Bonjour Ă toutes et Ă tous, Eat's Business est une newsletter dans laquelle vous trouverez une revue de presse de quelques articles sur le monde de lâalimentaire qui mâont semblĂ© intĂ©ressants dans la semaine prĂ©cĂ©dente.Â
Pour ceux qui veulent la formule ristretto, les 3 articles que je vous conseille de lire en prioritĂ© cette semaine sont :Â
Challenges, Un milliard de repas gaspillés chaque jour dans le monde, selon l'ONU, 27/03/2024
Le Monde, Lâaviation, le septiĂšme ciel pour les domaines viticoles qui se hissent Ă bord, 25/03/2024
Financial Times, Brewers come under pressure to minimise water footprint, 22/03/2024
Bonne lecture et bonne semaine Ă toutes et Ă tous!
Pour celles et ceux dâentre vous qui ont plus de temps pour la formule lungo :


Le Figaro, Prix plus élevés, frais de service⊠Le coup de blues de la livraison de repas, 24/03/2024
La croissance du secteur de la livraison de repas Ă domicile en France est en berne. AprĂšs une pĂ©riode de forte expansion, notamment durant le Covid, avec un pic de 8,4 milliards dâeuros en 2021, le chiffre d'affaires a diminuĂ© pour la deuxiĂšme annĂ©e consĂ©cutive en 2023, atteignant 7 milliards d'euros (soit une baisse d'environ 5%). Cette baisse est attribuĂ©e Ă la rĂ©duction de la frĂ©quence d'achat des consommateurs, en partie due Ă un pouvoir d'achat sous pression et Ă l'augmentation des prix.
Les restaurateurs ont également joué un rÎle dans ce ralentissement en limitant volontairement la part de la livraison dans leur activité pour préserver leurs marges et encourager la fréquentation sur place. La concurrence entre les plateformes de livraison (Uber Eats, Deliveroo et Just Eat) et les commissions élevées qu'elles prélÚvent ont conduit de nombreux établissement à augmenter les prix de leurs menus en ligne. En conséquence les repas livrés sont jusqu'à 50% plus chers qu'au restaurant. Ce renchérissement, combiné à l'augmentation des frais de service et de livraison, a incité les consommateurs à aller manger au restaurant plutÎt que de commander en ligne.
En réponse à la baisse de la demande, les plateformes de livraison proposent désormais des abonnements permettant de réduire les frais de service et de livraison, comme le pass Uber One d'Uber Eats. En outre, les plateformes diversifient leurs services en livrant non seulement des repas mais aussi des produits d'épicerie ou de parapharmacie, élargissant ainsi leur offre et leur clientÚle.
L'article souligne Ă©galement l'autonomie croissante des chaĂźnes de restaurants vis-Ă -vis des plateformes de livraison. A lâimage de McDonaldâs qui a lancĂ© la livraison via son application, qui permet aux clients de bĂ©nĂ©ficier des mĂȘmes prix qu'en restaurant tout en accumulant des points de fidĂ©litĂ©.

Libération, Prix du vin : les consommateurs veulent payer moins cher les bouteilles produites par des femmes, 24/04/2023
Une étude récemment publiée dans le Journal of Wine Economics et conduite par Alicia Gallais et Florine Livat-Pécheux de la Kedge Business School de Bordeaux met en lumiÚre les préjugés de genre dans le secteur viticole. L'étude a interrogé plus de 1 300 personnes en France et en Belgique francophone sur leur volonté de payer pour des vins selon le genre du vigneron.
Les rĂ©sultats rĂ©vĂšlent que les consommateurs sont prĂȘts Ă payer 5 Ă 10 % moins cher pour un vin produit par une femme ou un collectif fĂ©minin, avec des variations selon le design des Ă©tiquettes. Pour les Ă©tiquettes classiques, un vin de "Georges Cadieux" valait en moyenne 10,88 euros contre 9,63 euros pour "Nathalie Panetier". Cependant, avec un design contemporain, le vin de "Nathalie Panetier" Ă©tait plus valorisĂ© Ă 9,88 euros contre 9,49 euros pour celui de "Georges Cadieux". Cela suggĂšre que le design moderne peut inverser certains prĂ©jugĂ©s de genre.
L'Ă©tude constate Ă©galement une diffĂ©rence selon le genre des consommateurs : les hommes seraient enclins Ă payer moins pour les vins produits par des femmes, peu importe le design, tandis que les femmes ne prĂ©sentent pas de biais similaire. Ce phĂ©nomĂšne de valorisation diffĂ©renciĂ©e selon le genre du producteur s'Ă©tend au-delĂ du vin, touchant d'autres produits comme la biĂšre artisanale et les petits gĂąteaux, illustrant un biais asymĂ©trique oĂč les produits fabriquĂ©s par des femmes sont dĂ©savantagĂ©s dans des marchĂ©s typiquement masculins, alors que l'inverse n'est pas vrai.

