đŸđđ Eat's business đđ·đ§ 2026-11
Bonjour Ă toutes et Ă tous, Eatâs Business est une newsletter dans laquelle vous trouverez une revue de presse de quelques articles sur le monde de lâalimentaire qui mâont semblĂ© intĂ©ressants dans la semaine prĂ©cĂ©dente.
Pour ceux qui veulent la version audio :
Pour ceux qui veulent la formule ristretto, les 3 articles que je vous conseille de lire en priorité cette semaine sont :
TĂ©lĂ©rama, Guide Michelin 2026 : derriĂšre la pluie dâĂ©toiles Ă Monaco, des questions et une Ă©trange disparition, 17/03/2026
Bloomberg, Fibermaxxing Is a Diet Trend Even Nutritionists Can Love, 11/02/2026
Modern Retail, Beef tallow is starting to go mainstream on grocery shelves, 19/03/2026
Bonne lecture et bonne semaine Ă toutes et Ă tous!
Pour celles et ceux dâentre vous qui ont plus de temps pour la formule lungo :
Le Figaro, Comment Savencia digÚre la poussée de fiÚvre sur les prix du lait, 20/03/2026
En 2025, Savencia a Ă©tĂ© fortement impactĂ© par une hausse exceptionnelle du prix du lait, qui a dĂ©passĂ© 500 euros la tonne en moyenne, soit +43 % par rapport Ă 2020. Cette inflation a pesĂ© sur la rentabilitĂ© du groupe, malgrĂ© une lĂ©gĂšre progression du chiffre dâaffaires (+1,6 %, Ă 6,9 milliards dâeuros). Le rĂ©sultat opĂ©rationnel a reculĂ© de 10 % et le bĂ©nĂ©fice net de plus de 30 %, illustrant la difficultĂ© Ă absorber ce choc de coĂ»ts.
Pour restaurer ses marges, le groupe mise sur une stratĂ©gie de montĂ©e en gamme. Il renforce notamment ses activitĂ©s Ă destination de la restauration premium et des professionnels. Le rapprochement avec les activitĂ©s chocolatiĂšres de Savencia Gourmet (Valrhona, Weiss) sâinscrit dans cette logique : il permet de proposer une offre complĂšte (produits laitiers et chocolat) aux chefs, sur un segment plus rentable que la grande distribution.
En parallĂšle, Savencia se dĂ©sengage de certaines activitĂ©s peu profitables, notamment des marques de distributeurs lorsque les marges sont jugĂ©es insuffisantes. Toutefois, la capacitĂ© Ă augmenter les prix reste limitĂ©e dans certains marchĂ©s, notamment en France, oĂč la concurrence entre distributeurs est particuliĂšrement forte. Le groupe indique ne pas avoir obtenu les hausses tarifaires nĂ©cessaires lors des nĂ©gociations commerciales.
Le contexte pourrait nĂ©anmoins sâamĂ©liorer avec la rĂ©cente baisse des prix du lait, liĂ©e Ă une hausse inattendue de la production mondiale. Celle-ci a Ă©tĂ© favorisĂ©e par des conditions climatiques favorables et des prix Ă©levĂ©s en dĂ©but dâannĂ©e, incitant les Ă©leveurs Ă produire davantage.
Ă lâinternational, Savencia reste confrontĂ© Ă des tensions commerciales, notamment en Chine oĂč les droits de douane ont augmentĂ©, affectant sa compĂ©titivitĂ©. Le groupe mise cependant sur la valorisation du savoir-faire français pour maintenir ses positions.
TĂ©lĂ©rama, Guide Michelin 2026 : derriĂšre la pluie dâĂ©toiles Ă Monaco, des questions et une Ă©trange disparition, 17/03/2026
La cĂ©rĂ©monie 2026 du Guide Michelin, organisĂ©e Ă Monaco, a confirmĂ© la vitalitĂ© et lâexpansion du cĂ©lĂšbre guide gastronomique, avec 668 restaurants Ă©toilĂ©s en France, soit une progression de 11 % en dix ans. LâĂ©vĂ©nement a largement mis en avant les notions dâ« excellence » et dâ« art », cĂ©lĂ©brant une gastronomie française toujours dynamique, marquĂ©e cette annĂ©e par lâattribution dâune nouvelle troisiĂšme Ă©toile au restaurant Les MorainiĂšres, en Savoie. Son chef, MichaĂ«l Arnoult, incarne une approche centrĂ©e sur la constance et la satisfaction du client.
Le palmarĂšs reste toutefois marquĂ© par de forts dĂ©sĂ©quilibres. GĂ©ographiquement, certaines rĂ©gions dominent largement, notamment lâĂle-de-France, la rĂ©gion Provence-Alpes-CĂŽte dâAzur et Auvergne-RhĂŽne-Alpes. Sur le plan culinaire, la montĂ©e en puissance des cuisines asiatiques, en particulier japonaise et chinoise, est notable, notamment Ă Paris, tĂ©moignant dâune diversification de la haute gastronomie.
