ©e et jugĂ©es plus accessibles pour les consommateurs dĂ©butants. Les spĂ©cialistes soulignent Ă©galement lâimportance de lâorigine gĂ©ographique, chaque zone de production offrant des profils gustatifs spĂ©cifiques liĂ©s au terroir marin.
Si les puristes continuent de privilĂ©gier une dĂ©gustation nature, Ă©ventuellement accompagnĂ©e dâun filet de citron, les chefs multiplient dĂ©sormais les interprĂ©tations. Les huĂźtres sont servies avec des garnitures inspirĂ©es de la gastronomie contemporaine, associĂ©es Ă des fraises marinĂ©es, du caviar, des oursins, des Ă©pices ou mĂȘme Ă des ingrĂ©dients Ă©voquant les saveurs dâun hamburger. Elles trouvent Ă©galement leur place dans des prĂ©parations chaudes, comme les huĂźtres grillĂ©es au beurre persillĂ©, les sandwichs dâhuĂźtres frites ou diverses recettes issues de la cuisine amĂ©ricaine et asiatique.
Food Navigator, Private equity tightens hold on Big Food, 26/06/2026
Le capital-investissement renforce progressivement son influence dans lâindustrie agroalimentaire mondiale en multipliant les acquisitions, les cessions dâactifs et les opĂ©rations de restructuration. Si les acheteurs industriels restent largement majoritaires dans les opĂ©rations de fusion-acquisition, les fonds dâinvestissement jouent un rĂŽle croissant dans la transformation du secteur, en accompagnant la montĂ©e en puissance de nouvelles marques, la rĂ©organisation des portefeuilles des grands groupes et le dĂ©veloppement de segments Ă forte croissance.
Selon les analystes, les fonds ciblent dĂ©sormais des actifs trĂšs spĂ©cifiques, notamment les marques spĂ©cialisĂ©es, les ingrĂ©dients Ă forte valeur ajoutĂ©e et les activitĂ©s jugĂ©es non stratĂ©giques par les grands groupes. Lâacquisition rĂ©cente de la division Food Ingredients dâIFF par CVC Capital Partners ou encore les rachats de Blue Bottle Coffee (NestlĂ©) et de la marque bio Muir Glen (General Mills) illustrent cette tendance. Les grands industriels cherchent Ă recentrer leurs activitĂ©s sur les segments les plus porteurs, tandis que les fonds voient dans ces actifs des opportunitĂ©s de crĂ©ation de valeur grĂące Ă des amĂ©liorations opĂ©rationnelles ou Ă un repositionnement stratĂ©gique.
Le contexte Ă©conomique rend toutefois les opĂ©rations plus complexes. La hausse des taux dâintĂ©rĂȘt et le maintien dâune inflation relativement Ă©levĂ©e augmentent le coĂ»t du financement et incitent les investisseurs Ă privilĂ©gier des entreprises gĂ©nĂ©rant des flux de trĂ©sorerie solides et des marges Ă©levĂ©es. Les Ă©carts de valorisation entre vendeurs et acheteurs allongent Ă©galement les nĂ©gociations et favorisent des montages financiers plus sophistiquĂ©s, intĂ©grant notamment des complĂ©ments de prix ou des participations conservĂ©es par les vendeurs.
Les investissements se concentrent principalement sur les secteurs liĂ©s Ă la santĂ© et au bien-ĂȘtre. Les marques proposant des produits fonctionnels, riches en protĂ©ines, Ă ingrĂ©dients naturels ou rĂ©pondant aux nouvelles attentes nutritionnelles figurent parmi les cibles privilĂ©giĂ©es. Les plateformes dâingrĂ©dients « clean label » et les solutions destinĂ©es Ă soutenir lâinnovation alimentaire suscitent Ă©galement un intĂ©rĂȘt croissant.
Pour autant, les fonds dâinvestissement ne devraient pas supplanter les acquĂ©reurs industriels. Ces derniers reprĂ©sentent encore prĂšs de 90 % des opĂ©rations de fusion-acquisition dans lâagroalimentaire et conservent un avantage lorsquâil sâagit de rĂ©aliser dâimportantes synergies industrielles. Les experts anticipent plutĂŽt un modĂšle complĂ©mentaire : les acteurs du capital-investissement continueront Ă acquĂ©rir, restructurer et dĂ©velopper des entreprises avant de les revendre Ă des groupes industriels ou de les introduire en Bourse. Cette Ă©volution soulĂšve nĂ©anmoins des interrogations sur lâĂ©quilibre entre la recherche de rentabilitĂ© Ă court terme et les investissements de long terme nĂ©cessaires en matiĂšre dâinnovation, de durabilitĂ©, de chaĂźnes dâapprovisionnement et de dĂ©veloppement des compĂ©tences.
Câest tout pour aujourdâhui.
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A la semaine prochaine!
O. Frey















