đŸđđ Eat's business đđ·đ§ 2026-16
Bonjour Ă toutes et Ă tous, Eatâs Business est une newsletter dans laquelle vous trouverez une revue de presse de quelques articles sur le monde de lâalimentaire qui mâont semblĂ© intĂ©ressants dans la semaine prĂ©cĂ©dente.
Pour ceux qui veulent la version audio :
Pour ceux qui veulent la formule ristretto, les 3 articles que je vous conseille de lire en priorité cette semaine sont :
Le Monde, La commission dâenquĂȘte du SĂ©nat sur les marges des industriels et de la distribution tire Ă boulets rouges sur les grandes surfaces et leurs centrales dâachat, 21/05/2026
LibĂ©ration, AprĂšs les protĂ©ines, les fibres aiguisent lâappĂ©tit des industriels, 14/05/2026
The New Yorker, The Age of âIntentional Drinkingâ, 18/05/2026
Bonne lecture et bonne semaine Ă toutes et Ă tous!
Pour celles et ceux dâentre vous qui ont plus de temps pour la formule lungo :
Le Monde, La commission dâenquĂȘte du SĂ©nat sur les marges des industriels et de la distribution tire Ă boulets rouges sur les grandes surfaces et leurs centrales dâachat, 21/05/2026
Le rapport de la commission dâenquĂȘte sĂ©natoriale sur les marges de la grande distribution met sĂ©vĂšrement en cause les pratiques des enseignes alimentaires et le dĂ©sĂ©quilibre croissant dans la rĂ©partition de la valeur au sein de la chaĂźne agroalimentaire. ConstituĂ©e fin 2025 dans un contexte de fortes tensions agricoles, cette commission avait pour objectif dâĂ©valuer les mĂ©canismes de formation des prix alimentaires ainsi que lâefficacitĂ© des diffĂ©rentes lois Egalim mises en place depuis 2018 pour protĂ©ger les revenus agricoles.
AprĂšs prĂšs de 190 auditions, les sĂ©nateurs dĂ©noncent un systĂšme dominĂ© par quelques centrales dâachat europĂ©ennes disposant dâun pouvoir considĂ©rable face aux producteurs et industriels. Selon les chiffres avancĂ©s dans le rapport, sur 100 euros dĂ©pensĂ©s dans lâalimentation, seuls 8 euros reviennent aux agriculteurs, tandis que les distributeurs captent environ 40 euros. Les auteurs soulignent que les marges affichĂ©es par les enseignes ne reflĂštent quâune partie de leur rentabilitĂ© rĂ©elle, une proportion croissante des revenus provenant de services commerciaux facturĂ©s aux fournisseurs, souvent qualifiĂ©s de « marges arriĂšre ».
Le rapport insiste Ă©galement sur le rĂŽle des alliances dâachat europĂ©ennes, accusĂ©es de contourner le droit français en sâappuyant sur des lĂ©gislations Ă©trangĂšres plus favorables. Les sĂ©nateurs dĂ©noncent certaines pratiques jugĂ©es abusives, comme la facturation de prestations commerciales trĂšs coĂ»teuses imposĂ©es aux industriels pour accĂ©der aux nĂ©gociations ou maintenir leur rĂ©fĂ©rencement.
Selon la commission, cette concentration du pouvoir fragilise lâensemble de la filiĂšre alimentaire française. La pression constante sur les prix affecterait les producteurs agricoles, les PME agroalimentaires et, Ă terme, la souverainetĂ© alimentaire nationale. Les sĂ©nateurs considĂšrent que la logique du « toujours moins cher » atteint dĂ©sormais ses limites Ă©conomiques et sociales.
Pour remĂ©dier Ă ces dĂ©sĂ©quilibres, 24 recommandations sont formulĂ©es. Parmi elles figurent la publication annuelle dâindicateurs comparant lâĂ©volution des prix consommateurs et des tarifs nĂ©gociĂ©s avec les fournisseurs, lâobligation dâafficher les marges sur certains produits frais comme les fruits et lĂ©gumes, ainsi quâun renforcement des obligations de transparence financiĂšre des rĂ©seaux coopĂ©ratifs et indĂ©pendants.
La commission prĂ©conise Ă©galement dâavancer le calendrier des nĂ©gociations commerciales pour les PME et de mieux distinguer la part française des matiĂšres premiĂšres agricoles afin de garantir leur protection dans la construction des prix.
Le Monde, Laits infantiles contaminés : un rapport parlementaire épingle les défaillances des industriels et des autorités, 19/05/2026
Le rapport parlementaire consacrĂ© Ă la crise des laits infantiles contaminĂ©s Ă la toxine cĂ©rĂ©ulide met en lumiĂšre de nombreuses dĂ©faillances dans la gestion de cet Ă©pisode sanitaire qui a touchĂ© plusieurs pays europĂ©ens dĂ©but 2026. MenĂ©e par les dĂ©putĂ©s Mathilde Hignet et Michel Lauzzana, la mission flash visait Ă comprendre comment des prĂ©parations destinĂ©es aux nourrissons ont pu ĂȘtre massivement contaminĂ©es et pourquoi les mĂ©canismes dâalerte ont tardĂ© Ă se dĂ©clencher.
La contamination concernait des laits premier Ăąge destinĂ©s Ă des bĂ©bĂ©s de moins de six mois. Bien que les autoritĂ©s françaises aient estimĂ© que la crise nâavait pas provoquĂ© de signal sanitaire majeur, les parlementaires considĂšrent que le principe de prĂ©caution nâa pas Ă©tĂ© suffisamment appliquĂ© compte tenu de la vulnĂ©rabilitĂ© des consommateurs concernĂ©s.
Le rapport reconstitue prĂ©cisĂ©ment la chronologie des Ă©vĂ©nements. Fin novembre 2025, NestlĂ© dĂ©tecte lors dâun autocontrĂŽle des traces de cĂ©rĂ©ulide dans une usine nĂ©erlandaise. MalgrĂ© cette dĂ©couverte, lâentreprise ne prĂ©vient pas immĂ©diatement les autoritĂ©s sanitaires et engage dâabord sa propre Ă©valuation du risque. Ce nâest quâaprĂšs de nouveaux tests confirmant la persistance de la contamination que le groupe procĂšde Ă des rappels de lots et informe officiellement les autoritĂ©s dĂ©but dĂ©cembre.
