Bonjour Ă toutes et Ă tous, Eat's Business est une newsletter dans laquelle vous trouverez une revue de presse de quelques articles sur le monde de lâalimentaire qui mâont semblĂ© intĂ©ressants dans la semaine prĂ©cĂ©dente.Â
Pour ceux qui veulent la formule ristretto, les 3 articles que je vous conseille de lire en prioritĂ© cette semaine sont :Â
LibĂ©ration, Croger, crookie, en version mini ou XXL⊠Le croissant nâa beurre de rien, 07/09/2024
Le Figaro, Qeat, cette société qui suit à la trace les clients des grands restaurants, 12/09/2024
Forbes, African Indigenous Crops Fuel A Growing Food Business Boom, 11/09/2024
Bonne lecture et bonne semaine Ă toutes et Ă tous!
Pour celles et ceux dâentre vous qui ont plus de temps pour la formule lungo :


LibĂ©ration, Croger, crookie, en version mini ou XXL⊠Le croissant nâa beurre de rien, 07/09/2024
Le croissant, emblĂšme de la viennoiserie française, connaĂźt une Ă©volution inattendue ces derniers temps. Il fait l'objet de nombreuses rĂ©inventions, allant du format XXL aux mĂ©langes audacieux, le tout portĂ© par les rĂ©seaux sociaux et les influenceurs. Parmi ces innovations, on trouve le "croger" (un burger utilisant le croissant comme bun), le "crookie" (un croissant fourrĂ© de pĂąte Ă cookies), ou encore le "gelato croissant" (garni de glace Ă lâitalienne). Ces crĂ©ations, souvent inspirĂ©es de tendances internationales, bousculent les habitudes des consommateurs français, traditionnellement attachĂ©s Ă la simplicitĂ© du croissant classique.
Le chef pùtissier Philippe Conticini a lancé il y a quatre ans un croissant XXL pesant un kilo, qui a connu un succÚs fulgurant aprÚs avoir été mis en avant par des célébrités sur les réseaux sociaux. D'autres enseignes ont suivi, proposant des versions géantes ou des défis de consommation rapide.
Le "gelato croissant", lancé par le glacier Badiani, illustre la rencontre entre tradition française et innovation italienne. Bien que principalement apprécié des touristes, il trouve progressivement sa place dans le paysage culinaire parisien.
Le "crookie", crĂ©ation du boulanger StĂ©phane Louvard, est devenu viral sur TikTok en 2023, attirant des foules devant sa boutique parisienne. MĂȘme la championne olympique de gymnastique Simone Biles s'y est intĂ©ressĂ©e lors de son passage Ă Paris.
Aurélien Pasquier, restaurateur, a connu un succÚs similaire avec son "croger". Né durant la période Covid comme une expérimentation, ce burger revisité est devenu un best-seller grùce aux influenceurs food, attirant une clientÚle venue spécialement pour le goûter.
Ces innovations divisent : si certains y voient une évolution excitante de la gastronomie française, d'autres restent attachés à la tradition. Les créateurs de ces nouveautés soulignent l'ouverture d'esprit croissante des consommateurs, influencés par les tendances internationales visibles sur les réseaux sociaux. Cependant, comme le note Aurélien Pasquier, l'équilibre reste délicat entre innovation et préservation de l'authenticité. L'enjeu est de surfer sur ces tendances tout en maintenant l'esprit convivial et traditionnel de la gastronomie française.

Libération, Microbiote : quand les bactéries des aliments colonisent nos intestins, 05/09/2024
Une étude scientifique récente publiée dans la revue Cell, révÚle que notre alimentation influence directement la composition de notre microbiote intestinal. Dirigée par Nicola Segata de l'université de Trente en Italie, cette recherche apporte un nouvel éclairage sur l'origine des micro-organismes peuplant nos intestins. L'équipe de recherche a analysé 2 500 échantillons alimentaires et a établi un catalogue de 10 000 microbes. Parmi eux, 320 espÚces étaient jusqu'alors inconnues, ouvrant de nouvelles perspectives pour la microbiologie. Cette découverte s'inscrit dans un vaste programme européen impliquant 30 équipes de 14 pays.
En comparant ce catalogue avec 19 000 prélÚvements humains, les scientifiques ont constaté qu'en moyenne, 3 % des espÚces présentes dans le microbiote adulte proviennent de l'alimentation. Ce chiffre monte à 50 % chez les enfants de moins de 3 ans, soulignant l'importance cruciale de la nutrition dans les premiÚres années de vie pour la formation du microbiote. L'étude met en lumiÚre la richesse microbienne des produits laitiers, tout en soulignant que la diversité du microbiote est aussi importante que sa quantité. Les régimes végans, bien que moins riches en bactéries d'origine alimentaire, peuvent apporter une diversité différente via la consommation de légumes.
Julien Diana, directeur de recherche à l'Inserm, qualifie ces résultats de "premiÚre démonstration que certains microbes de l'alimentation intÚgrent directement notre microbiote". Cette découverte complÚte les connaissances existantes sur les prébiotiques, ces composés alimentaires nourrissant les bactéries bénéfiques de l'intestin. L'étude ouvre de nombreuses perspectives de recherche. Les scientifiques envisagent d'étendre leurs travaux aux virus s'attaquant aux bactéries alimentaires. Nicola Segata souhaite analyser les microbiomes d'aliments de meilleure qualité et à conservation plus longue. Des essais sur l'évolution du microbiote humain en fonction du régime alimentaire sont également envisagés.

