Bonjour Ă toutes et Ă tous, Eat's Business est une newsletter dans laquelle vous trouverez une revue de presse de quelques articles sur le monde de lâalimentaire qui mâont semblĂ© intĂ©ressants dans la semaine prĂ©cĂ©dente.Â
Pour ceux qui veulent la formule ristretto, les 3 articles que je vous conseille de lire en prioritĂ© cette semaine sont :Â
Les Ăchos, 224 oeufs par an et par Français, un record qui embarrasse les Ă©leveurs, 18/06/2024
New York Times, 57 Sandwiches That Define New York City, 18/06/2024
Washington Post, The flaming-hot Korean noodle brand going viral and making millions, 19/06/2024
Bonne lecture et bonne semaine Ă toutes et Ă tous!
Pour celles et ceux dâentre vous qui ont plus de temps pour la formule lungo :

LâidĂ©e de lancer cette revue de presse sous forme de newsletter mâest venue pendant le confinement. Eatâs Business fĂȘtera donc trĂšs bientĂŽt ses 4 ans.
En 4 ans ce sont prĂšs de 180 revues de presse que vous avez eu lâoccasion de consulter gratuitement.
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Le Monde, La surface agricole cultivée en bio a reculé pour la premiÚre fois en France en 2023, 13/06/2024
Le secteur de l'agriculture biologique en France est confronté à une crise sans précédent. Selon les chiffres publiés par l'Agence Bio, la surface agricole cultivée en bio a reculé pour la premiÚre fois en 2023, avec une baisse de 54 000 hectares en un an. Cette diminution, qui porte la part des terres cultivées en bio à 10,36% de la surface agricole totale, fait suite à deux années de crise profonde ayant secoué la filiÚre.
Face à la chute de la demande des consommateurs, de nombreux agriculteurs optent pour une déconversion partielle ou totale de leurs exploitations. Le président des Jeunes Agriculteurs, Pierrick Horel, envisage ainsi de renoncer à la certification bio pour une partie de ses cultures, une décision difficile mais nécessaire pour "préserver la performance économique" de sa ferme.
DerriÚre ce repli se cache un retournement de la consommation depuis 2022. L'impact de l'inflation sur le pouvoir d'achat, conjugué à une confusion autour des labels bio, a refroidi l'appétit des Français pour ces produits. Leur part dans l'alimentation a chuté à 5,6% l'an dernier. Certaines filiÚres comme les céréales, la volaille ou le lait bio sont durement touchées par cette baisse de la demande, avec des baisses de prix vertigineuses.
Face à l'urgence, le gouvernement a débloqué une aide limitée de 104 millions d'euros en 2023, dont les critÚres d'attribution restrictifs n'ont permis d'aider que 4 300 exploitations. Pour 2024, une enveloppe de 90 millions d'euros a été annoncée, avec des rÚgles assouplies. Mais la filiÚre attendait surtout une reconnaissance politique, finalement obtenue avec l'inscription dans la loi d'orientation agricole d'un objectif de 18% de surfaces bio en 2027.
Si quelques signaux positifs émergent, comme la bonne tenue de la vente directe, la situation demeure préoccupante. La tendance pourrait encore se détériorer cette année, menaçant la pérennité d'un modÚle agricole pourtant promu par les pouvoirs publics.

Les Ăchos, 224 oeufs par an et par Français, un record qui embarrasse les Ă©leveurs, 18/06/2024
La consommation d'Ćufs en France a atteint un niveau record en 2023, avec 224 Ćufs par habitant et par an, soit une augmentation de 3% par rapport Ă l'annĂ©e prĂ©cĂ©dente. Cette tendance s'est encore accentuĂ©e dĂ©but 2024, avec une hausse de 5,2% des achats Ă domicile entre janvier et avril. Ce succĂšs s'explique notamment par des prix attractifs, les Ćufs restant la protĂ©ine animale la moins chĂšre malgrĂ© une forte inflation en 2023. Les Ă©levages alternatifs (au sol, plein air et bio) reprĂ©sentent dĂ©sormais 78,6% des ventes en magasins, tĂ©moignant d'une Ă©volution des prĂ©fĂ©rences des consommateurs. Cependant, cette demande croissante met les Ă©leveurs sous pression. La production, bien qu'en hausse de 4% en 2023 Ă 14,9 milliards d'Ćufs, peine Ă suivre. La France a retrouvĂ© sa place de premier producteur europĂ©en, mais la grippe aviaire continue de dĂ©cimer les Ă©levages, avec un dĂ©ficit d'un million de poules pondeuses.
Face Ă ces dĂ©fis, l'Interprofession (CNPO) a lancĂ© un plan ambitieux Ă l'horizon 2030. L'objectif est de maintenir l'autonomie française en Ćufs, actuellement Ă 99%, en construisant 300 nouveaux poulaillers pour un investissement de 300 millions d'euros. La filiĂšre s'engage Ă©galement Ă dialoguer avec les associations et les ONG pour Ă©viter les recours juridiques contre ces projets. Parmi les autres mesures envisagĂ©es, le CNPO demande l'extension de la loi Egalim Ă la restauration hors domicile, qui reprĂ©sente 18% du marchĂ©, pour garantir une meilleure contractualisation et une rĂ©vision automatique des prix. La filiĂšre souhaite aussi amĂ©liorer le bilan carbone de l'Ćuf, notamment en favorisant la recherche sur l'alimentation des poules, responsable de trois quarts des Ă©missions.
Alors que le secteur fait face à des défis importants, il semble déterminé à répondre à la demande croissante tout en s'adaptant aux nouvelles exigences environnementales et sociétales.

