đŸđđ Eat's business đđ·đ§ 2026-09
Bonjour Ă toutes et Ă tous, Eatâs Business est une newsletter dans laquelle vous trouverez une revue de presse de quelques articles sur le monde de lâalimentaire qui mâont semblĂ© intĂ©ressants dans la semaine prĂ©cĂ©dente.
Pour ceux qui veulent la version audio :
Pour ceux qui veulent la formule ristretto, les 3 articles que je vous conseille de lire en priorité cette semaine sont :
LibĂ©ration, «On nâest pas contre lâĂ©change culturel, on est contre la domination» : Ă Lille, un cafĂ© viet relance la critique dâ«appropriation culturelle» dans la cuisine asiatique, 06/03/2026
The Guardian, More than 220m children will be obese by 2040 without drastic action, report warns, 04/03/2026
Forbes, Ancient Crunch Makes Health, Taste And Beauty The New Snack Standard As It Expands Its Tallow-Fried Masa Chips In Retail, 26/02/2026
Bonne lecture et bonne semaine Ă toutes et Ă tous!
Pour celles et ceux dâentre vous qui ont plus de temps pour la formule lungo :
LSA, Les seniors, moteur discret mais central de la consommation alimentaire, 03/03/2026
Les consommateurs de 65 ans et plus jouent un rĂŽle dĂ©terminant dans lâĂ©volution de la consommation alimentaire en France. Selon les donnĂ©es de Worldpanel by Numerator, cette population reprĂ©sente aujourdâhui 31 % de la consommation alimentaire Ă domicile et contribue Ă 60 % de la croissance des produits de grande consommation observĂ©e au cours des cinq derniĂšres annĂ©es. Cette influence sâest renforcĂ©e progressivement : les seniors rĂ©alisent dĂ©sormais prĂšs dâun tiers des occasions de consommation, soit une progression de quatre points depuis 2016.
Leur poids est particuliĂšrement marquĂ© dans les commerces de proximitĂ©, oĂč ils gĂ©nĂšrent environ 34 % des dĂ©penses. Cette prĂ©sence influence directement les stratĂ©gies des distributeurs, notamment en matiĂšre dâimplantation de magasins, de choix dâassortiments et de formats de produits. MalgrĂ© certaines Ă©volutions dans leurs habitudes, les seniors restent fortement attachĂ©s Ă des pratiques alimentaires structurĂ©es autour du repas.
Le repas demeure en effet un moment central et ritualisĂ©. PrĂšs de 91 % des repas sont pris Ă table, un niveau en hausse depuis plusieurs annĂ©es. Toutefois, 64 % des repas principaux sont consommĂ©s devant la tĂ©lĂ©vision, ce qui reflĂšte lâimportance des moments mĂ©diatiques dans les routines quotidiennes. Les motivations alimentaires de cette gĂ©nĂ©ration reposent principalement sur la recherche de plaisir (60 %), lâhydratation (59 %) et la santĂ© (41 %).
Les comportements Ă©voluent nĂ©anmoins sous lâeffet de changements sociĂ©taux et pratiques. Le temps moyen consacrĂ© Ă la prĂ©paration des repas a lĂ©gĂšrement diminuĂ©, passant Ă environ 20,9 minutes. Si la cuisine maison reste majoritaire â 81 % des repas sont encore prĂ©parĂ©s Ă domicile â le recours aux plats prĂȘts Ă consommer progresse, atteignant dĂ©sormais 19 % des repas, soit la plus forte hausse observĂ©e parmi toutes les gĂ©nĂ©rations. Par ailleurs, une grande majoritĂ© des repas, environ 86 %, est consommĂ©e froide.
Les prĂ©fĂ©rences culinaires privilĂ©gient des plats simples, digestes et compatibles avec les prĂ©occupations de santĂ© : salades composĂ©es, soupes, poĂȘlĂ©es de lĂ©gumes, Ćufs ou pĂątes cuisinĂ©es. Les seniors continuent nĂ©anmoins dâintĂ©grer des protĂ©ines animales dans leurs menus et conservent une structure traditionnelle des repas, avec une entrĂ©e dans 30 % des cas et la prĂ©sence de fromage dans prĂšs de la moitiĂ© des repas.
LâUsine Nouvelle, Ferrero, Bonduelle, Banania... Ces marques de lâagroalimentaire qui veulent se diversifier en changeant de rayon, un pari offensif mais risquĂ©, 04/03/2026
Face au ralentissement de certains marchĂ©s et Ă la recherche de nouveaux relais de croissance, de nombreux industriels de lâagroalimentaire tentent aujourdâhui de sâimplanter dans des catĂ©gories de produits oĂč ils nâĂ©taient pas historiquement prĂ©sents. Cette stratĂ©gie, appelĂ©e « stretching de marque », consiste Ă Ă©tendre une marque vers de nouveaux rayons tout en conservant les valeurs et la promesse associĂ©es Ă celle-ci.
