đŸŒŸđŸ‡đŸ„ Eat's business on the beach đŸ•đŸ·đŸ§€ n°3

Bonjour Ă  toutes et Ă  tous, je vous propose cette newsletter dans laquelle vous trouverez quelques articles sur le monde de l’alimentaire qui m’ont semblĂ© intĂ©ressants dans la semaine prĂ©cĂ©dente. 

Pour ceux qui veulent la formule ristretto, les 3 articles que je vous conseille de lire en prioritĂ© cette semaine sont : 

Et comme c’est l’étĂ©, si l’envie vous en dit vous pouvez me payer une glace plutĂŽt que l’habituel cafĂ© ;-)

Offrir une glace

Pour celles et ceux d’entre vous qui ont plus de temps pour la formule lungo :


Le Figaro, La biÚre artisanale fait mousser les Français, 06/08/2021

Le succĂšs de la biĂšre ne se dĂ©ment pas dans l’Hexagone. Alors qu’en 2014, les français en consommaient 30 litres par an et par habitant, la consommation est montĂ©e Ă  33 litres par an et par habitant en 2020 d’aprĂšs les donnĂ©es de Brasseurs de France.

Cette hausse de la consommation profite également à tout le segment des biÚres artisanales. Celles-ci représentent entre 7 et 8% du marché en 2020. On dénombre environ 2 000 brasseries artisanales en France et la production de biÚre artisanale est passée de 19 millions d'hectos par an à 22 millions en seulement cinq ans.

Les Echos, BiĂšres : les gĂ©ants mondiaux profitent de la rĂ©ouverture des restaurants et cafĂ©s, 02/08/2021

C’était prĂ©visible avec la rĂ©ouverture des restaurants et des cafĂ©s dans de trĂšs nombreux pays mais les ventes de biĂšre ont fait mieux qu’initialement prĂ©vu.

Ainsi, le chiffre d'affaires de Heineken est en hausse de 8,3 % sur les six premiers mois de 2021, Ă  10 milliards d'euros. De plus, son bĂ©nĂ©fice net s’affiche Ă  1,03 milliard d'€ (+448%) contre une perte de 297 millions d'€ sur les 6 premiers mois de 2020. Les volumes ont progressĂ© de 19,3% au premier trimestre 2021.

Pour le leader mondial AB InBev, le bĂ©nĂ©fice net pour le premier semestre s’élĂšve Ă  2,9 milliards de $ (contre 76 millions de dollars au premier semestre 2020). Selon l’article, ce trĂšs fort rebond s'explique notamment par des ventes supĂ©rieures Ă  celles d’avant la crise sanitaire.

Si AB InBev est persuadĂ© que cette croissance va se maintenir sur l'ensemble de l'annĂ©e, Heineken semble moins optimiste notamment Ă  cause des variants du Covid et des nouvelles vagues de reconfinements mais Ă©galement Ă  cause d’une hausse des coĂ»ts des matiĂšres premiĂšres.

 Le Figaro, PepsiCo cĂšde 61% de Tropicana Ă  PAI Partners, 03/08/2021

C’est l’un des gros deals de l’étĂ©. Pepsico a en effet dĂ©cidĂ© de monter une joint venture avec le fonds PAI Partners (61% dĂ©tenu par PAI et 39% par Pepsico). Lors de cette opĂ©ration, PAI investira 3,3 milliards de dollars pour prendre le contrĂŽle de plusieurs marques de jus de fruits de Pepsico, notamment Tropicana ainsi que la marque de smoothies Naked.

Pour Pepsico l’opĂ©ration consiste Ă  se sĂ©parer de marques qui appartiennent Ă  une catĂ©gorie Ă  croissance plutĂŽt faible et qui ne rĂ©pondent plus forcĂ©ment aux demandes de produits sains. Il y a, en effet, beaucoup de sucre naturel dans les jus de fruits, mĂȘme s’ils contiennent Ă©galement des vitamines et des fibres. Les grandes multinationales cherchent dĂ©sormais toutes Ă  rĂ©duire le nombre de leurs produits les plus sucrĂ©s car les jeunes consommateurs optent de plus en plus pour des alternatives plus saines ou moins caloriques.

Huffington Post, Baisse historique de la production de vin Ă  cause du gel et du mildiou, 06/08/2021

Suite aux diffĂ©rentes vagues de gel qu’a connu la France en avril dernier, les vignobles ont Ă©tĂ© fortement touchĂ©s. De plus, avec l’étĂ© plus que mitigĂ© que connait actuellement l’Hexagone, de nombreux vignobles sont affectĂ©s par les maladies de la vigne comme l’oĂŻdium et le mildiou.