Les investigations montrent ensuite que lâorigine de la contamination provenait dâune huile enrichie en acide arachidonique fournie par une entreprise chinoise, Cabio Biotech. Dâautres industriels europĂ©ens utilisant cet ingrĂ©dient, dont Lactalis et Danone, ont ensuite Ă©tĂ© contraints de rappeler de nombreux produits.
Les dĂ©putĂ©s soulignent plusieurs faiblesses structurelles : absence de rĂ©glementation spĂ©cifique sur la toxine cĂ©rĂ©ulide, contrĂŽles insuffisants des contaminants Ă©mergents, dĂ©pendance aux approvisionnements mondialisĂ©s et retards dans la transmission des informations aux autoritĂ©s sanitaires. Plusieurs entreprises font dĂ©sormais lâobjet de signalements judiciaires.
Le rapport critique Ă©galement la communication confuse des autoritĂ©s et le choix de ne pas effectuer de rappels prĂ©ventifs plus larges afin dâĂ©viter des pĂ©nuries. Les consĂ©quences sanitaires restent encore difficiles Ă mesurer, mĂȘme si plusieurs hospitalisations et enquĂȘtes pĂ©nales ont Ă©tĂ© recensĂ©es.
Pour Ă©viter une nouvelle crise, les parlementaires formulent quatorze recommandations. Ils proposent notamment de renforcer les contrĂŽles indĂ©pendants sur les aliments infantiles, dâimposer une notification immĂ©diate des anomalies par les industriels, de durcir les sanctions en cas de manquement et de rapprocher le cadre rĂ©glementaire des laits infantiles de celui des mĂ©dicaments. Ils appellent aussi Ă crĂ©er un laboratoire europĂ©en de rĂ©fĂ©rence sur la toxine cĂ©rĂ©ulide.
LibĂ©ration, AprĂšs les protĂ©ines, les fibres aiguisent lâappĂ©tit des industriels, 14/05/2026
AprĂšs lâengouement pour les produits enrichis en protĂ©ines, les fibres alimentaires deviennent Ă leur tour un argument marketing majeur pour lâindustrie agroalimentaire. Lâarticle revient sur cette nouvelle tendance qui se dĂ©veloppe dâabord aux Ătats-Unis avant dâarriver progressivement en France, notamment Ă travers des sodas, chips ou boissons fonctionnelles enrichis en fibres.
Le phĂ©nomĂšne sâinscrit dans un contexte de forte sensibilisation aux questions de santĂ© digestive et de bien-ĂȘtre intestinal, largement relayĂ©es sur les rĂ©seaux sociaux par des influenceurs, cĂ©lĂ©britĂ©s et communautĂ©s fitness. Aux Ătats-Unis, le « fibermaxxing » cumule dĂ©jĂ des centaines de millions de vues sur TikTok. Cette popularitĂ© sâexplique notamment par les propriĂ©tĂ©s attribuĂ©es aux fibres : amĂ©lioration du transit, effet de satiĂ©tĂ©, ralentissement de lâabsorption du sucre et rĂ©duction des risques cardiovasculaires ou de certains cancers.
En France, la consommation de fibres reste largement infĂ©rieure aux recommandations nutritionnelles. Selon le nutritionniste RaphaĂ«l Gruman citĂ© dans lâarticle, les Français consomment en moyenne beaucoup moins que les 30 grammes quotidiens recommandĂ©s par lâAnses. Ce dĂ©ficit ouvre des perspectives commerciales importantes pour les industriels.
La sociĂ©tĂ© Solinest a ainsi lancĂ© Yass, une gamme de sodas enrichis en fibres commercialisĂ©s comme des boissons « plaisir » mais Ă©galement bĂ©nĂ©fiques pour la santĂ© digestive. Chaque canette est prĂ©sentĂ©e comme couvrant environ un quart des besoins quotidiens en fibres. Les distributeurs, Ă lâimage de Carrefour, observent dĂ©jĂ une croissance des ventes de produits enrichis en fibres et anticipent une accĂ©lĂ©ration du marchĂ© dans les prochaines annĂ©es.
Danone suit également cette évolution, notamment à travers Activia et ses produits associés au confort digestif. Les industriels misent sur un positionnement hybride entre nutrition, plaisir et praticité, ciblant particuliÚrement les jeunes consommateurs peu enclins à augmenter spontanément leur consommation de fruits et légumes.
Lâarticle rappelle toutefois les limites de cette approche. Les nutritionnistes mettent en garde contre lâidĂ©e quâun seul aliment enrichi pourrait suffire Ă compenser une alimentation dĂ©sĂ©quilibrĂ©e. Les fibres restent avant tout prĂ©sentes naturellement dans les lĂ©gumes, fruits, cĂ©rĂ©ales complĂštes et lĂ©gumineuses, dont la diversitĂ© demeure essentielle pour un apport Ă©quilibrĂ©.
LibĂ©ration, Un demi-poulet Ă 40 dollars Ă New York ? Lâautre scandale du poulet qui agite les rĂ©seaux sociaux, 13/05/2026
Lâouverture du restaurant français Gigiâs Ă Brooklyn a dĂ©clenchĂ© une vive polĂ©mique sur les rĂ©seaux sociaux autour du prix dâun demi-poulet rĂŽti vendu 40 dollars. Ce plat, devenu viral sur TikTok et Instagram, sâest transformĂ© en symbole des tensions liĂ©es au coĂ»t de la vie et Ă la gentrification dans les grandes mĂ©tropoles, notamment Ă New York.
La controverse a commencĂ© lorsquâun conseiller municipal new-yorkais, Chi OssĂ©, a dĂ©noncĂ© publiquement le tarif du plat sur les rĂ©seaux sociaux. Rapidement relayĂ©e, sa publication a suscitĂ© une avalanche de rĂ©actions mĂȘlant indignation, humour et dĂ©bats plus larges sur lâĂ©volution Ă©conomique et sociale de la ville.
De nombreux internautes ont comparĂ© ce prix Ă celui de repas beaucoup moins chers disponibles dans des quartiers populaires comme le Bronx ou le Queens. Pour beaucoup, ce demi-poulet illustre lâinaccessibilitĂ© croissante de certains commerces dans des quartiers autrefois plus populaires, sous lâeffet de lâinflation et de la gentrification.
