Bonjour Ă toutes et Ă tous, Eat's Business est une newsletter dans laquelle vous trouverez une revue de presse de quelques articles sur le monde de lâalimentaire qui mâont semblĂ© intĂ©ressants dans la semaine prĂ©cĂ©dente.Â
Pour ceux qui veulent la formule ristretto, les 3 articles que je vous conseille de lire en prioritĂ© cette semaine sont :Â
LâExpress, Agriculture : comment rĂ©duire la consommation de viande⊠et contenter tout le monde ?, 27/01/2024
Libération, Le camembert et le roquefort vont-ils disparaßtre ?, 29/01/2024
The Guardian, Move to sustainable food systems could bring $10tn benefits a year, study finds, 29/01/2024
Bonne lecture et bonne semaine Ă toutes et Ă tous!
Pour celles et ceux dâentre vous qui ont plus de temps pour la formule lungo :

Cette semaine a une nouvelle fois Ă©tĂ© marquĂ©e par les mouvements de protestation du monde agricole. Vous trouverez donc une nouvelle sĂ©lection dâarticles qui cherchent Ă expliquer les raisons de la colĂšre du monde agricole.

Le Parisien, « Nos importations ont doublé » : est-il encore possible de se nourrir français ?, 29/01/2024
L'article traite de la diminution de l'autonomie agricole de la France et de la question de la capacitĂ© Ă se nourrir uniquement de produits français. Il est mis en Ă©vidence que les importations agricoles en France ont considĂ©rablement augmentĂ©, ayant doublĂ© depuis l'an 2000, avec 73 milliards d'euros de produits agroalimentaires importĂ©s en 2022. En effet, une proportion significative de la consommation alimentaire française provient de l'Ă©tranger. Ce qui fait que âun jour et demi par semaine, vous mangez des produits importĂ©sâ.
Malgré la position de la France en tant que premiÚre puissance agricole européenne, le pays a glissé du 2e au 5e rang mondial des exportateurs. Cette situation est attribuée à plusieurs facteurs, notamment un manque de compétitivité, des coûts de production élevés, une réglementation excessive et des erreurs stratégiques dans la politique agricole. Cela a conduit à un écart croissant entre les aspirations des citoyens pour une agriculture de haute qualité et leurs habitudes de consommation réelles, souvent tournées vers des produits moins chers et importés.
La controverse entoure Ă©galement les accords de libre-Ă©change, notamment avec des pays comme le Maroc, oĂč des accords initiaux ont finalement eu des rĂ©percussions nĂ©gatives sur les agriculteurs français. Le gouvernement français, reprĂ©sentĂ© par le Premier Ministre Gabriel Attal, a exprimĂ© son opposition Ă la signature du traitĂ© de libre-Ă©change avec le Mercosur, en contradiction avec la position de la Commission europĂ©enne.
En outre, la production agricole européenne est en baisse, en partie à cause des politiques environnementales telles que la stratégie "Farm to Fork" de l'UE, qui vise à réduire l'utilisation des pesticides et à augmenter la part de l'agriculture biologique. Ces mesures pourraient entraßner une baisse supplémentaire de la production agricole, exacerbant les problÚmes d'insécurité alimentaire et de hausse des prix.
Le Monde, Les distributeurs sous le feu des critiques des agriculteurs, 30/01/2024
L'article traite de la tension croissante entre les agriculteurs français et les grandes enseignes de distribution en raison de la crise du secteur agricole et des questions de rémunération. Les dirigeants des grandes chaßnes de distribution, qui avaient promis de lutter contre l'inflation au début de l'année 2023, sont maintenant critiqués pour leur gestion de cette crise.
Les agriculteurs expriment leur mécontentement, notamment en ciblant Michel-Edouard Leclerc, président du comité stratégique des centres E.Leclerc, pour son absence perçue et sa gestion des prix agricoles. Des images de Leclerc sont partagées sur les réseaux sociaux, parodiant l'affichage gouvernemental de l'Alerte enlÚvement, l'accusant de contourner la loi EGalim en utilisant des centrales d'achat étrangÚres pour payer moins les agriculteurs.
DĂ©but 2023, les patrons des grandes surfaces ont multipliĂ© les apparitions dans les mĂ©dias pour parler de l'inflation causĂ©e par les demandes des industriels, mais cette annĂ©e, ils se font plus discrets, particuliĂšrement depuis la crise agricole. Le ministre de l'agriculture, Marc Fesneau, a mĂȘme commentĂ© leur absence sur les plateaux de tĂ©lĂ©vision, suggĂ©rant qu'ils sont gĂȘnĂ©s par la question de la rĂ©munĂ©ration des agriculteurs.
