đŸđđ Eat's business đđ·đ§ 2026-18
Bonjour Ă toutes et Ă tous, Eatâs Business est une newsletter dans laquelle vous trouverez une revue de presse de quelques articles sur le monde de lâalimentaire qui mâont semblĂ© intĂ©ressants dans la semaine prĂ©cĂ©dente.
Pour ceux qui veulent la version audio :
Pour ceux qui veulent la formule ristretto, les 3 articles que je vous conseille de lire en priorité cette semaine sont :
Le Monde, Lâhyperpuissance de Coca-Cola au Mexique, entre mastodonte Ă©conomique et influence politique, 05/06/2026
LâExpress, Pesticides, Pfas, cadmium : les vrais dangers (et les fausses peurs) qui se cachent dans nos assiettes, 26/05/2026
The Guardian, What would Jesus drink? Welcome to the age of Christian energy beverages, 04/06/2026
Bonne lecture et bonne semaine Ă toutes et Ă tous!
Pour celles et ceux dâentre vous qui ont plus de temps pour la formule lungo :
Le Monde, Lâhyperpuissance de Coca-Cola au Mexique, entre mastodonte Ă©conomique et influence politique, 05/06/2026
Lâarticle met en lumiĂšre lâinfluence exceptionnelle exercĂ©e par Coca-Cola au Mexique, pays devenu lâun des marchĂ©s les plus stratĂ©giques du groupe amĂ©ricain. Avec une consommation moyenne de 166 litres de boissons sucrĂ©es par adulte et par an (!!!), le Mexique figure parmi les plus grands consommateurs mondiaux de sodas. LâĂ©cosystĂšme Coca-Cola reprĂ©sente Ă lui seul prĂšs de 2 % du produit intĂ©rieur brut national et soutient plus dâun million et demi dâemplois indirects, ce qui lui confĂšre un poids Ă©conomique considĂ©rable.
Lâarticle dĂ©crit la maniĂšre dont lâentreprise a construit un maillage territorial extrĂȘmement dense grĂące Ă ses partenariats avec de puissants embouteilleurs mexicains, notamment Femsa et Arca Continental. Ces groupes contrĂŽlent une grande partie de la chaĂźne de valeur, depuis les matiĂšres premiĂšres jusquâĂ la distribution dans les petites Ă©piceries de quartier, les cĂ©lĂšbres tienditas. Coca-Cola y bĂ©nĂ©ficie dâune visibilitĂ© omniprĂ©sente grĂące Ă des accords commerciaux qui renforcent sa prĂ©sence au quotidien dans la vie des consommateurs.
Cette domination Ă©conomique sâaccompagne dâune influence politique de longue date. Lâarticle rappelle ainsi les liens historiques entretenus entre lâentreprise et plusieurs responsables publics, notamment lâancien prĂ©sident Vicente Fox, qui avait dirigĂ© Coca-Cola Mexique avant son entrĂ©e en politique. Plusieurs anciens cadres ou collaborateurs de la multinationale ont Ă©galement occupĂ© des fonctions stratĂ©giques dans les administrations chargĂ©es de la santĂ© ou de la gestion de lâeau.
Lâarticle sâintĂ©resse Ă©galement aux consĂ©quences sanitaires de la consommation massive de boissons sucrĂ©es. Depuis plusieurs dĂ©cennies, le Mexique connaĂźt une forte progression de lâobĂ©sitĂ©, du diabĂšte et des maladies cardiovasculaires. Les autoritĂ©s sanitaires considĂšrent dĂ©sormais ces pathologies comme un enjeu majeur de santĂ© publique. Dans ce contexte, les associations de consommateurs accusent Coca-Cola et lâindustrie agroalimentaire de minimiser leur responsabilitĂ© et de mobiliser diffĂ©rents relais dâinfluence afin de freiner certaines politiques de prĂ©vention.
LâaccĂšs Ă lâeau constitue un autre sujet sensible. Les concessions dont bĂ©nĂ©ficient certaines usines dâembouteillage suscitent des critiques dans des rĂ©gions confrontĂ©es Ă des pĂ©nuries ou Ă des difficultĂ©s dâapprovisionnement. Plusieurs organisations locales dĂ©noncent les tensions entre usages industriels et besoins des populations.
Enfin, malgrĂ© le durcissement rĂ©cent des politiques publiques (taxation des sodas, restrictions publicitaires, avertissements nutritionnels et limitation des ventes dans les Ă©coles), Coca-Cola conserve une position privilĂ©giĂ©e. Lâentreprise entend notamment profiter de la Coupe du monde 2026, organisĂ©e en partie au Mexique, pour renforcer encore sa visibilitĂ© et maintenir son ancrage dans un marchĂ© considĂ©rĂ© comme stratĂ©gique.
Le Monde, LâONG Inside Track dĂ©nonce un systĂšme organisĂ© par la grande distribution pour tirer les prix alimentaires vers le bas, 02/06/2026
Le rapport publiĂ© par lâONG Inside Track France relance le dĂ©bat sur les relations de force qui structurent la chaĂźne agroalimentaire française. Sâappuyant sur les tĂ©moignages anonymes de dirigeants, cadres et anciens responsables de lâindustrie alimentaire et de la distribution, lâorganisation dĂ©nonce une logique de pression permanente exercĂ©e par les grandes enseignes afin dâobtenir des prix toujours plus bas lors des nĂ©gociations commerciales.