Mais la polĂ©mique a aussi suscitĂ© des prises de position favorables au restaurant. Plusieurs dĂ©fenseurs de Gigiâs rappellent que les coĂ»ts dâexploitation Ă New York ont fortement augmentĂ© depuis la pandĂ©mie : loyers commerciaux Ă©levĂ©s, inflation alimentaire, assurances, salaires et charges sociales. Certains soulignent Ă©galement que lâĂ©tablissement valorise des approvisionnements locaux et de meilleures conditions de travail pour ses employĂ©s.
En France, lâaffaire a trouvĂ© un Ă©cho particulier Ă travers plusieurs analyses consacrĂ©es aux phĂ©nomĂšnes de gentrification. Une chronique diffusĂ©e sur France Culture a notamment comparĂ© ce demi-poulet new-yorkais Ă des offres populaires de poulet rĂŽti vendues Ă bas prix dans certains quartiers populaires français. Cette comparaison a nourri les rĂ©flexions sur lâĂ©volution des commerces urbains et la transformation progressive des habitudes de consommation.
Les Ăchos, « Soucieux de leur santĂ©, avec du pouvoir dâachat et des habitudes en magasin quasi quotidiennes » : la grande distribution Ă la conquĂȘte de la clientĂšle des seniors, 20/05/2026
Face au vieillissement progressif de la population française, les enseignes de grande distribution adaptent dĂ©sormais leur stratĂ©gie commerciale pour sĂ©duire une clientĂšle senior jugĂ©e Ă fort potentiel. Lâarticle revient sur cette Ă©volution Ă travers lâinitiative rĂ©cente de Carrefour, qui lance un programme baptisĂ© « Carrefour des gĂ©nĂ©rations » dans plusieurs centaines de magasins de proximitĂ©.
Les plus de 60 ans reprĂ©sentent aujourdâhui prĂšs de 30 % de la population française, une part appelĂ©e Ă augmenter dans les prochaines dĂ©cennies. Pour les distributeurs, cette transformation dĂ©mographique constitue un enjeu majeur alors que les habitudes de consommation Ă©voluent et que les volumes globaux de consommation alimentaire stagnent ou reculent.
Carrefour mise sur plusieurs leviers pour fidĂ©liser cette clientĂšle : des produits adaptĂ©s aux besoins nutritionnels liĂ©s Ă lâĂąge, des formats plus petits correspondant Ă des foyers composĂ©s dâune ou deux personnes, mais aussi des services visant Ă amĂ©liorer le confort dâachat. Dans les magasins pilotes, certains produits identifiĂ©s par une signalĂ©tique spĂ©cifique mettent en avant leurs bĂ©nĂ©fices santĂ© : aliments plus riches en protĂ©ines, en omĂ©ga 3 ou favorisant la digestion.
Lâenseigne cherche Ă©galement Ă renforcer le lien social autour du magasin de proximitĂ©. Les Ă©quipes sont formĂ©es Ă lâaccueil des seniors et diverses animations sont proposĂ©es : dĂ©gustations, cafĂ©s, rencontres associatives ou prĂ©sence accrue de services utiles au quotidien comme la presse ou des comptoirs postaux. Carrefour prĂ©voit dâĂ©tendre rapidement ce dispositif Ă plusieurs centaines de points de vente.
Lâarticle souligne toutefois la difficultĂ© de cibler cette population sans tomber dans une forme de stigmatisation. De nombreux seniors refusent dâĂȘtre catĂ©gorisĂ©s comme tels et rejettent les offres trop explicitement destinĂ©es au troisiĂšme Ăąge. Plusieurs expĂ©riences prĂ©cĂ©dentes menĂ©es dans le secteur, notamment chez Les Mousquetaires, ont montrĂ© les limites dâune approche trop segmentĂ©e.
Les distributeurs privilĂ©gient dĂ©sormais des adaptations plus discrĂštes portant sur lâexpĂ©rience en magasin : Ă©clairage plus doux, zones dâassise, chariots plus maniables, livraison Ă domicile ou places de parking prioritaires. Ces ajustements concernent particuliĂšrement les commerces de proximitĂ©, format plĂ©biscitĂ© par les seniors qui y rĂ©alisent une part importante de leurs achats alimentaires.
Les Ăchos, Droits de douane, climat, consommation⊠Ces vents contraires qui secouent le marchĂ© mondial du vin, 12/05/2026
Le marchĂ© mondial du vin traverse une pĂ©riode particuliĂšrement complexe marquĂ©e par la baisse simultanĂ©e de la production, de la consommation et des Ă©changes internationaux. Selon le rapport annuel de lâOrganisation internationale de la vigne et du vin (OIV), lâannĂ©e 2025 confirme les difficultĂ©s structurelles auxquelles le secteur est confrontĂ© depuis plusieurs annĂ©es.
La production mondiale atteint seulement 227 millions dâhectolitres, un niveau historiquement faible Ă peine supĂ©rieur Ă celui de 2024. Les alĂ©as climatiques jouent un rĂŽle majeur dans cette contraction : sĂ©cheresses, vagues de chaleur, stress hydrique mais aussi Ă©pisodes de pluies excessives et tempĂȘtes affectent fortement les rĂ©gions viticoles. LâEurope, qui concentre environ 60 % de la production mondiale, demeure particuliĂšrement exposĂ©e Ă ces perturbations climatiques.
Cette baisse de la production sâaccompagne dâune rĂ©duction continue des surfaces viticoles mondiales. La superficie consacrĂ©e Ă la vigne recule pour la sixiĂšme annĂ©e consĂ©cutive. La France figure parmi les pays les plus touchĂ©s par cette diminution, mĂȘme si elle reste lâun des principaux producteurs mondiaux aux cĂŽtĂ©s de lâItalie et de lâEspagne.
La consommation mondiale poursuit Ă©galement son recul. Elle diminue de 2,7 % en 2025, avec des baisses importantes observĂ©es dans plusieurs grands marchĂ©s historiques comme les Ătats-Unis, la France, lâItalie ou la Chine. LâOIV attribue cette Ă©volution Ă plusieurs facteurs : inflation et perte de pouvoir dâachat, mais aussi transformation des comportements alimentaires et montĂ©e des prĂ©occupations sanitaires. Les jeunes gĂ©nĂ©rations se montrent notamment moins attachĂ©es au vin que leurs aĂźnĂ©s.