LâUsine Nouvelle, AprĂšs des mauvaises notes, Danone se retire partiellement du Nutri-score, 06/09/2024
La récente réforme du Nutri-score provoque des remous dans l'industrie agroalimentaire. AprÚs Björg fin 2023, c'est au tour de Danone d'annoncer le retrait partiel de cet affichage sur certaines de ses gammes de produits dÚs septembre 2024. Cette décision fait suite à l'évolution du score nutritionnel, particuliÚrement impactante pour les produits laitiers. Selon les nouvelles normes, qui entreront progressivement en vigueur d'ici fin 2026, seule l'eau sera classée A parmi les boissons, le lait tombant en B- ou C pour le lait entier. Ce changement pénalise fortement les boissons lactées sucrées, dont celles commercialisées par Danone sous les marques HiPRO et Actimel.
Face à cette situation, le géant français de l'agroalimentaire a choisi de supprimer le Nutri-score sur cinq marques de boissons et desserts : Danette, les laits végétaux Alpro, Actimel, les yaourts à boire pour enfants Danonino, et les boissons protéinées HiPRO. Il est à noter que les yaourts ne sont pas concernés par ce retrait pour le moment.
Cette décision soulÚve des questions quant à la confusion potentielle pour le consommateur et ravive les critiques sur le manque de transparence de certains industriels. Elle met également en lumiÚre les doutes concernant les bénéfices nutritionnels réels des produits élaborés par les grands groupes agroalimentaires.
Il est important de rappeler que le Nutri-score n'est toujours pas obligatoire, malgrĂ© sa large adoption (prĂ©sent sur prĂšs de 70% des rĂ©fĂ©rences fin 2023). Certains acteurs majeurs comme Lactalis, Coca-Cola ou Mondelez restent opposĂ©s Ă son affichage. L'absence d'obligation est liĂ©e Ă l'absence de consensus au niveau europĂ©en, notamment en raison de l'opposition de l'Italie qui a bloquĂ© les ambitions de la Commission europĂ©enne sur ce sujet fin 2023. Cette situation met en Ă©vidence les tensions entre les objectifs de santĂ© publique, les intĂ©rĂȘts commerciaux des industriels et les diffĂ©rentes approches nationales au sein de l'Union europĂ©enne. Elle souligne Ă©galement la complexitĂ© de mettre en place un systĂšme d'Ă©tiquetage nutritionnel uniforme et efficace, capable de guider les consommateurs vers des choix alimentaires plus sains tout en tenant compte des spĂ©cificitĂ©s de chaque produit.

La Tribune, Pourquoi Andros sauve lâusine historique de Poulain Ă Blois, 10/09/2024
Cette semaine, un accord salvateur a été signé entre Andros et Carambar & Co pour la reprise de l'usine historique de chocolat Poulain à Villebarou, prÚs de Blois. Cette annonce apporte un soulagement considérable aux quelque 100 employés du site, dont l'avenir était menacé depuis l'annonce de sa fermeture en juin dernier. Andros, connu pour ses marques Bonne Maman et Mamie Nova, devient ainsi le nouveau propriétaire de l'usine. Le groupe, spécialisé dans la transformation des fruits et du lait, prévoit de diversifier l'activité du site en y produisant certaines de ses gammes chocolatées, tout en maintenant la production pour Poulain en tant que sous-traitant.
Cette reprise s'inscrit dans une stratĂ©gie de dĂ©veloppement ambitieuse, prĂ©sentĂ©e aux employĂ©s le 9 septembre par FrĂ©dĂ©ric Gervoson, nouvel actionnaire, et Florian Delmas, PDG d'Andros. L'entreprise, qui a rĂ©alisĂ© plus de 3 milliards d'euros de chiffre d'affaires en 2023, voit dans cette acquisition l'opportunitĂ© de renforcer sa prĂ©sence dans la rĂ©gion Centre-Val de Loire, oĂč elle possĂšde dĂ©jĂ deux usines.
L'intĂ©rĂȘt d'Andros pour le site de Villebarou s'explique par plusieurs facteurs. D'une part, l'outil industriel trĂšs performant de l'usine a sĂ©duit le groupe. D'autre part, la proximitĂ© gĂ©ographique avec ses autres sites de production en Loir-et-Cher et en Eure-et-Loir laisse entrevoir des synergies prometteuses et une augmentation potentielle de la productivitĂ©. Cette reprise permet Ă©galement de sauvegarder une marque emblĂ©matique du patrimoine local. FondĂ©e Ă Blois en 1848, Poulain Ă©tait vouĂ©e Ă dĂ©localiser sa production en Alsace et en Slovaquie d'ici 2025. Face Ă cette menace, les Ă©lus locaux, notamment le maire de Blois, Marc Gricourt, et le prĂ©sident d'Agglopolys, Christophe Degruelle, se sont mobilisĂ©s pour trouver une solution.
L'intervention d'Andros dans ce dossier renforce son image de "sauveur de marques" et de défenseur du "Made in France". Cette opération s'inscrit dans la lignée des valeurs portées par l'entreprise familiale, détenue par les familles Gervoson et Chapoulart.

