Bonjour Ă toutes et Ă tous, Eat's Business est une newsletter dans laquelle vous trouverez une revue de presse de quelques articles sur le monde de lâalimentaire qui mâont semblĂ© intĂ©ressants dans la semaine prĂ©cĂ©dente.Â
Pour ceux qui veulent la formule ristretto, les 3 articles que je vous conseille de lire en prioritĂ© cette semaine sont :Â
Libération, Surnommé «nouveau quinoa», le fonio devient une graine de star, 30/08/2024
Le Monde, Les vignerons face à une vendange touchée par les aléas climatiques, 06/09/2024
New York Times, From Taco Style to Vegetarian, Here are 11 Burger Variations, 29/08/2024
Bonne lecture et bonne semaine Ă toutes et Ă tous!
Pour celles et ceux dâentre vous qui ont plus de temps pour la formule lungo :
Un peu dâautopromo en cette rentrĂ©e
Rapport disponible Ă la vente ici : www.tendancesfood.com


LâUsine Nouvelle, Bonduelle se dĂ©leste de quatre de ses huit sites dĂ©diĂ©s aux salades en Europe, 29/08/2024
Bonduelle a annoncé fin août une restructuration majeure de son activité salades en sachet en Europe. Cette décision stratégique concerne la cession de quatre de ses huit sites de production dédiés au frais sur le continent, touchant spécifiquement ses opérations en France et en Allemagne. La restructuration affecte entre 15 et 20% du chiffre d'affaires mondial de Bonduelle dans le segment des salades en sachet. L'entreprise justifie ce choix par la concurrence accrue des marques de distributeurs et les difficultés rencontrées dans le secteur bio, exacerbées par l'inflation récente.
En France, Bonduelle est en nĂ©gociations exclusives avec LSDH, propriĂ©taire de la marque Les Crudettes, pour la reprise du site de Genas, prĂšs de Lyon. Emmanuel Vasseneix, PDG de LSDH, voit dans cette acquisition une opportunitĂ© de consolider sa position sur le marchĂ© et d'optimiser sa logistique, soulignant la complĂ©mentaritĂ© entre les salades et ses autres produits comme les jus de fruits et le lait. ParallĂšlement, Bonduelle envisage la fermeture de son site de Saint-Mihiel dans la Meuse, impactant 159 emplois. Au total, plus de 200 postes devraient ĂȘtre supprimĂ©s en France. En Allemagne, deux sites sont Ă©galement concernĂ©s par le projet de cession, avec des discussions en cours avec l'amĂ©ricain Taylor Farms, leader du secteur frais outre-Atlantique.
Cette restructuration s'inscrit dans un contexte de surcapacitĂ© industrielle et de nĂ©cessitĂ© d'atteindre une taille critique pour rester compĂ©titif. LSDH, qui devra obtenir l'aval de l'autoritĂ© de la concurrence, exprime sa confiance dans la capacitĂ© de relance rapide de l'activitĂ© salades en sachet, malgrĂ© les difficultĂ©s actuelles. La marque Bonduelle continuera d'ĂȘtre prĂ©sente sur les emballages au rayon salades, LSDH reprenant Ă la fois l'activitĂ© marque nationale et marque de distributeur. Cette rĂ©organisation majeure soulĂšve des inquiĂ©tudes chez les syndicats, notamment concernant l'avenir du site de Saint-Mihiel, pour lequel les perspectives de reprise semblent limitĂ©es selon les premiĂšres discussions avec les salariĂ©s.
L'opération marque en tout cas un tournant significatif pour Bonduelle, qui cherche à adapter sa stratégie face aux défis du marché des légumes frais en Europe, tout en préservant sa position de leader dans le secteur.
Les Ăchos, Barilla se lance sur le marchĂ© du goĂ»ter en France, 30/08/2024
Barilla, connu principalement pour ses pùtes, s'attaque désormais au marché du goûter en France. Avec sa marque française Harrys, rachetée en 2007, le groupe vient de lancer trois nouveaux gùteaux moelleux fourrés - Chocalin, Tendrissime et Choco Mousse - dans l'espoir de diversifier son activité au-delà des pùtes et sauces, qui représentent actuellement 60% de son chiffre d'affaires.
En Italie, ces produits phares de sa marque Mulino Bianco font déjà figure de véritables stars, notamment le Chocalin qui est toujours dans le top 10 des gùteaux préférés des Italiens 40 ans aprÚs son lancement. Pour choisir les références à lancer en France, la filiale locale n'a pas lésiné sur les tests, faisant déguster 20 produits à 1 200 consommateurs avant de retenir les trois valeurs sûres, "avec du chocolat, du chocolat et encore du chocolat", selon Miloud Benaouda, président Europe de l'Ouest de Barilla.
Une stratégie ambitieuse qui vise à réduire la dépendance du groupe aux pùtes et sauces, tout en accélérant sa présence à l'international, 60% de son chiffre d'affaires étant réalisé hors d'Italie. Avec les pùtes, Barilla est ainsi présent dans plus de 100 pays, tandis que son activité boulangerie, incarnée par des marques comme Harrys en France, Vasa dans les pays nordiques ou Mulino Bianco en Italie, reste plus locale.
Pour ce lancement, Barilla a consenti un investissement record en France, sans en dévoiler le montant exact. Au programme: une campagne TV en novembre et la distribution de plus de 350 000 échantillons, dans l'espoir de capter 5% de parts de marché dans les trois ans sur un secteur trÚs concurrentiel face à des acteurs historiques comme Mondelez, Ferrero ou Saint-Michel.
Bien que la production reste localisĂ©e en Italie, oĂč le groupe dispose de six usines de boulangerie, ce nouveau souffle pour la marque Harrys, au-delĂ du pain de mie et de la viennoiserie, marque une Ă©tape stratĂ©gique pour Barilla, qui voit dans l'innovation et la diversification une opportunitĂ© de rĂ©duire sa dĂ©pendance au marchĂ© mature des pĂątes, freinĂ© par la concurrence des marques de distributeurs. TroisiĂšme marchĂ© du gĂ©ant italien derriĂšre l'Italie et les Ătats-Unis, la France constitue ainsi un terrain privilĂ©giĂ© pour cette nouvelle offensive sur le segment porteur du goĂ»ter, dans la dynamique de l'expansion internationale du groupe.

