đŸđđ Eat's business đđ·đ§ 2026-14
Bonjour Ă toutes et Ă tous, Eatâs Business est une newsletter dans laquelle vous trouverez une revue de presse de quelques articles sur le monde de lâalimentaire qui mâont semblĂ© intĂ©ressants dans la semaine prĂ©cĂ©dente.
Pour ceux qui veulent la version audio :
Pour ceux qui veulent la formule ristretto, les 3 articles que je vous conseille de lire en priorité cette semaine sont :
LibĂ©ration, De la street food Ă la gastronomie, comment la cuisine corĂ©enne bouillonne Ă lâheure française, 19/04/2026
LâUsine Nouvelle, Airbus et JDE Peetâs chassent la dĂ©forestation avec une cartographie mondiale ultra prĂ©cise des parcelles de cafĂ©, 22/04/2026
Wall Street Journal, The New Restaurant Where You Can Bid on Masterpieces From the Table, 14/04/2026
Bonne lecture et bonne semaine Ă toutes et Ă tous!
Pour celles et ceux dâentre vous qui ont plus de temps pour la formule lungo :
Le Monde, Câest qui le patron ?! : prĂšs de dix ans aprĂšs son lancement, la marque Ă©quitable poursuit ses efforts pour mieux rĂ©munĂ©rer les agriculteurs, 24/04/2026
Dix ans aprĂšs sa crĂ©ation, « Câest qui le patron ? ! » apparaĂźt comme lâune des initiatives les plus visibles de la bataille pour un prix plus juste payĂ© aux agriculteurs. Lâarticle part du cas de RĂ©gis Mainguy, producteur laitier dans le Maine-et-Loire, dont lâexploitation illustre les tensions persistantes de la filiĂšre. AprĂšs avoir dĂ©noncĂ© en 2016 les prix pratiquĂ©s par Lactalis, il avait perdu son contrat avec le groupe. La marque citoyenne lui a offert une issue, en garantissant une meilleure rĂ©munĂ©ration et un dĂ©bouchĂ© plus stable.
Le projet est nĂ© au moment dâune crise laitiĂšre majeure, lorsque de nombreux Ă©leveurs vendaient leur lait Ă un prix insuffisant pour couvrir leurs coĂ»ts. Les fondateurs, Nicolas Chabanne et Laurent Pasquier, ont alors proposĂ© de faire participer les consommateurs Ă la construction du produit. Par questionnaire, ceux-ci ont choisi les critĂšres de production, mais aussi acceptĂ© de payer quelques centimes de plus pour assurer un revenu dĂ©cent aux producteurs. Cette logique de transparence a permis de fixer un prix supĂ©rieur au marchĂ©, réévaluĂ© ensuite avec lâaugmentation des charges liĂ©es Ă lâĂ©nergie, aux engrais et Ă lâalimentation animale.
La marque a depuis dĂ©passĂ© le seul lait. Elle propose beurre, fromages, yaourts, fruits ou lĂ©gumes, et revendique une forte implication de ses sociĂ©taires, qui participent aux dĂ©cisions, contrĂŽlent les pratiques et dĂ©fendent les produits en magasin. Son lait demi-Ă©crĂ©mĂ© UHT est devenu une rĂ©fĂ©rence importante en grande distribution, mĂȘme si la marque reste absente de nombreux rayons. Son modĂšle dĂ©range certains distributeurs, car il ne repose pas sur les mĂȘmes mĂ©canismes promotionnels que les grandes marques classiques.
Lâarticle souligne aussi les interrogations sur la gouvernance, dĂ©jĂ critiquĂ©e par le passĂ©, auxquelles Nicolas Chabanne rĂ©pond en mettant en avant le rĂŽle central de la coopĂ©rative et lâabsence de distribution de dividendes. La principale limite reste dĂ©sormais commerciale : sans davantage de dĂ©bouchĂ©s, la marque ne pourra pas intĂ©grer plus de producteurs.
Les Ăchos, SouverainetĂ© alimentaire : le gouvernement veut accĂ©lĂ©rer encore la levĂ©e des entraves, 22/04/2026
Le gouvernement français veut accĂ©lĂ©rer plusieurs projets agroalimentaires jugĂ©s stratĂ©giques afin de renforcer la souverainetĂ© alimentaire du pays. Lâarticle replace cette annonce dans un contexte de fragilisation de la balance commerciale agricole française, autrefois largement excĂ©dentaire. Plusieurs filiĂšres apparaissent dĂ©sormais vulnĂ©rables, notamment les fruits et lĂ©gumes, les Ćufs, la volaille ou les engrais. LâexĂ©cutif entend donc appliquer Ă certains dossiers une logique dâurgence et de simplification, prĂ©sentĂ©e comme un passage en « mode Notre-Dame ».
Trois projets emblĂ©matiques illustrent cette stratĂ©gie. Le premier est lâusine FertigHy, prĂ©vue dans la Somme, qui produirait des engrais azotĂ©s grĂące Ă de lâhydrogĂšne bas carbone issu de lâĂ©lectrolyse de lâeau. Ce projet de 1,3 milliard dâeuros vise Ă rĂ©duire la dĂ©pendance aux engrais importĂ©s fabriquĂ©s Ă partir dâĂ©nergies fossiles. Avec 500 000 tonnes par an attendues Ă lâhorizon 2030, il couvrirait environ 5 % de la consommation nationale et permettrait dâĂ©viter dâimportantes Ă©missions de CO2.
