đŸđđ Eat's business đđ·đ§ 2026-01
Bonjour Ă toutes et Ă tous,
Je vous souhaite une trĂšs belle annĂ©e 2026, quâelle soit palpitante et pleine de moments de partage autour dâun bon repas.
Eatâs Business va continuer sur le mĂȘme rythme que les annĂ©es prĂ©cĂ©dentes. Vous y trouverez toujours une revue de presse des articles sur le monde de lâalimentaire qui mâont semblĂ© intĂ©ressants dans la semaine prĂ©cĂ©dente.
Jâen profite pour remercier celles et ceux qui mâont offert des cafĂ©s en 2025.
Pour ceux qui veulent la version audio :
Pour ceux qui veulent la formule ristretto, les 3 articles que je vous conseille de lire en priorité cette semaine sont :
Les Ăchos, Kelloggâs, Mars, Kraft Heinz⊠les nouvelles frontiĂšres des gĂ©ants mondiaux de lâagroalimentaire, 30/12/2025
CNBC, âThe next proteinâ: Fiber is shaping up to be the latest grocery obsession, 12/12/2025
New York Times, How Weâll Eat in 2026: More Caution, More Crunch, 29/12/2025
Bonne lecture et bonne semaine Ă toutes et Ă tous!
Pour celles et ceux dâentre vous qui ont plus de temps pour la formule lungo :
Les Ăchos, Kelloggâs, Mars, Kraft Heinz⊠les nouvelles frontiĂšres des gĂ©ants mondiaux de lâagroalimentaire, 30/12/2025
LâannĂ©e 2025 a Ă©tĂ© marquĂ©e par de profonds bouleversements chez les gĂ©ants de lâagroalimentaire, entre restructurations, scissions, cessions et acquisitions. Face Ă des marges faibles et des consommateurs aux habitudes changeantes, ces entreprises revoient leurs stratĂ©gies Ă grande Ă©chelle.
Unilever illustre ce mouvement avec la scission de son pĂŽle glaces (Magnum, Carte dâOr, Ben & Jerryâs), laissant entendre une sortie du secteur alimentaire pour se recentrer sur la beautĂ© et les soins. Dâautres suivent la logique du âpure playerâ : Keurig Dr Pepper rachĂšte JDE Peetâs pour scinder cafĂ© et boissons. Le groupe Le Duff sâimplante en OcĂ©anie avec le rachat de Laurent Bakery, tandis que Lactalis poursuit sa conquĂȘte mondiale des produits laitiers.
Ă lâinverse, certaines marques quittent les segments les plus risquĂ©s : Kraft Heinz se sĂ©pare de son activitĂ© snacks salĂ©s ; PepsiCo pourrait cĂ©der SodaStream ou Rice-A-Roni. Ces dĂ©cisions visent Ă allĂ©ger les portefeuilles de marques peu rentables.
LâĂ©volution des goĂ»ts des consommateurs joue un rĂŽle central. Danone investit dans le microbiote, RĂ©my Cointreau dans le sans-alcool (JNPR), tandis que Bel ou Lactalis abandonnent les laits vĂ©gĂ©taux. La volatilitĂ© du segment vĂ©gĂ©tal, saturĂ© de petits acteurs, force les groupes Ă redĂ©finir leurs prioritĂ©s.
Ce mouvement de rationalisation touche aussi les grandes enseignes : Coca-Cola veut revendre Costa Coffee à perte, illustrant un échec stratégique.
Lâarticle montre que ces changements ne sont pas purement financiers : ils rĂ©pondent aussi Ă des Ă©volutions profondes de la demande. La quĂȘte de santĂ©, de durabilitĂ© et dâauthenticitĂ© pousse les gĂ©ants Ă choisir entre adaptation ou retrait.
LâannĂ©e 2026 sâannonce dĂ©cisive pour NestlĂ©, dont la gouvernance renouvelĂ©e devra rĂ©pondre aux attentes des actionnaires. Le secteur agroalimentaire est plus que jamais Ă la croisĂ©e des chemins : redĂ©finir ses frontiĂšres pour rester attractif.
