đŸŒŸđŸ‡đŸ„ Eat's business đŸ•đŸ·đŸ§€ 2021-33

Bonjour Ă  toutes et Ă  tous, je vous propose cette newsletter dans laquelle vous trouverez quelques articles sur le monde de l’alimentaire qui m’ont semblĂ© intĂ©ressants dans la semaine prĂ©cĂ©dente. 

Pour ceux qui veulent la formule ristretto, les 3 articles que je vous conseille de lire en prioritĂ© cette semaine sont : 

Bonne lecture et bonne semaine Ă  toutes et Ă  tous!

Pour celles et ceux d’entre vous qui ont plus de temps pour la formule lungo :


Les Echos, Vente de vin en ligne : un marchĂ© en pleine rĂ©volution, 22/10/2021

Les sites de vente de vins en ligne ont connu une annĂ©e record en 2020. Ainsi, comme le prĂ©cise l’article, Vinatis et Twil ont doublĂ© leur chiffre d’affaires. De leur cĂŽtĂ©, les chiffres d’affaires de Wineandco et 1jour1vin ont augmentĂ© de respectivement + 30 % et + 37 %. De plus, selon le baromĂštre SoWine la part de e-consommateurs est passĂ©e de 31 % Ă  46 %. Bref, le vin connaĂźt enfin sa rĂ©volution numĂ©rique.

Comme l’explique FrĂ©dĂ©ric CastĂ©ja, directeur gĂ©nĂ©ral du groupe Borie-Manoux (1jour1vin et Lagrandecave), “les barriĂšres psychologiques Ă  acheter du vin sur Internet sont dĂ©finitivement tombĂ©es (
) 60 % de nos clients 'Covid' ont dĂ©jĂ  recommandĂ©â€. Pour Bernard Le Marois, fondateur du e-caviste Wineandco, le secteur vient de vivre “la quatriĂšme rĂ©volution de l'e-commerce”. Son site a, selon lui, “doublĂ© le rythme de recrutement de nouveaux clients et gagnĂ© quatre Ă  cinq ans sur nos prĂ©visions de croissance”.

Les vendeurs de vins en ligne ont également observé des changements dans le comportement des acheteurs. Ainsi, ils se sont de plus en plus tournés vers des vins en provenance d'Italie ou d'Espagne et vers les vins bio. Autre observation intéressante : les achats sur smartphone ont augmenté de 75%.

Du cĂŽtĂ© des viticulteurs le numĂ©rique a Ă©galement fini par sĂ©duire les plus rĂ©ticents. Ainsi, Twil explique que 200 nouveaux vignerons se sont inscrits sur sa plateforme de vente directe. Comme l’explique AngĂ©lique de Lencquesaing, la directrice d'Idealwine, “les grandes signatures ont pris conscience qu'elles ne pouvaient plus ĂȘtre absentes du Web parce que les grands amateurs d'aujourd'hui sont dĂ©jĂ  passĂ©s au digital”.

Le secteur de la vente de vins en ligne est par contre un secteur de plus en plus concurrentiel. Ainsi, alors que Leclerc est selon l’article le 2e cybermarchand de vin en France, plusieurs sites de vente de vins en ligne appartiennent dĂ©sormais Ă  de grands nĂ©gociants. C’est le cas par exemple de Wineandco qui appartient Ă  Bardinet-La Martiniquaise ou encore 1jour1vin qui appartient Ă  Borie-Manoux.

Les Echos, La crise énergétique met le marché du riz sous tension, 27/10/2021

Comme le rappelle l’article, le riz est “la denrĂ©e de base pour la moitiĂ© de l'humanitĂ©â€.

