đŸđđ Eat's business đđ·đ§ 2026-15
Bonjour Ă toutes et Ă tous, Eatâs Business est une newsletter dans laquelle vous trouverez une revue de presse de quelques articles sur le monde de lâalimentaire qui mâont semblĂ© intĂ©ressants dans la semaine prĂ©cĂ©dente.
Pour ceux qui veulent la version audio :
Pour ceux qui veulent la formule ristretto, les 3 articles que je vous conseille de lire en priorité cette semaine sont :
LibĂ©ration, Yann vous cuisine, Lefoodbob, On reviendra ou pas : pour les influenceurs food, faut-il ĂȘtre mĂ©chant pour ĂȘtre crĂ©dible ?, 02/05/2026
Inc, How a Coconut Yogurt Experiment Became a Cult-Favorite Grocery Phenomenon, 01/05/2026
Forbes, The Viral Dirty Soda Trend Taking Over The U.S. Right Now, 21/04/2026
Bonne lecture et bonne semaine Ă toutes et Ă tous!
Pour celles et ceux dâentre vous qui ont plus de temps pour la formule lungo :
Le Figaro, «Nous voulons tester avant que ce ne soit une réalité» : un café entiÚrement dirigé par une IA ouvre à Stockholm, 29/04/2026
Ă Stockholm, un cafĂ© expĂ©rimental pilotĂ© par une intelligence artificielle illustre concrĂštement les transformations en cours dans le monde du travail et de la restauration. BaptisĂ©e « Mona », cette IA, dĂ©veloppĂ©e Ă partir de Google Gemini par la startup Andon Labs, gĂšre lâensemble des opĂ©rations de lâĂ©tablissement : Ă©laboration du menu, approvisionnement, recrutement, gestion financiĂšre et organisation du travail. Lâobjectif affichĂ© nâest pas seulement technologique, mais aussi exploratoire : il sâagit de tester les limites et les implications sociales dâune IA en position de management.
Dans les faits, lâexpĂ©rience rĂ©vĂšle rapidement des dysfonctionnements. LâIA se montre peu efficace dans la gestion des stocks, commandant des quantitĂ©s incohĂ©rentes de produits inutilisĂ©s. Ce dĂ©calage entre dĂ©cisions algorithmiques et rĂ©alitĂ© opĂ©rationnelle met en lumiĂšre les limites actuelles des IA dans des environnements complexes et concrets comme la restauration.
Sur le plan des ressources humaines, lâexpĂ©rience soulĂšve des questions encore plus sensibles. « Mona » a recrutĂ© elle-mĂȘme les employĂ©s via des plateformes classiques, mais son management est jugĂ© dĂ©faillant : absence de respect du droit Ă la dĂ©connexion, sollicitations nocturnes, mauvaise gestion des congĂ©s et demandes dâavances financiĂšres aux salariĂ©s. Ces pratiques interrogent directement la capacitĂ© dâune IA Ă intĂ©grer des normes sociales, juridiques et humaines dans ses dĂ©cisions.
MalgrĂ© ces limites, le cafĂ© attire la curiositĂ©, accueillant plusieurs dizaines de clients par jour. Pour les visiteurs, lâintĂ©rĂȘt dĂ©passe la simple consommation : il sâagit dâobserver concrĂštement ce que pourrait ĂȘtre un futur oĂč lâIA occupe des fonctions de direction. Cette dimension pĂ©dagogique et sociĂ©tale est au cĆur du projet.
Le Monde, Le skyr, ce produit laitier venu dâIslande, rencontre un succĂšs grandissant en France, 01/05/2026
Le skyr, spĂ©cialitĂ© laitiĂšre islandaise riche en protĂ©ines et pauvre en matiĂšres grasses, connaĂźt une croissance spectaculaire sur le marchĂ© français. En un an, ses ventes ont progressĂ© de 34 %, atteignant prĂšs de 400 millions dâeuros, contre seulement 89 millions en 2021. Ce dynamisme contraste avec celui du marchĂ© global des produits laitiers frais, en hausse beaucoup plus modĂ©rĂ©e, et confirme que le skyr rĂ©pond Ă des attentes profondes des consommateurs.