Les Ăchos, En Italie, le nouveau laboratoire gĂ©ant de Barilla expĂ©rimente lâalimentation du futur, 29/12/2025
Barilla a inaugurĂ© un centre de recherche et dĂ©veloppement ambitieux Ă Parme, berceau historique de lâentreprise et cĆur de la « Food Valley » italienne. BaptisĂ© Barilla Innovation & Technology Experience, ce laboratoire de 14 000 mÂČ reprĂ©sente un investissement de plus de 20 millions dâeuros, le plus important du groupe depuis plusieurs dĂ©cennies. Il a pour mission dâanticiper les tendances alimentaires mondiales tout en prĂ©servant lâidentitĂ© culinaire italienne.
Lâespace comprend des zones de dĂ©gustation, des cuisines expĂ©rimentales et des laboratoires sensoriels. Des lignes pilotes permettront de tester des prototypes de pĂątes, sauces, produits de boulangerie, et emballages durables. Lâapproche adoptĂ©e par Barilla sâarticule autour de trois piliers : durabilitĂ©, innovation technologique (notamment lâintelligence artificielle) et enracinement local.
Le centre emploie 200 experts multidisciplinaires et accueillera chaque annĂ©e 30 jeunes talents via un incubateur interne. Barilla sâappuie sur un rĂ©seau collaboratif de 84 institutions scientifiques et un programme dâopen innovation (GoodFood Makers), ayant dĂ©jĂ permis 28 partenariats concrets dans des domaines variĂ©s : IA logistique, traçabilitĂ© du basilic, nutritionâŠ
Lâobjectif est aussi de recentraliser le dĂ©veloppement des marques du groupe pour mieux rĂ©pondre aux attentes internationales. Les cycles de conception des produits sont longs (jusquâĂ dix ans), incluant toutes les Ă©tapes, de lâagriculture durable aux tests consommateurs.
Barilla affiche un bilan dĂ©jĂ positif en matiĂšre dâemballage : 100 % recyclables en Italie. Lâentreprise a mĂȘme expĂ©rimentĂ© lâimpression 3D pour crĂ©er des formes uniques de pĂątes, et envoyĂ© des « fusilli spatiaux » sur lâISS.
Mais des critiques persistent sur la standardisation de ses produits Ă lâĂ©chelle mondiale, jugĂ©s trop industriels par certains consommateurs. MalgrĂ© la reformulation de 140 produits pour rĂ©duire sucre et graisses, Barilla reste confrontĂ© au dĂ©fi de la malbouffe et des produits ultratransformĂ©s.
Ce nouveau centre incarne donc un pari : rĂ©concilier technologie, durabilitĂ© et authenticitĂ© pour rester compĂ©titif sans trahir lâesprit de la cuisine italienne.
Les Ăchos, Changement climatique : lâaction coĂ»tera cher Ă lâagriculture, mais moins que lâinaction, 29/12/2025
Une Ă©tude alarmante, cofinancĂ©e par le CrĂ©dit Agricole et plusieurs acteurs de lâagro-industrie (InVivo, SofiprotĂ©ol, Unigrains), dresse un constat sans appel : sans investissements massifs, 90 % des exploitations agricoles françaises seront fragilisĂ©es dâici 2050 par le changement climatique. Les pertes pourraient atteindre 7 milliards dâeuros par an. Ă lâinverse, investir entre 16 et 29 milliards dâeuros permettrait de maintenir, voire dâamĂ©liorer la rentabilitĂ© du secteur.
LâĂ©tude repose sur lâanalyse de 25 leviers techniques et organisationnels, dĂ©jĂ mis en Ćuvre ponctuellement mais rarement de maniĂšre systĂ©mique : agriculture de prĂ©cision, diversification des cultures avec plus de lĂ©gumineuses, rĂ©duction du travail du sol, stratĂ©gie dâirrigation, infrastructures de stockage de lâeau, etc. Elle plaide aussi pour le retour Ă des systĂšmes de polyculture-Ă©levage, permettant une meilleure valorisation des intrants naturels et un accroissement de lâautonomie des exploitations.
Ces solutions, bien que coĂ»teuses Ă court terme, prĂ©sentent un retour sur investissement moyen de 10 Ă 11 ans. Elles seraient financĂ©es par un fonds dĂ©diĂ© que le CrĂ©dit Agricole compte lancer en 2026, destinĂ© Ă accompagner les projets dâadaptation (installation, modernisation, croissance).
Mais lâenjeu dĂ©passe le strict cadre Ă©conomique. Lâarticle alerte sur une menace directe Ă la souverainetĂ© alimentaire française, dans un contexte oĂč la balance commerciale agroalimentaire pourrait devenir dĂ©ficitaire pour la premiĂšre fois depuis des dĂ©cennies. Il appelle Ă une mobilisation collective : agriculteurs, scientifiques, assureurs, financeurs et consommateurs doivent tous contribuer Ă ce virage stratĂ©gique.