Le Monde, Le sandwich prend de la hauteur, 20/06/2024
Le sandwich connaĂźt une renaissance gastronomique en France. Face Ă l'inflation et Ă l'Ă©volution des habitudes alimentaires, ce classique du dĂ©jeuner sur le pouce se rĂ©invente pour satisfaire une clientĂšle Ă la fois Ă©conome et gourmande. Selon une enquĂȘte du cabinet Strateg'eat, les boulangeries sont devenues les lieux de prĂ©dilection pour le snacking, les consommateurs Ă©tant prĂȘts Ă dĂ©bourser jusqu'Ă 7 euros en moyenne pour un sandwich haut de gamme. Cette tendance reflĂšte un dĂ©sir d'authenticitĂ© et de qualitĂ©, tout en restant dans un budget raisonnable.
Les artisans et chefs rivalisent d'inventivitĂ© pour sublimer le sandwich. Certains, comme The French Bastards, revisitent les classiques en proposant des versions dĂ©mesurĂ©es et haut de gamme du jambon-beurre. D'autres, Ă l'instar du pĂątissier Christophe Michalak, innovent avec des crĂ©ations vĂ©gĂ©tariennes audacieuses, comme le "croissant bretzel". La dĂ©finition mĂȘme du sandwich s'Ă©largit, englobant dĂ©sormais des crĂ©ations sophistiquĂ©es. Des chefs Ă©toilĂ©s comme Alexandre Mazzia Ă Marseille proposent des versions luxueuses, incorporant des ingrĂ©dients raffinĂ©s et des techniques culinaires avancĂ©es. Le lobster roll, sandwich au homard, fait son entrĂ©e dans les palaces, symbolisant cette montĂ©e en gamme.
Cependant, cette évolution ne signifie pas la disparition du sandwich abordable. Des établissements comme Michelle Mabelle à Paris ou Bleuet à Lille offrent des créations soignées à des prix raisonnables, utilisant des produits locaux et de saison. Ces sandwichs gastronomiques servent souvent de passerelle pour faire découvrir l'univers de chefs talentueux à un public plus large. Le banh mi vietnamien connaßt également un regain de popularité, illustrant la diversification des offres. Des lieux comme la librairie-sandwicherie Khai Tri à Paris maintiennent des prix bas tout en proposant des recettes traditionnelles de qualité.
Cette évolution du sandwich reflÚte les changements dans les habitudes de consommation des Français. Entre tradition et innovation, économie et gastronomie, le sandwich se réinvente pour répondre aux attentes d'une clientÚle de plus en plus exigeante et curieuse. Il devient ainsi un terrain d'expression culinaire à part entiÚre, capable de s'adapter aux tendances tout en conservant son statut de repas rapide et accessible.

Les Ăchos, Tariquet, ce vin d'artisan devenu un gĂ©ant du blanc, 14/06/2024
Au cĆur du Gers, le domaine viticole Tariquet s'est imposĂ© comme un gĂ©ant français du vin blanc, exportant sa production dans plus de 60 pays. Cette success story familiale, qui dure depuis cinq gĂ©nĂ©rations, illustre comment une petite exploitation a su se transformer en un empire viticole tout en prĂ©servant son caractĂšre artisanal.
L'histoire de Tariquet débute en 1912 avec l'achat du domaine par Jean-Pierre Artaud, ancien montreur d'ours devenu barman à New York. Au fil des décennies, la famille Grassa a su développer l'exploitation, passant de 7 hectares de vignes en mauvais état à plus d'un millier d'hectares aujourd'hui, faisant de Tariquet le plus vaste vignoble d'un seul tenant en France. Le tournant majeur survient dans les années 1980, lorsque la famille décide de se lancer dans la production de vin blanc sec pour faire face à la crise de l'armagnac. Contre toute attente, leur premiÚre cuvée "Classic" remporte un franc succÚs, notamment au Royaume-Uni, marquant le début d'une expansion internationale. Aujourd'hui dirigé par la nouvelle génération, Rémy et Armin Grassa, Tariquet continue d'innover tout en restant fidÚle à ses racines. L'entreprise investit massivement dans la recherche et le développement, adoptant des méthodes de culture respectueuses de l'environnement et des techniques de vinification à la pointe de la technologie.
Le succÚs de Tariquet repose sur sa capacité à produire des vins blancs légers, désaltérants et légÚrement sucrés, qui correspondent parfaitement aux tendances actuelles de consommation. Cette stratégie a permis à la marque de s'imposer sur des marchés aussi diversifiés que les bistrots parisiens ou les tables des ostréiculteurs japonais.