Les tĂ©moignages recueillis dĂ©crivent des discussions particuliĂšrement tendues, pouvant sâĂ©tendre sur de trĂšs longues plages horaires et sâaccompagner de diverses formes de pression commerciale. Selon les personnes interrogĂ©es, les industriels sont souvent contraints dâaccepter des conditions difficiles sous peine de voir certaines rĂ©fĂ©rences retirĂ©es des rayons ou leur visibilitĂ© rĂ©duite.
Pour Inside Track, cette recherche systĂ©matique de prix bas produit plusieurs effets indirects sur lâensemble du systĂšme alimentaire. Lâun des principaux mĂ©canismes pointĂ©s est celui de la pĂ©rĂ©quation des marges. Les distributeurs appliqueraient des marges relativement faibles sur des produits trĂšs comparĂ©s par les consommateurs, souvent des marques nationales Ă forte notoriĂ©tĂ©, tout en augmentant davantage leurs marges sur des produits plus vertueux, notamment biologiques ou porteurs dâallĂ©gations environnementales. Cette pratique contribuerait Ă rendre les produits les plus favorables Ă la santĂ© ou Ă lâenvironnement moins compĂ©titifs en rayon.
Le rapport souligne Ă©galement les consĂ©quences sur la qualitĂ© des produits. Certains industriels affirment ĂȘtre amenĂ©s Ă rechercher des Ă©conomies dans la formulation des recettes, dans le choix des ingrĂ©dients ou dans lâorigine des matiĂšres premiĂšres afin de prĂ©server leurs marges. Cette pression rĂ©duirait aussi leur capacitĂ© Ă investir dans lâinnovation, la qualitĂ© ou la transition Ă©cologique.
Cette publication intervient dans un contexte dĂ©jĂ tendu aprĂšs le rapport de la commission dâenquĂȘte du SĂ©nat consacrĂ© aux marges dans lâalimentation. Ce dernier a mis en Ă©vidence le dĂ©sĂ©quilibre croissant du rapport de force entre agriculteurs, industriels et distributeurs, consĂ©quence de la concentration du secteur de la distribution.
Face à ces critiques, les représentants de la grande distribution contestent les analyses avancées et rappellent que leur contribution à la valeur créée dans la chaßne alimentaire serait plus limitée que ne le suggÚrent certains rapports. Le débat reste donc ouvert.
Le Figaro, Reine-des-prés, mélilot, flouve odorante : la révolution des vanilles locales, 05/06/2026
Lâarticle explore lâessor de trois plantes sauvages françaises â la reine-des-prĂ©s, le mĂ©lilot et la flouve odorante â qui sĂ©duisent de plus en plus les chefs et pĂątissiers Ă la recherche dâalternatives locales Ă la vanille. Longtemps cantonnĂ©es Ă des usages traditionnels ou mĂ©dicinaux, ces espĂšces connaissent aujourdâhui un vĂ©ritable regain dâintĂ©rĂȘt dans la gastronomie contemporaine.
Leur succĂšs sâexplique dâabord par leurs profils aromatiques. Ces plantes dĂ©veloppent des notes Ă©voquant la vanille, la fĂšve tonka, lâamande ou encore le foin fraĂźchement coupĂ©. Elles permettent ainsi dâapporter des saveurs complexes et originales tout en sâinscrivant dans une dĂ©marche de proximitĂ©. Leur rĂ©colte est en effet possible dans de nombreuses rĂ©gions françaises, ce qui rĂ©pond aux attentes croissantes des professionnels en matiĂšre de traçabilitĂ© et de rĂ©duction de lâempreinte carbone.
Lâarticle met en avant plusieurs chefs et pĂątissiers qui ont intĂ©grĂ© ces ingrĂ©dients Ă leur univers culinaire. Valentin Raffali les utilise pour parfumer des prĂ©parations salĂ©es sophistiquĂ©es, tandis que les Ă©quipes de Septime et de la pĂątisserie Tapisserie ont largement contribuĂ© Ă populariser la flouve odorante Ă travers des crĂ©ations devenues emblĂ©matiques. Dâautres figures reconnues, comme Giovanni Passerini ou Jessica PrĂ©alpato, exploitent Ă©galement les qualitĂ©s aromatiques de ces fleurs et herbes dans des desserts ou des plats salĂ©s.
Le dĂ©veloppement de ces usages sâappuie sur le travail de cueilleurs spĂ©cialisĂ©s qui fournissent les restaurants gastronomiques. Ces professionnels doivent maĂźtriser des techniques prĂ©cises de rĂ©colte et de sĂ©chage afin de prĂ©server les qualitĂ©s gustatives des plantes tout en Ă©vitant certains risques liĂ©s Ă leur composition naturelle. Plusieurs de ces espĂšces contiennent notamment de la coumarine, molĂ©cule aromatique dont lâutilisation nĂ©cessite certaines prĂ©cautions.
Lâarticle souligne aussi lâĂ©mergence progressive dâune filiĂšre de culture. Face Ă la demande croissante, certains producteurs dĂ©veloppent des plantations dĂ©diĂ©es tandis que des marques spĂ©cialisĂ©es commercialisent dĂ©sormais ces ingrĂ©dients auprĂšs des professionnels et du grand public.
Les Ăchos, « Cela permet de rĂ©duire notre exposition Ă la grande distribution⊠» : comment les grands noms de lâagroalimentaire cherchent Ă sĂ©duire les restaurants, 03/06/2026
Face aux tensions croissantes avec la grande distribution, de nombreux industriels de lâagroalimentaire dĂ©veloppent activement leurs activitĂ©s dans la restauration hors domicile (RHD). Lâarticle montre comment ce secteur, qui englobe la restauration commerciale, collective et les diffĂ©rents circuits de consommation hors foyer, devient un axe stratĂ©gique de diversification pour les grandes entreprises alimentaires.