En revanche, la question de la représentation féminine demeure problématique. Les femmes ne représentent que 6,54 % des nouveaux étoilés, un chiffre trÚs inférieur à leur poids réel dans les effectifs de la profession. Cette sous-représentation, désormais récurrente, souligne les limites structurelles du secteur.
Par ailleurs, certaines Ă©volutions du guide interrogent. LâĂ©toile verte, introduite pour valoriser les pratiques durables, semble avoir perdu en visibilitĂ©, remplacĂ©e par des distinctions plus floues. Dans le mĂȘme temps, la multiplication des prix annexes donne le sentiment dâune cĂ©rĂ©monie de plus en plus influencĂ©e par des logiques de sponsoring.
Mais lâarticle pointe surtout les silences du guide. Aucune mention nâest faite des conditions de travail en cuisine, des producteurs ou des enjeux agricoles et environnementaux. Cette omission est dâautant plus marquante dans un contexte de critiques croissantes sur les pratiques du secteur. En refusant de lier ses distinctions aux rĂ©alitĂ©s sociales des Ă©tablissements, Michelin maintient une vision centrĂ©e uniquement sur lâassiette. Une position qui soulĂšve une question de fond : peut-on encore cĂ©lĂ©brer la gastronomie sans considĂ©rer lâensemble de son Ă©cosystĂšme humain et Ă©thique ?
Le Figaro, «Atteindre 50 adresses dans les prochaines années» : Ladurée se lance à son tour dans la tendance du coffee shop, 20/03/2026
LadurĂ©e, maison emblĂ©matique fondĂ©e en 1862 et mondialement connue pour ses macarons et ses salons de thĂ©, amorce un tournant stratĂ©gique en se lançant sur le marchĂ© des coffee shops. Avec ce nouveau concept baptisĂ© « LadurĂ©e CafĂ© », lâenseigne cherche Ă moderniser son image et Ă Ă©largir sa clientĂšle, notamment en attirant un public plus jeune et en favorisant une frĂ©quentation plus rĂ©guliĂšre.
Une premiÚre adresse a ouvert à Paris, dans le 16e arrondissement, avec un positionnement volontairement différent des salons de thé traditionnels de la marque. Exit les décors classiques inspirés du XIXe siÚcle : le nouveau format adopte un design plus contemporain et épuré, avec des matériaux bruts, tout en conservant certains éléments identitaires comme le vert signature de la marque.
Lâoffre a Ă©galement Ă©tĂ© repensĂ©e pour sâadapter aux codes du coffee shop. Aux cĂŽtĂ©s des classiques cafĂ©s (espresso, latte), LadurĂ©e propose des boissons plus actuelles comme le matcha, ainsi quâune carte Ă©volutive renouvelĂ©e rĂ©guliĂšrement. CĂŽtĂ© produits, lâenseigne mise sur une sĂ©lection adaptĂ©e Ă une consommation quotidienne : viennoiseries, financiers et une nouvelle crĂ©ation, le « macaron chaud ». Les macarons traditionnels restent prĂ©sents, mais dans des formats plus petits, adaptĂ©s Ă une consommation individuelle.
Lâobjectif est clair : sortir dâun modĂšle basĂ© sur des achats occasionnels et festifs, souvent liĂ©s Ă des coffrets cadeaux, pour sâinscrire dans le quotidien des consommateurs. Le format plus compact des coffee shops permet Ă©galement Ă LadurĂ©e de sâimplanter plus facilement en milieu urbain dense.
Malgré un positionnement premium, la marque affirme proposer des prix alignés avec ceux du marché parisien, afin de rester compétitive dans un secteur trÚs concurrentiel. Le marché des coffee shops est en effet déjà saturé, mais Ladurée mise sur la qualité et la force de sa marque pour se différencier.
Les ambitions de dĂ©veloppement sont importantes : entre cinq et dix ouvertures sont prĂ©vues Ă Paris dĂšs 2026, avec un objectif de 50 points de vente Ă terme dans le monde. Lâexpansion visera notamment des marchĂ©s dĂ©jĂ familiers de la marque, comme New York ou Londres, mais aussi lâAsie du Sud-Est, identifiĂ©e comme particuliĂšrement dynamique.
Les Ăchos, « Elle a tout du dessert gĂ©nial » : lâĂ©tonnante histoire de la profiterole, 13/03/2026
Dessert emblĂ©matique de la gastronomie française, la profiterole sĂ©duit aujourdâhui par son contraste de textures et de tempĂ©ratures : une pĂąte Ă choux croustillante, garnie de glace vanille et nappĂ©e de chocolat chaud. Pourtant, derriĂšre cette image gourmande se cache une histoire longue et surprenante, marquĂ©e par de nombreuses transformations.