Lâexemple emblĂ©matique est celui de Ferrero. Le groupe italien a investi le rayon des glaces avec des produits dĂ©rivĂ©s de ses marques phares, notamment les pots de glace Nutella, qui ont constituĂ© lâun des lancements les plus rĂ©ussis de 2024. Cette diversification permet aux marques fortes dâexploiter leur notoriĂ©tĂ© dans de nouveaux univers de consommation. Toutefois, la dĂ©marche nĂ©cessite de conserver une cohĂ©rence avec lâimage de la marque afin de ne pas perturber les consommateurs.
Certaines entreprises ont dĂ©veloppĂ© une expertise dans ce domaine. Bonduelle illustre cette stratĂ©gie progressive : lâentreprise est passĂ©e des lĂ©gumes en conserve aux surgelĂ©s, puis aux sachets vapeur, avant de se lancer dans les plats frais et plus rĂ©cemment dans des « bowls » riches en protĂ©ines vĂ©gĂ©tales. Ă chaque Ă©tape, lâentreprise est restĂ©e fidĂšle Ă son univers autour du lĂ©gume.
Cette diversification rĂ©pond souvent Ă un « plafond de verre » rencontrĂ© dans un marchĂ© historique. Par exemple, Vivien Paille, spĂ©cialiste des lĂ©gumineuses, cherche Ă attirer de nouveaux consommateurs en lançant des recettes cuisinĂ©es en conserve, plus pratiques et accessibles. Mais sortir de son cĆur de mĂ©tier comporte des risques supplĂ©mentaires dans un secteur oĂč lâinnovation produit est dĂ©jĂ difficile.
Pour rĂ©ussir, les industriels doivent souvent sâappuyer sur des partenaires disposant de lâexpertise technique ou industrielle nĂ©cessaire. Banania, par exemple, sâest associĂ© Ă un fabricant autrichien pour dĂ©velopper des snacks chocolatĂ©s sous licence. Ce type de collaboration permet dâaccĂ©der rapidement Ă un nouveau rayon tout en limitant les investissements initiaux.
Certaines entreprises choisissent nĂ©anmoins dâinternaliser progressivement la production lorsque le succĂšs est au rendez-vous. Ferrero a ainsi commencĂ© par produire ses glaces avec Unilever avant dâacquĂ©rir une usine en Espagne pour maĂźtriser la fabrication.
MalgrĂ© ces stratĂ©gies, les Ă©checs restent frĂ©quents. Des tentatives comme les produits vĂ©gĂ©taux de Lesieur ont rapidement disparu des rayons faute de succĂšs commercial. Pour les experts, la clĂ© rĂ©side dans la capacitĂ© Ă proposer un bĂ©nĂ©fice clair pour le consommateur, car lâacte dâachat se joue en quelques secondes dans un univers oĂč plus de 10 000 rĂ©fĂ©rences se disputent lâattention en magasin.
Le Monde, Les oubliés des titres-restaurant, 04/03/2026
Lâarticle sâintĂ©resse aux inĂ©galitĂ©s liĂ©es aux titres-restaurant, un dispositif largement rĂ©pandu en France mais qui reste inaccessible Ă de nombreux travailleurs. Chaque annĂ©e, les titres non utilisĂ©s expirent â ceux de 2025 devaient ĂȘtre dĂ©pensĂ©s avant le 28 fĂ©vrier 2026 â et les montants restants sont en partie reversĂ©s aux comitĂ©s sociaux et Ă©conomiques (CSE) des entreprises. Pourtant, de nombreux professionnels, souvent modestement rĂ©munĂ©rĂ©s, nâen bĂ©nĂ©ficient pas du tout : chauffeurs VTC, policiers, agriculteurs, travailleurs Ă domicile ou encore livreurs de plateformes comme Deliveroo.
Historiquement, les titres-restaurant nâont jamais Ă©tĂ© conçus comme un droit universel. Leur origine remonte aux premiĂšres rĂ©glementations sur la restauration dâentreprise. Une loi de 1913 encourageait dĂ©jĂ la mise en place de lieux de restauration pour les salariĂ©s. En 1960, les entreprises Ă©taient tenues de crĂ©er un rĂ©fectoire si au moins 25 employĂ©s en faisaient la demande. Mais câest surtout lâordonnance de 1967 qui marque la naissance des titres-restaurant modernes, reposant sur un systĂšme de cofinancement entre employeurs et salariĂ©s. Ce dispositif permettait aux entreprises dâĂ©viter dâinstaller un espace de restauration interne en distribuant des « bons repas » utilisables Ă lâextĂ©rieur.
DĂšs le dĂ©part, le titre-restaurant est donc restĂ© un avantage facultatif, accordĂ© Ă la discrĂ©tion de lâemployeur. Aujourdâhui, environ 5,5 millions de travailleurs en bĂ©nĂ©ficient, essentiellement des salariĂ©s du secteur privĂ© et, sous certaines conditions, des agents de la fonction publique depuis 2001. De nombreux travailleurs indĂ©pendants ou prĂ©caires restent exclus du dispositif.