Cette orientation rĂ©pond dâabord Ă un contexte Ă©conomique particulier. Les relations entre industriels et distributeurs se sont fortement dĂ©gradĂ©es au fil des annĂ©es sous lâeffet dâune pression constante sur les prix. Les nĂ©gociations commerciales sont devenues de plus en plus difficiles et les marges des fabricants se trouvent rĂ©guliĂšrement sous tension. Dans ce contexte, la restauration apparaĂźt comme un moyen de limiter la dĂ©pendance vis-Ă -vis des grandes enseignes et de diversifier les dĂ©bouchĂ©s.
Lâarticle souligne que le marchĂ© de la restauration hors domicile bĂ©nĂ©ficie dâune dynamique structurelle favorable. MalgrĂ© certaines difficultĂ©s conjoncturelles dans la restauration commerciale, le secteur affiche une croissance soutenue sur le long terme. Il reprĂ©sente plusieurs centaines de milliers dâĂ©tablissements et gĂ©nĂšre un chiffre dâaffaires important, offrant ainsi de nombreuses opportunitĂ©s aux fournisseurs.
Contrairement Ă la grande distribution, dominĂ©e par un nombre restreint dâacteurs trĂšs puissants, la restauration repose sur un tissu beaucoup plus fragmentĂ©. Cette atomisation rĂ©duit les risques commerciaux pour les industriels : la perte dâun client individuel a un impact limitĂ© comparĂ© au dĂ©rĂ©fĂ©rencement par une grande chaĂźne de supermarchĂ©s. Cette caractĂ©ristique renforce lâattractivitĂ© du marchĂ©.
Pour rĂ©pondre aux attentes des professionnels, les industriels adaptent leurs produits, leurs conditionnements et leurs services. Beaucoup investissent dans des Ă©quipes dĂ©diĂ©es, composĂ©es notamment de chefs ou de techniciens capables dâaccompagner les restaurateurs dans lâutilisation de leurs produits. Lâobjectif est de construire des relations durables et de fidĂ©liser les Ă©tablissements.
La restauration constitue Ă©galement un puissant outil de valorisation des marques. Lorsquâun produit est adoptĂ© par un chef ou intĂ©grĂ© Ă une carte, il bĂ©nĂ©ficie dâune visibilitĂ© qui peut ensuite influencer les comportements dâachat des consommateurs en magasin. Cette logique concerne aussi bien les produits laitiers que les boissons, les cafĂ©s, les ingrĂ©dients premium ou encore les alternatives vĂ©gĂ©tales.
LâExpress, Pesticides, Pfas, cadmium : les vrais dangers (et les fausses peurs) qui se cachent dans nos assiettes, 26/05/2026
Dans cet entretien, lâĂ©pidĂ©miologiste Francesca Romana Mancini, chercheuse Ă lâInserm et spĂ©cialiste des contaminants environnementaux, revient sur la prĂ©sence croissante de substances chimiques dans lâalimentation et sur les enjeux sanitaires qui en dĂ©coulent. Son message principal est nuancĂ© : les risques individuels demeurent gĂ©nĂ©ralement faibles, mais lâexposition gĂ©nĂ©ralisĂ©e de la population justifie une vigilance accrue et des politiques de prĂ©vention plus ambitieuses.
La chercheuse rappelle que les progrĂšs des mĂ©thodes dâanalyse permettent aujourdâhui de dĂ©tecter des traces extrĂȘmement faibles de nombreuses substances dans lâenvironnement et dans lâorganisme humain. Pesticides, mĂ©taux lourds, PFAS, bisphĂ©nols ou microplastiques sont dĂ©sormais retrouvĂ©s chez une grande partie de la population. Toutefois, la simple dĂ©tection dâune molĂ©cule ne signifie pas automatiquement quâelle provoque un effet sanitaire mesurable.
Selon elle, lâĂ©valuation des risques repose sur un ensemble complexe de donnĂ©es combinant Ă©tudes toxicologiques, observations Ă©pidĂ©miologiques et comprĂ©hension des mĂ©canismes biologiques. Les rĂ©sultats disponibles suggĂšrent que certains contaminants pourraient contribuer Ă lâapparition de maladies chroniques telles que le diabĂšte, certains cancers, les troubles neurologiques ou des perturbations du dĂ©veloppement. NĂ©anmoins, ces effets restent souvent difficiles Ă quantifier prĂ©cisĂ©ment.
Lâun des points centraux de lâentretien concerne la diffĂ©rence entre risque individuel et impact collectif. Pour une personne donnĂ©e, lâaugmentation du risque associĂ©e Ă lâexposition alimentaire Ă ces contaminants demeure gĂ©nĂ©ralement limitĂ©e comparĂ©e Ă des facteurs bien Ă©tablis comme le tabac, lâalcool, la sĂ©dentaritĂ© ou lâalimentation dĂ©sĂ©quilibrĂ©e. En revanche, appliquĂ©e Ă lâensemble de la population, cette lĂ©gĂšre augmentation peut conduire Ă un nombre significatif de cas supplĂ©mentaires de maladies chroniques.
Francesca Romana Mancini insiste Ă©galement sur les limites des actions individuelles. MĂȘme si certaines habitudes peuvent rĂ©duire lâexposition â diversification alimentaire, consommation de produits moins transformĂ©s ou issus de circuits de proximitĂ© â, il est impossible dâĂ©chapper totalement aux contaminants prĂ©sents dans lâenvironnement. Cette rĂ©alitĂ© justifie selon elle une intervention des pouvoirs publics et un renforcement des contrĂŽles avant la mise sur le marchĂ© des substances chimiques.