Les Ăchos, La Cour des comptes fustige l'erreur stratĂ©gique qui a marginalisĂ© la volaille française, 03/09/2024
Dans un rapport sorti cette semaine la Cour des comptes dresse un constat alarmant sur le déclin de la filiÚre volaille française.
Autrefois leader européen à l'exportation, la France est devenue fortement dépendante des importations pour satisfaire sa demande intérieure. Le rapport pointe du doigt une stratégie "incohérente" menée depuis deux décennies. Alors que la consommation de volaille a augmenté de 54% en 25 ans, devenant la deuxiÚme viande la plus consommée aprÚs le porc, la production française n'a cessé de décliner entre 2000 et 2009, avant de se stabiliser à un niveau insuffisant.
L'erreur majeure, selon la Cour des Comptes, a été d'encourager une production haut de gamme sous label, destinée principalement aux particuliers, alors que le marché évoluait vers une demande de volaille standard à bas prix, notamment dans la restauration hors foyer. Cette méprise a profité aux pays voisins comme la Belgique, les Pays-Bas et la Pologne, qui ont su moderniser leurs élevages et créer de grands groupes compétitifs.
La filiÚre française souffre aujourd'hui de coûts de production élevés, dus à des élevages et des abattoirs de taille limitée par rapport à la concurrence européenne. De plus, l'installation de nouvelles structures se heurte souvent à des contestations locales. Le rapport souligne également un manque d'information du consommateur sur l'origine des viandes, particuliÚrement pour les produits non préemballés destinés à la transformation ou à la restauration, qui constituent la majorité des importations.
La Cour des comptes critique par ailleurs le faible soutien financier accordé à la filiÚre. Les exploitations avicoles ont peu bénéficié du plan de compétitivité et d'adaptation (PCAE), ne recevant que 5% des crédits entre 2015 et 2022. De plus, les 500 millions d'euros d'aides consacrées à la lutte contre la grippe aviaire depuis 2016 soulÚvent des questions quant à la durabilité de ce dispositif.
Face Ă ce constat, la Cour des comptes appelle Ă une clarification urgente de la position de l'Ătat et Ă une redĂ©finition des choix stratĂ©giques pour la filiĂšre volaille française.

Libération, Surnommé «nouveau quinoa», le fonio devient une graine de star, 30/08/2024
Le fonio, cĂ©rĂ©ale millĂ©naire d'Afrique de l'Ouest, connaĂźt un regain d'intĂ©rĂȘt mondial et s'impose comme le "nouveau quinoa". Longtemps marginalisĂ©e, cette graine au goĂ»t de noisette et de terre sĂ©duit dĂ©sormais les chefs et les restaurants branchĂ©s de Paris Ă New York, en passant par Tokyo.
Cultivé depuis plus de 5000 ans, le fonio a failli disparaßtre suite aux sécheresses sahéliennes des années 60-80 et à la pénibilité de son exploitation. Sa renaissance est due en partie à Sanoussi Diakité, inventeur sénégalais d'une machine de décorticage, récompensé par le Prix Rolex à l'esprit d'entreprise en 1996. Aujourd'hui, le fonio est vanté pour ses qualités nutritionnelles et culinaires. Sans gluten, riche en acides aminés, il est présenté comme un "allié minceur et santé" par la presse féminine. La FAO le considÚre comme "un maillon essentiel de la sécurité alimentaire" en Afrique de l'Ouest. La production, réalisée principalement en Guinée, atteint environ un million de tonnes par an. Sa culture, adaptée aux milieux arides, offre des perspectives intéressantes face au changement climatique.
Des entrepreneurs comme Sophie BĂ©har Coulibaly (Maison SorĂ©) et l'Ă©quipe d'IbĂ©mi en France, ou Pierre Thiam aux Ătats-Unis, contribuent Ă populariser le fonio Ă l'international. Ce chef sĂ©nĂ©galais installĂ© aux USA, a cofondĂ© YolĂ©lĂ©, une marque dĂ©sormais prĂ©sente dans les grandes enseignes de distribution amĂ©ricaines. Cependant, le dĂ©fi reste de maintenir une production de qualitĂ© et de dĂ©velopper la filiĂšre de maniĂšre durable. Pierre Thiam met en garde contre le risque de rĂ©pĂ©ter les erreurs du quinoa, oĂč la demande occidentale a perturbĂ© les marchĂ©s locaux. Pour rĂ©pondre Ă ces enjeux, il a créé YolĂ©lĂ© West Africa, une structure basĂ©e au SĂ©nĂ©gal et au Mali, visant Ă dĂ©velopper des rĂ©seaux de fermiers et une transformation industrielle locale.
Le fonio apparaßt ainsi comme un symbole d'espoir pour le développement agricole et économique de l'Afrique de l'Ouest, tout en répondant aux nouvelles tendances alimentaires mondiales. Son avenir dépendra de la capacité à équilibrer demande internationale et bénéfices pour les producteurs locaux.