BFM, Michou, Mister V, FastGoodCuisine... ce que cachent les burgers et pizzas des influenceurs, 15/06/2024
Ces derniers mois, les influenceurs et youtubeurs se lancent de plus en plus dans lâindustrie de la restauration. Parmi eux, Michou, Amixem, FastGoodCuisine et Mister V ont tous ouvert des Ă©tablissements ou lancĂ© des produits alimentaires.
Pourtant, derriĂšre ces projets ambitieux, se cachent souvent des dark kitchens, des marques blanches et des Ă©checs cuisants. Le 8 juin, le youtubeur Michou a inaugurĂ© son premier fast-food, Mealy, Ă Amiens, proposant une carte variĂ©e de burgers, sandwiches, cookies, frites et sundaes. Bien que lâouverture ait suscitĂ© lâenthousiasme de ses 9,7 millions dâabonnĂ©s, elle a Ă©galement Ă©tĂ© critiquĂ©e sur les rĂ©seaux sociaux pour des problĂšmes dâhygiĂšne. Ces critiques reflĂštent une tendance croissante chez les influenceurs Ă diversifier leur offre en lançant des restaurants.
Depuis 2021, des influenceurs comme Charles Gilles-Compagnon (FastGoodCuisine) utilisent des dark kitchens pour leurs marques, comme Pepe Chicken. Ces cuisines, uniquement dĂ©diĂ©es Ă la livraison, permettent de rĂ©duire les coĂ»ts en Ă©vitant les emplacements stratĂ©giques et les dĂ©cors onĂ©reux. Cependant, ce modĂšle est critiquĂ© pour son manque de transparence et la standardisation des produits, souvent fabriquĂ©s par le mĂȘme fournisseur. Louis, un youtubeur, a mis en lumiĂšre les similitudes entre les produits de diffĂ©rentes marques associĂ©es Ă Taster, comme Starsmash dâAmixem et Pepe Chicken de FastGoodCuisine. Ces dark kitchens utilisent souvent les mĂȘmes ingrĂ©dients et emballages, ce qui déçoit les consommateurs en quĂȘte dâauthenticitĂ©.
Les dark kitchens sont accusĂ©es de dĂ©shumaniser la restauration et de nuire aux commerces traditionnels. Xavier Vankerrebrouck, aka Mon Paname, souligne que ces cuisines cachent leur vĂ©ritable nature aux clients et uniformisent les goĂ»ts. De plus, elles exploitent souvent les livreurs des plateformes de livraison. Certains influenceurs, comme IbraTV, prĂ©fĂšrent les restaurants physiques. Sa chaĂźne Black and White Burger, lancĂ©e en 2018, a connu un succĂšs international, avec des franchises en France et Ă lâĂ©tranger. Dâautres, comme Zack Nani et Vallouz, suivent cette voie en ouvrant des Ă©tablissements Ă Paris. Mister V a connu un grand succĂšs avec ses pizzas surgelĂ©es Delamama, en partenariat avec Universal Music et produites par Freiberger, une entreprise allemande. Cependant, le design et le concept rappellent fortement ceux de pizzas similaires lancĂ©es par un rappeur allemand. Cette pratique de marque blanche soulĂšve des questions sur lâoriginalitĂ© et lâauthenticitĂ© des produits.
MalgrĂ© quelques succĂšs, la plupart des initiatives de restauration des influenceurs peinent Ă durer. Certains experts en restauration restent sceptiques quant Ă leur viabilitĂ© Ă long terme. La notoriĂ©tĂ© seule ne suffit pas Ă garantir le succĂšs si la qualitĂ© et lâhygiĂšne ne sont pas au rendez-vous, comme lâont montrĂ© les Ă©checs de certaines pizzerias dâinfluenceurs.

