đŸŒŸđŸ‡đŸ„ Eat's business on the beach đŸ•đŸ·đŸ§€ n°1

Bonjour Ă  toutes et Ă  tous, je vous propose cette newsletter dans laquelle vous trouverez quelques articles sur le monde de l’alimentaire qui m’ont semblĂ© intĂ©ressants dans la semaine prĂ©cĂ©dente. 

Pour ceux qui veulent la formule ristretto, les 3 articles que je vous conseille de lire en prioritĂ© cette semaine sont : 

Et comme c’est l’étĂ©, si l’envie vous en dit vous pouvez me payer une glace plutĂŽt que l’habituel cafĂ© ;-)

Offrir une glace

Pour celles et ceux d’entre vous qui ont plus de temps pour la formule lungo :


Les Echos, Viande artificielle : des steaks cultivĂ©s in vitro dĂšs 2022 dans les assiettes, 07/07/2021

La startup israĂ©lienne Aleph Farm, qui promet depuis sa crĂ©ation que les steaks de boeuf cultivĂ©s in vitro seront bientĂŽt au menu de certains restaurants, vient de lever pas moins de 105 millions de dollars en sĂ©rie B.

GrĂące Ă  cette levĂ©e de fonds, qui est l'une des plus grosses dans le secteur de l'agriculture cellulaire, Aleph Farm indique vouloir produire et commercialiser Ă  grande Ă©chelle et Ă©galement dĂ©velopper une offre plus large. 

VitisphĂšre, Un label nutritionnel et un QR Code pour les ingrĂ©dients sur les bouteilles de vin dĂšs 2024, 06/07/2021

Bruxelles a dĂ©cidĂ© la mise en place d’un Ă©tiquetage nutritionnel pour le vin ainsi que d’une liste dĂ©matĂ©rialisĂ©e des ingrĂ©dients dĂ©finie par la nouvelle Politique Agricole Commune (PAC 2023-2027).

Comme l’explique l’eurodĂ©putĂ© languedocien Éric Andrieu, nĂ©gociateur pour le Parlement europĂ©en de l’Organisation Commune de MarchĂ© vitivinicole (OCM vin), « On va indiquer sur l’étiquette le cĂŽtĂ© calorique par un symbole : E, pour Ă©nergie, avec un numĂ©ro indiquant le niveau calorique. Le label est encore Ă  dĂ©velopper. Il y aura un QR Code pour un accĂšs [par smartphone] au site de l’opĂ©rateur indiquant le contenu Ă©nergĂ©tique de la bouteille et en donnant les ingrĂ©dients (hors allergĂšnes) ».

Le Figaro, ChĂąteau Ausone et ChĂąteau Cheval Blanc renoncent au classement de Saint-Emilion, 09/07/2021

Comme le rĂ©sume l’article, “renoncer au classement pour un ChĂąteau de Saint-Emilion, c'est un peu comme renoncer aux Ă©toiles pour un grand restaurant”. A l’image de certains chefs ayant rendu leurs Ă©toiles, le ChĂąteau Ausone et le ChĂąteau Cheval Blanc ont dĂ©cidĂ© de se passer du fameux classement.

La raison : la notoriĂ©tĂ© du chĂąteau compte pour 35% dans la note. Et il s’agit donc “de faire le show” et notamment de “multiplier le nombre de followers sur les rĂ©seaux sociaux”. Or selon l’article les deux appellations ne seraient plus en phase avec ces nouveaux critĂšres et prĂ©fĂšreraient se concentrer sur la viticulture et la vinification. 

Le Figaro, Les gĂ©ants de l’alimentaire gagnĂ©s par la folie du tout-vĂ©gĂ©tal, 09/07/2021

Encore un article sur le boom des alternatives végétales au lait et à la viande.

Comme l’explique Le Figaro, avec ces alternatives vĂ©gĂ©tales, les industriels “ne visent pas uniquement le micromarchĂ© vĂ©gan” mais plutĂŽt “tous les consommateurs qui veulent adopter une alimentation plus respectueuse de l’environnement, ou qui sont soucieux de rĂ©duire leur consommation de viande”.