Les Ăchos, Aliments transformĂ©s : l'origine de plus des deux tiers des ingrĂ©dients reste opaque, 28/03/2024
Les rĂ©sultats dâune Ă©tude rĂ©alisĂ©e par UFC-Que Choisir montrent que l'origine de plus de deux tiers des ingrĂ©dients utilisĂ©s dans les aliments transformĂ©s reste floue pour les consommateurs. Sur 243 aliments transformĂ©s de grandes marques passĂ©s en en revue, 47 % des ingrĂ©dients principaux analysĂ©s n'ont aucune origine mentionnĂ©e, et 22 % sont Ă©tiquetĂ©s de maniĂšre gĂ©nĂ©rique (comme « Origine UE » ou « Origine non UE »). Les cĂ©rĂ©ales et les lĂ©gumes sont particuliĂšrement touchĂ©s par cette opacitĂ©, avec 84 % des ingrĂ©dients sans origine prĂ©cise mentionnĂ©e.
L'étude souligne également d'importantes disparités entre les marques concernant la transparence de l'origine des ingrédients. Certaines marques, comme Marie et Bonduelle, communiquent précisément sur l'origine de la majorité de leurs ingrédients, tandis que d'autres, comme Fleury Michon et Cassegrain, sont moins transparentes. Cette situation suggÚre que les choix d'approvisionnement de chaque marque influent sur la transparence des informations fournies.
UFC-Que Choisir critique par ailleurs le phĂ©nomĂšne de « french washing », oĂč certaines entreprises comme Fleury Michon ou Sodebo mettent en avant leur hĂ©ritage français sans pour autant indiquer l'origine française des ingrĂ©dients de leurs produits. Face Ă ce manque de volontĂ© des industriels d'ĂȘtre transparents sur l'origine des ingrĂ©dients, exacerbĂ© par le caractĂšre volontaire des dĂ©marches de transparence comme le futur logo « Origine-Info » annoncĂ© par la ministre dĂ©lĂ©guĂ©e chargĂ©e de la Consommation, Olivia GrĂ©goire, l'association appelle Ă rendre obligatoire ce marquage. Selon UFC-Que Choisir, sans obligation, ce logo ne rĂ©ussira pas Ă informer pleinement les consommateurs sur l'origine des produits alimentaires transformĂ©s, malgrĂ© une forte demande de transparence de leur part.
The Conversation, Produits « éthiques » : promettre ne suffit pas pour convaincre les consommateurs, 27/03/2024
L'article explore l'importance croissante des produits Ă©thiques dans les dĂ©cisions d'achat des consommateurs. Face Ă une demande de plus en plus prononcĂ©e pour des produits respectueux de l'environnement, du bien-ĂȘtre animal et de la santĂ© humaine, les industriels se sont lancĂ©s dans le dĂ©veloppement de produits innovants promettant de rĂ©pondre Ă ces attentes. Cependant, toutes les promesses Ă©thiques ne se valent pas et leur efficacitĂ© varie selon les secteurs et les produits.
Une enquĂȘte rĂ©vĂšle que 67% des consommateurs souhaitent adopter une consommation plus responsable, motivĂ©s par le respect de l'environnement (78%), le bien-ĂȘtre animal (59%) et leur propre santĂ© (73%). Ils attendent des entreprises qu'elles agissent de maniĂšre responsable et communiquent clairement sur ces actions.
Le bien-ĂȘtre animal est un critĂšre de plus en plus dĂ©cisif pour les consommateurs, notamment dans les secteurs alimentaire et cosmĂ©tique. Un sondage indique que 80% des Français sont sensibles Ă cette cause, et 60% ont une meilleure image des marques qui s'y engagent.
Les promesses "sans" (comme "sans parabÚne") sont plus efficaces que les promesses "avec" (comme "avec de l'huile d'avocat") selon une étude, et génÚrent des intentions d'achat plus élevées.
Concernant les marques de distributeurs (MDD), les engagements en faveur de la santé des consommateurs ont un impact supérieur à ceux liés à l'environnement. Ces engagements renforcent la confiance des consommateurs envers les MDD et améliorent l'image de l'enseigne.
L'article conclut que les entreprises doivent fournir des preuves tangibles pour soutenir leurs promesses Ă©thiques et ainsi influencer rĂ©ellement les comportements d'achat. Les actions et engagements des entreprises doivent ĂȘtre crĂ©dibles et s'inscrire dans une dĂ©marche globale cohĂ©rente pour convaincre les consommateurs de leur responsabilitĂ© sociale et environnementale.

Les Ăchos, Cacao : l'avenir du chocolat en question avec l'explosion des prix, 27/03/2024
Le prix du cacao nâen finit plus de monter et va de record en record. Il a rĂ©cemment dĂ©passĂ© les 10 000 dollars la tonne Ă New York (soit plus que la tonne de cuivre). Cette situation suscite des interrogations dans l'industrie du chocolat.
La cause principale de cette flambée des prix est attribuée à une combinaison de facteurs : le vieillissement des plantations, la baisse de la fertilité des sols et les impacts climatiques adverses, tels que les fortes pluies et les sécheresses, qui ont affecté les récoltes en CÎte d'Ivoire et au Ghana, les deux principaux producteurs mondiaux de cacao. Ces pays anticipent une baisse significative de leur production pour la campagne 2023-2024, ce qui entraßne des répercussions sur le prix du chocolat pour les consommateurs.
Face à cette hausse des coûts de production, certaines entreprises chocolatiÚres envisagent de modifier leurs recettes, en remplaçant le beurre de cacao par d'autres graisses végétales moins coûteuses ou en ajoutant davantage de noisettes et de fruits pour réduire le coût. Cette tendance à l'adaptation des recettes pourrait potentiellement transformer la tablette de chocolat en un produit de luxe.
Les prix au consommateur ont dĂ©jĂ commencĂ© Ă augmenter, avec une hausse de 9,5 % en 2023, selon Circana. Le premier trimestre de cette annĂ©e a vu les prix des tablettes de chocolat bondir entre 15 et 25 %. Les chocolats de PĂąques ont Ă©galement connu une augmentation de 15 %, mettant en lumiĂšre les dĂ©fis auxquels sont confrontĂ©es les petites et moyennes entreprises chocolatiĂšres. Ces entreprises, qui dĂ©pendent fortement des ventes durant les fĂȘtes de NoĂ«l et de PĂąques, sont particuliĂšrement vulnĂ©rables face Ă cette crise.
Les grands groupes tels que Nestlé, Mondelez, Ferrero et Lindt sont également impactés. Lindt a annoncé des hausses de prix pour 2024 et 2025 aprÚs une augmentation de 10,1 % en 2023, avec des hausses prévues autour de 5 % pour cette année.