Le deuxiĂšme projet concerne Intact, dans le Loiret, qui veut produire des ingrĂ©dients riches en protĂ©ines Ă base de lĂ©gumineuses. Il rĂ©pond Ă la croissance mondiale des produits hyperprotĂ©inĂ©s tout en valorisant des cultures capables de fixer naturellement lâazote, donc de rĂ©duire le recours aux engrais minĂ©raux. Le troisiĂšme porte sur le nouvel abattoir de LDC dans le FinistĂšre. Le groupe français de volaille veut rĂ©orienter la production de France Poultry vers le marchĂ© intĂ©rieur, alors que la France importe environ la moitiĂ© du poulet quâelle consomme.
Au-delĂ de ces grands dossiers industriels, lâĂtat veut lever les blocages pesant sur des centaines de projets agricoles, notamment les retenues dâeau et les bĂątiments dâĂ©levage. La ministre de lâAgriculture met en avant des retards liĂ©s aux financements, Ă lâinstruction administrative, aux recours et Ă la complexitĂ© des procĂ©dures. Un dĂ©cret doit accĂ©lĂ©rer les contentieux en limitant certaines Ă©tapes et certains arguments tardifs.
Le Monde, Face aux géants du café, le lillois Méo-Fichaux avance ses pions dans les supermarchés, 14/04/2026
MĂ©o-Fichaux, torrĂ©facteur familial implantĂ© prĂšs de Lille, poursuit son offensive dans les rayons de grande distribution face aux poids lourds mondiaux du cafĂ©. Lâentreprise, nĂ©e de la fusion de deux acteurs historiques du Nord, a longtemps dĂ©pendu des marques de distributeurs. Elle cherche dĂ©sormais Ă renforcer ses propres marques, plus rentables et plus identifiables auprĂšs des consommateurs. Cette stratĂ©gie accompagne une croissance spectaculaire : son chiffre dâaffaires atteint 300 millions dâeuros en 2025, contre 80 millions au moment de la fusion.
La marque MĂ©o constitue aujourdâhui le cĆur de ce repositionnement. Elle reprĂ©sente environ la moitiĂ© de lâactivitĂ© du groupe et occupe des positions solides, notamment sur le cafĂ© en grain et le cafĂ© biologique vendus en grande distribution. Lâentreprise a aussi lancĂ© Koota, une marque bio et Ă©quitable qui mise sur une empreinte carbone rĂ©duite, notamment grĂące Ă un acheminement maritime par voilier. Cette diversification lui permet de se diffĂ©rencier sur un marchĂ© trĂšs concurrentiel, oĂč les consommateurs arbitrent entre prix, qualitĂ©, origine et engagements environnementaux.
Le grand mouvement rĂ©cent concerne toutefois la reprise de Legal. Cette marque havraise presque centenaire et demie, disparue des rayons aprĂšs la liquidation de lâentreprise qui la portait, conserve un fort capital affectif en France. MĂ©o-Fichaux lâa rachetĂ©e en 2025 et la relance progressivement depuis avril dans certaines enseignes, notamment Carrefour et SystĂšme U. Le groupe veut exploiter la notoriĂ©tĂ© de Legal tout en la repositionnant sur les segments les plus dynamiques du marchĂ© : dosettes souples et capsules compatibles Nespresso.
Pour soutenir cette ambition, lâentreprise a investi massivement dans son outil industriel, avec une ligne robotisĂ©e capable de produire des capsules en aluminium Ă trĂšs haut rythme. Son objectif est de concurrencer les leaders, en particulier JDE avec LâOr et NestlĂ© avec Nespresso ou Starbucks, en proposant des produits lĂ©gĂšrement moins chers. Dans un marchĂ© français du cafĂ© en grande distribution Ă©valuĂ© Ă 3,3 milliards dâeuros et tirĂ© par les formats portionnĂ©s, MĂ©o-Fichaux espĂšre faire de Legal un relais majeur de croissance, avec 40 Ă 60 millions dâeuros de chiffre dâaffaires dâici cinq ans.
LibĂ©ration, De la street food Ă la gastronomie, comment la cuisine corĂ©enne bouillonne Ă lâheure française, 19/04/2026
La cuisine corĂ©enne connaĂźt Ă Paris une nouvelle Ă©tape de son dĂ©veloppement. AprĂšs avoir surtout gagnĂ© en visibilitĂ© par la street food, les sĂ©ries et la vague culturelle âhallyuâ, elle sâaffirme dĂ©sormais dans des formes plus personnelles, sophistiquĂ©es et gastronomiques. Lâarticle dĂ©crit cette Ă©volution Ă travers plusieurs restaurants et chefs corĂ©ens, qui revendiquent leurs racines tout en adaptant leurs plats Ă la scĂšne culinaire française.
Lâouverture parisienne dâOk Dongsik illustre cette tendance. Le chef, dĂ©jĂ reconnu en CorĂ©e et popularisĂ© par une Ă©mission culinaire sur Netflix, propose un seul plat : le dweji gomtang, soupe de porc au bouillon clair servie avec riz et viande. DerriĂšre une apparente simplicitĂ© se cache une longue prĂ©paration et une vision profonde de la cuisine corĂ©enne, oĂč le bouillon occupe une place centrale. Pour le chef, il exprime Ă la fois la technique, la patience, la mĂ©moire familiale et lâidentitĂ© culinaire.