Enfin, la chercheuse appelle Ă dĂ©velopper davantage la recherche sur ces sujets. Elle souligne que de nombreuses molĂ©cules utilisĂ©es dans lâindustrie demeurent insuffisamment Ă©tudiĂ©es et estime quâune meilleure Ă©valuation en amont permettrait dâĂ©viter certaines situations oĂč des substances sont retirĂ©es aprĂšs plusieurs dĂ©cennies dâutilisation. Pour elle, la prĂ©vention doit devenir un principe central de la gestion des risques chimiques liĂ©s Ă lâalimentation.
LâExpress, Pesticides, cadmium, Pfas : âNous ne pouvons pas totalement Ă©chapper Ă cette expositionâ, 30/05/2026
Toujours sur le mĂȘme thĂšme, lâarticle examine les principales inquiĂ©tudes liĂ©es aux contaminants prĂ©sents dans lâalimentation et tente de distinguer les risques scientifiquement Ă©tablis des peurs parfois amplifiĂ©es dans le dĂ©bat public. Il sâintĂ©resse particuliĂšrement Ă quatre catĂ©gories de substances : le cadmium, les pesticides, les PFAS et les microplastiques.
Lâarticle rappelle dâabord que les prĂ©occupations autour des polluants alimentaires occupent dĂ©sormais une place importante dans lâopinion publique. Pourtant, les connaissances scientifiques restent souvent incomplĂštes et les effets observĂ©s sont gĂ©nĂ©ralement difficiles Ă mesurer avec prĂ©cision. Les chercheurs interrogĂ©s soulignent que les risques existent mais quâils doivent ĂȘtre replacĂ©s dans leur contexte.
Le premier volet est consacrĂ© au cadmium, mĂ©tal lourd prĂ©sent notamment dans certains sols agricoles et susceptible de sâaccumuler dans lâorganisme. Les donnĂ©es disponibles montrent des effets potentiels sur les os et les reins, particuliĂšrement chez les populations les plus exposĂ©es. Les experts recommandent de limiter les sources de contamination Ă la production et de diversifier les apports alimentaires.
Concernant les pesticides, lâarticle rappelle que les risques les mieux documentĂ©s concernent principalement les professionnels fortement exposĂ©s. Pour les rĂ©sidus retrouvĂ©s dans lâalimentation, les niveaux observĂ©s restent gĂ©nĂ©ralement infĂ©rieurs aux seuils rĂ©glementaires. Toutefois, certains travaux suggĂšrent que des effets Ă faibles doses pourraient exister et contribuer Ă long terme Ă certaines maladies chroniques. Les scientifiques insistent nĂ©anmoins sur le fait quâil ne faut pas rĂ©duire sa consommation de fruits et lĂ©gumes, dont les bĂ©nĂ©fices pour la santĂ© demeurent largement supĂ©rieurs aux risques associĂ©s aux rĂ©sidus.
Les PFAS, souvent qualifiĂ©s de « polluants Ă©ternels », constituent un sujet de prĂ©occupation croissante. Leur persistance dans lâenvironnement et leur capacitĂ© Ă sâaccumuler dans lâorganisme soulĂšvent des interrogations importantes. Certaines Ă©tudes associent dĂ©jĂ certaines molĂ©cules de cette famille Ă des effets sur le systĂšme immunitaire, la croissance fĆtale ou certains cancers, mĂȘme si de nombreuses zones dâincertitude subsistent.
Enfin, les microplastiques reprĂ©sentent probablement le domaine oĂč les connaissances sont encore les plus limitĂ©es. Leur prĂ©sence est dĂ©sormais dĂ©montrĂ©e dans de nombreux compartiments de lâenvironnement ainsi que dans lâorganisme humain. Toutefois, les chercheurs reconnaissent que les preuves permettant de relier directement cette exposition Ă des maladies prĂ©cises restent insuffisantes.
Inc, This CEO Thinks Non-Alcoholic Beers Could Soon Make Up 50 Percent of the Market. Theyâre Only at 2 Percent Right Now, 05/06/2026
Bill Shufelt, cofondateur et directeur gĂ©nĂ©ral dâAthletic Brewing, a avancĂ© une prĂ©vision particuliĂšrement ambitieuse pour le marchĂ© de la biĂšre sans alcool. Selon lui, cette catĂ©gorie pourrait Ă terme reprĂ©senter jusquâĂ 50 % des ventes de biĂšre, alors quâelle ne pĂšse aujourdâhui quâenviron 2 % du marchĂ© des boissons aux Ătats-Unis.
Cette projection repose sur une transformation profonde des habitudes de consommation. Bill Shufelt estime que la place historique de la biĂšre dans le quotidien des consommateurs a fortement Ă©voluĂ© au cours des derniĂšres dĂ©cennies. Autrefois consommĂ©e plusieurs fois par semaine, elle est dĂ©sormais davantage rĂ©servĂ©e Ă des moments ponctuels. Les contraintes de la vie moderne, la gĂ©nĂ©ralisation du travail connectĂ©, lâimportance croissante de la mobilitĂ© et une attention renforcĂ©e portĂ©e Ă la santĂ© auraient rĂ©duit les occasions de consommation dâalcool.
Dans ce contexte, les biĂšres sans alcool apparaissent comme une rĂ©ponse adaptĂ©e aux attentes contemporaines. Elles permettent aux consommateurs de conserver les dimensions sociales et conviviales traditionnellement associĂ©es Ă la biĂšre, tout en Ă©vitant les effets liĂ©s Ă lâalcool. Le dirigeant considĂšre ainsi que ces produits peuvent rĂ©investir de nombreux moments de consommation qui ne sont plus compatibles avec les boissons alcoolisĂ©es, notamment dans les environnements professionnels, les dĂ©placements ou les activitĂ©s du quotidien.