Par consĂ©quent, d’aprĂšs une note de conjoncture d’Agreste, la production française de vin devrait ĂȘtre en baisse de 24% Ă  30% cette annĂ©e. Avec un volume de production attendu entre 32,6 et 35,6 millions d’hectolitres, il s’agit d’un volume de production “historiquement bas”.

Les Echos, Alimentation : les maux de ventre du « made in France Â», 05/08/2021

Cela fait dĂ©sormais plusieurs mois que le “made in France”, notamment en alimentaire, est fortement mis en avant dans les mĂ©dias. Mais qu’en est-il rĂ©ellement du point de vue de la consommation? C’est Ă  cette question que tente de rĂ©pondre l’article.

Alors qu’en 2020, la France a moins exportĂ© de produits agroalimentaires que l’annĂ©e prĂ©cĂ©dente, elle n’en a pas moins importĂ© pour autant. Ainsi, les exportations agroalimentaires françaises sont passĂ©es de 63,9 milliards d'€ en 2019 Ă  60,5 milliards en 2020 (- 5 %). Les importations se sont quant Ă  elles maintenues Ă  55 milliards d’€.

Comme l’explique Vincent Chatellier, Ă©conomiste Ă  l'Inrae, « les filiĂšres agricoles dĂ©ficitaires sont nombreuses en France ». C’est notamment le cas pour le soja, les fruits et lĂ©gumes ou la viande ovine. Il insiste par ailleurs sur le fait que “l'agriculture française est aussi trĂšs dĂ©pendante de l'Ă©tranger pour les intrants, indispensables Ă  la production”. Ainsi, la France doit importer des pesticides, du gaz, des engrais et mĂȘme de la main-d'oeuvre.

Autre problĂšme mis en avant par l’article : la dichotomie citoyen/consommateur. De l'intention Ă  l'acte. D’un cĂŽtĂ©, d’aprĂšs Emmanuel Fournier, directeur du service client chez Nielsen, 70 % et 80 % des Français se disent « intĂ©ressĂ©s par le made in France » et 57 % se disent « prĂȘts Ă  payer plus cher le made in France ». De l’autre, comme le pointe l’article, “le prix reste bien le principal dĂ©clencheur de l'acte d'achat”.

Les Echos, 2041 : un big bang dans nos assiettes, 06/08/2021

Un exercice de prospective assez intĂ©ressant sur l’avenir de l’agriculture et de l’agroalimentaire.

L’article se positionne en 2041 et l’on suit les pĂ©rĂ©grinations d’Edgar, un individu en surcharge pondĂ©rale qui cherche Ă  surveiller son alimentation. Il vient de faire analyser son microbiote (un examen dĂ©sormais remboursĂ© par les mutuelles). Il a Ă©galement bĂ©nĂ©ficiĂ© d’une rĂ©duction pour s’inscrire dans une salle de sport. Ceci fait partie d’un ensemble de mesures dĂ©cidĂ©es par les pouvoirs publics depuis quelques annĂ©es.

On y parle Ă©galement nutrition personnalisĂ©e et nutrigĂ©nomique, applications pilotĂ©es par l'intelligence artificielle qui donnent des conseils quotidiens aux consommateurs, fin de la publicitĂ© pour les produits ultra-transformĂ©s, « fait maison digitalement assistĂ© », robot cuisinier intelligent ou encore agriculture de prĂ©cision.  

Courrier International, Polémique. En Italie, la guerre du café est déclarée, 18/07/21

Le gouvernement italien souhaite faire inscrire l'expresso italien sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco. L’article rappelle que la consommation de cafĂ© gĂ©nĂšre plus de 5 milliards d'euros de chiffre d'affaires dans le pays et que l'Italie est le troisiĂšme exportateur de cafĂ© au monde, aprĂšs l'Allemagne et la Belgique. 

Mais l’article s’interroge sur l’origine de la culture italienne du cafĂ© et Ă©galement sur la ville qui peut ĂȘtre considĂ©rĂ©e comme le berceau du cafĂ© Ă  l’italienne. Et dans ce domaine, deux villes sont en concurrence : Naples et Trieste. Et apparemment c’est une guerre qui s’est engagĂ©e entre les deux villes sur cette question. Le prĂ©sident de la Campanie a ainsi dĂ©clarĂ© que "Trieste se situe dans le coeur des Italiens, mais le cafĂ©, tout comme la pizza, trouve son origine Ă  Naples".