Les distributeurs sont prudents dans leur communication, craignant de devenir la cible de la colÚre agricole. Certains magasins et entrepÎts ont déjà été pris pour cible par des agriculteurs en colÚre, avec des actions de protestation impliquant le déversement de fumier et le blocage de livraisons.
Le poids de E.Leclerc sur le marché, avec 23,5 % de part de marché, le rend particuliÚrement visible dans cette crise. L'enseigne, connue pour sa défense du pouvoir d'achat et ses prix bas, a vu certains de ses entrepÎts bloqués et des actions de protestation organisées devant ses magasins.
LâExpress, Agriculture : comment rĂ©duire la consommation de viande⊠et contenter tout le monde ?, 27/01/2024
L'article aborde la délicate question de la réduction de la consommation de viande dans le contexte de la lutte contre le changement climatique et de la nécessité d'une transition agricole. L'élevage, notamment des bovins, est une source majeure d'émissions de gaz à effet de serre dans l'agriculture, qui représente prÚs de 18 % des émissions totales de la France en 2021. Un récent rapport du Haut conseil pour le climat met en évidence l'importance de réduire la consommation de viande pour atteindre les objectifs de neutralité carbone d'ici 2050.
La consommation de viande en France a presque doublé depuis 1970, entraßnant une augmentation des émissions liées à l'élevage. Pourtant, les réductions d'émissions observées ne sont pas dues à une diminution de la consommation, mais plutÎt à la réduction du cheptel en raison de difficultés socio-économiques, conduisant à une augmentation des importations de viande. Le Haut conseil pour le climat recommande donc une stratégie globale visant à réduire la consommation de viande, plutÎt qu'une simple réduction du cheptel, afin de diminuer les émissions et les importations.
Pour atteindre cet objectif, le Haut conseil pour le climat suggĂšre plusieurs approches, y compris dâencourager le dĂ©veloppement de nouvelles filiĂšres comme les lĂ©gumineuses pour augmenter la part de protĂ©ines vĂ©gĂ©tales dans l'alimentation. Il prĂ©conise Ă©galement de rĂ©duire les Ă©missions directes des bovins par une gestion amĂ©liorĂ©e de leur alimentation et des effluents, ainsi que l'extension des Ă©levages en prairies.
La restauration collective, la régulation de la publicité et des offres promotionnelles sont également des domaines clés pour promouvoir une alimentation plus végétale. Le Haut conseil pour le climat insiste sur la nécessité d'impliquer tous les acteurs de la chaßne alimentaire, y compris les industriels et les distributeurs, dans cette transition.
La baisse de la consommation de viande pourrait aussi améliorer la souveraineté alimentaire de la France en libérant des terres pour la production alimentaire humaine, réduisant ainsi la dépendance aux importations. En conclusion, l'article souligne que la réduction de la consommation de viande est un enjeu majeur pour l'agriculture, l'environnement et la santé, nécessitant une approche globale et intégrée.
Le Monde, Au Maroc, les producteurs de tomates assurent que les agriculteurs français se trompent de cible, 02/02/2024
Lâarticle sâintĂ©resse Ă la controverse entre les producteurs de tomates français et marocains. Les agriculteurs français accusent en effet leurs homologues marocains de concurrence dĂ©loyale en inondant les supermarchĂ©s français avec des tomates bon marchĂ©. Les tomates marocaines, devenues symbole de cette concurrence, sont vendues Ă bas prix en raison du faible coĂ»t de la main-dâĆuvre locale et de lâexemption des tarifs douaniers, rĂ©sultat d'un accord de libre-Ă©change de 2012 entre le Maroc et l'Union europĂ©enne.
Le Maroc a surpassé l'Espagne en 2022 en tant que premier fournisseur de tomates à l'UE, avec environ 660 000 tonnes exportées, dont plus de la moitié vers la France. La majorité de ces tomates proviennent de la région d'Agadir, qui représente 85% de la production nationale et 90% des exportations hivernales. Les tomates marocaines, particuliÚrement les variétés cerises, sont soumises à un cahier des charges strict, malgré les accusations françaises.
L'accord de libre-échange entre le Maroc et l'UE n'élimine pas toutes les barriÚres douaniÚres. Les tomates marocaines sont limitées à 285 000 tonnes entre octobre et mai, avec des taxes appliquées au-delà de ce quota. En dehors de cette période, un abattement de 60% est possible si les prix ne sont pas inférieurs à ceux fixés par l'OMC.