Lâessor dâAthletic Brewing illustre cette dynamique. FondĂ©e en 2017, lâentreprise est devenue en moins dâune dĂ©cennie le principal acteur de la biĂšre sans alcool aux Ătats-Unis. Elle dispose aujourdâhui de sites de production sur les cĂŽtes Est et Ouest du pays et commercialise une vingtaine de rĂ©fĂ©rences. La sociĂ©tĂ© dĂ©tient environ 18 % du marchĂ© amĂ©ricain de la biĂšre sans alcool et une position encore plus forte dans les circuits de consommation hors domicile, oĂč elle reprĂ©sente prĂšs de 38 % des ventes de la catĂ©gorie dans les bars et restaurants.
Lâarticle souligne Ă©galement que cette tendance dĂ©passe largement les frontiĂšres amĂ©ricaines. Plusieurs pays europĂ©ens affichent dĂ©jĂ des niveaux de pĂ©nĂ©tration bien supĂ©rieurs. En Allemagne, les biĂšres sans alcool reprĂ©sentent environ 10 % des ventes totales de biĂšre, tandis quâen Espagne leur part atteint prĂšs de 14 % des volumes consommĂ©s. Ces exemples sont souvent citĂ©s comme des indicateurs du potentiel de croissance encore disponible sur dâautres marchĂ©s.
The Guardian, What would Jesus drink? Welcome to the age of Christian energy beverages, 04/06/2026
Cet article sâintĂ©resse avec humour et esprit critique Ă un phĂ©nomĂšne Ă©mergent aux Ătats-Unis : lâapparition de boissons Ă©nergisantes explicitement inspirĂ©es du christianisme. Dans un marchĂ© dĂ©jĂ saturĂ© par les marques lancĂ©es ou soutenues par des cĂ©lĂ©britĂ©s, plusieurs entreprises tentent dĂ©sormais de se diffĂ©rencier en associant leurs produits Ă des rĂ©fĂ©rences religieuses, en particulier Ă la figure de JĂ©sus.
Lâauteure replace dâabord cette tendance dans le contexte plus large de la « boisson de cĂ©lĂ©britĂ© », devenue un outil marketing privilĂ©giĂ© pour les personnalitĂ©s publiques et les influenceurs. Les boissons Ă©nergĂ©tiques, les cafĂ©s, les sodas ou les eaux aromatisĂ©es offrent en effet des perspectives de croissance attractives, avec des barriĂšres dâentrĂ©e relativement faibles et une forte capacitĂ© Ă gĂ©nĂ©rer de la visibilitĂ© sur les rĂ©seaux sociaux.
Les nouvelles marques chrĂ©tiennes de boissons Ă©nergisantes sâinscrivent dans cette logique, tout en revendiquant une mission spirituelle. Des entreprises comme Yahweh, Agape, 4gvn ou Praise Energy affirment vouloir diffuser le message chrĂ©tien Ă travers leurs produits. Le fondateur de Yahweh explique ainsi que son projet est nĂ© dâune volontĂ© dâĂ©vangĂ©lisation et de sensibilisation Ă la foi chrĂ©tienne. Les emballages, les noms des boissons et les messages promotionnels multiplient les rĂ©fĂ©rences bibliques et religieuses.
Lâarticle examine toutefois cette ambition avec une certaine distance. Lâauteure sâinterroge sur la frontiĂšre entre dĂ©marche spirituelle et stratĂ©gie commerciale. Si les marques mettent en avant leur mission religieuse, elles apparaissent aussi comme des entreprises cherchant Ă se positionner sur un segment de marchĂ© porteur. Lâarticle souligne notamment que la communication porte davantage sur la visibilitĂ© de la foi que sur des engagements sociaux ou caritatifs traditionnellement associĂ©s aux valeurs chrĂ©tiennes.
Time Magazine, City Farming Could Supply Nearly 30% of Europeâs Fruit and Vegetable Needs, Study Finds, 05/05/2026
Une Ă©tude publiĂ©e dans la revue scientifique Sustainable Cities and Society met en Ă©vidence le potentiel considĂ©rable de lâagriculture urbaine pour renforcer lâautonomie alimentaire des villes europĂ©ennes. Selon les chercheurs, lâexploitation des toitures, des terrains vacants et de certains espaces verts urbains pourrait permettre de couvrir jusquâĂ 28 % des besoins en fruits et lĂ©gumes de prĂšs de 190 millions dâEuropĂ©ens.
LâĂ©tude, menĂ©e par une Ă©quipe du Leibniz Institute of Ecological Urban and Regional Development en Allemagne, sâappuie sur une analyse de 840 villes rĂ©parties dans 30 pays europĂ©ens. GrĂące Ă des outils de cartographie et de modĂ©lisation gĂ©ographique, les chercheurs ont identifiĂ© les surfaces susceptibles dâĂȘtre converties en espaces de production agricole. Leur approche privilĂ©gie des techniques simples de culture en pleine terre plutĂŽt que des solutions plus technologiques comme les fermes verticales ou lâhydroponie, afin de favoriser une mise en Ćuvre accessible au plus grand nombre.