Les Ăchos, La France risque de perdre sa star des fraises, la Gariguette, 30/08/2024
MalgrĂ© une production nationale de fraises stable cette annĂ©e, autour de 58 000 tonnes, les producteurs français s'inquiĂštent pour l'avenir de la Gariguette, la variĂ©tĂ© phare de ce fruit rouge cultivĂ©e dans l'Hexagone. Créée en 1976 par l'Inra, la Gariguette s'est imposĂ©e comme l'une des fraises les plus apprĂ©ciĂ©es des consommateurs, avec son subtil Ă©quilibre entre sucre et aciditĂ©. PrĂ©coce, elle est rĂ©coltĂ©e dĂšs le mois de mars, devançant mĂȘme la fraise espagnole. ReprĂ©sentant 20% des volumes de fraises produites en France, elle incarne la stratĂ©gie de la filiĂšre sur la qualitĂ© gustative, justifiant ainsi des prix plus Ă©levĂ©s que la concurrence.
Mais son avenir est aujourd'hui menacĂ©. TombĂ©e dans le domaine public Ă la fin des annĂ©es 1990, la variĂ©tĂ© n'est plus protĂ©gĂ©e et ne bĂ©nĂ©ficie plus des royalties liĂ©es Ă sa culture. Surtout, son entretien pour prĂ©server ses caractĂ©ristiques n'est plus assurĂ©, faute de mission claire dĂ©finie par l'Ătat. ChargĂ© depuis des dĂ©cennies de maintenir la souche, le Centre technique interprofessionnel des fruits et lĂ©gumes (CTIFL) a dĂ» cesser cette activitĂ© en 2021, privĂ© Ă la fois de financements et de directives claires sur les objectifs Ă poursuivre : simplement cloner la variĂ©tĂ© pour en prĂ©server le gĂ©nome, ou Ă©galement veiller Ă la qualitĂ© des fruits produits ?
ConsĂ©quence de cet abandon, la Gariguette n'est plus inscrite au Catalogue français des fruits et lĂ©gumes dont la commercialisation est autorisĂ©e, mĂȘme si elle l'est toujours au niveau europĂ©en. Un risque que des concurrents Ă©trangers s'emparent de cette "pĂ©pite" française, ou qu'elle soit tout simplement interdite Ă la vente, faute d'entretien. Pour Ă©viter ce scĂ©nario catastrophe, l'Association nationale des organisations de producteurs (AOPn) s'est portĂ©e candidate pour devenir le "mainteneur officiel" de la variĂ©tĂ©. AprĂšs avoir identifiĂ© les trois meilleures souches, elle attend dĂ©sormais le feu vert du Geves, le groupement public chargĂ© des variĂ©tĂ©s et semences, pour sĂ©curiser la future commercialisation de cette "exception française".
Un enjeu crucial pour la filiÚre, alors qu'une fraise sur deux consommée en France est importée, face à la concurrence de variétés plus résistantes mais moins gustatives, comme la "californienne" espagnole. Conserver la Gariguette, c'est préserver une part de l'identité des fraises françaises.

Le Monde, Les vignerons face à une vendange touchée par les aléas climatiques, 06/09/2024
La production viticole française connaĂźt une baisse significative en 2024, avec une prĂ©vision de recul de 18% par rapport Ă l'annĂ©e 2023, selon les derniĂšres estimations du ministĂšre de l'Agriculture. La rĂ©colte pourrait descendre sous la barre des 40 millions d'hectolitres, Ă 39,3 millions, un chiffre revu Ă la baisse par rapport aux prĂ©visions initiales. Cette diminution s'explique par une sĂ©rie d'alĂ©as climatiques qui ont frappĂ© les diffĂ©rentes rĂ©gions viticoles. Dans le sud, notamment dans l'Aude, les PyrĂ©nĂ©es-Orientales et l'HĂ©rault, une sĂ©cheresse intense a drastiquement rĂ©duit les rendements. Ă l'inverse, dans les rĂ©gions du Bordelais, du Val de Loire, de la Bourgogne et de la Champagne, l'excĂšs d'eau et le manque de soleil ont favorisĂ© le dĂ©veloppement du mildiou. Des Ă©pisodes de gel et de grĂȘle ont Ă©galement contribuĂ© Ă cette situation prĂ©occupante.
Les baisses de production les plus marquées touchent le Jura (-71%), la Charente (-35%), le Val de Loire (-30%) et la région Bourgogne-Beaujolais (-25%). En Champagne, certains vignerons ont perdu la totalité de leur récolte en raison de l'accumulation des aléas climatiques. Cette baisse de production intervient dans un contexte déjà tendu pour la filiÚre viticole française. La consommation de vin rouge continuant de décliner en France, tandis que les exportations, longtemps florissantes, montrent des signes d'essoufflement. Les expéditions de champagne, par exemple, sont en repli de 15,2% au premier semestre 2024.
Face Ă ces dĂ©fis, certaines rĂ©gions viticoles, comme le Bordelais et le Languedoc, sont entrĂ©es dans une crise aiguĂ«, contraintes de distiller une partie de leurs surplus. Un plan national d'arrachage est mĂȘme envisagĂ© pour restructurer le potentiel de production. Les professionnels du secteur appellent Ă des mesures de soutien, notamment une flexibilitĂ© bancaire pour soulager les trĂ©soreries des vignerons et un accompagnement pour investir dans des dispositifs de protection des rĂ©coltes contre les alĂ©as climatiques.Cette situation met en lumiĂšre la vulnĂ©rabilitĂ© du secteur viticole face au changement climatique. Comme le souligne Jean-Marie Fabre, prĂ©sident des Vignerons indĂ©pendants, "avec le changement climatique, une annĂ©e sans alĂ©a sera considĂ©rĂ©e comme exceptionnelle". L'adaptation Ă ces nouvelles conditions climatiques devient donc un enjeu crucial pour l'avenir de la viticulture française.