Malheureusement, les producteurs thaĂŻlandais (le pays est le 3Ăš producteur de riz au monde) sont confrontĂ©s Ă  l’explosion de leurs coĂ»ts de production en raison de l'envolĂ©e du prix des engrais. Le prix des fertilisants est ainsi passĂ© de 10.000 bahts Ă  16.000 bahts (environ 480 dollars) la tonne selon le prĂ©sident de l'association des agriculteurs thaĂŻlandais. Or l’autre problĂšme auquel font face tout ces producteurs c’est que les prix du riz sont Ă  “des niveaux historiquement bas” (aux alentours de 400 dollars la tonne). 

Ouest France, Pour l’Institut Montaigne, il est urgent de « faire de la France le premier pays agricole durable Â», 28/10/2021 + Les Échos, Ces grands chantiers qui attendent l'agriculture, 28/10/2021

Dans un rapport publiĂ© la semaine derniĂšre intitulĂ© « En campagne pour l'agriculture de demain » l’Institut Montaigne met en avant six chantiers prioritaires pour faire de la France la premiĂšre puissance agricole durable.

Le rapport fait le constat que, si la France reste la premiĂšre puissance agricole europĂ©enne, elle a perdu un tiers de ses parts de marchĂ© en Europe en moins de vingt ans. Par ailleurs, en 2019, l’Hexagone est mĂȘme devenu importateur net de produits agroalimentaires par rapport Ă  ses concurrents europĂ©ens​. D’ailleurs, si on enlevait les vins et spiritueux, la France serait importatrice nette de produits agroalimentaires. De mĂȘme, si on enlevait les cĂ©rĂ©ales elle le serait encore davantage pour les produits agricoles. Au global, environ 20 % de notre alimentation est dĂ©sormais importĂ©e.

De plus, les agriculteurs français sont beaucoup plus dĂ©pendants des aides PAC que leurs voisins. Ainsi, 88 % du revenu des agriculteurs reposent sur des aides directes de la Politique agricole commune (Pac), contre 63 % en moyenne dans les autres pays europĂ©ens. 

Comme l’explique HervĂ© Gaymard, ancien ministre de l’agriculture et et prĂ©sident du groupe de travail Ă  l'origine du rapport, “il faut viser la souverainetĂ© en matiĂšre de protĂ©ines vĂ©gĂ©tales. Le plan de structuration des filiĂšres qui a Ă©tĂ© lancĂ© doit ĂȘtre durable. La culture des lĂ©gumineuses favorise aussi bien le dĂ©veloppement de petites exploitations que d'entreprises Ă  plus grande Ă©chelle orientĂ©es vers la nutrition animale”. Il affirme par ailleurs que “l'une des prioritĂ©s est de rĂ©armer la politique agricole et alimentaire europĂ©enne au travers d'une politique commerciale extĂ©rieure s'appuyant rĂ©ellement sur la rĂ©ciprocitĂ©â€. Par ailleurs, “pour retrouver notre compĂ©titivitĂ© face aux autres pays de l'Union, il faut Ă©viter la surtransposition des normes europĂ©ennes”.

Retrouvez le rapport complet de l’Institut Montaigne ici.

Madame Figaro, Trois femmes, trois agricultrices, trois parcours hors du commun, 29/10/2021

DĂ©couvrez le portraits de ces trois trentenaires, qui se sont lancĂ©es dans l’agriculture.

Elles y parlent de leur parcours, parfois atypique, qui les a menĂ© Ă  choisir ce mĂ©tier. La premiĂšre est une ancienne consultante au sein d’un grand cabinet de conseil, la seconde a fait Sciences Po et la troisiĂšme est une baroudeuse qui a Ă©tĂ© sĂ©duite par le mĂ©tier suite Ă  une annĂ©e de woofing au Canada.

Elles ont aussi des exploitations agricoles différentes. La premiÚre est en polyculture-élevage (vaches allaitantes, pommiers) et propose un gßte à la ferme, la seconde est dans une démarche du grain au pain et des graines aux légumes et la troisiÚme dans le maraßchage technologique sous serre.