Les professionnels marocains soulignent que les agriculteurs français devraient s'attaquer à la différence des prix entre ceux payés aux producteurs et ceux facturés aux consommateurs, et non aux importateurs. Une partie du commerce des tomates marocaines est contrÎlée par des capitaux européens, avec des entreprises comme Azura et Idyl qui produisent au Maroc et conditionnent en France.
Concernant le coût du travail saisonnier au Maroc, il est inférieur à celui en France, mais la Comader s'est engagée à aligner ce coût sur le SMIG marocain d'ici 2027 ou 2028. Les conditions climatiques ont également conduit à des récoltes abondantes récemment.

Le Monde, Production française de farine : de plus en plus proactifs, les meuniers ne dorment plus, 28/01/2024
L'article traite de l'évolution de la meunerie française en réponse aux demandes diversifiées des artisans boulangers. La production française de farine, historiquement associée à l'image du meunier somnolent, est aujourd'hui un secteur dynamique et en constante adaptation.
Actuellement, la France compte environ 384 moulins et la filiÚre emploie directement prÚs de 6 100 personnes et 52 000 de maniÚre indirecte. Les acteurs de cette industrie, tant les grands que les petits, ont marqué leur présence au Sirha Europain, un salon de la boulangerie et de la pùtisserie. Malgré un tonnage annuel de farine livrée stable autour de 4 millions, le marché fait face à une surcapacité par rapport à la demande, exacerbée par une baisse de la consommation de pain en France et une diminution des exportations de farine, en particulier vers les pays africains consommateurs de baguettes.
La demande des boulangers artisanaux a évolué, se tournant vers des "blés de population" ou blés de terroir, tels que le poulard, le petit épeautre ou le blé rouge de Bordeaux, et des mélanges de farines pour la fabrication de pains spéciaux ou signature. Guillaume Guénégo, un meunier de cinquiÚme génération, compare cette tendance à celle des vignerons, soulignant une approche plus personnalisée et qualitative de la production de farine.
Les grands meuniers sont devenus plus proactifs, crĂ©ant des appellations comme la "baguette Label Rouge" ou la "tradition Banette 1900" avec des farines spĂ©cifiques, et Ă©largissant leurs services. François-Xavier Quarez dâInVivo mentionne l'adoption de nouvelles gammes de farines et des services d'accompagnement pour les artisans, incluant l'aide Ă l'installation et le financement d'Ă©quipements.
Le marché des "boulangeries des ronds-points", situées aux entrées ou sorties des villes, est particuliÚrement visé par les minotiers en raison des volumes importants de farine qu'elles absorbent. Ces boulangeries recherchent des produits faciles à travailler et uniformes en goût, ce qui a conduit les grands producteurs à capturer entre 25 % et 30 % de ce marché en expansion.

Libération, Le camembert et le roquefort vont-ils disparaßtre ?, 29/01/2024
L'article aborde une inquiétude soulevée par des chercheuses du CNRS concernant le futur de certains fromages emblématiques comme le camembert et le roquefort, en raison de l'appauvrissement génétique des espÚces de champignons utilisées pour leur fermentation.
La directrice de recherche au CNRS, Tatiana Giraud, et sa collÚgue Jeanne Ropars, ont mené une étude alertant sur les dangers d'une trop grande uniformisation des espÚces de champignons, notamment le Penicillium camemberti pour le camembert et le Penicillium roqueforti pour le roquefort. Ils constatent que le Penicillium camemberti est particuliÚrement menacé, car il se réduit à un seul mutant albinos incapable de produire suffisamment de spores pour l'ensemencement.
L'article explique que les souches de champignons utilisées dans la production de fromage ont été sélectionnées et clonées pour répondre aux cahiers des charges industriels, entraßnant une uniformisation et une perte de diversité génétique. Par exemple, l'aspect blanc et duveteux des bries et camemberts est le résultat d'un choix industriel, privilégiant la souche Penicillium camemberti albinos. Cette pratique de reproduction clonale a conduit à une dégénérescence génétique des souches, les rendant stériles.
Le problĂšme s'Ă©tend au-delĂ du fromage, affectant d'autres aliments fermentĂ©s comme le saucisson, oĂč une baisse de diversitĂ© des champignons est Ă©galement observĂ©e. Cette situation rĂ©sulte d'une approche court-termiste dans la sĂ©lection des souches, sans considĂ©ration pour les consĂ©quences Ă long terme.
Toutefois, l'article se termine sur une note d'espoir. Les chercheuses ont dĂ©couvert une population inconnue de Penicillium roqueforti dans le bleu de Termignon, un fromage rare des Alpes. Ils espĂšrent que cette nouvelle espĂšce pourrait apporter le brassage gĂ©nĂ©tique nĂ©cessaire Ă la revitalisation des ferments, mĂȘme si cela signifie une plus grande variabilitĂ© et diversitĂ© dans les fromages produits.

