đŸđđ Eat's business đđ·đ§ 2024-28
Bonjour Ă toutes et Ă tous, Eat's Business est une newsletter dans laquelle vous trouverez une revue de presse de quelques articles sur le monde de lâalimentaire qui mâont semblĂ© intĂ©ressants dans la semaine prĂ©cĂ©dente.Â
Pour ceux qui veulent la formule ristretto, les 3 articles que je vous conseille de lire en prioritĂ© cette semaine sont :Â
LibĂ©ration, Sur les rĂ©seaux sociaux, un marketing de lâalcool omniprĂ©sent qui vise les jeunes, 26/09/2024
Les Ăchos, La protĂ©ine alimentaire qui peut tout changer pour le climat, 03/10/2024
Inc, This Company Is Out to Shift How 98 Million American Adults Eat. Big Food Wants In, 30/09/2024
Bonne lecture et bonne semaine Ă toutes et Ă tous!
Pour celles et ceux dâentre vous qui ont plus de temps pour la formule lungo :
Encore un peu dâautopromo cette semaine.
Si vous avez un produit ou une annonce Ă passer, cet encart peut ĂȘtre pour vous. Ecrivez moi pour discuter des modalitĂ©s.
Rapport disponible Ă la vente ici : www.tendancesfood.com
Le Monde, Moez-Alexandre Zouari sâempare de la totalitĂ© des surgelĂ©s Picard, 30/09/2024
Moez-Alexandre Zouari, figure montante de la distribution française, s'apprĂȘte Ă prendre le contrĂŽle total de l'enseigne de surgelĂ©s Picard. Le groupe IGZ (Invest Groupe Zouari) a annoncĂ© cette semaine avoir signĂ© une promesse d'achat pour acquĂ©rir les 51% restants du capital dĂ©tenus par le fonds britannique Lion Capital. Cette transaction, dont le montant reste confidentiel, devrait ĂȘtre finalisĂ©e d'ici mars 2025. L'opĂ©ration valoriserait Picard entre 9 et 10 fois son EBITDA, pour une valeur estimĂ©e Ă plus de 2 milliards d'euros. Avec 1 185 points de vente et un chiffre d'affaires de 1,8 milliard d'euros en 2023, Picard est le leader incontestĂ© du marchĂ© français des surgelĂ©s.
Pour Zouari, 53 ans, cette acquisition marque l'aboutissement d'une stratégie entamée en 2020 lorsqu'il est entré au capital de Picard. Parti d'un simple Franprix en franchise en 2000, l'homme d'affaires s'est progressivement imposé dans le secteur de la distribution. Il possÚde déjà les enseignes Maxi Bazar et Stokomani, et détient des parts dans Teract, qui exploite notamment Gamm Vert et Jardiland.
L'histoire de Picard remonte à 1906, avec les GlaciÚres de Fontainebleau. L'entreprise a pris son essor sous la direction de Raymond Picard dans les années 1960, se spécialisant dans la vente de congélateurs et de produits surgelés.
La négociation pour le rachat total de Picard illustre l'audace de Zouari. En 2020, lors d'une brÚve rencontre avec Lyndon Lea de Lion Capital, il a su convaincre le financier britannique de lui accorder une option d'achat, promettant d'améliorer la performance de l'entreprise plutÎt que de simplement réduire les coûts.
Cette acquisition s'inscrit dans un contexte plus large des ambitions de Zouari dans la distribution française. Il avait notamment participé, aux cÎtés de Xavier Niel et Matthieu Pigasse, à la tentative de rachat du groupe Casino en 2023, une opération qui s'est finalement soldée par un échec face à Daniel Kretinsky. Avec cette prise de contrÎle de Picard, Moez-Alexandre Zouari consolide sa position dans le paysage de la distribution française, démontrant sa capacité à mener à bien des opérations d'envergure dans un secteur hautement concurrentiel.
LibĂ©ration, Sur les rĂ©seaux sociaux, un marketing de lâalcool omniprĂ©sent qui vise les jeunes, 26/09/2024
Un rapport alarmant d'Addictions France met en lumiÚre l'omniprésence du marketing de l'alcool sur les réseaux sociaux, ciblant particuliÚrement les jeunes. L'étude a été menée sur deux ans et demi, principalement sur TikTok et Instagram.
Malgré l'encadrement du marketing de l'alcool par la loi Evin depuis 1991, l'autorisation en 2009 de la publicité sur Internet a ouvert la voie à une présence massive sur les réseaux sociaux. Avec 82% des 15-25 ans qui utilisent quotidiennement ces plateformes, les marques d'alcool disposent d'un terrain de jeu idéal pour séduire ce public influençable. L'étude recense 10 963 contenus émis par des marques et influenceurs, dont plus de 5 500 créés par 483 influenceurs. Au total, 802 marques d'alcool ont été identifiées, principalement des biÚres et spiritueux. Les grands noms de l'industrie, tels que Ricard, Bombay Sapphire ou Moët & Chandon, sont les plus actifs dans ces campagnes marketing. Face à cette situation, les actions juridiques semblent peu efficaces. En février 2023, Meta a été condamné à retirer 37 publications jugées illicites, mais la procédure s'est avérée longue et complexe. De plus, les sanctions restent peu dissuasives : l'amende maximale de 75 000 euros est dérisoire pour des groupes industriels qui investissent des millions dans leurs campagnes publicitaires.