Et Ă©videmment les industriels s’y intĂ©ressent Ă©galement car c’est un marchĂ© en croissance. Ainsi, sur les 12 derniers mois, le chiffre d’affaires des produits vĂ©gĂ©taux a doublĂ© en grandes surfaces et le rayon pĂšse dĂ©sormais prĂšs de 500 millions d’euros. Il faut toutefois relativiser ce chiffre car cela ne reprĂ©sente par exemple qu’à peine 4% du chiffre d’affaires du secteur bio. De plus, comme l’explique Emily Mayer, de chez Iri, “en France, ce marchĂ© n’a pas encore bien trouvĂ© sa place, contrairement Ă  d’autres pays europĂ©ens”. MĂȘme constat pour Benjamin Hamel de chez Nielsen, qui prĂ©cise que “la chertĂ© relative de ces produits trĂšs valorisĂ©s explique que le vĂ©gĂ©tal peine Ă  se dĂ©mocratiser”.

Autre point intĂ©ressant soulevĂ© par l’article : l’engouement pour le vĂ©gĂ©tal concerne dĂ©sormais Ă©galement l’emballage, avec l’arrivĂ©e de bouchons, bouteilles ou d’étiquettes Ă  base de rĂ©sidus de plantes, de chanvre ou de pĂ©pins de raisin.

Les Echos, Lesaffre, roi de la levure et géant méconnu de la biotech, 07/07/2021

Un article complet consacrĂ© Ă  un groupe français assez mĂ©connu (car il fabrique essentiellement des produits Ă  destination des professionnels) mais dont la crĂ©ation remonte Ă  1853 et qui est un des leaders mondiaux dans le domaine de la fermentation : Lesaffre. Le groupe familial est notamment leader mondial de la levure et ses levures sont, selon l’article, prĂ©sentes dans 1 pain sur 3 Ă  travers le monde.

L’activitĂ© du groupe est tirĂ©e par l’émergence des classes moyennes en Afrique, en Asie et en AmĂ©rique latine, qui consomment de plus en plus de pain. Sur les marchĂ©s matures, comme l’Europe ou l’AmĂ©rique du Nord, les consommateurs se focalisent de plus en plus sur la qualitĂ© nutritionnelle des pains, ce qui implique pour le groupe d’adapter ses produits “aux demandes de fermentations plus longues et de processus plus traditionnels” tandis que dans les annĂ©es 80 et 90 “le maĂźtre mot Ă©tait la rapiditĂ© d'action”. 

Surfant sur le succĂšs croissant du pain fait maison, le groupe vient de lancer une levure liquide bio Ă  destination du grand public sous sa marque professionnelle L'Hirondelle.

En 2020, le groupe a rĂ©alisĂ© un chiffre d'affaires de 2,2 milliards d'euros (70% dans la panification et 30% dans la nutrition santĂ©) et comptait environ 10 700 salariĂ©s. 

Le Monde, Les supermarchés de la seconde chance en plein essor, 12/07/2021

Focus sur une chaßne de supermarchés en pleine expansion : Nous anti-gaspi.

L’enseigne a lancĂ© son premier magasin en 2018 et vient tout juste d’en ouvrir un 17Ăš. Le credo de l’enseigne : vendre des produits qui auraient Ă©tĂ© dĂ©truits en raison d’une date limite de pĂ©remption ou de prĂ©sentation ne correspondant pas aux normes du marchĂ©.

Il faut dire que les chiffres de l’ADEME montrent qu’en France environ 10 millions de tonnes de nourriture seraient gaspillĂ©es, ce qui reprĂ©sente une valeur marchande de 16 milliards d’euros. Et, comme le prĂ©cise Charles Lottmann, le cofondateur de Nous anti-gaspi, “55 % du gaspillage a lieu en amont, chez les producteurs, les maraĂźchers, les industriels et 45 % en aval, dans les magasins ou chez les particuliers”.

Comme l’explique l’article, l’enseigne Nous anti-gaspi est positionnĂ©e au niveau des fabricants et des logisticiens, soit avant que la nourriture n’arrive dans les grandes surfaces traditionnelles. Comme l’illustre l’article avec l’exemple de ce transporteur qui s’est vu refuser sa cargaison par une grande surface qu’il devait livrer Ă  cause de “palettes penchĂ©es, colis Ă©crasĂ©s en bas de palette, colis abĂźmĂ©s”. En effet, il suffit de quelques emballages dĂ©chirĂ©s ou de contenants cabossĂ©s pour qu’un supermarchĂ© refuse toute une livraison.