Ce succĂšs repose sur plusieurs facteurs. Dâabord, son positionnement nutritionnel correspond aux nouvelles prĂ©occupations alimentaires : recherche de produits sains, riches en protĂ©ines et compatibles avec des rĂ©gimes Ă©quilibrĂ©s. Ensuite, le goĂ»t et la texture du skyr participent Ă son attractivitĂ©, contribuant Ă en faire un produit du quotidien plutĂŽt quâune simple tendance.
Introduit en France dĂšs 2018 par Danone, le skyr a rapidement suscitĂ© lâintĂ©rĂȘt des industriels. Pourtant, le groupe français a depuis Ă©tĂ© dĂ©passĂ© par Yoplait, aujourdâhui leader du segment, tandis que les marques de distributeurs occupent une part significative du marchĂ©. Face Ă cette concurrence accrue, Danone entend reprendre lâinitiative en investissant massivement dans ses capacitĂ©s de production, notamment en Normandie.
Ces investissements visent Ă augmenter fortement la production de produits protĂ©inĂ©s, avec une hausse prĂ©vue de plus de 80 % des capacitĂ©s dâici 2027. Ils impliquent Ă©galement une augmentation des volumes de lait collectĂ©s, sachant que la fabrication du skyr nĂ©cessite environ trois fois plus de lait quâun yaourt classique. Ce paramĂštre souligne les enjeux industriels et agricoles liĂ©s Ă lâessor de ce produit.
ParallĂšlement, de nombreux acteurs rĂ©gionaux et PME se positionnent sur ce marchĂ© en pleine expansion. Des entreprises comme Sill ou des laiteries locales dĂ©veloppent leurs propres rĂ©fĂ©rences, misant sur la proximitĂ©, le bio ou lâancrage territorial pour se diffĂ©rencier des grands groupes.
Le Figaro, Pernod Ricard et Brown-Forman abandonnent leur projet de mariage, 30/04/2026
Le projet de fusion entre Pernod Ricard et lâamĂ©ricain Brown-Forman, propriĂ©taire de Jack Danielâs, a finalement Ă©chouĂ©, illustrant la complexitĂ© des rapprochements entre grands groupes familiaux dans lâindustrie des spiritueux. MalgrĂ© des discussions avancĂ©es, les deux parties nâont pas rĂ©ussi Ă sâaccorder sur la rĂ©partition du capital et le poids respectif des familles actionnaires, un point pourtant dĂ©terminant dans ce type dâopĂ©ration.
Ce projet présentait pourtant une forte logique industrielle. Il aurait permis de créer un acteur capable de rivaliser plus efficacement avec le leader mondial Diageo, en combinant des portefeuilles de marques complémentaires. Dans un contexte de marché difficile, marqué par une baisse de la consommation et des tensions géopolitiques, une telle alliance aurait offert des leviers de résistance et de croissance.
Le secteur des spiritueux traverse en effet une pĂ©riode particuliĂšrement chahutĂ©e. Les taxes amĂ©ricaines ont fortement pĂ©nalisĂ© les exportations françaises, tandis que les tensions commerciales avec la Chine ont Ă©galement pesĂ© sur les ventes. Ă cela sâajoutent des Ă©volutions structurelles, comme la montĂ©e des boissons sans alcool et les inquiĂ©tudes liĂ©es au pouvoir dâachat des consommateurs.
Face Ă ces dĂ©fis, Pernod Ricard doit poursuivre sa transformation de maniĂšre autonome. Le groupe a dĂ©jĂ engagĂ© plusieurs actions : cession dâactifs non stratĂ©giques, rĂ©organisation interne et rĂ©duction des coĂ»ts. Lâobjectif est de renforcer sa rĂ©silience tout en maintenant une stratĂ©gie de montĂ©e en gamme, aujourdâhui questionnĂ©e par certains analystes.
