đŸđđ Eat's business đđ·đ§ 2026-03
Bonjour Ă toutes et Ă tous, Eatâs Business est une newsletter dans laquelle vous trouverez une revue de presse de quelques articles sur le monde de lâalimentaire qui mâont semblĂ© intĂ©ressants dans la semaine prĂ©cĂ©dente.
Pour ceux qui veulent la version audio :
Pour ceux qui veulent la formule ristretto, les 3 articles que je vous conseille de lire en priorité cette semaine sont :
LibĂ©ration, Chefs cuisiniers et IA : «Je nâai jamais envie de reprendre les idĂ©es de ChatGPT telles quelles, sinon, oĂč serait ma valeur ajoutĂ©e ?», 10/01/2026
Télérama, Le boom du poulet crousty, la mue des coffee shops⊠Les tendances food qui vont rythmer Paris en 2026, 14/01/2026
Grub Street, How Veganism Got Cooked : Plant-based eating was supposed to be the future. Then meat came roaring back, 13/01/2026
Bonne lecture et bonne semaine Ă toutes et Ă tous!
Pour celles et ceux dâentre vous qui ont plus de temps pour la formule lungo :
LibĂ©ration, Chefs cuisiniers et IA : «Je nâai jamais envie de reprendre les idĂ©es de ChatGPT telles quelles, sinon, oĂč serait ma valeur ajoutĂ©e ?», 10/01/2026
Lâintelligence artificielle sâinvite Ă table, et pas seulement pour choisir le vin. Dans cet article, on dĂ©couvre comment certains chefs, curieux ou tĂ©mĂ©raires, testent ChatGPT pour repenser leur cuisine. Le chef amĂ©ricain Jenner Tomaska, par exemple, a demandĂ© Ă lâIA de revisiter un barbajuan Ă la sauce Alain Ducasse, steakhouse US et terroir du Midwest. RĂ©sultat ? Un beignet Ă©crevisse-miso-aneth-cĂ©leri marinĂ©, Ă©tonnant mais pas totalement dĂ©nuĂ© dâintĂ©rĂȘt.
Plus loin, Grant Achatz pousse lâexpĂ©rience jusquâĂ inventer une cheffe fictive au CV cinq Ă©toiles pour gĂ©nĂ©rer un menu entier. De la science-fiction culinaire ? Pas tant que ça. LâIA, encore novice derriĂšre les fourneaux, commence Ă sĂ©duire quelques pionniers. Mais pas tous.
Les sceptiques, eux, tiennent Ă rappeler que la cuisine, la vraie, naĂźt dâune Ă©motion, dâun souvenir ou dâune intuition. Matthieu Roche (restaurant Ourea Ă Marseille) doute que lâIA puisse un jour rivaliser avec lâinspiration puisĂ©e dans un risotto cĂ©leri-cĂ©drat-chĂątaigne nĂ© dâun NoĂ«l corse. Et il nâa pas tort : difficile dâimaginer ChatGPT flairer les effluves dâun souvenir dâenfance.
Dâautres professionnels y voient un outil dâappoint, comme Josselin Marie (La Table de Colette) qui sâen sert pour Ă©quilibrer une recette. Parfois, lâIA tombe juste â une suggestion de sirop dâagave remplace utilement le miel. Dâautres fois, elle pĂ©dale dans la semoule : recommander du vin rouge avec⊠une sauce au vin rouge. Brillant.
Pour Thomas Jaspers, organisateur dâĂ©vĂ©nements culinaires, lâIA peut faire gagner du temps sur les tĂąches ingrates : trouver un lieu avec 5 mĂštres sous plafond, ou estimer la quantitĂ© de pop-corn pour 400 invitĂ©s. Graphismes, commandes, logistique : elle est efficace, mais cĂŽtĂ© crĂ©ation, câest non. La valeur ajoutĂ©e, câest lâhumain.
Reste un sujet qui fĂąche : lâempreinte carbone de ces IA. Difficile de prĂŽner la gastronomie durable tout en confiant ses menus Ă des serveurs⊠énergivores. Ă DubaĂŻ, on expĂ©rimente une IA antigaspi. Peut-ĂȘtre un premier pas ? En attendant, les chefs semblent sâaccorder sur une idĂ©e : lâIA ne remplacera pas le cĆur, le goĂ»t⊠ni les papilles.
