đŸŒŸđŸ‡đŸ„ Eat's business on the beach đŸ•đŸ·đŸ§€ n°2

Bonjour Ă  toutes et Ă  tous, je vous propose cette newsletter dans laquelle vous trouverez quelques articles sur le monde de l’alimentaire qui m’ont semblĂ© intĂ©ressants dans la semaine prĂ©cĂ©dente. 

Pour ceux qui veulent la formule ristretto, les 3 articles que je vous conseille de lire en prioritĂ© cette semaine sont : 

Et comme c’est l’étĂ©, si l’envie vous en dit vous pouvez me payer une glace plutĂŽt que l’habituel cafĂ© ;-)

Offrir une glace

Pour celles et ceux d’entre vous qui ont plus de temps pour la formule lungo :


Les Echos, Rovagnati, le jambon italien sans nitrite qui part Ă  l'assaut de l'Hexagone,

Focus sur une marque de jambon quasiment inconnue en France mais dont les ventes ont dĂ©collĂ© de prĂšs de 40% depuis le dĂ©but 2021 (mĂȘme si le montant reste assez faible pour le moment Ă  6 millions d’euros) : Naturals du groupe italien Rovagnati.

PortĂ© par quelques chefs italiens ayant pignon sur rue Ă  Paris, la marque est dĂ©jĂ  rĂ©fĂ©rencĂ©e chez la plupart des grandes enseignes (Carrefour, Cora, Monoprix, IntermarchĂ©, SystĂšme U, Leclerc). 

Comme l’explique l’article, le groupe Rovagnati est encore pour le moment assez peu internationalisĂ© (25 millions d’euros rĂ©alisĂ©s Ă  l’international sur un CA de 300 millions d’euros). NĂ©anmoins le groupe a de grandes ambitions Ă  la fois en Europe et en AmĂ©rique du Nord.

En France, le groupe mise sur ses produits estampillĂ©s “sans nitrites” et, comme l’explique Alexandre Hurtaud, le directeur de Rovagnati en France, « la France est notre premier marchĂ© ». Au niveau du sourcing, les porcs utilisĂ©s ne sont pas italiens, ni mĂȘme français, mais plutĂŽt danois ou hollandais car, toujours selon Alexandre Hurtaud, “ces pays ont cinq ans d'avance sur les autres”. 

LSA, Produits locaux alimentaires, premier Ă©tat des lieux en chiffres et en graphiques, 12/07/2021

Combien pĂšsent vraiment les produits locaux dans les ventes de la grande distribution ? C’est Ă  cette question qu’a tentĂ© de rĂ©pondre le panĂ©liste IRI.

Afin de quantifier le poids des produits locaux, IRI s’est basĂ© sur les entreprises qui vendent plus de 50% de leur offre dans leur rĂ©gion de production. Et si, comme l’explique l’article, les produits frais traditionnels ne sont pas compris dans ce pĂ©rimĂštre, l’approche adoptĂ©e par IRI permet quand mĂȘme de couvrir entre 70 et 80% du chiffre d’affaires et de l’offre de produits alimentaires.

Au final, selon Emilie Mayer, Directrice Business Insight chez IRI, ce marchĂ© pĂšse “1,8 milliard de chiffre d’affaires, 2,2% des PGC et est en hausse de 6 %”. Comme elle le prĂ©cise, ce chiffre est Ă  comparer “aux 11% que reprĂ©sentent au total l’offre des PME en grandes et moyennes surfaces”.

Il y a des disparitĂ©s entre les rĂ©gions. Ainsi, en Bretagne et dans le Grand-Est, les produits locaux pĂšsent respectivement 4,7 et 4,1% du chiffre d’affaires PGC, FLS et FE de la rĂ©gion contre seulement 0,5% en Ile-de-France. MĂȘme constat au niveau des produits, oĂč les marques locales pĂšsent plus dans la crĂšmerie ou la charcuterie que dans l’épicerie sucrĂ©e.