Cette montĂ©e en gamme sâappuie sur un contexte favorable. La K-food a largement diffusĂ© des plats comme le bibimbap, le kimbap, le barbecue ou les tteokbokki. Ă Paris, le nombre dâĂ©tablissements corĂ©ens a fortement progressĂ© en vingt ans, tandis que les exportations alimentaires sud-corĂ©ennes battent des records, portĂ©es par les nouilles instantanĂ©es, les sauces et le kimchi. Cette popularitĂ© a ouvert la curiositĂ© du public, qui ne se contente plus des plats vus dans les sĂ©ries.
Lâarticle montre enfin que Paris pourrait devenir un terrain important pour une gastronomie corĂ©enne contemporaine, Ă lâimage de New York. Restaurateurs et chefs veulent dĂ©passer lâimage dâune cuisine monolithique ou seulement pimentĂ©e. Leur ambition est de faire reconnaĂźtre la diversitĂ© corĂ©enne, du rĂ©confort populaire aux tables bistronomiques et gastronomiques. Cette reconnaissance passe par des lieux capables de raconter les plats autant que de les moderniser.
Libération, Comment faire des frites moins grasses (selon la science), 16/04/2026
Lâarticle sâintĂ©resse Ă une question Ă la fois culinaire et nutritionnelle : peut-on produire des frites moins grasses tout en conservant leur croustillant et leur gourmandise ? Des chercheurs amĂ©ricains de lâuniversitĂ© de lâIllinois Urbana-Champaign, en collaboration avec lâuniversitĂ© de lâĂtat de Washington, affirment avoir identifiĂ© une piste grĂące Ă un dispositif associant friture et micro-ondes. Le rĂ©sultat reste expĂ©rimental, car lâappareil utilisĂ© nâexiste pas encore pour le grand public.
Le mĂ©canisme repose sur la façon dont les micro-ondes chauffent les aliments. Contrairement Ă une cuisson traditionnelle, oĂč la chaleur progresse de lâextĂ©rieur vers lâintĂ©rieur, ces micro-ondes pĂ©nĂštrent dans de petits aliments comme les frites et chauffent davantage de lâintĂ©rieur. En faisant osciller les molĂ©cules dâeau, elles provoquent une formation accrue de vapeur. Cette pression interne limite la pĂ©nĂ©tration de lâhuile dans la pomme de terre. Les chercheurs observent aussi une perte dâhumiditĂ© plus rapide, ce qui peut rĂ©duire le temps de cuisson.
La difficultĂ© est que cette seule technique ne suffit pas Ă produire la frite idĂ©ale. Un micro-ondes classique donne des pommes de terre molles, sans la surface croustillante attendue. Câest pourquoi les scientifiques prĂ©conisent de combiner la cuisson micro-ondes avec une friture classique, dans un mĂȘme Ă©quipement, sur le modĂšle de procĂ©dĂ©s industriels dĂ©jĂ utilisĂ©s. La mĂ©thode pourrait donc intĂ©resser dâabord lâindustrie agroalimentaire avant dâarriver, Ă©ventuellement, dans les cuisines domestiques.
Le Figaro, «Nous en vendons 25 millions par an» : le macaron, un succÚs loin des projecteurs, 18/04/2026
Le macaron nâoccupe plus le devant de la scĂšne mĂ©diatique comme dans les annĂ©es 2000, mais il demeure un produit trĂšs rentable pour les grandes maisons de pĂątisserie. Lâarticle analyse ce paradoxe : la petite pĂątisserie Ă lâamande semble passĂ©e de mode en France, notamment sur les rĂ©seaux sociaux, alors quâelle continue de gĂ©nĂ©rer des volumes considĂ©rables et de sĂ©duire Ă lâinternational. Le lancement rĂ©cent dâune gamme par Alain Ducasse confirme dâailleurs que le marchĂ© reste attractif.
Pierre HermĂ©, figure centrale de lâhistoire contemporaine du macaron, refuse lâidĂ©e dâun dĂ©clin rĂ©el. Sa maison en vend 25 millions par an, avec une progression annuelle annoncĂ©e de 10 %. Le succĂšs repose sur une intuition ancienne : faire du macaron non seulement une gourmandise, mais aussi un objet de dĂ©sir, de cadeau et de voyage. DĂšs son passage chez Fauchon puis LadurĂ©e, le pĂątissier a modernisĂ© les parfums, amĂ©liorĂ© les ingrĂ©dients et travaillĂ© les emballages. Le macaron est ainsi devenu un symbole du chic parisien, facile Ă transporter et Ă offrir.
Cette rĂ©ussite a entraĂźnĂ© une vĂ©ritable folie dans les annĂ©es 2000, avec Ă©missions de tĂ©lĂ©vision, boutiques spĂ©cialisĂ©es et dĂ©clinaisons multiples. Des entreprises comme Le Lautrec, Ă ChamaliĂšres, ont construit une partie importante de leur activitĂ© sur ce produit. Mais lâengouement sâest attĂ©nuĂ©. Les enseignes monoproduits ont disparu, les jeunes pĂątissiers en proposent peu, et les formats spectaculaires apprĂ©ciĂ©s sur Instagram â cĆur coulant, feuilletages, dressages complexes â correspondent mal Ă lâesthĂ©tique discrĂšte du macaron.