Addictions France souligne que la visibilitĂ© des contenus est renforcĂ©e par les interactions des utilisateurs, qui crééent une image positive de la consommation d'alcool chez les jeunes. L'association plaide pour une interdiction totale de la publicitĂ© pour l'alcool sur les rĂ©seaux sociaux, estimant que c'est la seule solution vraiment efficace. Ce rapport soulĂšve des questions cruciales sur la rĂ©gulation du marketing de l'alcool Ă l'Ăšre numĂ©rique. Il met en Ă©vidence le dĂ©calage entre une lĂ©gislation conçue pour les mĂ©dias traditionnels et la rĂ©alitĂ© des plateformes sociales, oĂč le contrĂŽle des contenus est particuliĂšrement difficile. Face Ă l'ingĂ©niositĂ© des stratĂ©gies marketing et Ă la rapiditĂ© de diffusion des contenus en ligne, les autoritĂ©s et les associations de santĂ© publique sont confrontĂ©es Ă un dĂ©fi de taille pour protĂ©ger efficacement les jeunes de l'influence de l'industrie de l'alcool.
Libération, Fish and chips, sausage rolls, scotch eggs... Paris, nouveau terrain de jeu de la gastronomie britannique, 28/09/2024
La gastronomie britannique gagne du terrain à Paris, démentant les préjugés longtemps ancrés sur la qualité de la cuisine d'outre-Manche. Cette tendance se manifeste par l'ouverture récente de plusieurs établissements proposant des spécialités typiquement britanniques dans la capitale française. En mars dernier, le chef anglais Calum Franklin a inauguré Public House, un restaurant dédié à la cuisine britannique dans le quartier de l'Opéra. Malgré un accueil mitigé de la presse, l'établissement attire une clientÚle nombreuse. Dans le XVIIe arrondissement, Alexandre Chapier, un chef français ayant travaillé à Londres, a lancé The Blossom Arms, un pub authentique proposant notamment un fish and chips de qualité. Ces ouvertures s'inscrivent dans un mouvement plus large, avec l'arrivée d'autres enseignes comme Very French Beans et The Project Sausage, spécialisées respectivement dans les tourtes anglaises et les feuilletés à la saucisse. Elles viennent compléter une offre jusqu'alors limitée à quelques établissements historiques comme le bistrot l'Entente ou le pub écossais The Auld Alliance.
Selon Calum Franklin, ce regain d'intĂ©rĂȘt pour la cuisine britannique Ă Paris s'explique notamment par l'Ă©volution des habitudes de la jeune gĂ©nĂ©ration, plus encline Ă voyager et Ă dĂ©couvrir de nouvelles saveurs. Ben Mervis, historien de la gastronomie, souligne quant Ă lui l'impact de la pandĂ©mie de Covid-19, qui aurait favorisĂ© un retour Ă une cuisine plus simple et rĂ©confortante. Les chefs interrogĂ©s reconnaissent que la cuisine britannique a longtemps souffert d'une mauvaise rĂ©putation, en partie mĂ©ritĂ©e, due Ă l'industrialisation et Ă la perte de traditions culinaires aprĂšs la Seconde Guerre mondiale. Cependant, ils mettent en avant les liens historiques entre les cuisines française et britannique, ainsi que la richesse de la tradition gastronomique d'outre-Manche.
Les Ăchos, Lesaffre ouvre de nouvelles usines face Ă la hausse mondiale de la demande de pain, 02/09/2024
Lesaffre, le leader mondial de la levure, poursuit son expansion internationale en réponse à la demande croissante de pain dans le monde. Avec un chiffre d'affaires en hausse de 11% l'an dernier, à 3 milliards d'euros, Lesaffre fournit déjà des levures pour un pain sur trois dans le monde. Le groupe prévoit d'ouvrir de nouveaux sites de production en Indonésie, en France et au Brésil. De plus, il vient d'acquérir Biorigin, une société brésilienne spécialisée dans les dérivés de levures et les ingrédients aromatiques naturels.
Brice-Audren RichĂ©, directeur gĂ©nĂ©ral de Lesaffre, souligne l'importance d'une stratĂ©gie Ă©quilibrĂ©e entre croissance organique et externe. Le groupe, qui possĂšde actuellement 80 usines dans 50 pays, vise Ă produire au plus prĂšs de ses marchĂ©s pour rĂ©pondre Ă la demande locale. La panification reste le cĆur de mĂ©tier de Lesaffre, et reprĂ©sente deux tiers de ses ventes. Cette activitĂ© bĂ©nĂ©ficie de la croissance dĂ©mographique mondiale et de l'Ă©volution des habitudes alimentaires. Bien que la consommation de pain stagne dans les pays dĂ©veloppĂ©s, la demande de produits diversifiĂ©s et de qualitĂ© augmente. En parallĂšle, Lesaffre dĂ©veloppe ses activitĂ©s dans le domaine de la santĂ© humaine et du bien-ĂȘtre. Le groupe prĂ©voit notamment la construction d'une usine Ă Denain (Nord) pour produire de la chondroĂŻtine par fermentation, une alternative plus Ă©thique et efficace aux produits d'origine animale.
L'entreprise mise Ă©galement sur le secteur du plaisir alimentaire, en produisant des dĂ©rivĂ©s de levures pour rehausser les goĂ»ts dans divers produits alimentaires. Cette activitĂ© rĂ©pond Ă la demande croissante de naturalitĂ© et Ă la volontĂ© de rĂ©duire la teneur en sel des aliments. Lesaffre adapte sa stratĂ©gie aux spĂ©cificitĂ©s de chaque marchĂ©, reconnaissant la diversitĂ© des cultures du pain Ă travers le monde. L'ouverture d'une nouvelle usine en IndonĂ©sie, par exemple, vise Ă rĂ©pondre Ă la demande croissante en Asie, oĂč le groupe est prĂ©sent depuis plus de 30 ans.
Le Figaro, Moët Hennessy se lance dans le vin désalcoolisé premium en investissant dans French Bloom, 01/10/2024
Le marché des boissons sans alcool connaßt un essor remarquable en 2024, comme en témoigne l'investissement stratégique de Moët Hennessy dans French Bloom, une marque de vin sans alcool haut de gamme. Cette prise de participation minoritaire de 31,6% par la division vins et spiritueux de LVMH marque un tournant dans l'industrie des boissons de luxe.