Les Echos, Cognac : la fin des années fastes de l'empereur des digestifs, 30/01/2024
L'article discute de la récente baisse significative des expéditions de cognac, une eau-de-vie charentaise qui a longtemps été considérée comme l'empereur des digestifs. En 2023, le volume des expéditions de cognac a chuté de plus de 22 %, passant de 212 millions à 165 millions de bouteilles, avec un recul de 15 % en valeur, soit un chiffre d'affaires de 3,35 milliards d'euros.
Cette chute est principalement attribuĂ©e Ă des surstocks créés aux Ătats-Unis pendant la crise du Covid-19. Le marchĂ© amĂ©ricain, qui absorbe plus d'un tiers des expĂ©ditions de cognac, a connu une baisse de 47 %. En revanche, en ExtrĂȘme-Orient, les expĂ©ditions ont progressĂ© de 15 %, mais ont diminuĂ© de 5 % en Europe.
Les grandes maisons de cognac, comme Hennessy (filiale de LVMH) et RĂ©my Cointreau, ont ressenti l'impact de cette baisse. Hennessy a enregistrĂ© un recul de 11 %, principalement en raison d'un ralentissement des ventes aux Ătats-Unis, tandis que RĂ©my Cointreau a vu les ventes de ses marques RĂ©my Martin et Louis XIII chuter de 37 %.
La filiĂšre cognac espĂšre un rebond et note des signes positifs, comme une augmentation de 5,6 % des expĂ©ditions en dĂ©cembre. Cependant, il y a des incertitudes, notamment concernant le marchĂ© chinois, le deuxiĂšme plus important pour le cognac, en raison d'une enquĂȘte antidumping de PĂ©kin sur les eaux-de-vie europĂ©ennes.
En réaction à cette situation, la filiÚre du cognac adopte une approche prudente. AprÚs une récolte 2023 exceptionnelle en volume, une partie de la production sera stockée grùce à la « réserve climatique », un dispositif permettant de stocker de l'alcool pour pallier les futurs aléas climatiques. De plus, l'expansion du vignoble sera limitée, avec seulement une centaine d'hectares de droits de plantation demandés pour cette année.
Malgré ces défis, l'industrie reste optimiste pour l'avenir, espérant retrouver la croissance à l'issue de 2024.

Les Ăchos, Les trois raisons qui rendent la loi Egalim compliquĂ©e Ă appliquer, 29/01/2024
L'article discute des difficultĂ©s d'application de la loi Egalim en France, une lĂ©gislation destinĂ©e Ă protĂ©ger les revenus des agriculteurs en rĂ©glementant les nĂ©gociations de prix des matiĂšres premiĂšres agricoles entre distributeurs et industriels. La loi, qui vise Ă empĂȘcher la nĂ©gociation du coĂ»t de la matiĂšre premiĂšre agricole, s'avĂšre complexe dans sa mise en Ćuvre. Il y a trois mĂ©thodes pour vĂ©rifier le respect de cette loi, mais la plus utilisĂ©e, impliquant une attestation par un tiers de confiance, est critiquĂ©e pour son manque de prĂ©cision.
Un autre défi majeur réside dans le rÎle croissant des centrales d'achat européennes, qui traitent une grande partie du marché français et sont perçues comme une possible échappatoire à la loi. Ces centrales sont sujettes à controverse, car elles sont considérées comme étant en contradiction avec les principes de la loi Egalim, particuliÚrement en ce qui concerne la préservation des coûts de la matiÚre premiÚre agricole.
En outre, il y a des prĂ©occupations juridiques et des contentieux potentiels liĂ©s Ă la maniĂšre dont les centrales d'achat et les grossistes pourraient contourner les dispositions de la loi. Certains soutiennent que les grossistes, exemptĂ©s par la loi Descrozaille de la sanctuarisation du coĂ»t de production agricole, pourraient ĂȘtre utilisĂ©s pour Ă©viter les exigences de la loi Egalim.

Les Ăchos, AprĂšs CĂ©dric Grolet, la folie des trompe-l'oeil culinaires, 27/01/2024
L'article explore la tendance croissante des trompe-l'Ćil culinaires, des crĂ©ations gastronomiques qui imitent d'autres objets ou aliments. PopularisĂ© par le pĂątissier CĂ©dric Grolet, ce genre artistique attire l'attention et l'admiration tant sur les rĂ©seaux sociaux que dans les pĂątisseries haut de gamme.