Courrier International, Opinion. Il faut en finir avec le mythe de l’expresso italien, 30/07/2021

C’est un article sous forme d’autoflagellation qu’a sorti le quotidien national italien La Repubblica. L'espresso italien est la fiertĂ© de tout un pays et, comme l’explique l’article, “de Naples Ă  Trieste, nous sommes persuadĂ©s que notre expresso est bon”, en comparaison avec “d'autres pays comme la France, l'Allemagne ou le Royaume-Uni, qui consommeraient des sortes de soupes imbuvables”.  

Mais, comme l’avoue le journal, l’espresso italien serait au final "un des cafĂ©s les plus mĂ©diocres de tout l'Occident".

Selon l’article, “il suffit d'observer les grains de cafĂ© que l'on voit dans la partie transparente de la machine, elles sont noires, alors qu'elles devraient ĂȘtre marron”, ce qui est la consĂ©quence d'une torrĂ©faction excessive. Cette maniĂšre de torrĂ©fier le cafĂ© permet en fait d’acheter du cafĂ© de mauvaise qualitĂ© et donc d’obtenir des prix bas. 

Pour améliorer la qualité de leur espresso, le premier obtacle serait donc de faire accepter aux Italiens de payer plus cher (1 euro reste le prix de base).

Le Point, Hypercalorique, 100 % halal, adulĂ© par les ados... le phĂ©nomĂšne O’Tacos, 06/08/2021

Parce que Eat’s Business se doit de parler de toutes les formes d’alimentation, je vous propose un article complet sur un phĂ©nomĂšne français de la junk food : la chaĂźne O’Tacos. FondĂ©e en 2010, elle compte dĂ©sormais 281 restaurants, dont 50 Ă  l'Ă©tranger. Son chiffre d'affaires (toutes franchises cumulĂ©es) s’est Ă©levĂ© Ă  190 millions d'euros en 2020.

Le crĂ©do de O‘Tacos : des sandwichs Ă  composer soi-mĂȘme Ă  partir d'une gamme de 42 ingrĂ©dients ultratransformĂ©s (nuggets, cordon-bleu, merguez, Vache qui rit, ketchup...). RĂ©sultat : les sandwichs de chez O'Tacos contiennent en moyenne 1 500 calories (le Big Mac de McDonald's contient 504 calories).

Et grĂące Ă  une prĂ©sence trĂšs agressive sur les rĂ©seaux sociaux, O’Tacos est un succĂšs auprĂšs des jeunes. L’enseigne compte par exemple plus de followers sur Instagram que McDonald’s France.

Si, comme le rĂ©sume l’article, “le tacos est le nouveau kebab”, pour VĂ©ronique Pardo, anthropologue et coordinatrice de l'enquĂȘte AlimAdos, “aller manger un tacos, mĂȘme seul, est une maniĂšre d'ĂȘtre reconnu par ses pairs. De dire qu'on fait partie du groupe”.


Bloomberg, Plant-Based Fish Is Rattling the Multibillion-Dollar Seafood Industry, 04/08/2021

Alors que l’on a beaucoup parlĂ© des alternatives vĂ©gĂ©tales Ă  la viande ces derniĂšres annĂ©es, un autre segment alimentaire est Ă©galement de plus en plus attaquĂ© par les startups de la FoodTech : le poisson et les fruits de mer.

C’est le cas par exemple de Tunato, un produit de la start-up madrilĂšne Mimic Seafood, qui est fabriquĂ© Ă  partir d'une variĂ©tĂ© de tomate spĂ©ciale cultivĂ©e dans le sud de l'Espagne et dont la forme et la taille ressemblent Ă  des tranches de thon utilisĂ© pour faire des sushis.

Le faux poisson ne reprĂ©sente encore qu'une infime partie du marchĂ© des protĂ©ines alternatives. Aux Etats-Unis, les ventes de produits de la mer Ă  base de protĂ©ines vĂ©gĂ©tales ont augmentĂ© de 23 % en 2020, pour atteindre 12 millions de dollars. C’est Ă©videmment trĂšs peu au regard du marchĂ© des produits de la mer qui pĂšse plusieurs dizaines de milliards de dollars. Mais le secteur Ă©volue rapidement et les investissements dans les startups spĂ©cialisĂ©es dans les produits de la mer d'origine vĂ©gĂ©tale ont atteint 70 millions de dollars au premier semestre 2021 aux États-Unis, soit autant qu'au cours des deux derniĂšres annĂ©es combinĂ©es.