Les tensions commerciales internationales viennent accentuer les difficultĂ©s du secteur. La politique douaniĂšre amĂ©ricaine et les incertitudes gĂ©opolitiques pĂšsent sur les exportations mondiales, qui reculent Ă la fois en volume et en valeur. Les trois grandes puissances viticoles europĂ©ennes enregistrent toutes une baisse de leurs ventes Ă lâinternational.
MalgrĂ© ce contexte difficile, lâOIV estime que le marchĂ© mondial conserve une certaine stabilitĂ© grĂące Ă une meilleure adĂ©quation entre production et consommation, permettant de rĂ©duire la pression sur les stocks. Lâorganisation souligne Ă©galement le haut niveau dâinternationalisation du marchĂ© : prĂšs dâune bouteille sur deux est consommĂ©e hors de son pays de production.
La Tribune, Vins de Loire : Ă rebours de la crise, les ventes Ă lâinternational ont battu un record en 2025, 13/05/2026
Alors que le marchĂ© mondial du vin connaĂźt un ralentissement gĂ©nĂ©ral, les vins de Loire affichent une performance remarquable Ă lâexportation en 2025. Selon les chiffres publiĂ©s par InterLoire, le vignoble ligĂ©rien enregistre Ă la fois un record historique en valeur et sa deuxiĂšme meilleure annĂ©e en volume Ă lâinternational.
Les exportations dĂ©passent 410 000 hectolitres, en hausse de plus de 4 % sur un an, tandis que le chiffre dâaffaires export atteint prĂšs de 210 millions dâeuros. Cette progression contraste fortement avec la tendance nationale, les exportations françaises de vin ayant reculĂ© en valeur comme en volume sur la mĂȘme pĂ©riode.
Aujourdâhui, prĂšs dâune bouteille de vin de Loire sur quatre est consommĂ©e Ă lâĂ©tranger. Cette dynamique sâinscrit dans les objectifs du plan stratĂ©gique Loire 2030, qui vise Ă porter la part des exportations Ă 30 % des volumes commercialisĂ©s.
La rĂ©gion ligĂ©rienne apparaĂźt comme une exception parmi les grands bassins viticoles français. Elle gagne des parts de marchĂ© Ă lâinternational grĂące Ă une offre qui correspond particuliĂšrement aux nouvelles attentes des consommateurs Ă©trangers. Les vins blancs et les fines bulles constituent les principaux moteurs de cette croissance. Ensemble, ils reprĂ©sentent dĂ©sormais 80 % de la valeur exportĂ©e.
Le CrĂ©mant de Loire enregistre une progression spectaculaire, avec une hausse de plus de 20 % des volumes exportĂ©s. Les vins blancs issus notamment du chenin et du sauvignon bĂ©nĂ©ficient Ă©galement dâune forte demande, portĂ©e par des appellations reconnues comme Vouvray, SavenniĂšres, Anjou ou Touraine.
Cette orientation vers des vins plus frais, plus lĂ©gers et souvent moins alcoolisĂ©s correspond aux nouvelles tendances de consommation observĂ©es sur de nombreux marchĂ©s internationaux. Ă lâinverse, les ventes de vins rouges et rosĂ©s reculent, confirmant cette Ă©volution des prĂ©fĂ©rences.
Les principaux marchĂ©s restent lâAllemagne, les Ătats-Unis et le Royaume-Uni, mais la croissance concerne Ă©galement plusieurs pays nordiques et certains marchĂ©s Ă©mergents comme le Japon ou lâAustralie. InterLoire entend poursuivre cette diversification gĂ©ographique afin de consolider la prĂ©sence internationale des vins ligĂ©riens.
Lâarticle souligne aussi la montĂ©e en gamme progressive du vignoble. Le prix moyen des vins exportĂ©s continue dâaugmenter et la valorisation des exportations a plus que doublĂ© en quinze ans. Cette stratĂ©gie de « premiumisation » permet Ă la filiĂšre de mieux rĂ©sister aux tensions Ă©conomiques qui affectent le secteur viticole mondial.
LSA, Tout comprendre des ingrédients et des additifs : les mycoprotéines, une alternative protéique en plein essor, 20/05/2026
Les mycoprotĂ©ines sâimposent progressivement comme une nouvelle solution pour diversifier les sources de protĂ©ines dans lâindustrie agroalimentaire. Produites Ă partir de la fermentation de champignons filamenteux, principalement le Fusarium venenatum, elles suscitent un intĂ©rĂȘt croissant dans un contexte marquĂ© par la recherche dâalternatives plus durables Ă la viande.
Lâarticle souligne que ce marchĂ© reste encore modeste comparĂ© Ă celui des protĂ©ines vĂ©gĂ©tales classiques, mais quâil bĂ©nĂ©ficie dâune forte dynamique liĂ©e au dĂ©veloppement mondial des produits de substitution Ă la viande. Selon les donnĂ©es citĂ©es, les lancements de produits contenant des mycoprotĂ©ines ont dĂ©jĂ doublĂ© en 2026 par rapport Ă lâannĂ©e prĂ©cĂ©dente.
Les mycoprotĂ©ines prĂ©sentent plusieurs avantages nutritionnels. Leur teneur Ă©levĂ©e en protĂ©ines et en fibres, associĂ©e Ă une faible proportion de matiĂšres grasses, leur permet dâoffrir un profil comparable, voire supĂ©rieur, Ă certaines viandes. Elles rĂ©pondent ainsi aux attentes croissantes des consommateurs en matiĂšre de nutrition et de santĂ©.
Leur intĂ©rĂȘt ne se limite pas aux aspects nutritionnels. Dâun point de vue technologique, les mycoprotĂ©ines possĂšdent naturellement une texture fibreuse qui reproduit assez fidĂšlement celle de la viande, sans nĂ©cessiter de procĂ©dĂ©s industriels lourds de texturation. Elles offrent Ă©galement de bonnes capacitĂ©s dâabsorption des arĂŽmes et de rĂ©tention dâeau, facilitant leur utilisation dans des produits complexes.
Ces propriétés expliquent leur présence croissante dans des burgers végétaux, nuggets, boulettes, émincés ou plats préparés. Les industriels explorent aussi leur utilisation dans des formulations hybrides ainsi que dans certaines boissons ou alternatives aux produits laitiers.