Cédric Grolet, avec ses célÚbres imitations de fruits, a joué un rÎle clé dans la popularisation de cette forme d'art culinaire. Ses créations, vendues dans sa boutique au Meurice, ont suscité l'admiration et l'imitation dans le monde de la pùtisserie. D'autres pùtissiers, comme Jeffrey Cagnes, reconnaissent l'influence et l'originalité de Grolet, le considérant comme une source d'inspiration majeure.
Le succĂšs de ces trompe-l'Ćil a conduit Ă la crĂ©ation de moules spĂ©ciaux par des entreprises comme Pavoni, permettant une plus large diffusion de ces crĂ©ations artistiques. Ces produits ont permis aux pĂątisseries de villes moyennes de proposer des gĂąteaux imitant des fruits ou d'autres objets.
Outre les pĂątisseries, ces trompe-l'Ćil ont Ă©galement conquis les rĂ©seaux sociaux et les Ă©missions de tĂ©lĂ©vision comme "Top Chef", oĂč ils sont utilisĂ©s pour leur impact visuel. Des chefs comme Rasmus Munk au restaurant Alchemist Ă Copenhague utilisent le trompe-l'Ćil pour transmettre des messages plus profonds, comme dans le cas de son plat de foie gras servi dans une tĂȘte humaine en silicone.
La popularitĂ© croissante des trompe-l'Ćil dans la gastronomie s'Ă©tend bien au-delĂ de la pĂątisserie, avec des artistes culinaires comme Laila Gohar, qui incorporent des Ă©lĂ©ments poĂ©tiques et politiques dans leurs crĂ©ations. Ces artistes sont de plus en plus reconnus pour leur approche unique et novatrice, mĂ©langeant l'art et la cuisine pour crĂ©er des expĂ©riences culinaires mĂ©morables.


The Guardian, Move to sustainable food systems could bring $10tn benefits a year, study finds, 29/01/2024
L'article met en lumiÚre une étude économique approfondie sur les systÚmes alimentaires mondiaux, montrant qu'une transition vers un systÚme plus durable pourrait générer jusqu'à 10 000 milliards de dollars de bénéfices annuels, tout en améliorant la santé humaine et en atténuant la crise climatique.
La recherche rĂ©vĂšle que les systĂšmes alimentaires actuels, en particulier l'Ă©levage de bovins, sont responsables d'une grande partie des Ă©missions de gaz Ă effet de serre, contribuant Ă environ un tiers des Ă©missions mondiales et accentuant le rĂ©chauffement climatique. Cette situation crĂ©e un cercle vicieux oĂč des tempĂ©ratures plus Ă©levĂ©es entraĂźnent des conditions mĂ©tĂ©orologiques extrĂȘmes et des dommages aux rĂ©coltes.
En outre, l'insĂ©curitĂ© alimentaire pĂšse lourdement sur les systĂšmes de santĂ©. L'Ă©tude prĂ©voit que, sans changement, 640 millions de personnes pourraient ĂȘtre en sous-poids d'ici 2050, et l'obĂ©sitĂ© pourrait augmenter de 70 %.
L'étude propose un déplacement des subventions et incitations fiscales des monocultures destructrices à grande échelle vers des petits exploitants qui pourraient transformer les fermes en puits de carbone et augmenter les espaces pour la faune. Un changement de régime alimentaire est également un élément clé, tout comme l'investissement dans des technologies plus efficaces et moins émettrices.
Avec moins d'insécurité alimentaire, l'étude prévoit l'éradication de la sous-nutrition d'ici 2050, 174 millions de morts prématurées en moins, et 400 millions de travailleurs agricoles capables de gagner un revenu suffisant. La transition proposée aiderait à limiter le réchauffement climatique à 1,5°C au-dessus des niveaux préindustriels et à réduire de moitié les ruissellements d'azote issus de l'agriculture.
Les coûts de cette transformation sont estimés entre 200 et 500 milliards de dollars par an, soit 0,2% à 0,4% du PIB mondial. L'étude souligne également que l'agriculture est un secteur clé enfreignant les limites planétaires, étant un moteur majeur du changement d'utilisation des terres, de la diminution de la biodiversité, et responsable de 70% de l'utilisation d'eau douce.
Le rapport a été produit par la Commission d'économie des systÚmes alimentaires, formée par l'Institut de Potsdam, la Food and Land Use Coalition, et EAT, avec des partenaires académiques tels que l'Université d'Oxford et la London School of Economics.
Le défi principal de la transition alimentaire proposée est que les coûts des aliments augmenteraient, nécessitant une gestion politique habile et un soutien aux couches les plus pauvres de la société pour éviter des protestations similaires aux manifestations des gilets jaunes en France.