Les Ăchos, Ce « poison trĂšs lent » qui fragilise la grande distribution, 09/09/2024
Malgré une inflation en baisse et qui est passée sous la barre des 2 % en août selon l'Insee, le secteur de la grande distribution française fait face à des défis persistants. Cette situation, qualifiée de "poison trÚs lent" par Alexandre Bompard, PDG de Carrefour, révÚle une réalité complexe pour les distributeurs.
Les Jeux Olympiques ont offert une brÚve embellie, avec une hausse des ventes de produits de grande consommation, notamment à Paris (+6,8 %) et au niveau national (+2,7 %). Cependant, cette parenthÚse n'a pas inversé les tendances de fond qui fragilisent le secteur.
Dominique Schelcher, président de la Coopérative U, souligne que malgré une légÚre déflation dans l'alimentaire depuis mai, les prix ne reviendront pas à leur niveau pré-crise, notamment en raison des hausses de salaires et des coûts de services. Les consommateurs continuent d'arbitrer leurs achats, impactant significativement les ventes.
Les chiffres illustrent cette tendance : sur les sept premiers mois de 2024, les volumes de vente des produits de grande consommation ont baissé de 1,4 %. Certains secteurs sont particuliÚrement touchés, comme l'hygiÚne-beauté (-5 % au deuxiÚme trimestre) et les alcools. Le chiffre d'affaires du secteur est en baisse depuis quatre mois, avec une inflexion de 1,1 % au deuxiÚme trimestre 2024 selon NielsenIQ.
Plusieurs facteurs aggravent la situation :
La fragmentation des achats : les supermarchés et hypermarchés ne représentent plus que 55 % des ventes alimentaires, contre 58 % en 2019.
La diversification des boulangeries et la reprise des enseignes bio attirent les consommateurs.
La restructuration de Casino a entraßné une baisse de 0,2 % du marché des PGC.
Les conditions météorologiques défavorables en juillet ont pesé pour 0,4 %.
Le secteur non-alimentaire n'est pas épargné, avec une chute de 12 % des ventes de produits high-tech et d'équipement de la maison au deuxiÚme trimestre.
Dans ce contexte morose, Leclerc fait figure d'exception et continue à gagner des parts de marché grùce à son modÚle alliant choix et prix bas. L'e-commerce, notamment le drive, progresse (+6 % depuis le début de l'année), Leclerc y occupant une position dominante.
Cette situation reflÚte un changement de comportement des consommateurs, qui rationalisent leurs achats et se concentrent sur l'essentiel. La chute de 9 % des ventes de confiseries illustre cette tendance, laissant craindre une volonté générale de consommer moins, comme le souligne Dominique Schelcher.

Le Figaro, Qeat, cette société qui suit à la trace les clients des grands restaurants, 12/09/2024
Une nouvelle société nommée Qeat (pour "Qui est à table ?") fait parler d'elle dans le monde de la gastronomie haut de gamme. Cette entreprise propose aux restaurateurs un service de profilage des clients, soulevant des questions éthiques et légales sur la protection des données personnelles. Moyennant un abonnement mensuel pouvant atteindre 499 ⏠HT plus des frais d'installation de 4 299 ⏠HT, Qeat fournit aux établissements des informations détaillées sur les habitudes de consommation de leurs futurs clients. Ces données permettent aux restaurants d'adapter leur offre, notamment en matiÚre de vins, pour maximiser leurs revenus.
StĂ©phane Riss, co-fondateur de Qeat, affirme que ce service aide les directeurs de salle Ă personnaliser l'expĂ©rience client. Il explique que les informations collectĂ©es proviennent des systĂšmes de rĂ©servation et des fichiers clients fournis par les restaurateurs eux-mĂȘmes. Le systĂšme permet, par exemple, d'identifier les clients habituĂ©s des Ă©tablissements Ă©toilĂ©s ou figurant dans des classements prestigieux comme le Guide Michelin ou le 50 Best. Ces informations sont utilisĂ©es pour proposer des produits plus onĂ©reux, comme des bouteilles de vin Ă 400 ⏠ou des accords mets-vins. Qeat prĂ©tend Ă©galement pouvoir dĂ©tecter les rĂ©servations multiples d'un mĂȘme client pour un mĂȘme repas, une pratique courante en France, afin de prĂ©venir les "no-shows" (rĂ©servations non honorĂ©es).
La question de la confidentialitĂ© des donnĂ©es est au cĆur des prĂ©occupations. StĂ©phane Riss assure que sa sociĂ©tĂ© est en conformitĂ© avec la rĂ©glementation, ayant consultĂ© la CNIL (Commission Nationale de l'Informatique et des LibertĂ©s). Il affirme que les clients acceptent l'utilisation de leurs donnĂ©es lors des rĂ©servations en ligne, bien quâils nâen ont souvent pas pleinement conscience. Me Christophe Bigot, spĂ©cialiste du RGPD, souligne que la responsabilitĂ© lĂ©gale incombe aux restaurants clients de Qeat, qui doivent s'assurer du consentement de leurs propres clients. Il note que le systĂšme, bien quâastucieux, implique un fichage des individus basĂ© sur leurs habitudes, ce qui n'est pas anodin. La CNIL, sollicitĂ©e par Le Figaro, n'a pas souhaitĂ© se prononcer sur ce cas spĂ©cifique, invoquant son rĂŽle de rĂ©gulateur et la nĂ©cessitĂ© de suivre un processus juridique encadrĂ©. Pour les clients soucieux de leur vie privĂ©e, Qeat offre la possibilitĂ© de demander la dĂ©sinscription de sa base de donnĂ©es, garantissant ainsi un certain anonymat lors des visites au restaurant.