Fondée en 2019 par Rodolphe et Maggie FrÚrejean-Taittinger, en collaboration avec la top-modÚle Constance Jablonski, la marque French Bloom s'est rapidement imposée comme un acteur incontournable du marché des boissons sans alcool de luxe. Elle a écoulé prÚs de 500 000 bouteilles cette année et cible principalement une clientÚle ùgée de 21 à 45 ans, soucieuse de réduire sa consommation d'alcool sans sacrifier sa vie sociale. Cette tendance, baptisée "flexidrinking", reflÚte une évolution des comportements de consommation, particuliÚrement marquée chez les générations Y et Z. Elle se caractérise par une alternance entre boissons alcoolisées et non alcoolisées, selon les moments et l'humeur.
French Bloom se distingue par son positionnement unique, alliant luxe, mode et terroir. La marque propose des produits haut de gamme, avec une cuvĂ©e phare vendue Ă 109 euros, et met en avant ses terres de production Ă Limoux, dans l'Aude. Sa stratĂ©gie de communication soignĂ©e, mĂȘlant glamour et nature sauvage, contribue Ă son succĂšs. Pour MoĂ«t Hennessy, cet investissement s'inscrit dans une dĂ©marche d'innovation et de diversification. Philippe Schaus, PDG de la maison, souligne l'importance de cette collaboration pour façonner l'avenir de la catĂ©gorie des boissons sans alcool de luxe. Cette initiative fait suite Ă d'autres lancements rĂ©cents, comme le whisky SirDavis de BeyoncĂ©, dĂ©montrant la volontĂ© du groupe de s'adresser Ă de nouveaux publics.
L'engouement pour les boissons sans alcool se manifeste Ă©galement Ă travers des Ă©vĂ©nements comme le "Sober October" et le "Dry January", des pĂ©riodes d'abstinence de plus en plus suivies. French Bloom ambitionne de devenir la boisson de rĂ©fĂ©rence pour ces occasions. Le sans alcool s'impose dĂ©sormais comme un segment incontournable de l'industrie des boissons, alliant prestige et bien-ĂȘtre.
Les Ăchos, Un tiers des entreprises de charcuterie dans le rouge, selon la Banque de France, 01/10/2024
Le secteur de la charcuterie française traverse une crise profonde, selon une étude récente de la Banque de France. La situation financiÚre des entreprises s'est considérablement détériorée en 2023, avec un tiers d'entre elles qui sont désormais dans le rouge, contre 25% l'année précédente. La Fédération des entreprises françaises de charcuterie traiteur (FICT) tire la sonnette d'alarme, soulignant que les premiers indicateurs de 2024 ne laissent pas présager d'amélioration. Le secteur peine à répercuter la hausse des coûts de production, notamment ceux du porc, de l'énergie et des salaires.
Les chiffres sont alarmants : le taux de marge nette a chuté de 65% en deux ans, passant de 2,6% du chiffre d'affaires en 2021 à seulement 0,9% en 2023. La trésorerie nette s'est réduite de moitié, ne représentant plus que quinze jours de chiffre d'affaires. L'investissement a également reculé de 33% sur deux ans.
Cette situation fragilise la compétitivité des entreprises françaises face à la concurrence étrangÚre, alors qu'une référence de charcuterie sur cinq est déjà importée. Les premiers mois de 2024 confirment cette tendance négative, avec une augmentation significative des incapacités de paiement. Face à ces difficultés, la FICT appelle les distributeurs à faire un effort sur les tarifs lors des négociations commerciales. Elle souligne que le rayon charcuterie est la meilleure source de marge nette pour la grande distribution, avec un taux six fois supérieur à la moyenne des autres rayons.
Le secteur demande également l'exclusion des entreprises de charcuterie des négociations des centrales européennes, compte tenu de leur impact sur les filiÚres agricoles françaises. Il insiste sur le maintien de la date butoir du 1er mars pour les négociations tarifaires et le renforcement de la clause de révision des prix.
Cette crise soulÚve des inquiétudes quant à l'avenir de la filiÚre charcutiÚre française, qui transforme prÚs des trois quarts de la viande de porc produite dans le pays. Les entreprises craignent un nouvel affaiblissement des PME avec le retour des discussions sur la loi EGALIM. L'enjeu est donc de trouver un équilibre entre la préservation de la compétitivité des entreprises françaises de charcuterie, le maintien de prix accessibles pour les consommateurs, et une rémunération équitable pour l'ensemble des acteurs de la filiÚre, du producteur au distributeur.
Les Ăchos, Le succĂšs fou des chips Brets met son fabricant breton en surchauffe, 01/10/2024
Le fabricant breton de chips Altho, connu pour sa marque Brets, connaßt une croissance fulgurante sur le marché français. Malgré l'inflation, l'entreprise a vu son chiffre d'affaires bondir de 37% en 2023, pour atteindre 280 millions d'euros. Cette progression spectaculaire devrait se poursuivre en 2024, avec une prévision de croissance de 11%, portant le chiffre d'affaires à 310 millions d'euros.
FondĂ©e en 1995 Ă Pontivy, dans le Morbihan, la marque Brets s'est hissĂ©e Ă la deuxiĂšme place du marchĂ© français, derriĂšre le gĂ©ant Lays. Avec 19,4% de parts de marchĂ©, Brets a su sĂ©duire les consommateurs grĂące Ă une stratĂ©gie d'innovation audacieuse et des saveurs originales comme le pastis, le bleu d'Auvergne, ou encore la tartiflette. Le succĂšs de Brets repose Ă©galement sur son engagement en matiĂšre de RSE et mise sur des ingrĂ©dients naturels et une fabrication locale. Cette approche sĂ©duit particuliĂšrement les jeunes adultes, trĂšs actifs sur les rĂ©seaux sociaux oĂč la marque est fortement prĂ©sente.