Autre idĂ©e intĂ©ressante dĂ©veloppĂ©e par l’enseigne : l’ouverture d’un restaurant accolĂ© Ă  un magasin, dans lequel un chef transforme les invendus. Ainsi, la premiĂšre “Table anti-gaspi” a ouvert en mars dans le magasin de Dinard.

D’ici la fin de l’annĂ©e, “Nous anti-gaspi” comptera 20 magasin et vise 50 magasins fin 2024.

France 3, Hopla Chips, la marque alsacienne lancée par une fabricante de biscuits et un producteur de choucroute, 05/07/2021

En bon alsacien, je me devais de vous proposer ce petit focus sur la premiĂšre marque alsacienne de chips : Hopla Chips.

La marque a Ă©tĂ© lancĂ©e en mai dernier par une gĂ©rante de biscuiterie et un fabricant de choucroute. La matiĂšre premiĂšre de ces chips est 100% alsacienne. Toutefois, leur transformation en chips ne l'est pas encore car celle-ci est sous-traitĂ©e Ă  une entreprise situĂ©e dans le Tarn. 

Chaque mois, ce sont pas moins de 150 000 paquets de 250 grammes qui sont produits, soit l’équivalent de 15 tonnes de pommes de terre transformĂ©es depuis le lancement de la marque.

Prochaine Ă©tape pour les gĂ©rants : construire une unitĂ© de production de chips pour gĂ©rer toute la chaĂźne, de la rĂ©colte des pommes de terre jusqu'Ă  l'approvisionnement des grandes surfaces et des magasins de producteurs. A terme, ils se sont fixĂ©s pour objectif de produire trois millions de paquets par an. 

Les Echos, Poutine sĂšme le trouble sur le marchĂ© russe du champagne, 04/07/2021 + Courrier International, Alcool. Entre la Russie et le gĂ©ant du luxe français LVMH, la “guerre du champagne” est dĂ©clarĂ©e, 04/07/2021 + Ouest France, Quatre questions sur la Â« guerre du champagne » entre la Russie et la France, 05/07/2021

Dans la catégorie gastrodiplomatie, voici cette fois-ci le champagne.

Le prĂ©sident russe Vladimir Poutine vient en effet de signer une loi qui semble vouloir rĂ©server l'appellation “champagne” (champanskoĂŻĂ©) aux seuls vins pĂ©tillants russes. Evidemment cela implique que les champagnes français vont devoir modifier leur Ă©tiquetage pour s'identifier en tant que “vins pĂ©tillants” (igristoĂŻĂ©). D’ailleurs, comme l’explique Ouest France, la loi va plus loin que le seul champagne car elle vise â€œles dispositions rĂ©glementaires et normes relatives Ă  la production de vin et visant Ă  dĂ©velopper la viticulture russe”. Ouest France prĂ©cise toutefois que le terme “champagne” pourra toujours ĂȘtre Ă©crit en caractĂšres latins car l’obligation d’appliquer le terme “vin pĂ©tillant” ne s’applique que pour l’alphabet cyrillique. 

On apprend Ă©galement que les russes produisent du champagne, enfin disons plutĂŽt du “rossiiskoĂŻĂ© champanskoĂŻĂ©â€, depuis les annĂ©es 1920.

Les consĂ©quences seront-elles importantes pour les producteurs de champagne français? Pas vraiment. Courrier International prĂ©cise que la Russie importe prĂšs de 50 millions de litres de vin pĂ©tillant et de champagne par an. Parmi ces importations, le champagne français reprĂ©sente 13 % du total. Selon Ouest France, le champagne est trĂšs cher en Russie et est donc principalement consommĂ© par quelques riches russes. De plus, la Russie n’arrive qu’en quinziĂšme position des pays importateurs de champagne et ne reprĂ©sente qu’un peu plus de 1 % du total des bouteilles exportĂ©es (soit l’équivalent de 1,9 million de bouteilles exportĂ©es en Russie en 2020).

Le Figaro, Allemagne: la justice proscrit les «champagne sorbet» de la chaßne Aldi, 01/07/2021

Cette fois-ci l’AOC Champagne a gagnĂ© une (longue) bataille.