Lâarticle insiste Ă©galement sur les avantages environnementaux de ce mode de production. La fermentation nĂ©cessite relativement peu dâeau, dâĂ©nergie et dâespace. Selon les chiffres avancĂ©s, lâempreinte carbone des mycoprotĂ©ines serait largement infĂ©rieure Ă celle du bĆuf ou mĂȘme du poulet. La production peut en outre ĂȘtre rĂ©alisĂ©e toute lâannĂ©e avec une qualitĂ© plus stable et un contrĂŽle prĂ©cis de la composition nutritionnelle.
The Guardian, Carlo Petrini, Slow Food movement founder, dies aged 76, 22/05/2026
Le journaliste et militant italien Carlo Petrini, fondateur du mouvement Slow Food, est dĂ©cĂ©dĂ© Ă lâĂąge de 76 ans dans sa ville natale de Bra, dans le PiĂ©mont. Figure majeure de la gastronomie durable et de la dĂ©fense des traditions alimentaires, il laisse derriĂšre lui un mouvement mondial qui a profondĂ©ment transformĂ© la rĂ©flexion sur lâalimentation, lâagriculture et les modes de consommation au cours des quarante derniĂšres annĂ©es.
Carlo Petrini avait créé Slow Food en 1986 en rĂ©action Ă lâouverture du premier restaurant McDonaldâs en Italie, prĂšs de la place dâEspagne Ă Rome. Avec un groupe dâamis militants, il dĂ©nonçait alors lâuniformisation alimentaire portĂ©e par la restauration rapide et dĂ©fendait une autre vision de la cuisine, fondĂ©e sur les produits locaux, le respect des producteurs, la biodiversitĂ© et le plaisir du repas partagĂ©. Lors des manifestations organisĂ©es Ă Rome, les militants distribuaient des assiettes de pĂątes aux passants tout en proclamant leur refus du « fast food » au profit du « slow food ».
MalgrĂ© lâexpansion rapide des chaĂźnes de restauration rapide en Italie, le mouvement a progressivement acquis une dimension internationale. PrĂ©sent aujourdâhui dans plus de 160 pays, Slow Food milite pour une alimentation « bonne, propre et juste », conciliant qualitĂ© gustative, respect de lâenvironnement et Ă©quitĂ© Ă©conomique pour les producteurs.
Dans un communiquĂ©, lâorganisation a saluĂ© un « leader visionnaire » profondĂ©ment engagĂ© pour le bien commun, les relations humaines et la protection du monde naturel. Carlo Petrini avait Ă©galement fondĂ© lâUniversitĂ© des sciences gastronomiques de Pollenzo, destinĂ©e Ă former une nouvelle gĂ©nĂ©ration de professionnels de lâalimentation sensibles aux enjeux agricoles, Ă©cologiques et culturels.
En Italie, les hommages ont Ă©tĂ© nombreux. Le prĂ©sident Sergio Mattarella a soulignĂ© lâinfluence majeure de Carlo Petrini bien au-delĂ du seul univers gastronomique, estimant que son action avait contribuĂ© Ă dĂ©velopper une nouvelle conscience autour de la culture alimentaire, de la prĂ©servation des traditions locales et de la durabilitĂ© environnementale. Plusieurs responsables politiques italiens ont Ă©galement saluĂ© son rĂŽle dâambassadeur des savoir-faire et des produits italiens.
The Guardian, Plum position: how Mutti turned tinned tomatoes into a status symbol, 16/05/2026
Longtemps considĂ©rĂ©es comme un produit de base bon marchĂ©, les tomates en conserve connaissent aujourdâhui une montĂ©e en gamme spectaculaire au Royaume-Uni. Lâarticle analyse le succĂšs de la marque italienne Mutti, qui sâimpose progressivement comme une rĂ©fĂ©rence premium sur un marchĂ© jusque-lĂ dominĂ© par les marques distributeurs et les produits Ă bas prix.
Vendues environ 1,60 livre sterling la boĂźte, contre environ 50 pence pour les marques de distributeur, les tomates Mutti pourraient bientĂŽt dĂ©passer Napolina pour devenir la premiĂšre marque de tomates en conserve, passata et concentrĂ©s au Royaume-Uni (hors MDD). Selon les donnĂ©es de marchĂ© citĂ©es dans lâarticle, la marque a atteint la premiĂšre place pour la premiĂšre fois dĂ©but 2026 avec prĂšs de 11 % de parts de marchĂ©.
FondĂ©e en 1899 dans la rĂ©gion de Parme et toujours dĂ©tenue par la famille fondatrice, Mutti mise avant tout sur la qualitĂ© gustative et lâorigine italienne de ses produits. Lâentreprise travaille avec environ 1 000 familles dâagriculteurs italiens et transforme ses tomates sur une pĂ©riode trĂšs courte, entre juillet et septembre, afin de garantir leur maturitĂ© optimale.
Pour Francesco Mutti, arriĂšre-petit-fils dâun des fondateurs, le succĂšs de la marque repose sur lâĂ©volution du rapport des consommateurs Ă la cuisine domestique. Selon lui, les tomates en conserve ne doivent plus ĂȘtre perçues comme un simple ingrĂ©dient fonctionnel mais comme un Ă©lĂ©ment capable dâapporter une vĂ©ritable valeur gustative aux plats du quotidien.
Le dĂ©veloppement de Mutti au Royaume-Uni sâappuie Ă©galement sur un contexte favorable. Depuis les confinements liĂ©s au Covid-19, de nombreux consommateurs ont redĂ©couvert la cuisine maison et se montrent plus attentifs Ă la qualitĂ© des ingrĂ©dients utilisĂ©s. MalgrĂ© la crise du pouvoir dâachat, certaines familles prĂ©fĂšrent investir dans de meilleurs produits pour cuisiner chez elles plutĂŽt que de frĂ©quenter les restaurants.
Lâarticle souligne cependant les fragilitĂ©s auxquelles lâentreprise reste confrontĂ©e. Comme de nombreux acteurs agroalimentaires, Mutti subit la hausse des coĂ»ts Ă©nergĂ©tiques liĂ©e aux tensions gĂ©opolitiques et aux consĂ©quences du changement climatique. Les coĂ»ts de transformation et dâemballage augmentent fortement, mettant sous pression les marges du groupe. Lâentreprise a investi dans des panneaux solaires pour rĂ©duire sa dĂ©pendance Ă©nergĂ©tique, mais demeure trĂšs vulnĂ©rable aux fluctuations des prix de lâĂ©nergie pendant la pĂ©riode cruciale de rĂ©colte et de transformation des tomates.