Face Ă cette demande croissante, Altho doit relever de nouveaux dĂ©fis. L'entreprise prĂ©voit la construction d'une troisiĂšme usine Ă Pontivy, dont l'ouverture est prĂ©vue pour la fin du premier trimestre 2026. Cette nouvelle unitĂ© permettra d'augmenter la production de 15 000 tonnes de chips par an, s'ajoutant aux 52 000 tonnes actuellement produites. Pour rĂ©pondre Ă ses besoins en matiĂšres premiĂšres, Altho cherche Ă©galement Ă sĂ©curiser ses approvisionnements en pommes de terre. L'entreprise vise Ă recruter de nouveaux agriculteurs pour cultiver 1 000 hectares supplĂ©mentaires d'ici fin 2025. Pour attirer ces producteurs, Brets a adoptĂ© le label Agri-Ethique, garantissant une juste rĂ©munĂ©ration des agriculteurs et favorisant des pratiques culturales plus durables. Actuellement, Altho travaille avec 350 agriculteurs, principalement en Bretagne, oĂč la culture de la pomme de terre est souvent une activitĂ© complĂ©mentaire pour les Ă©leveurs laitiers. L'entreprise fournit le matĂ©riel nĂ©cessaire en location, facilitant ainsi la diversification des exploitations. MalgrĂ© ces efforts, Altho doit encore acheter 20% de ses pommes de terre Ă des nĂ©gociants. L'objectif Ă terme est d'atteindre 100% d'approvisionnement local pour une filiĂšre totalement intĂ©grĂ©e, garantissant ainsi la qualitĂ© et la traçabilitĂ© de ses produits.
Les Ăchos, La protĂ©ine alimentaire qui peut tout changer pour le climat, 03/10/2024
La start-up amĂ©ricaine Nature's Fynd ambitionne de transformer l'industrie alimentaire grĂące Ă une protĂ©ine vĂ©gĂ©tale issue d'un micro-organisme dĂ©couvert dans le parc national de Yellowstone. BaptisĂ©e Fy, cette protĂ©ine polyvalente a dĂ©jĂ conquis les rayons des supermarchĂ©s Whole Foods aux Ătats-Unis. Depuis 2021, elle est dĂ©clinĂ©e en fromage frais, saucisses vĂ©gĂ©tales et yaourts aux fruits. Mais ce n'est que le dĂ©but : burgers, crĂšmes dessert et sauces font partie des nombreuses possibilitĂ©s envisagĂ©es par l'entreprise.
Ă la tĂȘte de Nature's Fynd, on trouve Thomas Jonas, un entrepreneur français installĂ© outre-Atlantique. Il compare volontiers la versatilitĂ© de Fy Ă celle d'une vache, capable de produire Ă la fois du lait et de la viande. L'usine pilote de l'entreprise, situĂ©e symboliquement dans l'ancien quartier des abattoirs de Chicago, utilise un procĂ©dĂ© de fermentation high-tech pour cultiver la protĂ©ine. Les avantages de Fy sont multiples : un profil nutritionnel complet, un goĂ»t neutre, et surtout un impact environnemental rĂ©duit. Selon l'entreprise, sa production nĂ©cessiterait 99% moins d'eau et de terres qu'un systĂšme agricole classique, tout en Ă©mettant nettement moins de gaz Ă effet de serre.
L'histoire de Nature's Fynd a dĂ©butĂ© en 2009 avec la dĂ©couverte du micro-organisme par le chercheur Mark Kozubal. Initialement destinĂ© Ă la production de biocarburants, le projet a pivotĂ© vers l'alimentation, nĂ©cessitant des annĂ©es de R&D avant d'obtenir l'homologation de la FDA en 2021. Soutenue par des investisseurs de renom tels que Bill Gates, Jeff Bezos et Al Gore, la start-up a dĂ©jĂ levĂ© plus de 450 millions d'euros. Elle collabore mĂȘme avec le chef Ă©toilĂ© Eric Ripert pour dĂ©velopper de nouvelles recettes. MalgrĂ© un marchĂ© des produits vĂ©gĂ©taux en recul aux Ătats-Unis, Nature's Fynd mise sur le goĂ»t et l'impact environnemental de ses produits pour convaincre les consommateurs. Thomas Jonas rappelle que l'histoire de l'alimentation est jalonnĂ©e de nouveautĂ©s d'abord perçues comme Ă©tranges avant d'ĂȘtre largement adoptĂ©es.
Libération, Interdiction du terme de «steak» végétal : la France contredite par la justice européenne, 04/10/2024
La Cour de justice de l'Union europĂ©enne (CJUE) a rendu ce vendredi une dĂ©cision majeure concernant l'Ă©tiquetage des produits vĂ©gĂ©taux. Elle statue qu'un Ătat membre de l'UE ne peut pas interdire l'utilisation de termes tels que "steak", "saucisse" ou "bacon" pour dĂ©signer des alternatives vĂ©gĂ©tales Ă la viande. Cette dĂ©cision reprĂ©sente un revers significatif pour la France, qui avait tentĂ© Ă deux reprises d'imposer une telle interdiction. En juin 2022 et fĂ©vrier 2024, le gouvernement français avait publiĂ© des dĂ©crets visant Ă bannir l'utilisation de dĂ©nominations animales pour les produits vĂ©gĂ©taux, rĂ©pondant ainsi Ă une demande de longue date de la filiĂšre animale.