Le Monde, L’huile d’olive made in France fait de la rĂ©sistance, 18/07/2021

Le Monde propose un focus en plusieurs parties sur la filiĂšre huile d’olive française et quelques entreprises du secteur. On commence par le domaine Leos, qui appartient Ă  Patrick Bruel. Il s’agit d’un domaine d’une quarantaine d’hectares (ce qui est beaucoup plus petit que certaines exploitations du sud de l'Espagne).

L’article rappelle que c'est l’Espagne qui est le leader mondial de la production d’huile d’olive avec environ 1,3 million de tonnes produites chaque annĂ©e. Les olives sont produites en grande partie en Andalousie, oĂč les oliveraies couvrent des dizaines de milliers d'hectares. D’ailleurs, comme le prĂ©cise JoĂ«l Gayet, le responsable du dĂ©veloppement du Domaine Leos, “la France importe aujourd'hui 96 % de son huile” et l’huile d’olive importĂ©e “reste globalement de qualitĂ© mĂ©diocre Ă  trĂšs moyenne”.

Par consĂ©quent, pour se dĂ©marquer des huiles d’olives espagnoles ou italiennes, les huiles d’olives françaises “ne peuvent prendre leur place qu'en misant sur le haut de gamme”. C’est donc en misant sur une bouteille qui reprend les codes du luxe et sur des variĂ©tĂ©s d’olives particuliĂšres que le Domaine Leos se dĂ©marque.

L’Usine Nouvelle, Panzani passe sous la coupe du fonds britannique CVC Partners, 26/07/2021

C’est la fin d’un feuilleton qui aura tenu en haleine les fidĂšles lecteurs de cette newsletter pendant plusieurs mois. Lustucru a perdu son pari de bĂątir un champion français des pĂątes en reprenant le leader du marchĂ© Panzani. Le groupe espagnol Ebro a finalement dĂ©cidĂ© de vendre Panzani au fonds britannique CVC Partners pour 550 millions d’euros.

France Inter, AprÚs le confinement, les Français boivent à nouveau de moins en moins de lait, 17/07/2021

AprĂšs plusieurs annĂ©es de baisse continue la consommation de lait avait connu un rebond en 2020 (+5%) grĂące aux confinements successifs et le retour en grĂące du petit dĂ©jeuner. Mais en 2021 cette derniĂšre est repartie Ă  la baisse. En effet, d’aprĂšs les chiffres du Syndicat national du lait de consommation liquide, elle a baissĂ© de 24% en avril, puis de 4% en mai. Et, comme l’explique l’article, cette baisse ne concerne pas que le lait de consommation mais Ă©galement le beurre, la crĂšme fraĂźche et les yaourts.

Pour expliquer cette baisse, Emmanuel Vasseneix, vice-président de Syndilait, avance plusieurs éléments :

  • "Le lait est la star du petit-dĂ©jeuner et la consommation hors foyer du premier repas de la journĂ©e a redĂ©marrĂ©" 

  • "Le retour des produits d'importation" 

  • Le changement des habitudes alimentaires au fil du temps : comme le petit-dĂ©jeuner, le goĂ»ter n'a plus le mĂȘme succĂšs qu'avant et passe de plus en plus souvent Ă  la trappe.

Par ailleurs, les industriels du lait font face Ă  une autre problĂ©matique : une hausse des coĂ»ts de production. Comme l’explique Emmanuel Vasseneix, “la reprise de l’économie dans le monde, notamment marquĂ©e par la forte demande en Chine, entraĂźne une flambĂ©e de l’ordre de 50% en un an pour les matiĂšres premiĂšres plastiques et de 20 % pour le carton”.

LSA, Carrefour va investir dans Cajoo, spécialiste de la livraison express, 28/07/2021

Pas une semaine sans une information sur le Q-commerce. Cette fois-ci c’est Carrefour qui fait la Une avec l’annonce le 28 juillet d’une prise de participation minoritaire dans la startup française Cajoo.

Selon Elodie Perthuisot, directrice exĂ©cutive e-commerce, data et transformation digitale chez Carrefour, cet investissement reprĂ©sente “une nouvelle Ă©tape dans la feuille de route digitale du Groupe”. Comme elle le prĂ©cise, “le quick-commerce est une tendance de fond, nĂ©e pendant le confinement, et dĂ©sormais de plus en plus ancrĂ©e dans les habitudes des consommateurs, sur toutes nos gĂ©ographies”. Ainsi, “Carrefour s’associe Ă  cette nouvelle tendance et explore avec Cajoo toutes les pistes stratĂ©giques pour crĂ©er de la valeur sur ce nouveau segment prometteur”.