La justice allemande a en effet interdit Ă  la chaĂźne allemande de supermarchĂ©s Aldi de vendre ses “Champagne sorbet”. Le tribunal a ainsi estimĂ© que le sorbet en question n'avait pas le goĂ»t de champagne mais plutĂŽt d'un mĂ©lange de poire, “de sucre, d'acide citrique et d'une touche d'alcool”.

Ouest France, Cantines d’entreprise. Les trois dĂ©fis d’un secteur en mutation, 12/07/2021

Le secteur des cantines d’entreprise a Ă©videmment Ă©tĂ© frappĂ© de plein fouet par les consĂ©quences de la crise sanitaire et des confinements successifs. Plusieurs questions se pose dĂ©sormais pour l’avenir de ce secteur.

1) Est ce que le tĂ©lĂ©travail va affecter durablement la frĂ©quentation des cantines d’entreprise ? Selon Ouest France les professionnels du secteur sont partagĂ©s sur ce point. Pour certains les salariĂ©s veulent conserver un lien avec leur entreprise et la rĂ©industrialisation impliquera la crĂ©ation de nouveaux sites de production et donc de nouvelles cantines d’entreprises. Pour d’autres il va falloir aller chercher les clients, que ce soit ​via une meilleure digitalisation de l’offre ou via la livraison.

2) Les salariĂ©s seront de moins en moins captifs, d’autant que les solutions de restauration vont se multiplier (livraison de repas, dĂ©jeuner sur le pouce Ă  proximitĂ©,
)

3) Faute de frĂ©quentation, le coĂ»t est devenu trop Ă©levĂ© pour certains employeurs, notamment dans les petits restaurants. Certains se tournent par exemple vers des frigos connectĂ©s dans lesquels sont stockĂ©s les repas prĂ©parĂ©s le matin. 

L’Express, Instacart : bienvenue chez le Uber de la grande distribution, 06/07/2021

Cet article trĂšs complet de L’Express s’intĂ©resse Ă  un acteur historique de la livraison de courses alimentaires Ă  domicile : l’amĂ©ricain Instacart.

Instacart a Ă©tĂ© fondĂ© en 2012 par Apoorva Mehta, un Indien Ă©levĂ© en Libye et au Canada. SurnommĂ© “l’Uber de l’épicerie”, il s’agit d’une appli grĂące Ă  laquelle vous pouvez rĂ©aliser une liste de courses en ligne, qu'un individu agrĂ©Ă© va effectuer Ă  votre place dans l'enseigne que vous avez choisie et se chargera, ensuite, de vous livrer Ă  domicile. Contrairement Ă  ses concurrents, Instacart n'a ni entrepĂŽts, ni camions, ni employĂ©s. L’entreprise s'appuie sur un algorithme, l'infrastructure des magasins et des travailleurs indĂ©pendants.

C’est en 2014 que l’entreprise a vraiment dĂ©collĂ©, grĂące Ă  la signature d’un partenariat avec Whole Foods. Et si, lorsqu’Amazon a rachetĂ© WholeFoods en 2017, certains prĂ©disaient “la mort d'Instacart”, c’est en fait le contraire qui s’est produit. En effet, comme l’explique l’article, “les grandes surfaces, affolĂ©es par la concurrence du groupe de Jeff Bezos, se prĂ©cipitent chez Apoorva Mehta pour qu'il les aide Ă  dĂ©velopper leur plateforme de commerce numĂ©rique”.

En 2020, comme bon nombre de spĂ©cialistes du secteur de l’épicerie en ligne, la croissance d'Instacart a explosĂ© (+300 % par rapport Ă  2019). Selon l’article, Instacart est devenu pour la premiĂšre fois bĂ©nĂ©ficiaire et a enregistrĂ© des revenus Ă©valuĂ©s Ă  1,5 milliard de dollars en 2020. Instacart revendique par ailleurs prĂšs de 500 000 acheteurs. Instacart travaille dĂ©sormais avec 600 enseignes partenaires en AmĂ©rique du Nord et reprĂ©senterait selon plusieurs estimations environ 45 % du marchĂ© de l'Ă©picerie en ligne. 