Selon la CJUE, la rĂ©glementation europĂ©enne en vigueur "protĂšge suffisamment les consommateurs" et ce, mĂȘme lorsqu'un ingrĂ©dient attendu est entiĂšrement remplacĂ©. L'arrĂȘt prĂ©cise qu'un Ătat membre ne peut empĂȘcher, par une "interdiction gĂ©nĂ©rale et abstraite", l'utilisation de "noms usuels ou descriptifs" pour les aliments Ă base de protĂ©ines vĂ©gĂ©tales. Cette dĂ©cision fait suite Ă la suspension en rĂ©fĂ©rĂ© des deux dĂ©crets français par le Conseil d'Ătat, qui attendait le verdict de la CJUE sur leur conformitĂ© avec le rĂšglement europĂ©en. Le juge des rĂ©fĂ©rĂ©s avait notamment soulignĂ© que ces textes portaient "une atteinte grave et immĂ©diate aux intĂ©rĂȘts des industriels" français du secteur.
La nouvelle est accueillie avec enthousiasme par les acteurs de l'industrie vĂ©gĂ©tarienne et vĂ©gĂ©talienne. L'Association vĂ©gĂ©tarienne de France (AVF) se fĂ©licite de cette dĂ©cision, la qualifiant de rappel que "les consommateurs sont dĂ©jĂ informĂ©s" et qu'il n'y a pas lieu de "contrĂŽler insidieusement leurs choix". Cependant, la bataille n'est peut-ĂȘtre pas terminĂ©e. L'arrĂȘt laisse une porte ouverte aux autoritĂ©s nationales pour poursuivre au cas par cas les exploitants dont les modalitĂ©s de vente ou de promotion d'un produit induiraient en erreur le consommateur. Pour les lobbys pro-viande, une interdiction gĂ©nĂ©rale reste possible mais complexe. Elle nĂ©cessiterait de dĂ©finir lĂ©galement des termes comme "steak" ou "saucisse", une tĂąche ardue compte tenu des diffĂ©rences culturelles et linguistiques au sein de l'UE.
Inc, This Company Is Out to Shift How 98 Million American Adults Eat. Big Food Wants In, 30/09/2024
Noosheen Hashemi, cofondatrice et PDG de January AI, a une ambition claire : aider les 98 millions dâAmĂ©ricains prĂ©diabĂ©tiques Ă mieux gĂ©rer leur taux de sucre dans le sang. Pour cela, elle a dĂ©veloppĂ© une application, January, permettant de visualiser lâimpact des aliments sur la glycĂ©mie sans porter de dispositif de surveillance en continu. LancĂ©e au Consumer Electronics Show en dĂ©but dâannĂ©e, lâapplication a dĂ©jĂ Ă©tĂ© tĂ©lĂ©chargĂ©e 80 000 fois. Disponible en version gratuite et premium (9,99 $ par mois), January utilise lâintelligence artificielle pour prĂ©dire les rĂ©actions glycĂ©miques des utilisateurs, en se basant sur leurs donnĂ©es physiologiques et dĂ©mographiques, ainsi que sur une bibliothĂšque de 32 millions dâaliments.
La tendance actuelle autour des rĂ©gimes faibles en sucre et la popularitĂ© croissante des outils de gestion du glucose positionnent bien cette application sur le marchĂ©, selon Jenny Zegler, directrice de la recherche alimentaire chez Mintel. Le potentiel de January a dâailleurs suscitĂ© lâintĂ©rĂȘt des gĂ©ants de lâagroalimentaire, avec des collaborations pilotes lancĂ©es en 2023 avec NestlĂ© et Mars pour explorer la personnalisation nutritionnelle et optimiser la R&D grĂące Ă lâIA.
Noosheen Hashemi, forte de son expĂ©rience dans le secteur technologique et inspirĂ©e par ses propres questions sur la santĂ©, a fondĂ© January AI en 2017 avec Michael Snyder, expert en multiomique. Lâobjectif : crĂ©er un âtwin digitalâ pour aider les utilisateurs Ă maintenir leur santĂ© mĂ©tabolique sans recourir Ă un moniteur de glucose en continu, gĂ©nĂ©ralement coĂ»teux et peu pratique Ă porter. Lâapplication, aprĂšs des Ă©tudes impliquant des milliers de personnes, fournit une analyse nutritionnelle complĂšte des aliments consommĂ©s ou envisagĂ©s, permettant aux utilisateurs de mieux gĂ©rer leur alimentation.
Cependant, lâapplication fait face Ă des dĂ©fis. Les niveaux de glucose varient Ă©normĂ©ment selon les individus, en fonction de facteurs comme lâheure des repas, les hormones ou encore le microbiome intestinal, ce qui complexifie les prĂ©visions. Michael Shanler, analyste chez Gartner, souligne que January devra sâassurer que ses rĂ©sultats restent pertinents malgrĂ© les changements physiologiques des utilisateurs au fil du temps.
Lâimpact potentiel de cette technologie pourrait aussi pousser les fabricants de produits alimentaires Ă repenser leurs Ă©tiquettes et leur composition. MalgrĂ© les rĂ©sistances de lâindustrie, Noosheen Hashemi reste confiante sur le fait que les habitudes alimentaires vont Ă©voluer : « Je sais que cela va arriver, câest seulement une question de temps. »
Eater, For Restaurant Owners, Climate Disruptions Mean Even More Uncertainty, 30/09/2024
Les perturbations liĂ©es au changement climatique affectent de plus en plus lâapprovisionnement des restaurants, forçant chefs et propriĂ©taires Ă sâadapter rapidement. Peter Platt, propriĂ©taire du restaurant pĂ©ruvien Andina Ă Portland, a retirĂ© le saumon de son menu en raison de sa rarĂ©faction sur la cĂŽte Pacifique, causĂ©e par le rĂ©chauffement des eaux et la sĂ©cheresse affectant les populations de poissons. Dâautres produits alimentaires souffrent Ă©galement des consĂ©quences du changement climatique. Les rendements de cacao diminuent Ă cause des modifications de pluie et des invasions de parasites, et le cafĂ© pourrait perdre jusquâĂ 50% de ses terres adaptĂ©es dâici 2050. La moutarde, elle, a connu une flambĂ©e de prix en 2021 aprĂšs une sĂ©cheresse au Canada, principal producteur de graines brunes.