En filigrane, cette Ă©tude renforce la pertinence des discours rĂ©cents sur la planification Ă©cologique et les confĂ©rences sur la souverainetĂ© alimentaire initiĂ©es par le gouvernement. Elle insiste sur la nĂ©cessitĂ© dâune vision de long terme pour Ă©viter une perte de valeur irrĂ©versible dans lâagriculture hexagonale.
Un message clair : lâinaction coĂ»tera plus cher que les investissements dâadaptation.
LibĂ©ration, Crise des «food courts» : «On y va une fois, deux fois⊠et puis câest fini», 02/01/2026
Le modĂšle des food courts, longtemps prĂ©sentĂ© comme une innovation urbaine et gastronomique prometteuse, connaĂźt un essoufflement en France, illustrĂ© par la fermeture du Food Society Paris, le plus grand dâEurope. Le gĂ©ographe de lâalimentation Pierre Raffard dĂ©crypte dans cet article les raisons de ce dĂ©samour. ImportĂ©s dâun modĂšle hybride mĂȘlant inspirations amĂ©ricaines et europĂ©ennes (comme les marchĂ©s de Barcelone), les food courts Ă©taient conçus pour redynamiser certains territoires urbains, notamment en pĂ©riphĂ©rie des grandes villes. Toutefois, leur succĂšs nâaura Ă©tĂ© quâĂ©phĂ©mĂšre.
Selon Raffard, ces espaces ont peinĂ© Ă fidĂ©liser une clientĂšle au-delĂ de lâeffet de nouveautĂ©. Le premier frein est Ă©conomique : les prix pratiquĂ©s dans les food courts sont souvent jugĂ©s excessifs, consĂ©quence directe des loyers Ă©levĂ©s imposĂ©s aux restaurateurs installĂ©s dans ces lieux. RĂ©sultat : un ticket moyen Ă©levĂ©, peu attractif pour les consommateurs rĂ©guliers.
Le modĂšle fonctionne Ă©galement sur des horaires trĂšs limitĂ©s (midi et soir), ce qui complexifie la rentabilitĂ© dans une conjoncture Ă©conomique tendue. Raffard souligne aussi le dĂ©calage culturel avec les habitudes françaises : contrairement aux Ătats-Unis, les Français restent attachĂ©s Ă des repas assis, servis Ă table, avec une vraie interaction humaine. Le service au comptoir et lâambiance souvent impersonnelle des food courts ne rĂ©pondent pas Ă ces attentes.
Enfin, les food courts ont aussi Ă©tĂ© utilisĂ©s comme leviers pour revitaliser les centres commerciaux en dĂ©clin. Leur Ă©chec pose alors la question plus large de lâavenir de ces espaces commerciaux dans un contexte de mobilitĂ© urbaine restreinte (stationnement difficile, dĂ©sintĂ©rĂȘt pour les grands ensembles).
En somme, malgrĂ© une promesse initiale attrayante â convivialitĂ©, diversitĂ© culinaire, accessibilitĂ© â les food courts ont Ă©chouĂ© Ă sâimposer comme une alternative pĂ©renne. Leur modĂšle Ă©conomique, culturel et social semble inadaptĂ© aux attentes des consommateurs français. Lâarticle pose ainsi une rĂ©flexion plus large sur les formes de restauration urbaine, la rentabilitĂ© des nouveaux concepts et la place de la convivialitĂ© dans nos pratiques alimentaires.
Libération, Café en grains, machines avec broyeur : un succÚs express, 22/12/2025
La France connaĂźt un engouement croissant pour le cafĂ© en grains et les machines Ă broyeur intĂ©grĂ©, qui sĂ©duisent une clientĂšle de plus en plus exigeante sur la qualitĂ©. Ce phĂ©nomĂšne marque un changement de paradigme : les amateurs dĂ©laissent progressivement les capsules au profit de solutions plus artisanales et durables. PortĂ© par des figures comme Brad Pitt dans une campagne DeâLonghi, le cafĂ© en grains reprĂ©sente dĂ©sormais un quart des ventes, soutenu par la progression des ventes de machines automatiques, passĂ©es Ă plus de 800 000 unitĂ©s par an.