Si le poisson a meilleur presse que la viande, les craintes liĂ©es Ă  la surpĂȘche, Ă  la consommation de mĂ©taux lourds et aux microplastiques, alimentĂ©es par des documentaires tels que Seaspiracy, font de plus en plus hĂ©siter les consommateurs. Le marchĂ© potentiel pourrait ĂȘtre Ă©norme : au-delĂ  des vĂ©gĂ©taliens et des flexitariens, le faux poisson pourrait Ă©galement convenir aux femmes enceintes ou aux consommateurs allergiques aux crustacĂ©s.

Et Ă©videmment cela attire l’attention de certaines multinationales. Les grandes entreprises l'ont remarquĂ©. Ainsi, le gĂ©ant de la viande Tyson Foods a pris une participation minoritaire en 2019 dans New Wave Foods, un fabricant de crevettes Ă  base de plantes. Thai Union Group, a prĂ©sentĂ© en mars dernier OMG Meat, sa ligne de produits Ă  base de plantes. L’alternative vegan au thon de la marque Garden Gourmet (NestlĂ©) est disponible dans certaines rĂ©gions d'Europe, tandis qu’Ikea vend du caviar vĂ©gĂ©tal, Ă  base d'algues varech.

L’un des obstacles pour les alternatives vĂ©gĂ©tales au poisson et aux fruits de mer : comme ces produits sont riches en vitamines et minĂ©raux ils reprĂ©sentent dĂ©jĂ  une alternative saine Ă  la viande. Les fabricants de ces alternatives doivent donc s'assurer que les mĂȘmes nutriments se retrouvent dans leurs rĂ©pliques vĂ©gĂ©tales.

The Economist, Bursting the bubble: how gum lost its cool, 26/07/2021

Voilà un produit alimentaire qui tombe en désuétude.

En 2020, les ventes de chewing-gum ont chutĂ© de 14 % dans le monde en 2020 par rapport Ă  l'annĂ©e prĂ©cĂ©dente. D’ailleurs les ventes Ă©taient dĂ©jĂ  en baisse avant mĂȘme que le covid ne frappe.

Comme le rĂ©sume l’article, “peu de produits sont aussi inutiles que le chewing-gum”. Et d’ailleurs, comme l’a soulignĂ© William Wrigley junior, fondateur de la marque Ă©ponyme, “tout le monde peut fabriquer du chewing-gum. Le problĂšme, c'est de le vendre”.

Par le passĂ©, le vĂ©ritable succĂšs du chewing-gum est survenu lorsque sa mastication est devenue un dĂ©fi Ă  l'autoritĂ© et la stigmatisation du chewing gum faisait partie de son attrait. La culture pop a par la suite consolidĂ© cette image. En 2004, un morceau de chewing-gum crachĂ© par Britney Spears a mĂȘme Ă©tĂ© vendu aux enchĂšres sur eBay pour 14 000 $.

Les ventes ont commencĂ© Ă  dĂ©cliner il y a environ une dizaine d’annĂ©es et n’ont cessĂ© de baisser depuis. Certains ont mis cela sur le dos de l’essor des smartphones. Le chewing-gum fait partie des achats d’impulsion et les chewing-gum sont gĂ©nĂ©ralement placĂ©s Ă  cĂŽtĂ© des caisses des supermarchĂ©s. Mais dĂ©sormais les gens regardent leur smartphone en attendant leur tour. L'essor des achats en ligne a Ă©galement jouĂ© un rĂŽle. Pour certains experts, c’est Ă©galement l'essor des rafraĂźchisseurs d'haleine alternatifs, tels que les bonbons Ă  la menthe, qui a pesĂ© sur les ventes de chewing-gum.

Par contre, plusieurs nouvelles marques, comme Simply Gum, True Gum et Nuud Gum ont été lancées par des millennials et cherchent à se démarquer avec des ingrédients plus naturels comme le chiclé.

New York Times, The Taste of Summer, Now in Canned Form, 21/07/2021

C'est un emblĂšme historique de la culture amĂ©ricaine du 20e siĂšcle. La canette en aluminium a pris son essor aux États-Unis dans les annĂ©es 1930, aprĂšs l'abrogation de la Prohibition, grĂące Ă  l'amĂ©lioration de la rĂ©sistance des boĂźtes et Ă  l'invention d'un traitement de scellement qui empĂȘchait les liquides de rĂ©agir avec la paroi mĂ©tallique du rĂ©cipient.