Challenges, Un milliard de repas gaspillés chaque jour dans le monde, selon l'ONU, 27/03/2024
Selon un rapport du Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE), l'Ă©quivalent d'un milliard de repas (!) ont Ă©tĂ© jetĂ© chaque jour en 2022. Cette estimation est dâailleurs considĂ©rĂ©e comme conservatrice, et le vrai total pourrait ĂȘtre bien plus Ă©levĂ©. Le gaspillage alimentaire a des implications graves, non seulement en termes de faim dans le monde, mais aussi d'impact environnemental (il reprĂ©sente jusqu'Ă 10% des Ă©missions mondiales de gaz Ă effet de serre).
Le rapport indique que 60% du gaspillage provient des ménages, tandis que les services de restauration et les détaillants comme les supermarchés, boucheries et épiceries représentent respectivement 28% et 12% du total. Ce phénomÚne est dû à des comportements tels que l'achat excédentaire, la mauvaise évaluation des portions, le non-consommation des restes et la mise au rebut de nourriture encore comestible à cause de dates de péremption dépassées. Il souligne également que le gaspillage n'est pas un problÚme exclusif des pays riches et se trouve partout dans le monde.
L'ONU met en évidence que, souvent pour les entreprises, il est moins coûteux de jeter la nourriture que de chercher des alternatives plus durables, en raison de faibles coûts d'élimination des déchets. Le rapport vise à sensibiliser sur le fait que réduire le gaspillage alimentaire est une maniÚre efficace pour chacun de réduire ses émissions de gaz à effet de serre et de réaliser des économies, encourageant une meilleure utilisation de la nourriture achetée.

Le Monde, « La transition vers des systÚmes agricoles et alimentaires durables doit devenir une grande cause nationale », 30/03/2024
Dans cette tribune, un collectif de chercheurs et d'acteurs environnementaux exprime sa préoccupation face aux réponses du gouvernement à la crise agricole, notamment la remise en question de l'objectif de réduction progressive de la dépendance aux produits phytosanitaires. Cette position retarde, selon eux, la transition nécessaire vers une agriculture plus respectueuse de la biodiversité et de la santé humaine, deux aspects étroitement liés.
Le collectif rappelle l'héritage de la "révolution verte" d'aprÚs-guerre, initiée pour répondre aux pénuries alimentaires mais qui a conduit à une utilisation intensive de produits chimiques nuisibles à la biodiversité et à la santé. Malgré les appels historiques à une réforme vers une agriculture moins dépendante des engrais de synthÚse et phytosanitaires, peu de progrÚs ont été réalisés.
Les auteurs soulignent l'impact négatif des régimes alimentaires actuels, dominés par des produits ultra transformés, sur la santé publique, avec une augmentation alarmante des maladies chroniques. Ils mettent en lumiÚre les coûts cachés, sociaux, environnementaux et sanitaires, de nos systÚmes alimentaires actuels, insistant sur la nécessité impérieuse de réformer ces systÚmes pour la santé de la planÚte et de ses habitants.
La transition vers des systÚmes agricoles et alimentaires durables est présentée comme une nécessité urgente, pas seulement un choix. Le collectif propose un plan d'action basé sur le soutien aux agriculteurs innovants, l'incitation à des comportements alimentaires plus sains, le soutien à des expérimentations territoriales pour une alimentation saine et accessible à tous, et l'éducation de la jeunesse sur les enjeux environnementaux et de santé.
Ils appellent Ă un nouveau pacte entre l'agriculture et la sociĂ©tĂ©, oĂč la transition vers des pratiques agricoles et alimentaires durables deviendrait une grande cause nationale, soulignant l'interconnexion des enjeux agricoles, alimentaires, sanitaires et environnementaux. La tribune se clĂŽture par une liste de signataires, unis dans leur appel Ă une action urgente et concertĂ©e pour la santĂ© de notre planĂšte et de ses habitants.

Le Monde, Lâaviation, le septiĂšme ciel pour les domaines viticoles qui se hissent Ă bord, 25/03/2024
Les compagnies aériennes utilisent de plus en plus des vins de renom pour séduire leurs passagers, particuliÚrement en premiÚre et en classe affaires. Avec 4,7 milliards de passagers attendus en 2024, le potentiel pour les domaines viticoles français est énorme, d'autant plus que les vins français, notamment le bordeaux et le champagne, dominent dans les avions des compagnies internationales.
Les compagnies aĂ©riennes cherchent Ă offrir une expĂ©rience de qualitĂ© Ă leurs passagers, y compris en classe Ă©conomique, oĂč le format "quart aviation" est devenu la norme pour des raisons Ă©conomiques, bien que cela puisse signifier une qualitĂ© de vin moins remarquable. En revanche, en premiĂšre et classe affaires, les sĂ©lections de vin sont plus prestigieuses, avec des sommeliers renommĂ©s comme Paolo Basso pour Air France, assurant la qualitĂ© des vins servis.
La concurrence entre les compagnies se joue aussi dans les sĂ©lections de vin, avec des compagnies comme Emirates qui personnalisent mĂȘme des vins pour leurs passagers. Les domaines viticoles voient les vols comme une vitrine internationale pour leurs produits, mĂȘme si fournir les volumes nĂ©cessaires peut ĂȘtre un dĂ©fi. La pandĂ©mie a Ă©galement influencĂ© le marchĂ©, avec des domaines comme ceux de Jean-Claude Mas qui reconsidĂšrent la valeur de ce canal de distribution.
Les compagnies aériennes continuent de diversifier leurs offres, y compris en classe économique, avec des sélections 100 % françaises pour Air France, par exemple. En business et premiÚre classe, la qualité et la diversité des vins servis sont cruciales pour attirer et satisfaire une clientÚle exigeante, avec certaines compagnies comme Singapore Airlines et Qantas qui se distinguent par leurs sélections exceptionnelles.