Capital, "La Vache qui rit, Boursin....l'impact des réseaux sociaux sur nos ventes est devenu spectaculaire", 28/10/2021

Une interview d’Antoine FiĂ©vet, le prĂ©sident de Bel, qui parle de tous les changements rĂ©cents dans la stratĂ©gie de son groupe.

On apprend ainsi que la France continue de peser environ 20% du chiffre d’affaires du groupe. Antoine FiĂ©vet rappelle toutefois que Bel s’est internationalisĂ© dĂšs 1929, grĂące Ă  son concept de portion facile Ă  conserver en milieu ambiant. Le groupe produit ainsi 12 ApĂ©ricube et 150 Vache qui rit Ă  la seconde.

Par ailleurs, alors que Bel est souvent prĂ©sentĂ© comme un groupe fromager, Antoine FiĂ©vet prĂ©cise que “faire du fromage fondu, c’est ĂȘtre des mĂ©langeurs” et que par consĂ©quent “le cƓur de notre savoir-faire, c’est la portion”.

Sur l’évolution du portefeuille d’activitĂ©s du groupe, il confirme les informations communiquĂ©es il y a quelques mois, Ă  savoir que le groupe vise Ă  terme “un Ă©quilibre Ă  50-50 entre le laitier et le vĂ©gĂ©tal-fruit”. Actuellement le groupe est Ă  85% lait et Ă  15% vĂ©gĂ©tal. Antoine FiĂ©vet prĂ©cise toutefois que Bel “ne renie absolument pas l’activitĂ© laitiĂšre, car ce sont des produits aux multiples bienfaits” mais que le groupe vĂ©gĂ©talise ses recettes, comme c’est le cas avec cette version hybride Vache Qui Rit/pois chiche qui est sortie aux Etats-Unis. Par ailleurs, il revient sur la nouvelle recette de La Vache Qui Rit. DĂ©sormais, elle ne contient plus que quatre ingrĂ©dients (lait, fromage, beurre et minĂ©raux du lait) car le groupe a notamment retirĂ© le sel de fonte.

Enfin, il parle de l’influence grandissante des rĂ©seaux sociaux sur les ventes de certains produits du groupe. Il raconte ainsi qu’aux Etats-Unis suite Ă  la publication d’une recette de pĂątes au Boursin sur TikTok, le groupe a enregistrĂ© une hausse de 60% des ventes de Boursin chez Walmart. Autre anecdote : en Chine un influenceur peut vendre jusqu’à 15 tonnes de Pik&Croq’ en faisant une seule vidĂ©o.

Les Échos, Miyam, la fratrie qui rĂ©invente le supermarchĂ©, 28/10/2021

Focus sur Miyam, un concept de magasin alimentaire qui a ouvert son premier magasin dans le 3Ăš arrondissement de Paris en novembre 2019 et qui vient d’en ouvrir un deuxiĂšme dans le 18Ăš arrondissement. A l’origine du concept, 3 frĂšres et soeurs.

Le crĂ©do de Miyam : des «  produits frais et sains Ă  des prix abordables Â», issus en majoritĂ© de l'agriculture biologique française en circuits courts. Comme l’explique l’article Miyam “reprend certains codes des nouveaux magasins « directs producteurs » et des chaĂźnes comme Bio C'Bon, mais se distingue par des prix moins Ă©levĂ©s”. Par ailleurs, le nombre de rĂ©fĂ©rences est limitĂ© Ă  400 (soit moins d'un dixiĂšme d'un supermarchĂ© Franprix).

Miyam cherche Ă©galement Ă  rĂ©duire le plus possible les pertes alimentaires. Ainsi, l’un des co-fondateurs explique avoir moins de 1% de pertes (contre 10% chez La Vie Claire et 15-20% chez Franprix). Pour y arriver, l’article explique que Miyam a dĂ©veloppĂ© son propre logiciel pour passer les commandes au plus juste, ce qui fait que “tous les produits frais sont Ă©puisĂ©s en deux Ă  trois jours”. 