Les Ăchos, En Allemagne, les gĂ©ants de la distribution accusĂ©s de faire monter les prix alimentaires, 14/01/2026
En Allemagne, les discounters font la pluie et le beau temps sur les prix⊠mais surtout la pluie ces derniers temps. Alors que le pays est rĂ©putĂ© pour ses tarifs alimentaires bas, une Ă©tude relayĂ©e par la fondation Heinrich Böll dĂ©nonce une hausse des prix alimentaires de +36 % entre 2020 et 2025, bien au-delĂ de lâinflation gĂ©nĂ©rale (+23 %). RĂ©sultat : le pouvoir dâachat des Allemands sâĂ©rode, et les regards se tournent vers les gĂ©ants de la grande distribution.
Edeka, Rewe, Lidl et Aldi contrĂŽlent ensemble plus de 85 % du marchĂ© alimentaire allemand. Une position ultra-dominante qui inquiĂšte les Ă©conomistes et la Commission des monopoles. Depuis 1995, leur part de marchĂ© a bondi de 30 points. Cette concentration alimente des soupçons de manipulation des prix, notamment via les marques distributeurs (qui reprĂ©sentent jusquâĂ 60 % des ventes dans certains rayons comme la viande ou le fromage).
Les discounters remontent aussi la chaĂźne de valeur avec des stratĂ©gies dâintĂ©gration verticale, rognant sur les marges des producteurs. RĂ©sultat : les agriculteurs, dĂ©jĂ soumis aux alĂ©as des marchĂ©s mondiaux, sont pris en Ă©tau entre industriels et distributeurs. Le rapport dĂ©nonce une asymĂ©trie criante : les petits fournisseurs nâosent mĂȘme plus porter plainte de peur dâĂȘtre dĂ©rĂ©fĂ©rencĂ©s.
Face à cette situation, le SPD (parti social-démocrate) propose un « panier allemand » de produits locaux à bas prix, une transparence accrue et un meilleur encadrement des pratiques commerciales. Mais le projet fait face à une opposition tenace, y compris du chancelier Friedrich Merz et de la CDU.
Pendant ce temps, la Commission des monopoles appelle Ă freiner la consolidation du secteur, voire Ă introduire des actions en justice menĂ©es par les fĂ©dĂ©rations professionnelles â pour protĂ©ger les fournisseurs sans les exposer.
Lâaffaire met en lumiĂšre une question universelle : Ă qui profite la chaĂźne alimentaire ? Aux consommateurs ? Aux producteurs ? Ou aux gĂ©ants qui tiennent les deux en Ă©tau ? En Allemagne, la rĂ©ponse penche clairement du cĂŽtĂ© des enseignes⊠mais la fronde gronde.
La Tribune, PĂ©nurie dâĆufs : pourquoi les rayons des supermarchĂ©s sont souvent vides, 15/01/2026
Depuis le dĂ©but de lâannĂ©e 2026, les Ă©tals des supermarchĂ©s peinent Ă tenir la cadence cĂŽtĂ© Ćufs. Lâarticle revient sur les raisons dâune pĂ©nurie qui dure, malgrĂ© une production nationale toujours importante. En moyenne, chaque Français a consommĂ© 235 Ćufs en 2025, soit une hausse continue depuis la pandĂ©mie. Entre inflation, habitudes alimentaires revisitĂ©es et quĂȘte de protĂ©ines bon marchĂ©, la demande explose⊠mais lâoffre, elle, peine Ă suivre.
Les raisons de cette tension sont multiples. Dâabord conjoncturelles : les fĂȘtes de fin dâannĂ©e et la pĂ©riode des galettes des rois coĂŻncident avec un pic dâutilisation, tandis quâun Ă©pisode neigeux a perturbĂ© les livraisons. RĂ©sultat : le moindre grain de sable crĂ©e des rayons clairsemĂ©s et des consommateurs frustrĂ©s.
Mais le problĂšme est aussi structurel. La production dâĆufs a reculĂ© en 2024 (-0,4 %), notamment Ă cause de la grippe aviaire qui a dĂ©cimĂ© des Ă©levages. Et mĂȘme si la France reste leader europĂ©en avec 15,4 milliards dâĆufs produits en 2024, la transition vers des Ă©levages sans cages freine la capacitĂ© de production : plus de surface, moins de poules, donc moins dâĆufs.
Le CNPO (interprofession des Ćufs) tire la sonnette dâalarme et appelle Ă un plan dâaction ambitieux : un million de poules supplĂ©mentaires par an, soit 300 nouveaux poulaillers dâici 2030. Mais lĂ encore, ça coince : procĂ©dures administratives complexes, projets de construction contestĂ©s par les riverains⊠Pas facile de faire aimer un poulailler dans son jardin.
Le gouvernement tente de rĂ©pondre : la ministre de lâAgriculture promet un nouveau poulailler par dĂ©partement et un grand « mĂ©nage » rĂ©glementaire. Ambitieux, mais sans calendrier prĂ©cis. En attendant, les Ćufs restent une denrĂ©e sous tension.