Plusieurs facteurs expliquent cette perte dâĂ©clat : la banalisation du produit, la prĂ©sence de versions mĂ©diocres, la hausse des prix dans les grandes maisons et une image devenue plus institutionnelle. Le macaron reste toutefois trĂšs fort auprĂšs des touristes, pour lesquels il incarne encore une certaine idĂ©e romantique de la France. Il conserve aussi des avantages Ă©conomiques pour les pĂątissiers : production en sĂ©rie relativement simple, bonne conservation et prix de vente Ă©levĂ©.
LâUsine Nouvelle, Airbus et JDE Peetâs chassent la dĂ©forestation avec une cartographie mondiale ultra prĂ©cise des parcelles de cafĂ©, 22/04/2026
Lâinitiative CafĂ© Canopy, lancĂ©e par JDE Peetâs avec plusieurs acteurs de la chaĂźne mondiale du cafĂ© et le soutien technique dâAirbus, vise Ă cartographier prĂ©cisĂ©ment les parcelles de cafĂ© dans le monde. Son objectif est de mieux lutter contre la dĂ©forestation et de rĂ©pondre aux futures exigences europĂ©ennes sur les produits importĂ©s. Ă partir de 2027, la rĂ©glementation europĂ©enne sur la dĂ©forestation importĂ©e interdira lâentrĂ©e sur le marchĂ© de produits issus de terres dĂ©forestĂ©es aprĂšs 2020. Pour le cafĂ©, cela suppose de disposer de donnĂ©es beaucoup plus fines quâaujourdâhui.
Le problĂšme est particuliĂšrement sensible pour les petits producteurs. Beaucoup cultivent moins dâun hectare et nâont pas les moyens de financer eux-mĂȘmes une cartographie dĂ©taillĂ©e. En outre, le cafĂ© pousse souvent sous ombrage, ce qui complique son identification par satellite : une parcelle productive peut ĂȘtre confondue avec de la forĂȘt. Sans donnĂ©es prĂ©cises, le risque serait dâexclure des agriculteurs qui ne participent pas Ă la dĂ©forestation, simplement parce que leur zone apparaĂźt incertaine dans les outils dâanalyse.
Airbus apporte au projet son expertise en imagerie satellite haute rĂ©solution, avec des images pouvant atteindre 30 centimĂštres par pixel, ainsi que des algorithmes capables de reconnaĂźtre et classer les parcelles. Une premiĂšre phase a dĂ©jĂ intĂ©grĂ© 1,2 million de kilomĂštres carrĂ©s de zones de production en Afrique de lâEst. Lâambition est ensuite dâĂ©tendre la cartographie Ă lâensemble de la production mondiale de cafĂ© dâici 2027.
Lâinitiative ne se limite pas au contrĂŽle. Les porteurs du projet prĂ©voient aussi dâidentifier les parcelles dĂ©forestĂ©es, dâindemniser certains agriculteurs, de financer des actions de reforestation et dâaider les producteurs Ă amĂ©liorer leurs rendements sur les terres dĂ©jĂ cultivĂ©es. Lâenjeu est donc autant social quâenvironnemental : Ă©viter une traçabilitĂ© punitive qui fragiliserait les plus petits, tout en assainissant la filiĂšre.
Le principal obstacle reste financier. CafĂ© Canopy aurait besoin de 13 millions dâeuros pour ĂȘtre pĂ©rennisĂ© jusquâen 2031, avec une actualisation des cartes tous les deux ans. Ses promoteurs espĂšrent obtenir un soutien public europĂ©en et attirer dâautres grands acteurs, comme NestlĂ© ou Lavazza. Pour les industriels, cette dĂ©marche peut aussi devenir un outil de confiance auprĂšs des distributeurs, des rĂ©gulateurs et des consommateurs europĂ©ens.
Les Ăchos, En Espagne, lâinflation menace la consommation bio, 21/04/2026
LâEspagne prĂ©sente un paradoxe majeur sur le marchĂ© du bio : elle est championne europĂ©enne des surfaces cultivĂ©es en agriculture biologique, mais sa consommation intĂ©rieure reste faible. Selon les donnĂ©es citĂ©es dans lâarticle, le pays compte 2,95 millions dâhectares cultivĂ©s en bio en 2024, lĂ©gĂšrement devant la France. Pourtant, les produits biologiques reprĂ©sentent moins de 3,5 % des dĂ©penses alimentaires des mĂ©nages espagnols. Lâinflation, annoncĂ©e Ă 4 %, menace mĂȘme de freiner encore davantage une demande dĂ©jĂ fragile.
Cette situation sâexplique dâabord par lâorientation historique de lâagriculture espagnole vers lâexportation. Depuis les annĂ©es 1980, le pays sâest imposĂ© comme un fournisseur majeur de fruits, lĂ©gumes et autres produits agricoles pour lâEurope. Les producteurs ont rapidement identifiĂ© la demande croissante de bio dans les pays du Nord, en particulier lâAllemagne, et ont adaptĂ© leur offre pour ces marchĂ©s. Le climat espagnol favorise aussi certaines cultures biologiques : dans les zones arides du centre, les faibles prĂ©cipitations limitent les maladies et rĂ©duisent le besoin dâintrants. LâĂ©cart de rendement entre bio et conventionnel y est parfois beaucoup plus faible quâen France, ce qui rend la conversion plus rentable.