Les Ăchos, AprĂšs la tartiflette en hiver, le reblochon de Savoie veut sâimposer lâĂ©tĂ© dans les assiettes, 27/04/2026
Le reblochon fait face Ă un paradoxe structurel : sa consommation reste fortement saisonniĂšre, concentrĂ©e sur lâhiver en raison de son association historique avec la tartiflette. Cette spĂ©cialisation saisonniĂšre pose un dĂ©fi majeur pour la filiĂšre, contrainte de gĂ©rer une production continue avec une demande irrĂ©guliĂšre.
Le cahier des charges de lâAOP impose en effet une fabrication quotidienne aprĂšs chaque traite, ainsi quâune durĂ©e de conservation limitĂ©e. Il est donc impossible de stocker durablement les excĂ©dents, ce qui oblige la filiĂšre Ă rĂ©guler finement la production en fonction des dĂ©bouchĂ©s. Des quotas saisonniers ont ainsi Ă©tĂ© instaurĂ©s pour limiter la production au printemps et Ă©viter les surplus.
Face Ă cette contrainte, le Syndicat interprofessionnel du reblochon (SIR) cherche dĂ©sormais Ă stimuler la consommation estivale. Lâobjectif est double : lisser la demande sur lâannĂ©e et valoriser le produit Ă une pĂ©riode oĂč sa qualitĂ© est optimale, les vaches Ă©tant alors en pĂąturage dans les alpages. Une campagne de communication a Ă©tĂ© lancĂ©e pour repositionner le reblochon comme un fromage adaptĂ© Ă toutes les saisons.
Lâun des leviers identifiĂ©s concerne le format du produit. Le reblochon entier, dâenviron 500 grammes, peut reprĂ©senter un frein Ă lâachat en Ă©tĂ©, pĂ©riode oĂč la consommation est plus lĂ©gĂšre. La filiĂšre envisage donc de dĂ©velopper des formats plus petits, comme des quarts, afin de mieux rĂ©pondre aux usages estivaux.
Au-delĂ du marketing, cette stratĂ©gie vise Ă renforcer la rĂ©silience Ă©conomique du modĂšle. Le reblochon bĂ©nĂ©ficie dâune forte valeur ajoutĂ©e, avec un prix du lait nettement supĂ©rieur Ă la moyenne nationale, ce qui permet de maintenir une filiĂšre attractive et de renouveler les gĂ©nĂ©rations dâĂ©leveurs.
LibĂ©ration, Yann vous cuisine, Lefoodbob, On reviendra ou pas : pour les influenceurs food, faut-il ĂȘtre mĂ©chant pour ĂȘtre crĂ©dible ?, 02/05/2026
Lâunivers des influenceurs culinaires connaĂźt une Ă©volution notable avec lâĂ©mergence dâune critique nĂ©gative assumĂ©e, en rĂ©action Ă des annĂ©es de contenus majoritairement promotionnels. Longtemps dominĂ© par des publications Ă©logieuses, souvent liĂ©es Ă des partenariats rĂ©munĂ©rĂ©s (et parfois dĂ©guisĂ©s), le secteur Ă©volue vers davantage de polarisation, oĂč la critique devient un levier de diffĂ©renciation et de visibilitĂ©.
Initialement, de nombreux crĂ©ateurs de contenu fonctionnaient comme des relais marketing pour les restaurants, bĂ©nĂ©ficiant dâinvitations et de rĂ©munĂ©rations en Ă©change de publications positives. Ce modĂšle, devenu omniprĂ©sent, a fini par lasser une partie du public, dĂ©sormais en quĂȘte dâauthenticitĂ© et de transparence. Le renforcement du cadre lĂ©gal encadrant les collaborations commerciales a Ă©galement contribuĂ© Ă rendre ces pratiques plus visibles, accentuant la dĂ©fiance des audiences.