Le Figaro, Un concours pour imaginer la nouvelle recette emblĂ©matique nantaise : lâincroyable projet dâun chef cuisinier, 08/09/2024
à Nantes, un projet culinaire ambitieux voit le jour sous l'impulsion d'Yvon Garnier, ancien chef cuisinier de 86 ans. Membre de l'Académie culinaire de France, Yvon Garnier lance un concours visant à créer une nouvelle recette emblématique pour la cité des Ducs, destinée à marquer les esprits pendant au moins un demi-siÚcle.
L'initiative s'inspire du succÚs d'autres plats régionaux, comme le cassoulet, dont la renommée a des retombées économiques considérables. Fort de son expérience passée dans un concours similaire il y a 50 ans, Yvon Garnier souhaite renouveler l'exploit en s'adaptant aux enjeux contemporains.
Le concours s'adresse aux Ă©lĂšves des Ă©coles hĂŽteliĂšres de l'agglomĂ©ration nantaise, en Bac Pro Cuisine ou BTS. Le cahier des charges est prĂ©cis : crĂ©er un plat salĂ©, savoureux, facile Ă rĂ©aliser, Ă©conomique, et surtout composĂ© exclusivement de produits locaux. Les ingrĂ©dients imposĂ©s incluent du jarret de la race bovine nantaise, fourni par l'association "La Vache Nantaise", ainsi qu'une touche de poitrine de porc. Le berligou, un vin local historique apprĂ©ciĂ© des rois, devra ĂȘtre intĂ©grĂ© Ă la recette. Des lĂ©gumes rĂ©gionaux comme la carotte rouge de Chantenay et la betterave jaune complĂ©teront le plat, sans oublier les champignons. Le projet ne se limite pas Ă la crĂ©ation culinaire. Un concours parallĂšle pour la conception d'une assiette spĂ©cifique est lancĂ© auprĂšs des potiers cĂ©ramistes, soulignant l'importance accordĂ©e Ă la prĂ©sentation.
La sélection se déroulera en plusieurs étapes, avec une dégustation finale par un jury au printemps. Le plat gagnant sera célébré lors d'une cérémonie dans un établissement hÎtelier. Yvon Garnier a élaboré une stratégie de promotion ambitieuse. Il prévoit de présenter la recette au Serbotel, un salon professionnel qu'il a cofondé, en octobre 2025. Des chefs renommés seront invités à préparer le plat, visant une reconnaissance internationale. Pour couronner le tout, une sculpture représentant une vache aux attributs symboliques sera commandée, avec l'espoir de l'exposer dans la cour de l'hÎtel de ville.

Le Monde, Les bouillons, des bistrots en ébullition, 05/09/2024
Les bouillons connaissent un renouveau spectaculaire à travers l'Hexagone. Ce phénomÚne, qui a débuté à Paris, s'étend désormais à toute la France, marquant le retour en force d'un modÚle de restauration vieux de plus d'un siÚcle et demi. L'article met ainsi en lumiÚre plusieurs exemples de ces nouveaux bouillons, comme Chez Lucette à Blois, ouvert en 2023 par Jean-François Feuillette. Ce concept, inspiré du succÚs des bouillons parisiens, propose une cuisine maison accessible, avec des plats autour de 12 euros. D'autres établissements similaires fleurissent partout en France, de Bayonne à Grenoble, en passant par Deauville et l'Orne.
L'histoire des bouillons remonte à 1855, avec l'ouverture du bouillon Duval à Paris. Ces établissements incarnaient alors la modernité, offrant un service continu et une organisation rationalisée. AprÚs un déclin dans l'entre-deux-guerres, le modÚle renaßt en 2017 avec l'ouverture du Bouillon Pigalle à Paris, qui modernise le concept tout en conservant ses codes essentiels. Le succÚs de ces établissements repose sur plusieurs facteurs. Les prix bas sont un atout majeur, particuliÚrement appréciés dans le contexte économique actuel. La qualité de la cuisine, basée sur des plats traditionnels bien exécutés, est également un point fort. De plus, la rapidité du service et l'ambiance conviviale attirent une clientÚle variée, des familles aux jeunes couples.
Les bouillons se positionnent comme une alternative aux fast-foods, offrant une cuisine française classique à des tarifs compétitifs. Thierry Marx, chef étoilé, a ouvert le Bouillon du coq à Saint-Ouen, voyant dans ce concept une opportunité de remettre au goût du jour des plats traditionnels et de réapprendre aux gens à "se rasseoir à table". Le modÚle économique des bouillons repose sur des volumes importants et une organisation minutieuse. Par exemple, le Bouillon du coq vise 600 couverts par jour, avec une préparation qui commence dÚs 7 heures du matin pour optimiser le service.
Ce renouveau des bouillons tĂ©moigne d'un dĂ©sir de retrouver une cuisine simple, rĂ©confortante et abordable. Il illustre Ă©galement une forme de nostalgie culinaire, oĂč les plats classiques comme le coq au vin ou le poulet-frites retrouvent leurs lettres de noblesse auprĂšs d'un large public.

LSA, Ă la dĂ©couverte de lâenseigne amĂ©ricaine culte Erewhon, 04/09/2024
Erewhon, l'Ă©picier chic de la cĂŽte ouest amĂ©ricaine, connaĂźt un succĂšs fulgurant avec une croissance annuelle frĂŽlant les 20% Ă magasins comparables. L'enseigne, rachetĂ©e en 2011 par Tony et Josephine Antoci, compte aujourd'hui 10 magasins dans les quartiers huppĂ©s de Los Angeles. FondĂ©e en 1966 Ă Boston, Erewhon s'est imposĂ©e comme une rĂ©fĂ©rence en matiĂšre de produits naturels et de bien-ĂȘtre. Ses magasins, d'une superficie moyenne de 900 Ă 1300 mÂČ, gĂ©nĂšrent un chiffre d'affaires annuel de plus de 1800 dollars par mĂštre carrĂ©, soit plus du triple de la norme du secteur aux Ătats-Unis.
La stratĂ©gie d'Erewhon repose sur plusieurs piliers : une localisation ciblĂ©e, un accueil personnalisĂ©, une offre de produits premium, un programme de fidĂ©litĂ© payant, et une forte prĂ©sence digitale. L'enseigne a notamment lancĂ© une application en juillet 2023, permettant une gestion complexe des commandes mixtes (Ă©picerie, boissons chaudes, plats prĂ©parĂ©s). L'innovation est au cĆur de la dĂ©marche d'Erewhon, qui utilise l'IA gĂ©nĂ©rative pour rĂ©diger des descriptions de produits et gĂ©nĂ©rer des recommandations personnalisĂ©es. L'entreprise a Ă©galement investi 30 millions de dollars dans une installation de production ultramoderne Ă Los Angeles.
Le succÚs d'Erewhon s'explique par plusieurs facteurs clés :
Un service de plats préparés haut de gamme, répondant aux attentes des jeunes Américains aisés.
Une sélection rigoureuse de marques, avec plus de 300 nouveaux produits examinés chaque mois.
Un programme marketing d'onboarding pour chaque nouveau produit. Dans le cadre de ce programme, chaque nouveau produit est mis en avant sur différents canaux (newsletter, médias sociaux, magasin...).
Des collaborations avec des célébrités, notamment autour de smoothies en édition limitée.
Une stratégie de marketing d'influence efficace, générant une valeur média importante malgré un budget publicitaire quasi inexistant.