Le Figaro, Qui est lâinfluenceur Alexis Thiebaut, condamnĂ© Ă payer 3500 euros dâamende par la rĂ©pression des fraudes ?, 17/06/2024
L'influenceur food Alexis Thiebaut, connu sous le nom "Le Paris d'Alexis", a été sanctionné par la DGCCRF pour pratiques commerciales trompeuses. Suivi par plus de 430 000 abonnés sur Instagram et 135 000 sur TikTok, il est réputé pour ses découvertes de restaurants parisiens et d'ailleurs. Selon la DGCCRF, l'influenceur aurait fait la promotion de certains établissements dans le cadre de partenariats commerciaux, sans le mentionner clairement à ses abonnés. Cette omission contrevient à la loi encadrant l'influence commerciale, promulguée il y a un an.
Il a été condamné à une amende de 3500 euros et à voir publier le communiqué sur les sites et réseaux sociaux de la DGCCRF, ainsi que de la préfecture de police de Paris. Il s'agit du premier influenceur culinaire sanctionné dans ce cadre, mettant en lumiÚre les pratiques potentiellement trompeuses dans ce secteur trÚs populaire. Cette sanction s'inscrit dans une stratégie de "name and shame" adoptée par la DGCCRF depuis un an. Il est le quinziÚme influenceur épinglé pour des pratiques commerciales trompeuses, rejoignant une liste qui inclut des personnalités comme Illan Castronovo, Julien Bert, Simon Castaldi et Poupette Kenza.
L'affaire soulĂšve des questions sur la transparence des influenceurs food, dont les avis sont souvent perçus par les jeunes comme aussi pertinents que ceux des guides gastronomiques traditionnels. Elle pourrait inciter d'autres crĂ©ateurs de contenu Ă ĂȘtre plus transparents sur leurs modĂšles Ă©conomiques.

Le Figaro, Chez l'Ami Louis, c'est LVMH qui prend les commandes, 20/06/2024
Le groupe LVMH vient d'annoncer le rachat du cĂ©lĂšbre restaurant parisien L'Ami Louis, qui fĂȘte ses 100 ans cette annĂ©e. Cette institution de la capitale, situĂ©e rue du Vertbois dans le 3e arrondissement, est rĂ©putĂ©e pour son atmosphĂšre d'antan et sa clientĂšle prestigieuse, allant des prĂ©sidents aux stars hollywoodiennes. L'Ami Louis, avec ses 13 tables et 50 couverts, incarne une France d'avant l'Ăšre numĂ©rique. Son dĂ©cor vintage, sa cuisine traditionnelle française et son ambiance dĂ©contractĂ©e en font un lieu prisĂ© des cĂ©lĂ©britĂ©s et des amateurs de gastronomie du monde entier.
LVMH, dont la famille Arnault est une habituĂ©e du restaurant, a dĂ©cidĂ© d'acquĂ©rir l'Ă©tablissement pour prĂ©server son identitĂ© unique. Le groupe assure qu'aucun changement ne sera apportĂ© Ă la recette qui a fait le succĂšs de L'Ami Louis : le dĂ©cor, la carte et mĂȘme les prix resteront inchangĂ©s. Cette acquisition s'inscrit dans la stratĂ©gie de LVMH d'investir dans l'art de vivre français. Le restaurant rejoint l'entitĂ© LVMH Hospitality Excellence, qui comprend dĂ©jĂ le groupe hĂŽtelier Belmond et l'HĂŽtel Cheval Blanc Ă Paris.
Pour LVMH, L'Ami Louis incarne des valeurs chĂšres au groupe telles que l'artisanat et la transmission. Le restaurant est reconnu pour ses liens Ă©troits avec les meilleurs producteurs et viticulteurs, dĂ©veloppĂ©s sur plusieurs gĂ©nĂ©rations. Bien que cette acquisition puisse sembler anecdotique pour un groupe de la taille de LVMH, elle tĂ©moigne de l'intĂ©rĂȘt croissant du conglomĂ©rat pour le secteur de l'hospitalitĂ© et de la gastronomie. Elle souligne Ă©galement la volontĂ© du groupe de prĂ©server et de promouvoir le patrimoine culinaire français, tout en renforçant sa prĂ©sence dans le domaine du luxe expĂ©rientiel.