Dans ce contexte, certains influenceurs adoptent une ligne Ă©ditoriale plus critique, voire provocatrice. Des profils comme celui de ChloĂ© Romero (https://www.instagram.com/lefoodbob/) alternent dĂ©sormais recommandations et dĂ©molitions de restaurants jugĂ©s surcotĂ©s. Ce virage sâaccompagne souvent dâune perte de revenus Ă court terme, mais est perçu comme un investissement dans la crĂ©dibilitĂ© et la fidĂ©lisation de lâaudience.
Dâautres crĂ©ateurs poussent la logique plus loin, en se spĂ©cialisant dans la dĂ©nonciation dâĂ©tablissements mĂ©diocres ou trompeurs, parfois dans une dĂ©marche revendiquĂ©e de âservice au consommateurâ. Cette approche vise Ă exposer les pratiques abusives, notamment dans les zones touristiques, tout en mettant en lumiĂšre des adresses moins visibles mais qualitatives.
Cependant, cette montĂ©e en puissance de la critique nĂ©gative soulĂšve plusieurs dĂ©rives. Lâalgorithme des rĂ©seaux sociaux favorisant les contenus clivants, certains influenceurs sont tentĂ©s dâexagĂ©rer leur virulence pour gĂ©nĂ©rer de lâengagement. Cette logique du âclashâ peut conduire Ă des critiques excessives, voire insultantes, oĂč la recherche de visibilitĂ© prime sur lâanalyse gastronomique.
Les professionnels du secteur rĂ©agissent de maniĂšre contrastĂ©e. Si certains acceptent la critique comme un Ă©lĂ©ment normal et parfois utile, dâautres dĂ©noncent des attaques injustes ou destructrices, surtout lorsquâelles Ă©manent de crĂ©ateurs peu expĂ©rimentĂ©s mais fortement exposĂ©s. Les consĂ©quences peuvent ĂȘtre lourdes, tant sur le plan Ă©conomique que psychologique, notamment pour des restaurateurs indĂ©pendants.
Enfin, cette Ă©volution interroge la nature mĂȘme de la critique culinaire Ă lâĂšre numĂ©rique. Entre exigence dâhonnĂȘtetĂ©, recherche de visibilitĂ© et responsabilitĂ© envers les acteurs du secteur, un Ă©quilibre reste Ă retrouver. Comme le souligne le critique François Simon, la tentation de la âmĂ©chancetĂ© rentableâ existe, mais elle peut nuire Ă la finesse et Ă la lĂ©gitimitĂ© du discours critique.
Modern Retail, 30 days of using zaâatar the wrong way: How spice startup Hayati used repetition to hit 21,000 Instagram followers, 30/04/2026
La jeune marque dâĂ©pices Hayati illustre parfaitement les diffĂ©rents leviers de croissance des marques agroalimentaires Ă lâĂšre des rĂ©seaux sociaux. FondĂ©e par Yasmine Borno, elle sâest imposĂ©e sans budget publicitaire significatif grĂące Ă une stratĂ©gie de contenu simple mais efficace sur Instagram, centrĂ©e sur la rĂ©pĂ©tition et lâengagement.
Le concept repose sur une sĂ©rie de vidĂ©os intitulĂ©e « Day X of using zaâatar the wrong way », qui dĂ©tourne de maniĂšre ludique lâusage traditionnel de ce mĂ©lange dâĂ©pices du Moyen-Orient. En proposant des recettes inattendues ou dĂ©calĂ©es, la fondatrice capte lâattention tout en Ă©duquant progressivement les consommateurs Ă ce produit encore peu connu aux Ătats-Unis.
Cette approche a permis une croissance rapide de lâaudience : en quelques semaines, le compte est passĂ© de 5 000 Ă plus de 15 000 abonnĂ©s, pour atteindre aujourdâhui plus de 21 000 followers. Le succĂšs repose sur plusieurs facteurs clĂ©s : un format rĂ©pĂ©table, un message clair, une incarnation forte de la marque par sa fondatrice et une interaction constante avec la communautĂ©.