Le Monde, Au Salon du barbecue : « Depuis le Covid, on a dĂ©couvert que lâespace barbecue Ă©tait la cinquiĂšme piĂšce de la maison », 28/03/2024
Le Salon du barbecue, Barbecue Expo, a connu sa troisiÚme édition à Paris, rassemblant fabricants, influenceurs et amateurs de grillades en plein air. Avec une fréquentation en hausse, le salon a attiré 20 000 visiteurs, reflétant l'engouement croissant pour cette pratique culinaire. Les stands exposaient une variété d'appareils pour griller viandes et légumes, soulignant une tendance vers des options moins polluantes comme les barbecues au gaz ou électriques, en réponse aux préoccupations environnementales liées aux émissions de carbone et à la consommation de viande.
Le barbecue, considĂ©rĂ© comme une extension de l'espace de vie Ă l'extĂ©rieur, intĂ©resse mĂȘme ceux qui vivent en appartement, dĂ©montrant son ancrage dans le mode de vie français. Des innovations telles que les barbecues de table encouragent la convivialitĂ©, permettant Ă chacun de participer Ă la cuisson. L'offre variĂ©e va des produits d'entrĂ©e de gamme aux modĂšles luxueux comme le kamado japonais en cĂ©ramique, tĂ©moignant de la diversitĂ© et de la vitalitĂ© du secteur.
Cette popularité du barbecue est confirmée par la littérature, avec des ouvrages tels que "La France sous nos yeux" qui reconnaissent la grillade en plein air comme un élément central de la vie en maison individuelle et des loisirs. L'événement attire un large éventail de visiteurs, des collectionneurs aux nouveaux propriétaires cherchant à équiper leur maison, ainsi que des passionnés désireux de parfaire leurs techniques et recettes.
Les influenceurs du monde du barbecue, comme Raphaël Guillot, jouent un rÎle clé dans la diffusion de la culture du barbecue, partageant des astuces et des recettes qui vont au-delà des grillades traditionnelles. Le succÚs de ces influenceurs et la forte participation au salon soulignent l'évolution du barbecue en un hobby complet et une partie intégrante de la culture culinaire française, une tendance qui s'est accentuée depuis la période du Covid, faisant du barbecue une "cinquiÚme piÚce de la maison".

Les Ăchos, « Bouillons » parisiens : les secrets d'un retour de flamme, 05/04/2024
Le retour des bouillons Ă Paris symbolise un mouvement plus large de redĂ©couverte et d'apprĂ©ciation des traditions culinaires françaises dans un contexte contemporain. Ces Ă©tablissements, qui Ă©taient autrefois au cĆur de la vie parisienne Ă l'Ă©poque du Second Empire, offraient un repas complet et nourrissant Ă un prix accessible Ă tous. AprĂšs avoir failli disparaĂźtre, concurrencĂ©s par les brasseries et les fast-foods, les bouillons connaissent aujourd'hui une renaissance remarquable.
Le « Bouillon Pigalle » illustre parfaitement cette tendance. Chaque jour, des centaines de personnes font la queue, parfois pendant des heures, pour s'attabler dans ce restaurant qui sert en moyenne 1 300 couverts par jour, voire 2 000 lors des pĂ©riodes de fĂȘte. Cette affluence tĂ©moigne de l'engouement pour une offre qui conjugue qualitĂ©, tradition et prix modiques.
Ce succĂšs repose sur plusieurs piliers. D'abord, l'aspect Ă©conomique est primordial : dans un contexte oĂč la vie parisienne est de plus en plus chĂšre, les bouillons proposent une alternative gastronomique Ă bas coĂ»t, permettant de bien manger pour moins de 20 euros. Les menus, Ă l'image de celui proposĂ© par « Chartier », incluent des plats emblĂ©matiques de la cuisine française Ă des prix dĂ©fiant toute concurrence.
Ensuite, l'authenticitĂ© et la qualitĂ© des produits sont au cĆur de l'offre des bouillons. Des partenariats sont Ă©tablis avec des producteurs locaux pour garantir la fraĂźcheur des ingrĂ©dients, et les cuissons sont longues et soignĂ©es pour exalter les saveurs. Les recettes, bien que simples, sont Ă©laborĂ©es avec soin et respectent les saisons, renforçant l'attachement Ă une alimentation saine et Ă©quilibrĂ©e.
L'ambiance et le cadre jouent Ă©galement un rĂŽle crucial dans l'attrait des bouillons. Les Ă©tablissements historiques, tels que « Julien », ont su prĂ©server leur dĂ©cor Art Nouveau, offrant une expĂ©rience immersive dans le Paris de la Belle Ăpoque. Cette dimension esthĂ©tique, alliĂ©e Ă une atmosphĂšre conviviale et dĂ©contractĂ©e, contribue Ă crĂ©er un lien Ă©motionnel avec la clientĂšle.
Enfin, les bouillons incarnent une forme de rĂ©sistance face Ă la standardisation de la restauration mondialisĂ©e. En valorisant la gastronomie française traditionnelle, ils offrent une alternative authentique aux chaĂźnes de fast-food. Ce mouvement s'inscrit dans une quĂȘte plus large de sens et de retour aux sources, oĂč la nourriture devient un vecteur d'identitĂ© culturelle et de lien social.
Le succÚs des bouillons parisiens modernes témoigne ainsi d'un désir collectif de renouer avec l'héritage culinaire français, tout en s'adaptant aux enjeux et aux attentes actuelles. Ces établissements ne se contentent pas de survivre ; ils se réinventent pour devenir des acteurs majeurs de la gastronomie parisienne du XXIe siÚcle, prouvant que tradition et innovation peuvent aller de pair pour répondre aux défis contemporains.