La biĂšre a Ă©tĂ© la premiĂšre boisson Ă  faire son apparition en canette, suivi ensuite par le soda. De nos jours, prĂšs de 400 milliards de canettes sont fabriquĂ©es chaque annĂ©e. Mais le marchĂ© des boissons en canettes a vĂ©cu pendant des dĂ©cennies sans autre innovation majeure. Si de nouvelles biĂšres et de nouveaux sodas ont certes fait leur apparition, la seule vĂ©ritable innovation a Ă©tĂ© l’arrivĂ©e des energy drinks de type Redbull.

Ces derniĂšres annĂ©es, le champ d'application de la canette s'est considĂ©rablement Ă©largi. Les goĂ»ts des AmĂ©ricains s'Ă©loignant du sucre, des arĂŽmes artificiels et, dans certains cas, de l'alcool, une multitude de nouvelles marques de boissons en canette ont vu le jour. Il s'agit gĂ©nĂ©ralement de petites entreprises qui misent sur une promesse, que ce soit le bien-ĂȘtre ou la convivialitĂ©, en proposant des eaux aromatisĂ©es aux fruits ou des cocktails artisanaux. Depuis 5 ans, c’est le boom des hard seltzers, avec des offres conçues pour sĂ©duire spĂ©cifiquement les millĂ©nials et les membres de la gĂ©nĂ©ration Z (prĂ©sence sur Instagram, recettes soucieuses de la santĂ©, pauvres en sucres, en glucides, en additifs, en calories et en alcool). Parmi les nombreuses marques s’étant lancĂ©es sur ce crĂ©neau, citons par exemple Something & Nothing.

Autre marque Ă  suivre : Recess, une gamme de boissons et de poudres qui se prĂ©sente comme un "antidote aux temps modernes". Benjamin Witte, fondateur et PDG de la marque, parle de produits qui aident les consommateurs Ă  se sentir "calmes et dĂ©tendus de maniĂšre distincte Ă  diffĂ©rents moments de la journĂ©e". La derniĂšre nouveautĂ©, Recess Mood, utilise le L-thrĂ©onate de magnĂ©sium, “une nouvelle forme de magnĂ©sium trĂšs efficace”, pour “catalyser la production de dopamine et de sĂ©rotonine” dans le cerveau.

Autre succĂšs : les canettes prĂȘte Ă  boire qui servent Ă©galement de mĂ©langeur. Ainsi, en 15 ans, la sociĂ©tĂ© britannique Fever-Tree, spĂ©cialisĂ©e dans l'eau tonique, a bĂąti un empire de plusieurs milliards de dollars avec son slogan "si les trois quarts de votre boisson sont le mixeur, mĂ©langez avec les meilleurs". MĂȘme idĂ©e pour la start-up amĂ©ricano-britannique Avec, avec ses saveurs audacieuses (jalapeño et Ă  l'orange sanguine ou Ă  l'hibiscus et Ă  la grenade) et fabriquĂ©es avec des ingrĂ©dients de haute qualitĂ© et sans additifs artificiels.

Financial Times, How far does a chef have to go to be truly good?, 06/08/2021

Lorsque la ville de New York a rouvert ses portes aprĂšs la crise sanitaire liĂ©e au Covid-19 et que les clients sont revenus, les chefs et les restaurateurs ont Ă©tĂ© confrontĂ©s Ă  un nouveau dilemme : que faire de l'infrastructure qu'ils avaient construite pour soutenir leurs voisinages. Ils ont vu des New-Yorkais affamĂ©s faire la queue pour se nourrir, ont dĂ» licencier et, dans la mesure du possible, rĂ©embaucher du personnel traumatisĂ© et dĂ©bordĂ©. La pandĂ©mie leur a appris ce qu'est la communautĂ©, comment elle fonctionne et comment nous prenons soin les uns des autres. Ils ont vu toutes les façons dont les entreprises ne sont pas structurellement conçues pour aider. Ce changement culturel a posĂ© une question particuliĂšre au monde de l'alimentation : que faut-il faire pour ĂȘtre bon ?