Mais, comme l’explique l’article, Instacart fait face Ă  plusieurs Ă©cueils aux Etats-Unis :

  • avec l’assouplissement des restrictions sanitaires, les consommateurs retournent dans les magasins et commandent moins souvent en ligne

  • le coĂ»t des courses en ligne peut devenir jusqu’à 25% plus cher que les courses en magasins (frais de livraison, de service, pourboire, surfacturation du produit)

  • la concurrence s'intensifie (Walmart, Amazon, UberEats, DoorDash notamment)

  • les enseignes alimentaires versent 10 % en moyenne du montant d'une commande et rechignent de plus en plus Ă  payer cette commission

  • les enseignes alimentaires se rendent comptent qu’en fournissant leurs donnĂ©es Ă  Instacart elles sont petit Ă  petit en train de perdre la relation directe avec le client ainsi que le lien de fidĂ©litĂ© qui les unissait

  • l’entreprise est Ă©galement sous le feu des critiques pour des problĂšmes sociaux (faible rĂ©munĂ©ration, attribution des commandes aux acheteurs en fonction de leur notation,
)

MalgrĂ© tout cela, Instacart a levĂ© 890 millions de dollars depuis mars 2020 et est dĂ©sormais valorisĂ©e aux alentours de 39 milliards de dollars.


Slate, It’s Finally Clear Why Amazon Bought Whole Foods, 28/06/2021

Alors qu’Amazon avait surpris de nombreux experts du retail en mettant sur la table 13 milliards de dollars pour racheter Whole Foods en 2017, quatre ans plus tard les raisons qui ont poussĂ© Amazon Ă  faire ce rachat semblent plus claires.

A l’époque, certains ont vu dans cette acquisition un moyen pour Amazon d'encourager les gens Ă  s'inscrire Ă  Amazon Prime, afin d’obtenir des rĂ©ductions dans les magasins Whole Foods. Mais dĂ©sormais, les experts s’accordent Ă  dire que cette acquisition a Ă©tĂ© pour Amazon un moyen d'apprendre Ă  connaĂźtre le monde de l'Ă©picerie et d'utiliser ces connaissances pour lancer une chaĂźne d'Ă©picerie plus importante et plus grand public.

C’est ce que semble faire le groupe avec la multiplication des ouvertures de magasins sous la banniĂšre Amazon Fresh aux Etats-Unis. Ces magasins sont plus petits, proposent des produits moins chers et plus axĂ©s sur le local que les magasins Whole Foods.

Mais pour d’autres, le dĂ©veloppement massif d’une chaĂźne de magasins Amazon Fresh n'est peut-ĂȘtre pas l'objectif final d'Amazon. En effet, ces magasins Fresh pourraient n'ĂȘtre qu’un cheval de Troie pour l'objectif rĂ©el d'Amazon : la livraison de produits alimentaires le jour mĂȘme Ă  tout le monde, partout. D’autant plus que si avant la pandĂ©mie de COVID, les achats en ligne ne reprĂ©sentaient que 2 ou 3 % des 800 milliards de dollars du marchĂ© de l'Ă©picerie aux Etats-Unis, ce pourcentage est dĂ©sormais plus proche de 10 ou 11 %. Et Amazon s’est rendu compte au fil des annĂ©es qu’il est difficile de faire du e-commerce alimentaire Ă  partir d'un entrepĂŽt centralisĂ© qui rayonne sur 200km alentours. Il y a un besoin de proximitĂ© avec les consommateurs, ce qu’offrent les magasins comme Amazon Fresh. Une expansion massive des magasins Amazon Fresh pourrait donc ĂȘtre le moyen de mettre en place des entrepĂŽts spĂ©cifiques dans chaque quartier, prĂȘts Ă  remplir les commandes d'Ă©picerie en ligne que les gens passent via leurs comptes Amazon.

Financial Times, Forget tweeting and selfies: the internet wants to watch you eat, 06/07/2021

Comme le rĂ©sume bien l’article en prĂ©ambule, regarder des inconnus manger est l'un des spectacles les plus Ă©tranges d'Internet. Mais mĂȘme dans ce domaine il y a un certains nombre de codes Ă  respecter : certains bavardent, d'autres jouent une musique enjouĂ©e et accĂ©lĂšrent leur vidĂ©o, un grand nombre ne disent rien du tout mais exagĂšrent les bruits de mastication, de craquement ou de dĂ©glutition pour crĂ©er une vidĂ©o sous forme d’ASMR.