Par ailleurs, Miyam possĂšde Ă©galement une cuisine Ă  Romainville (93) oĂč les aliments proches de leur date limite de consommation sont cuisinĂ©s. Comme le dĂ©taille l’un des co-fondateurs “les fraises, on en fait du coulis pour nos cheese-cakes. Les concombres un peu mous, on les utilise pour le tzatzĂ­ki, le pain de semoule pour la chapelure”. Dans cette cuisine, l’équipe prĂ©pare Ă©galement des recettes Ă  partir de produits frais. Les produits ainsi cuisinĂ©s reprĂ©sentent environ 20 % de l'achalandage. Surtout ils permettent de consolider la marge de chaque magasin car ils sont vendus plus cher.

Réussir, Prix de la baguette : hausse multifactorielle du coût de production, 27/10/2021

C’était un des sujets d’actualitĂ© il y a quelques jours : la hausse du prix de la baguette. RĂ©ussir propose un petit graphique qui donne le dĂ©tail des dĂ©terminants du prix d’une baguette de pain.

En premier lieu, les salaires et les charges reprĂ©sentent 53% du prix. Les matiĂšres premiĂšres viennent ensuite, avec 18% du prix. En troisiĂšme position, l’énergie et le loyer, qui comptent pour 11% du prix. Idem pour les impĂŽts, le transport et l’emballage. Enfin, le bĂ©nĂ©fice pour le boulanger reprĂ©sente 7% du prix.

Midi Libre, Le mystérieux appel à faire des réserves de nourriture du gouvernement chinois à ses habitants, 02/11/2021

Ce lundi 1er novembre, le site du ministĂšre du commerce chinois a publiĂ© un communiquĂ© appelant "les mĂ©nages Ă  stocker une certaine quantitĂ© de produits de premiĂšre nĂ©cessitĂ© afin de faire face aux besoins quotidiens et aux cas d'urgence".

De plus, selon l’AFP, le ministĂšre demande Ă©galement aux autoritĂ©s locales de faciliter la production et l'approvisionnement ainsi que de surveiller les rĂ©serves de viandes, de lĂ©gumes et d'assurer une stabilitĂ© des prix.

Ce qui intrigue les experts c’est que le ministĂšre n’a donnĂ© aucune explication. Certains voient cela comme une rĂ©ponse au rebond Ă©pidĂ©mique de Covid-19 observĂ© dans certaines zones ainsi que l’approche des jeux olympiques d'hiver de PĂ©kin prĂ©vus au mois de fĂ©vrier. D’autres y voient mĂȘme un lien avec la montĂ©e des tensions avec TaĂŻwan.

Les Échos, COP26 : les vaches laitiĂšres au rĂ©gime bas carbone, 30/10/2021

Un sujet que nous avons dĂ©jĂ  abordĂ© plusieurs fois. Mais cette fois-ci il s’agit d’un focus sur ce qui se passe concrĂštement en France.

Ainsi, l’article nous apprend que plus de 14 000 Ă©levages laitiers ont souscrit au programme « lait bas carbone Â» lancĂ© par l'Institut de l'Ă©levage et l'interprofession (CNIEL) en 2016. L’objectif est que 100% des Ă©levages aient souscrit d’ici 2030. Selon les prĂ©visions, cela permettrait de diminuer leur empreinte carbone de 2 millions de tonnes Ă  horizon 2030.

Pour rappel, les Ă©levages laitiers Ă©mettent 3 types de gaz impliquĂ©s dans les Ă©missions de gaz Ă  effet de serre : du mĂ©thane, du dioxyde de carbone et du protoxyde d'azote. Par ailleurs, la moitiĂ© des Ă©missions des Ă©levages laitiers sont liĂ©es Ă  la digestion de la vache et l'autre moitiĂ© est due Ă  la fertilisation des cultures, Ă  la gestion des dĂ©jections animales et Ă  l'Ă©nergie utilisĂ©e (fioul et Ă©lectricitĂ©). 


