đŸđđ Eat's business đđ·đ§ 2026-05
Bonjour Ă toutes et Ă tous, Eatâs Business est une newsletter dans laquelle vous trouverez une revue de presse de quelques articles sur le monde de lâalimentaire qui mâont semblĂ© intĂ©ressants dans la semaine prĂ©cĂ©dente.
Pour ceux qui veulent la version audio :
Pour ceux qui veulent la formule ristretto, les 3 articles que je vous conseille de lire en priorité cette semaine sont :
Les Ăchos, Traiteur B to B, carte « Bouillon », recettes Ă©trangĂšres⊠Les boulangeries cherchent leurs relais de croissance, 28/01/2026
NĂ©o Restauration, Restauration, les codes ont changĂ©: 5 idĂ©es reçues Ă abandonner pour sâadapter Ă la nouvelle rĂ©alitĂ© du secteur [Tribune], 31/01/2026
FoodDive, From ânewstalgiaâ to âswangyâ: The flavor trends taking over 2026, 29/01/2026
Bonne lecture et bonne semaine Ă toutes et Ă tous!
Pour celles et ceux dâentre vous qui ont plus de temps pour la formule lungo :
Les Ăchos, Instacart, gĂ©ant amĂ©ricain de la livraison de courses, dĂ©barque en France, 30/01/2026
Instacart, le gĂ©ant amĂ©ricain de la livraison de courses Ă domicile, fait une entrĂ©e discrĂšte mais stratĂ©gique sur le marchĂ© français. Depuis le 30 janvier 2026, la sociĂ©tĂ© propose la livraison des produits Costco en France, un distributeur amĂ©ricain prĂ©sent localement avec seulement trois magasins, dont un rĂ©cemment inaugurĂ© Ă Mulhouse. DĂ©jĂ partenaire logistique de Costco aux Ătats-Unis et au Canada, Instacart commence ainsi son expansion europĂ©enne en ciblant deux marchĂ©s Ă fort potentiel : la France et lâEspagne.
Créée en 2012 et cotĂ©e Ă Wall Street depuis 2023, Instacart collabore avec plus de 1.800 enseignes et gĂšre la logistique de quelque 100.000 magasins en AmĂ©rique du Nord. Son PDG, Chris Rogers, qualifie ce dĂ©ploiement en Europe de « tournant stratĂ©gique » visant Ă capitaliser sur plus de 13 annĂ©es dâexpertise en Ă©picerie en ligne. Lâentreprise mise sur la densitĂ© urbaine et lâancrage commercial solide de la France et de lâEspagne pour tester son modĂšle avant une Ă©ventuelle expansion plus large. En Espagne, le service couvre dĂ©jĂ cinq magasins Costco dans les grandes villes comme Madrid ou SĂ©ville.
Le service proposĂ© repose sur Storefront Pro, une plateforme qui permet une livraison le jour mĂȘme, mais uniquement pour les membres Costco abonnĂ©s. En France, les livraisons seront limitĂ©es dans un premier temps aux zones mĂ©tropolitaines de Paris et Mulhouse. Pour respecter les normes europĂ©ennes du travail, Instacart ne recrutera pas directement ses livreurs, comme câest le cas aux Ătats-Unis. Elle passera par des prestataires europĂ©ens tiers, chargĂ©s dâembaucher et de gĂ©rer les prĂ©parateurs et livreurs.
Instacart nâen est pas Ă son premier test hors dâAmĂ©rique. Elle a dĂ©jĂ lancĂ© ses chariots intelligents dotĂ©s dâIA dans les supermarchĂ©s australiens Coles, et prĂ©pare leur dĂ©ploiement au Royaume-Uni chez Morrisons. Des discussions sont Ă©galement en cours avec Aldi en Autriche. Cette offensive internationale sâinscrit dans une volontĂ© de diversification gĂ©ographique Ă un moment oĂč lâentreprise cherche de nouvelles marges de croissance. La nouvelle a provoquĂ© un bond de 2,9 % de son action avant lâouverture des marchĂ©s Ă New York, tandis que celle de Costco reculait lĂ©gĂšrement.
LâUsine Nouvelle, Agroalimentaire : La Trinitaine, sauvĂ©e de la liquidation par le fonds breton Breizh Rebond, va opĂ©rer un virage stratĂ©gique radical, 24/01/2026
La biscuiterie La Trinitaine, figure emblĂ©matique du patrimoine agroalimentaire breton fondĂ©e il y a 70 ans, a Ă©vitĂ© la liquidation grĂące Ă lâintervention du fonds de retournement Breizh Rebond, soutenu par la rĂ©gion Bretagne et des partenaires bancaires. Seule offre retenue par le tribunal de commerce de Rennes aprĂšs une mise en redressement judiciaire en octobre 2025, cette reprise marque un tournant radical dans la stratĂ©gie de lâentreprise. En effet, 84 des 128 emplois sont supprimĂ©s, et lâactivitĂ© principale de pĂątisseries industrielles â reprĂ©sentant jusquâĂ 90 % du volume de production â est abandonnĂ©e car jugĂ©e non viable Ă©conomiquement.