Wall Street Journal, There Are Superfans. Then There Are Fast-Food Superfans., 24/01/2024
A Paris il y a les files dâattente devant chez CĂ©dric Grolet, aux Etats-Unis il y a celles devant les fast-food... L'article dĂ©crit en effet le phĂ©nomĂšne des superfans de fast-food qui font tout pour ĂȘtre les premiers servis lors de l'ouverture de nouvelles chaĂźnes populaires comme In-N-Out ou Chick-fil-A. Ces fans passionnĂ©s sont prĂȘts Ă faire la queue dĂšs 4h30 du matin (!) et Ă dormir sur les parkings des Ă©tablissements. Ils cherchent Ă obtenir des nouveautĂ©s et des cadeaux offerts Ă ceux qui sont assez dĂ©vouĂ©s pour passer la nuit dehors ou attendre une bonne partie de la journĂ©e.
Jonathan Fried, par exemple, a attendu cinq heures pour ĂȘtre parmi les premiers Ă visiter le premier In-N-Out Burger de l'Idaho. Donna Mitchell et Fran Collette ont attendu plus de cinq heures pour la mĂȘme ouverture, armĂ©es de cookies et de conversations pour passer le temps. D'autres comme Jasline Valle et Jeff Casmer ont Ă©galement participĂ© Ă de telles ouvertures, cherchant Ă expĂ©rimenter les nouveautĂ©s et Ă partager leurs expĂ©riences avec leurs amis et leur famille.
L'article mentionne Ă©galement que certaines chaĂźnes de fast-food tentent de limiter la frĂ©nĂ©sie du jour de l'ouverture. Par exemple, Chick-fil-A a arrĂȘtĂ© sa promotion "First 100" en raison de la pandĂ©mie, choisissant Ă la place de donner de la nourriture gratuite Ă "100 hĂ©ros de la communautĂ©".
Pour les superfans, ces Ă©vĂ©nements sont plus qu'une simple quĂȘte de nourriture gratuite ; ils reprĂ©sentent une occasion de se connecter avec d'autres personnes qui partagent leur passion. Cette tendance montre comment le fast-food est devenu plus qu'un simple repas rapide pour certains, se transformant en une expĂ©rience culturelle et sociale partagĂ©e.

The Times, The new coffee snob cult â itâs all about self-care, 25/01/2024
L'article discute de l'Ă©volution de la culture du cafĂ©, oĂč la prĂ©paration d'un bon cafĂ© est devenue un rituel obsessionnel pour beaucoup, avec des dĂ©penses importantes en Ă©quipement pour perfectionner l'espresso. Des cĂ©lĂ©britĂ©s comme David Beckham et Taylor Swift sont mentionnĂ©es pour leur amour du cafĂ©, ainsi que des machines Ă cafĂ© haut de gamme comme la La Marzocco Linea Mini, qui coĂ»te ÂŁ4,160.
L'intĂ©rĂȘt pour le cafĂ© de spĂ©cialitĂ© a explosĂ© pendant la pandĂ©mie, lorsque les gens ont cherchĂ© Ă reproduire chez eux les boissons de cafĂ© qu'ils achetaient habituellement dans les cafĂ©s. Cette obsession est devenue une forme de soin personnel pour beaucoup, principalement des hommes. Certains apportent mĂȘme leur Ă©quipement au bureau, comme Rishi Sunak avec sa tasse "smart mug" Ember et Stanley Tucci avec ses deux machines Ă cafĂ© sur les plateaux de tournage.
L'article souligne Ă©galement l'essor des accessoires et gadgets liĂ©s au cafĂ©. Les ventes de machines Ă cafĂ© et d'accessoires ont augmentĂ©, mĂȘme en pĂ©riode de crise Ă©conomique. Les gens sont prĂȘts Ă dĂ©penser beaucoup pour des Ă©quipements de qualitĂ©, comme des balances prĂ©cises, des kettles spĂ©ciales ou des accessoires pour l'Aeropress.
Les experts du cafĂ©, comme Ashley Palmer-Watts et Scott James, expliquent que l'intĂ©rĂȘt croissant pour le matĂ©riel de cafĂ© de haute qualitĂ© est logique en raison de l'inconsistance naturelle du cafĂ© et de l'importance de la prĂ©cision dans sa prĂ©paration. Ils suggĂšrent que le processus de prĂ©paration du cafĂ© devrait ĂȘtre respectĂ© car beaucoup de travail a Ă©tĂ© investi dans le grain de cafĂ©.