La puissance espagnole est particuliĂšrement marquĂ©e dans les fruits, les fruits secs, les olives ou les cultures tropicales. Mais cette rĂ©ussite productive ne se traduit pas dans les habitudes de consommation locales. Le bio reste perçu comme trop cher et demeure surtout consommĂ© par des seniors. Les jeunes mĂ©nages y sont moins sensibles, en partie par manque dâinformation et de pouvoir dâachat. Les dĂ©penses annuelles par habitant restent trĂšs Ă©loignĂ©es de celles observĂ©es en France ou au Danemark.
La grande distribution joue aussi un rĂŽle important. En Espagne, elle reprĂ©sente le premier canal dâachat du bio, mais elle privilĂ©gie les premiers prix et les marques distributeurs depuis la poussĂ©e inflationniste liĂ©e Ă la guerre en Ukraine. Surtout, Mercadona, acteur dominant du marchĂ©, nâa pas vraiment dĂ©veloppĂ© de gammes vertes, ce qui aurait freinĂ© lâensemble du secteur. Certaines enseignes comme Lidl ou Aldi auraient mĂȘme rĂ©duit leurs rĂ©fĂ©rences bio.
Les Ăchos, « Ce qui nous unit, câest le riz » : dans la queue du Tasty Crousty, le phĂ©nomĂšne food du moment, 19/04/2026
Tasty Crousty sâimpose comme lâun des phĂ©nomĂšnes de street food du moment Ă Paris et en proche banlieue. Lâarticle dĂ©crit les files dâattente devant les points de vente de RĂ©publique, ChĂątelet ou du Kremlin-BicĂȘtre, oĂč se croisent adolescents, Ă©tudiants, jeunes actifs et touristes. Le concept est trĂšs simple : une gĂ©nĂ©reuse barquette de riz thaĂŻ cuit Ă la vapeur, recouverte de poulet frit et de sauces puissantes. Pour environ 9 euros, le plat est copieux, partageable et immĂ©diatement lisible.
Le succĂšs repose dâabord sur lâefficacitĂ© de lâassemblage. Le riz sert de base universelle, rassurante et nourrissante. Il parle Ă de nombreuses cultures alimentaires, de lâAfrique de lâOuest Ă lâAsie, et permet dâĂ©viter lâimpression dâun concept trop fabriquĂ©. Le poulet frit apporte la dimension croustillante, gourmande et mondialisĂ©e, avec des rĂ©fĂ©rences possibles au fried chicken amĂ©ricain, corĂ©en ou japonais. Enfin, la sauce donne lâidentitĂ© du plat : la signature « tasty », sucrĂ©e-salĂ©e, joue sur des notes de paprika et de curry doux, tandis que les versions algĂ©rienne ou samouraĂŻ apportent davantage de piquant.
La force de Tasty Crousty tient aussi Ă son modĂšle opĂ©rationnel. Contrairement Ă dâautres formats de restauration rapide plus complexes, comme le kebab-frites, la prĂ©paration paraĂźt optimisĂ©e, avec peu de perte et une grande rĂ©gularitĂ©. Le tacos avait dĂ©jĂ montrĂ© lâefficacitĂ© dâune offre trĂšs calibrĂ©e ; ici, le riz remplace la galette comme support central. Cette simplicitĂ© nâempĂȘche pas lâaddiction gustative, au contraire : la combinaison fĂ©culent, friture et sauce produit un plat immĂ©diatement satisfaisant, qui « cale » et se partage facilement.
Lâarticle insiste Ă©galement sur la dimension communautaire du phĂ©nomĂšne. La file dâattente devient un lieu social, oĂč lâon vient autant pour manger que pour participer Ă une tendance collective. Les rĂ©seaux sociaux et le bouche-Ă -oreille amplifient la curiositĂ©, mais le succĂšs semble surtout venir du caractĂšre accessible et fĂ©dĂ©rateur du produit. Tasty Crousty ne cherche pas Ă intellectualiser la street food : il assume un plaisir direct, gĂ©nĂ©reux et populaire.
The Guardian, Making a splash: demand for raw and âbrewedâ milk growing in UK, 19/04/2026
Au Royaume-Uni, le lait cru connaĂźt un regain dâintĂ©rĂȘt, notamment auprĂšs des jeunes consommateurs en quĂȘte de produits jugĂ©s plus naturels et moins transformĂ©s. Cette tendance, dĂ©jĂ bien installĂ©e aux Ătats-Unis malgrĂ© les controverses sanitaires, commence Ă se structurer sur le marchĂ© britannique, oĂč la rĂ©glementation est pourtant particuliĂšrement stricte. Lâarticle met en lumiĂšre lâĂ©mergence de nouvelles offres commerciales visant Ă rĂ©pondre Ă cette demande tout en respectant les exigences sanitaires.
Le lait cru, non pasteurisé, est apprécié par ses partisans pour son goût, son authenticité et son image de produit « brut », directement issu de la ferme. Mais il suscite également de fortes réserves de la part des autorités sanitaires, notamment la Food Standards Agency, qui rappelle les risques de contamination bactérienne. Ce type de produit est déconseillé aux populations vulnérables, comme les femmes enceintes, les jeunes enfants ou les personnes immunodéprimées.