Agro Media, Arrivée du premier ananas «Zéro Carbone» sur la plateforme de Rungis en France, 21/07/2021

Le spĂ©cialiste des fruits et lĂ©gumes frais et exotiques, Omer-Decugis & Cie, vient d’annoncer le premier ananas “ZĂ©ro Carbone” au monde. L’ananas «Terrasol» atteint en effet la neutralitĂ© carbone grĂące Ă  la mesure et la compensation de l’intĂ©gralitĂ© de ses Ă©missions carbone depuis les plantations en Équateur jusqu’à sa plateforme situĂ©e sur le MIN de Rungis. Selon l’article, la mesure de l’empreinte carbone de l’ananas a Ă©tĂ© a Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©e par l’agence environnementale Sambito, ce qui a permis de dĂ©terminer la compensation nĂ©cessaire pour atteindre la neutralitĂ© carbone.

Le Telegramme, Le bulot a-t-il sa place sur les plateaux de fruits de mer ?, 16/07/2021

VoilĂ  un dĂ©bat qui change de l’habituel pain au chocolat/chocolatine.

Comme l’explique l’article, “longtemps mĂ©prisĂ©, (le bulot) est devenu un incontournable sur les plateaux de fruits de mer”. Mais, comme l’indique Yves GuĂ©guen, patron du restaurant « Le Vivier Â» Ă  Ploemeur, « les gens les prĂ©parent souvent mal. Surtout les trĂšs gros qui sont assez baveux et durs Ă  mĂącher, ils en ont une mauvaise expĂ©rience Â».

L’article rappelle Ă©galement qu’en Normandie, le « bulot de la baie de Granville Â» fait l’objet d’une appellation protĂ©gĂ©e depuis 2019. 


The Guardian, Revealed: the true extent of America’s food monopolies, and who pays the price, 14/07/2021

Un article trĂšs intĂ©ressant et trĂšs complet sur la concentration dans le secteur agroalimentaire aux Etats-Unis. L’article se base sur une Ă©tude rĂ©alisĂ©e par The Guardian et Food and Water Watch sur 61 produits alimentaires achetĂ©s rĂ©guliĂšrement par les AmĂ©ricains. D’aprĂšs les rĂ©sultats de l’étude, quatre entreprises ou moins contrĂŽlaient au moins 50 % du marchĂ© pour 79 % des produits alimentaires. Pour prĂšs d'un tiers des produits alimentaires, les principales entreprises contrĂŽlaient au moins 75 % des parts de marchĂ©.

Comme le pointe l’article, cette concentration de la transformation des produits agricoles aux mains de quelques entreprises influence fortement ce que les 2 millions d'agriculteurs amĂ©ricains cultivent et combien ils sont payĂ©s, ainsi que ce que les consommateurs mangent et le prix des produits alimentaires.

Globalement, sur chaque dollar dépensé par les Américains au supermarché seuls 15 cents vont aux agriculteurs. Le reste est consacré à la transformation et à la commercialisation des aliments.

Parmi les exemples frappants :

  • PepsiCo contrĂŽle 88 % du marchĂ© des dips, car le groupe possĂšde 5 des marques les plus populaires, dont Tostitos, Lay's et Fritos.

  • Grupo Bimbo contrĂŽle 64,2% du marchĂ© des bagels et bialys

  • 93% des sodas que boivent les AmĂ©ricains sont dĂ©tenus par seulement 3 entreprises

  • 73% des cĂ©rĂ©ales pour petit-dĂ©jeuner consommĂ©es par les AmĂ©ricains sont dĂ©tenues par seulement 3 entreprises

Plus étonnant, certaines entreprises françaises dominent certains segments :

  • Danone reprĂ©sente 79,5% du marchĂ© du lait de soja rĂ©frigĂ©rĂ© et 33% du marchĂ© des yaourts