Depuis la crise inflationniste consĂ©cutive Ă la pandĂ©mie de Covid-19, lâusage des titres-restaurant a toutefois Ă©voluĂ©. Une mesure exceptionnelle adoptĂ©e en 2022 a autorisĂ© leur utilisation dans les supermarchĂ©s pour acheter des produits alimentaires. Cette dĂ©rogation, prolongĂ©e jusquâĂ fin 2026, a transformĂ© ces titres en complĂ©ment de revenu pour une part importante des bĂ©nĂ©ficiaires. Aujourdâhui, environ 30 % des dĂ©penses rĂ©alisĂ©es avec des titres-restaurant se font dans la distribution alimentaire, contre 70 % dans la restauration.
Cette Ă©volution pourrait ĂȘtre pĂ©rennisĂ©e par une rĂ©forme en prĂ©paration, qui permettrait notamment leur utilisation pour les courses alimentaires et les repas le dimanche. Mais cette transformation suscite des dĂ©bats. Les organisations professionnelles de la restauration souhaitent rĂ©server ces titres aux restaurants afin de soutenir le secteur, tandis que les entreprises Ă©mettrices de titres-restaurant dĂ©fendent leur rĂŽle dans lâamĂ©lioration du pouvoir dâachat.
LibĂ©ration, «On nâest pas contre lâĂ©change culturel, on est contre la domination» : Ă Lille, un cafĂ© viet relance la critique dâ«appropriation culturelle» dans la cuisine asiatique, 06/03/2026
La popularitĂ© croissante des cuisines asiatiques en France sâaccompagne de dĂ©bats de plus en plus vifs autour de lâappropriation culturelle dans la restauration. Lâouverture dâun cafĂ© vietnamien Ă Lille par deux jeunes entrepreneurs français, Philippine et Simon, a rĂ©cemment dĂ©clenchĂ© une polĂ©mique sur les rĂ©seaux sociaux, rĂ©vĂ©lant les tensions qui entourent lâappropriation et la reprĂ©sentation des cultures culinaires.
Le projet du couple suit un rĂ©cit entrepreneurial dĂ©sormais familier : aprĂšs un voyage en Asie du Sud-Est, ils tombent amoureux du Vietnam et dĂ©cident dâouvrir un cafĂ© inspirĂ© de la culture vietnamienne. Mais la communication autour de lâĂ©tablissement provoque rapidement des critiques en ligne. Une publication Instagram prĂ©sentant le lieu comme « le premier cafĂ© vietnamien de Lille » dĂ©clenche un dĂ©bat virulent sur TikTok, certains internautes accusant les fondateurs dâappropriation culturelle et de reproduire une forme de « nĂ©ocolonialisme ».
Pour la journaliste Linh-Lan Dao, ces critiques sâexpliquent par la maniĂšre dont la culture vietnamienne est reprĂ©sentĂ©e. Elle dĂ©nonce un mĂ©lange dâĂ©lĂ©ments asiatiques et une imagerie stĂ©rĂ©otypĂ©e qui donneraient une vision simplifiĂ©e et folklorisĂ©e du continent. Selon elle, le problĂšme ne rĂ©side pas dans lâĂ©change culturel en lui-mĂȘme, mais dans un rapport de domination oĂč des entrepreneurs occidentaux capitalisent sur une culture issue dâanciens territoires colonisĂ©s sans vĂ©ritable reprĂ©sentation des communautĂ©s concernĂ©es.
La cheffe franco-vietnamienne Priscilla TrĂąm souligne que ces dĂ©bats sâinscrivent dans une histoire plus large de racisme et dâinvisibilisation des communautĂ©s asiatiques. Beaucoup de restaurateurs issus de ces diasporas ont longtemps Ă©tĂ© cantonnĂ©s Ă une cuisine dite « authentique », tandis que des chefs non asiatiques peuvent sâapproprier ces cuisines tout en bĂ©nĂ©ficiant dâune reconnaissance gastronomique plus large.
Certains observateurs relativisent toutefois la polĂ©mique. Des membres des communautĂ©s asiatiques rappellent que de nombreuses cuisines circulent librement Ă travers le monde et que les restaurants ne sont pas nĂ©cessairement tenus par des personnes originaires des pays concernĂ©s. Pour le sociologue Ăric Fassin, la question ne porte pas sur lâĂ©change culturel lui-mĂȘme, mais sur les rapports de pouvoir hĂ©ritĂ©s de lâhistoire coloniale.
La Tribune, Le « burger gate » des patrons de fast-foods : quand une bouchĂ©e Ă 1 020 calories fait dĂ©visser lâimage de McDonaldâs, 06/03/2026
Une courte vidĂ©o promotionnelle du PDG de McDonaldâs, Chris Kempczinski, dĂ©gustant le nouveau burger « Big Arch » a dĂ©clenchĂ© une polĂ©mique inattendue sur les rĂ©seaux sociaux, illustrant les risques de la communication directe des dirigeants dans lâĂšre numĂ©rique. Ce qui devait ĂȘtre une simple opĂ©ration marketing sâest transformĂ© en vĂ©ritable bataille dâimage entre les grandes chaĂźnes de fast-food.