Un chiffre rĂ©sume Ă  lui seul ce phĂ©nomĂšne : les vidĂ©os accompagnĂ©es du hashtag "whatieatinaday" ont Ă©tĂ© visionnĂ©es plus de sept milliards de fois sur TikTok. Sur Twitch, il existe une catĂ©gorie appelĂ©e "Social Eating", dans laquelle les gens se livrent en livestream en train de faire la cuisine ou de manger. En CorĂ©e du Sud on parle de “mukbang”, qui peut se traduire par "Ă©mission alimentaire" mais qui est devenu lĂ -bas une sorte de sport extrĂȘme dans lequel les gens se filment en train de se gaver d'Ă©normes quantitĂ©s de nourriture.

L’une des stars sur TikTok s’appelle Eden Harvey. Cette derniĂšre a rĂ©ussi Ă  rassembler plus de 2,4 millions de followers avec ses vidĂ©os quotidiennes "eat with me", dans lesquelles elle s'enregistre en train de tenir une conversation unilatĂ©rale tout en mangeant son dĂźner. Et comme l’explique l’article, “son succĂšs est une indication du nombre de personnes, en particulier les jeunes, qui ont une relation difficile avec ce qu'ils mangent”.

The Economist, American fried chicken has its origins in slavery. But a white man took the credit, 02/07/2021

Un article qui retrace l’histoire d’un plat emblĂ©matique du Sud des Etats-Unis : le poulet frit.

Comme l’explique l’article, il existe diffĂ©rentes variantes du poulet frit. Ainsi, en CorĂ©e, on sert du “chimaek”, du poulet frit accompagnĂ© de biĂšre. Au Japon, on trouve le “karaage”, des nuggets de poulet qui sont marinĂ©s dans de la sauce soja et de l'ail avant d'ĂȘtre frits dans une couche de farine de blĂ©. Mais c’est bien le poulet frit amĂ©ricain qui a conquis le monde. Et il doit son succĂšs mondial en grande partie grĂące aux efforts d'un colonel barbu en costume blanc et Ă  son mĂ©lange secret d'herbes et d'Ă©pices.

Mais les origines du poulet frit amĂ©ricain remontent au 18Ăš siĂšcle, lorsque les Écossais qui se sont rendus dans le sud des États-Unis au 18e siĂšcle ont apportĂ© avec eux la tradition de paner et de frire le poulet. A cette mĂȘme Ă©poque, les Africains de l'Ouest rĂ©duits en esclavage en AmĂ©rique du Nord ont apportĂ© de leur propre cuisine un savoir-faire pour frire et braiser le poulet. Et, selon l’article, ce sont ces Afro-AmĂ©ricains, dont beaucoup ont Ă©tĂ© contraints de travailler dans les cuisines des plantations d'esclaves, qui ont perfectionnĂ© l'art de frire le poulet.

A l’époque, les poulets n'Ă©taient pas trĂšs prisĂ©s et les propriĂ©taires coloniaux prenaient rarement la peine de les inclure dans leurs inventaires agricoles. La plupart d’entre eux prĂ©fĂ©raient le bƓuf et le porc et ne considĂ©raient pas le poulet comme une viande Ă  part entiĂšre. En 1741, lorsque les deux Etats de Caroline ont rĂ©visĂ© leur code de l'esclavage pour interdire aux esclaves de possĂ©der des cochons, des vaches ou des chevaux, les poulets ont ainsi Ă©tĂ© omis. Et c’est ainsi que les poules, laissĂ©es Ă  l'abandon sur les tas de fumier et dans les cours, devinrent de plus en plus importantes pour les esclaves.

Mais, comme le dĂ©crit l’article, l'histoire amĂ©ricaine du poulet frit n'est pas entiĂšrement sombre. Ainsi, Ă  la fin du XIXe siĂšcle, la ville de Gordonsville, en Virginie, est devenue la capitale mondiale du poulet frit. Elle Ă©tait, en effet, un arrĂȘt important pour deux lignes de chemin de fer et, Ă  cette Ă©poque, les trains n'avaient pas de wagons-restaurants. AprĂšs la guerre civile, des afro-amĂ©ricaines rĂ©cemment libĂ©rĂ©es ont commencĂ© Ă  vendre du poulet frit aux passagers, en les faisant passer depuis le quai par les fenĂȘtres du train. Le poulet frit a apportĂ© Ă  ces femmes une indĂ©pendance Ă©conomique, permettant Ă  certaines d'entre elles d'acheter des maisons et de crĂ©er de nouvelles entreprises.