L'article conclut en soulignant que bien que certains accessoires puissent sembler superflus, ils font partie d'une passion croissante pour le café, similaire à d'autres hobbies. Il est suggéré que commencer avec du café fraßchement torréfié est essentiel pour une bonne expérience de café, peu importe le niveau de sophistication de l'équipement utilisé.

Forbes, The AI Revolution In Wine Fraud Detection, 30/01/2024
L'article aborde l'Ă©volution rĂ©volutionnaire de la dĂ©tection de la fraude dans le vin grĂące Ă l'intelligence artificielle (IA) et Ă la technologie de l'olfaction numĂ©rique. La fraude dans le vin, un problĂšme coĂ»teux pour l'industrie, pourrait ĂȘtre efficacement combattue grĂące Ă ces avancĂ©es technologiques.
L'IA et l'apprentissage automatique ont ouvert de nouvelles voies pour l'authentification du vin. Des chercheurs ont formé des algorithmes d'IA pour analyser la composition chimique des vins, ce qui leur permet de retracer un vin jusqu'à son vignoble et millésime spécifiques avec une précision remarquable. Une étude portant sur 80 vins différents de la région de Bordeaux a démontré un taux de succÚs de prÚs de 99 % pour identifier le vignoble d'origine et de 50 % pour déterminer le millésime.
La startup française Aryballe développe la technologie de l'olfaction numérique, qui imite le systÚme olfactif humain et transforme les données d'odeur en informations exploitables grùce à l'IA. Ces capteurs capturent les signatures d'odeurs qui sont ensuite analysées grùce à une vaste bibliothÚque de parfums connus. Cette approche a des applications pratiques allant de l'ingénierie de l'odeur de la "nouvelle voiture" à la détection de la détérioration des aliments.
En combinant la technologie de l'olfaction numĂ©rique avec les outils d'IA utilisĂ©s pour l'analyse chimique, il pourrait ĂȘtre possible de crĂ©er un appareil portable capable d'authentifier le vin par une simple analyse. Cela pourrait non seulement protĂ©ger les consommateurs contre la fraude, mais aussi offrir une nouvelle maniĂšre objective d'apprĂ©cier le vin.
Au-delà de la détection de la fraude, l'IA et l'olfaction numérique peuvent enrichir l'expérience du vin en analysant objectivement le bouquet d'un vin, permettant aux amateurs d'en apprendre davantage sur les notes subtiles et les saveurs. Cela pourrait approfondir l'appréciation du vin et réduire l'écart entre les buveurs novices et les connaisseurs expérimentés.
Pour les vignerons, l'IA peut améliorer le contrÎle de la qualité en analysant les profils chimiques et olfactifs des vins à différents stades. Cette technologie pourrait également aider dans l'assemblage des vins.
Modern Retail, Josh Cellars receives boost following viral wine meme, 24/01/2024
Lâarticle dĂ©crit comment Josh Cellars, une marque de vins amĂ©ricaine un peu cheap qui est vendue dans les supermarchĂ©s, a bĂ©nĂ©ficiĂ© d'une publicitĂ© inattendue grĂące Ă un mĂšme viral sur internet. Le mĂšme, qui a commencĂ© le 6 janvier, a mis en lumiĂšre la ligne de vins de Josh Cellars, souvent perçue comme un vin bon marchĂ© mais supĂ©rieur Ă d'autres marques similaires. Bien que l'impact exact du mĂšme sur les ventes de dĂ©tail soit difficile Ă mesurer, des rapports suggĂšrent une augmentation des ventes, en particulier chez les jeunes consommateurs.
Josh Cellars, fondé par Joseph Carr en 2007 en hommage à son pÚre Josh, est connu pour ses bouteilles abordables, en particulier son Cabernet Sauvignon de Californie, toutes vendues à moins de 25 $. Le mÚme a contribué à accroßtre considérablement la notoriété de la marque. Dan Kleinman, directeur de la marque chez Josh Cellars, a rapporté une hausse de 79 % des abonnés Instagram par rapport à l'année précédente et une augmentation significative des recherches Google pour la marque. La société prévoit également une augmentation des ventes.
Le phĂ©nomĂšne intervient Ă un moment oĂč le secteur du vin a du mal Ă se dĂ©velopper parmi la gĂ©nĂ©ration Z et les jeunes millennials, qui consomment moins d'alcool que les gĂ©nĂ©rations prĂ©cĂ©dentes. Miles Marmo, co-fondateur d'Agency Squid, suggĂšre que ce mĂšme pourrait donner un coup de pouce nĂ©cessaire Ă la catĂ©gorie des vins, en particulier parmi les jeunes AmĂ©ricains.