Le malaise provient dâun contraste frappant entre le produit prĂ©sentĂ© et lâattitude du dirigeant. Le « Big Arch », un burger imposant affichant 1 020 calories, Ă©tait censĂ© symboliser la gourmandise et la gĂ©nĂ©rositĂ© de lâenseigne. Pourtant, dans la vidĂ©o publiĂ©e en ligne, Chris Kempczinski nâen prend quâune petite bouchĂ©e, jugĂ©e trop timide par les internautes. Sa remarque â « Câest une grosse bouchĂ©e pour un Big Arch » â prononcĂ©e alors que le sandwich reste quasiment intact, devient rapidement un mĂšme viral et alimente les critiques sur la dĂ©connexion entre les dirigeants et lâexpĂ©rience rĂ©elle des consommateurs.
Le ton employĂ© par le PDG renforce ce dĂ©calage. En qualifiant le burger de « produit » et en adoptant une posture jugĂ©e trop corporative dans un dĂ©cor minimaliste de bureau, il donne une impression froide et technocratique, peu compatible avec lâimage de plaisir et de convivialitĂ© associĂ©e au fast-food. Cette dissonance a rapidement Ă©tĂ© exploitĂ©e par les concurrents.
Burger King et Wendyâs ont en effet saisi lâoccasion pour lancer des campagnes opportunistes sur les rĂ©seaux sociaux. Burger King a publiĂ© une vidĂ©o montrant son prĂ©sident amĂ©ricain dĂ©vorant un Whopper avec enthousiasme, tandis que Wendyâs a diffusĂ© une sĂ©quence oĂč son dirigeant prĂ©pare et mange un Baconator tout en ironisant sur les cĂ©lĂšbres pannes de machines Ă glace chez McDonaldâs. Ces rĂ©actions illustrent une stratĂ©gie de « real-time marketing », qui consiste Ă exploiter immĂ©diatement lâactualitĂ© pour renforcer sa visibilitĂ©.
Au-delĂ de lâanecdote, lâĂ©pisode met en lumiĂšre les limites de la communication directe des dirigeants sur les rĂ©seaux sociaux. Si ce type de stratĂ©gie permet de contourner les mĂ©dias traditionnels et de sâadresser directement au public, il exige une grande maĂźtrise des codes numĂ©riques et du langage corporel. Dans ce cas prĂ©cis, la vidĂ©o semblait davantage destinĂ©e Ă un public interne ou financier quâaux internautes en quĂȘte dâauthenticitĂ© et de divertissement.
MalgrĂ© les moqueries, lâincident pourrait toutefois bĂ©nĂ©ficier Ă McDonaldâs. Lâattention mĂ©diatique gĂ©nĂ©rĂ©e autour du « Big Arch » aurait stimulĂ© les premiĂšres ventes du produit. Lâentreprise a dâailleurs choisi de rĂ©pondre avec humour sur les rĂ©seaux sociaux, transformant cette polĂ©mique en levier de visibilitĂ©.
The Guardian, Small investors turn on James Watt after BrewDog co-founder admits âmany mistakesâ, 04/03/2026
Le cofondateur de BrewDog, James Watt, fait face Ă une vive rĂ©action de la part de petits investisseurs aprĂšs la vente de la brasserie Ă©cossaise pour seulement 33 millions de livres au groupe amĂ©ricain Tilray Brands. Cette transaction a laissĂ© plus de 200 000 investisseurs particuliers â surnommĂ©s les « equity punks » â sans retour financier malgrĂ© les 75 millions de livres quâils avaient investis dans lâentreprise via plusieurs campagnes de financement participatif.
Dans un message publiĂ© sur LinkedIn, Watt a reconnu avoir commis « de nombreuses erreurs » au cours des 17 annĂ©es passĂ©es Ă la tĂȘte de BrewDog. Il sâest dit « brisĂ© » par les consĂ©quences de la vente, notamment la perte des investissements des particuliers et la suppression de centaines dâemplois. Tilray a en effet choisi de ne reprendre que 11 bars BrewDog, entraĂźnant la fermeture de 38 Ă©tablissements et la suppression dâenviron 484 postes.
Cependant, les critiques se sont rapidement multipliĂ©es. De nombreux investisseurs ont rappelĂ© que Watt et son cofondateur Martin Dickie avaient dĂ©jĂ encaissĂ© prĂšs de 100 millions de livres lors dâun investissement de la sociĂ©tĂ© de capital-investissement TSG, qui dĂ©tenait environ 22 % de BrewDog. Les conditions de cet accord avaient accordĂ© une prioritĂ© aux investisseurs institutionnels lors dâune Ă©ventuelle vente, ce qui a finalement laissĂ© les investisseurs particuliers sans compensation.
Les rĂ©actions sur les rĂ©seaux sociaux ont Ă©tĂ© particuliĂšrement virulentes. Certains accusent Watt dâavoir privilĂ©giĂ© les investisseurs professionnels au dĂ©triment de la communautĂ© qui avait contribuĂ© Ă la croissance initiale de la marque. Dâautres remettent en cause son image de dirigeant « punk », estimant que cette identitĂ© rebelle ne correspond plus Ă la rĂ©alitĂ© de son parcours entrepreneurial.