Ce choix drastique est motivĂ© par la chute de rentabilitĂ© des pĂątisseries vendues sous marque de distributeur, fortement impactĂ©e par la hausse du coĂ»t des matiĂšres premiĂšres. La nouvelle stratĂ©gie vise donc Ă recentrer lâactivitĂ© sur les biscuits secs, produits sur des lignes dĂ©jĂ optimisĂ©es, qui reprĂ©sentent certes une minoritĂ© des volumes, mais environ 50 % du chiffre dâaffaires. Ce recentrage permettra de conserver seulement 44 salariĂ©s, une restructuration assumĂ©e par le nouveau prĂ©sident, Florent CoĂ«ffec, ancien DG du groupe.
Lâentreprise, dont le chiffre dâaffaires sâĂ©levait Ă 40,4 millions dâeuros en 2024, est grevĂ©e par une dette de 26,6 millions dâeuros et accumule les pertes depuis 2021. Breizh Rebond vise un retour Ă lâĂ©quilibre financier dâici deux ans grĂące Ă cette restructuration. ParallĂšlement, la filiale de distribution â mise en sauvegarde pour Ă©viter une contamination Ă©conomique â est vue comme un levier stratĂ©gique avec ses 47 magasins et 140 salariĂ©s. Ce rĂ©seau constitue une plateforme de diffusion stable et pĂ©renne pour les produits de Saint-Philibert.
Ce plan de sauvetage, bien que sĂ©vĂšre socialement, ambitionne de reconstruire un modĂšle Ă©conomiquement durable autour de produits Ă plus forte valeur ajoutĂ©e et dâune distribution en circuit court. Il sâinscrit Ă©galement dans une logique rĂ©gionale de prĂ©servation du tissu industriel local, en cohĂ©rence avec les objectifs du fonds Breizh Rebond.
Les Ăchos, HappyVore Ă©branle le leadership de NestlĂ© sur le marchĂ© des alternatives vĂ©gĂ©tales Ă la viande, 29/01/2026
HappyVore, PME française spĂ©cialisĂ©e dans les alternatives vĂ©gĂ©tales Ă la viande, vient de franchir un cap symbolique en prenant pour la premiĂšre fois la tĂȘte des parts de marchĂ© en grande surface devant Garden Gourmet, la marque vĂ©gĂ©tale de NestlĂ©. Avec 22,7 % de parts de marchĂ© en valeur en janvier 2026 selon Circana, lâentreprise incarne un vĂ©ritable « David » face au gĂ©ant suisse. Son dirigeant et fondateur, Guillaume Dubois, souligne que la mission nâa jamais Ă©tĂ© de convertir les consommateurs au vĂ©gĂ©tarisme strict, mais de faciliter une consommation accrue de protĂ©ines vĂ©gĂ©tales. En 2025, la sociĂ©tĂ© a produit 3.000 tonnes de produits, soit lâĂ©quivalent de 35 millions de repas et un chiffre dâaffaires de 35 millions dâeuros.
LâannĂ©e 2026 sâannonce ambitieuse avec lâobjectif dâatteindre les 50 millions dâeuros de chiffre dâaffaires (+40 % de croissance) et une conquĂȘte des marchĂ©s frontaliers. Lâusine de Chevilly (Loiret), qui emploie 90 des 170 salariĂ©s, va dĂ©sormais fonctionner aussi la nuit pour soutenir cette dynamique. Une vingtaine de recrutements sont prĂ©vus.
MalgrĂ© ce succĂšs, NestlĂ© revendique encore la premiĂšre place sur lâensemble du segment du traiteur vĂ©gĂ©tal, avec 20 % de part de marchĂ© annuelle selon Nielsen et un taux de rĂ©achat Ă©levĂ© (62 %). Des tensions avec les distributeurs ont toutefois pesĂ© sur la visibilitĂ© en rayon de Garden Gourmet, ce qui a pu nuire Ă ses performances. NestlĂ© maintient toutefois ses ambitions et prĂ©voit deux nouvelles rĂ©fĂ©rences pour le printemps, tout en envisageant une rĂ©vision stratĂ©gique de la marque. Selon des sources internes, une vente de Garden Gourmet nâest pas exclue.
Le marchĂ© français des alternatives vĂ©gĂ©tales, bien que croissant, reste modeste comparĂ© Ă ses voisins : 195,5 millions dâeuros en 2025, contre 912 millions en Allemagne et 613 au Royaume-Uni. La croissance y est nĂ©anmoins soutenue : +15,7 % en valeur et +21,4 % en volume. Une dizaine dâacteurs se partagent ce marchĂ© en pleine effervescence, mais encore loin dâavoir entamĂ© un processus de concentration. Les marques distributeur et Fleury Michon (avec ses tranches vĂ©gĂ©tales) se distinguent Ă©galement.