Ă lâorigine, la profiterole nâa rien dâun dessert. DĂšs le XVIe siĂšcle, le terme dĂ©signe une petite rĂ©compense alimentaire offerte aux domestiques, comme lâĂ©voque Rabelais dans Pantagruel. Il sâagit alors dâune prĂ©paration salĂ©e, souvent constituĂ©e de petits pains ou choux garnis de ragoĂ»ts ou dâabats, et consommĂ©s dans un bouillon. Le mot lui-mĂȘme renvoie Ă lâidĂ©e de « petit profit » ou de gratification.
Ce nâest que bien plus tard que la profiterole Ă©volue vers une version sucrĂ©e, notamment sous lâinfluence du cĂ©lĂšbre pĂątissier Antonin CarĂȘme, figure majeure de la gastronomie française du XIXe siĂšcle. Progressivement, la recette sâaffine et sâoriente vers des garnitures plus lĂ©gĂšres, comme la crĂšme pĂątissiĂšre ou la chantilly, avant dâaboutir Ă la version contemporaine associant glace vanille et chocolat chaud.
Aujourdâhui, ce dessert continue dâinspirer les chefs pĂątissiers. Christophe Michalak, ancien champion du monde de pĂątisserie, en propose une interprĂ©tation sophistiquĂ©e, mettant lâaccent sur la qualitĂ© des ingrĂ©dients et la prĂ©cision technique. Sa version repose sur un gros chou parfaitement creux, garni de ganache montĂ©e et de glace, puis nappĂ© Ă table pour renforcer lâexpĂ©rience sensorielle.
La rĂ©ussite dâune profiterole repose en effet sur un Ă©quilibre subtil, notamment dans la pĂąte Ă choux, Ă©lĂ©ment central de la recette. Sa prĂ©paration exige rigueur et maĂźtrise, tant dans le dosage des ingrĂ©dients que dans la cuisson. Les professionnels insistent sur lâimportance dâĂ©viter les compromis sur la qualitĂ©, quâil sâagisse de la pĂąte, de la glace ou du chocolat.
La Tribune, Hausse du prix du gazole : les pĂȘcheurs français au pied du mur, 19/03/2026
La pĂȘche française traverse une crise majeure sous lâeffet de la flambĂ©e des prix du gazole, directement liĂ©e aux tensions gĂ©opolitiques au Moyen-Orient. Ce poste de dĂ©pense, dĂ©jĂ central pour une activitĂ© trĂšs dĂ©pendante des Ă©nergies fossiles, reprĂ©sente dĂ©sormais jusquâĂ 50 % du chiffre dâaffaires de certains pĂȘcheurs. Avec des prix atteignant prĂšs dâun euro le litre dans certaines zones, comme en Corse, de nombreux professionnels redoutent de travailler Ă perte.
MalgrĂ© lâinquiĂ©tude croissante, les pĂȘcheurs nâont pas obtenu Ă ce stade dâaide dâurgence comparable Ă celle mise en place en 2022 aprĂšs le dĂ©but de la guerre en Ukraine. Le gouvernement tente nĂ©anmoins de rassurer la filiĂšre en Ă©voquant plusieurs pistes : limitation des prix du carburant, report des Ă©chĂ©ances bancaires ou encore crĂ©ation dâun systĂšme assurantiel. Mais ces mesures restent incertaines Ă court terme.
Face Ă cette situation, le secteur est contraint dâenvisager des transformations plus profondes. LâĂtat pousse Ă une modernisation de la flotte, dont lâĂąge moyen atteint 28 ans, afin de rĂ©duire la dĂ©pendance aux Ă©nergies fossiles. Cette transition sâinscrit dans un objectif plus large de neutralitĂ© carbone du secteur maritime Ă horizon 2050. Des dispositifs comme France Mer 2030, dotĂ© de financements pour soutenir lâinnovation, encouragent le dĂ©veloppement de navires hybrides ou Ă©lectriques, ainsi que lâadaptation des infrastructures portuaires.
Cependant, ces Ă©volutions nĂ©cessitent des investissements importants et ne rĂ©pondent pas Ă lâurgence Ă©conomique actuelle. Ă court terme, les pĂȘcheurs activent dâautres leviers pour prĂ©server leur activitĂ©. Ils cherchent notamment Ă influer sur les quotas de pĂȘche, comme dans le cas du maquereau, oĂč une rĂ©duction moins sĂ©vĂšre pourrait soutenir les revenus tout en prĂ©servant la ressource.