Modern Retail, As U.S. sake demand rises, new brand SummerFall bets on ready-to-drink cans, 03/04/2024
Le secteur du sakĂ© connaĂźt un intĂ©rĂȘt croissant aux Etats-Unis, et la marque SummerFall, cherche Ă rĂ©pondre Ă cette demande en introduisant un sakĂ© pĂ©tillant prĂȘt-Ă -boire en canette. LancĂ©e par Wakaze, un producteur de sakĂ© basĂ© Ă Paris et fondĂ© par Takuma Inagawa, SummerFall vise Ă offrir un point d'entrĂ©e pour les personnes intĂ©ressĂ©es par le sakĂ© mais ne sachant pas par oĂč commencer. La marque espĂšre combiner les saveurs japonaises avec un branding dĂ©contractĂ© de la cĂŽte Ouest, avec Erewhon comme premiĂšre grande chaĂźne de dĂ©tail.
Cette initiative arrive alors que l'exportation de sakĂ© japonais aux Ătats-Unis a plus que doublĂ© entre 2012 et 2022, passant d'environ 14 millions Ă prĂšs de 36 millions de litres, selon le groupe commercial Japanese Sake and Shochu Makers Association. ParallĂšlement, plusieurs brasseries startups ont vu le jour en Californie et Ă New York ces derniĂšres annĂ©es. En 2023, les Ătats-Unis sont le deuxiĂšme plus grand marchĂ© pour l'exportation de sakĂ© japonais, derriĂšre la Chine.
Wakaze a levĂ© un financement de sĂ©rie B de 7,6 millions de dollars en janvier 2023 pour dĂ©velopper la marque aux Ătats-Unis. Inagawa souhaite que SummerFall sĂ©duise un nouveau public attirĂ© par une offre prĂȘte-Ă -boire, changeant la perception du sakĂ© associĂ© aux diners de sushi ou aux cadres formels en proposant un produit sans prĂ©tention, notamment pour attirer les jeunes gĂ©nĂ©rations.
Le sakĂ© en canette rĂ©pond Ă plusieurs tendances croissantes du marchĂ© des boissons : faible teneur en alcool, cocktails prĂȘts-Ă -boire en canette, et bien sĂ»r, le sakĂ©. Contrairement au sakĂ© en bouteille de Wakaze brassĂ© en France, le sakĂ© pĂ©tillant SummerFall est produit en Californie avec du riz local et des mĂ©thodes de fermentation vinicole, offrant une aciditĂ© supĂ©rieure et le rendant comparable Ă un vin pĂ©tillant.
Taylor Foxman, fondateur de The Industry Collective, souligne l'innovation dans la catégorie des boissons asiatiques, avec des marques émergentes proposant des profils de saveurs asiatiques comme le yuzu et le litchi. Le saké, produit polyvalent, s'adapte à diverses occasions, des dßners intimes aux clubs et bars.
Pour Inagawa, le lancement de SummerFall est Ă©galement une introduction Ă l'industrie des biens de consommation emballĂ©s (CPG), un concept nouveau pour lui. La stratĂ©gie de marketing de la marque se concentrera initialement sur les Ă©vĂ©nements et la distribution pour crĂ©er un engouement autour de la marque. L'objectif est de placer SummerFall dans des comptes de gros oĂč le sakĂ© en canette est pertinent, notamment dans des lieux de rassemblement et des Ă©tablissements souhaitant servir une boisson prĂȘte-Ă -boire de qualitĂ© sans disposer d'un bar complet.

Financial Times, Brewers come under pressure to minimise water footprint, 22/03/2024
Face Ă l'augmentation du stress hydrique un peu partout dans le monde, les gouvernements et les citoyens mettent de plus en plus la pression sur les brasseurs pour quâils minimisent leur empreinte hydrique. Au Mexique, le prĂ©sident AndrĂ©s Manuel LĂłpez Obrador a par exemple suggĂ©rĂ© aux entreprises brassicoles de dĂ©mĂ©nager leurs opĂ©rations vers le sud oĂč le stress hydrique est moins fort, afin dâaider Ă attĂ©nuer les pĂ©nuries d'eau dans le nord.
Les brasseurs sont dĂ©sormais contraints de prendre en compte non seulement l'eau utilisĂ©e dans leurs propres opĂ©rations mais aussi celle consommĂ©e par leurs fournisseurs, ainsi que l'accĂšs Ă l'eau des communautĂ©s locales. L'article cite le cas de Constellation Brands, qui a dĂ» abandonnĂ©e un projet de nouvelle usine (dĂ©jĂ construite aux 3/4) suite Ă un rĂ©fĂ©rendum local contre le plan dâusage de l'eau qui Ă©tait proposĂ©.
Selon CDP, une organisation à but non lucratif qui gÚre un mécanisme de divulgation pour l'utilisation de l'eau par les entreprises, 20 % des entreprises participantes ont signalé des risques pour leur approvisionnement en eau avec des pertes potentielles s'élevant à 77 milliards de dollars. Heineken, le deuxiÚme plus grand brasseur mondial, travaille à atteindre un équilibre hydrique sur ses sites situés dans des zones à stress hydrique. Le groupe a réussi à atteindre un équilibre hydrique à 100 % en Espagne grùce à des initiatives de restauration des zones humides.
La pénurie d'eau est un problÚme significatif dans de nombreux pays et bien que les brasseurs affirment ne consommer qu'une petite fraction de l'approvisionnement en eau local, il est de plus en plus reconnu que l'efficacité ne doit pas se limiter aux installations individuelles. La nécessité d'une approche plus intégrée, tenant compte de l'ensemble du bassin hydrographique et impliquant des engagements avec les communautés locales, les ONG et le gouvernement, est soulignée.
L'article met également en évidence le défi de la consommation d'eau dans les chaßnes d'approvisionnement et mentionne que Heineken a commencé à évaluer l'empreinte hydrique des matiÚres premiÚres agricoles sur lesquelles le groupe s'appuie. La nécessité d'une approche plus intégrée, qui adresse non seulement la consommation d'eau mais aussi les émissions de carbone et la biodiversité, est soulignée comme une direction future pour l'industrie.