Les Ăchos, Traiteur B to B, carte « Bouillon », recettes Ă©trangĂšres⊠Les boulangeries cherchent leurs relais de croissance, 28/01/2026
Le secteur des boulangeries-pĂątisseries en France connaĂźt un tournant majeur. AprĂšs des annĂ©es de croissance, le nombre de points de vente indĂ©pendants est en dĂ©clin pour la deuxiĂšme annĂ©e consĂ©cutive, avec 29 250 Ă©tablissements en 2025 contre 30 100 en 2023, selon lâĂ©tude de Food Service Vision. Ce recul traduit lâentrĂ©e du marchĂ© dans une phase de maturitĂ© et lâimpact dâune concurrence croissante, notamment celle de la grande distribution et des coffee shops sur des moments clĂ©s comme le petit-dĂ©jeuner et le dĂ©jeuner.
Le chiffre dâaffaires global du secteur a progressĂ© modestement de 2 % en 2025 (Ă 16,2 milliards dâeuros), un rythme bien infĂ©rieur aux croissances enregistrĂ©es aprĂšs le Covid. Dans ce contexte, les chaĂźnes de boulangerie, bien que minoritaires, tirent mieux leur Ă©pingle du jeu avec une hausse de +8 % de leur chiffre dâaffaires (3,8 milliards dâeuros) grĂące Ă une stratĂ©gie dâexpansion ciblĂ©e en pĂ©riphĂ©rie urbaine et dans des emplacements Ă fort trafic comme les gares ou les aĂ©roports.
Les enseignes telles que Marie BlachĂšre, Paul, Ange, Feuillette ou Boulangerie Louise dominent le classement en chiffre dâaffaires. Elles bĂ©nĂ©ficient dâune meilleure capacitĂ© dâinvestissement, dâun maillage territorial optimisĂ© et dâun dĂ©veloppement vers des formats hybrides mĂȘlant restauration rapide, vente Ă emporter et produits dâĂ©picerie.
Chez les indĂ©pendants, la situation est plus contrastĂ©e : certains artisans dynamiques dĂ©veloppent des mini-rĂ©seaux ou adaptent leur offre vers des formats plus proches du coffee shop. Lâoffre de snacking reste incontournable mais insuffisante pour assurer la croissance. Câest pourquoi nombre de boulangeries Ă©tendent dĂ©sormais leur carte vers des plats chauds, des formules dĂ©jeuner plus Ă©laborĂ©es et des concepts comme le brunch ou des espaces Ă privatiser (ex. Maison Becam Ă Angers).
Les recettes dâinspiration Ă©trangĂšre gagnent aussi du terrain, notamment les pĂątisseries amĂ©ricaines (cookies, donuts) ou les boissons comme le bubble tea. LâactivitĂ© traiteur en B to B est identifiĂ©e comme un nouveau relais de croissance, permettant dâĂ©largir la clientĂšle au-delĂ du point de vente physique. Cette diversification implique toutefois de nouveaux dĂ©fis : gestion plus complexe, compĂ©tences accrues et besoins en recrutement.
Les Ăchos, « Les 25-35 ans ne viennent pas en connaisseurs et ne cherchent pas Ă lâĂȘtre, mais en dĂ©couvreurs » : quand les millennials craquent pour les restaurants Ă©toilĂ©s, 25/01/2026
Contrairement aux idĂ©es reçues, les restaurants gastronomiques Ă©toilĂ©s ne sont pas dĂ©sertĂ©s par les jeunes gĂ©nĂ©rations. Une Ă©tude rĂ©alisĂ©e par OpinionWay pour MoĂ«t Hennessy et le think tank Le Passe rĂ©vĂšle que les 25-35 ans sont bel et bien attirĂ©s par ces tables dâexception, quâils frĂ©quentent Ă lâoccasion dâĂ©vĂ©nements marquants : anniversaire, rĂ©ussite professionnelle, fiançailles, etc. Si leur frĂ©quentation reste occasionnelle, ils reprĂ©sentent une clientĂšle en quĂȘte dâexpĂ©rience globale et personnalisĂ©e, au-delĂ de la simple qualitĂ© culinaire.
Parmi les clients ayant frĂ©quentĂ© un Ă©tablissement une Ă©toile dans lâannĂ©e, 60 % ne lâont fait quâune fois, et 54 % y sont allĂ©s pour cĂ©lĂ©brer un moment particulier. Cette gĂ©nĂ©ration ne cherche pas Ă devenir experte en gastronomie mais souhaite vivre une expĂ©rience sensorielle, humaine et narrative. Le raffinement, lâaccueil et la mise en scĂšne sont essentiels pour eux, tout autant que le goĂ»t.
LâĂ©tude souligne que les jeunes ne rejettent pas le luxe, mais le souhaitent sans excĂšs. La nappe blanche ou le service trop guindĂ© peuvent ĂȘtre vĂ©cus comme un repoussoir. Ils privilĂ©gient des Ă©tablissements qui combinent codes du luxe et proximitĂ© relationnelle. Le chef devient ainsi une figure centrale, Ă la fois mĂ©diatique et accessible. Les millennials veulent comprendre lâintention derriĂšre les plats et connaĂźtre la philosophie culinaire du chef.