Ironie de lâhistoire : alors que lâĆuf est plĂ©biscitĂ© pour sa simplicitĂ©, sa polyvalence et sa valeur nutritionnelle, sa production devient un vĂ©ritable casse-tĂȘte politique, logistique et sociĂ©tal.
Le Monde, Quand les restaurants étoilés tentent une stratégie de petit prix, 16/01/2026
Servir des plats gastronomiques Ă prix doux ? Utopie pour certains, pari audacieux pour dâautres. Lâarticle explore cette tendance croissante chez les chefs Ă©toilĂ©s : proposer des menus abordables sans renoncer Ă lâexigence culinaire. En vedette : JĂ©rĂŽme Schilling (restaurant Lalique, deux Ă©toiles), qui surprend avec un menu complet Ă 59 âŹ.
Ă ce tarif, pas de caviar, mais un menu structurĂ©, pensĂ©, Ă©lĂ©gant : amuse-bouches au lapin confit au sauternes, pithiviers de sandre, dessert fruité⊠et un service digne dâun palace. JĂ©rĂŽme Schilling ne fait pas de concessions sur la qualitĂ©, mais veut « rouvrir la porte Ă tous », surtout aprĂšs une pĂ©riode post-Covid qui a creusĂ© lâĂ©cart entre haute cuisine et grand public.
Dâautres suivent le mouvement, comme LoĂŻs BĂ©e (La Table, dans le Loiret), qui propose un menu Ă 47 âŹ. Un geste fort pour reconnecter avec une clientĂšle locale parfois intimidĂ©e par les Ă©toiles Michelin. MĂȘme logique chez Thibaut Spiwack (Anona, Paris), avec un âPetit ĂtoilĂ©â Ă 49 ⏠: mĂȘme attention, mĂȘme service, mais des produits plus simples et une seule protĂ©ine animale.
Le modÚle économique ? Fragile mais assumé. Ces menus ne génÚrent pas de marges importantes, mais remplissent les salles, fidélisent et, parfois, incitent à revenir le soir pour un menu plus complet. Une stratégie gagnante à long terme, selon les chefs concernés.
Mais tous ne sont pas convaincus. Pour certains tĂ©nors de la gastronomie, comme Alain Ducasse ou Nicolas Conraux, casser les prix revient Ă banaliser un art exigeant. Le restaurant Ă©toilĂ© doit rester une âexpĂ©rienceâ, voire un cĂ©rĂ©monial, pas un dĂ©jeuner sur le pouce. Et puis, payer peu, est-ce compatible avec une juste rĂ©munĂ©ration des producteurs et du personnel ?
LâUsine Nouvelle, «FragilisĂ©es par le choc de lâinflation» : Faut-il vraiment sâinquiĂ©ter pour la santĂ© des entreprises agroalimentaires françaises ?, 16/01/2026
Depuis le choc inflationniste post-Covid, lâagroalimentaire français a la gueule de bois. Selon une Ă©tude relayĂ©e par lâANIA (Association Nationale des Industries Alimentaires) et menĂ©e par la Banque de France, un quart des industriels du secteur affichaient un rĂ©sultat dĂ©ficitaire en 2024, contre moins dâun sur cinq avant la pandĂ©mie. Une alerte sĂ©rieuse ? Oui⊠mais Ă nuancer.
Le secteur pĂšse lourd : plus de 465 000 salariĂ©s et 19 000 entreprises. Mais il affiche une marge nette de seulement 3,5 %, bien infĂ©rieure Ă la moyenne de lâindustrie manufacturiĂšre française (5,8 %). Pourtant, certaines multinationales comme Mondelez (LU, Milka, OreoâŠ) ont tirĂ© leur Ă©pingle du jeu en augmentant leurs marges durant la pĂ©riode dâinflation. Preuve que tous ne sont pas logĂ©s Ă la mĂȘme enseigne : les petits trinquent, les gros croquent.
LâINSEE le confirme : les grandes entreprises agroalimentaires ont bien profitĂ© du contexte, pendant que les plus petites voyaient leurs marges fondre comme un beurre oubliĂ© sur le radiateur. Cette fracture fragilise un tissu dĂ©jĂ exposĂ© Ă de nombreuses contraintes : prix de lâĂ©nergie, hausses de matiĂšres premiĂšres, pression des distributeurs⊠et des consommateurs toujours plus regardants.
CĂŽtĂ© fermetures dâusines, lâagroalimentaire occupe tristement la premiĂšre place en 2025, avec des cas emblĂ©matiques comme Teisseire ou BlĂ©dina. Mais paradoxalement, les dĂ©faillances dâentreprises sont en lĂ©gĂšre baisse par rapport Ă 2024 et 2023, preuve dâune certaine rĂ©silience â ou dâun sursis temporaire.