New York Times, From Taco Style to Vegetarian, Here are 11 Burger Variations, 29/08/2024
Depuis un siÚcle, le burger n'a cessé d'évoluer, se réinventant sans cesse pour incarner la diversité de la culture américaine. De la création du premier cheeseburger par un adolescent dans les années 1920 à la démultiplication contemporaine des versions innovantes, ce plat devenu classique reflÚte la richesse des traditions régionales, de l'intégration des cultures immigrées et de la créativité sans limites qui font l'Amérique. Des diners d'Oklahoma City aux food trucks d'Austin, en passant par les restaurants étoilés de Seattle ou de Miami, le burger s'affirme comme un véritable ambassadeur de la gastronomie US. Décliné à l'infini, il peut prendre les accents de la cuisine taïwanaise, nigériane ou malaysienne, sans pour autant perdre son essence.
Ainsi, Ă Oklahoma City, le Sun Cattle Co. perpĂ©tue avec une prĂ©cision mĂ©ticuleuse la recette du "fried-onion burger", spĂ©cialitĂ© des annĂ©es 1950, mĂȘlant bĆuf hachĂ©, oignons caramĂ©lisĂ©s et American cheese. Ă Austin, le food truck Cuantas Hamburguesas marie quant Ă lui le burger au taco, glissant la viande dans une tortilla de maĂŻs croustillante. Ă Seattle, le Lao burger d'Ox Burger fait dĂ©couvrir les saveurs de la cuisine laotienne aux clients, tandis qu'Ă Brooklyn, Akara House propose une version vĂ©gĂ©tarienne Ă base de galettes de haricots Ă©picĂ©es. Certains chefs revendiquent haut et fort leurs racines, Ă l'instar d'Ange Branca Ă Philadelphie, qui met Ă l'honneur le Ramly burger, spĂ©cialitĂ© des vendeurs de rue malaisiens. D'autres, Ă l'image de Funso Akinya, exploitent les points communs entre le burger et leur cuisine d'origine, comme les akara nigĂ©rians.
Au-delà des influences culinaires, le burger incarne aussi l'histoire américaine. à Manhattan, le Hamburger America de George Motz ravive la mémoire des diners d'antan, tandis qu'à Houston, le Burger Bodega joue sur le registre du produit collector, en collaboration avec des chefs et des influenceurs. Qu'il s'assume dans sa simplicité classique ou qu'il revendique son caractÚre fourre-tout, le burger demeure un marqueur de la culture populaire US, en constante réinvention. De la création du cheeseburger à l'émergence de versions végétariennes ou fusion, son évolution reflÚte la diversité d'une Amérique toujours plus ouverte sur le monde.

New York Times, A Funnel Cake Macchiato, Anyone? The Coffee Wars Are Heating Up, 02/09/2024
Odessa, petite ville du Texas, illustre parfaitement le phĂ©nomĂšne : en Ă peine six ans, le nombre de cafĂ©s et bars Ă thĂ© est passĂ© de 17 Ă environ 55, avec notamment l'arrivĂ©e de grandes enseignes comme Starbucks, 7 Brew ou encore Dutch Bros. Un vĂ©ritable boom qui s'observe dans de nombreuses villes amĂ©ricaines, moyennes ou grandes, oĂč ces Ă©tablissements spĂ©cialisĂ©s dans les boissons Ă base de cafĂ© et de thĂ© reprĂ©sentent l'un des secteurs les plus dynamiques de la restauration.
Au-delà des géants historiques comme Starbucks et Dunkin', de nombreuses marques régionales, originaires de l'Arkansas, de l'Oregon ou du Nebraska, multiplient les ouvertures, en particulier dans les régions du Midwest et du Sud, jugées sous-équipées en cafés. Ainsi, en sept ans, 7 Brew est passé d'un simple kiosque dans l'Arkansas à plus de 190 établissements à travers le pays, tandis que Scooter's Coffee est passé de 170 boutiques en 2018 à un objectif de 770 d'ici la fin 2024.
Mais ces nouveaux acteurs sont loin de se contenter d'offrir un simple café noir. à l'image de la tendance observée chez Starbucks, l'essentiel de leur croissance provient désormais des boissons glacées, lattes sucrées ou encore des smoothies. Une surenchÚre de créativité et de calories pour tenter de se démarquer dans un marché ultra-concurrentiel. Car Starbucks, qui a longtemps dominé le secteur, cherche à regagner son "mojo" aprÚs une période de ralentissement pendant la pandémie. Le nouveau PDG, Brian Niccol, ancien de Chipotle, aura pour mission de relancer la marque face à la montée en puissance de rivaux régionaux comme Ziggi's Coffee, Foxtail Coffee ou Scooter's Coffee.
Au-delà de la diversification des offres, l'enjeu est désormais de sécuriser les meilleurs emplacements. Une situation qui fait grimper les prix et complexifie l'expansion pour ces acteurs, malgré un appétit américain apparemment insatiable pour le café sous toutes ses formes. Car si la saturation peut sembler atteinte dans certaines villes, la soif de caféine des Américains ne faiblit pas. De l'Ohio au Texas, les cafés fleurissent, multipliant les innovations pour séduire des consommateurs toujours plus exigeants sur la diversité et la qualité de leurs boissons. Une véritable guerre du café, dans laquelle Starbucks reste l'ennemi à abattre pour ces enseignes régionales.