Ce succĂšs sâexplique par la dĂ©mocratisation des machines, aujourdâhui plus fiables et accessibles dĂšs 300-400 euros. En parallĂšle, lâoffre en cafĂ©s dits de spĂ©cialitĂ©, mieux tracĂ©s, plus durables, sâĂ©largit en grande distribution et dans les coffee-shops urbains. La crise sanitaire a jouĂ© un rĂŽle catalyseur : les consommateurs, privĂ©s de cafĂ©s, ont investi dans des Ă©quipements domestiques pour retrouver une expĂ©rience gustative Ă domicile.
Les acteurs du secteur, comme Jura ou DeâLonghi, observent une diversification de la clientĂšle : les hommes demeurent majoritaires sur le segment haut de gamme, mais les jeunes et les femmes y sont de plus en plus sensibles. Le goĂ»t est le premier critĂšre dâachat : les consommateurs redĂ©couvrent la richesse aromatique dâun bon grain face Ă un cafĂ© industriel fade ou amer.
Le marchĂ© reste toutefois minoritaire : 90 % des ventes se font en grande distribution. MĂȘme dans les enseignes bio comme Biocoop, les rĂ©fĂ©rences en grains sont en croissance (36 % des ventes du rayon), mais les prix freinent encore certains mĂ©nages. LoĂŻc Marion, torrĂ©facteur Ă Bordeaux, critique les marges excessives pratiquĂ©es sur le cafĂ© de spĂ©cialitĂ© par certaines enseignes.
NĂ©anmoins, le rapport qualitĂ©-prix joue en faveur du cafĂ© en grains : 50-60 âŹ/kg contre 100 âŹ/kg pour des capsules. Ă terme, cette tendance pourrait renforcer la consommation de cafĂ©s de meilleure qualitĂ©, Ă condition de rĂ©soudre les freins liĂ©s Ă lâaccessibilitĂ© et Ă lâinformation des consommateurs.
LibĂ©ration, Manger de la truite Ă la place du saumon, «câest dĂ©placer le problĂšme», 22/12/2025
La truite dâĂ©levage, souvent perçue comme une alternative plus vertueuse au saumon, nâĂ©chappe pas aux critiques environnementales. Produite Ă hauteur de 40 000 tonnes par an en France, majoritairement sous forme de truite arc-en-ciel, elle domine une filiĂšre largement implantĂ©e dans les riviĂšres françaises. Pourtant, cette proximitĂ© gĂ©ographique et lâimage artisanale qui en dĂ©coule masquent des rĂ©alitĂ©s Ă©cologiques similaires Ă celles du saumon. En effet, les truites restent des poissons carnivores nĂ©cessitant des aliments riches en protĂ©ines animales, principalement issus de la pĂȘche de petits poissons marins (sardines, anchois, etc.), aggravant ainsi la pression sur les ressources halieutiques mondiales, notamment en Afrique de lâOuest.
Des efforts sont nĂ©anmoins engagĂ©s pour intĂ©grer davantage de coproduits de la pĂȘche dans lâalimentation des truites, mais cela ne rĂ©sout pas la problĂ©matique de fond. Sur le terrain, des tensions Ă©mergent, comme Ă Plouay dans le Morbihan, oĂč des pĂȘcheurs accusent une pisciculture de truite dâavoir favorisĂ© des mortalitĂ©s anormales de saumons sauvages. LâĂ©leveur concernĂ© nie toute responsabilitĂ©, Ă©voquant un phĂ©nomĂšne naturel.
Par ailleurs, lâimpact environnemental de la truite ne rĂ©side pas seulement dans son alimentation, mais aussi dans la faible absorption des nutriments (30 Ă 40 %), le reste Ă©tant rejetĂ© sous forme de phosphore, azote ou matiĂšre organique, entraĂźnant des risques dâeutrophisation. Toutefois, les piscicultures sont soumises Ă un encadrement rĂ©glementaire strict, notamment via des contrĂŽles de lâOffice français de la biodiversitĂ©.
Dâun point de vue sanitaire, la truite prĂ©sente lâavantage dâĂȘtre moins exposĂ©e aux parasites que le saumon, rĂ©duisant lâusage de produits vĂ©tĂ©rinaires. Mais la hausse des tempĂ©ratures et les Ă©pisodes de sĂ©cheresse fragilisent le modĂšle, notamment dans le sud de la France. MalgrĂ© les critiques, certains experts considĂšrent que lâĂ©levage français, plus encadrĂ© que dans dâautres pays, reste prĂ©fĂ©rable. Lâarticle soulĂšve donc une question essentielle : changer dâespĂšce ne suffit pas Ă rĂ©soudre les problĂšmes systĂ©miques de lâaquaculture intensive.