Ce besoin dâhumanitĂ© et de narration transforme la relation client. Les petites attentions, la personnalisation de lâexpĂ©rience, le sur-mesure deviennent des leviers de fidĂ©lisation. David Bizet, chef doublement Ă©toilĂ© Ă LâOiseau Blanc, illustre cette tendance en adaptant ses services pour « faire grandir lâexpĂ©rience » de jeunes clients, en offrant par exemple un plat supplĂ©mentaire ou en laissant un mot personnalisĂ© lorsquâil est absent.
Les attentes relationnelles des jeunes sont plus fortes encore que celles de leurs aĂźnĂ©s. Le service en salle doit faire preuve de spontanĂ©itĂ© et dâĂ©coute. LâĂ©tude incite les chefs Ă entretenir une interaction directe avec leurs convives, condition essentielle pour se diffĂ©rencier de la bistronomie ou des restaurants festifs, perçus comme plus impersonnels.
NĂ©o Restauration, Restauration, les codes ont changĂ©: 5 idĂ©es reçues Ă abandonner pour sâadapter Ă la nouvelle rĂ©alitĂ© du secteur [Tribune], 31/01/2026
Dans cette tribune, Romain Amblard, prĂ©sident de Service Compris et co-organisateur du salon Foodorama, dresse un constat clair : la restauration ne peut plus fonctionner selon les codes du passĂ©. Les attentes des clients, les comportements de consommation et les modĂšles Ă©conomiques ont profondĂ©ment Ă©voluĂ©. Aujourdâhui, 80 % des Français choisissent un restaurant en fonction de sa prĂ©sence en ligne, valorisent les lieux adaptĂ©s au tĂ©lĂ©travail ou aux Ă©vĂ©nements, et accordent plus dâimportance Ă lâexpĂ©rience globale quâau goĂ»t seul. Pour rester pertinent, il devient crucial dâabandonner plusieurs idĂ©es reçues qui freinent encore de nombreux restaurateurs.
PremiĂšrement, le management vertical et autoritaire est obsolĂšte. Les Ă©tablissements qui rĂ©ussissent sont ceux qui adoptent un mode de gestion plus humain et collaboratif. Adapter les plannings aux contraintes personnelles, offrir un cadre de travail plus souple et instaurer des grilles salariales progressives renforcent lâengagement des salariĂ©s, rĂ©duisent le turnover et amĂ©liorent la qualitĂ© de service. Ensuite, le digital ne doit plus ĂȘtre vu comme une dĂ©pense superflue mais comme une nĂ©cessitĂ© stratĂ©gique. Une prĂ©sence numĂ©rique soignĂ©e, avec des visuels attractifs, des horaires Ă jour, la possibilitĂ© de rĂ©server en ligne et une gestion proactive des avis, conditionne directement la frĂ©quentation dâun restaurant. Câest aussi un levier puissant pour animer sa communautĂ©, fidĂ©liser les clients et piloter les opĂ©rations avec des outils technologiques adaptĂ©s.
Contrairement Ă ce que lâon pense souvent, la rentabilitĂ© dâun restaurant ne dĂ©pend pas de lâaffluence mais de la maĂźtrise des coĂ»ts. RĂ©duire le gaspillage, simplifier la carte, optimiser les achats et surveiller les marges sont des pratiques bien plus efficaces que de chercher Ă remplir la salle Ă tout prix. Le pilotage financier rigoureux devient indispensable dans un secteur oĂč chaque centime compte. Par ailleurs, limiter lâactivitĂ© au service du midi et du soir revient Ă ignorer de nombreuses opportunitĂ©s. Les clients recherchent aujourdâhui des lieux multifonctionnels, adaptĂ©s au tĂ©lĂ©travail, Ă la privatisation ou Ă lâorganisation dâĂ©vĂ©nements. Un restaurant peut gĂ©nĂ©rer de nouvelles sources de revenus en animant les jours de fermeture ou en diversifiant ses usages.
Enfin, il nâest plus nĂ©cessaire dâĂȘtre cuisinier de formation pour crĂ©er un restaurant. Lâassiette nâest plus lâunique centre dâintĂ©rĂȘt des consommateurs, et les rĂ©ussites dâaujourdâhui reposent davantage sur la capacitĂ© Ă entreprendre, gĂ©rer, communiquer et innover que sur les seules compĂ©tences culinaires. Face Ă la complexification du mĂ©tier, il est urgent que les politiques publiques accompagnent les restaurateurs dans leur rĂŽle dâentrepreneur, et non plus uniquement comme artisans du goĂ»t.