New York Times, 57 Sandwiches That Define New York City, 18/06/2024
Un super article du NYT pour tous les fans de streetfood qui ont prĂ©vu de partir Ă New York dans les prochains mois. Il met en lumiĂšre 57 sandwiches qui dĂ©finissent la scĂšne culinaire new-yorkaise, reflĂ©tant la diversitĂ© culturelle, lâamour des ingrĂ©dients de qualitĂ© et la quĂȘte du plaisir gastronomique immĂ©diat de la ville. Cette liste nâest pas un classement mais une cĂ©lĂ©bration de la richesse gastronomique de New York, offrant un aperçu des cinq grands quartiers de la ville Ă travers des hĂ©ros, des classiques de bodega, des crĂ©ations inspirĂ©es, des nouveautĂ©s vĂ©gĂ©tariennes et bien plus encore.
Les incontournables comme le bacon, Ćuf et fromage (BEC) de C&B dans lâEast Village et le sandwich au saumon fumĂ© de Radio Bakery Ă Greenpoint illustrent la rĂ©invention des classiques new-yorkais. Pendant ce temps, des crĂ©ations innovantes comme le katsu sando au Little Egg et le sandwich vĂ©gĂ©tarien de Court Street Grocers montrent lâinfluence croissante des saveurs internationales.
Des institutions comme Katzâs Delicatessen avec son pastrami sur seigle et Russ & Daughters Cafe avec son bagel classique au saumon demeurent des rĂ©fĂ©rences. Cependant, des trĂ©sors moins connus, comme le HLT de Baby Blues Luncheonette ou le sandwich au pho de Little Kirin, enrichissent la scĂšne culinaire avec des saveurs uniques et des histoires locales.
Des sandwicheries comme Faiccoâs Italian Specialties et Casa Della Mozzarella dans le Bronx, en passant par des endroits innovants comme Superiority Burger, montrent comment chaque quartier apporte sa propre patte aux sandwiches. Des influences italiennes, japonaises, cubaines et bien dâautres se combinent pour crĂ©er une offre diversifiĂ©e qui ravit les palais des locaux et des touristes.

Washington Post, The flaming-hot Korean noodle brand going viral and making millions, 19/06/2024
Les nouilles instantanées Buldak, un phénomÚne culinaire sud-coréen, connaissent un succÚs fulgurant à l'échelle mondiale. Ces "nouilles au poulet de feu", réputées pour leur goût épicé intense, sont devenues bien plus qu'un simple en-cas : elles incarnent désormais une véritable tendance culturelle. Elles sont devenues virales grùce aux réseaux sociaux, avec des utilisateurs qui les essayent et réagissent devant la caméra. La marque est mentionnée dans plus de 360 millions de publications sur TikTok et a accumulé des centaines de millions de vues sur YouTube. La récente interdiction au Danemark des variétés les plus épicées a fait les gros titres, bien que Samyang, leur fabricant, ait contesté ces interdictions.
Lancées en 2012, les Buldak ont d'abord été popularisées en Corée du Sud comme un défi culinaire entre amis. Aujourd'hui, elles génÚrent des millions de dollars de ventes à l'international et font l'objet d'une attention médiatique considérable. Le phénomÚne Buldak s'inscrit dans un contexte plus large de rayonnement culturel sud-coréen, porté par la K-pop, les K-dramas et l'engouement mondial pour la cuisine coréenne.
L'histoire des Buldak reflÚte l'évolution de la perception des nouilles instantanées en Corée du Sud. Initialement symbole de difficultés économiques dans l'aprÚs-guerre, les ramyeon sont aujourd'hui célébrées comme un produit "cool" et innovant. Cette transformation s'inscrit dans une histoire complexe, liée à l'influence américaine d'aprÚs-guerre et aux politiques gouvernementales visant à promouvoir la consommation de farine.
Aujourdâhui, les nouilles Buldak font partie de lâĂ©norme vague de produits corĂ©ens viraux qui influencent les habitudes alimentaires amĂ©ricaines, avec des chaĂźnes de supermarchĂ©s asiatiques en expansion aux Ătats-Unis. Les produits Buldak sont dĂ©sormais disponibles dans des magasins amĂ©ricains comme Walmart et sont au cĆur de la âvague corĂ©enneâ. Samyang continue dâinnover en lançant rĂ©guliĂšrement de nouveaux produits Buldak, capitalisant sur les tendances des dĂ©fis alimentaires Ă©picĂ©s et des vidĂ©os de dĂ©gustation.
Avant la pandĂ©mie, certains pensaient que la vague corĂ©enne allait sâessouffler, mais la diffusion massive de contenus corĂ©ens sur Netflix pendant les pĂ©riodes de confinement a créé une nouvelle base de fans. La cuisine corĂ©enne est souvent mise en avant dans ces programmes, contribuant Ă son succĂšs international.