Au-delà de la viralité, cette stratégie permet de construire une identité de marque authentique et différenciante. En mettant en avant ses origines palestiniennes, Yasmine Borno inscrit son produit dans un récit culturel, renforçant ainsi son attractivité et sa légitimité.
Cependant, cet exemple met aussi en lumiĂšre les limites des stratĂ©gies purement virales. Selon certains experts, la multiplication des contenus ne suffit pas Ă garantir une croissance durable. Les marques doivent structurer leur prĂ©sence digitale et sâadapter Ă des comportements consommateurs de plus en plus fluctuants.
Inc, How Mario Carbone Turned a Restaurant Into a Global Phenomenon, 01/05/2026
Mario Carbone, cofondateur de Major Food Group, incarne une approche stratĂ©gique singuliĂšre dans lâunivers de la restauration haut de gamme. Contrairement Ă une logique centrĂ©e sur lâadaptation aux attentes des clients, il dĂ©fend une vision oĂč la qualitĂ© intrinsĂšque du produit prime, considĂ©rant que la demande doit dĂ©couler de lâexcellence plutĂŽt que dâune rĂ©ponse aux tendances.
Cette philosophie se matĂ©rialise dans des expĂ©riences immersives comme âCarbone Beachâ, Ă©vĂ©nement Ă©phĂ©mĂšre organisĂ© lors du Grand Prix de Formule 1 Ă Miami. Plus quâun simple restaurant, il sâagit dâune vĂ©ritable mise en scĂšne mĂȘlant gastronomie, spectacle et exclusivitĂ©. Lâobjectif est de crĂ©er un moment marquant, capable de gĂ©nĂ©rer une forte rĂ©sonance mĂ©diatique et sociale.
Au-delĂ de ces opĂ©rations ponctuelles, le dĂ©fi principal rĂ©side dans lâexpansion internationale du groupe. PrĂ©sent sur plusieurs marchĂ©s, Major Food Group doit maintenir une constance absolue dans lâexpĂ©rience proposĂ©e. Pour Carbone, la clĂ© du succĂšs repose sur cette capacitĂ© Ă reproduire fidĂšlement un standard de qualitĂ©, quel que soit le contexte gĂ©ographique. Cette exigence implique une discipline opĂ©rationnelle forte et un contrĂŽle rigoureux.
La stratĂ©gie de dĂ©veloppement passe Ă©galement par une diversification maĂźtrisĂ©e, notamment dans le retail avec des produits dĂ©rivĂ©s. Toutefois, cette extension ne doit jamais diluer lâidentitĂ© de la marque. Le choix des partenaires est ainsi dĂ©terminant, afin de garantir une cohĂ©rence avec les valeurs et le positionnement initial.
Mario Carbone insiste aussi sur lâĂ©quilibre entre intuition et donnĂ©es. Si les donnĂ©es permettent dâĂ©clairer les dĂ©cisions, elles ne remplacent pas lâexpĂ©rience et la vision entrepreneuriale. Cette combinaison est essentielle pour naviguer dans un environnement concurrentiel et en constante Ă©volution.
Inc, How a Coconut Yogurt Experiment Became a Cult-Favorite Grocery Phenomenon, 01/05/2026
The Coconut Cult illustre la trajectoire typique dâune marque food nĂ©e dâun besoin personnel et devenue un phĂ©nomĂšne dans le retail premium. Ă lâorigine, son fondateur, Noah Simon-Waddell, ne cherchait pas Ă crĂ©er une entreprise mais Ă rĂ©soudre ses troubles digestifs. En expĂ©rimentant des yaourts Ă base de coco enrichis en probiotiques, il obtient des rĂ©sultats convaincants, suscitant rapidement lâintĂ©rĂȘt de son entourage. Cette adoption organique marque le point de dĂ©part du projet entrepreneurial.