LibĂ©ration, Botulisme : pesto Ă lâail des ours, sardines, haricots verts⊠Comment ne pas sâempoisonner avec des conserves maison, 11/09/2024
De nouveaux cas de botulisme ont été détectés cette semaine en Indre-et-Loire, ravivant les inquiétudes sur les risques liés aux conserves artisanales. Cinq personnes sont actuellement hospitalisées en soins intensifs aprÚs avoir consommé du pesto à l'ail des ours vendu dans des foires locales. Cet incident survient un an aprÚs l'intoxication de seize personnes, dont une mortellement, dans un restaurant bordelais, due à des sardines en conserve contaminées.
Le botulisme, une affection neurologique grave causĂ©e par une toxine produite par la bactĂ©rie Clostridium botulinum, peut ĂȘtre fatal. Les aliments les plus Ă risque sont les conserves peu acides de lĂ©gumes, viandes, poissons et plats cuisinĂ©s.
La Direction générale de la santé pointe du doigt un manque de maßtrise du processus de stérilisation dans la préparation de ces conserves. Cette affaire met en lumiÚre les dangers potentiels du "do it yourself" culinaire, une tendance en plein essor ces derniÚres années, amplifiée par les périodes de confinement et l'inflation. Face à ces risques, l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) rappelle les précautions essentielles pour la préparation de conserves maison. Il est crucial de suivre scrupuleusement les procédés de stérilisation ou de salaison. Cela implique une hygiÚne irréprochable, l'utilisation de récipients propres et intacts, et le respect des températures et durées de stérilisation recommandées.
Les experts soulignent l'importance d'une préparation la plus chaude possible lors du remplissage des bocaux, d'un nettoyage minutieux des coulures, et du respect des temps de refroidissement. Pour les salaisons, la concentration en sel et le temps de saumurage sont des facteurs critiques pour inhiber la croissance bactérienne. Pour les novices, des ateliers spécialisés existent pour apprendre les bonnes pratiques de stérilisation. Un dernier conseil de prudence : lors de l'ouverture d'un bocal, l'absence du bruit caractéristique d'entrée d'air doit alerter et conduire à jeter le contenu.

Les Ăchos, L'inĂ©gale santĂ© des entreprises agroalimentaires face aux effets de l'inflation, 12/09/2024
L'industrie agroalimentaire française traverse une pĂ©riode contrastĂ©e, marquĂ©e par une inflation en baisse mais une consommation qui peine Ă redĂ©marrer. Selon lâarticle, bien que l'inflation soit retombĂ©e Ă moins de 2% et que les prix alimentaires se stabilisent, voire diminuent lĂ©gĂšrement, les consommateurs français restent prudents dans leurs achats. Cette situation prĂ©occupe les entreprises du secteur, dont les trĂ©soreries ont Ă©tĂ© mises Ă rude Ă©preuve par la hausse des coĂ»ts de production. Jean-François Loiseau, nouveau prĂ©sident de l'Association nationale des industries agroalimentaires (Ania), souligne l'impact "extrĂȘmement prĂ©judiciable" des hausses de prix de l'Ă©nergie, qui ont "plombĂ© les entreprises".
Le bilan de santĂ© du secteur est hĂ©tĂ©rogĂšne, reflĂ©tant la diversitĂ© des 20.000 entreprises qui le composent. Les petites structures, moins agiles face aux crises, sont plus vulnĂ©rables que les grands groupes internationaux. L'Ă©conomiste Vincent Chatellier de l'Inrae met en lumiĂšre ces disparitĂ©s, soulignant la capacitĂ© des grandes entreprises Ă se rĂ©orienter en pĂ©riode de crise. Les diffĂ©rentes branches de l'industrie connaissent des fortunes diverses. Dans le secteur laitier, la rentabilitĂ© varie considĂ©rablement, avec des difficultĂ©s liĂ©es au prix Ă©levĂ© du lait en France par rapport aux pays voisins. L'industrie de la viande prĂ©sente Ă©galement des Ă©volutions contrastĂ©es : la filiĂšre porcine a connu deux annĂ©es difficiles, tandis que le secteur bovin a vu les prix atteindre des sommets en 2023. La situation est particuliĂšrement prĂ©occupante pour les abattoirs, dont prĂšs d'un sur cinq est en difficultĂ©. Le ministĂšre de l'Agriculture prĂ©voit la fermeture possible de 30% des abattoirs d'ici deux Ă trois ans, face Ă la baisse du nombre d'animaux Ă abattre. En revanche, le secteur de la volaille et des Ćufs tire son Ă©pingle du jeu, bĂ©nĂ©ficiant d'une forte demande pour ces protĂ©ines jugĂ©es abordables et saines.