Le Figaro, Comment Brillat-Savarin inventa la gastronomie, 31/01/2026
Deux siĂšcles aprĂšs sa mort, Jean-Anthelme Brillat-Savarin demeure une figure fondatrice de la gastronomie française, mĂȘme si sa mĂ©moire sâest quelque peu estompĂ©e. DĂ©cĂ©dĂ© le 2 fĂ©vrier 1826, il nâa pas eu le temps de voir la publication de son Ćuvre majeure, Physiologie du goĂ»t, fruit de vingt annĂ©es de rĂ©flexions. Parue anonymement quelques jours avant sa mort, lâĆuvre sera pourtant Ă lâorigine dâune rĂ©volution intellectuelle autour de la table et du goĂ»t, couronnĂ©e par un succĂšs dâĂ©dition inattendu dĂšs sa réédition en 1838, prĂ©facĂ©e par Balzac.
Magistrat de formation, Brillat-Savarin est un homme des LumiĂšres, formĂ© aux langues, Ă la musique, au droit et aux sciences. Sa carriĂšre publique, marquĂ©e par un engagement girondin, le pousse Ă lâexil durant la RĂ©volution. Il sĂ©journe notamment aux Ătats-Unis, oĂč il subsiste en tant que violoniste, avant de revenir en France et de reprendre ses fonctions juridiques sous lâEmpire. Ce parcours riche et europĂ©en forge une pensĂ©e originale, Ă la croisĂ©e de la philosophie, de lâhĂ©donisme et de lâobservation sociale.
La Physiologie du goĂ»t nâest pas un simple livre de cuisine : câest un traitĂ© savant et joyeux qui mĂȘle souvenirs, observations, aphorismes et digressions. Brillat y Ă©labore une vĂ©ritable thĂ©orie du goĂ»t, en affirmant que « lâhomme dâesprit seul sait manger ». Il Ă©rige la gastronomie en discipline Ă part entiĂšre, reflet de la civilisation, oĂč lâassiette devient miroir de lâhomme et de la sociĂ©tĂ©. Ă rebours des jugements moraux sur la gourmandise, il dĂ©fend le plaisir comme une forme de lien social, dâexpression culturelle, de moteur Ă©conomique et mĂȘme de vertu citoyenne. Il distingue le cuisinier, exĂ©cutant technique, du gastronome, penseur du goĂ»t, et propose une vision humaniste de lâalimentation, oĂč la table est lieu de savoir, de partage et de raffinement.
Lâinfluence de Brillat-Savarin dĂ©passe son temps. Il est Ă la source dâune approche intellectuelle de la gastronomie, reprise par des penseurs comme Jean-François Revel ou Roland Barthes. Son Ćuvre, entre ironie, sagesse et sensibilitĂ©, thĂ©orise la cuisine bien avant que celle-ci ne devienne un objet culturel majeur. Ă travers ses mĂ©ditations, il interroge des thĂšmes toujours actuels : rĂ©gime, obĂ©sitĂ©, jeĂ»ne, convivialitĂ©, plaisir coupable ou assumĂ©, Ă©lĂ©vation des sens.
Son hĂ©ritage se prolonge jusque dans des crĂ©ations culinaires qui portent son nom. Le fromage triple crĂšme Brillat-Savarin, inventĂ© en 1890, lui rend hommage en associant onctuositĂ© et finesse. Le gĂąteau Savarin, crĂ©ation pĂątissiĂšre imbibĂ©e de sirop, imaginĂ©e en 1845, est Ă©galement devenu un classique. Par ces deux emblĂšmes â fromage et dessert â la mĂ©moire du « gastronome transcendant » reste vivace dans la culture française.
Les Ăchos, Quand Padoue inventait la production des pĂątes Ă grande Ă©chelle, 31/01/2026
Une dĂ©couverte historique bouleverse la comprĂ©hension de lâhistoire gastronomique italienne : un manuscrit datĂ© du 26 janvier 1604, retrouvĂ© dans les archives dâĂtat de Padoue, atteste de lâinvention de la production mĂ©canisĂ©e de pĂątes dans la citĂ© vĂ©nitienne. Ce document, vĂ©ritable ancĂȘtre du brevet moderne, octroie Ă Bartolomio Veronese, dit Abbondanza, un « privilĂšge » de cinq ans pour une machine capable de produire Ă grande Ă©chelle plusieurs formats de pĂątes â notamment les bigoli, menudelli, lasagnes et macaronis. La machine, en bois, utilise un levier ou une manivelle pour comprimer la pĂąte, laquelle est ensuite extrudĂ©e par une filiĂšre.
Cette innovation, mise au jour par Paolo Caratossidis, prĂ©sident de lâassociation Cucina & Cultura, dĂ©montre quâĂ une Ă©poque oĂč GalilĂ©e enseignait Ă Padoue, la ville Ă©tait dĂ©jĂ un centre dâinventivitĂ© technologique. Elle met en lumiĂšre une facette mĂ©connue de lâhistoire de la cuisine italienne, Ă lâheure mĂȘme oĂč celle-ci vient dâĂȘtre inscrite au patrimoine culturel immatĂ©riel de lâUnesco. Longtemps considĂ©rĂ©e comme un simple fruit de la tradition paysanne, la fabrication des pĂątes en VĂ©nĂ©tie reposait donc dĂ©jĂ au XVIIe siĂšcle sur une volontĂ© de mĂ©canisation et dâindustrialisation du geste culinaire.