La chute de BrewDog est dâautant plus spectaculaire que la marque avait autrefois envisagĂ© une introduction en Bourse valorisant lâentreprise jusquâĂ 2 milliards de livres. Mais ces derniĂšres annĂ©es ont Ă©tĂ© marquĂ©es par des pertes financiĂšres, un ralentissement des ventes et une sĂ©rie de controverses concernant la culture interne de lâentreprise et le management de Watt. Certains anciens employĂ©s avaient dĂ©noncĂ© un « climat de peur », accusations pour lesquelles le dirigeant avait fini par prĂ©senter des excuses.
The Guardian, More than 220m children will be obese by 2040 without drastic action, report warns, 04/03/2026
Un nouveau rapport de la World Obesity Federation alerte sur une progression alarmante de lâobĂ©sitĂ© infantile dans le monde. Selon lâĂ©dition 2026 de son « World Obesity Atlas », plus de 227 millions dâenfants et dâadolescents ĂągĂ©s de 5 Ă 19 ans pourraient ĂȘtre obĂšses dâici 2040 si aucune mesure significative nâest prise. Par ailleurs, plus dâun demi-milliard de jeunes seraient en surpoids Ă cette Ă©chĂ©ance.
En 2025, environ 180 millions dâenfants Ă©taient dĂ©jĂ concernĂ©s par lâobĂ©sitĂ©. Lâaugmentation rapide de ces chiffres traduit, selon les experts, un manque dâaction politique et une incapacitĂ© des gouvernements Ă traiter lâobĂ©sitĂ© comme une vĂ©ritable maladie chronique. Johanna Ralston, directrice gĂ©nĂ©rale de la World Obesity Federation, estime quâil est inacceptable de « condamner une gĂ©nĂ©ration » Ă des maladies non transmissibles liĂ©es au surpoids, telles que les maladies cardiovasculaires ou le diabĂšte.
Le rapport souligne Ă©galement que les consĂ©quences sanitaires apparaissent de plus en plus tĂŽt. Dâici 2040, environ 120 millions dâenfants pourraient prĂ©senter des signes prĂ©coces de maladies chroniques liĂ©es Ă un indice de masse corporelle Ă©levĂ©. Dans plusieurs pays, ces tendances sont dĂ©jĂ visibles : aux Ătats-Unis, 27 millions dâenfants prĂ©sentent un excĂšs de poids, un chiffre infĂ©rieur seulement Ă ceux de la Chine et de lâInde. Au Royaume-Uni, prĂšs de 3,8 millions dâenfants sont concernĂ©s, soit un niveau record et presque deux fois supĂ©rieur Ă celui observĂ© en France ou en Italie.
Le rapport met Ă©galement en Ă©vidence de fortes inĂ©galitĂ©s rĂ©gionales. Les pays oĂč plus de la moitiĂ© des enfants sont en surpoids se trouvent principalement dans le Pacifique occidental et dans les AmĂ©riques. Toutefois, la croissance la plus rapide de lâobĂ©sitĂ© infantile est observĂ©e dans les pays Ă revenu faible ou intermĂ©diaire.
Les experts appellent Ă une transformation des environnements alimentaires. Parmi les mesures proposĂ©es figurent la taxation des produits sucrĂ©s, des restrictions strictes sur la publicitĂ© pour les aliments ultra-transformĂ©s destinĂ©s aux enfants, ainsi que des politiques favorisant lâactivitĂ© physique. LâOrganisation mondiale de la santĂ© souligne Ă©galement la nĂ©cessitĂ© de rendre obligatoires certaines mesures de rĂ©gulation, notamment lâĂ©tiquetage nutritionnel et les limitations du marketing alimentaire.
Washington Post, Are European supermarkets actually better and cheaper than American?, 03/03/2026
La perception selon laquelle les supermarchés européens seraient à la fois moins chers et de meilleure qualité que leurs équivalents américains est largement répandue, notamment sur les réseaux sociaux. Toutefois, selon plusieurs experts, la réalité est plus complexe et dépend de nombreux facteurs économiques et culturels.
Les visiteurs amĂ©ricains sont souvent frappĂ©s par la variĂ©tĂ© des produits locaux et saisonniers disponibles dans les supermarchĂ©s europĂ©ens. Dans de nombreux pays, lâorigine rĂ©gionale des produits est fortement mise en avant et constitue un Ă©lĂ©ment de fiertĂ© nationale. Les circuits dâapprovisionnement plus courts et le marchĂ© unique de lâUnion europĂ©enne facilitent Ă©galement la circulation des produits entre pays membres, ce qui peut contribuer Ă rĂ©duire certains coĂ»ts.
Cependant, comparer directement les prix alimentaires entre les Ătats-Unis et lâEurope reste difficile. Les AmĂ©ricains disposent en moyenne dâun revenu disponible plus Ă©levĂ©, ce qui signifie que la part du budget consacrĂ©e Ă lâalimentation peut ĂȘtre relativement plus faible, mĂȘme si les prix sont plus Ă©levĂ©s. Ă lâinverse, dans plusieurs pays europĂ©ens, les salaires plus bas rendent les dĂ©penses alimentaires proportionnellement plus importantes.