Wall Street Journal, The Grammar of Food, 29/08/2024
Lâarticle explore les rĂšgles implicites qui structurent les repas Ă travers diffĂ©rentes cultures culinaires. Lors de son premier voyage au Japon, Bee Wilson a vĂ©cu une expĂ©rience gastronomique inoubliable au restaurant Pontocho Sushi Ishiya Ă Kyoto. Ce restaurant propose un menu « omakase », oĂč les chefs sĂ©lectionnent les plats du jour. Un moment marquant pour lâauteure fut la dĂ©gustation dâune soupe miso servie en fin de repas, soit une inversion totale par rapport aux habitudes occidentales . Cette dĂ©couverte illustre parfaitement ce que Bee Wilson dĂ©crit comme la « grammaire » spĂ©cifique Ă chaque cuisine.
HĂ©ctor Abad Faciolince, Ă©crivain colombien, souligne que chaque culture possĂšde sa propre grammaire alimentaire, des rĂšgles profondĂ©ment ancrĂ©es sur ce qui est consommĂ© et Ă quel moment. Par exemple, en Italie, le fruit est traditionnellement rĂ©servĂ© au dessert, contrairement Ă la Colombie oĂč il constitue le dĂ©but du repas. Cette diversitĂ© montre combien les attentes et les habitudes influencent notre perception des aliments.
Bee Wilson illustre Ă©galement cette idĂ©e avec le petit-dĂ©jeuner turc traditionnel, composĂ© dâolives, de simit (un pain aux sĂ©sames semblable au bagel), de feta, de concombres, de tomates, de confitures et de thĂ© turc. Ces combinaisons peuvent paraĂźtre Ă©tranges pour ceux habituĂ©s Ă un petit-dĂ©jeuner sucrĂ©, mais elles sâinscrivent parfaitement dans la grammaire locale. De mĂȘme, les bonnes maniĂšres Ă table varient considĂ©rablement : en Ăthiopie, on mange avec les mains et on utilise du pain injera pour saisir les aliments, tandis quâen France, lâusage de la serviette est primordial, et au Japon, il est considĂ©rĂ© plus poli de ne pas en utiliser.
LâĂ©volution des grammaires alimentaires est Ă©galement abordĂ©e, avec lâexemple de la cuisine française au XVIIe siĂšcle qui a sĂ©parĂ© les saveurs sucrĂ©es et salĂ©es, crĂ©ant une structure culinaire rigide et codifiĂ©e. Toutefois, cette rigiditĂ© peut parfois ĂȘtre perçue nĂ©gativement, comme le montre le roman « The Trotter-Nana » dâI. Allan Sealey, qui critique les rĂšgles alimentaires imposĂ©es par les colonisateurs britanniques en Inde.
Dans un monde globalisĂ© oĂč des plateformes comme DoorDash permettent de mĂ©langer les cuisines et de consommer de maniĂšre dĂ©sorganisĂ©e, Wilson souligne que cette libertĂ© peut se faire au dĂ©triment des bienfaits dâune structure alimentaire traditionnelle. Elle cite Johann Hari, qui dĂ©fend lâidĂ©e que la discipline culinaire japonaise contribue Ă une alimentation Ă©quilibrĂ©e et Ă des taux dâobĂ©sitĂ© plus faibles.

Punchdrink, For These Brewers, Craft Beer Requires a Full Rebrand, 20/08/2024
Aux Etats-Unis, le secteur de la biĂšre artisanale traverse une pĂ©riode de transformation profonde avec lâĂ©mergence des biĂšres « postmodernes » qui dĂ©fient les normes traditionnelles pour privilĂ©gier avant tout la saveur et lâambiance. Dans un marchĂ© saturĂ© de canettes aux Ă©tiquettes flamboyantes et graphiques, une nouvelle tendance se distingue par son minimalisme et son approche centrĂ©e sur lâexpĂ©rience sensorielle.
Premium, de la brasserie Stillwater Artisanal, incarne parfaitement cette rĂ©volution postmoderne. Contrairement aux designs souvent surchargĂ©s des autres biĂšres artisanales, cette canette arbore une Ă©tiquette jaune sobre, Ă©voquant Ă la fois les lagers nostalgiques et une esthĂ©tique Ă©purĂ©e. Lâabsence de dĂ©tails sur le style ou les houblons utilisĂ©s marque une rupture avec les classifications traditionnelles, mettant en avant des ingrĂ©dients de qualitĂ© et une innovation dans les profils de saveur. « Nous avons voulu crĂ©er de nouvelles Ćuvres basĂ©es sur des techniques de brassage traditionnelles, en les adaptant au futur », explique Brian Strumke, fondateur de Stillwater.
Cette approche se retrouve Ă©galement chez 10 Barrel Brewing Co. Ă Bend, Oregon, avec sa sĂ©rie Crush. PrĂ©sentĂ©es comme une alternative rafraĂźchissante pour lâĂ©tĂ©, ces ales sour frutĂ©es sont commercialisĂ©es non pas comme des biĂšres spĂ©cifiques, mais comme des choix idĂ©aux pour des moments particuliers, simplifiant ainsi la comprĂ©hension pour les consommateurs. De mĂȘme, St. Elmo Brewing Co. Ă Austin propose Carl, une kölsch modernisĂ©e prĂ©sentĂ©e de maniĂšre simple, attirant ainsi un public plus large grĂące Ă son accessibilitĂ© et sa fraĂźcheur. Wild Heaven Beer dâAtlanta illustre cette tendance avec Emergency Drinking Beer, une ale de style pils infusĂ©e de lemongrass et de sel de mer. Lâironie du nom et le design rĂ©tro de la canette reflĂštent une volontĂ© de dĂ©tourner les codes Ă©tablis pour offrir une biĂšre innovante et attrayante.
Selon Drew Genitempo, directeur crĂ©atif de St. Elmoâs, cette mutation vise Ă attirer une gĂ©nĂ©ration plus jeune en se concentrant sur les saveurs et les expĂ©riences plutĂŽt que sur les catĂ©gories traditionnelles. « Il sâagit de vendre des saveurs, des ambiances et des occasions, ce qui est plus accessible Ă un plus grand nombre de consommateurs », affirme-t-il.