Fast Company, Bill Gates’s latest big climate investment is . . . milk, 27/10/2021

La marque de lait Neutral l’affiche en gros sur ses bouteilles : "Ce lait lutte contre le changement climatique". La marque se targue mĂȘme d'ĂȘtre la premiĂšre marque alimentaire neutre en carbone aux États-Unis.

Neutral Foods travaille avec des producteurs laitiers pour mettre en Ɠuvre des stratĂ©gies visant Ă  rĂ©duire les Ă©missions de carbone liĂ©es Ă  la production de son lait biologique. L'entreprise a travaillĂ© avec des chercheurs pour Ă©tudier l'empreinte carbone des produits laitiers, depuis les engrais utilisĂ©s pour faire pousser les cĂ©rĂ©ales destinĂ©es Ă  nourrir les bĂȘtes jusqu'au mĂ©thane prĂ©sent dans les rots et le fumier des vaches, en passant par l'Ă©nergie utilisĂ©e Ă  la ferme, dans les camions de livraison et dans les usines d'embouteillage. Neutral Foods travaille Ă©galement avec les agriculteurs pour installer de nouveaux systĂšmes de gestion du fumier. Dans certaines exploitations, elle prĂ©voit de planter des arbres dans les pĂąturages pour compenser une partie des Ă©missions. D'autres solutions, comme des additifs Ă  base d'algues pouvant ĂȘtre incorporĂ©s dans l'alimentation du bĂ©tail pour rĂ©duire Ă©galement le mĂ©thane, sont envisagĂ©es pour l'avenir.

Les Ă©missions qui ne peuvent pas ĂȘtre rĂ©duites sont compensĂ©es par l'achat de crĂ©dits de carbone auprĂšs de producteurs laitiers amĂ©ricains qui transforment les dĂ©jections des vaches en Ă©nergie renouvelable.

Neutral vient d’annoncer une levĂ©e de fonds de 4 millions de $ Ă  laquelle a notamment participĂ© Breakthrough Energy Ventures, le fonds de capital-risque axĂ© sur le climat fondĂ© par Bill Gates.

L'entreprise prévoit de vendre ultérieurement des versions neutres en carbone d'autres types d'aliments, mais a voulu commencer par les produits laitiers en raison de leur importance pour le climat.

Phys.org, Finnish scientists create 'sustainable' lab-grown coffee, 27/10/2021

Nous vous parlions il y a quelques mois d’une startup qui produit un cafĂ© Ă  partir d'ingrĂ©dients recyclĂ©s, comme les enveloppes de graines de tournesol et les graines de pastĂšque. Et bien figurez-vous qu’une Ă©quipe de scientifiques finlandais affirme avoir rĂ©ussi Ă  faire du cafĂ© in-vitro. Pour ce faire, les chercheurs se sont basĂ©s sur les mĂȘmes principes d'agriculture cellulaire que ceux utilisĂ©s pour produire de la viande cultivĂ©e en laboratoire.

Le cafĂ© n'est en fait pas moulu Ă  partir de grains, mais cultivĂ© Ă  partir d'un groupe de cellules de cafĂ©iers dans des conditions de tempĂ©rature, de lumiĂšre et d'oxygĂšne Ă©troitement contrĂŽlĂ©es dans un biorĂ©acteur. Une fois torrĂ©fiĂ©e, la poudre peut ĂȘtre infusĂ©e exactement de la mĂȘme maniĂšre que le cafĂ© classique.

Les chercheurs estiment ainsi que leur café éviterait bon nombre des écueils environnementaux liés à la production de masse de l'une des boissons préférées du monde.

Et qu’en est-il de son goĂ»t me direz vous. Et bien l’un des chercheurs affirme que “par rapport au cafĂ© ordinaire, le cafĂ© cellulaire est moins amer”.