The Guardian, McDonaldâs ends AI drive-thru trial as fast-food industry tests automation, 17/06/2024
McDonald's met fin Ă son expĂ©rimentation de l'intelligence artificielle (IA) dans ses drive-in, soulevant des questions sur l'engouement de l'industrie de la restauration rapide pour cette technologie. McDo va retirer les systĂšmes de commande automatisĂ©s basĂ©s sur l'IA de plus de 100 Ă©tablissements aux Ătats-Unis. Ces systĂšmes, qui utilisaient une voix artificielle pour rĂ©pondre aux commandes des clients, Ă©taient testĂ©s dans le cadre d'un partenariat entre McDonald's et IBM depuis 2021.
Bien que McDonald's n'ait pas expliquĂ© publiquement l'arrĂȘt de ce test, le groupe a indiquĂ© qu'il prendrait une dĂ©cision sur l'avenir des commandes automatisĂ©es d'ici la fin de l'annĂ©e. Un porte-parole a soulignĂ© qu'une "solution de commande vocale pour les drive-in fera partie de l'avenir de nos restaurants". L'industrie de la restauration rapide s'est fortement intĂ©ressĂ©e Ă l'intĂ©gration de l'IA gĂ©nĂ©rative ces derniĂšres annĂ©es. Outre McDonald's, des chaĂźnes comme Wendy's, Hardee's, Carl's Jr et Del Taco utilisent dĂ©jĂ cette technologie dans leurs drive-in. Yum Brands, propriĂ©taire de Taco Bell et KFC, a mĂȘme annoncĂ© une "mentalitĂ© IA-first" pour ses restaurants.
Cet engouement pour l'IA est largement motivĂ© par la volontĂ© de rĂ©duire les coĂ»ts de main-d'Ćuvre, notamment face Ă l'augmentation du salaire minimum dans certains Ătats comme la Californie. Cependant, l'utilisation de l'IA a Ă©galement conduit Ă des situations embarrassantes, largement relayĂ©es sur les rĂ©seaux sociaux. Des vidĂ©os virales ont montrĂ© des erreurs de commande spectaculaires, comme l'ajout d'articles erronĂ©s ou la multiplication excessive des quantitĂ©s commandĂ©es. De plus, certains systĂšmes automatisĂ©s ont Ă©tĂ© critiquĂ©s pour leur dĂ©pendance Ă une main-d'Ćuvre humaine externalisĂ©e. Presto Automation Inc, fournisseur de services d'IA pour les chaĂźnes de restauration rapide, a rĂ©vĂ©lĂ© que des travailleurs de pays comme les Philippines interviennent dans environ 70% des interactions avec les clients.
Au-delà des commandes au drive-in, les entreprises explorent d'autres applications de l'IA générative, comme le développement de chatbots pour leurs applications ou l'utilisation de la reconnaissance d'image pour estimer les temps d'attente. En décembre dernier, McDonald's a conclu un accord avec Google pour créer un chatbot nommé "Ask Pickles", destiné à former les employés sur des sujets tels que le nettoyage des équipements de restaurant.

Wired, Potatoes Are the Perfect Vegetableâbut Youâre Eating Them Wrong, 20/06/2024
La pomme de terre, longtemps considĂ©rĂ©e comme un aliment miracle, fait face Ă un dĂ©clin de popularitĂ© aux Ătats-Unis. MalgrĂ© ses qualitĂ©s nutritionnelles exceptionnelles, la consommation de pommes de terre fraĂźches est en chute libre, au profit des versions transformĂ©es et surgelĂ©es. Depuis le pic de consommation atteint en 1996, avec 64 livres par personne et par an, les AmĂ©ricains ne consomment plus que 45 livres aujourd'hui, soit une baisse de 30%. Plus inquiĂ©tant encore, la consommation de pommes de terre surgelĂ©es, principalement sous forme de frites, a dĂ©passĂ© celle des pommes de terre fraĂźches en 2019.
Ce changement de paradigme soulÚve des questions sur l'avenir de ce légume autrefois considéré comme le moteur de la civilisation. Riche en vitamines, potassium, fibres et protéines, la pomme de terre reste un aliment nutritif, comme l'a démontré Chris Voigt, directeur exécutif de la Washington State Potato Commission, en suivant un régime exclusivement composé de pommes de terre pendant 60 jours en 2010. Cependant, la perception de la pomme de terre a changé. Désormais associée à la malbouffe industrielle, elle peine à conserver son statut de légume sain. La prépondérance des frites et chips dans la consommation actuelle contribue à cette image négative, malgré les efforts de l'industrie pour promouvoir ses qualités nutritionnelles.
L'histoire de la pomme de terre est pourtant intimement liée à celle de l'humanité. Introduite en Europe au XVIe siÚcle, elle a révolutionné l'agriculture et contribué à la croissance démographique. Aujourd'hui, elle se trouve à la croisée des chemins, cherchant à reconquérir sa place dans l'alimentation moderne. L'industrie de la pomme de terre tente de redorer son blason. Potatoes USA utilise l'intelligence artificielle pour contrer la désinformation nutritionnelle en ligne. Des efforts marketing sont déployés pour séduire les athlÚtes amateurs, mais ces initiatives paraissent modestes comparées aux campagnes massives de l'industrie de la viande ou des produits laitiers.
L'avenir de la pomme de terre amĂ©ricaine pourrait se jouer Ă l'international, avec le Japon comme marchĂ© prometteur pour les frites surgelĂ©es. Cependant, le dĂ©fi majeur reste de reconquĂ©rir les cuisines amĂ©ricaines, oĂč la prĂ©paration de pommes de terre fraĂźches est en dĂ©clin.