Par ailleurs, la question de la souverainetĂ© alimentaire gagne en importance. Les professionnels plaident pour une meilleure valorisation du poisson français, alors que prĂšs de 70 % des produits de la mer consommĂ©s en France sont importĂ©s. Des initiatives locales Ă©mergent, notamment dans la restauration collective, pour favoriser lâapprovisionnement en produits nationaux.
Modern Retail, Beef tallow is starting to go mainstream on grocery shelves, 19/03/2026
Le suif de bĆuf, longtemps marginalisĂ© au profit des huiles vĂ©gĂ©tales, connaĂźt un retour en force dans lâindustrie alimentaire amĂ©ricaine. PortĂ© par le mouvement âMake America Healthy Againâ et par une remise en question des huiles de graines, cet ingrĂ©dient attire un nombre croissant de marques et de distributeurs.
Des entreprises comme Masa ou Prima ont bĂąti leur positionnement autour du suif, utilisĂ© pour ses qualitĂ©s gustatives et son image ânaturelleâ ou âancestraleâ. Ce type de produits sĂ©duit de plus en plus les consommateurs, notamment dans les circuits premium et spĂ©cialisĂ©s, avant de gagner progressivement la distribution traditionnelle.
Cette tendance est Ă©galement alimentĂ©e par des figures mĂ©diatiques et politiques, qui contribuent Ă populariser lâidĂ©e que le suif serait plus sain que certaines huiles vĂ©gĂ©tales. RĂ©sultat : la demande explose, entraĂźnant une hausse significative des prix et une pression accrue sur lâapprovisionnement.
Cependant, cette croissance rapide met en lumiĂšre plusieurs dĂ©fis. Le suif reste coĂ»teux, jusquâĂ cinq fois plus cher que certaines huiles industrielles, ce qui pĂšse sur les marges des entreprises. De plus, la filiĂšre nâest pas structurĂ©e pour une production Ă grande Ă©chelle, rendant lâapprovisionnement complexe.
La qualitĂ© constitue un autre enjeu majeur. Le suif peut contenir des contaminants si les conditions dâĂ©levage ou de transformation ne sont pas maĂźtrisĂ©es. Certaines entreprises misent donc sur des filiĂšres rĂ©gĂ©nĂ©ratives pour garantir un produit plus sain et diffĂ©renciĂ©.
MalgrĂ© ces contraintes, les perspectives restent favorables. Les distributeurs manifestent un intĂ©rĂȘt croissant, et certaines marques enregistrent des performances commerciales solides.
Le retour du suif illustre ainsi une tendance plus large : la valorisation dâingrĂ©dients traditionnels, perçus comme plus authentiques, dans un contexte de dĂ©fiance envers les produits ultra-transformĂ©s.
The Guardian, HelloFresh hit by sales slump as people lose appetite for meal kits,
HelloFresh traverse une pĂ©riode difficile, marquĂ©e par une baisse significative de ses ventes aprĂšs lâessor exceptionnel connu pendant la pandĂ©mie. En 2025, le chiffre dâaffaires a reculĂ© de plus de 11 %, tandis que le nombre de commandes a chutĂ© de 12 %, signe dâun dĂ©sengagement des consommateurs vis-Ă -vis des kits de repas.
Ce retournement sâexplique en grande partie par lâĂ©volution du contexte Ă©conomique. Face Ă la hausse du coĂ»t de la vie, les consommateurs arbitrent davantage leurs dĂ©penses et privilĂ©gient des solutions moins coĂ»teuses. Les kits repas, perçus comme pratiques mais relativement chers, perdent ainsi en attractivitĂ©.
Par ailleurs, les habitudes alimentaires Ă©voluent. Le directeur gĂ©nĂ©ral souligne un retour vers des aliments perçus comme plus « authentiques » ou moins transformĂ©s. La question nâest plus seulement celle de la praticitĂ©, mais aussi de la qualitĂ© des produits proposĂ©s.
HelloFresh a rĂ©agi en lançant un plan dâĂ©conomies, incluant des suppressions dâemplois et la fermeture de certains sites, notamment au Royaume-Uni. Lâentreprise a Ă©galement dĂ©cidĂ© de se retirer de certains marchĂ©s comme lâEspagne et lâItalie, jugĂ©s insuffisamment rentables.
La situation est particuliĂšrement difficile aux Ătats-Unis, principal marchĂ© du groupe, oĂč des problĂšmes industriels ont affectĂ© la qualitĂ© des repas et la fidĂ©lisation des clients. Les ventes y ont chutĂ© de prĂšs de 17 %.
Depuis son pic en 2021, la valorisation boursiĂšre de lâentreprise sâest effondrĂ©e, illustrant la fin dâun cycle de croissance rapide. HelloFresh anticipe dâailleurs une nouvelle baisse de son chiffre dâaffaires en 2026.