  • MOM reprĂ©sente 71,9% du marchĂ© des gourdes laitiĂšres

The Guardian, Secrets and pies: the battle to get lab-grown meat on the menu, 18/07/2021

L’article nous apprend qu’un des ingrĂ©dients indispensables pour fabriquer de la viande cultivĂ©e en laboratoire, les lignĂ©es cellulaires, fait l’objet d’une bataille entre les diffĂ©rentes startups de ce secteur. Ainsi, selon l’article, il n'existe actuellement pas de lignĂ©es cellulaires qui soient publiquement accessibles. Ce n’est pas tant qu’elles sont introuvables mais plus le fait qu’elles font l’objet de brevets et que les diffĂ©rentes entreprises gardent leurs dĂ©couvertes Ă  huis clos. Et ces comportements ont pour corollaire un ralentissement de l’innovation dans ce secteur. Ainsi, le manque de lignĂ©es cellulaires accessibles au public “constitue un obstacle Ă  l'entrĂ©e des entreprises dans ce domaine, mĂȘme si l'intĂ©rĂȘt est grand”.

Comme l’explique l’article, de nombreux obstacles technologiques, sociaux et Ă©conomiques subsistent avant que nos supermarchĂ©s ne soient remplis de diffĂ©rentes gammes de viande de culture. Pour surmonter ces obstacles, des organisations telles que le Good Food Institute (GFI) militent en faveur d'un Ă©change plus public de donnĂ©es, d'outils et d'idĂ©es. En effet, Ă  l'heure actuelle, la plupart des recherches dans ce domaine sont effectuĂ©es par des entreprises privĂ©es qui semblent dĂ©sireuses de protĂ©ger leur propriĂ©tĂ© intellectuelle. Le GFI comble le manque de lignĂ©es cellulaires dans l'agriculture cellulaire en finançant la crĂ©ation de lignĂ©es qui seront librement accessibles, et en crĂ©ant un dĂ©pĂŽt pour les stocker

New York Times, Investors Bet on Foie Gras Grown From Cells in a Lab, 17/07/2021

La startup française Gourmey, spĂ©cialisĂ©e notamment dans la production de faux foie gras Ă  partir de cellule souche, vient de rĂ©ussir une levĂ©e de fonds de 10 millions d’euros. Avec cette levĂ©e l’entreprise espĂšre notamment trouver un marchĂ© aux États-Unis dans un contexte de prĂ©occupations croissantes concernant la cruautĂ© envers les animaux.

L’article rappelle qu’en 2019, le conseil municipal de New York a adoptĂ© une loi qui interdira la vente de foie gras dans la ville Ă  partir de l'annĂ©e prochaine, rejoignant ainsi la Californie. De plus, des pays comme la Grande-Bretagne, la Finlande, IsraĂ«l et la NorvĂšge ont Ă©galement interdit la production de foie gras.

Selon Nicolas Morin-Forest, cofondateur et directeur gĂ©nĂ©ral de Gourmey, la production de foie gras Ă  partir de cellules cultivĂ©es est un moyen de prĂ©server une tradition culinaire française vieille de plusieurs siĂšcles. Selon lui, “il y a un marchĂ© Ă©norme pour une alternative qui va bien au-delĂ  des vĂ©gĂ©taliens et des vĂ©gĂ©tariens”. Il prĂ©cise Ă©galement que “plein de gens ne sont pas vĂ©gĂ©taliens ou vĂ©gĂ©tariens, mais ne sont toujours pas Ă  l'aise de manger du foie gras Ă  cause de la façon dont il est produit”. Pour fabriquer son faux foie gras, l’entreprise utilise des cellules d'un Ɠuf de canard fraĂźchement pondu qui sont placĂ©es dans un cultivateur. Elles y sont ensuite nourries de protĂ©ines, d'acides aminĂ©s et de sucre, semblables aux nutriments qu'un canard obtiendrait d'un rĂ©gime Ă  base d'avoine, de maĂŻs et d'herbe. Les cellules sont ensuite rĂ©coltĂ©es et transformĂ©es en faux foie gras.

Reste un obstacle de taille : le coĂ»t. Selon Nicolas Morin-Forest, le foie gras cultivĂ© en laboratoire par Gourmey coĂ»te aux alentours de 1 000 € le kilo.