Taste, Order Your Next Mac and Cheese FromâŠEtsy?, 11/06/2024
Etsy, la plateforme de commerce Ă©lectronique connue pour ses produits artisanaux, devient une destination florissante pour les cuisiniers amateurs souhaitant se professionnaliser. Lâarticle met en lumiĂšre cette tendance croissante oĂč des passionnĂ©s de cuisine Ă travers les Ătats-Unis utilisent Etsy pour vendre leurs plats faits maison. On y dĂ©couvre plusieurs vendeurs, dont Sherrie Minter, 67 ans, qui, aprĂšs une carriĂšre de 35 ans dans une centrale nuclĂ©aire, s'est lancĂ©e sur Etsy en 2022. Elle expĂ©die dĂ©sormais des repas congelĂ©s et emballĂ©s sous vide dans tout le pays, voyant cette activitĂ© comme un revenu supplĂ©mentaire et un hĂ©ritage potentiel pour sa famille.
Cette tendance contraste avec le monde culinaire actuel, dominĂ© par les pop-ups tape-Ă -l'Ćil et les influenceurs TikTok. Sur Etsy, les cuisiniers sont motivĂ©s par l'amour de la cuisine et le dĂ©sir de partager des plats rĂ©confortants, plutĂŽt que par la construction d'une image de marque personnelle. Les clients apprĂ©cient la possibilitĂ© de trouver des saveurs culturellement spĂ©cifiques, de soutenir les petites entreprises et d'acheter des produits faits avec de vrais ingrĂ©dients. Emma Mahoney, 54 ans, compare l'expĂ©rience Ă "recevoir un colis de sa tante".
L'article souligne également la dimension culturelle de certaines offres. Ron Daise, 68 ans, utilise ses gùteaux pour partager l'histoire Gullah Geechee, tandis que Michelle Bethea et Kimberly Beachum, un duo mÚre-fille, proposent des versions modernisées des recettes de leur grand-mÚre. Malgré les défis logistiques et environnementaux liés à l'expédition de produits alimentaires, les vendeurs trouvent du soutien dans les forums d'Etsy. Les relations entre vendeurs et clients peuvent devenir trÚs personnelles, avec des échanges chaleureux et des retours d'expérience précieux.
L'article conclut en soulignant que, dans un monde de plus en plus fragmenté, acheter de la nourriture faite maison sur Etsy représente un phare de connexion authentique. Comme le dit Kimberly Beachum : "Nous voulons que le client sache que notre nourriture a vraiment été faite avec amour". Cette tendance émergente sur Etsy illustre un désir croissant de connexion humaine et d'authenticité dans le monde culinaire, offrant une alternative rafraßchissante aux grandes chaßnes alimentaires et aux tendances éphémÚres des réseaux sociaux.

Wall Street Journal, Knockoffs No Longer: Store Brands Get Fancy in a Private-Label Revolution, 21/06/2024
Les marques de distributeurs connaissent une rĂ©volution aux Ătats-Unis, s'Ă©loignant de leur image de simples copies bon marchĂ© pour devenir des produits de qualitĂ© Ă part entiĂšre. Cette tendance, dĂ©jĂ bien Ă©tablie en Europe, gagne du terrain outre-Atlantique. Walmart, le plus grand dĂ©taillant amĂ©ricain, a lancĂ© en avril dernier une marque alimentaire haut de gamme nommĂ©e Bettergoods, proposant des produits innovants tels que des confitures aux saveurs exotiques ou des glaces vĂ©gĂ©tales. De son cĂŽtĂ©, le conglomĂ©rat Ahold Delhaize vise Ă augmenter la part de ses marques propres Ă 45% d'ici 2028, contre 38% actuellement.
Ces marques de distributeurs offrent de meilleures marges aux dĂ©taillants et renforcent la fidĂ©litĂ© des consommateurs. Des enseignes comme Trader Joe's, Aldi et Costco ont rĂ©ussi Ă crĂ©er un vĂ©ritable engouement autour de leurs produits, gagnant des parts de marchĂ© au dĂ©triment des supermarchĂ©s traditionnels. MalgrĂ© cette Ă©volution, la part globale des marques de distributeurs aux Ătats-Unis reste modeste, Ă environ 22% des ventes, loin derriĂšre les 40% observĂ©s en Europe occidentale. Cette diffĂ©rence s'explique notamment par la structure du marchĂ© amĂ©ricain, oĂč les quatre plus grands distributeurs ne reprĂ©sentent qu'un tiers des ventes, contre deux tiers au Royaume-Uni.
La pandémie a eu un impact complexe sur cette dynamique. Si elle a poussé les consommateurs à essayer davantage de produits de marques propres, elle a aussi permis aux grandes marques de renforcer leur position grùce à des chaßnes d'approvisionnement plus robustes. Cependant, face à une inflation cumulée de 26% depuis 2019 sur les produits alimentaires, les consommateurs se tournent de plus en plus vers les marques de distributeurs pour économiser. Les grands groupes de produits de consommation devront donc innover et potentiellement baisser leurs prix pour rester compétitifs.
Les distributeurs, quant à eux, misent sur l'innovation et la réactivité. Aldi, par exemple, introduit chaque semaine une centaine de nouveaux produits saisonniers, s'adaptant rapidement aux retours des consommateurs. Cette montée en puissance des marques de distributeurs pourrait finalement bénéficier aux consommateurs. Face à cette concurrence accrue, les grandes marques seront contraintes soit d'améliorer la qualité de leurs produits, soit de baisser leurs prix.