Ce dĂ©clin met en lumiĂšre les limites dâun modĂšle fortement dĂ©pendant dâun contexte exceptionnel. Il reflĂšte aussi des mutations plus profondes des attentes des consommateurs, dĂ©sormais plus attentifs au prix, Ă la qualitĂ© et Ă la naturalitĂ© des produits.
Food Dive, How MondelÄz identifies the next disruptive snacking trends, 19/03/2026
Face Ă lâĂ©volution rapide des attentes des consommateurs, le groupe MondelÄz adapte sa stratĂ©gie dâinnovation en matiĂšre de snacking, notamment via son entitĂ© de capital-risque SnackFutures. Lâobjectif est dâidentifier les tendances Ă©mergentes et les marques capables de transformer durablement le marchĂ©.
Le secteur connaĂźt une mutation profonde, marquĂ©e par une attention accrue portĂ©e Ă la composition des produits et Ă leur impact sur la santĂ©. Le concept de âmindful snackingâ sâimpose progressivement, combinant plaisir et amĂ©lioration nutritionnelle. Il ne sâagit plus seulement de rĂ©duire le sucre ou le sel, mais de proposer des produits offrant de vĂ©ritables bĂ©nĂ©fices fonctionnels.
Parmi les tendances majeures, la montĂ©e en puissance des protĂ©ines reste centrale, mais dâautres dynamiques Ă©mergent, comme lâintĂ©rĂȘt pour les fibres, la santĂ© digestive ou encore les effets cognitifs des aliments. Ces Ă©volutions sâinscrivent dans un mouvement plus large de âfood as medicineâ, mĂȘme si certaines promesses restent encore peu Ă©tayĂ©es scientifiquement.
MondelÄz observe Ă©galement une hybridation des catĂ©gories, notamment entre confiserie et produits perçus comme plus sains, comme les snacks Ă base de fruits. Cette convergence permet de rĂ©pondre Ă une demande croissante pour des produits Ă la fois gourmands et âmeilleurs pour la santĂ©â.
Cependant, le groupe reste prudent face Ă certaines tendances, notamment celles liĂ©es au bien-ĂȘtre ou Ă la santĂ© mentale, qui peuvent relever davantage du marketing que de preuves scientifiques solides.
Lâun des enjeux clĂ©s rĂ©side dans lâĂ©quilibre entre indulgence et nutrition. Les consommateurs ne souhaitent pas renoncer au plaisir, mais attendent des produits plus Ă©quilibrĂ©s. Cette notion de âpermissible indulgenceâ devient centrale dans lâinnovation.
Enfin, la rapiditĂ© des Ă©volutions impose une grande agilitĂ© aux entreprises. Les marques doivent ĂȘtre capables dâajuster rapidement leur positionnement, voire de pivoter, pour rester pertinentes face Ă des tendances qui Ă©mergent et se diffusent de plus en plus vite.
Bloomberg, Fibermaxxing Is a Diet Trend Even Nutritionists Can Love, 11/02/2026
Longtemps nĂ©gligĂ©es dans lâalimentation occidentale, les fibres connaissent aujourdâhui un regain dâintĂ©rĂȘt spectaculaire, au point de devenir une vĂ©ritable tendance dans lâindustrie agroalimentaire. Pourtant, les chiffres restent prĂ©occupants : plus de 90 % des femmes et 97 % des hommes nâatteignent pas les apports journaliers recommandĂ©s, fixĂ©s entre 28 et 35 grammes. Cette carence sâexplique notamment par une alimentation trop riche en produits ultra-transformĂ©s et pauvre en fruits, lĂ©gumes, lĂ©gumineuses et cĂ©rĂ©ales complĂštes.
AprĂšs des dĂ©cennies dâindiffĂ©rence, les consommateurs commencent enfin Ă prĂȘter attention aux fibres, portĂ©s par plusieurs dynamiques. Les rĂ©seaux sociaux, notamment TikTok, participent Ă populariser le sujet avec des contenus Ă©ducatifs et ludiques autour du âfibermaxxingâ. ParallĂšlement, des facteurs mĂ©dicaux jouent un rĂŽle, comme lâessor des mĂ©dicaments GLP-1, qui incitent leurs utilisateurs Ă augmenter leur consommation de fibres pour limiter certains effets secondaires.
Cette prise de conscience sâaccompagne dâun intĂ©rĂȘt croissant pour le microbiome intestinal, largement mĂ©diatisĂ© par des documentaires et les nouvelles recommandations nutritionnelles. Les fibres sont dĂ©sormais associĂ©es Ă de nombreux bĂ©nĂ©fices : amĂ©lioration du transit, rĂ©duction des risques de maladies digestives, rĂ©gulation de la glycĂ©mie, effet de satiĂ©tĂ©, et mĂȘme impacts positifs sur le poids, la santĂ© cardiovasculaire et lâhumeur.