Les implications de cette dĂ©couverte sont multiples. Sur le plan historique, elle place Padoue â plutĂŽt que Naples, souvent citĂ©e pour ses marchands ambulants de macaronis â au berceau de lâindustrie moderne des pĂątes. Sur le plan social, cette avancĂ©e technique a permis de dĂ©mocratiser un aliment jusque-lĂ coĂ»teux et rĂ©servĂ© Ă une Ă©lite. En multipliant les volumes et en abaissant les prix, la machine de Veronese a transformĂ© les pĂątes en un produit accessible Ă toutes les classes sociales, amorçant une vĂ©ritable rĂ©volution alimentaire.
Enfin, cette rĂ©vĂ©lation offre Ă Padoue une opportunitĂ© de valorisation touristique et Ă©conomique. En capitalisant sur ce patrimoine technique inĂ©dit, la ville peut renforcer son positionnement comme haut lieu de la culture culinaire italienne. Des entreprises locales comme Pastificio Artusi ou Molino Rossetto, prĂ©sentes lors de la prĂ©sentation du manuscrit, pourraient dĂ©sormais revendiquer un hĂ©ritage direct en affichant leur filiation avec « lâinnovation de 1604 », consolidant ainsi leur lĂ©gitimitĂ© historique sur un marchĂ© international concurrentiel. Cette preuve dâantĂ©rioritĂ© pourrait devenir un atout de diffĂ©renciation majeur pour le label « Made in Padova ».
The Guardian, âGenerational shiftâ towards sparkling wine behind strong sales, says UKâs Chapel Down, 29/01/2026
La maison vinicole Chapel Down, situĂ©e dans le Kent, connaĂźt une croissance fulgurante portĂ©e par un changement gĂ©nĂ©rationnel dans les prĂ©fĂ©rences des consommateurs britanniques. En 2025, lâentreprise a enregistrĂ© une hausse de 19 % de son chiffre dâaffaires, Ă 19,4 millions de livres, grĂące Ă une explosion de 38 % des ventes au dĂ©tail et des exportations en hausse. Cette dynamique, jugĂ©e meilleure que prĂ©vue, est attribuĂ©e Ă lâattrait croissant des millennials pour les vins effervescents lĂ©gers et rafraĂźchissants, perçus comme plus modernes et festifs.
James Pennefather, directeur gĂ©nĂ©ral de Chapel Down, souligne que plus dâun million de bouteilles de ses vins mousseux Ă©laborĂ©s selon la mĂ©thode traditionnelle ont Ă©tĂ© expĂ©diĂ©es pour la premiĂšre fois en 2025. Il Ă©voque une adoption culturelle du vin effervescent anglais, apprĂ©ciĂ© pour son authenticitĂ©, son artisanat et son ancrage local, Ă proximitĂ© immĂ©diate de Londres. La marque devient ainsi un choix rĂ©gulier pour une variĂ©tĂ© dâoccasions festives, et non plus rĂ©servĂ© uniquement aux grandes cĂ©lĂ©brations.
MalgrĂ© un contexte Ă©conomique difficile, la demande reste soutenue, notamment chez les consommateurs aisĂ©s. Des cuvĂ©es premium comme le Coeur de CuvĂ©e dĂ©passent les 100 ÂŁ la bouteille, tandis que les gammes classiques se vendent entre 15 et 30 ÂŁ. Chapel Down continue Ă©galement Ă performer dans le secteur de lâhospitalitĂ©, malgrĂ© les pressions Ă©conomiques, avec une progression de 5 % des ventes dans les restaurants et bars, en partie grĂące Ă une distribution plus large et Ă une consommation au verre.
La vendange 2025 a Ă©tĂ© qualifiĂ©e dâexceptionnelle avec des rendements 15 % supĂ©rieurs Ă la moyenne sur cinq ans, favorisĂ©s par un Ă©tĂ© long et ensoleillĂ©. Chapel Down exploite dĂ©sormais un peu plus de 1.000 acres de vignes, dont 777 pleinement productifs â une hausse de 30 % depuis 2022. Lâentreprise nâa pas de projets immĂ©diats dâextension, ses rĂ©serves fonciĂšres actuelles Ă©tant suffisantes pour soutenir une croissance Ă deux chiffres jusquâaux annĂ©es 2030. Lâobjectif est de tripler le volume de bouteilles produites, atteignant potentiellement 3 millions par an.
Ce succĂšs sâinscrit dans une tendance plus large : le Royaume-Uni est aujourdâhui la rĂ©gion viticole Ă la croissance la plus rapide au monde. Entre 2017 et 2022, la production en Angleterre et au pays de Galles est passĂ©e de 5,3 Ă 12,2 millions de bouteilles, et devrait doubler dâici 2032. Les maisons françaises de Champagne, comme Pommery et Taittinger, ainsi que le groupe allemand Henkell Freixenet, investissent dĂ©jĂ dans les terroirs britanniques, sĂ©duits par ce nouvel eldorado viticole.