Les rĂ©sultats montrent quâentre 4 500 et 7 500 kmÂČ de surfaces urbaines pourraient ĂȘtre mobilisĂ©s pour la production alimentaire. En moyenne, jusquâĂ 9 % des toitures adaptĂ©es et 7,2 % des surfaces au sol pourraient ĂȘtre consacrĂ©s Ă la culture. Cette capacitĂ© reprĂ©senterait une production annuelle comprise entre 11,8 et 19,8 millions de tonnes de fruits et lĂ©gumes.
Le potentiel varie fortement selon les territoires. Certaines villes particuliĂšrement favorables pourraient couvrir une part importante de leurs besoins grĂące Ă la production locale. Berlin pourrait ainsi produire jusquâĂ 45 % de sa consommation de fruits et lĂ©gumes Ă lâintĂ©rieur de ses limites urbaines. Dâautres communes, comme Cerdanyola del VallĂšs prĂšs de Barcelone, pourraient mĂȘme dĂ©gager un excĂ©dent de production supĂ©rieur Ă leurs besoins annuels.
Au-delĂ de lâapprovisionnement alimentaire, lâagriculture urbaine prĂ©sente plusieurs avantages environnementaux. Elle permettrait de rĂ©duire les Ă©missions de gaz Ă effet de serre liĂ©es au transport des produits alimentaires, en rapprochant les lieux de production des lieux de consommation. Cette relocalisation contribuerait Ă©galement au concept de la « ville du quart dâheure », qui vise Ă rapprocher les services essentiels des habitants.
Les bĂ©nĂ©fices concernent aussi lâadaptation climatique. La vĂ©gĂ©talisation des toitures et des espaces urbains contribue Ă limiter les effets dâĂźlot de chaleur, en abaissant les tempĂ©ratures locales pendant les pĂ©riodes estivales. Plusieurs Ă©tudes citĂ©es indiquent que les quartiers situĂ©s Ă proximitĂ© de jardins urbains bĂ©nĂ©ficient dâun environnement plus frais et plus agrĂ©able.
Les auteurs reconnaissent nĂ©anmoins certaines limites. Les cultures urbaines peuvent ĂȘtre exposĂ©es Ă des pollutions liĂ©es au trafic routier, aux activitĂ©s industrielles ou aux bĂątiments anciens, notamment par la prĂ©sence de mĂ©taux lourds dans les sols. De plus, lâaffectation de certains espaces Ă lâagriculture peut entrer en concurrence avec dâautres usages urbains, notamment les espaces de loisirs.
Fast Company, How Big Tobacco helped design Lunchablesâand gave birth to the ultra-processed food industry, 05/05/2026
Cet article revient sur une Ă©tude publiĂ©e dans lâAmerican Journal of Public Health qui Ă©tablit un lien direct entre lâindustrie du tabac et le dĂ©veloppement des aliments ultra-transformĂ©s modernes. Selon les travaux de Laura Schmidt, chercheuse Ă lâUniversitĂ© de Californie Ă San Francisco, les grands groupes du tabac ne se sont pas contentĂ©s dâinvestir dans lâagroalimentaire dans les annĂ©es 1980 : ils ont Ă©galement transfĂ©rĂ© leur savoir-faire scientifique et marketing afin de concevoir des produits alimentaires particuliĂšrement attractifs pour les consommateurs.
LâĂ©tude sâintĂ©resse notamment Ă la stratĂ©gie menĂ©e par Philip Morris, qui a acquis General Foods en 1985 puis Kraft en 1988. Ă cette pĂ©riode, lâindustrie du tabac faisait face Ă une montĂ©e des critiques sanitaires, Ă des actions en justice et Ă un durcissement de la rĂ©glementation. LâentrĂ©e dans lâalimentation constituait certes un moyen de diversifier ses activitĂ©s, mais lâobjectif allait plus loin. Les dirigeants cherchaient Ă rĂ©utiliser les compĂ©tences dĂ©veloppĂ©es dans la recherche sur les cigarettes pour crĂ©er de nouveaux produits alimentaires Ă fort potentiel commercial.
Le cas des Lunchables, ces plateaux-repas destinĂ©s aux enfants associant charcuterie, fromage, biscuits et desserts, est utilisĂ© comme exemple emblĂ©matique. Selon lâĂ©tude, plusieurs technologies et mĂ©thodes initialement dĂ©veloppĂ©es pour le tabac ont Ă©tĂ© adaptĂ©es Ă lâalimentation. Cela concerne notamment lâingĂ©nierie des saveurs, lâanalyse du comportement des consommateurs, les innovations en matiĂšre dâemballage et la recherche visant Ă maximiser lâattrait des produits.
Les chercheurs expliquent que les fabricants ont appliquĂ© Ă lâalimentation des principes dĂ©jĂ utilisĂ©s dans les cigarettes : recherche du plaisir immĂ©diat, optimisation de la texture et du goĂ»t, praticitĂ© dâusage et capacitĂ© Ă encourager une consommation rĂ©pĂ©tĂ©e. Cette approche aurait largement contribuĂ© Ă lâĂ©mergence de lâindustrie des aliments ultra-transformĂ©s telle quâelle existe aujourdâhui.
Lâarticle souligne Ă©galement que cette histoire Ă©claire sous un nouveau jour les dĂ©bats actuels sur la santĂ© publique. De nombreuses Ă©tudes associent dĂ©sormais une consommation importante dâaliments ultra-transformĂ©s Ă un risque accru dâobĂ©sitĂ©, de diabĂšte, de maladies cardiovasculaires et dâautres pathologies chroniques. Les auteurs estiment que certaines stratĂ©gies commerciales et scientifiques utilisĂ©es dans le secteur alimentaire prĂ©sentent des similitudes avec celles historiquement employĂ©es par lâindustrie du tabac.