Lâindustrie alimentaire sâest rapidement emparĂ©e de cette tendance. De nombreuses marques, notamment des start-up âbetter-for-youâ, lancent des produits enrichis en fibres : sodas, barres, cĂ©rĂ©ales, confiseries ou plats prĂ©parĂ©s. Les grands groupes suivent le mouvement, intĂ©grant progressivement des fibres dans leurs produits phares. Certains dirigeants du secteur estiment mĂȘme que les fibres pourraient devenir âle nouveau proteinâ, tant leur potentiel marketing est important.
Les chiffres confirment cette dynamique, avec une forte croissance des produits revendiquant une teneur Ă©levĂ©e en fibres dans plusieurs catĂ©gories alimentaires. Toutefois, les experts appellent Ă la prudence : lâidĂ©al reste de privilĂ©gier des sources naturelles de fibres plutĂŽt que des produits transformĂ©s enrichis.
Enfin, malgrĂ© cet engouement, les fibres ne dĂ©trĂŽnent pas encore les protĂ©ines dans les prioritĂ©s des consommateurs. Elles sâimposent nĂ©anmoins comme un nouveau pilier de lâalimentation santĂ©, traduisant une Ă©volution des attentes vers des produits Ă la fois fonctionnels et bĂ©nĂ©fiques Ă long terme.
Financial Times, Is manuka honey really worth the buzz?, 17/03/2026
Le miel de manuka, produit en Nouvelle-Zélande et en Australie, est souvent présenté comme un superaliment aux propriétés médicinales exceptionnelles. Sa réputation repose notamment sur sa forte concentration en méthylglyoxal (MGO), un composé aux effets antibactériens et antimicrobiens.
Les études scientifiques confirment certains bénéfices, en particulier dans le domaine médical. Le miel de manuka est utilisé pour traiter des plaies, des brûlures ou des ulcÚres, en favorisant la cicatrisation et en réduisant les infections, y compris celles liées à des bactéries résistantes aux antibiotiques. Il peut également soulager les maux de gorge et possÚde des applications en cosmétique, grùce à ses propriétés hydratantes et apaisantes.
Cependant, ces effets dĂ©pendent fortement de la qualitĂ© du produit. Les experts insistent sur lâimportance des certifications, comme le label UMF ou un niveau Ă©levĂ© de MGO, garantissant une rĂ©elle activitĂ© biologique. Or, le marchĂ© est marquĂ© par des problĂšmes de traçabilitĂ© et de fraude : une part importante des produits vendus comme « manuka » serait diluĂ©e ou mal Ă©tiquetĂ©e.
Les critiques soulignent Ă©galement que les bĂ©nĂ©fices pour la santĂ© sont parfois exagĂ©rĂ©s. Si son efficacitĂ© en usage externe est bien documentĂ©e, les preuves concernant ses effets internes, notamment sur lâinflammation ou lâimmunitĂ©, restent limitĂ©es. De plus, il sâagit avant tout dâun sucre, avec un impact glycĂ©mique non nĂ©gligeable.
Certains experts recommandent donc de considĂ©rer le miel de manuka comme un produit premium plutĂŽt quâun remĂšde miracle. Dâautres alternatives, comme la curcumine, disposent de bases scientifiques plus solides pour certains usages.
En résumé, le miel de manuka présente des propriétés réelles mais spécifiques, principalement en usage médical ou cosmétique. Son efficacité dépend de sa qualité, et son positionnement comme produit santé global reste à nuancer face aux arguments marketing.
Financial Times, Japan loses its thirst for vending machines, 15/03/2026
Symbole emblĂ©matique du Japon moderne, les distributeurs automatiques de boissons connaissent un dĂ©clin marquĂ©, fragilisĂ©s par lâinflation, la concurrence accrue et les pĂ©nuries de main-dâĆuvre. Le parc national, qui compte encore environ 2,2 millions de machines, a chutĂ© de 23 % depuis son pic des annĂ©es 1980, illustrant une remise en cause dâun modĂšle autrefois florissant.
Lâune des principales raisons de ce recul est Ă©conomique. La hausse des prix a rendu les distributeurs moins attractifs pour les consommateurs, qui privilĂ©gient dĂ©sormais les supĂ©rettes, supermarchĂ©s ou drugstores, oĂč les boissons sont souvent jusquâĂ 20 % moins chĂšres. ParallĂšlement, ces enseignes ont amĂ©liorĂ© leur offre, notamment avec du cafĂ© fraĂźchement prĂ©parĂ©, accentuant la concurrence.
Les opĂ©rateurs sont Ă©galement confrontĂ©s Ă une hausse des coĂ»ts dâexploitation. Le modĂšle repose encore largement sur des interventions humaines pour le rĂ©approvisionnement, dans un contexte de pĂ©nurie chronique de chauffeurs routiers. La hausse des salaires dans le transport accentue cette pression. MalgrĂ© leur apparente automatisation, les distributeurs restent donc dĂ©pendants dâune logistique coĂ»teuse.