The New Yorker, The Age of âIntentional Drinkingâ, 18/05/2026
Alors que la consommation dâalcool recule fortement aux Ătats-Unis, les bars, restaurants et marques de boissons cherchent Ă sâadapter Ă de nouveaux comportements plus modĂ©rĂ©s et plus rĂ©flĂ©chis. Lâarticle explore cette mutation culturelle Ă travers lâĂ©mergence dâune consommation dite « intentionnelle », oĂč il ne sâagit plus nĂ©cessairement dâarrĂȘter de boire, mais de boire moins, diffĂ©remment et avec davantage de conscience.
Les chiffres illustrent cette Ă©volution : selon Gallup, la proportion dâAmĂ©ricains consommant de lâalcool nâa jamais Ă©tĂ© aussi basse depuis plusieurs dĂ©cennies. Plusieurs facteurs expliquent ce recul. Les prĂ©occupations sanitaires occupent une place croissante, notamment depuis que les autoritĂ©s amĂ©ricaines ont rappelĂ© les liens entre alcool et certains cancers. Les nouveaux traitements amaigrissants Ă base de GLP-1 rĂ©duisent Ă©galement chez certains consommateurs lâenvie de boire. Enfin, les jeunes gĂ©nĂ©rations apparaissent plus distantes vis-Ă -vis de lâalcool que leurs aĂźnĂ©s.
Dans ce contexte, le secteur des boissons alcoolisĂ©es cherche de nouveaux Ă©quilibres. Les Ă©tablissements dĂ©veloppent des cocktails Ă faible teneur en alcool, des formats miniatures et des alternatives sans alcool plus sophistiquĂ©es. Les « mocktails » changent mĂȘme de vocabulaire pour devenir des boissons « N.A. » ou « spirit-free », afin dâĂ©viter une image punitive ou marginale.
Lâarticle dĂ©crit notamment le succĂšs croissant des « mini Martinis », proposĂ©s en demi-format dans certains bars de Los Angeles ou New York. Cette tendance rĂ©pond Ă une clientĂšle qui souhaite profiter de lâexpĂ©rience sociale et gustative du cocktail sans excĂšs. Les professionnels parlent dĂ©sormais de « zebra-striping », une pratique consistant Ă alterner boissons alcoolisĂ©es et non alcoolisĂ©es au cours dâune mĂȘme soirĂ©e.
Financial Times, Why London is English winemakingâs new hotspot,
Longtemps associĂ©e aux seuls vins effervescents haut de gamme produits dans les campagnes anglaises, la viticulture britannique connaĂźt aujourdâhui une transformation inattendue : Londres sâimpose progressivement comme un centre majeur de vinification urbaine et expĂ©rimentale. Lâarticle explore lâessor des « urban wineries », ces caves installĂ©es au cĆur de la capitale britannique qui rĂ©inventent les codes du vin anglais.
Depuis lâouverture des premiĂšres structures en 2013, plusieurs producteurs ont investi dâanciens entrepĂŽts ou zones industrielles de Londres pour y dĂ©velopper une approche plus crĂ©ative, accessible et contemporaine du vin. Contrairement aux producteurs traditionnels spĂ©cialisĂ©s dans les vins mousseux Ă©laborĂ©s selon la mĂ©thode champenoise, ces nouveaux acteurs privilĂ©gient les vins tranquilles, les petites sĂ©ries, les assemblages atypiques et les mĂ©thodes Ă faible intervention.
Cette Ă©volution a Ă©tĂ© rendue possible par la forte croissance des vignobles anglais au cours de la derniĂšre dĂ©cennie. Alors que les pionniers dĂ©pendaient largement de raisins importĂ©s de France, dâItalie ou dâEspagne, la majoritĂ© des producteurs londoniens travaillent dĂ©sormais principalement avec des raisins britanniques provenant du Sussex, du Kent, de lâEssex ou de lâOxfordshire.
Le climat anglais, longtemps considĂ©rĂ© comme un handicap, devient paradoxalement un atout dans un contexte oĂč les consommateurs recherchent des vins plus lĂ©gers, frais et faiblement alcoolisĂ©s. Les producteurs adaptent leur style aux rĂ©coltes variables du climat britannique en dĂ©veloppant notamment des pĂ©tillants naturels, des rouges lĂ©gers ou des blancs trĂšs aromatiques.
Lâarticle met en avant plusieurs figures emblĂ©matiques de cette scĂšne urbaine. London Cru, installĂ© dans un ancien entrepĂŽt victorien Ă Fulham, illustre cette volontĂ© de rapprocher le consommateur du processus de fabrication grĂące Ă des visites, dĂ©gustations et ateliers pĂ©dagogiques. Vagabond Wines, devenu lâun des plus grands producteurs urbains du pays, associe vinification et rĂ©seau de bars Ă vin pour commercialiser directement ses crĂ©ations expĂ©rimentales.
Dâautres structures comme Blackbook Winery, Renegade Urban Winery ou Numbers Wine misent sur des productions artisanales trĂšs limitĂ©es et sur une forte dimension culturelle et communautaire. Ces lieux hybrides accueillent concerts, expositions, ateliers ou Ă©vĂ©nements festifs afin de rendre le vin plus accessible Ă une clientĂšle jeune et urbaine.
The Guardian, Dates double in sales as consumers move away from ultra-processed snacks, 15/05/2026
Longtemps associĂ©es principalement aux traditions culinaires du Moyen-Orient ou au Ramadan, les dattes connaissent aujourdâhui un succĂšs spectaculaire dans les habitudes de consommation occidentales. Lâarticle analyse lâessor de ce fruit devenu lâun des symboles des nouvelles tendances alimentaires axĂ©es sur les produits naturels, riches en fibres et moins transformĂ©s.
Au Royaume-Uni, plusieurs distributeurs observent une forte progression des ventes. Chez Ocado, les ventes de dattes Medjool ont doublĂ© en un an, tandis que les recherches en ligne liĂ©es aux produits dĂ©rivĂ©s comme le « beurre de dattes » ou les dattes au chocolat augmentent fortement. Cette popularitĂ© sâexplique en grande partie par lâinfluence des rĂ©seaux sociaux, oĂč de nombreuses recettes virales prĂ©sentent les dattes comme une alternative plus saine aux biscuits, barres chocolatĂ©es ou snacks ultra-transformĂ©s.