CNBC, Increased sausage demand could be worrying signal on the economy, 26/08/2024
Selon une enquĂȘte rĂ©cente de la RĂ©serve fĂ©dĂ©rale de Dallas, une augmentation de la demande de saucisses pourrait ĂȘtre le dernier signe en date d'un resserrement des dĂ©penses des consommateurs amĂ©ricains face Ă la persistance de prix Ă©levĂ©s. Ce phĂ©nomĂšne met en lumiĂšre une tendance croissante des acheteurs Ă opter pour des produits moins chers et Ă rĂ©duire globalement leurs dĂ©penses, alors que l'inflation cumulĂ©e Ă©rode leur pouvoir d'achat. En effet, la saucisse reprĂ©sente un substitut protĂ©inĂ© Ă©conomique, permettant aux consommateurs de ne pas trop entamer leur budget alimentaire.
Cette observation, mise en avant par le groupe Bespoke Investment sur le rĂ©seau social X, intervient dans un contexte oĂč les prix des produits alimentaires demeurent une prĂ©occupation majeure pour les consommateurs. Bien que le taux d'inflation annualisĂ© se soit rapprochĂ© des niveaux jugĂ©s sains par les dĂ©cideurs Ă©conomiques, l'augmentation cumulative des prix par rapport Ă il y a quelques annĂ©es continue de peser sur le moral des AmĂ©ricains quant Ă l'Ă©tat de l'Ă©conomie nationale.
Ce constat renforce deux tendances émergentes de l'économie post-pandémique. D'une part, un nombre croissant de dirigeants d'entreprises, notamment dans le secteur de la restauration, alertent sur un ralentissement de la consommation. Ils pointent particuliÚrement du doigt les difficultés rencontrées par les ménages à faibles revenus pour joindre les deux bouts. D'autre part, le passage à la saucisse illustre le phénomÚne de "descente en gamme". Alors que les consommateurs aisés peuvent se permettre des protéines généralement plus coûteuses comme le steak ou le poulet, les acheteurs soucieux des prix se tournent vers la saucisse ou d'autres alternatives moins onéreuses.
L'enquĂȘte de la Fed de Dallas rĂ©vĂšle Ă©galement d'autres inquiĂ©tudes au sein de l'industrie agroalimentaire. Un fabricant a dĂ©clarĂ© que l'agriculture dans son ensemble "souffrait", citant des dĂ©fis liĂ©s aux conditions mĂ©tĂ©orologiques et Ă l'augmentation des coĂ»ts. Un autre s'est montrĂ© plus direct, affirmant se "prĂ©parer Ă la rĂ©cession". Ces signaux d'alarme soulignent les dĂ©fis Ă©conomiques persistants auxquels sont confrontĂ©s les consommateurs et les entreprises amĂ©ricaines, malgrĂ© les efforts dĂ©ployĂ©s pour juguler l'inflation et stimuler la croissance.

Taste, Will We Ever Shut Up About Caesar Salad?, 26/08/2024
Ă l'occasion du centenaire de la salade CĂ©sar, un engouement mĂ©diatique sans prĂ©cĂ©dent a mis en lumiĂšre l'obsession persistante des AmĂ©ricains pour ce plat emblĂ©matique. Créée en 1924 par l'immigrĂ© italien Caesar Cardini dans son restaurant de Tijuana au Mexique, cette salade a rapidement conquis le cĆur et les papilles des consommateurs amĂ©ricains.
Mais comment expliquer la longĂ©vitĂ© et l'omniprĂ©sence de ce mets relativement simple ? Selon Laura Shapiro, historienne de l'alimentation, la salade CĂ©sar a Ă©mergĂ© Ă une Ă©poque oĂč la dĂ©finition mĂȘme de la salade Ă©tait en pleine Ă©volution aux Ătats-Unis. Sa composition - laitue romaine croquante, sauce crĂ©meuse, croĂ»tons croustillants et parmesan - a su sĂ©duire les palais amĂ©ricains en quĂȘte de nouvelles saveurs.
Les experts attribuent le succÚs durable de la César à plusieurs facteurs clés. Tout d'abord, l'introduction des croûtons a marqué un tournant, offrant une texture croquante jusqu'alors inédite dans les salades. La sauce crémeuse et savoureuse, quant à elle, a su captiver les papilles avec son mélange audacieux d'ingrédients, dont les anchois, élément distinctif souvent méconnu du grand public. La polyvalence de la salade César a également joué un rÎle crucial dans sa popularité. Facilement adaptable, elle est devenue un standard dans une grande variété d'établissements, des restaurants gastronomiques aux fast-foods. Sa simplicité de préparation et sa familiarité en ont fait un repÚre rassurant pour les consommateurs, tout en servant de baromÚtre pour évaluer la qualité d'un restaurant.
Au fil des dĂ©cennies, la CĂ©sar a su se rĂ©inventer tout en conservant son essence. Des variations incluant diffĂ©rentes protĂ©ines aux versions vĂ©gĂ©taliennes, en passant par des dĂ©clinaisons en wrap ou en soupe, elle continue d'inspirer les chefs et d'attirer de nouvelles gĂ©nĂ©rations de gourmets. MalgrĂ© quelques dĂ©tracteurs qui remettent en question son statut iconique, la salade CĂ©sar demeure un pilier de la culture culinaire amĂ©ricaine. Elle incarne des valeurs chĂšres aux Ătats-Unis : l'abondance, la personnalisation et l'innovation.
Cent ans aprĂšs sa crĂ©ation, la salade CĂ©sar continue de susciter des dĂ©bats passionnĂ©s et d'innombrables articles. Plus qu'un simple plat, elle est devenue un symbole de l'AmĂ©rique elle-mĂȘme : une fusion d'influences diverses, capable de s'adapter aux goĂ»ts changeants tout en restant fidĂšle Ă ses origines. Alors que de nouvelles tendances culinaires Ă©mergent, la salade CĂ©sar prouve qu'elle a encore de beaux jours devant elle, prĂȘte Ă conquĂ©rir les papilles des gĂ©nĂ©rations futures.