DĂšs ses dĂ©buts, la marque se distingue par un positionnement atypique. Loin des codes traditionnels des produits laitiers, elle cultive une identitĂ© visuelle et narrative originale, presque mystĂ©rieuse, jouant sur lâidĂ©e de âculteâ. Cette stratĂ©gie contribue Ă crĂ©er une forte communautĂ© engagĂ©e, notamment sur les rĂ©seaux sociaux, oĂč les consommateurs partagent leurs expĂ©riences et participent Ă la notoriĂ©tĂ© du produit.
Cependant, le passage Ă lâĂ©chelle rĂ©vĂšle des fragilitĂ©s structurelles. La jeune entreprise se heurte Ă des problĂ©matiques classiques : maĂźtrise de la production, gestion des stocks pĂ©rissables, approvisionnement en matiĂšres premiĂšres et structuration organisationnelle. Cette phase critique met en Ă©vidence les limites dâun modĂšle artisanal face Ă une demande croissante.
LâarrivĂ©e dâun dirigeant expĂ©rimentĂ© marque alors un tournant stratĂ©gique. Lâentreprise rationalise ses opĂ©rations, abandonne des projets annexes comme une gamme de glaces et se recentre sur son produit phare. Ce choix de focalisation permet dâamĂ©liorer lâefficacitĂ© et dâaccĂ©lĂ©rer la croissance, avec une augmentation rapide des ventes.
ParallĂšlement, la marque consolide son positionnement premium. MalgrĂ© des prix Ă©levĂ©s, elle justifie sa valeur par la concentration en probiotiques et les bĂ©nĂ©fices santĂ© associĂ©s, dans un contexte oĂč le bien-ĂȘtre digestif devient une prĂ©occupation majeure des consommateurs, notamment chez les jeunes gĂ©nĂ©rations.
Aujourdâhui distribuĂ©e dans de grandes enseignes, The Coconut Cult poursuit son expansion tout en explorant de nouvelles opportunitĂ©s, comme des formats plus accessibles ou des extensions de gamme. Son succĂšs repose sur un Ă©quilibre entre authenticitĂ© initiale, storytelling fort et structuration progressive.
Forbes, The Viral Dirty Soda Trend Taking Over The U.S. Right Now, 21/04/2026
Les « dirty sodas », boissons personnalisables Ă base de soda, sirops et crĂšmes, connaissent une popularitĂ© fulgurante aux Ătats-Unis, portĂ©e par les rĂ©seaux sociaux et les nouvelles attentes des consommateurs. Ce concept, initialement rĂ©gional, sâimpose dĂ©sormais comme une tendance nationale, notamment auprĂšs de la gĂ©nĂ©ration Z.
Le succĂšs de ces boissons repose sur leur forte dimension visuelle et personnalisable. Chaque consommateur peut crĂ©er sa propre combinaison, transformant lâacte dâachat en expĂ©rience unique et partageable. Cette logique sâinscrit dans une Ă©volution plus large des comportements, oĂč la consommation devient un vecteur dâexpression personnelle.
Les chiffres confirment cette dynamique : les discussions en ligne ont explosĂ©, lâadoption dans les menus progresse rapidement, et le marchĂ©, encore Ă©mergent, prĂ©sente un fort potentiel de croissance. PositionnĂ©es comme des « indulgences abordables », ces boissons se situent Ă un prix accessible, favorisant leur consommation rĂ©guliĂšre.
Ce phĂ©nomĂšne reflĂšte Ă©galement une Ă©volution des habitudes, notamment chez les jeunes gĂ©nĂ©rations, qui se dĂ©tournent partiellement de lâalcool au profit dâalternatives ludiques et innovantes. Les « dirty sodas » rĂ©pondent ainsi Ă un besoin de socialisation et de plaisir, sans les contraintes associĂ©es aux boissons alcoolisĂ©es.
Toutefois, cette tendance soulĂšve des questions nutritionnelles, en raison de leur teneur souvent Ă©levĂ©e en sucre. Leur caractĂšre personnalisable permet nĂ©anmoins dâenvisager des versions plus saines, un facteur clĂ© pour leur pĂ©rennitĂ©.