Le phĂ©nomĂšne sâinscrit dans une Ă©volution plus large des comportements alimentaires. Les consommateurs recherchent des aliments capables dâapporter Ă la fois plaisir gustatif et bĂ©nĂ©fices nutritionnels. GrĂące Ă leur texture naturellement sucrĂ©e et caramĂ©lisĂ©e, les dattes rĂ©pondent Ă cette demande tout en bĂ©nĂ©ficiant dâune image plus « naturelle » que les produits industriels.
Les nutritionnistes citĂ©s dans lâarticle rappellent que les dattes apportent effectivement plusieurs Ă©lĂ©ments intĂ©ressants : fibres, potassium, magnĂ©sium et certains antioxydants susceptibles de favoriser la santĂ© digestive. Leur richesse en fibres entre particuliĂšrement en rĂ©sonance avec les prĂ©occupations actuelles autour du microbiote et du bien-ĂȘtre intestinal.
Les usages culinaires se multiplient. Sur TikTok et Instagram, les dattes sont associées au beurre de cacahuÚte, au chocolat noir ou utilisées dans des recettes de « energy balls » à base de fruits secs et de protéines végétales. Certaines préparations plus sophistiquées mettent également en scÚne des dattes fourrées au beurre salé, frites puis servies avec du yaourt ou transformées en desserts inspirés de pùtisseries américaines.
Lâarticle souligne aussi la dimension culturelle du produit. Dans la tradition islamique, les dattes occupent une place importante et sont traditionnellement consommĂ©es pour rompre le jeĂ»ne pendant le Ramadan. Cette histoire culturelle contribue Ă©galement Ă leur attractivitĂ© auprĂšs dâune clientĂšle curieuse de nouvelles saveurs et traditions alimentaires.
Le marchĂ© reste nĂ©anmoins marquĂ© par des enjeux gĂ©opolitiques. Une partie importante des dattes commercialisĂ©es provient du Moyen-Orient, dâAfrique du Nord ou dâIsraĂ«l. La guerre entre IsraĂ«l et Gaza a notamment perturbĂ© certaines productions palestiniennes, tandis que certaines marques ont vu leurs ventes progresser grĂące Ă des consommateurs souhaitant soutenir les producteurs palestiniens.
Forbes, Non-Alcoholic Beverages Are Not A Trend, Theyâre A Mainstay, 19/05/2026
Le marchĂ© des boissons sans alcool connaĂźt une transformation profonde qui dĂ©passe largement lâeffet de mode. Lâarticle analyse lâinstallation durable de cette catĂ©gorie dans les habitudes de consommation, portĂ©e par les prĂ©occupations de santĂ©, lâĂ©volution des usages sociaux et lâessor des boissons fonctionnelles.
Selon lâauteur, il ne sâagit plus simplement dâune baisse de la consommation dâalcool mais dâune redĂ©finition complĂšte de la maniĂšre dont les consommateurs choisissent leurs boissons. Lâalcool conserve une place importante dans les occasions festives ou premium, mais il nâoccupe plus automatiquement le centre de la sociabilitĂ©. Les consommateurs alternent dĂ©sormais plus facilement entre boissons alcoolisĂ©es, boissons sans alcool et produits fonctionnels.
Cette Ă©volution est alimentĂ©e par plusieurs tendances simultanĂ©es. Les prĂ©occupations liĂ©es au sommeil, Ă la santĂ© mentale, Ă la gestion du poids et au bien-ĂȘtre gĂ©nĂ©ral poussent de nombreux consommateurs Ă rĂ©duire leur consommation dâalcool. Le mouvement « sober curious », qui encourage une consommation plus modĂ©rĂ©e sans nĂ©cessairement viser lâabstinence totale, sâest largement dĂ©mocratisĂ©.
La gĂ©nĂ©ration Z joue Ă©galement un rĂŽle majeur dans cette transformation. HabituĂ©s dĂšs leur plus jeune Ăąge aux produits liĂ©s au bien-ĂȘtre et aux ingrĂ©dients fonctionnels, ces consommateurs considĂšrent de plus en plus les alternatives sans alcool comme des choix normaux et valorisants, et non comme des produits de substitution.
Lâoffre sâest considĂ©rablement enrichie. Le marchĂ© ne se limite plus aux biĂšres sans alcool traditionnelles mais englobe dĂ©sormais mocktails premium, boissons enrichies en ingrĂ©dients fonctionnels, boissons au cannabis, cafĂ©s prĂȘts Ă boire haut de gamme ou produits destinĂ©s Ă amĂ©liorer lâĂ©nergie, lâhumeur ou la concentration.
Les grandes entreprises du secteur investissent massivement dans cette catĂ©gorie. Molson Coors dĂ©veloppe fortement ses gammes sans alcool et diversifie son portefeuille vers les boissons Ă©nergĂ©tiques et les cocktails prĂȘts Ă boire. Heineken et Modelo renforcent Ă©galement leurs offres sans alcool afin dâaccompagner les nouvelles habitudes de consommation.
ParallĂšlement, de nombreuses start-up innovent sur le segment des boissons fonctionnelles. La marque Mingle Mocktails, par exemple, dĂ©veloppe des boissons sans alcool enrichies en adaptogĂšnes comme lâashwagandha, le lionâs mane ou la L-thĂ©anine, ingrĂ©dients associĂ©s Ă la relaxation, Ă la concentration ou Ă la gestion du stress.
Les chiffres confirment cette dynamique. Les ventes de boissons sans alcool progressent plus rapidement que celles des boissons alcoolisĂ©es traditionnelles. Les consommateurs recherchent dĂ©sormais des produits capables dâapporter une expĂ©rience, un bĂ©nĂ©fice fonctionnel ou un alignement avec leur mode de vie.
La marque amĂ©ricaine Brami poursuit son expansion rapide sur le marchĂ© des pĂątes fonctionnelles grĂące Ă une levĂ©e de fonds de 33 millions de dollars menĂ©e par le fonds dâinvestissement VMG Partners. Lâarticle revient sur le succĂšs de cette entreprise qui combine tradition italienne, nutrition et innovation pour rĂ©pondre aux nouvelles attentes des consommateurs amĂ©ricains.