Le vrai signal dâalarme ? La balance commerciale du secteur, historiquement excĂ©dentaire, devient dĂ©ficitaire. Fin 2025, le solde chute Ă -263 millions dâeuros sur 12 mois. La faute, entre autres, Ă la filiĂšre vin en difficultĂ© et aux mauvaises rĂ©coltes agricoles. MĂȘme les champions du terroir trinquent.
Si lâANIA agite le drapeau rouge, câest aussi pour peser dans les nĂ©gociations commerciales en cours avec la grande distribution. Mais derriĂšre les chiffres, une rĂ©alitĂ© demeure : le secteur agroalimentaire est en mutation.
Les Ăchos, Prince, Petit Ecolier, PĂ©pito⊠IcĂŽne des biscuits, LU fĂȘte ses 180 ans avec une croissance record, 16/01/2026
Ă 180 ans, la marque mythique LU nĂ©e Ă Nantes cĂ©lĂšbre son anniversaire avec un chiffre dâaffaires en hausse de 12,5 % en 2025, atteignant 900 millions dâeuros. Un exploit dans un marchĂ© stagnant, portĂ© par un recentrage malin sur ses stars (Prince, Petit Ăcolier, NapolitainâŠ) et un lifting marketing bien senti.
LU, aujourdâhui propriĂ©tĂ© de Mondelez, a opĂ©rĂ© une cure de simplification : exit les rĂ©fĂ©rences qui ne cartonnaient pas, place Ă une gamme plus resserrĂ©e, mieux identifiĂ©e. RĂ©sultat ? Un âeffet haloâ qui booste les ventes, renforcĂ© par un nouveau design rĂ©tro avec le logo LU en lettres blanches sur fond rouge. Simple, efficace, nostalgique â et vendeur.
Autre levier : la relance des produits emblĂ©matiques avec une touche Ă©motionnelle. Pour ses 180 ans, LU sort une sĂ©rie limitĂ©e de paquets avec des petits mots Ă offrir : « Maman chĂ©rie », « Papa au top », « Mon amour »⊠Les biscuits deviennent objets cadeaux, parfaits pour la Saint-Valentin ou la fĂȘte des mĂšres.
CĂŽtĂ© chiffres, la marque a Ă©galement profitĂ© dâun âeffet de baseâ : aprĂšs avoir Ă©tĂ© absente des rayons Leclerc pendant une pĂ©riode de bras de fer commercial, son retour a dopĂ© les ventes. LU reprĂ©sente dĂ©sormais plus de 25 % du marchĂ© français du biscuit en valeur.
Mais LU ne compte pas vivre sur ses acquis. La marque prĂ©pare de nouveaux lancements, dont une gamme de galettes inspirĂ©es dâun moule de 1905, pensĂ©es pour la consommation nomade. Et cĂŽtĂ© production, elle investit : plus de 250 millions dâeuros injectĂ©s dans ses biscuiteries françaises entre 2020 et 2025, avec 30 millions de plus cette annĂ©e. Elle sâattaque aussi Ă ses emballages plastiques, avec une rĂ©duction de 900 tonnes prĂ©vue grĂące au passage au carton.
Télérama, Le boom du poulet crousty, la mue des coffee shops⊠Les tendances food qui vont rythmer Paris en 2026, 14/01/2026
En 2026, Paris croustille, infuse, et mousse plus que jamais. Lâarticle dĂ©crypte les grandes tendances qui vont titiller les papilles de la capitale. Premier constat : face Ă lâinflation, les coffee shops et la restauration rapide tirent leur Ă©pingle du jeu, lĂ oĂč les restaurants classiques peinent. RĂ©sultat : explosion du nombre de coffee shops (1 400 Ă Paris !), avec des influences qui sâĂ©largissent bien au-delĂ du flat white. On y boit dĂ©sormais des lattes Ă lâube, au matcha, au sĂ©same noir ou Ă la rose, souvent sans cafĂ©ine mais avec beaucoup dâimagination.
CĂŽtĂ© salĂ©, la star de lâannĂ©e, câest le crousty : une version bien frenchie du fried chicken, servie sur du riz blanc, nappĂ©e de sauces thaĂŻ et dĂ©corĂ©e dâoignons frits et de ciboulette (mĂȘme si elle est souvent dĂ©shydratĂ©e, ne rĂȘvons pas). NĂ© chez Krousty SabaĂŻdi, le plat est devenu le chouchou des moins de 25 ans. Certains chefs pourraient bien sâen emparer façon âgastro revisitĂ©eâ.