The Wall Street Journal, Wait, Why Are Restaurants Now Charging $40 for Chicken?, 05/06/2026
Lâarticle sâintĂ©resse Ă un phĂ©nomĂšne qui alimente de plus en plus les discussions aux Ătats-Unis : la forte hausse du prix des plats de poulet dans les restaurants. Longtemps perçu comme une protĂ©ine abordable et accessible Ă tous, le poulet est dĂ©sormais proposĂ© dans certains Ă©tablissements Ă des tarifs qui rivalisent avec ceux de viandes traditionnellement considĂ©rĂ©es comme plus prestigieuses.
Selon les donnĂ©es citĂ©es, le prix des plats Ă base de poulet dans la restauration haut de gamme a augmentĂ© de 22 % au cours des quatre derniĂšres annĂ©es. Le prix mĂ©dian dâun plat principal au poulet atteint dĂ©sormais 28 dollars, soit davantage que certains plats Ă base de poisson ou de fruits de mer. Dans les grandes mĂ©tropoles, notamment Ă New York, certains Ă©tablissements proposent mĂȘme des demi-poulets ou des poulets rĂŽtis Ă des prix dĂ©passant largement les 40 dollars.
Lâarticle montre que cette hausse ne sâexplique pas uniquement par le coĂ»t de la matiĂšre premiĂšre. Les restaurateurs mettent en avant lâaugmentation gĂ©nĂ©rale des coĂ»ts dâexploitation : loyers, salaires, Ă©nergie, approvisionnement, ainsi que le travail nĂ©cessaire Ă la prĂ©paration de recettes plus sophistiquĂ©es. De nombreux chefs utilisent aujourdâhui des volailles de qualitĂ© supĂ©rieure, issues de races spĂ©cifiques ou dâĂ©levages sĂ©lectionnĂ©s, et consacrent plusieurs jours Ă leur prĂ©paration, avec des Ă©tapes de saumure, de dĂ©sossage ou de cuisson lente.
MalgrĂ© ces rĂ©alitĂ©s Ă©conomiques, le poulet demeure un produit particuliĂšrement sensible aux yeux des consommateurs. Contrairement au bĆuf, au homard ou au canard, il conserve dans lâimaginaire collectif une image de produit simple et bon marchĂ©. Cette perception est largement hĂ©ritĂ©e de plusieurs dĂ©cennies dâindustrialisation de la filiĂšre avicole amĂ©ricaine, qui ont contribuĂ© Ă faire du poulet une protĂ©ine du quotidien.
Les restaurateurs expliquent ainsi que les clients acceptent plus facilement de payer 60 ou 70 dollars pour un plat de canard ou de bĆuf que 40 dollars pour du poulet, mĂȘme lorsque ce dernier nĂ©cessite un travail culinaire comparable. Certains Ă©tablissements choisissent dâailleurs volontairement de limiter leurs marges sur les plats de poulet afin dâĂ©viter une rĂ©action nĂ©gative de la clientĂšle, compensant ensuite par des prix plus Ă©levĂ©s sur dâautres produits.
Lâarticle souligne Ă©galement lâinfluence des grandes chaĂźnes de distribution. Le succĂšs des poulets rĂŽtis vendus Ă trĂšs bas prix par certains distributeurs amĂ©ricains, notamment Costco, a ancrĂ© dans lâesprit des consommateurs lâidĂ©e que le poulet doit rester un produit peu coĂ»teux. Cette rĂ©fĂ©rence continue de peser sur les attentes des clients, mĂȘme lorsque ceux-ci frĂ©quentent des restaurants gastronomiques.
The Grocer, Ranjit Boparan: a new hero for net zero, 04/06/2026
Dans cet entretien approfondi, Ranjit Boparan, propriĂ©taire de 2 Sisters Food Group et figure majeure de lâindustrie avicole britannique, expose sa vision de lâavenir de la production alimentaire. SurnommĂ© le « Chicken King », lâentrepreneur dĂ©fend lâidĂ©e que bien-ĂȘtre animal, neutralitĂ© carbone, sĂ©curitĂ© alimentaire et prix abordables ne sont pas incompatibles, Ă condition dâinvestir massivement dans lâinnovation, les donnĂ©es et la modernisation des filiĂšres.
Au cĆur de sa stratĂ©gie figure lâexploitation des nouvelles technologies. GrĂące Ă lâintelligence artificielle, Ă la robotisation et Ă lâanalyse de donnĂ©es, 2 Sisters suit dĂ©sormais en temps rĂ©el le poids, les dĂ©placements et le comportement des volailles dans les Ă©levages. Pour Ranjit Boparan, cette rĂ©volution numĂ©rique permet Ă la fois dâamĂ©liorer les performances opĂ©rationnelles, de renforcer le suivi sanitaire et dâoptimiser les conditions dâĂ©levage.
Le dirigeant souligne que cette quĂȘte dâefficacitĂ© a permis au groupe de maintenir des prix compĂ©titifs malgrĂ© les pressions inflationnistes, tout en poursuivant des objectifs ambitieux en matiĂšre de durabilitĂ©. Avec 5,5 milliards de livres sterling de chiffre dâaffaires, 202 millions de livres de bĂ©nĂ©fices et 25 000 salariĂ©s, le groupe poursuit actuellement un vaste programme dâinvestissement baptisĂ© « Next Gen », dotĂ© de 1,8 milliard de livres sur dix ans.
Lâun des principaux enjeux est la sĂ©curitĂ© alimentaire du Royaume-Uni. Boparan sâinquiĂšte du recul de lâautosuffisance nationale en volaille, passĂ©e selon lui de 76 % en 2015 Ă 65 % aujourdâhui. Il critique les lenteurs administratives qui freinent la construction de nouveaux sites de production et estime que le pays risque de devenir davantage dĂ©pendant des importations si les capacitĂ©s locales ne sont pas renforcĂ©es.