Les différences tiennent aussi aux habitudes de consommation. En Europe, les ménages font souvent leurs courses plus fréquemment et achÚtent des quantités plus petites, notamment en raison de logements et de réfrigérateurs plus petits. Les consommateurs privilégient souvent les produits frais et de saison, ce qui contribue à maintenir certains prix relativement bas.
Aux Ătats-Unis, en revanche, la structure du systĂšme alimentaire repose largement sur des chaĂźnes dâapprovisionnement longues et globalisĂ©es. Une grande partie des fruits, lĂ©gumes et noix est produite en Californie et transportĂ©e sur de longues distances pour approvisionner lâensemble du pays. Cette organisation permet de proposer une grande variĂ©tĂ© de produits toute lâannĂ©e, mais peut Ă©galement entraĂźner des coĂ»ts logistiques plus Ă©levĂ©s.
Enfin, les habitudes évoluent progressivement. Certains consommateurs américains commencent à adopter des comportements plus proches de ceux observés en Europe, comme faire leurs courses plus souvent et privilégier les produits locaux.
The Wall Street Journal, The Third-Largest Coffee Chain in the U.S. Actually Sells Very Little Hot Coffee, 01/03/2026
Dutch Bros, devenue la troisiĂšme plus grande chaĂźne de cafĂ© aux Ătats-Unis derriĂšre Starbucks et Dunkinâ, connaĂźt une croissance rapide grĂące Ă une stratĂ©gie inattendue : vendre trĂšs peu de cafĂ© chaud. Environ 90 % des boissons vendues par lâenseigne sont en rĂ©alitĂ© des boissons froides, souvent trĂšs personnalisables et inspirĂ©es de lâunivers des boissons Ă©nergĂ©tiques.
FondĂ©e en 1992 dans lâOregon par deux anciens producteurs laitiers, la chaĂźne compte aujourdâhui plus de 1 100 Ă©tablissements et gĂ©nĂšre environ 1,6 milliard de dollars de chiffre dâaffaires. Son succĂšs repose largement sur sa capacitĂ© Ă sĂ©duire la gĂ©nĂ©ration Z avec des boissons colorĂ©es et sucrĂ©es, comme lâ« OG Gummy Bear Lemonade » ou le « Shark Attack Rebel », une boisson Ă©nergisante composĂ©e de plusieurs couches de saveurs fruitĂ©es.
Lâinnovation et la personnalisation sont au cĆur du modĂšle Ă©conomique de Dutch Bros. Les clients peuvent composer leurs boissons Ă partir de plus de 40 saveurs diffĂ©rentes et ajouter divers toppings, mousses ou sirops. Cette flexibilitĂ© permet Ă la marque de se diffĂ©rencier dans un marchĂ© du cafĂ© trĂšs concurrentiel. La chaĂźne a Ă©galement dĂ©veloppĂ© sa propre boisson Ă©nergisante, Rebel, qui constitue aujourdâhui un quart de son activitĂ©.
Ce positionnement attire particuliĂšrement les jeunes consommateurs, qui privilĂ©gient les boissons glacĂ©es et apprĂ©cient les expĂ©riences personnalisĂ©es. Lâentreprise mise aussi fortement sur les rĂ©seaux sociaux et les produits dĂ©rivĂ©s pour fidĂ©liser sa clientĂšle. Des opĂ©rations marketing originales, comme la distribution dâautocollants ou dâaccessoires lors de lâachat dâune boisson, contribuent Ă renforcer lâengagement autour de la marque.
Toutefois, la concurrence sâintensifie. Starbucks a annoncĂ© le lancement de boissons Ă©nergĂ©tiques personnalisables, tandis que McDonaldâs dĂ©veloppe Ă©galement une nouvelle offre de boissons froides dans ses restaurants amĂ©ricains. Ces initiatives pourraient menacer lâavantage concurrentiel de Dutch Bros sur ce segment en forte croissance.
Pour continuer Ă se dĂ©velopper, la chaĂźne cherche Ă amĂ©liorer lâaccessibilitĂ© de son rĂ©seau et Ă renforcer son offre alimentaire, notamment avec des produits de boulangerie et des sandwichs pour le petit-dĂ©jeuner. Elle souhaite Ă©galement dĂ©velopper les commandes mobiles afin de capter davantage de clients le matin, pĂ©riode traditionnellement dominĂ©e par les grandes chaĂźnes de cafĂ©.
Forbes, How Michelob Ultra Zero Became The Best Selling Non-Alcoholic Beer In America, 02/03/2026
Michelob ULTRA Zero sâest imposĂ©e en un an comme la biĂšre sans alcool la plus vendue aux Ătats-Unis. LancĂ©e en janvier 2025 par Anheuser-Busch, cette extension de la marque Michelob ULTRA illustre la croissance rapide du marchĂ© des boissons sans alcool.
Le succĂšs du produit sâappuie sur la notoriĂ©tĂ© de la marque mĂšre, devenue rĂ©cemment la biĂšre la plus vendue du pays. En capitalisant sur son image associĂ©e Ă un mode de vie actif et Ă©quilibrĂ©, Michelob ULTRA a pu introduire une alternative sans alcool cohĂ©rente avec son positionnement marketing.