Autre phĂ©nomĂšne notable : le sans. Sans viande, sans alcool⊠mais avec du goĂ»t. Les restaurants vĂ©gĂ©tariens, de street food comme de gastronomie, se multiplient Ă Paris et rivalisent de crĂ©ativitĂ©. MĂȘme constat cĂŽtĂ© boissons : infusions savantes, cocktails sans alcool ou kombuchas font dĂ©sormais partie de lâexpĂ©rience sensorielle Ă part entiĂšre.
La cuisine italienne ne faiblit pas non plus. Elle se diversifie et se « patrimonialise », entre pizzerias napolitaines historiques et chaßnes modernes comme Big Mamma.
Du cĂŽtĂ© du sucrĂ©, les flans, eux, vivent leur renaissance, devenant icĂŽnes rĂ©gressives Ă part entiĂšre, jusquâĂ avoir leurs boutiques spĂ©cialisĂ©es.
Et dans tout ça, lâart de vivre Ă la française trouve un nouvel Ă©quilibre entre gourmandise et sobriĂ©tĂ©. On mange vite, parfois seul, mais bien. Les Parisiens veulent du goĂ»t, du sens, et, quand câest possible, un peu de fun. La preuve : un bon flan peut faire autant dâeffet quâun dessert Ă©toilĂ©.
Le Figaro, Quâallons-nous manger en 2026 ? Voici les 8 tendances Ă suivre, 17/01/2026
Entre quĂȘte de rĂ©confort et expĂ©rimentation culinaire, les tendances food de 2026 font feu de tout bois â littĂ©ralement. Selon lâarticle, les Français reviennent aux recettes de grand-mĂšre tout en sâouvrant Ă des fantaisies bien ancrĂ©es dans leur Ă©poque : chou en majestĂ©, glaces salĂ©es et boom des Ă©pices de finition. CĂŽtĂ© boissons, le sans alcool continue de sâimposer avec kombuchas et infusions trendy, pendant que la pizza au levain naturel sâoffre une nouvelle jeunesse croustillante.
Les lĂ©gumes fermentĂ©s, les produits japonais cultivĂ©s en France et les poissons exotiques nouvellement dĂ©barquĂ©s sur nos cĂŽtes sĂ©duisent autant les chefs que les consommateurs. Et au cĆur de cette cuisine « responsable », le local se veut toujours plus innovant. Le chou, notamment farci ou en version kimchi, est le roi de lâannĂ©e, jusquâĂ avoir son propre championnat Ă Limoges !
Autre signal fort : lâessor du « solo dining ». Fini la gĂȘne de manger seul â câest dĂ©sormais un acte assumĂ© et presque chic. Livres de cuisine dĂ©diĂ©s, playlists perso et jolies assiettes : tout est bon pour cĂ©lĂ©brer son propre appĂ©tit. En parallĂšle, les grandes tablĂ©es entre inconnus reviennent aussi, portĂ©es par la gĂ©nĂ©ration Z en quĂȘte dâexpĂ©riences sociales atypiques.
La gastronomie flirte aussi avec la mode : aprÚs les cafés Prada ou Sushi Park Saint Laurent, voici le retour en force des collaborations food x luxe. Manger devient un prolongement de son identité visuelle, à mi-chemin entre storytelling et assiette.
Enfin, retour au feu : la cuisson au bois, aux braises ou au charbon japonais binchotan devient une marque de fabrique pour les chefs qui veulent du goût et du spectacle.
The Guardian, Coca-Cola reportedly abandons plans to sell Costa Coffee chain, 14/01/2026
Coca-Cola a mis un terme Ă son projet de vente de la chaĂźne Costa Coffee, nâayant reçu aucune offre Ă la hauteur de ses attentes, selon le Financial Times. Lâentreprise amĂ©ricaine espĂ©rait tirer environ 2 milliards de livres de cette cession, bien en deçà des 3,9 milliards quâelle avait dĂ©boursĂ©s pour racheter Costa Ă Whitbread en 2018.
Ce dĂ©sengagement marque lâĂ©chec dâun processus de vente initiĂ© Ă lâĂ©tĂ© 2025, menĂ© avec la banque Lazard. Plusieurs fonds de capital-investissement, dont Bain Capital, TDR Capital (propriĂ©taire dâAsda), Apollo, KKR et Centurium Capital (soutien de Luckin Coffee en Chine), se sont intĂ©ressĂ©s Ă la marque, sans concrĂ©tiser dâoffre satisfaisante.