The Guardian, âThe cost of dealing with disease is growing all the timeâ: why experts think sugar taxes should be far higher, 24/03/2024
A lâheure actuelle, 108 pays imposent une taxe sur le sucre, une mesure destinĂ©e Ă amĂ©liorer le bien-ĂȘtre gĂ©nĂ©ral et Ă gĂ©nĂ©rer des revenus pour lutter contre les maladies liĂ©es Ă la consommation excessive de sucre.
En Afrique du Sud par exemple, dans le township de Langa, le problÚme du diabÚte et d'autres maladies liées au mode de vie est exacerbé par la prévalence des boissons sucrées, comme celles produites par Coca-Cola, qui dominent le marché local au détriment des options plus saines. Face à l'augmentation des maladies liées à l'obésité, le gouvernement sud-africain a introduit une taxe sur le sucre pour décourager la consommation de boissons sucrées. Cette mesure a entraßné une réduction significative des achats de boissons sucrées, surtout dans les foyers à faible revenu, et une diminution de l'apport calorique. Le Royaume-Uni a également observé des avantages similaires depuis l'introduction de sa propre taxe sur le sucre en 2018.
Cependant, l'Organisation Mondiale de la SantĂ© (OMS) et d'autres experts estiment que les niveaux de taxation restent encore trop faibles dans la plupart des pays et ne sont pas optimisĂ©s pour atteindre les objectifs de santĂ© publique. Ils suggĂšrent que les taxes sur le sucre pourraient ĂȘtre beaucoup plus Ă©levĂ©es pour inciter les gens Ă choisir des alternatives plus saines.
Le rapport souligne également le manque de stratégies pour réinvestir directement l'argent des taxes sur le sucre dans la promotion d'aliments, de boissons et de choix de vie sains. La bataille contre les lobbies de l'industrie alimentaire, qui utilisent des tactiques similaires à celles de l'industrie du tabac pour s'opposer à la législation gouvernementale, est un défi majeur.
Les experts en santĂ© publique appellent Ă une augmentation significative des taxes sur le sucre et Ă une expansion de leur champ d'application pour inclure une gamme plus large d'aliments malsains. Ils soulignent Ă©galement la nĂ©cessitĂ© de rendre les alternatives plus saines plus abordables pour les familles Ă faible revenu et de mettre en place des restrictions sur la publicitĂ© et la promotion d'aliments malsains. Des exemples en AmĂ©rique Latine et aux Ătats-Unis montrent comment les revenus des taxes sur les boissons sucrĂ©es peuvent ĂȘtre utilisĂ©s pour soutenir des rĂ©gimes alimentaires plus sains parmi les populations dĂ©favorisĂ©es.

The Guardian, Vegetables are losing their nutrients. Can the decline be reversed?, 28/03/2024
La perte de nutriments dans les légumes et les cultures alimentaires sont exacerbés par le changement climatique et la montée des niveaux de dioxyde de carbone (CO2), qui ont réduit le contenu en protéines, fer et zinc de certaines cultures. Face à cette réalité, la biofortification émerge comme une stratégie pour enrichir les aliments en nutriments essentiels directement dans les graines, offrant un potentiel pour réduire la faim mondiale. Cette méthode diffÚre de la fortification traditionnelle, qui ajoute des nutriments aux aliments aprÚs leur croissance.
Les techniques de biofortification incluent la modification génétique pour augmenter le contenu nutritionnel des cultures, l'utilisation d'engrais riches en nutriments pour concentrer certains minéraux dans les plantes et la sélection de nouvelles variétés de plantes par croisement sélectif. L'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et le CGIAR (Consultative Group on International Agricultural Research) voient le développement de cultures biofortifiées comme un objectif clé pour atteindre la sécurité alimentaire mondiale.
HarvestPlus, une organisation sous l'égide de l'Institut International de Politique Alimentaire (IFPRI), travaille avec des gouvernements dans plus de 30 pays, avec des variétés biofortifiées déjà adoptées par plus de 100 millions d'agriculteurs. L'organisation vise à ce que 1 milliard de personnes bénéficient des aliments biofortifiés d'ici 2030, en se concentrant sur l'amélioration des teneurs en vitamine A, fer et zinc, identifiés comme les micronutriments les plus déficients au niveau mondial.
Cependant, la biofortification n'est pas une solution magique. Elle se concentre souvent sur un ou deux nutriments par plante, alors que la perte de nutriments tend à affecter de nombreux nutriments simultanément. De plus, il y a le défi de l'accessibilité et de la disponibilité constante des semences biofortifiées à un coût abordable pour les agriculteurs, souvent rendu possible grùce aux subventions gouvernementales.
Des préoccupations sont également soulevées quant à l'impact potentiel de la biofortification sur les systÚmes agricoles à grande échelle, avec des craintes que cela puisse renforcer les pratiques de l'agriculture industrielle au lieu de soutenir des modÚles agricoles plus petits et durables. En outre, il existe une résistance à l'adoption de cultures génétiquement modifiées dans certains pays, compliquant la diffusion de certaines cultures biofortifiées comme le riz doré.
L'article suggĂšre que la biofortification doit ĂȘtre accompagnĂ©e d'autres innovations en matiĂšre de semences, telles que la rĂ©sistance Ă la sĂ©cheresse, pour encourager une adoption plus large et adapter les cultures aux conditions locales de croissance. Enfin, il est soulignĂ© que, tout en Ă©tant une stratĂ©gie prometteuse, la biofortification ne doit pas ĂȘtre la seule approche politique pour amĂ©liorer la nutrition et faire face au changement climatique.

Forbes, Spread The Word: Here Are The Biggest Trends In Butter, 31/03/2024
Aux Etats-Unis le beurre connaßt actuellement un moment phare en 2024, se réinventant continuellement au-delà de son rÎle traditionnel comme simple tartine ou élément de base en pùtisserie. Il devient une toile pour l'expérimentation culinaire et l'innovation, avec des créations artisanales, à base de plantes, et cultivées, ainsi que des tendances populaires comme les plateaux de beurre et le café au beurre. Les conversations sociales sur le beurre ont augmenté de 23,57% au cours de l'année passée, et le marché mondial du beurre devrait atteindre 49,91 milliards de dollars en 2024, avec un taux de croissance annuel de 6,15%.
Parmi les tendances majeures :
Les plateaux de beurre : popularisés par la créatrice de TikTok, Justine Snacks, ces plateaux permettent de servir le beurre de maniÚre créative avec divers accompagnements.
Le café au beurre : favorisé par les adeptes des régimes keto et paléo, cette boisson est réputée pour ses avantages nutritionnels, notamment l'augmentation de la satiété et de l'énergie.
Le beurre Ă base de plantes : l'intĂ©rĂȘt croissant pour les alternatives vĂ©gĂ©tales est motivĂ© par les avantages pour la santĂ© Ă long terme. Beleaf PlantBetter et Lauds Cultured Oat Butter sont des exemples qui imitent l'arĂŽme, le goĂ»t, et la texture du beurre conventionnel.
Le beurre fermenté : variante de style européen, il est fabriqué en fermentant la crÚme avec des bactéries lacto acid, offrant un profil de saveur lactique plus riche et prononcé.
Le beurre aromatisé : la demande pour le beurre aromatisé augmente grùce à des chefs innovants et des créateurs de contenu, offrant une maniÚre simple d'élever les repas.
Le beurre demeure un classique intemporel, apprĂ©ciĂ© pour sa saveur riche, sa polyvalence, et sa capacitĂ© Ă amĂ©liorer mĂȘme les plats les plus simples. En bref, le beurre câest la vie.