Bien que le marchĂ© de la biĂšre traditionnelle soit en dĂ©clin depuis plusieurs annĂ©es, les boissons sans alcool connaissent une croissance notable. Ce segment reste encore modeste â moins de 1,5 % des ventes totales de biĂšre â mais il attire de plus en plus lâattention des industriels. Selon les estimations, il pourrait atteindre 1,2 milliard de dollars dans les cinq prochaines annĂ©es.
Anheuser-Busch domine largement cette catĂ©gorie aux Ătats-Unis avec plusieurs marques, dont Budweiser Zero et Busch NA. Cependant, la concurrence reste forte. Par exemple, Heineken 0.0 demeure la biĂšre sans alcool la plus vendue en valeur, en raison de son positionnement premium. Par ailleurs, Athletic Brewing est le leader en termes de portefeuille de marques dans ce segment.
Le succĂšs de Michelob ULTRA Zero tient aussi au fait quâil attire de nouveaux consommateurs vers la catĂ©gorie. Selon les donnĂ©es de Nielsen IQ, prĂšs de trois quarts des personnes qui consomment des boissons sans alcool aujourdâhui sont de nouveaux entrants sur ce marchĂ©.
Fait notable, lâessor de cette version sans alcool ne semble pas cannibaliser les ventes de la biĂšre traditionnelle Michelob ULTRA. Au contraire, celles-ci ont progressĂ© de 4 % lâannĂ©e derniĂšre, malgrĂ© une baisse globale de 4 % du marchĂ© de la biĂšre.
Cette dynamique encourage dâautres brasseurs Ă investir dans le segment. Les marques Coors et Modelo prĂ©voient notamment de lancer leurs propres biĂšres sans alcool. De son cĂŽtĂ©, Anheuser-Busch poursuit lâexpansion de la gamme avec une nouvelle variante aromatisĂ©e, Michelob ULTRA Zero Lime.
Forbes, Ancient Crunch Makes Health, Taste And Beauty The New Snack Standard As It Expands Its Tallow-Fried Masa Chips In Retail, 26/02/2026
La start-up Ancient Crunch cherche Ă transformer le marchĂ© des snacks en combinant naturalitĂ©, goĂ»t et esthĂ©tique. Lâentreprise, fondĂ©e par Steven Rofrano et Seth Goldstein, propose notamment des chips de tortilla fabriquĂ©es Ă partir de maĂŻs biologique nixtamalisĂ© et frites dans du suif de bĆuf nourri Ă lâherbe, plutĂŽt que dans des huiles vĂ©gĂ©tales industrielles.
Le projet est nĂ© de lâexpĂ©rience personnelle de Rofrano, qui souffrait de problĂšmes digestifs et immunitaires liĂ©s Ă une alimentation riche en produits ultra-transformĂ©s. InspirĂ© par les rĂ©gimes alimentaires traditionnels et les techniques culinaires anciennes, il a dĂ©veloppĂ© lâidĂ©e de snacks plus naturels, reposant sur des ingrĂ©dients simples et des mĂ©thodes de transformation inspirĂ©es des pratiques prĂ©-industrielles.
AprĂšs plusieurs annĂ©es de ventes en ligne, Ancient Crunch accĂ©lĂšre dĂ©sormais son expansion dans la distribution. La marque est dĂ©jĂ prĂ©sente dans environ 2 000 points de vente et prĂ©voit dâarriver dans les magasins Whole Foods. Pour soutenir cette croissance, lâentreprise construit une nouvelle usine capable de produire plusieurs millions de sachets de chips par mois.
La marque mise Ă©galement sur lâinnovation produit. Outre ses chips de tortilla, elle a lancĂ© une gamme de chips de pommes de terre biologiques appelĂ©e « Vandy Crisps » ainsi quâun nouveau produit, le « Golden Age Popcorn ». Tous les produits sont frits dans du suif de bĆuf, ingrĂ©dient que la marque considĂšre comme plus nutritif et plus stable que les huiles vĂ©gĂ©tales.
Ancient Crunch accorde Ă©galement une grande importance Ă lâorigine des ingrĂ©dients et aux mĂ©thodes agricoles. Lâentreprise expĂ©rimente par exemple la culture rĂ©gĂ©nĂ©rative de variĂ©tĂ©s de maĂŻs afin de renforcer la durabilitĂ© de sa chaĂźne dâapprovisionnement.
Au-delĂ du produit lui-mĂȘme, la marque travaille aussi son identitĂ© visuelle. Les emballages sont conçus pour ĂȘtre esthĂ©tiques et rĂ©utilisables, afin de transformer lâexpĂ©rience de consommation et de valoriser le produit dans la cuisine des consommateurs.
Eater, How One Farm Raises the Rarest, Most Expensive Mollusk in America, 02/03/2026
En Californie, la Cultured Abalone Farm joue un rĂŽle central dans la production dâormeaux dâĂ©levage aux Ătats-Unis. SituĂ©e Ă Santa Barbara, cette exploitation fournit la majoritĂ© des ormeaux consommĂ©s dans le pays, une espĂšce devenue rare et particuliĂšrement coĂ»teuse sur le marchĂ©.