The Counter, How palm oil became the world’s most hated, most used fat source, 01/07/2021

Un article consacrĂ© Ă  l’historique du dĂ©veloppement de l’huile de palme.

Cette derniĂšre est dĂ©sormais omniprĂ©sente, que ce soit dans les aliments mais Ă©galement dans les savons, les rouges Ă  lĂšvres et mĂȘme l'encre des journaux. De nos jours, l’huile de palme est l’un des produits les plus dĂ©testĂ© au monde Ă  cause notamment de son lien avec la dĂ©forestation en Asie du Sud-Est. Mais, malgrĂ© cette dĂ©testation globale, l’huile de palme reste, avec plus de 73 millions de tonnes en 2020, plus utilisĂ©e que n’importe quelle autre huile vĂ©gĂ©tale. Et cette situation s’explique en partie par son prix bon marchĂ©. En effet, le palmier Ă  huile africain peut par exemple produire jusqu'Ă  10 fois plus d'huile par hectare que le soja.

L'huile de palme est depuis longtemps un aliment de base dans une zone qui s'étend du Sénégal à l'Angola, le long de la cÎte occidentale de l'Afrique. Elle a fait son entrée dans l'économie mondiale dans les années 1500, à bord de navires impliqués dans la traite transatlantique des esclaves.

Vers 1900, l'huile de palme a commencĂ© Ă  ĂȘtre utilisĂ©e pour teindre la margarine en jaune. Mais elle s'est avĂ©rĂ©e ĂȘtre un ingrĂ©dient principal parfait car elle restait ferme Ă  tempĂ©rature ambiante et fondait dans la bouche, tout comme le beurre. Comme l’explique l’article, les magnats de la margarine et du savon se sont par la suite tournĂ©s vers les colonies europĂ©ennes d'Afrique pour obtenir de plus grandes quantitĂ©s d'huile de palme. Cependant, les communautĂ©s africaines refusaient souvent de fournir des terres aux entreprises Ă©trangĂšres, car la fabrication artisanale de l'huile Ă©tait encore rentable pour elles. Ces derniers ont eu plus de succĂšs en Asie du Sud-Est, oĂč ils ont crĂ©Ă© une nouvelle industrie de plantation de palmiers Ă  huile.

La consommation d'huile de palme a augmenté au fur et à mesure que les concurrents disparaissaient : d'abord l'huile de baleine dans les années 1960, puis les graisses comme le suif et le saindoux. Dans les années 1970 et 1980, les préoccupations sanitaires liées aux huiles tropicales telles que la noix de coco et le palmier ont réduit la demande en Europe et en Amérique du Nord. Mais les pays en développement se sont rués sur l'huile de palme pour la friture et la cuisson.

Enfin, dans les annĂ©es 1990, les organismes de rĂ©glementation des États-Unis et de l'Union europĂ©enne ont pris des mesures pour interdire les graisses trans dans les aliments. Les fabricants se sont tournĂ©s vers l'huile de palme qui Ă©tait un substitut bon marchĂ© et efficace.

New York Times Magazine, Learning to Love G.M.O.s, 25/07/2021

Un article (trĂšs long) du New York Times Magazine sur un sujet des plus sensibles : les OGM.

Le point de dĂ©part de l’article est la dĂ©couverte de la chercheuse Cathie Martin, qui a passĂ© prĂšs de vingt ans Ă  Ă©tudier les tomates. Cette derniĂšre a en effet crĂ©Ă© une variĂ©tĂ© de tomate de couleur violet foncĂ© et qui est exceptionnellement riche en antioxydants (elle en contient deux fois plus que les myrtilles) et a des bienfaits anticancĂ©reux. Cathie Martin a publiĂ© un article sur les bienfaits de cette variĂ©tĂ© de tomate dans la revue universitaire Nature Biotechnology en 2008.

Elle a un temps envisagĂ© de mettre cette variĂ©tĂ© de tomate en vente dans les magasins ou de la proposer en ligne sous forme de jus. Mais comme celle-ci contient une paire de gĂšnes provenant d'un muflier (et qui incite les tomates Ă  produire plus d'anthocyanine) elle Ă©tait alors considĂ©rĂ©e comme un OGM. Afin d’obtenir toutes les autorisations nĂ©cessaires, Cathie Martin a mis presque six ans.