Modern Retail, How the MAHA movement influenced the food and beverage industry in 2025, 18/12/2025
En 2025, le mouvement MAHA (« Make America Healthy Again »), portĂ© par Robert F. Kennedy Jr. et soutenu par lâadministration Trump, a profondĂ©ment influencĂ© lâindustrie agroalimentaire amĂ©ricaine. Initialement ambigu, le slogan MAHA a pris un sens concret pour de nombreux consommateurs Ă travers ses implications dans la rĂ©forme de lâalimentation industrielle. Si certains y associent des discours polĂ©miques sur les vaccins ou les mĂ©dicaments, câest surtout dans le domaine de la rĂ©duction des additifs, colorants artificiels et ingrĂ©dients synthĂ©tiques que le mouvement a trouvĂ© un Ă©cho grand public.
Le tournant majeur a Ă©tĂ© la dĂ©cision de la FDA dâinterdire le colorant Red Dye No. 3, suivie de lâannonce dâinterdictions prochaines pour dâautres colorants comme Yellow No. 5, No. 6 et Red No. 40. Des gĂ©ants comme NestlĂ©, PepsiCo, Kraft Heinz ou Walmart ont rĂ©pondu en reformulant leurs produits pour sâaligner sur ces nouvelles normes, souvent en avance sur les Ă©chĂ©ances lĂ©gales. Walmart, par exemple, a retirĂ© plus de 30 additifs et Ă©dulcorants de ses produits Ă marque distributeur, affirmant que lâinitiative prĂ©cĂ©dait MAHA â malgrĂ© une coĂŻncidence opportune.
Selon Elly Truesdell (New Fare Partners), cette dynamique a marquĂ© un basculement vers une alimentation plus propre, jusque-lĂ limitĂ©e aux cercles spĂ©cialisĂ©s du « better-for-you ». LâannĂ©e 2025 a vu les grands groupes intĂ©grer volontairement ces exigences, rendant la dĂ©marche incontournable dans les mĂ©dias comme sur les rĂ©seaux sociaux. Toutefois, le mouvement nâest pas exempt dâexcĂšs : certains partisans de MAHA ont poussĂ© Ă la diabolisation des huiles vĂ©gĂ©tales ou des vaccins, malgrĂ© les avertissements de la communautĂ© scientifique.
Les rĂ©seaux sociaux ont amplifiĂ© la polarisation. Une analyse de Storyful Intelligence rĂ©vĂšle que si les contenus antivax Ă©taient minoritaires (3,4 %), ils gĂ©nĂ©raient prĂšs de 47 % des interactions. Mais les critiques les plus virulentes visaient les grandes entreprises alimentaires, accusĂ©es dâavoir historiquement promu des produits nocifs. En rĂ©action, des marques comme PepsiCo ont retirĂ© les arĂŽmes et colorants artificiels de produits phares comme Cheetos ou Layâs, ce qui a rĂ©duit la part de contenu nĂ©gatif dans les discussions MAHA.
Par ailleurs, 68 % des entreprises du Fortune 500 ont abordĂ© MAHA lors de leurs appels aux investisseurs. Si les ingrĂ©dients restent le principal sujet, lâapproche reste encore progressive. Selon Gravity Research, les reformulations sont dĂ©sormais dictĂ©es autant par les attentes des distributeurs que par celles des consommateurs, avec un mot dâordre : des listes dâingrĂ©dients plus courtes, plus lisibles, plus « naturelles ».
CNBC, âThe next proteinâ: Fiber is shaping up to be the latest grocery obsession, 12/12/2025
La fibre alimentaire sâimpose comme la nouvelle obsession nutritionnelle, succĂ©dant Ă la vague protĂ©ique qui a marquĂ© les annĂ©es prĂ©cĂ©dentes. Selon les experts interrogĂ©s par CNBC, les consommateurs â notamment les jeunes â redĂ©couvrent les bienfaits de la fibre pour la santĂ© digestive et globale.
Le phĂ©nomĂšne, amplifiĂ© sur les rĂ©seaux sociaux par le mouvement « fibermaxxing », met en avant une consommation stratĂ©gique de fibres via des aliments entiers : lĂ©gumineuses, fruits, lĂ©gumes, cĂ©rĂ©ales complĂštes. Les entreprises de lâagroalimentaire sâadaptent : PepsiCo lance des snacks riches en fibres (Smartfood Fiber Pop, SunChips Fiber), NestlĂ© ajoute des prĂ©biotiques Ă ses boissons et Coca-Cola dĂ©veloppe une gamme de sodas enrichis.