Pour les restaurateurs comme Ayad Sinawi, de Mabu Kitchen Ă Philadelphie, la volatilitĂ© des coĂ»ts des ingrĂ©dients complique le maintien dâun modĂšle Ă©conomique stable. Par exemple, le prix des Ćufs a connu de fortes variations, causĂ©es en partie par une Ă©pidĂ©mie de grippe aviaire exacerbĂ©e par le changement climatique. Les frais gĂ©nĂ©raux, tels que la collecte des dĂ©chets, augmentent Ă©galement, contribuant Ă lâincertitude globale pour les petites entreprises.
Selon un rapport de 2024 du Global Food Institute, un quart des restaurants indĂ©pendants Ă©chouent dĂšs la premiĂšre annĂ©e, impactĂ©s par les perturbations climatiques qui provoquent des pĂ©nuries dâingrĂ©dients, des pannes de courant, et des hausses de prix imprĂ©visibles. Tara A. Scully, lâune des auteurs du rapport, souligne que les tempĂȘtes, incendies et inondations ont augmentĂ© respectivement de 19%, 23%, et 29% entre 2020 et 2023, augmentant les dĂ©fis pour le secteur.
Face Ă ces perturbations, certains chefs privilĂ©gient des approvisionnements locaux. Peter Platt, par exemple, collabore avec une ferme en Oregon pour cultiver localement des piments ajĂ, afin de diversifier ses sources et rĂ©duire sa dĂ©pendance aux importations affectĂ©es par le climat. Toutefois, se fournir localement nâest pas toujours une garantie de stabilitĂ©, car des Ă©vĂ©nements climatiques extrĂȘmes, comme la sĂ©cheresse au Texas en 2011, peuvent tout de mĂȘme perturber lâapprovisionnement.
Les prix Ă©levĂ©s de la viande, de la volaille et des poissons poussent de nombreux restaurants Ă proposer davantage de plats Ă base de plantes. Peter Platt note que la hausse des prix des protĂ©ines et les prĂ©occupations Ă©thiques poussent les clients Ă opter pour des menus vĂ©gĂ©tariens. Tara A. Scully ajoute que les clients, notamment les plus jeunes, sont de plus en plus prĂȘts Ă payer pour des plats Ă base de lĂ©gumes, meilleurs pour la santĂ© et pour la planĂšte, tout en permettant aux chefs de faire preuve de crĂ©ativitĂ©.
New York Times, The Truth About Tuna, 30/09/2024
Sur le plan nutritionnel, le thon est une source de protĂ©ines, de vitamines et de minĂ©raux, notamment de sĂ©lĂ©nium. Toutefois, la principale inquiĂ©tude pour la santĂ© humaine concerne le mercure, un neurotoxique prĂ©sent dans la chaĂźne alimentaire marine. La concentration en mercure varie selon les espĂšces : le thon skipjack, souvent le moins cher, en contient trĂšs peu, tandis que lâalbacore, le yellowfin et surtout le thon rouge en possĂšdent beaucoup plus. Pour les femmes enceintes et les enfants, la FDA (l'Ă©quivalent amĂ©ricain de notre Agence du mĂ©dicament) recommande de limiter la consommation de thon Ă trois portions de âlightâ (NDLR : une combinaison de skipjack et dâalbacore) par semaine ou une portion dâalbacore ou de yellowfin. Bien que les cas dâempoisonnement au mercure soient rares, les experts suggĂšrent que les consommateurs rĂ©guliers de thon prennent en compte ces recommandations.
En ce qui concerne lâenvironnement, la pĂȘche du thon a des impacts variĂ©s. Les plus petites espĂšces, comme le skipjack ou lâalbacore, sont souvent capturĂ©es Ă grande Ă©chelle, dĂ©vastant les Ă©cosystĂšmes marins. NĂ©anmoins, la pĂȘche Ă la ligne individuelle, plus respectueuse de lâenvironnement, gagne du terrain pour certains produits haut de gamme. La situation est plus prĂ©occupante pour les grandes espĂšces comme le thon rouge, dont la population est Ă seulement 10 % de son niveau historique, malgrĂ© une lĂ©gĂšre reprise ces derniĂšres annĂ©es.
Pour une consommation plus durable, il est conseillĂ© de privilĂ©gier les thons pĂȘchĂ©s Ă la ligne ou portant des labels comme celui du Marine Stewardship Council. Les experts recommandent dâĂ©viter les thons provenant de lâocĂ©an Indien oĂč la rĂ©glementation est moins stricte. Par ailleurs, la consommation de thon âlightâ en conserve, qui contient gĂ©nĂ©ralement du skipjack, est plus respectueuse de lâenvironnement et plus sĂ»re au niveau du mercure que dâautres types.
Financial Times, All together now: Copenhagenâs growing appetite for communal dining, 01/10/2024
Ă Copenhague, la pratique danoise du « fĂŠllesspisning » â un repas partagĂ© entre inconnus â connaĂźt un vĂ©ritable renouveau. Ce concept consiste Ă partager un repas de style familial, oĂč les convives se servent et sâentraident pour les tĂąches, comme au sein de la communautĂ© Absalon, dans le quartier de Vesterbro. Le but ? CrĂ©er des liens autour de la table, encourager la discussion et rompre la solitude qui touche de nombreux habitants. Depuis la pandĂ©mie, ces repas communs ont gagnĂ© en popularitĂ©, selon Sally Hellborn Hansen, cheffe dâAbsalon, avec une augmentation continue du nombre de participants.