L’article rappelle que, depuis leur introduction au milieu des annĂ©es 1990, les OGM sont restĂ©s trĂšs impopulaires auprĂšs des consommateurs, qui les considĂšrent comme des outils douteux aux mains des grandes entreprises agricoles et qui ont des effets potentiellement dangereux sur les consommateurs et l'environnement. A titre d’exemple, environ 94 % du soja cultivĂ© aux États-Unis est gĂ©nĂ©tiquement modifiĂ©, de mĂȘme que plus de 90 % du maĂŻs, du colza et des betteraves Ă  sucre, ce qui reprĂ©sente une superficie totale d'environ 170 millions d'acres de terres cultivĂ©es. Dans le mĂȘme temps, la rĂ©sistance aux aliments gĂ©nĂ©tiquement modifiĂ©s n'a fait que s'affirmer. En tĂ©moigne la croissance du marchĂ© des produits certifiĂ©s sans OGM, qui a Ă©tĂ© multipliĂ© par plus de 70 depuis 2010, passant d'environ 350 millions de dollars cette annĂ©e-lĂ  Ă  26 milliards de dollars en 2018.

Mais, selon l’article, la tomate violette dĂ©veloppĂ©e par Cathie Martin pourrait changer la donne. D’une part, contrairement aux cultures OGM traditionnelles comme le soja et le colza, cette tomate n'a pas Ă©tĂ© conçue pour faire du profit et serait cultivĂ©e en petits lots plutĂŽt que sur des millions d’hectares. De plus, les gĂšnes supplĂ©mentaires qu'elle contient ne servent qu'Ă  stimuler la production d'anthocyanine, un nutriment que les tomates produisent dĂ©jĂ . Plus important encore, les propriĂ©tĂ©s anti-inflammatoires et anticancĂ©reuses du fruit, qui semblent considĂ©rables, sont des choses qu’un nombre croissant de consommateurs recherchent.

Financial Times, What growing avocados in Sicily tells us about climate change and the future of food, 25/07/2021

Le changement climatique dĂ©place les frontiĂšres de la production alimentaire, les agriculteurs et les entreprises agricoles s'adaptant Ă  des tempĂ©ratures plus Ă©levĂ©es dans le monde entier. Alors que dans certaines rĂ©gions, la chaleur et la sĂ©cheresse menacent la culture de certaines plantes, suscitant des inquiĂ©tudes quant Ă  la sĂ©curitĂ© alimentaire, dans d'autres, le rĂ©chauffement climatique a permis aux producteurs de cultiver de nouvelles plantes et variĂ©tĂ©s qui, au cours des dĂ©cennies prĂ©cĂ©dentes, auraient Ă©tĂ© difficiles Ă  produire de maniĂšre rentable. Le Financial Times propose un exemple avec la culture de l’avocat en Sicile qui remplace petit Ă  petit certains vignobles.

En effet, de nombreux agriculteurs siciliens se tournent de plus en plus vers les fruits tropicaux. Selon Francesco Viola, professeur associĂ© Ă  l'universitĂ© de Cagliari, qui a menĂ© des recherches sur le climat de l'Ăźle et l'Ă©cosystĂšme mĂ©diterranĂ©en, le rĂ©chauffement climatique a entraĂźnĂ© une augmentation de 1 °C de la tempĂ©rature de l'Ăźle au cours des 30 derniĂšres annĂ©es. Comme le rĂ©sume Ettore Prandini, le prĂ©sident de Coldiretti (l’équivalent italien de la FNSEA), “les frontiĂšres des cultures en Italie sont en train de changer”.

Comme l’explique l’article, de nombreuses Ă©tudes montrent que le rĂ©chauffement des tempĂ©ratures redessine la carte viticole. Ainsi, d’aprĂšs des recherches menĂ©es par Elizabeth Wolkovich, professeur associĂ© Ă  l'universitĂ© de la Colombie-Britannique, un rĂ©chauffement de 2 °C dans les prochaines annĂ©es rendrait 56 % des zones viticoles du monde impropres Ă  la culture de la vigne.