Ce virage est justifiĂ© par un dĂ©ficit structurel : 90 % des femmes et 97 % des hommes aux Ătats-Unis ne consomment pas assez de fibres. Pourtant, cet apport est essentiel : la fibre rĂ©gule la digestion, rĂ©duit le cholestĂ©rol, stabilise la glycĂ©mie et prolonge la satiĂ©tĂ© â des effets parfois comparĂ©s Ă ceux des mĂ©dicaments minceur de type GLP-1.
La fibre bĂ©nĂ©ficie aussi de lâintĂ©rĂȘt croissant pour la santĂ© intestinale. Elle est valorisĂ©e comme ingrĂ©dient polyvalent, peu transformĂ©, et plus naturel que les poudres ou complĂ©ments. Des marques comme Olipop ou Floura surfent sur cette dynamique avec des produits orientĂ©s « gut health ».
Lâarticle insiste sur le fait que cette tendance rĂ©pond Ă une attente plus large : consommer des produits fonctionnels, sains et intĂ©grĂ©s Ă une alimentation plaisir. La fibre devient ainsi une promesse de bien-ĂȘtre accessible.
Pour certains, cette attention est aussi personnelle. La crĂ©atrice de contenu Naomi Aganekwu, dont le pĂšre est dĂ©cĂ©dĂ© dâun cancer du cĂŽlon, tĂ©moigne de sa dĂ©marche proactive pour inclure des fibres Ă chaque repas â une habitude quâelle voit gagner sa gĂ©nĂ©ration.
En rĂ©sumĂ©, la fibre nâest plus un complĂ©ment pour seniors : elle devient un vecteur central dâinnovation produit et un marqueur de consommation Ă©clairĂ©e dans les linĂ©aires.
The Guardian, Beans, beans, the more you eat, the more your ⊠meals are healthier and cheaper, 17/12/2025
Les haricots font leur grand retour dans lâalimentation britannique. Soutenus par des chefs populaires comme Jamie Oliver et Hugh Fearnley-Whittingstall, la campagne « Bang in Some Beans » vise Ă doubler la consommation de lĂ©gumineuses dâici 2028. Lâobjectif : promouvoir un rĂ©gime alimentaire plus Ă©conomique, plus durable et plus nutritif.
Les arguments sont nombreux. Riches en protĂ©ines, fibres, minĂ©raux et sans cholestĂ©rol, les haricots reprĂ©sentent une alternative crĂ©dible Ă la viande, surtout dans un contexte dâinflation alimentaire. Une boĂźte de haricots rouges Ă 49 pence fournit 36 % des apports journaliers recommandĂ©s en protĂ©ines pour une femme, pour une fraction du prix dâun steak.
La campagne encourage Ă introduire progressivement les haricots dans les plats du quotidien (bolognaise, chili, hachisâŠ), voire dans les desserts (brownies aux haricots noirs). Lâobjectif est de briser la mĂ©connaissance des usages culinaires de ces produits. Des initiatives pĂ©dagogiques proposent aux familles dâajouter des lĂ©gumineuses petit Ă petit pour habituer les enfants.
Le rapport qualitĂ©-prix est particuliĂšrement mis en avant. Les haricots secs, encore plus Ă©conomiques, permettent de cuisiner Ă trĂšs faible coĂ»t. Ali Honour, autrice dâun livre de recettes, Ă©voque des portions Ă 8-12 pence piĂšce, et recommande la cuisson en grande quantitĂ© puis la congĂ©lation en portions.
Mais au-delĂ du budget, câest aussi une rĂ©ponse Ă©cologique : moins de viande, moins dâĂ©missions. Les haricots permettent de rĂ©duire lâempreinte carbone tout en conservant un apport protĂ©ique de qualitĂ©.
Enfin, le modĂšle Ă©conomique reste Ă transformer. Certains dĂ©noncent les marges Ă©levĂ©es sur les lĂ©gumineuses en grande distribution, alors que les circuits courts ou les modĂšles Ă©trangers (ex. QuĂ©bec) montrent quâil est possible dâintĂ©grer des marques artisanales en supermarchĂ©.