The Guardian, âAre we reaching peak hot honey?â Why the âswicyâ taste is everywhere â from pizzas to crisps, 27/01/2026
Apparue initialement comme une curiositĂ© culinaire autour de 2020, le « hot honey » â un mĂ©lange sucrĂ© et piquant Ă base de miel infusĂ© au piment â est devenue omniprĂ©sente. De la pizza aux cĂ©rĂ©ales, en passant par les snacks industriels, cette saveur dite « swicy » (sweet + spicy) connaĂźt un engouement massif, notamment auprĂšs de la gĂ©nĂ©ration Z. Mais alors que les grands industriels sâen emparent, certains acteurs du secteur artisanal sâinterrogent : assistons-nous Ă lâapogĂ©e de la tendance ?
Laurence Edwards, fondateur de Black Mountain Honey, voit dans cette popularitĂ© une opportunitĂ© de valorisation du travail des apiculteurs, espĂ©rant que la visibilitĂ© du produit profitera Ă lâensemble de la filiĂšre. Ă lâinverse, Ben Lippett, cofondateur de Dr Stingâs hot honey, exprime ses craintes. Il redoute que la gĂ©nĂ©ralisation du produit nâentraĂźne une baisse de qualitĂ©, alimentĂ©e par lâarrivĂ©e de versions industrielles Ă bas coĂ»t fabriquĂ©es avec des ingrĂ©dients douteux. Or, le miel est une matiĂšre premiĂšre coĂ»teuse et difficile Ă produire Ă grande Ă©chelle. Chez Dr Stingâs, une bouteille de 280g se vend prĂšs de 9 ÂŁ.
Un problĂšme croissant est la prolifĂ©ration du « faux miel », dopĂ© au sirop de sucre, un phĂ©nomĂšne dĂ©noncĂ© par la Commission europĂ©enne dĂšs 2023. Si le miel pur est rĂ©glementĂ©, les miels aromatisĂ©s, comme le hot honey, Ă©chappent Ă certaines normes, ouvrant la porte Ă des produits de moindre qualitĂ©. Diane Drinkwater, prĂ©sidente de la British Beekeepers Association, rappelle que ces produits nâoffrent aucune garantie de composition.
La dĂ©mocratisation du hot honey atteint aujourdâhui un sommet symbolique avec lâapparition de chips Walkers Ă ce goĂ»t, de Jaffa Cakes, ou encore de cĂ©rĂ©ales Kelloggâs. Pour Lisa Harris, consultante food & drink, cette Ă©volution suit le mĂȘme chemin que le caramel salĂ© : dâun effet de mode Ă un produit standard. Elle estime que le hot honey est en passe de devenir un incontournable de la restauration casual et des linĂ©aires de supermarchĂ©, mais que son potentiel disruptif sâĂ©puise.
FoodDive, From ânewstalgiaâ to âswangyâ: The flavor trends taking over 2026, 29/01/2026
Les tendances gustatives de 2026 rĂ©vĂšlent une appĂ©tence croissante des consommateurs, en particulier les jeunes gĂ©nĂ©rations, pour des expĂ©riences sensorielles audacieuses, inattendues et multicouches. LâannĂ©e est marquĂ©e par lâexplosion de combinaisons de saveurs et de textures, oĂč se mĂȘlent lâinspiration mondiale, le goĂ»t de lâinnovation et la quĂȘte dâune certaine nostalgie revisitĂ©e â un concept dĂ©sormais baptisĂ© « newstalgia ».
Au cĆur de cette dynamique, les associations sucrĂ©es-Ă©picĂ©es continuent dâĂ©voluer. La tendance « swicy » (sweet + spicy) cĂšde progressivement la place Ă des profils plus complexes comme « swangy » (sweet, spicy, tangy) ou encore « swavory » (sweet, spicy, savory), qui enrichissent la palette gustative tout en stimulant le plaisir expĂ©rientiel. Les consommateurs ne recherchent plus seulement un goĂ»t, mais une aventure sensorielle : une superposition de textures, de couleurs, et dâĂ©motions.
Le phĂ©nomĂšne est particuliĂšrement visible dans les produits de snacking, les boissons et les desserts. Par exemple, les crĂšmes Ă cafĂ© aux textures veloutĂ©es et aux saveurs comme pistache crĂ©meux sont trĂšs demandĂ©es, tout comme les « dirty sodas », boissons hybrides composĂ©es de soda, lait ou crĂšme, et sirops aromatisĂ©s. Dans la confiserie, la combinaison de croquant et de moelleux, illustrĂ©e par le succĂšs des Nerds Gummy Clusters, rencontre un fort engouement. Les bonbons lyophilisĂ©s (freeze-dried), en pleine expansion, devraient peser 2,4 milliards de dollars dâici 2030.