The Guardian, The wellness drink for sober people that some say they canât stop drinking, 30/08/2024
Une nouvelle tendance dans le marchĂ© des boissons "bien-ĂȘtre" suscite des interrogations quant Ă ses effets secondaires potentiels. Feel Free, une boisson contenant du kratom, une plante originaire d'Asie du Sud-Est, gagne en popularitĂ© aux Ătats-Unis, notamment auprĂšs des personnes cherchant une alternative Ă l'alcool. CommercialisĂ©e comme une option saine et sobre, Feel Free a sĂ©duit de nombreux consommateurs, dont Charles Bryan et Jasmine Adeoye, qui ont partagĂ© leurs expĂ©riences. Initialement attirĂ©s par les promesses de bien-ĂȘtre et de socialisation sans alcool, ils ont progressivement augmentĂ© leur consommation, dĂ©passant largement les doses recommandĂ©es.
Cependant, des tĂ©moignages inquiĂ©tants Ă©mergent, rĂ©vĂ©lant des difficultĂ©s Ă arrĂȘter la consommation et des symptĂŽmes de sevrage. Un groupe Reddit dĂ©diĂ© au sevrage de Feel Free compte plus de 2 000 membres, et une action en justice collective a Ă©tĂ© lancĂ©e contre Botanic Tonics, le fabricant, pour publicitĂ© mensongĂšre. Le principal ingrĂ©dient actif du kratom, la mitragynine, interagit avec les rĂ©cepteurs opioĂŻdes, mais de maniĂšre diffĂ©rente des opiacĂ©s classiques. Bien que prĂ©sentant un risque de dĂ©pendance physique, ses effets prĂ©cis restent mal connus en raison du manque d'Ă©tudes approfondies.
Des experts, comme Oliver Grundmann de l'UniversitĂ© de Floride et Kirsten Smith de l'UniversitĂ© Johns Hopkins, soulignent la nĂ©cessitĂ© d'avertissements clairs sur les risques de dĂ©pendance physique liĂ©s Ă la consommation rĂ©guliĂšre de kratom. Ils prĂ©conisent une rĂ©glementation plutĂŽt qu'une interdiction, reconnaissant son potentiel dans la rĂ©duction des mĂ©faits liĂ©s aux opioĂŻdes. La prĂ©sentation et la commercialisation de Feel Free dans des contextes de bien-ĂȘtre et de santĂ© soulĂšvent des questions Ă©thiques. Claire Zagorski, doctorante Ă l'UniversitĂ© du Texas, met en garde contre le manque de transparence concernant les ingrĂ©dients et leurs effets potentiels.
Face aux critiques, Botanic Tonics a modifiĂ© son Ă©tiquetage, incluant dĂ©sormais des avertissements sur les risques de dĂ©pendance. Cependant, la frontiĂšre floue entre "bon" et "mauvais" produit chimique dans l'industrie du bien-ĂȘtre reste problĂ©matique. Cette situation met en lumiĂšre les dĂ©fis rĂ©glementaires dans le secteur des complĂ©ments alimentaires et des boissons fonctionnelles. Elle souligne Ă©galement l'importance d'une information claire et complĂšte pour les consommateurs, ainsi que la nĂ©cessitĂ© de recherches approfondies sur les effets Ă long terme de ces nouvelles tendances de consommation.
Alors que le marchĂ© des boissons alternatives Ă l'alcool continue de croĂźtre, le cas de Feel Free rappelle l'importance d'une approche prudente et informĂ©e face aux produits prĂ©sentĂ©s comme des solutions miracles pour le bien-ĂȘtre.
Modern Retail, Brands are partnering with health clubs and hotels to create awareness, 04/09/2024
Une nouvelle tendance émerge dans le monde des startups de produits de grande consommation : plutÎt que de se lancer directement dans la grande distribution, ces jeunes marques testent leurs produits dans des lieux de santé et d'hospitalité haut de gamme. Cette stratégie leur permet de cibler leurs premiers adoptants et de créer une image de marque premium avant une expansion plus large.
Cadence, une marque de boissons hydratantes lancĂ©e rĂ©cemment, illustre parfaitement cette approche. Elle a choisi de s'associer Ă des clubs privĂ©s, des hĂŽtels et des studios de bien-ĂȘtre pour Ă©tablir sa notoriĂ©tĂ©. Son partenariat le plus notable est avec Soho House, un club privĂ© prestigieux, oĂč ses produits sont disponibles dans les bars, les salles de sport et les minibars au Royaume-Uni, avec une expansion prĂ©vue aux Ătats-Unis.
Cette stratĂ©gie prĂ©sente plusieurs avantages. D'une part, elle permet aux marques de rĂ©pondre plus rapidement aux commandes que dans la grande distribution. D'autre part, ces lieux offrent un public captif, souvent rĂ©ceptif aux produits de bien-ĂȘtre pendant leurs sĂ©jours ou leurs activitĂ©s. Bien que ces partenariats ne gĂ©nĂšrent pas nĂ©cessairement des revenus importants, ils sont considĂ©rĂ©s comme un outil marketing efficace.
D'autres marques ont adoptĂ© des approches similaires. Open Water, une marque d'eau en canette, a dĂ©veloppĂ© sa prĂ©sence dans les restaurants, les hĂŽtels et mĂȘme les zoos. Dose, une marque de complĂ©ments alimentaires, a testĂ© son produit dans des lieux de bien-ĂȘtre avant de se lancer dans la distribution Ă grande Ă©chelle. Aujourd'hui, Dose est prĂ©sente dans prĂšs de 1 900 points de vente, soit une augmentation de 79% en un an.
Ces partenariats avec des Ă©tablissements de prestige servent Ă©galement Ă renforcer l'image de marque. Vasu Goyal, fondateur et PDG de Dose, souligne que la prĂ©sence de sa marque dans ces lieux a suscitĂ© l'intĂ©rĂȘt des distributeurs traditionnels, impressionnĂ©s par l'association Ă des espaces luxueux. Rachel Hirsch, fondatrice de Wellness Growth Ventures, confirme cette tendance. Elle observe que de nombreuses marques de bien-ĂȘtre placent stratĂ©giquement leurs produits dans des lieux oĂč leur public cible est dĂ©jĂ prĂ©disposĂ© aux expĂ©riences de bien-ĂȘtre et de soins personnels.
Bien que ces canaux ne remplacent pas la distribution traditionnelle, ils sont considérés comme un outil précieux pour stimuler les ventes en ligne et en magasin. Pour des marques comme Dose, ces partenariats restent un élément important de leur stratégie alors qu'elles transitent vers une présence omnicanale.
Financial Times, The mainstreaming of moderation, 23/08/2024
L'industrie des boissons alcoolisées connaßt une transformation majeure, avec une montée en puissance spectaculaire des alternatives sans alcool. Alors que les ventes globales de boissons alcoolisées ont connu une légÚre baisse de 1% en volume l'année derniÚre, le secteur des boissons sans alcool a enregistré une croissance impressionnante.
Aux Ătats-Unis, les ventes de boissons sans alcool ont bondi de 29% en volume, tandis qu'Ă l'Ă©chelle mondiale, les ventes de biĂšre sans alcool ont augmentĂ© de 6%, celles de vin de 7% et celles de spiritueux de 15%. Les experts prĂ©voient que la croissance du segment des boissons sans ou Ă faible teneur en alcool sera environ cinq fois supĂ©rieure Ă celle des boissons alcoolisĂ©es traditionnelles entre 2023 et 2028.
Ce phénomÚne, baptisé "mainstreaming of moderation" (généralisation de la modération) par l'industrie, s'explique par plusieurs facteurs. D'une part, les pressions sur le coût de la vie incitent les consommateurs à réduire leurs dépenses. D'autre part, on observe une préoccupation croissante pour la santé dans toutes les tranches d'ùge. Mais c'est surtout chez les millennials et la génération Z que la consommation d'alcool connaßt un déclin marqué. Au Royaume-Uni, prÚs d'un tiers des 18-24 ans déclarent boire moins qu'il y a un an, et 13% s'abstiennent complÚtement. Cette tendance, qualifiée de "sober curious" (curiosité sobre), reflÚte une nouvelle attitude face à l'alcool, perçu comme démodé par certains jeunes.
Les raisons de ce changement sont multiples : rĂ©bellion contre les habitudes parentales, pression financiĂšre due aux dettes Ă©tudiantes et aux coĂ»ts du logement, conscience accrue du bien-ĂȘtre, et mĂ©fiance envers les comportements potentiellement embarrassants sur les rĂ©seaux sociaux. Face Ă cette Ă©volution, l'industrie des boissons s'adapte en dĂ©veloppant des alternatives sans alcool de plus en plus sophistiquĂ©es, souvent commercialisĂ©es comme des sous-marques de produits existants. Par ailleurs, le marchĂ© voit Ă©merger de nouvelles boissons "fonctionnelles" infusĂ©es de CBD, d'adaptogĂšnes ou de nootropiques, censĂ©es offrir des effets similaires Ă l'alcool sans ses inconvĂ©nients.
Bien que certains puissent déplorer cette tendance comme une continuation de l'élimination progressive des ingrédients "authentiques" dans divers produits, elle présente des avantages indéniables. Elle permet à ceux qui doivent limiter leur consommation d'alcool pour des raisons médicales, éthiques ou de mode de vie, de profiter d'alternatives satisfaisantes. De plus, cette évolution vers plus de modération pourrait réduire les effets néfastes de la consommation excessive d'alcool, tant sur le plan personnel que sociétal