Le dĂ©part prochain de James Quincey, PDG sortant de Coca-Cola, qui deviendra prĂ©sident exĂ©cutif en mars, a peut-ĂȘtre prĂ©cipitĂ© cette dĂ©cision. Lui-mĂȘme avait admis que Costa nâavait « pas tout Ă fait livrĂ© ce quâon espĂ©rait », dâun point de vue stratĂ©gique.
Acquise avec lâidĂ©e dâĂ©tendre la prĂ©sence de Coca-Cola sur le marchĂ© du cafĂ© prĂȘt-Ă -boire, Costa Coffee nâa pas tenu ses promesses. La marque subit une pression accrue : hausse des coĂ»ts (notamment des grains de cafĂ©), frĂ©quentation en berne et forte concurrence. Entre les indĂ©pendants branchĂ©s comme Gailâs, les chaĂźnes discount comme Greggs ou McDonaldâs, et les acteurs premium, Costa est prise en Ă©tau. En 2024, ses revenus nâont progressĂ© que de 1 % (1,2 milliard de livres), tandis que les pertes dâexploitation se sont creusĂ©es Ă 13,5 millions.
FondĂ©e en 1971 par deux frĂšres italiens, Costa compte aujourdâhui environ 2 700 cafĂ©s au Royaume-Uni et en Irlande. Si Coca-Cola suspend pour lâinstant la vente, elle nâexclut pas un dĂ©sengagement futur. Dâautant que des concurrents, comme CaffĂš Nero, continuent de progresser malgrĂ© des conditions de marchĂ© difficiles â preuve quâil y a encore de la place pour le cafĂ©, mais peut-ĂȘtre pas pour tous.
Grub Street, How Veganism Got Cooked : Plant-based eating was supposed to be the future. Then meat came roaring back, 13/01/2026
Un long article qui raconte la montĂ©e fulgurante et la descente brutale du vĂ©ganisme Ă New York â et au-delĂ . Il fut un temps, pas si lointain, oĂč ouvrir un restaurant vegan Ă Brooklyn Ă©tait presque une garantie de succĂšs. De 2012 Ă 2020, le nombre de lancements de produits vegan aux Ătats-Unis avait grimpĂ© de 282 %. Tout semblait converger : la santĂ© publique, la conscience environnementale, le glamour des cĂ©lĂ©britĂ©s vĂ©gĂ©, les investisseurs de la tech et mĂȘme la food culture. On croyait assister Ă un basculement de civilisation.
Mais en 2025, la rĂ©alitĂ© est toute autre. Les restaurants ferment en sĂ©rie, y compris ceux de figures emblĂ©matiques comme Isa Chandra Moskowitz ou Ravi DeRossi. Ă Eleven Madison Park, le chef Daniel Humm renoue avec la viande. Les fausses viandes, si prometteuses, voient leurs ventes chuter. Beyond Meat, ex-star de la bourse, flirte avec la faillite. Impossible Foods envisage mĂȘme des burgers hybrides moitiĂ© bĆuf, moitiĂ© vĂ©gĂ©tal. Le marchĂ© sâessouffle, les consommateurs se lassent.
Pourquoi cette dĂ©saffection ? Les raisons sont multiples : fatigue militante, logistique complexe, hausse des loyers, retour des traditions alimentaires post-pandĂ©mie, besoin de rĂ©confort. Les clients veulent du goĂ»t, du simple, du connu. Et surtout, ils veulent Ă©viter le discours culpabilisant parfois associĂ© aux restaurants vegan. MĂȘme le mot « vegan » disparaĂźt des vitrines, remplacĂ© par « plant-based », plus doux, plus accueillant.
Pourtant, ce reflux ne signifie pas la disparition du vĂ©gĂ©tal. Au contraire. Les plats sans viande sont dĂ©sormais omniprĂ©sents dans les cartes classiques. Le vĂ©gĂ©tal sâest banalisĂ©. Amanda Cohen (Dirt Candy) parle dâun « quatriĂšme pilier » dans les menus : aprĂšs le bĆuf, le poulet et le poisson, vient le plat de lĂ©gumes travaillĂ© avec autant de soin. Pour beaucoup, câest une victoire discrĂšte mais rĂ©elle du mouvement.
En somme, le vĂ©ganisme nâa pas Ă©chouĂ© : il a changĂ© de forme. Plus intĂ©grĂ© que militant, plus pragmatique que puriste. Ce nâest plus une contre-culture, mais une composante de la nouvelle normalitĂ©. Et dans un monde saturĂ© de discours et de contradictions, peut-ĂȘtre est-ce lĂ sa plus grande rĂ©ussite : rendre les lĂ©gumes dĂ©sirables, sans mĂȘme dire leur nom.