Un autre facteur clé réside dans le retard technologique du secteur. De nombreuses machines ne disposent pas de systÚmes avancés de suivi des stocks, obligeant des vérifications physiques réguliÚres. Si certains acteurs investissent dans la digitalisation, ces solutions restent coûteuses et difficiles à généraliser dans un marché en déclin.
Face Ă ces dĂ©fis, les entreprises adoptent des stratĂ©gies dâadaptation. Certaines rĂ©duisent leur parc pour se concentrer sur les emplacements les plus rentables, tandis que dâautres augmentent la capacitĂ© des machines afin de limiter la frĂ©quence des rĂ©approvisionnements.
Ce dĂ©clin reflĂšte des mutations plus larges de lâĂ©conomie japonaise, marquĂ©e par le vieillissement de la population, la rarĂ©faction de la main-dâĆuvre et une sensibilitĂ© accrue des consommateurs aux prix.
Ainsi, les distributeurs automatiques, autrefois symbole dâinnovation et de praticitĂ©, deviennent un exemple des limites dâun modĂšle confrontĂ© Ă de nouvelles contraintes Ă©conomiques et structurelles.
Wall Street Journal, Unilever in Talks to Separate Food Business and Combine It With McCormick, 20/03/2026+ Financial Times, Unilever in talks to sell food division to spice and sauce maker McCormick, 20/03/2026
Unilever est en discussions avancĂ©es avec lâamĂ©ricain McCormick en vue de cĂ©der ou scinder sa division alimentaire, dans une opĂ©ration potentiellement Ă©valuĂ©e Ă plusieurs dizaines de milliards de dollars. Cette activitĂ© regroupe des marques majeures comme Knorr, Hellmannâs ou Marmite et reprĂ©sente un chiffre dâaffaires important, mais jugĂ© moins dynamique que les autres segments du groupe.
Cette opĂ©ration sâinscrit dans une stratĂ©gie de transformation engagĂ©e depuis plusieurs annĂ©es par Unilever. Le groupe cherche Ă se recentrer sur ses activitĂ©s les plus rentables et Ă plus forte croissance, notamment la beautĂ©, les soins personnels et les produits dâentretien. La sĂ©paration du pĂŽle alimentaire constituerait une Ă©tape dĂ©cisive dans ce recentrage, aprĂšs dâautres cessions comme celle des glaces.
Pour McCormick, spĂ©cialiste des Ă©pices et condiments, cette opĂ©ration reprĂ©senterait un changement dâĂ©chelle majeur. Lâentreprise pourrait ainsi Ă©largir considĂ©rablement son portefeuille de marques et renforcer sa prĂ©sence internationale, notamment dans les marchĂ©s Ă©mergents oĂč Unilever est trĂšs implantĂ©.
Les discussions portent encore sur la structure de lâopĂ©ration. Plusieurs scĂ©narios sont envisagĂ©s, notamment des montages complexes mĂȘlant actions et numĂ©raire, voire une opĂ©ration de type Reverse Morris Trust permettant dâoptimiser la fiscalitĂ© et de faciliter la fusion des activitĂ©s. Unilever pourrait conserver une participation minoritaire dans lâensemble issu du rapprochement.
Ce projet reflĂšte une tendance plus large dans lâindustrie des biens de consommation : la fin progressive des grands conglomĂ©rats diversifiĂ©s au profit dâentreprises plus focalisĂ©es. Sous la pression dâinvestisseurs activistes, comme Nelson Peltz chez Unilever, les groupes cherchent Ă simplifier leur structure et Ă amĂ©liorer leur performance.
Toutefois, des incertitudes demeurent. LâopĂ©ration nâest pas finalisĂ©e et suscite des inquiĂ©tudes, notamment du cĂŽtĂ© des salariĂ©s, face aux consĂ©quences potentielles sur lâemploi et lâorganisation industrielle.
Si elle aboutit, cette transaction redĂ©finira en profondeur le positionnement dâUnilever et renforcera la spĂ©cialisation des acteurs du secteur, dans un marchĂ© agroalimentaire en mutation.
New York Times, Artificial Intelligence Is Coming for the Sommeliers, 19/03/2026
Lâintelligence artificielle sâinvite progressivement dans les restaurants, notamment dans le choix du vin, une Ă©tape souvent perçue comme stressante par les clients. De plus en plus de consommateurs utilisent des outils comme ChatGPT pour analyser les cartes des vins et obtenir des recommandations adaptĂ©es Ă leurs plats et Ă leur budget.