FondĂ©e en 2016 par Aaron Gatti, Brami sâest dâabord fait connaĂźtre avec des snacks Ă base de lupins, une lĂ©gumineuse ancienne trĂšs populaire dans certaines rĂ©gions italiennes mais encore peu connue aux Ătats-Unis. En 2021, lâentreprise a lancĂ© une gamme de pĂątes enrichies en farine de lupin, associĂ©e Ă de la semoule de blĂ© dur traditionnelle.
Le concept repose sur une promesse simple : proposer des pĂątes au goĂ»t et Ă la texture proches des pĂątes classiques tout en augmentant fortement les apports en protĂ©ines et en fibres. Contrairement Ă certaines alternatives Ă base de pois chiches ou de riz brun, souvent critiquĂ©es pour leur texture ou leur goĂ»t, Brami cherche Ă conserver lâexpĂ©rience culinaire des pĂątes italiennes traditionnelles.
Selon lâentreprise, la marque connaĂźt une croissance spectaculaire et prĂ©voit une progression de prĂšs de 400 % dâici fin 2026. Les produits sont dĂ©sormais rĂ©fĂ©rencĂ©s dans plus de 4 000 points de vente amĂ©ricains, notamment chez Walmart, Whole Foods, Costco, Target ou Kroger.
Les investisseurs voient également dans Brami une réponse crédible aux attentes nutritionnelles contemporaines. Contrairement à certaines pùtes enrichies grùce à des isolats de protéines industriels, Brami met en avant une formulation courte reposant principalement sur deux ingrédients naturels : le blé dur et le lupin.
Le lupin constitue dâailleurs un Ă©lĂ©ment central du discours de marque. Aaron Gatti prĂ©sente cette lĂ©gumineuse comme lâune des cultures les plus riches en protĂ©ines et en fibres, mais aussi comme une plante particuliĂšrement intĂ©ressante pour lâagriculture rĂ©gĂ©nĂ©ratrice. Les lupins enrichissent naturellement les sols en azote, nĂ©cessitent peu dâeau et rĂ©sistent relativement bien aux ravageurs.
Wall Street Journal, Why Gen Zers Love âBoy Kibbleâ and These Other Food Trends, 14/05/2026
Les rĂ©seaux sociaux continuent de transformer les habitudes alimentaires des jeunes gĂ©nĂ©rations, et la derniĂšre tendance en date sâappelle le « boy kibble ». Lâarticle explore ce phĂ©nomĂšne viral nĂ© sur TikTok, oĂč de simples mĂ©langes de viande hachĂ©e, riz et garnitures diverses deviennent des repas emblĂ©matiques de la culture alimentaire de la gĂ©nĂ©ration Z.
Le « boy kibble », littĂ©ralement « croquettes pour garçons », a Ă©tĂ© popularisĂ© dĂ©but 2026 par plusieurs crĂ©ateurs de contenus. Le plat consiste gĂ©nĂ©ralement en une base de bĆuf hachĂ© et de riz agrĂ©mentĂ©e de lĂ©gumes, sauces ou Ă©pices selon les goĂ»ts et les ingrĂ©dients disponibles. Son nom humoristique fait rĂ©fĂ©rence Ă son apparence rudimentaire rappelant parfois de la nourriture pour animaux, mais cette simplicitĂ© fait prĂ©cisĂ©ment partie de son succĂšs.
Lâarticle montre que cette tendance dĂ©passe largement le simple effet comique. Pour de nombreux jeunes consommateurs, ces recettes rĂ©pondent Ă plusieurs attentes contemporaines : elles sont peu coĂ»teuses, rapides Ă prĂ©parer, personnalisables et relativement Ă©quilibrĂ©es sur le plan nutritionnel. Les recettes virales privilĂ©giĂ©es par la gĂ©nĂ©ration Z mettent souvent en avant des aliments riches en protĂ©ines et peu transformĂ©s, comme le bĆuf, les patates douces, le cottage cheese ou le yaourt grec.
La personnalisation occupe une place centrale dans cette culture alimentaire. Selon une Ă©tude citĂ©e dans lâarticle, les jeunes consommateurs accordent une importance particuliĂšre Ă la possibilitĂ© de composer eux-mĂȘmes leurs plats, de multiplier les sauces et de varier les saveurs. Les recettes deviennent ainsi des bases flexibles adaptĂ©es aux goĂ»ts individuels plutĂŽt que des prĂ©parations strictement codifiĂ©es.
Le phĂ©nomĂšne sâinscrit Ă©galement dans une rupture culturelle avec certaines formes de gastronomie jugĂ©es trop sophistiquĂ©es ou prĂ©tentieuses. Les produits associĂ©s au luxe culinaire traditionnel comme le foie gras, lâhuile de truffe ou le caviar sĂ©duisent peu cette gĂ©nĂ©ration, qui valorise davantage lâauthenticitĂ©, lâaccessibilitĂ© et le caractĂšre pratique des repas du quotidien.
Lâarticle Ă©voque aussi dâautres tendances alimentaires apparues rĂ©cemment sur TikTok, comme le « girl dinner », mĂ©lange libre de petits aliments consommĂ©s selon lâenvie, ou encore les desserts simplifiĂ©s Ă base de yaourt grec et de biscuits. Ces pratiques reflĂštent une approche plus intuitive et dĂ©complexĂ©e de lâalimentation.
Les spĂ©cialistes interrogĂ©s soulignent que ces tendances traduisent aussi des prĂ©occupations Ă©conomiques. Dans un contexte dâinflation alimentaire et de coĂ»t de la vie Ă©levĂ©, les jeunes cherchent des solutions leur permettant de cuisiner Ă moindre coĂ»t tout en conservant une certaine crĂ©ativitĂ© culinaire.
Les 3 études citées dans les articles précédents.
Sénat, Rapport sur les marges des industriels et de la grande distribution
AssemblĂ©e Nationale, MISSION « FLASH » SUR LES LAITS INFANTILES CONTAMINĂS PAR LA TOXINE CĂRĂULIDE
OIV, State of the World Wine Sector in 2025
Câest une posture mais elle dit tout haut ce que beaucoup pensent tout bas sur tous ces influenceurs qui ne sont que des panneaux publicitaires
Câest tout pour aujourdâhui.
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A la semaine prochaine!
O. Frey




