Les fruits tropicaux et les arĂŽmes « forestiers » gagnent Ă©galement en popularitĂ©. Des saveurs telles que le cassis, la cerise noire ou le fruit du dragon sĂ©duisent par leur complexitĂ© et leur ancrage culturel. Le pin forestier, Ă©lu saveur de lâannĂ©e 2026 par Torani, illustre cet engouement pour les profils boisĂ©s, herbacĂ©s et subtils, perçus comme innovants et naturels. Ces arĂŽmes rĂ©pondent Ă la recherche dâauthenticitĂ© et de santĂ©, tout en apportant une touche dâexotisme maĂźtrisĂ©.
La « newstalgia », quant Ă elle, dĂ©signe la fusion entre souvenirs gustatifs familiers (cola, citron vert, crĂšme soda) et ajouts fonctionnels (probiotiques, fibres, rĂ©duction du sucre), permettant aux marques de proposer des produits plus sains sans sacrifier le plaisir. Des boissons comme le Shirley Temple revisitĂ© par Poppi ou les sodas de Stillerâs Soda illustrent cette tendance.
Washington Post, GLP-1 drugs might do what food policy canât â change the way we eat, 29/01/2026
Les mĂ©dicaments GLP-1 comme Ozempic ou Wegovy, initialement dĂ©veloppĂ©s pour le traitement du diabĂšte et de lâobĂ©sitĂ©, pourraient provoquer une rĂ©volution alimentaire bien plus profonde que toutes les politiques publiques mises en place depuis des dĂ©cennies. Dans un contexte oĂč taxes, rĂ©gulations sur les ingrĂ©dients et restrictions publicitaires ont Ă©chouĂ© Ă modifier durablement les comportements alimentaires, ces traitements semblent induire des changements spontanĂ©s, profonds et durables dans les habitudes de consommation.
Les patients sous GLP-1 rapportent non seulement une rĂ©duction de lâappĂ©tit et des portions, mais Ă©galement une transformation qualitative de leur alimentation. Une Ă©tude rĂ©cente a rĂ©vĂ©lĂ© une baisse de 5 % des dĂ©penses alimentaires dans les foyers concernĂ©s, concentrĂ©e sur les produits les plus transformĂ©s et les moins sains : snacks salĂ©s, viennoiseries industrielles et fast-foods. En parallĂšle, on observe un report vers des aliments plus frais, plus simples et souvent faits maison.
Ce changement comportemental se rĂ©percute dĂ©jĂ dans lâindustrie agroalimentaire. Plusieurs gĂ©ants du secteur, dont General Mills, PepsiCo ou Conagra, ont mentionnĂ© une baisse des ventes de snacks et une adaptation de leurs gammes aux attentes de la clientĂšle sous traitement GLP-1. Certains proposent dĂ©sormais des produits « GLP-1 Friendly », riches en protĂ©ines, en fibres, et Ă portions rĂ©duites. NestlĂ© a par exemple lancĂ© une gamme baptisĂ©e « Vital Pursuit », adaptĂ©e aux nouvelles attentes.
La transformation est telle quâelle pourrait entraĂźner une mutation systĂ©mique du paysage alimentaire amĂ©ricain : portions rĂ©duites, moindre appĂ©tence pour les aliments surtransformĂ©s, montĂ©e en gamme nutritionnelle des produits proposĂ©s. Un phĂ©nomĂšne qui sâaccĂ©lĂ©rera si ces traitements deviennent plus accessibles. DĂ©jĂ , des chaĂźnes comme Costco proposent Wegovy Ă des prix rĂ©duits, et la production de gĂ©nĂ©riques est attendue Ă moyen terme.
Les implications Ă©conomiques sont majeures. Le coĂ»t de lâobĂ©sitĂ© aux Ătats-Unis est estimĂ© entre 6.000 et 13.000 dollars par personne et par an selon les Ă©tudes. Or, les mĂ©dicaments GLP-1, bien quâonĂ©reux (environ 2.400 $/an), pourraient gĂ©nĂ©rer des Ă©conomies significatives sur les dĂ©penses de santĂ©, les arrĂȘts maladie et la productivitĂ©.
Enfin, au-delĂ de la santĂ©, ces traitements pourraient rebattre les cartes du rapport culturel Ă la nourriture. En diminuant lâ« envie constante de manger » (food noise), ils remettent en question lâalimentation Ă©motionnelle et ouvrent la voie Ă un rapport plus apaisĂ©, qualitatif et mesurĂ© avec lâacte de manger â une rĂ©volution silencieuse, mais structurante.
La folie du chocolat DubaĂŻ a prouvĂ© lâengouement des pĂątissiers et du public pour la pistache, qui nâĂ©tait plus cultivĂ©e en Provence depuis le XXe siĂšcle. Dans « La Story », le podcast dâactualitĂ© des « Echos », Pierrick Fay et ses invitĂ©s racontent lâhistoire de la relance de la pistache en Provence, initiĂ©e par deux experts de ce genre dâaventure.
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Pour les Alsaciens qui lisent la newsletter, la Maison Tempé, qui est une SCOP et appartient donc à ses salariés, est également en difficulté et a lancé une cagnotte Leetchi.
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O. Frey

