Pour les amateurs peu expĂ©rimentĂ©s, lâIA agit comme un levier de confiance. Elle permet dâĂ©viter des choix jugĂ©s « risquĂ©s » et de mieux dialoguer avec les sommeliers. Certains clients arrivent dĂ©sormais avec des suggestions gĂ©nĂ©rĂ©es en amont, ce qui transforme la dynamique de lâĂ©change. Les restaurateurs constatent dâailleurs cette Ă©volution et forment leurs Ă©quipes Ă rĂ©pondre Ă des questions influencĂ©es par ces Ő¶ŐžÖ usages.
Loin de remplacer les sommeliers, lâIA semble plutĂŽt enrichir leur rĂŽle. Plusieurs professionnels soulignent que les clients utilisant ces outils sont souvent plus curieux et engagĂ©s. LâIA sert alors de point de dĂ©part Ă une conversation plus approfondie, permettant dâaller au-delĂ des recommandations classiques.
Cependant, ses limites restent Ă©videntes. Si les suggestions sont gĂ©nĂ©ralement cohĂ©rentes et bien argumentĂ©es, elles manquent de crĂ©ativitĂ© et de prise de risque. LâIA propose des choix logiques, mais rarement surprenants. Elle ne peut pas non plus apprĂ©hender des Ă©lĂ©ments essentiels comme lâambiance dâune table, les Ă©motions des convives ou les nuances culturelles du vin.
Le vin Ă©tant un produit vivant, Ă©volutif et profondĂ©ment contextuel, lâexpertise humaine reste centrale. Les sommeliers apportent une dimension relationnelle et sensorielle que la technologie ne peut reproduire.
Par ailleurs, lâIA trouve aussi des applications dans la production viticole, notamment pour analyser des donnĂ©es historiques et aider Ă la prise de dĂ©cision.
Au final, lâIA sâimpose comme un outil complĂ©mentaire : utile pour guider et rassurer, mais insuffisant pour remplacer lâhumain. Elle redĂ©finit le rĂŽle du sommelier, en renforçant la valeur de lâexpĂ©rience, du conseil personnalisĂ© et du lien avec le client.
Wall Street Journal, What the Rise of Chicken Thighs Says About America, 19/03/2026
La montĂ©e en puissance des cuisses de poulet aux Ătats-Unis illustre une Ă©volution majeure des habitudes alimentaires, portĂ©e par des facteurs Ă©conomiques, culturels et technologiques. Longtemps dĂ©laissĂ©e au profit de la viande blanche, jugĂ©e plus saine et plus qualitative, la viande brune connaĂźt aujourdâhui un regain dâintĂ©rĂȘt significatif.
Pendant des dĂ©cennies, les consommateurs amĂ©ricains privilĂ©giaient le blanc de poulet, soutenus par des recommandations nutritionnelles valorisant les produits pauvres en matiĂšres grasses. Cette perception a conduit lâindustrie Ă exporter une grande partie de la viande brune vers des marchĂ©s Ă©trangers. Mais cette hiĂ©rarchie est dĂ©sormais remise en question.
Plusieurs facteurs expliquent ce retournement. Dâune part, lâĂ©volution des discours nutritionnels a rĂ©habilitĂ© les graisses et mis davantage lâaccent sur le goĂ»t et la satisfaction. Dâautre part, la hausse des prix du bĆuf incite les consommateurs Ă se tourner vers des alternatives plus abordables, comme le poulet, et en particulier les cuisses, moins chĂšres et plus savoureuses.
Lâinfluence croissante des cuisines issues de lâimmigration, notamment asiatique et latino-amĂ©ricaine, joue Ă©galement un rĂŽle clĂ©. Ces cultures valorisent traditionnellement la viande brune, contribuant Ă sa diffusion dans lâoffre culinaire amĂ©ricaine. ParallĂšlement, des innovations industrielles, comme le dĂ©sossage des cuisses, ont facilitĂ© leur adoption par les consommateurs.
Les restaurateurs et les chaßnes alimentaires ont accompagné cette tendance, intégrant les cuisses dans une large variété de plats, du fast-casual à la gastronomie. Leur succÚs repose aussi sur leurs qualités culinaires : plus juteuses et plus faciles à cuisiner que le blanc.
Les données confirment cette dynamique, avec une forte croissance de la demande en restauration et une hausse marquée des prix.
Au-delĂ dâun simple effet de mode, lâessor des cuisses de poulet reflĂšte une transformation plus large du rapport des AmĂ©ricains Ă lâalimentation, combinant recherche de goĂ»t, contraintes Ă©conomiques et ouverture culturelle.
Câest tout pour aujourdâhui.
Si vous apprĂ©ciez cette newsletter nâhĂ©sitez pas Ă la partager.
Et si vous voulez vous pouvez mĂȘme me payer un cafĂ© ;-)
A la semaine prochaine!
O. Frey


