Wall Street Journal, How the MAHA Era Is Changing Grocery Aisles, 14/01/2026
LâAmĂ©rique est en pleine rĂ©volution alimentaire â ou plutĂŽt en plein retour aux sources. Sous la pression combinĂ©e de la politique, des consommateurs, des applis santĂ© et de lâobsession nationale pour la protĂ©ine (merci Ozempic), les grandes entreprises agroalimentaires comme Kraft Heinz, General Mills ou Coca-Cola revoient en profondeur leurs recettes. Câest peut-ĂȘtre la plus grande transformation des produits industriels depuis des dĂ©cennies.
PremiĂšre cible : les huiles de graines. JugĂ©es pro-inflammatoires par certains experts et critiquĂ©es publiquement par Robert F. Kennedy Jr., elles sont peu Ă peu Ă©vincĂ©es au profit dâhuiles dâolive, dâavocat⊠et du trĂšs rĂ©tro suif de bĆuf (le fameux beef tallow), dĂ©sormais promu comme une alternative « nourrissante et nostalgique ». Whole Foods en a mĂȘme fait une tendance 2026.
Les gĂ©ants du snack sâadaptent : PepsiCo, Campbellâs ou Layâs lancent des chips Ă lâhuile dâavocat, tandis que le sucrier est aussi en mutation. Le sirop de maĂŻs Ă haute teneur en fructose, longtemps omniprĂ©sent, disparaĂźt des recettes. Coca-Cola propose mĂȘme une version de son soda avec sucre de canne, sous lâimpulsion de Donald Trump lui-mĂȘme. CĂŽtĂ© colorants, adieu colorants artificiels comme le Red 3, bonjour jus de betterave, curcuma et spiruline : les Gushers et Jolly Ranchers passent au naturel.
Mais la tendance la plus forte, câest le « protein & fiber maxxing » : des cĂ©rĂ©ales aux barres de snack, tout est enrichi en protĂ©ines et dĂ©sormais en fibres, pour soutenir digestion et silhouette, en particulier chez les consommateurs sous mĂ©dicaments amaigrissants type Ozempic. Le tout, sans forcĂ©ment de cohĂ©rence gustative : on saupoudre de la protĂ©ine, on renforce lâintestin, et tant pis pour le plaisir.
Le lait entier et les produits laitiers gras sont en plein boom, portés par les nouvelles recommandations diététiques fédérales. Fromage, yaourt, beurre et surtout whole milk séduisent à nouveau aprÚs des décennies de diabolisation des graisses saturées. Le consommateur se détourne du « allégé » et redécouvre le plein goût⊠et le plein gras.
Cette vague de transformation rappelle les chocs nutritionnels précédents (low-fat dans les années 80, bio dans les années 2010), mais avec une nouveauté : les applis comme Yuka permettent aux consommateurs de scanner les produits en rayon et de faire pression en temps réel.
Attention toutefois Ă lâeffet boomerang : ces innovations ont un coĂ»t. Les prix grimpent, les promesses changent, et tous les fabricants ne suivent pas le mouvement. Une chose est sĂ»re : les rayons des supermarchĂ©s amĂ©ricains sont en train de vivre un relooking nutritionnel complet, entre nostalgie, ultra-protĂ©inisation et retour aux graisses animales.
Inc, Beyond Meatâs Test Kitchen Just Released a New BeverageâYouâll Never Guess the Secret Ingredient (Itâs Not Meat), 15/01/2026
Beyond Meat, en pleine reconquĂȘte stratĂ©gique aprĂšs une chute vertigineuse de sa valorisation, tente une percĂ©e inattendue : la boisson fonctionnelle. Lâentreprise vĂ©gĂ©tale lance Beyond Immerse, une gamme expĂ©rimentale de boissons enrichies en protĂ©ines, fibres, Ă©lectrolytes et antioxydants. Exit les burgers, place aux canettes pĂ©tillantes saveur pĂȘche-mangue, citron-citron vert ou orange-mandarine. Une tentative pour surfer sur la tendance 2026 du « protein + fiber everywhere ».
Chaque boisson contient 7 g de fibres et se dĂ©cline en deux versions : lâune avec 10 g de protĂ©ines et 60 kcal, lâautre avec 20 g de protĂ©ines et 100 kcal. Les protĂ©ines proviennent de pois, les fibres de tapioca. Ce nâest ni un smoothie, ni un substitut de repas : le porte-parole de Beyond prĂ©cise que la boisson est « lĂ©gĂšre, rafraĂźchissante, et ne vous plombe pas lâestomac ». Elle vise les consommateurs en quĂȘte de nutriments hors du traditionnel « centre de lâassiette ».