Forbes, New Movement Emphasizes The Role Of Culture In Global Food Security, 31/03/2024
Face aux défis interconnectés du changement climatique, de l'insécurité alimentaire et des problÚmes de santé liés à l'alimentation la culture joue un rÎle crucial pour la sécurité alimentaire mondiale. Pour provoquer des changements diététiques significatifs, il est impératif d'opérer des transformations dans l'offre et la demande alimentaires. La prise en compte des dimensions culturelles des crises alimentaires est reconnue comme une étape vitale vers la promotion de régimes alimentaires inclusifs, durables et plus sains.
Le monde fait face à une double problématique : d'une part, la surconsommation de viande et de produits alimentaires transformés contribue à des émissions élevées de gaz à effet de serre et à l'utilisation extensive des terres agricoles ; d'autre part, prÚs de 821 millions de personnes souffrent de la faim chronique. Dans ce contexte, la Food Culture Alliance (FCA), initiative de la Global Alliance for Improved Nutrition, se positionne comme une coalition collaborative qui met en avant le rÎle de la culture alimentaire dans l'accélération de la transformation des habitudes alimentaires de la société.
La FCA soutient que la culture alimentaire est une force sociale complexe qui façonne les préférences humaines et impacte directement les systÚmes alimentaires et la sécurité alimentaire. La culture influence les croyances alimentaires, les pratiques agricoles et de transformation, les systÚmes alimentaires locaux, les réseaux de soutien social, l'identité, les techniques culinaires et la transmission des connaissances. L'intégration de la culture est essentielle pour élaborer des stratégies efficaces face aux défis mondiaux des systÚmes alimentaires et de la sécurité alimentaire.
La FCA définit la culture alimentaire comme un domaine qui modÚle nos préférences et influence notre perception et nos sentiments vis-à -vis de certains aliments. Elle est vue comme le moteur caché de nos habitudes de consommation et détient la clé pour débloquer des changements durables à l'échelle de la société. Pour adresser ces enjeux, la FCA développe un cadre composé de "leviers de changement" qui mettent en évidence les stratégies disponibles pour transformer positivement la culture. Ces leviers incluent la formation de narratifs autour de l'alimentation, l'adresse des concepts d'identité sociale inhérents aux pratiques alimentaires, la modification des systÚmes de croyance et le renforcement des systÚmes culinaires.
Au cours des trois prochaines annĂ©es, la FCA pilotera des initiatives Ă travers des institutions religieuses, familiales, de divertissement, mĂ©diatiques, Ă©ducatives et sportives au Kenya, en Inde et en IndonĂ©sie. L'objectif est de travailler avec des praticiens et des organisations locaux et mondiaux pour mettre en Ćuvre des stratĂ©gies et entraĂźner un changement impactant Ă grande Ă©chelle.

Financial Times, Can Africa one day help feed the worldâs growing population?, 03/04/2024
Un article qui explore le potentiel agricole de l'Afrique pour contribuer à la sécurité alimentaire mondiale. Le continent fait face à une population croissante et est actuellement un grand importateur net de nourriture. Bien que l'Afrique doive importer 43 milliards de dollars de nourriture en 2019, un chiffre qui devrait atteindre 110 milliards d'ici 2025, plusieurs acteurs sont optimistes quant à la capacité du continent à non seulement subvenir à ses propres besoins alimentaires mais également à exporter des denrées alimentaires.
L'agriculture africaine est actuellement inefficace, avec des rendements moyens infĂ©rieurs Ă ceux d'autres rĂ©gions comme l'Inde et les Ătats-Unis, en partie Ă cause de l'insĂ©curitĂ© politique, de l'infrastructure mĂ©diocre et du changement climatique. Cependant, de nouveaux types de semences et une meilleure utilisation des engrais, similaire Ă la rĂ©volution verte qui a transformĂ© l'agriculture mondiale depuis les annĂ©es 1960, pourraient avoir un impact significatif. L'Afrique possĂšde 60 % des terres arables disponibles mondialement et une population jeune croissante, ce qui lui donne un potentiel unique.
Le phosphore, extrait par l'entreprise marocaine OCP pour ĂȘtre transformĂ© en engrais, joue un rĂŽle clĂ© dans cette vision, avec l'objectif d'accroĂźtre la demande d'engrais en dĂ©veloppant le secteur agricole africain. OCP estime que l'Afrique doit dĂ©cupler sa consommation d'engrais pour rĂ©aliser son potentiel agricole et devenir un "grenier Ă pain" mondial. Pour atteindre cet objectif, il est crucial de surmonter les dĂ©fis tels que la pĂ©nurie d'eau, la dĂ©pendance Ă des semences traditionnelles et un accĂšs limitĂ© aux engrais. Des partenariats avec des ONG, des gouvernements et des initiatives telles que la Fondation Gates qui investit dans le dĂ©veloppement de semences amĂ©liorĂ©es et des pratiques agricoles durables sont essentiels.
La fertilisation personnalisée, qui adapte les engrais aux besoins spécifiques du sol, est une approche prometteuse adoptée par l'OCP au Maroc et envisagée pour l'expansion en Afrique. Cette stratégie pourrait aider à réduire l'utilisation excessive d'engrais, protéger les sols et augmenter les rendements de maniÚre durable.
Toutefois, transformer l'agriculture africaine nécessitera une attention particuliÚre à la chaßne de valeur, garantissant que les augmentations de productivité ne se traduisent pas simplement par des surplus qui dépriment les prix et gaspillent les ressources. Le développement des chaßnes de valeur agricoles africaines doit éviter de perpétuer un modÚle colonial extractif, favorisant plutÎt l'ajout de valeur locale et l'amélioration de l'accÚs au marché pour les producteurs africains.
Malgré les défis, des initiatives comme celles de l'OCP et des partenariats internationaux offrent un chemin vers une agriculture africaine plus productive et durable. Si ces efforts sont couronnés de succÚs, l'Afrique pourrait non seulement atteindre la sécurité alimentaire mais aussi contribuer significativement à nourrir la population mondiale croissante.