Certains restaurants achĂštent des produits labellisĂ©s biologiques, de la ferme Ă  la table. D'autres ont des assiettes compostables. La journaliste a ainsi parcouru Big Apple, Ă  la rencontre de chefs et de restaurateurs, visitant des institutions reconnues, des restaurants rĂ©cemment ouverts et des cuisines pas encore ouvertes. Elle tente de donner dans cet article une idĂ©e de l'avenir de l’alimentation Ă  New York.

Lorsqu’elle demande par exemple au chef Dan Dorado, qui a co-fondĂ© The Migrant Kitchen, s'il est possible d'ĂȘtre bon Ă  100 % dans le secteur de la restauration celui-ci lui a rĂ©pondu “J'ai luttĂ© avec cette pensĂ©e tant de fois. Je regarde les chiffres. Je vais ĂȘtre honnĂȘte, je ne sais vraiment pas si c'est possible. J'aimerais pouvoir tout faire. Mais je ne pense pas que l'on puisse tout faire, Ă  moins de faire payer 40 dollars pour un sandwich”.

Vox.com, What a meatless future could mean for farmers, 05/08/2021

S’il est centrĂ© sur l’agriculture amĂ©ricaine cet exercice est tout de mĂȘme intĂ©ressant. L’article s’interroge en effet sur les consĂ©quences d’un monde sans viande pour les agriculteurs. A titre d’illustration, le PDG d'Impossible Foods a dĂ©clarĂ© vouloir mettre fin Ă  l'Ă©levage d'animaux d'ici 2035 et le PDG de Beyond Meat considĂšre que son entreprise s'efforce de faire de cette gĂ©nĂ©ration "la premiĂšre gĂ©nĂ©ration d'humains Ă  sĂ©parer la viande des animaux".

Selon l’article, un avenir largement vĂ©gĂ©tal serait avant tout une victoire pour les bĂȘtes, dont 99 % sont Ă©levĂ©s dans des fermes industrielles. Ce serait Ă©galement une victoire pour l'environnement car l’élevage industriel est une source majeure de pollution. Mais cela entraĂźnerait Ă©galement un changement massif pour une grande partie de l'Ă©conomie, notamment pour les centaines de milliers d'agriculteurs et de travailleurs de l'industrie de la viande.

D’aprĂšs un article du Breakthrough Institute, qui a interrogĂ© 37 experts sur les dĂ©fis Ă  relever dans le cadre d'un Ă©ventuel avenir fondĂ© sur les vĂ©gĂ©taux, trois types de personnes seraient vulnĂ©rables : les agriculteurs qui cultivent du soja et du maĂŻs pour l'alimentation animale, les agriculteurs sous contrat qui cultivent du porc ou de la volaille pour les gĂ©ants de la viande, et les travailleurs des usines de conditionnement de la viande.

D’aprĂšs les chiffres de l'USDA, environ 95 millions d'acres de terres agricoles du Midwest sont utilisĂ©s pour la culture du maĂŻs et du soja. Sur ce total, environ 38 % de la rĂ©colte de maĂŻs est destinĂ©e Ă  l'alimentation animale, tandis que plus de 70 % du soja est utilisĂ© Ă  cette fin. Ces cultures ne sont pas trĂšs rentables, mais les producteurs de maĂŻs et de soja reçoivent en parallĂšle des milliards de dollars de subventions de la part de l’Etat.


Une Ă©tude d’Interbev, l’interprofession de la viande sur l’évolution du marchĂ© des viandes bio de 2005 Ă  2020.

On y apprend notamment qu’entre 2015 et 2020 la production de viande bio a doublĂ© en France, passant de 29 746 Ă  59 115 tonnes.

Au niveau des ventes, Ă  l’exception de la restauration hors domicile (impactĂ©e par les fermetures de restaurants et cantines Ă  cause de la crise sanitaire) tous les circuits de distribution (grandes surfaces, magasins spĂ©cialisĂ©s, boucheries artisanales et vente directe) sont en progression en 2020.

L’étude est disponible ici.


France Tv, Alimentation : déjà la fin du circuit court ?, 09/08/2021

Alors qu’ils ont trĂšs bien fonctionnĂ© pendant le premier confinement et qu’ils espĂ©raient que l’embellie allait se poursuivre, c’est la douche froide pour de nombreux agriculteurs qui ont misĂ© sur les circuits courts. Comme par exemple pour ce maraĂźcher qui a dĂ» jeter des kilos de poivrons faute de clients.


C’est tout pour aujourd’hui.

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A dans 2 semaines! Bonnes vacances Ă  ceux qui sont partis et bon courage Ă  ceux qui travaillent encore.

O. Frey