En raison de ces risques, sa commercialisation est strictement encadrĂ©e au Royaume-Uni. Il ne peut ĂȘtre vendu que directement par des producteurs enregistrĂ©s, via des circuits courts comme les fermes ou les marchĂ©s. Il est mĂȘme totalement interdit en Ăcosse. Dans ce contexte rĂ©glementaire contraignant, certains acteurs cherchent des alternatives. Câest le cas de Modern Milkman, une entreprise de livraison Ă domicile, qui lance un produit baptisĂ© « brewed milk ». Issu dâune ferme biologique Ă©cossaise, ce lait est soumis Ă une pasteurisation Ă plus basse tempĂ©rature (68 °C pendant cinq minutes), ce qui permettrait de prĂ©server davantage les qualitĂ©s gustatives tout en garantissant la sĂ©curitĂ© sanitaire.
Ce produit, positionnĂ© comme un compromis entre lait cru et lait pasteurisĂ© classique, sâinscrit dans une demande croissante de transparence et de proximitĂ© avec lâorigine des aliments. Selon les acteurs du secteur, les consommateurs souhaitent mieux comprendre ce quâils consomment et rĂ©duire leur exposition aux produits ultra-transformĂ©s. Cette tendance est renforcĂ©e par lâĂ©volution des modes de vie post-pandĂ©mie, avec une attention accrue portĂ©e Ă la santĂ© et Ă la nutrition.
Forbes, How This Meat Snack Company Devoured The Competition And Became A $1 Billion Business, 27/03/2026
La marque amĂ©ricaine Chomps sâimpose comme lâacteur Ă la croissance la plus rapide sur le marchĂ© des snacks carnĂ©s, avec environ deux millions de bĂątonnets vendus chaque jour. FondĂ©e en 2012, lâentreprise est en passe dâatteindre prĂšs de 900 millions de dollars de chiffre dâaffaires annuel et capte dĂ©jĂ environ 10 % du marchĂ©. Longtemps freinĂ©e par des capacitĂ©s de production insuffisantes, elle affirme dĂ©sormais disposer de lâinfrastructure nĂ©cessaire pour rĂ©pondre Ă une demande en forte expansion.
Le succĂšs de Chomps repose sur un positionnement diffĂ©renciant dans une catĂ©gorie historiquement trĂšs masculine. En ciblant prioritairement les femmes â qui reprĂ©sentent environ 70 % de sa clientĂšle â la marque a Ă©largi la base de consommateurs des snacks carnĂ©s. Elle mise sur des produits perçus comme plus sains : viande issue dâanimaux nourris Ă lâherbe, sans antibiotiques, et riches en protĂ©ines, adaptĂ©s Ă des modes de vie actifs et Ă la consommation nomade. Cette stratĂ©gie lui a permis dâattirer de nouveaux acheteurs dans le rayon plutĂŽt que de simplement prendre des parts de marchĂ© aux acteurs existants.
Lâentreprise a connu une trajectoire progressive, marquĂ©e par un pivot dĂ©cisif. Initialement positionnĂ©e sur la vente de viande en ligne, elle sâest rĂ©orientĂ©e vers les bĂątonnets, plus faciles Ă transporter et Ă distribuer. Ce choix a permis une croissance rapide, notamment aprĂšs lâentrĂ©e en distribution chez Trader Joeâs, puis dans les grandes enseignes comme Walmart, Target ou Costco. La pandĂ©mie a accĂ©lĂ©rĂ© cette dynamique, faisant franchir Ă la marque le cap des 100 millions de dollars de ventes annuelles.
MalgrĂ© sa croissance, Chomps fait face Ă plusieurs dĂ©fis. Sa rentabilitĂ© reste limitĂ©e par sa dĂ©pendance Ă des partenaires industriels et par la hausse du coĂ»t des matiĂšres premiĂšres. La concurrence sâintensifie Ă©galement, avec de nombreuses nouvelles marques et le dĂ©veloppement des marques de distributeurs. Par ailleurs, le groupe a recours Ă la dette pour financer son expansion, ce qui accroĂźt la pression sur ses performances.
Wall Street Journal, The New Restaurant Where You Can Bid on Masterpieces From the Table, 14/04/2026
Avec lâouverture de Marcel, installĂ© au sein du bĂątiment Breuer de Sothebyâs Ă New York, lâexpĂ©rience gastronomique franchit un nouveau cap en se mĂȘlant directement au marchĂ© de lâart. Ce restaurant, imaginĂ© par les designers Robin et Stephen Alesch, propose une expĂ©rience hybride oĂč la haute cuisine cĂŽtoie des Ćuvres majeures, certaines accessibles Ă lâachat ou aux enchĂšres depuis la table des convives.
Le concept repose sur une immersion totale dans lâunivers de Sothebyâs. Les clients dĂ©gustent des plats classiques de la gastronomie française â confit de canard, sole meuniĂšre, escargots ou filet de bĆuf â entourĂ©s dâĆuvres dâart signĂ©es Joan Mitchell, Warhol, Calder ou Matisse. Ces piĂšces, exposĂ©es dans tout le restaurant ou dans des vitrines, peuvent valoir plusieurs centaines de milliers, voire plusieurs millions de dollars. Certaines sont issues de ventes Ă venir, dâautres prĂȘtĂ©es par des collectionneurs, crĂ©ant un environnement en constante Ă©volution.