ParallĂšlement, lâentreprise poursuit une politique de montĂ©e en gamme en matiĂšre de bien-ĂȘtre animal. Elle a rĂ©duit volontairement les densitĂ©s dâĂ©levage dans ses exploitations et prĂ©voit la conversion progressive de lâensemble de ses Ă©levages vers des standards plus exigeants. Boparan reconnaĂźt toutefois que certaines Ă©volutions, comme le recours gĂ©nĂ©ralisĂ© Ă des souches de volailles Ă croissance plus lente, nĂ©cessitent davantage dâespace et restent difficiles Ă concilier avec les contraintes fonciĂšres actuelles.
La neutralitĂ© carbone constitue lâautre pilier majeur de la stratĂ©gie. 2 Sisters vise le « net zĂ©ro » pour ses activitĂ©s avicoles dĂšs 2035, soit quinze ans avant lâĂ©chĂ©ance fixĂ©e par le gouvernement britannique. Le groupe investit dans les Ă©nergies renouvelables, notamment le solaire, mais concentre surtout ses efforts sur lâalimentation animale, principal poste dâĂ©missions de sa chaĂźne de valeur.
Lâinnovation la plus prometteuse concerne le dĂ©veloppement dâun aliment alternatif au soja importĂ©, baptisĂ© ExtruPro, Ă©laborĂ© Ă partir de cultures britanniques comme le colza et les fĂ©veroles. Cette solution permet dĂ©jĂ de rĂ©duire significativement les Ă©missions liĂ©es Ă lâalimentation des volailles. Lâobjectif est de dĂ©ployer progressivement une filiĂšre sans soja en Ăcosse avant dâĂ©tendre le modĂšle Ă lâensemble du groupe.
Food Dive, Sunflower power: Inside Barry Callebaultâs bid to win the chocolate alternatives race, 04/06/2026
Face Ă la flambĂ©e des prix du cacao et aux incertitudes croissantes qui pĂšsent sur lâapprovisionnement mondial, Barry Callebaut, premier fournisseur mondial de chocolat pour lâindustrie agroalimentaire, accĂ©lĂšre son dĂ©veloppement dans les alternatives au cacao. Le groupe sâest associĂ© Ă la start-up allemande Planet A Foods afin de commercialiser et industrialiser ChoViva, un substitut du chocolat Ă©laborĂ© principalement Ă partir de graines de tournesol.
DĂ©jĂ utilisĂ© dans plusieurs centaines de produits commercialisĂ©s en Europe et au Japon, ChoViva pourrait faire son entrĂ©e sur le marchĂ© amĂ©ricain dĂšs la fin de lâannĂ©e. Selon les responsables de Barry Callebaut, les industriels amĂ©ricains manifestent un intĂ©rĂȘt particuliĂšrement marquĂ© pour cette innovation, attirĂ©s Ă la fois par les enjeux Ă©conomiques et par les prĂ©occupations liĂ©es Ă la durabilitĂ©.
ChoViva est fabriquĂ© Ă partir de poudre de tournesol, un coproduit issu de lâextraction dâhuile, auquel sont ajoutĂ©s des matiĂšres grasses vĂ©gĂ©tales ainsi que des ingrĂ©dients traditionnellement prĂ©sents dans le chocolat, comme le sucre ou la lĂ©cithine. Les concepteurs du produit affirment avoir reproduit les caractĂ©ristiques sensorielles du cacao grĂące Ă un important travail de recherche ayant consistĂ© Ă analyser la composition du cacao puis Ă tester plus de 200 ingrĂ©dients potentiels avant de sĂ©lectionner le tournesol comme base principale.
LâintĂ©rĂȘt des industriels repose sur plusieurs facteurs. Le premier est la volatilitĂ© historique des cours du cacao. Les rĂ©coltes sont de plus en plus affectĂ©es par les consĂ©quences du changement climatique, notamment en Afrique de lâOuest, principale rĂ©gion productrice mondiale. Cette situation a entraĂźnĂ© une hausse spectaculaire des coĂ»ts pour les fabricants de chocolat, poussant de nombreuses entreprises Ă rechercher des solutions alternatives.
Le second avantage concerne la durabilitĂ©. Lâutilisation de sous-produits agricoles comme la poudre de tournesol permet de rĂ©duire lâempreinte environnementale des produits tout en limitant la dĂ©pendance Ă une filiĂšre cacao rĂ©guliĂšrement critiquĂ©e pour ses impacts sur la dĂ©forestation, les faibles revenus des producteurs et les problĂšmes persistants de travail des enfants.
Barry Callebaut souligne Ă©galement un atout industriel majeur : ChoViva peut ĂȘtre transformĂ© sur les mĂȘmes Ă©quipements que le chocolat conventionnel, ce qui rĂ©duit considĂ©rablement les investissements nĂ©cessaires pour les fabricants souhaitant intĂ©grer cet ingrĂ©dient dans leurs recettes.
Dans un premier temps, lâentreprise vise principalement des applications comme les enrobages, les snacks ou les barres protĂ©inĂ©es plutĂŽt que les tablettes de chocolat traditionnelles. Cette stratĂ©gie doit permettre une adoption progressive auprĂšs des consommateurs.
Pour les geeks qui veulent se lancer ;)
Câest tout pour aujourdâhui.
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A la semaine prochaine!
O. Frey
