Financial Times, Is China decoupling on food?, 01/05/2026
La Chine amorce un tournant stratĂ©gique majeur en matiĂšre alimentaire, avec une volontĂ© croissante de rĂ©duire sa dĂ©pendance aux importations. Si le pays reste aujourdâhui lâun des plus grands producteurs agricoles mondiaux, il dĂ©pend encore largement des marchĂ©s internationaux, notamment pour les protĂ©ines animales et les aliments pour bĂ©tail.
Cette dĂ©pendance est perçue comme un risque stratĂ©gique par les autoritĂ©s chinoises, dans un contexte de tensions gĂ©opolitiques et de fragilitĂ© des chaĂźnes dâapprovisionnement. La sĂ©curitĂ© alimentaire est ainsi devenue une prioritĂ© nationale, au mĂȘme titre que lâĂ©nergie ou la finance.
Pour y rĂ©pondre, la Chine mobilise une approche systĂ©mique inspirĂ©e de sa politique industrielle. Celle-ci combine investissements massifs, innovation technologique et coordination Ă©troite entre acteurs publics et privĂ©s. Le dĂ©veloppement de lâagriculture intelligente, des biotechnologies et des protĂ©ines alternatives constitue un axe central de cette stratĂ©gie.
Des avancĂ©es significatives sont dĂ©jĂ visibles, notamment dans la production de cĂ©rĂ©ales, soutenue par des intrants importants et des politiques de stockage. Toutefois, le dĂ©fi principal reste la rĂ©duction de la dĂ©pendance aux importations de soja et dâautres matiĂšres premiĂšres essentielles Ă lâalimentation animale.
Ă moyen et long terme, cette stratĂ©gie pourrait transformer en profondeur les Ă©quilibres agricoles mondiaux. Une baisse des importations chinoises aurait des consĂ©quences majeures pour des pays exportateurs comme les Ătats-Unis ou le BrĂ©sil. ParallĂšlement, la Chine pourrait devenir exportatrice dans certains segments, voire pionniĂšre dans des domaines Ă©mergents comme la viande cultivĂ©e.
Financial Times, Jancis Robinsonâs A-Z of 21st century wine â part two, 18/04/2026
Ă travers une sĂ©rie dâentrĂ©es allant de J Ă R, Jancis Robinson propose une lecture analytique des grandes transformations qui redĂ©finissent le secteur viticole contemporain. Loin dâun simple abĂ©cĂ©daire, lâarticle met en Ă©vidence une recomposition profonde du marchĂ©, portĂ©e par des Ă©volutions Ă la fois gĂ©ographiques, technologiques, culturelles et environnementales.
Parmi les dynamiques marquantes figure lâĂ©mergence de nouveaux pays producteurs, Ă lâimage du Japon. Longtemps perçu uniquement comme un marchĂ© dâimportation, le pays dĂ©veloppe aujourdâhui une production qualitative malgrĂ© des contraintes climatiques importantes. Cette montĂ©e en puissance illustre une diversification du paysage viticole mondial, autrefois dominĂ© par lâEurope.
Sur le plan technique, lâarticle souligne lâimportance croissante de la recherche scientifique, notamment autour du « terroir microbien ». Cette notion enrichit la comprĂ©hension traditionnelle du terroir en intĂ©grant le rĂŽle des micro-organismes prĂ©sents dans les sols et les raisins, susceptibles dâinfluencer le goĂ»t et la qualitĂ© du vin. Elle tĂ©moigne dâune approche plus fine et plus complexe de la production.
Les tendances de consommation Ă©voluent Ă©galement rapidement. Les vins orange, issus de mĂ©thodes ancestrales, connaissent un regain dâintĂ©rĂȘt auprĂšs de consommateurs en quĂȘte dâauthenticitĂ© et dâexpĂ©riences nouvelles. ParallĂšlement, le dĂ©veloppement de boissons sans alcool ou faiblement alcoolisĂ©es reflĂšte lâĂ©volution des modes de vie et une attention accrue Ă la santĂ©.