Lâinnovation majeure rĂ©side dans lâintĂ©gration directe des enchĂšres Ă lâexpĂ©rience de restauration. Lors des ventes, les clients peuvent suivre les enchĂšres sur iPad et enchĂ©rir depuis leur table via des tĂ©lĂ©phones dĂ©diĂ©s, recrĂ©ant une atmosphĂšre Ă la fois exclusive et théùtrale. Cette idĂ©e sâinspire dâun imaginaire hollywoodien et vise Ă transformer le repas en moment de participation active au marchĂ© de lâart. Elle rĂ©pond aussi Ă une attente des collectionneurs, en quĂȘte dâexpĂ©riences plus immersives et sociales.
Le lieu lui-mĂȘme joue un rĂŽle central. InstallĂ© dans un bĂątiment emblĂ©matique du modernisme des annĂ©es 1960, conçu par Marcel Breuer, le restaurant rend hommage Ă son architecture en utilisant des matĂ©riaux comme le bois, la pierre ou le bronze. Le design intĂ©rieur, soignĂ© et cinĂ©matographique, contribue Ă faire de Marcel un « clubhouse » accessible mais sophistiquĂ©, Ă la fois destination gastronomique et espace culturel.
Au-delĂ du spectacle, Marcel sâinscrit dans une stratĂ©gie plus large de Sothebyâs pour attirer un public Ă©largi et dynamiser la frĂ©quentation. Depuis son installation dans ce bĂątiment, la maison de ventes a dĂ©jĂ observĂ© une forte hausse de visiteurs. Le restaurant participe Ă cette dynamique en brouillant les frontiĂšres entre consommation culturelle et expĂ©rience culinaire.
Enfin, lâoffre inclut des Ă©lĂ©ments exclusifs comme la possibilitĂ© pour des collectionneurs de dĂźner avec leurs Ćuvres avant leur mise en vente, dans un salon privĂ©. Marcel incarne ainsi une nouvelle forme de luxe expĂ©rientiel, oĂč gastronomie, art et commerce se rencontrent dans un mĂȘme espace.
Financial Times, Israeli start-up makes worldâs first lab-grown chocolate bar, 15/04/2026
La start-up israĂ©lienne Celleste Bio, soutenue notamment par le gĂ©ant Mondelez, annonce avoir franchi une Ă©tape majeure dans lâinnovation alimentaire en produisant les premiĂšres tablettes de chocolat au monde Ă base de cacao cultivĂ© en laboratoire. Cette avancĂ©e sâinscrit dans une dynamique plus large du secteur agroalimentaire visant Ă rĂ©duire sa dĂ©pendance aux ressources naturelles, en particulier dans un contexte de tensions croissantes sur lâapprovisionnement en cacao.
Le procĂ©dĂ© dĂ©veloppĂ© par Celleste repose sur la culture cellulaire. Ă partir dâun petit Ă©chantillon de cellules prĂ©levĂ©es sur des fĂšves de cacao, lâentreprise les fait croĂźtre dans des cuves contrĂŽlĂ©es, en les nourrissant avec des sucres et nutriments. Ce processus permet de reproduire les graisses et composĂ©s aromatiques caractĂ©ristiques du beurre de cacao traditionnel. Selon la dirigeante Michal Beressi Golomb, le produit obtenu est « identique » au beurre de cacao classique et peut ĂȘtre utilisĂ© sans modification dans les procĂ©dĂ©s industriels existants, ce qui constitue un avantage majeur pour les fabricants.
Lâenjeu est considĂ©rable pour lâindustrie du chocolat, fortement dĂ©pendante des plantations dâAfrique de lâOuest, aujourdâhui fragilisĂ©es par le changement climatique, les maladies et le manque dâinvestissements. Ces difficultĂ©s ont entraĂźnĂ© une forte volatilitĂ© des prix, avec des pics atteignant 12 000 dollars la tonne rĂ©cemment. Face Ă cette instabilitĂ©, les industriels explorent activement des alternatives : fermentation, substituts vĂ©gĂ©taux ou encore cacao sans cacao.
Dans ce paysage, la solution de Celleste apparaĂźt comme une innovation de rupture, mais encore incertaine. Lâentreprise vise une mise sur le marchĂ© Ă horizon 2027, sous rĂ©serve dâautorisations rĂ©glementaires, plus rapides aux Ătats-Unis et en IsraĂ«l quâen Europe. Elle ambitionne Ă terme une production de 50 000 tonnes par an, avec un positionnement prix relativement Ă©levĂ©.
Toutefois, plusieurs experts soulignent les limites potentielles de cette technologie, notamment son coĂ»t, sa consommation Ă©nergĂ©tique et sa difficultĂ© Ă passer Ă lâĂ©chelle. Pour lâinstant, ces alternatives reprĂ©sentent moins de 1 % du marchĂ© du chocolat. MalgrĂ© cela, elles pourraient contribuer Ă combler un dĂ©ficit dâoffre structurel.
Financial Times, The next matcha: coffee chains bet on ubeâs viral appeal, 10/04/2026
Les grandes chaĂźnes de cafĂ©s au Royaume-Uni misent sur un nouvel ingrĂ©dient pour sĂ©duire les jeunes consommateurs : lâube, une patate douce violette originaire des Philippines. Starbucks et Costa Coffee ont rĂ©cemment lancĂ© des boissons Ă base dâube, espĂ©rant reproduire le succĂšs viral du matcha, devenu en quelques annĂ©es un incontournable des menus, notamment auprĂšs dâune clientĂšle jeune et fĂ©minine.