Wall Street Journal, Buzz off, bees. Pollination robots are here, 07/07/2021

Comme l’explique l’article, les agriculteurs ont longtemps comptĂ© sur les insectes, le vent et mĂȘme les travailleurs humains pour aider Ă  polliniser leurs cultures. Mais dĂ©sormais, les progrĂšs de l'intelligence artificielle ont permis le dĂ©veloppement de startups proposant un tout nouveau moyen de polliniser : les robots.

Les avancĂ©es technologiques en intelligence artificielle ont un impact significatif sur le dĂ©veloppement des robots de pollinisation. Ce sont notamment les progrĂšs rĂ©alisĂ©s au cours de la derniĂšre dĂ©cennie dans la reconnaissance d’image qui ont accĂ©lĂ©rĂ© la production de robots capables d'identifier rapidement et prĂ©cisĂ©ment les fleurs Ă  polliniser. Et leur arrivĂ©e sur le marchĂ© peut s’avĂ©rer dĂ©terminante dans un contexte oĂč les scientifiques s'inquiĂštent du dĂ©clin des populations d’abeilles en raison notamment de la perte d'habitat, de l'utilisation de pesticides et du changement climatique. Les robots de pollinisation pourront donner aux agriculteurs un avantage significatif en augmentant le rendement par rapport Ă  l'utilisation des abeilles et des travailleurs humains.

De tels robots ont Ă©tĂ© dĂ©veloppĂ©s par la startup israĂ©lienne Arugga AI Farming. Ses robots se dĂ©placent de maniĂšre autonome le long d'une rangĂ©e dans une serre, utilisent l'IA et des camĂ©ras pour identifier rapidement les fleurs prĂȘtes Ă  ĂȘtre pollinisĂ©es, puis soufflent de l'air sur les fleurs pour les polliniser. D'autres entreprises israĂ©liennes, comme Edete Precision Technologies for Agriculture et Bumblebee AI, travaillent Ă©galement sur des systĂšmes de pollinisation robotisĂ©s, tout comme des chercheurs d'universitĂ©s amĂ©ricaines, qui dĂ©veloppent leurs propres prototypes.

Grubstreet, I Put Nutella on Everything — Until I Moved to Italy and Tasted Pistachio Cream, 02/07/2021

Un article qui parle d’une pĂąte Ă  tartiner italienne qui est vraiment Ă  dĂ©couvrir pour qui ne l’a pas encore essayĂ©e : la pĂąte Ă  tartiner Ă  la pistache. Et croyez moi, c’est meilleur que le (ou la) Nutella.

Si l’article donne quelques tuyaux pour s’en procurer aux Etats-Unis, il est bien Ă©videmment possible de s’en procurer dans l’Hexagone. On en trouve par exemple chez Eataly. A ceux qui testeront pour la premiĂšre fois, vous m’en direz des nouvelles ;).


Allez lire l’article “Food : quand le social passe Ă  table” que propose Marie DollĂ© dans la derniĂšre fournĂ©e de sa newsletter. Elle y dĂ©crypte les nouveaux outils, les nouvelles communautĂ©s, les nouvelles influences et les nouvelles Ă©conomies dans le monde de l’alimentaire.

GrĂące Ă  cet article, vous pourrez mieux apprĂ©hender la relation particuliĂšre que la gĂ©nĂ©ration Z entretient avec la nourriture Ă  travers les rĂ©seaux sociaux, et notamment de TikTok. Vous dĂ©couvrirez Ă©galement le concept de “eatertainment”.

Et n’hĂ©sitez pas Ă  vous inscrire Ă  sa newsletter In Bed With Tech qui est une mine d’or.


Un packaging malin

Le genre de glace que tu ne peux trouver qu’aux Etats-Unis


C’est tout pour aujourd’hui.

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A dans 2 semaines! Bonnes vacances Ă  ceux qui sont partis et bon courage Ă  ceux qui travaillent encore.

O. Frey