Sifted, Formo raises $61m in Europe's biggest round for animal-free cheese, 10/09/2024
Formo, la startup allemande spĂ©cialisĂ©e dans la fermentation, a rĂ©cemment levĂ© 61 millions de dollars lors dâun tour de financement de SĂ©rie B, marquant ainsi le plus important investissement europĂ©en dans le secteur des alternatives vĂ©gĂ©tales aux fromages. Cette injection de capitaux permettra Ă lâentreprise de renforcer ses opĂ©rations et dâĂ©tendre sa prĂ©sence sur de nouveaux marchĂ©s.
Formo se distingue notamment avec son alternative vĂ©gĂ©tale Ă©laborĂ©e Ă partir de protĂ©ines de koji, un champignon naturellement prĂ©sent et couramment utilisĂ© dans la cuisine japonaise pour la fabrication de miso et de sauce soja. Contrairement Ă dâautres entreprises de fermentation de prĂ©cision comme Bosque Foods et Enifer, Formo utilise des micro-organismes non gĂ©nĂ©tiquement modifiĂ©s, ce qui renforce lâattrait de ses produits pour les consommateurs soucieux de lâenvironnement et de la santĂ©.
Les produits de Formo, Ă savoir le Frischhain, un fromage frais de type cream cheese, et le Camembritz, une alternative au camembert, sont dĂ©jĂ disponibles dans plus de 2 000 points de vente en Allemagne et en Autriche, incluant des enseignes majeures telles que Rewe, Billa et Metro. Selon lâentreprise, le Frischhain gĂ©nĂšre 65 % moins dâĂ©missions de gaz Ă effet de serre, utilise 83 % moins de terres et nĂ©cessite 96 % moins dâeau comparĂ© au cream cheese traditionnel.
Les fonds levĂ©s seront principalement utilisĂ©s pour accĂ©lĂ©rer lâexpansion dans la rĂ©gion DACH (Allemagne, Autriche, Suisse) et diversifier le portefeuille de produits de Formo. Toutefois, lâentreprise doit surmonter des dĂ©fis significatifs liĂ©s Ă la montĂ©e en Ă©chelle de sa production, notamment en investissant dans des infrastructures adĂ©quates et en assurant une chaĂźne dâapprovisionnement fiable. Raffael Wohlgensinger, fondateur et CEO de Formo, souligne Ă©galement la complexitĂ© des approbations rĂ©glementaires dans diffĂ©rents marchĂ©s, bien que lâentreprise collabore dĂ©jĂ Ă©troitement avec des partenaires tels que lâAutoritĂ© europĂ©enne de sĂ©curitĂ© des aliments (EFSA) pour faciliter ce processus.
Formo prĂ©voit Ă©galement dâĂ©largir sa gamme de produits en intĂ©grant des alternatives Ă la charcuterie et en dĂ©veloppant des produits Ă base de casĂ©ine sans animal, permettant ainsi de crĂ©er des fromages plus durs. Lâexpansion internationale, en particulier vers les Ătats-Unis, est une prioritĂ© stratĂ©gique pour lâentreprise, compte tenu de la taille considĂ©rable du marchĂ© du fromage amĂ©ricain.
Avec ce tour de financement, Formo devient la startup la mieux financée en Europe dans le secteur des fromages alternatifs, totalisant désormais plus de 100 millions de dollars de levées de fonds. Elle se positionne ainsi en leader face à des concurrents comme Better Dairy de Londres et Bon Vivant de Paris, qui ont respectivement levé environ 24,2 millions et 22 millions de dollars.