Lâarticle met aussi en lumiĂšre le succĂšs commercial du prosecco, devenu un produit de masse grĂące Ă une production industrialisĂ©e et Ă un positionnement accessible. Ce succĂšs contraste avec une tendance globale Ă la montĂ©e en gamme, oĂč la qualitĂ© devient un critĂšre dĂ©terminant dans un marchĂ© plus concurrentiel et en contraction.
Enfin, les enjeux environnementaux occupent une place centrale. La viticulture rĂ©gĂ©nĂ©ratrice, qui vise Ă restaurer les sols et favoriser la biodiversitĂ©, sâimpose comme une rĂ©ponse aux dĂ©fis climatiques et Ă la nĂ©cessitĂ© de pratiques plus durables. Elle marque un changement de paradigme, passant dâune logique dâexploitation Ă une logique de prĂ©servation.
The Wall Street Journal, Hershey CEO on Making Luxury Chocolate Accessibleâand Battling Ozempic Breath, 30/04/2026
Hershey, gĂ©ant amĂ©ricain du chocolat, adapte sa stratĂ©gie Ă un environnement en pleine mutation, marquĂ© par lâessor des mĂ©dicaments amaigrissants, une consommation sous contrainte budgĂ©taire et une forte volatilitĂ© des matiĂšres premiĂšres, notamment le cacao. ArrivĂ© rĂ©cemment Ă la tĂȘte du groupe, Kirk Tanner doit naviguer dans ce contexte complexe tout en identifiant de nouveaux relais de croissance.
Lâun des phĂ©nomĂšnes les plus structurants concerne lâimpact des mĂ©dicaments de type GLP-1 (comme Ozempic), qui modifient les comportements alimentaires en rĂ©duisant lâappĂ©tit. PlutĂŽt quâune baisse globale de la consommation, Hershey observe une transformation des usages : les consommateurs privilĂ©gient des prises alimentaires plus frĂ©quentes mais en petites quantitĂ©s, ce que lâentreprise appelle les âtrips to mouthâ. Cette Ă©volution bĂ©nĂ©ficie notamment Ă certaines catĂ©gories du portefeuille, comme le popcorn ou les snacks fonctionnels riches en protĂ©ines.
Par ailleurs, des effets secondaires inattendus de ces traitements, comme la sĂ©cheresse buccale (âOzempic breathâ), stimulent la demande pour des produits de confiserie rafraĂźchissante, tels que les chewing-gums et pastilles Ice Breakers, en forte croissance. Ces segments apparaissent comme des opportunitĂ©s stratĂ©giques pour compenser dâĂ©ventuels ralentissements sur le chocolat traditionnel.
Dans un contexte Ă©conomique tendu, marquĂ© par une attention accrue au pouvoir dâachat, Hershey mise Ă©galement sur une stratĂ©gie de âpremium accessibleâ. Lâobjectif est de proposer des produits perçus comme plus qualitatifs ou innovants, sans les positionner Ă des prix trop Ă©levĂ©s. Le lancement prochain dâune nouvelle tablette premium illustre cette volontĂ© de dĂ©mocratiser une expĂ©rience perçue comme plus luxueuse.
Lâentreprise sâappuie fortement sur lâanalyse de donnĂ©es consommateurs pour orienter ses dĂ©cisions. Entretiens qualitatifs, observation des comportements dâachat et suivi des tendances rĂ©glementaires (comme les restrictions sur les aides alimentaires) permettent dâaffiner la comprĂ©hension des attentes.
Enfin, malgrĂ© les rumeurs de consolidation dans le secteur, Hershey privilĂ©gie pour lâinstant une stratĂ©gie de croissance organique, misant sur la soliditĂ© de ses marques phares comme Reeseâs. Dans un marchĂ© en recomposition, le groupe cherche ainsi Ă concilier innovation, accessibilitĂ© et adaptation fine aux nouveaux usages alimentaires.
Câest tout pour aujourdâhui.
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A la semaine prochaine!
O. Frey