CNBC, Disease, drought and alternative fruits: The orange juice industry is in crisis, 18/06/2024
L'industrie du jus d'orange traverse actuellement une crise sans prĂ©cĂ©dent. Les prix ont atteint des sommets historiques, poussĂ©s par une combinaison de facteurs tels que les conditions mĂ©tĂ©orologiques extrĂȘmes liĂ©es au changement climatique, des contraintes d'approvisionnement persistantes et une maladie des agrumes appelĂ©e "greening".
Le Brésil, premier producteur et exportateur mondial de jus d'orange, est particuliÚrement touché. Selon le centre de recherche Fundecitrus, le pays devrait connaßtre l'une de ses pires récoltes d'oranges depuis plus de trente ans. La production prévue pour la saison 2024-2025 est en baisse de 24% par rapport au cycle précédent. La maladie du greening, qui rend les fruits amers et rabougris, est devenue un fléau à long terme pour les agriculteurs dans les régions productrices d'oranges du monde entier. En Floride, la production est passée de 242 millions de caisses il y a 20 ans à seulement 17 millions aujourd'hui.
Face à cette crise, certains fabricants et mélangeurs de jus d'orange explorent l'utilisation de fruits alternatifs comme les mandarines, les pommes et les poires pour diluer la boisson. Cependant, les experts de l'industrie, comme Kees Cools, président de l'Association internationale des jus de fruits et légumes, estiment qu'il n'y a pas de solution à court terme en vue. Les analystes prévoient que les prix élevés vont persister, car il faudrait plusieurs bonnes récoltes consécutives pour restaurer des niveaux de stocks normaux au Brésil. Avec 40% des plantations brésiliennes affectées par le greening et des conditions climatiques volatiles, la probabilité d'atteindre de telles récoltes est faible.
Cette crise met en lumiÚre la vulnérabilité de l'industrie du jus d'orange face aux changements climatiques et aux maladies des cultures. Elle soulÚve également des questions sur la durabilité à long terme de la production d'agrumes et la nécessité de développer des solutions innovantes pour faire face à ces défis croissants.

IFIC, 2024 Food and Health Survey
LâenquĂȘte annuelle de lâInternational Food Information Council (IFIC) met en lumiĂšre les tendances actuelles et les prĂ©occupations des consommateurs amĂ©ricains en matiĂšre dâalimentation, de nutrition et de bien-ĂȘtre, tout en soulignant lâimpact croissant des mĂ©dias sociaux et de la technologie sur les choix alimentaires.
Quelques points Ă retenir :
PrÚs de 3 Américains sur 4 grignotent au moins une fois par jour.
Plus de la moitié des Américains remplacent occasionnellement ou réguliÚrement les repas traditionnels par des collations ou de plus petits repas.
Le goĂ»t (85%) reste le facteur le plus influent pour les dĂ©cisions dâachat, suivi du prix (76%) et de la santĂ© (62%). La commoditĂ© (57%) et la durabilitĂ© environnementale (31%) jouent Ă©galement un rĂŽle important.
Lâexposition au contenu alimentaire et nutritionnel sur les rĂ©seaux sociaux a augmentĂ© significativement (54% en 2024 contre 42% en 2023). Les jeunes gĂ©nĂ©rations sont plus enclines Ă voir et Ă faire confiance Ă ce contenu.
51% des consommateurs sont intĂ©ressĂ©s par lâaide de lâIA pour faire des choix alimentaires sĂ»rs et nutritifs. De plus, 65% croient que les outils en ligne et les applications mobiles peuvent les aider Ă amĂ©liorer leur alimentation et leur activitĂ© physique.

Un Ă©pisode de Business of Bouffe consacrĂ© Ă celle qui vient dâĂȘtre sacrĂ©e Meilleure PĂątissiĂšre du monde

Les critiques gastronomiques vus par Stéphane Collaro en 1977
Câest tout pour aujourdâhui.
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A la semaine prochaine!
O. Frey