LâidĂ©e du « fĂŠllesspisning » remonte Ă 1859, avec lâouverture des premiers « folkekĂžkken » (cuisines populaires) destinĂ©s Ă fournir une alimentation saine et abordable aux plus dĂ©munis. AprĂšs avoir dĂ©clinĂ© au fil du temps, ces cuisines connaissent aujourdâhui un regain dâintĂ©rĂȘt, notamment Ă Copenhague, oĂč des Ă©vĂ©nements de repas communautaires se multiplient. La ville accueille aujourdâhui des formes variĂ©es de « fĂŠllesspisning », du centre culturel KraftWerket, promouvant le vĂ©gĂ©talisme, Ă Send Flere Krydderier, un cafĂ© social oĂč des migrantes proposent des plats de leurs pays dâorigine.
Ă une Ă©poque marquĂ©e par la montĂ©e de lâisolement social, ces repas partagĂ©s offrent un remĂšde Ă la solitude, comme le souligne Mille Nielsen, une habituĂ©e dâAbsalon. Pour elle, ces repas permettent de rencontrer facilement de nouvelles personnes dans un cadre chaleureux et inclusif. Cette pratique sâouvre Ă tous les Ăąges et horizons : Ă©tudiants, familles, touristes ou encore professionnels de tous secteurs. Hellborn Hansen, cheffe de la communautĂ© Absalon, aspire Ă ce que la « fĂŠllesspisning » reste diversifiĂ©e et accessible Ă chacun, un souhait qui se manifeste dans la grande variĂ©tĂ© de plats proposĂ©s, allant de la salade de taboulĂ© libanaise Ă des plats vĂ©gĂ©tariens raffinĂ©s.
En dĂ©pit de ses origines charitables, la « fĂŠllesspisning » dâaujourdâhui sâadresse aussi Ă ceux qui cherchent Ă manger sainement sans dĂ©penser une fortune. Les repas, cuisinĂ©s en grande quantitĂ©, coĂ»tent entre 20 et 100 couronnes danoises (de 3 Ă 13 euros), ce qui les rend abordables dans une ville oĂč la vie est chĂšre. Pourtant, malgrĂ© son succĂšs grandissant, Absalon continue de fonctionner Ă perte, espĂ©rant atteindre la durabilitĂ© financiĂšre cette annĂ©e.
Fast Company, Trump, Harris, and McDonaldâs: How burgers and fries became core to the election, 27/09/2024
Dans la course Ă la prĂ©sidentielle de 2024, McDonaldâs se retrouve au centre de lâattention. Les deux principaux candidats utilisent cette marque comme symbole de lâAmĂ©rique populaire, chaque camp tentant de sâapproprier la culture des burgers et des frites.
Donald Trump a rĂ©cemment attaquĂ© la vice-prĂ©sidente Kamala Harris sur son expĂ©rience de travail chez McDonaldâs pendant ses Ă©tudes. Il a affirmĂ©, Ă tort, quâelle nâavait jamais travaillĂ© pour la chaĂźne, en se moquant de ses affirmations sur son emploi dâĂ©tĂ©. De son cĂŽtĂ©, Harris met en avant son passage chez McDonaldâs pour illustrer ses origines modestes et sa proximitĂ© avec la classe moyenne. Cette anecdote personnelle, dĂ©jĂ mentionnĂ©e lors de sa campagne de 2019, est devenue une nouvelle cible pour le camp Trump, qui cherche Ă discrĂ©diter son parcours.
Cette polĂ©mique sâinscrit dans une tendance plus large oĂč McDonaldâs devient un baromĂštre de lâĂ©conomie amĂ©ricaine. Le coĂ»t des menus, notamment face Ă lâinflation, est devenu un sujet de dĂ©bat national. La hausse des prix des produits, comme le Big Mac ou les hash browns, a Ă©tĂ© citĂ©e comme preuve des politiques Ă©conomiques contestĂ©es. La chaĂźne a mĂȘme Ă©tĂ© poussĂ©e Ă proposer des menus Ă prix rĂ©duit pour apaiser les craintes liĂ©es Ă lâinflation.
La question du salaire minimum en Californie, fixĂ© Ă 20 dollars de lâheure, a Ă©galement Ă©tĂ© discutĂ©e Ă travers lâimpact potentiel sur les franchises McDonaldâs, suscitant des craintes de hausse des prix ou de fermetures de points de vente. La marque sert donc de point de rĂ©fĂ©rence pour comprendre lâimpact de ces politiques sur les travailleurs et lâĂ©conomie.
Lâassociation symbolique de McDonaldâs avec lâAmĂ©rique va au-delĂ de lâĂ©conomie. William McGurn, ancien rĂ©dacteur de discours de George W. Bush, a soulignĂ© que Harris incarne le ârĂȘve amĂ©ricainâ Ă travers son parcours, depuis un travail dâĂ©tĂ© chez McDonaldâs jusquâĂ la vice-prĂ©sidence. Ce rĂ©cit renforce lâimage de lâentreprise comme moteur dâascension sociale, mĂȘme si certains critiquent les politiques de la chaĂźne en matiĂšre de salaires et dâemploi.
New York Times, Restaurant Portions Are About to Get Smaller. Are Americans Ready?, 24/09/2024
Depuis les annĂ©es 1980, les portions servies dans les restaurants amĂ©ricains ont considĂ©rablement augmentĂ© malgrĂ© la multiplication des campagnes de santĂ© publique. Mais aujourdâhui, des facteurs tels que lâĂ©conomie, la dĂ©mographie et la conscience climatique poussent Ă reconsidĂ©rer ces tailles de portions.