Le principal atout de lâube rĂ©side dans son apparence. Sa couleur violette intense en fait un produit particuliĂšrement « instagrammable », un critĂšre dĂ©sormais clĂ© dans les stratĂ©gies marketing des enseignes. Comme le matcha avant lui â reconnaissable Ă son vert vif â ou encore certaines tendances rĂ©centes comme le « Dubai chocolate », lâube bĂ©nĂ©ficie dâun fort potentiel de viralitĂ© sur les rĂ©seaux sociaux. Cette dimension visuelle joue un rĂŽle dĂ©terminant dans lâadoption rapide de nouveaux produits alimentaires, en particulier auprĂšs des consommateurs les plus jeunes.
Cette offensive intervient dans un contexte de concurrence accrue sur le marchĂ© du cafĂ©. Les grandes chaĂźnes ont perdu du terrain face Ă de nouveaux acteurs plus agiles, comme Blank Street, qui capitalisent sur les tendances et les attentes des jeunes gĂ©nĂ©rations. Ces derniĂšres privilĂ©gient des produits Ă la fois esthĂ©tiques, diffĂ©renciants et perçus comme plus sains. Le matcha, souvent associĂ© au bien-ĂȘtre, illustre parfaitement cette Ă©volution des goĂ»ts.
Sur le plan Ă©conomique, ces boissons reprĂ©sentent aussi une opportunitĂ© de montĂ©e en gamme. Les boissons au matcha sont en moyenne plus chĂšres que les lattes classiques, et les produits Ă base dâube sont positionnĂ©s dans des gammes de prix similaires, malgrĂ© un coĂ»t matiĂšre souvent infĂ©rieur. Elles permettent ainsi dâamĂ©liorer les marges tout en renouvelant lâoffre.
Toutefois, la pĂ©rennitĂ© de cette tendance reste incertaine. Si lâube suscite un engouement croissant, notamment grĂące Ă son adoption par les grandes chaĂźnes, certains professionnels doutent de sa capacitĂ© Ă sâimposer durablement comme le matcha. Celui-ci bĂ©nĂ©ficie dâune profondeur culturelle et dâun ancrage dans les habitudes de consommation qui vont au-delĂ de lâeffet de mode.
Financial Times, Jancis Robinsonâs A-Z of 21st-century wine â part one, 10/04/2026
Dans ce premier volet dâun abĂ©cĂ©daire consacrĂ© au vin du XXIe siĂšcle, la critique Jancis Robinson met en lumiĂšre les transformations profondes qui ont redĂ©fini lâunivers viticole au cours des derniĂšres dĂ©cennies. Ă travers une sĂ©rie dâentrĂ©es allant de « Azores » à « Influencers », elle illustre lâĂ©mergence de nouveaux territoires, pratiques et tendances qui Ă©taient largement inexistants ou marginaux au siĂšcle prĂ©cĂ©dent.
Parmi les Ă©volutions marquantes figurent la redĂ©couverte ou lâessor de rĂ©gions viticoles inattendues, comme les Açores ou lâEtna. Ces territoires, longtemps nĂ©gligĂ©s ou dĂ©clinants, bĂ©nĂ©ficient aujourdâhui dâinvestissements, de subventions et dâun regain dâintĂ©rĂȘt pour des vins singuliers, souvent liĂ©s Ă des terroirs extrĂȘmes. Les vignobles volcaniques de lâEtna ou les parcelles protĂ©gĂ©es par des murs de pierre aux Açores illustrent cette quĂȘte dâauthenticitĂ© et de diversitĂ©.
Lâarticle souligne Ă©galement les mutations techniques et gustatives. Des Ă©lĂ©ments comme le « brettanomyces », autrefois tolĂ©rĂ© voire recherchĂ©, sont dĂ©sormais perçus diffĂ©remment selon les gĂ©nĂ©rations, rĂ©vĂ©lant une Ă©volution des standards de qualitĂ©. De mĂȘme, lâapparition de bouchons techniques comme le Diam montre lâimportance croissante de la maĂźtrise des conditions de conservation et de vieillissement du vin.
Le XXIe siĂšcle est aussi marquĂ© par une transformation culturelle et commerciale. Les vins de cĂ©lĂ©britĂ©s, autrefois marginaux, participent aujourdâhui Ă lâĂ©largissement du public, malgrĂ© les rĂ©ticences des puristes. Le vin sâinvite Ă©galement dans la culture populaire, notamment Ă travers le cinĂ©ma et les documentaires, contribuant Ă sa dĂ©mocratisation et Ă la diffusion de ses codes.
Sur le plan stylistique, de nouvelles tendances émergent, comme les vins dits « glou glou », plus légers, fruités et accessibles, en réaction aux vins puissants et boisés qui dominaient auparavant. Cette évolution reflÚte une préférence croissante pour la fraßcheur et la buvabilité plutÎt que pour la puissance.
Enfin, lâarticle met en avant des transformations structurelles, comme le retour en grĂące des cĂ©pages hybrides, mieux adaptĂ©s aux dĂ©fis climatiques et environnementaux, ou encore lâinfluence grandissante des rĂ©seaux sociaux. Les influenceurs prennent une place croissante dans la prescription, au dĂ©triment des critiques traditionnels, bouleversant les circuits dâinformation et de recommandation.
Câest tout pour aujourdâhui.
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A la semaine prochaine!
O. Frey

