Forbes, Harnessing Generative AI For Sustainable Food Systems Innovation, 07/08/2024
Lâintelligence artificielle gĂ©nĂ©rative, qui crĂ©e de nouveaux contenus et solutions en se basant sur des donnĂ©es et des modĂšles innovants, sâimpose comme un acteur clĂ© dans lâinnovation des systĂšmes alimentaires durables. Selon Daphne Ewing-Chow, cette technologie possĂšde un potentiel immense Ă lâintersection de lâalimentation, de la santĂ© et du climat, en rendant les dĂ©cisions plus inclusives et respectueuses de lâenvironnement.
Actuellement, environ 40âŻ% des entreprises alimentaires et de boissons utilisent lâIA, et beaucoup explorent Ă©galement lâIA gĂ©nĂ©rative. Cette technologie permet dâanalyser dâĂ©normes volumes de donnĂ©es, facilitant ainsi lâoptimisation de la productivitĂ©, lâaccĂ©lĂ©ration de la durabilitĂ© et lâamĂ©lioration de la santĂ© humaine. Par exemple, KLEVER AI, dirigĂ©e par Yasmin Shmuel, utilise des « decision rooms » pour promouvoir une intelligence collective et dĂ©mocratiser les prises de dĂ©cision dans le secteur alimentaire, longtemps dominĂ© par une poignĂ©e dâacteurs influents.
LâIA gĂ©nĂ©rative joue Ă©galement un rĂŽle crucial dans lâagriculture de prĂ©cision et la durabilitĂ© alimentaire. Nina Schick de Tamang Ventures souligne que lâIA facilite les pratiques agricoles durables en optimisant les rotations des cultures et lâutilisation des ressources. En Afrique, les applications Ă©mergentes de lâIA pourraient booster la croissance Ă©conomique du continent de 2,9âŻtrillions de dollars dâici 2030, avec une moitiĂ© de ces applications dĂ©diĂ©es Ă lâagriculture.
Dans le domaine de la santĂ©, lâIA gĂ©nĂ©rative aide Ă concevoir des aliments fonctionnels qui rĂ©pondent Ă des besoins spĂ©cifiques, comme les produits dĂ©veloppĂ©s par Nuritas pour amĂ©liorer la santĂ© musculaire. Notco et Nutrino utilisent Ă©galement lâIA pour crĂ©er des substituts vĂ©gĂ©taux et fournir des recommandations diĂ©tĂ©tiques personnalisĂ©es, respectivement.
Les gĂ©ants comme McCormick & Company et Walmart intĂšgrent lâIA gĂ©nĂ©rative pour dĂ©velopper de nouvelles saveurs et optimiser leurs chaĂźnes dâapprovisionnement. McCormick utilise une plateforme IA pour innover en matiĂšre de combinaisons de saveurs, tandis que Walmart amĂ©liore la gestion des stocks et la traçabilitĂ© des produits grĂące Ă lâIA.
Cependant, la mise Ă lâĂ©chelle de ces innovations pose des dĂ©fis techniques et rĂ©glementaires. Raffael Wohlgensinger, CEO de Formo, souligne la nĂ©cessitĂ© dâinvestissements substantiels en infrastructure et la complexitĂ© des approbations rĂ©glementaires pour sâĂ©tendre Ă de nouveaux marchĂ©s.
LâintĂ©gration de perspectives diversifiĂ©es est essentielle pour maximiser les bĂ©nĂ©fices de lâIA gĂ©nĂ©rative. Selon Yasmin Shmuel, cela permet de surmonter les biais et dâencourager une innovation vĂ©ritablement inclusive et durable. En fin de compte, lâIA gĂ©nĂ©rative promet de transformer les systĂšmes alimentaires en les rendant plus efficaces, Ă©quitables et respectueux de la planĂšte, rĂ©pondant ainsi aux dĂ©fis mondiaux de sĂ©curitĂ© alimentaire et de changement climatique.