Lâarticle dĂ©montre que les haricots incarnent un aliment-modĂšle : abordable, sain, durable et polyvalent. Encore faut-il accompagner le changement des habitudes et rĂ©inventer leur image.
New York Times, How Weâll Eat in 2026: More Caution, More Crunch, 29/12/2025
Lâarticle dresse les grandes tendances alimentaires prĂ©vues pour 2026 aux Ătats-Unis, marquĂ©es par une quĂȘte de modĂ©ration, de textures et de confort. AprĂšs une annĂ©e 2025 marquĂ©e par lâaudace gustative et lâexcĂšs protĂ©ique, les consommateurs recherchent dĂ©sormais des plaisirs simples et fiables, symboles dâun « luxe tranquille ».
Les experts annoncent un retour aux aliments rassurants, inspirés de la cuisine des grands-mÚres : fermentation, pains au levain, légumes en conserve, soupes maison⊠baptisé « grandmacore » ou « nonna-stalgia », ce courant renoue avec la tradition pour répondre à une lassitude des produits ultra-transformés.
Autre grande tendance : la texture. Le croquant (portĂ© par la mode #CrunchTok) cĂšde la place au moelleux et au fondant. Pinterest prĂ©voit un boom des aliments « gummy ». Les chefs jouent aussi avec les sensations tactiles pour sĂ©duire les clients en quĂȘte dâexpĂ©riences sensorielles immersives.
LâingrĂ©dient vedette de lâannĂ©e sera le vinaigre, utilisĂ© bien au-delĂ des vinaigrettes : cocktails sans alcool, sauces punchy, pĂątisseries aromatisĂ©es⊠Sa polyvalence sĂ©duit autant les gastronomes que les adeptes du bien-ĂȘtre.
Une volontĂ© dâancrage local sâexprime aussi : le pawpaw, les thĂ©s de houx indigĂšnes (youpon), les baies de Saskatoon sâimposent comme symboles dâune cuisine identitaire.
Les consommateurs exigent dĂ©sormais des produits Ă forte valeur perçue. La qualitĂ©, la transparence, et lâĂ©motion priment sur le prix. Le packaging devient un objet de dĂ©coration (« kitchen couture »), reflet dâun art de vivre.
Le secteur de la restauration sâadapte Ă une clientĂšle plus sensible (notamment neurodivergente), avec des menus plus lisibles, des ambiances calmes et des expĂ©riences tactiles ou participatives (ateliers, cĂ©rĂ©monies de thĂ©).
Enfin, lâannĂ©e sera marquĂ©e par lâĂ©mergence de concepts « mono-produit » (restaurants Ă un plat), le boom du petit-dĂ©jeuner japonais, la montĂ©e des plats riches en fibres pour la santĂ© des femmes et la valorisation du chou comme lĂ©gume star.
Ce panorama souligne une tendance de fond : aprĂšs lâexubĂ©rance, place Ă la conscience, Ă lâancrage sensoriel et Ă une alimentation Ă la fois rĂ©confortante, responsable et inventive.
Financial Times, Which food tracker will work best for you?, 01/01/2026
Ă lâĂšre de la nutrition personnalisĂ©e, les applications de suivi alimentaire explosent, portĂ©es par des outils technologiques de plus en plus prĂ©cis (scanners de codes-barres, IA, tests biologiques). Cet article passe en revue plusieurs apps phares, adaptĂ©es Ă diffĂ©rents profils.
Pour les dĂ©butants en santĂ© intestinale, Plant Points propose un systĂšme simple : viser 30 plantes diffĂ©rentes par semaine. Chaque variĂ©tĂ© compte (y compris les Ă©pices), lâobjectif Ă©tant de diversifier le microbiote.
Les adeptes du jeûne intermittent préfÚreront Sunrise Fasting, une app qui adapte les horaires de jeûne selon la localisation, avec des options personnalisées et un suivi visuel motivant.
Les plus pointus peuvent se tourner vers Cronometer, une appli complĂšte qui analyse en dĂ©tail lâapport calorique, macro- et micronutriments, voire les effets sur les os ou le systĂšme immunitaire. IdĂ©al pour les sportifs ou les personnes suivies mĂ©dicalement.
MyFitnessPal reste une rĂ©fĂ©rence grand public, surtout pour ceux qui lient sport et alimentation. Son immense base de donnĂ©es et sa synchronisation avec dâautres outils en font un alliĂ© polyvalent.