Selon un rapport de la National Restaurant Association, 75 % des clients souhaitent des portions plus petites et moins chÚres. Certaines chaßnes comme Subway ou Burger King ont déjà commencé à proposer des options réduites. En parallÚle, la Portion Balance Coalition mÚne une étude pour aider les restaurants à ajuster leurs offres sans décevoir les clients.
La rĂ©duction des portions sâinscrit Ă©galement dans une dĂ©marche environnementale : 40 % de la nourriture servie dans les restaurants finit Ă la poubelle. Les rĂ©glementations visant Ă limiter le gaspillage alimentaire, notamment en Californie, influencent cette tendance. De plus, la âsnackificationâ gagne du terrain, surtout chez les jeunes qui privilĂ©gient la qualitĂ© des ingrĂ©dients et lâimpact environnemental.
Cependant, rĂ©duire les portions reste difficile, car la perception de ce quâest une portion ânormaleâ a Ă©tĂ© biaisĂ©e par des annĂ©es de surabondance. MalgrĂ© cela, certaines initiatives, comme un menu âĂ©quilibrĂ©â introduit en Californie avec des plats Ă moins de 700 calories, semblent sĂ©duire les clients.
New Yorker, A Food Critic Walks Into a Fasting Spa, 30/09/2024
Los Angeles s'impose comme l'Ă©picentre des tendances alimentaires et du bien-ĂȘtre, incarnant une culture du "mieux manger" parfois poussĂ©e Ă l'extrĂȘme. Hannah Goldfield, critique culinaire rĂ©cemment installĂ©e dans la ville, explore ce phĂ©nomĂšne Ă travers deux institutions emblĂ©matiques : l'Ă©picerie Erewhon et le spa de jeĂ»ne We Care.
Erewhon, chaĂźne d'Ă©piceries haut de gamme, est devenue le symbole d'une quĂȘte effrĂ©nĂ©e de santĂ© et de bien-ĂȘtre. Ses rayons offrent un panorama des obsessions alimentaires contemporaines, de l'huile d'algue aux smoothies enrichis en colostrum bovin. Cette diversitĂ© reflĂšte deux Ă©coles de pensĂ©e opposĂ©es : le rĂ©gime vĂ©gĂ©talien d'un cĂŽtĂ©, et de l'autre, une approche prĂŽnant la consommation de produits issus d'un maximum d'animaux diffĂ©rents.
L'attrait de la Californie du Sud pour ces expérimentations alimentaires n'est pas nouveau. DÚs la fin du XIXe siÚcle, la région attirait malades et guérisseurs, favorisant l'émergence de mouvements marginaux. L'industrie agroalimentaire locale a également joué un rÎle clé, commercialisant trÚs tÎt l'idée d'une "alimentation santé".
L'essor d'Hollywood a amplifiĂ© ce phĂ©nomĂšne, les acteurs cherchant Ă maintenir leur vitalitĂ© et les fans voulant copier le rĂ©gime des stars. Dans les annĂ©es 70, le mouvement hippie a contribuĂ© Ă l'Ă©mergence d'une approche plus holistique du bien-ĂȘtre, ouvrant la voie Ă sa commercialisation actuelle.
De son cÎté, We Care Spa, prÚs de Palm Springs, pousse le concept encore plus loin en proposant des cures de jeûne. Fondé il y a prÚs de 40 ans par Susana Belen, l'établissement a vu sa popularité exploser depuis 2020. Les clients, majoritairement des femmes blanches aisées, y cherchent une forme de transcendance corporelle à travers un régime strict de boissons et de suppléments.
Cette quĂȘte du bien-ĂȘtre en Californie reflĂšte une certaine conviction d'ĂȘtre "en avance" sur le reste du monde. Comme l'exprime une cliente du spa : "C'est parce que nous sommes des annĂ©es-lumiĂšre en avance sur tout le monde, parce que nous suivons notre intuition. Une intelligence supĂ©rieure."
Bien que sceptique au dĂ©part, la journaliste admet se sentir bien aprĂšs son sĂ©jour au spa, tout en reconnaissant que cela pourrait simplement ĂȘtre dĂ» Ă une nuit de sommeil sans ses enfants...
Addictions France, Promotion de lâAlcool. Les RĂ©seaux Sociaux, Un Nouveau Far West, Septembre 2024
En France, la consommation dâalcool, bien quâen baisse depuis plusieurs dĂ©cennies, reste Ă des niveaux prĂ©occupants. Selon SantĂ© Publique France, plus dâune personne sur cinq a une consommation excessive dâalcool.
En France, depuis 1991, la loi Evin encadre le marketing de lâalcool : elle rĂ©git le contenu de ces publicitĂ©s et limite les supports de diffusion afin de prĂ©server, notamment les plus jeunes, de lâincitation Ă boire.
Alors que la publicitĂ© sur Internet nâavait pas Ă©tĂ© prĂ©vue Ă lâorigine, elle a fini par ĂȘtre autorisĂ©e en 2009, permettant la diffusion de publicitĂ©s sur les rĂ©seaux sociaux alors mĂȘme que plus de 80% des adolescents et des jeunes adultes, plus influençables, sont prĂ©sents sur ces plateformes.
Entre promotion de lâalcool par les influenceurs, dĂ©veloppement de contenus attractifs associant lâalcool Ă une Ă©motion positive et algorithmes ciblĂ©s, le marketing de lâalcool est devenu omniprĂ©sent, interactif et disponible en permanence. En deux ans et demi, les associations Avenir santĂ© et Addictions France ont relevĂ© plus de 11 300 contenus valorisant lâalcool sur les rĂ©seaux sociaux.
Le pastrami végétarien fait un carton à New York
Câest tout pour aujourdâhui.
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A la semaine prochaine!
O. Frey