Le succÚs de ce mÚme souligne l'importance pour les marques de vin de se démarquer dans un marché saturé. Le nom simple et familier de la marque Josh Cellars contraste avec les étiquettes de vins italiens et français, ce qui le rend plus accessible et moins intimidant pour les consommateurs.
En fin de compte, cette viralité inattendue offre à Josh Cellars l'occasion de revitaliser sa stratégie numérique et d'attirer de nouveaux consommateurs vers sa gamme de vins.

Wired, Inside the Beef Industryâs Campaign to Influence Kids, 01/02/2024
L'article met en lumiĂšre les inquiĂ©tudes concernant l'influence de l'industrie de la viande et des produits laitiers sur l'Ă©ducation et la maniĂšre dont elle pourrait façonner les perceptions des jeunes gĂ©nĂ©rations. Il dĂ©crit notamment une campagne menĂ©e par l'American Farm Bureau Foundation for Agriculture (AFBFA) pour influencer les enseignants de science et d'autres Ă©ducateurs aux Ătats-Unis afin de changer la perception des Ă©lĂšves sur l'industrie du bĆuf. Depuis huit ans, l'AFBFA produit des plans de leçon, des ressources Ă©ducatives, des Ă©vĂ©nements en prĂ©sentiel et des webinaires financĂ©s par l'industrie pour amĂ©liorer la rĂ©putation du secteur bovin.
L'industrie du bĆuf, ayant l'une des plus grandes empreintes carbone parmi les aliments, craint que les enseignants soient exposĂ©s Ă des informations "biaisĂ©es" ou "inexactes". Les documents de financement de l'AFBFA rĂ©vĂšlent que la campagne vise Ă crĂ©er une perception plus positive de l'industrie du bĆuf parmi les Ă©ducateurs. Les donnĂ©es d'enquĂȘte incluses dans ces documents indiquent que les Ă©ducateurs ayant participĂ© Ă un programme de l'AFBFA Ă©taient plus susceptibles de faire confiance aux dĂ©clarations positives sur l'industrie du bĆuf.
Les initiatives de l'AFBFA comprennent des Ă©vĂ©nements en personne oĂč les Ă©ducateurs visitent des ranchs ou d'autres parties de la chaĂźne d'approvisionnement du bĆuf. Le programme vise principalement les enseignants du secondaire et du collĂšge. Les objectifs de l'AFBFA pour 2024 incluent l'atteinte de 2,5 millions d'Ă©ducateurs avec ses ressources et Ă©vĂ©nements en classe, ainsi que 125 000 "leaders d'opinion clĂ©s".
L'AFBFA est un sous-traitant de Beef Checkoff, un programme national oĂč les producteurs et importateurs de bĆuf paient des frais par animal pour financer des programmes visant Ă stimuler la demande de bĆuf aux Ătats-Unis et Ă l'Ă©tranger. En 2024, Beef Checkoff dispose d'environ 42 millions de dollars pour ses programmes.
Cependant, des critiques soulignent que le matĂ©riel pĂ©dagogique financĂ© par l'industrie est peu susceptible de fournir des informations objectives sur l'impact de la production de bĆuf. Certains s'inquiĂštent que l'industrie utilise ces ressources pour dĂ©peindre la consommation de bĆuf comme socialement et Ă©cologiquement acceptable, malgrĂ© le fait que la majoritĂ© des bovins aux Ătats-Unis soient Ă©levĂ©s dans des opĂ©rations d'alimentation animale concentrĂ©es.

Plusieurs Ă©tudes trĂšs intĂ©ressantes sont sorties cette semaine. Les deux premiĂšres ont Ă©tĂ© lâobjet de pas mal dâarticles de presse.
Haut Conseil pour le Climat, Accélérer la transition climatique avec un systÚme alimentaire bas carbone, résilient et juste, Janvier 2024
Un rapport mentionné dans un des articles de cette semaine et qui tombe à point nommé en plein conflit agricole.
The Food System Economics Commission, The Economics of the Food System Transformation, Janvier 2024
Les Ă©conomistes et scientifiques de premier plan de la Food System Economics Commission ont passĂ© les quatre derniĂšres annĂ©es Ă enquĂȘter sur les coĂ»ts cachĂ©s du systĂšme alimentaire mondial actuel et les avantages inexploitĂ©s Ă tirer des principaux changements et pratiques politiques.
Silicon Valley Bank, State of the US Wine Industry Report 2024
Une étude pour ceux qui veulent en savoir un peu plus sur la filiÚre viticole aux Etats-Unis.
Câest tout pour aujourdâhui.
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A la semaine prochaine!
O. Frey