Zoe, plus onĂ©reuse, mise sur une approche holistique : scoring personnalisĂ©, chatbot nutritionnel, test du microbiote, suivi glycĂ©mique. Lâapplication est conçue pour une approche sur-mesure, oĂč aucun aliment nâest interdit mais contextualisĂ©.
Enfin, Yuka reste incontournable pour comprendre les impacts des ingrédients via un simple scan de produits. Son interface intuitive et son systÚme de notation attirent un large public soucieux de consommer mieux.
Au final, ces applications ne sont pas de simples gadgets : elles rĂ©pondent Ă un besoin croissant dâautonomisation nutritionnelle. Mais elles posent aussi la question de lâinfobĂ©sitĂ©, de la rigueur des donnĂ©es, et de la capacitĂ© Ă garder une relation intuitive Ă lâalimentation. Lâimportant reste dâen faire des outils, et non des injonctions.
The Wall Street Journal, How Kraft Heinz Lost Its Lock on Mac and Cheeseâand American Shoppers, 01/01/2026
Symbole de la culture culinaire amĂ©ricaine depuis 1937, le cĂ©lĂšbre « Kraft Mac & Cheese » est en dĂ©clin. Jadis incontestĂ©, ce produit iconique ne reprĂ©sente plus que 39 % du marchĂ©, contre 45 % en 2022. Cette Ă©rosion sâexplique par une combinaison de facteurs : la montĂ©e de marques premium comme Goodles, la poussĂ©e des MDD (marques de distributeurs), et surtout des annĂ©es de stratĂ©gie dĂ©faillante chez Kraft Heinz.
AprĂšs la fusion Kraft-Heinz en 2015, lâambition Ă©tait de relancer les marques historiques via des Ă©conomies massives et un redĂ©ploiement stratĂ©gique. En pratique, les coupes budgĂ©taires drastiques (usines fermĂ©es, licenciements, marketing en baisse) ont dĂ©sorganisĂ© lâentreprise, entraĂźnant la perte de talents clĂ©s. Si les profits ont bondi Ă court terme, lâinnovation sâest figĂ©e. Pendant ce temps, la concurrence sâorganisait.
Goodles, lancĂ©e en 2022, a surfĂ© sur la tendance santĂ© avec des pĂątes enrichies en protĂ©ines et fibres, des ingrĂ©dients « superaliments » (Ă©pinard, potiron, kale) et une image moderne. Avec lâappui de lâactrice Gal Gadot, la marque sĂ©duit une clientĂšle jeune, aisĂ©e, soucieuse de nutrition â un segment nĂ©gligĂ© par Kraft. RĂ©sultat : Goodles dĂ©tient aujourdâhui 6 % du marchĂ©, un bond remarquable.
Face Ă ce bouleversement, Kraft Heinz a tardĂ© Ă rĂ©agir. Plusieurs Ă©quipes internes ont proposĂ© des recettes enrichies, des saveurs nouvelles (truffe, cacio e pepe), des formats familiaux ou des Ă©ditions limitĂ©es (pizza, apple pie, jalapeño-ranch). Mais ces projets ont Ă©tĂ© freinĂ©s par une culture dâentreprise rigide et un manque de vision stratĂ©gique, aggravĂ© par une gouvernance instable. En janvier 2026, le PDG Carlos Abrams-Rivera a Ă©tĂ© remplacĂ© par Steve Cahillane, vĂ©tĂ©ran du secteur.
La sociĂ©tĂ© a lancĂ© tardivement une version plus fromagĂšre, mis Ă jour ses packagings, et annoncĂ© un plan dâinvestissement de 60 millions de dollars pour 2026, incluant une gamme premium et une version Ă haute teneur en protĂ©ines et fibres. Si les ventes ont chutĂ© de 4 % sur les trois premiers trimestres 2025, un lĂ©ger rebond de 4 % a Ă©tĂ© observĂ© en novembre.
Pourtant, la scission de Kraft Heinz annoncĂ©e en septembre 2025 laisse prĂ©sager une restructuration encore plus profonde. La division mac and cheese passera du cĂŽtĂ© âsauces et assaisonnementsâ, remettant en question sa place stratĂ©gique. Le dĂ©fi est clair : reconquĂ©rir les consommateurs en perte de confiance, dans un marchĂ© dĂ©sormais peuplĂ© de challengers agiles et innovants.
Câest tout pour aujourdâhui.
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A la semaine prochaine!
O. Frey