LancĂ©e via le site Beyond Test Kitchen, la boisson nâest disponible quâen quantitĂ© limitĂ©e, comme les autres produits de cette plateforme interne qui sert de laboratoire dâexpĂ©rimentation directe auprĂšs des clients. Câest sur ce mĂȘme canal quâont Ă©mergĂ© Beyond Ground, Beyond Chicken Pieces et Beyond Steak Tips â des produits censĂ©s dĂ©passer les limites du « faux steak » pour offrir une nouvelle gĂ©nĂ©ration de protĂ©ines vĂ©gĂ©tales non mimĂ©tiques.
Pour Ethan Brown, PDG et fondateur, cette initiative illustre la volontĂ© de ârĂ©vĂ©ler tout le potentiel nutritionnel des plantes dans un format pratique et sĂ©duisantâ. Si Beyond Meat ne renonce pas Ă ses produits phares comme le Beyond Burger, la diversification est stratĂ©gique. Et elle tombe Ă pic : les ventes de produits transformĂ©s vĂ©gans stagnent, les critiques sâaccumulent, et le cours de lâaction a dĂ©gringolĂ© Ă moins dâun dollar.
Beyond Immerse incarne ainsi un pivot vers le segment porteur des boissons bien-ĂȘtre â dominĂ© jusquâici par les gĂ©ants du fitness et de la nutrition. Lâapproche directe au consommateur permet Ă la marque de tester ses idĂ©es sans pression industrielle, tout en sâadaptant en temps rĂ©el aux retours clients. Reste Ă savoir si ce pari hydratĂ© suffira Ă relancer la machine Beyond.
Financial Times, The world has too much wine. What will happen to it?, 17/01/2026
Le monde fait face Ă un paradoxe : jamais on nâa produit autant de vin⊠pour si peu de dĂ©bouchĂ©s. Lâarticle dresse un Ă©tat des lieux inquiĂ©tant du secteur viticole mondial, frappĂ© par une surproduction chronique et une demande en net repli. Des cuves pleines, des exportations en baisse et des raisins abandonnĂ©s sur pied â voilĂ la rĂ©alitĂ© dans de nombreuses rĂ©gions, de lâAustralie Ă lâEspagne.
En Australie, le stock de vin reprĂ©sente presque le double des ventes annuelles possibles, ce qui pousse certains producteurs Ă annuler leurs contrats ou Ă laisser les raisins pourrir sur les ceps. Les grandes entreprises comme Treasury Wine Estates ou Vinarchy (ex-Accolade) peinent Ă absorber le surplus, plombĂ©es par le ralentissement des marchĂ©s amĂ©ricain et chinois. Le climat nâaide pas : lâirrigation devient plus coĂ»teuse, et le marchĂ© du raisin blanc â censĂ© rĂ©pondre Ă lâĂ©volution des goĂ»ts â commence dĂ©jĂ Ă saturer.
MĂȘme en Nouvelle-ZĂ©lande, jusque-lĂ valeur refuge du secteur grĂące Ă son Sauvignon blanc, la situation sâaggrave. Et en Europe, lâEspagne et lâItalie ne sont pas en reste : Rioja voit ses exportations chuter de 18,5 %, et mĂȘme le cava catalan perd du terrain. Lâironie ? Ce sont les vins les moins chers, vendus en vrac Ă moins de 0,50 ⏠le litre, qui sâen sortent le mieux. En Italie comme en Espagne, les caves dĂ©bordent mais les statistiques sont parfois pudiquement cachĂ©es pour Ă©viter la panique.
Les consommateurs, eux, boivent moins, mais mieux ? Ce nâest pas si sĂ»r. Loin dâun basculement vers le haut de gamme, câest le segment intermĂ©diaire qui souffre le plus. Et mĂȘme le marchĂ© du vin en vrac, gĂ©nĂ©ralement plus rĂ©silient, commence Ă montrer des signes de faiblesse. Lâentreprise Ciatti, leader mondial du nĂ©goce en vrac, constate des commandes de plus en plus modestes.
Dans ce contexte, des producteurs vendent Ă perte pour gĂ©nĂ©rer du cash-flow. Les blancs et rosĂ©s de lâhĂ©misphĂšre sud 2026 arriveront bientĂŽt en rayon Ă prix cassĂ©s. Une aubaine pour les acheteurs, mais un signal dâalarme pour tout un pan de lâagriculture mondiale. Car contrairement Ă la biĂšre ou aux spiritueux, on ne peut pas mettre une vigne en pause. Et chaque rĂ©colte non vendue alourdit un peu plus le fardeau dâun secteur dĂ©jĂ Ă la peine.
Câest tout pour aujourdâhui.
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A la semaine prochaine!
O. Frey