Cour des Comptes, Les Soutiens Publics Ă la FiliĂšre Volaille
Le rapport de la Cour des Comptes mentionnĂ© dans lâarticle sur la filiĂšre volaille.

Cette semaine câĂ©tait Ă©videmment la sortie du nouvel ouvrage dâOttolenghi, mais câĂ©tait Ă©galement la sortie du nouvel opus dâAnaĂŻs Lerma aka Parisianavores.
Bien manger Ă prix doux Ă Paris est dĂ©sormais Ă portĂ©e de main. PassionnĂ©e par la gastronomie et Ă lâaffĂ»t des meilleures adresses pour se rĂ©galer Ă petit prix, elle nous vient de sortir âBouis-bouis, cantines, bistrots : Bien manger Ă Paris Ă moins de 15 âŹâ.
ClassĂ©es par lignes de mĂ©tro dans onze quartiers de Paris et en proche banlieue, lâouvrage propose 101 adresses authentiques et sans chichi 100% testĂ©es et approuvĂ©es. Des endroits de rencontre et de partage oĂč la simplicitĂ© et le goĂ»t rĂšgnent en maĂźtre. Uniquement du fait maison, des produits frais et un accueil chaleureux, que lâon doit Ă des restaurateurs et restauratrices passionnĂ©s.
Vous pouvez trouver son livre en librairie ou en ligne sur les principaux sites marchands.

La pensée de la semaine
Câest tout pour aujourdâhui.
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Et si vous voulez vous pouvez mĂȘme me payer un cafĂ© ;-)
A la semaine prochaine!
O. Frey