LâĂ©levage dâormeaux est un processus long et dĂ©licat. Les mollusques sont nourris avec des algues et du varech frais, dont environ 30 000 livres sont distribuĂ©es chaque semaine dans les 450 bassins de la ferme. Ces animaux nĂ©cessitent plusieurs annĂ©es de croissance avant dâatteindre la taille commerciale, gĂ©nĂ©ralement entre quatre et six ans.
La rĂ©colte est Ă©galement une opĂ©ration minutieuse. Les ormeaux sâaccrochent fermement aux parois des bassins et doivent ĂȘtre dĂ©collĂ©s Ă la main par des travailleurs expĂ©rimentĂ©s. La manipulation est particuliĂšrement dĂ©licate, car ces mollusques ne produisent pas de caillots sanguins : une simple coupure peut ĂȘtre fatale.
Au-delĂ de la production commerciale, la ferme joue aussi un rĂŽle important dans la conservation des populations sauvages. Les ormeaux ont connu un dĂ©clin dramatique depuis les annĂ©es 1970 en raison de la surpĂȘche et de la destruction de leur habitat naturel.
Le site abrite notamment une Ă©closerie qui participe Ă la restauration de lâormeau blanc, une espĂšce presque disparue sur les cĂŽtes californiennes. La ferme dispose actuellement dâenviron cinq millions dâĆufs. Seule une fraction dâentre eux survivra jusquâau stade adulte, mais ces efforts contribuent Ă maintenir la diversitĂ© gĂ©nĂ©tique de lâespĂšce.
Une fois récoltés, les ormeaux sont conditionnés vivants dans des caisses réfrigérées et expédiés vers des distributeurs et restaurants. Ils peuvent rester frais pendant quatre à cinq jours, ce qui permet de préserver leur qualité gastronomique.
New York Times, The Allure of âSlop Bowlsâ Fades as Consumers Tighten Spending, 06/03/2026
Les chaĂźnes de restauration rapide haut de gamme spĂ©cialisĂ©es dans les bowls â comme Chipotle, Sweetgreen ou Cava â connaissent un ralentissement de leur frĂ©quentation, alors que les consommateurs rĂ©duisent leurs dĂ©penses face Ă lâinflation. Ce segment, qui avait connu une croissance spectaculaire ces derniĂšres annĂ©es, voit dĂ©sormais ses ventes et son trafic diminuer.
Les « slop bowls », terme parfois utilisĂ© sur les rĂ©seaux sociaux pour dĂ©signer ces bols composĂ©s de quinoa, lĂ©gumes, cĂ©rĂ©ales et protĂ©ines, Ă©taient devenus un symbole dâune alimentation rapide mais perçue comme plus saine. Toutefois, la hausse continue des prix semble freiner lâenthousiasme des consommateurs. Dans certains restaurants, un burrito bowl peut dĂ©sormais coĂ»ter prĂšs de 14 dollars et une salade jusquâĂ 16 dollars, ce qui pousse certains clients Ă limiter leurs visites ou Ă prĂ©parer des alternatives Ă domicile.
Cette Ă©volution sâinscrit dans un contexte plus large de contraction des dĂ©penses dans la restauration. Selon une enquĂȘte menĂ©e auprĂšs de consommateurs amĂ©ricains, la dĂ©pense hebdomadaire moyenne dans les restaurants est passĂ©e dâenviron 115 dollars lâĂ©tĂ© dernier Ă environ 90 dollars aujourdâhui. Les mĂ©nages Ă faibles revenus ont Ă©tĂ© les premiers Ă rĂ©duire leurs sorties, mais les classes moyennes et les jeunes adultes ont Ă©galement commencĂ© Ă limiter leurs dĂ©penses.
Les chaĂźnes de fast-food traditionnelles ont rĂ©agi en relançant des menus Ă prix rĂ©duits et des offres promotionnelles pour attirer les consommateurs. En revanche, les chaĂźnes de bowls hĂ©sitent Ă sâengager dans une guerre des prix, car leur modĂšle Ă©conomique repose sur des ingrĂ©dients frais et souvent coĂ»teux.
La hausse du prix des matiĂšres premiĂšres accentue Ă©galement la pression sur les marges. Les prix du bĆuf atteignent des niveaux record en raison de la baisse du cheptel amĂ©ricain liĂ©e Ă la sĂ©cheresse. Par ailleurs, certains produits agricoles, comme la laitue, ont connu de fortes augmentations Ă cause de perturbations dans les chaĂźnes dâapprovisionnement.
Face Ă ces dĂ©fis, certaines enseignes tentent dâadapter leur offre. Chipotle a introduit un taco Ă 3,50 dollars dans certains restaurants, tandis que Sweetgreen expĂ©rimente des wraps riches en protĂ©ines vendus Ă moins de 15 dollars.
Câest tout pour aujourdâhui.
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A la semaine prochaine!
O. Frey