The Economist, As food prices soar, big agriculture is having a field day, 25/07/2021

Un article sur quelques mastodontes du monde agricole qui restent encore assez mĂ©connus du grand public : ceux que l’on surnomme les “ABCD”. Il s’agit des quatre grands nĂ©gociants agricoles, qui se nomment ADMBungeCargill et Louis Dreyfus. Le plus jeune des quatre, ADM, a Ă©tĂ© fondĂ© en 1902. Le plus ancien, Bunge, 84 ans auparavant. 

Depuis quelques mois les produits agricoles commencent Ă  flamber, comme c’est par exemple le cas pour le soja et le maĂŻs, qui sont respectivement 56 % et 68 % plus chers qu'il y a un an. Cette mauvaise nouvelle pour les consommateurs en est en revanche une bonne pour ces grandes entreprises qui s'approvisionnent, stockent et expĂ©dient les denrĂ©es alimentaires pour le compte d'acheteurs publics et de multinationales. Ces grands nĂ©gociants possĂšdent les rĂ©seaux de silos, de chemins de fer et de navires, ainsi que les donnĂ©es et les relations nĂ©cessaires pour redessiner les itinĂ©raires d'approvisionnement.

Au cours des dĂ©cennies qui ont prĂ©cĂ©dĂ© les annĂ©es 2010, les ABCD ont prospĂ©rĂ© grĂące Ă  la croissance dĂ©mographique, Ă  la prospĂ©ritĂ© croissante et Ă  l'accĂ©lĂ©ration de la mondialisation. Puis leur activitĂ© a commencĂ© Ă  flĂ©chir Ă  cause d’une surabondance prolongĂ©e de rĂ©coltes, qui a maintenu les prix Ă  un niveau bas et stable, rĂ©duisant ainsi leurs marges. Par ailleurs, l’arrivĂ©e des smartphones et des nouvelles technologies ont permis aux agriculteurs d’avoir accĂšs en temps rĂ©el Ă  des donnĂ©es sur les conditions locales et les prix mondiaux, rĂ©duisant ainsi le pouvoir de marchĂ© des intermĂ©diaires. Les producteurs ont Ă©galement achetĂ© des capacitĂ©s de stockage pour faire face aux fluctuations des prix, ce qui a rĂ©duit les possibilitĂ©s d'arbitrage. En consĂ©quence, entre 2013 et 2016, les ventes combinĂ©es des ABCD ont dĂ©gringolĂ© de 351 milliards de $ Ă  250 milliards de $. Les revenus sont restĂ©s stables depuis. Mais l’annĂ©e derniĂšre a tout de mĂȘme Ă©tĂ© faste pour eux, avec des bĂ©nĂ©fices nets combinĂ©s qui ont doublĂ©, pour atteindre 4,5 milliards de dollars.


Une étude trÚs intéressante financée par WWF et Tesco qui reconsidÚre le gaspillage alimentaire en se focalisant sur le gaspillage à la ferme.

Ainsi, en considĂ©rant les pertes de rĂ©colte comme du gaspillage alimentaire, l’étude estime que 2,5 milliards de tonnes de nourriture sont gaspillĂ©es chaque, soit environ 40% de la production annuelle. Sur ces 2,5 milliards de tonnes, 1,2 milliard seraient perdues sur le lieu de production. Comme le prĂ©cise le rapport, ces pertes sur le lieu de production reprĂ©sentent « quatre fois plus que ce qui est nĂ©cessaire pour nourrir les 870 millions de personnes sous alimentĂ©s dans le monde ». Elles sont Ă©valuĂ©es Ă  370 millions d'euros annuels environ. 

Parmi les solutions mises en avant dans le rapport : mettre fin Ă  la dĂ©connexion grandissante entre les producteurs et les marchĂ©s, qui entraĂźne des erreurs sur les volumes produits et peut maintenir le cultivateur dans une situation de rapport de force dĂ©favorable. 

L’étude complĂšte peut ĂȘtre tĂ©lĂ©chargĂ©e ici.


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O. Frey