BFM TV, Cantines : combien ça coûte de proposer plus de bio?, 02/04/2024
La loi Egalim oblige la restauration collective à proposer au moins 20% de produits bio. Comment y parvenir sans faire exploser le coût des repas?

Rapport du Gouvernement, Evaluation de la souveraineté agricole et agroalimentaire de la France, Mars 2024
LâĂ©tude rĂ©vĂšle que la France conserve son statut de grande puissance agricole en Europe, avec une vaste surface agricole et des rendements parmi les plus Ă©levĂ©s et produisant bien plus de calories qu'elle n'en consomme. Elle se distingue Ă©galement sur le plan international par un excĂ©dent commercial significatif grĂące Ă son secteur agricole, une portion importante de sa production Ă©tant destinĂ©e Ă l'exportation.
Toutefois, l'agriculture française est confrontée à des fragilités notables, illustrées par une dépendance marquée aux importations d'engrais et de tourteaux pour l'alimentation animale. Des filiÚres entiÚres sont devenues nettes importatrices, à cause de divers facteurs tels que la compétitivité ou des habitudes de consommation changeantes, soulignant des défis en matiÚre de souveraineté alimentaire.
L'impact du changement climatique est également palpable, avec des conséquences directes sur les rendements, l'accÚs à l'eau et une diminution de la biodiversité, notamment les pollinisateurs et la fertilité des sols, ce qui menace la durabilité de l'agriculture nationale.
Pour adresser ces enjeux, l'étude propose une série de mesures axées sur la planification écologique. Cela inclut la réduction de la dépendance aux engrais synthétiques par le biais de fertilisants alternatifs, l'amélioration de la résilience face aux aléas climatiques grùce à des pratiques agro-écologiques, et une diminution de la consommation de certains produits principalement importés, conformément aux recommandations sanitaires.
Ipsos, Santé : plus de neuf jeunes sur dix admettent avoir de mauvais comportements alimentaires, 02/04/2024
L'Ă©tude met en lumiĂšre la prĂ©valence de mauvaises habitudes alimentaires parmi la population française, en particulier chez les jeunes adultes. Un pourcentage Ă©levĂ©, soit 90% des Français, admettent s'adonner Ă au moins un mauvais comportement alimentaire chaque semaine.Â
Inrae, Cartographie mondiale de lâĂ©volution des rĂ©gions viticoles face au changement climatique, 26/03/2024
Une étude récente sur l'impact du changement climatique sur la viticulture mondiale met en évidence que les augmentations de température et les modifications des conditions climatiques posent des défis significatifs aux régions viticoles traditionnelles, tout en offrant de nouvelles opportunités à d'autres régions. Les scientifiques ont utilisé plus de 250 publications des 20 derniÚres années pour cartographier l'évolution du risque et du potentiel viticole face au changement climatique, examinant l'effet des températures, précipitations, humidité, rayonnement, et teneur en CO2 sur la culture de la vigne.
Le réchauffement climatique entraßne une maturation plus précoce des raisins, affectant leur composition et, par conséquent, la qualité des vins, avec des changements notables tels que la perte d'acidité et une augmentation du degré d'alcool. Environ 90 % des régions viticoles actuelles dans des zones comme l'Espagne, l'Italie, la GrÚce, et le sud de la Californie pourraient perdre leur capacité à produire du vin de qualité en raison de sécheresses et vagues de chaleur accrues si le réchauffement global dépasse 2 °C.
Cependant, des rĂ©gions telles que le nord de la France, certains Ă©tats aux Ătats-Unis, le Canada, et la Tasmanie en Australie pourraient voir leur potentiel viticole s'amĂ©liorer avec le rĂ©chauffement, et de nouvelles rĂ©gions viticoles pourraient Ă©merger en Belgique, aux Pays-Bas, et au Danemark. Face aux nouveaux dĂ©fis tels que les maladies, les ravageurs, et les Ă©vĂ©nements climatiques extrĂȘmes, des stratĂ©gies d'adaptation telles que l'utilisation de cĂ©pages rĂ©sistants Ă la sĂ©cheresse et des pratiques culturales amĂ©liorant la conservation de l'eau deviennent cruciales. Ces adaptations doivent tenir compte des conditions locales et assurer la viabilitĂ© Ă©conomique des exploitations.
Cette méta-analyse souligne l'importance du seuil de 2 °C de réchauffement global, au-delà duquel des transformations majeures sont anticipées pour la viticulture mondiale, soulignant la vulnérabilité accrue des vignobles historiques et la nécessité d'adaptations stratégiques pour maintenir la qualité et la viabilité économique de la production viticole face au changement climatique.

Cantines RĂȘvolution appelle au changement dans les cantines scolaires
CommuniquĂ© de presse relatif aux rĂ©sultats de lâenquĂȘte exclusive IFOP rĂ©alisĂ©e sur les perceptions et attentes relatives aux cantines scolaires en France pour lâAssociation de lâAlimentation Durable dans le cadre du projet « Cantines RĂȘvolution : pour des Cantines de RĂȘve oĂč les enfants se rĂ©galent ».
Câest tout pour aujourdâhui.
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Et si vous voulez vous pouvez mĂȘme me payer un cafĂ© ;-)
A la semaine prochaine!
O. Frey