Forbes, African Indigenous Crops Fuel A Growing Food Business Boom, 11/09/2024
Ă Lagos, au Nigeria, Chef Juliet Aigbe, surnommĂ©e affectueusement « Chef Juls », incarne une rĂ©volution culinaire en utilisant des cultures indigĂšnes africaines pour crĂ©er des produits alimentaires innovants et durables. Sa pĂątisserie primĂ©e, Cakeflair, ne se contente pas de proposer des pĂątisseries saines, mais sâinscrit Ă©galement dans un mouvement visant Ă revitaliser plus de 2000 variĂ©tĂ©s de cultures indigĂšnes, souvent qualifiĂ©es de « orphelines » ou « sous-utilisĂ©es ». Ces cultures, longtemps nĂ©gligĂ©es par lâagriculture mondiale, offrent un potentiel immense pour les communautĂ©s locales et les systĂšmes alimentaires durables.
Face aux dĂ©fis croissants du changement climatique, de la pauvretĂ© et de lâinstabilitĂ©, qui laissent un Africain sur cinq sous-alimentĂ© et 58âŻ% confrontĂ©s Ă une faim modĂ©rĂ©e Ă sĂ©vĂšre, lâinvestissement dans les cultures indigĂšnes apparaĂźt comme une solution puissante. Ces cultures renforcent la rĂ©silience climatique, amĂ©liorent la valeur nutritionnelle et offrent des opportunitĂ©s Ă©conomiques vitales, contribuant ainsi Ă la lutte contre lâinsĂ©curitĂ© alimentaire sur le continent.
Chef Juls a Ă©tendu son impact en lançant Domestic Grains Mills, une entreprise sociale dĂ©diĂ©e Ă lâoptimisation de la chaĂźne de valeur du mil, et Chef Juls Mixes, le premier mĂ©lange de gĂąteaux et pancakes indigĂšnes du Nigeria. Son ambition dĂ©passe les frontiĂšres nationales, visant Ă positionner lâAfrique comme un acteur clĂ© dans la chaĂźne alimentaire mondiale. « Nous avons de nombreuses cĂ©rĂ©ales en Afrique que nous pouvons utiliser pour nous autonomiser et contribuer Ă la chaĂźne alimentaire mondiale », affirme-t-elle avec fiertĂ©.
Dâautres entrepreneurs comme Siny Samba au SĂ©nĂ©gal et Simballa Sylla au Mali suivent cette voie. Samba, fondatrice de Le Lionceau, utilise des cĂ©rĂ©ales locales pour produire des aliments pour bĂ©bĂ©s, combattant ainsi la malnutrition infantile tout en soutenant les petits agriculteurs. Sylla, quant Ă lui, promeut le fonio, une cĂ©rĂ©ale indigĂšne rĂ©sistante Ă la sĂ©cheresse et riche en nutriments, Ă travers son entreprise YolĂ©lĂ©, qui vise Ă rendre cette culture accessible tant au niveau local quâinternational.
Ces initiatives ont un impact Ă©conomique et social considĂ©rable, crĂ©ant de nouveaux marchĂ©s, gĂ©nĂ©rant des emplois et autonomisant les femmes, qui reprĂ©sentent une grande partie de la main-dâĆuvre agricole en Afrique. LâAgence de DĂ©veloppement Africain prĂ©voit que le marchĂ© alimentaire et agricole africain pourrait passer de 280 milliards de dollars en 2023 Ă 1000 milliards de dollars dâici 2030.
En sâalignant sur lâObjectif de DĂ©veloppement Durable 2 â Faim ZĂ©ro, ces entrepreneurs dĂ©montrent que la sĂ©curitĂ© alimentaire nĂ©cessite un effort collectif. « Il sâagit de demander aux gens ce quâils peuvent faire et de les encourager Ă agir », explique Simballa Sylla. De leur cĂŽtĂ©, Chef Juls appelle les grandes entreprises alimentaires Ă adopter un modĂšle oĂč profit et bien-ĂȘtre communautaire coexistent harmonieusement.

World Health Organisation, Fiscal policies to promote healthy diets
LâĂ©tude explore lâutilisation des politiques fiscales pour encourager des choix alimentaires sains et rĂ©duire lâimpact des rĂ©gimes alimentaires non Ă©quilibrĂ©s sur la santĂ© publique. Face Ă la montĂ©e des maladies liĂ©es Ă une mauvaise alimentation, comme lâobĂ©sitĂ©, le diabĂšte et les maladies cardiovasculaires, cette Ă©tude met en lumiĂšre les possibilitĂ©s quâoffrent les taxes et les subventions pour influencer les comportements alimentaires Ă lâĂ©chelle mondiale.
LâOMS plaide en faveur de lâapplication de taxes sur les produits jugĂ©s nuisibles pour la santĂ©, notamment les boissons sucrĂ©es. Elle souligne que des Ă©tudes montrent quâune augmentation de 10 % du prix des boissons sucrĂ©es pourrait rĂ©duire leur consommation de 16 %. Ce type de politique a dĂ©jĂ montrĂ© des rĂ©sultats positifs dans plusieurs pays, en influençant directement les habitudes de consommation et en encourageant des choix alimentaires plus sains. Cependant, lâĂ©tude reconnaĂźt que lâefficacitĂ© des taxes sur dâautres aliments, comme ceux riches en graisses ou en sel, nĂ©cessite des recherches plus approfondies pour bien comprendre leur impact global.
En parallĂšle, lâĂ©tude examine lâefficacitĂ© des subventions destinĂ©es Ă promouvoir la consommation dâaliments sains, en particulier les fruits et lĂ©gumes. Ces subventions, en rĂ©duisant le coĂ»t des produits nutritifs, ont montrĂ© une augmentation de leur achat, surtout parmi les populations Ă faibles revenus. Ces mesures peuvent jouer un rĂŽle essentiel pour amĂ©liorer lâaccĂšs aux aliments sains et ainsi rĂ©duire les disparitĂ©s nutritionnelles qui existent entre les diffĂ©rentes classes sociales.
LâOMS insiste Ă©galement sur lâimportance dâimpliquer plusieurs parties prenantes, notamment les gouvernements, le secteur privĂ© et la sociĂ©tĂ© civile, pour garantir lâefficacitĂ© des politiques fiscales et leur acceptation par le public. Elle recommande une approche holistique, qui combine taxes, subventions, et autres mesures telles que lâĂ©ducation nutritionnelle et la rĂ©gulation de la publicitĂ© pour influencer les choix alimentaires de maniĂšre durable.

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A la semaine prochaine!
O. Frey