CNBC, ‘It’s difficult to feed our families’: Volatile cocoa prices are pushing West African farmers further into poverty, 02/11/2021

C’est un sujet que nous avons dĂ©jĂ  Ă©voquĂ© Ă  plusieurs reprises. NĂ©anmoins, comme les choses ne semblent pas avoir vraiment bougĂ©es, il est bien de revenir dessus.

Alors qu’on estime que 70% du cacao mondial provient d'Afrique de l'Ouest, la CĂŽte d'Ivoire reprĂ©sente un peu plus d'un tiers de l'offre mondiale. Toutefois, les agriculteurs ivoiriens pourraient ĂȘtre payĂ©s jusqu'Ă  21 % de moins cette annĂ©e pour leur rĂ©colte de cacao de 2021/22 par rapport Ă  l’annĂ©e derniĂšre. L’article rappelle ainsi qu’en octobre 2020, les producteurs de cacao ivoiriens ont Ă©tĂ© payĂ©s 1 000 francs CFA ouest-africains par kilo de cacao mais dĂ©sormais le prix minimum garanti au producteur pour un kilo de cacao est de 825 francs CFA ouest-africains ( soit l’équivalent de 1,45 dollar). Or, comme le prĂ©cise l’article, dans le mĂȘme temps les contrats Ă  terme sur le cacao ont augmentĂ© d'environ 10 % entre fin octobre 2020 et fin octobre 2021.

Par consĂ©quent, cette baisse des prix devrait, selon l’article, plonger les agriculteurs dans la pauvretĂ©, voire mĂȘme de la dĂ©forestation car les agriculteurs chercheraient Ă  augmenter leurs surfaces afin de contrebalancer cette baisse de prix.

Les grands chocolatiers (NestlĂ©, Mondelez, Ferrero, Lindt & Sprungli, Hershey) sont plutĂŽt silencieux sur ce sujet. Paul Schoenmakers, responsable de l'impact chez le chocolatier nĂ©erlandais Tony's Chocolonely les accuse d’ailleurs de "fermer les yeux" sur le sort des producteurs de cacao africains "d'une maniĂšre assez terrible". Tony's Chocolonely paie par exemple une prime en plus du prix Ă  la production lorsqu'il achĂšte son cacao. Il a rĂ©cemment annoncĂ© son intention d'augmenter cette prime en la faisant passer de 462 dollars par tonne Ă  793 dollars par tonne mĂ©trique pour la saison 2021/22.

The Guardian, Supermarkets using cardboard cutouts to hide gaps left by supply issues, 22/10/2021

Conséquence des problÚmes logistiques liés au Brexit, certains produits sont en rupture dans les supermarchés. Le pays fait en effet face à une pénurie de chauffeurs routiers, de cueilleurs et d'emballeurs dans les exploitations agricoles et les usines agroalimentaires, ce qui entraßne une faible disponibilité de certains produits dans les supermarchés.

Pour combler les vides dans les rayons, des supermarchés utilisent des découpes en carton illustrés par des photos de fruits, de légumes et d'autres produits d'épicerie. Tesco a par exemple commencé à utiliser des photos d'asperges, de carottes, d'oranges et de raisins dans ses rayons de produits frais.

Evidemment tout cela a fait l’objet de nombreuses moqueries sur les rĂ©seaux sociaux.

New York Times, The Amazon Of Quinoa Bowls, 24/10/2021

Un article qui s’intĂ©resse Ă  une chaĂźne de fast-good amĂ©ricaine qui se nomme Everytable. L’entreprise a Ă©tĂ© lancĂ©e en Californie et prĂ©voit d’y doubler le nombre d’établissements (de 10 Ă  20) cette annĂ©e, puis de le doubler Ă  nouveau en 2022. Surtout, Everytable compte s’installer Ă  New York en 2022 oĂč le fondateur Sam Polk nourrit de grandes ambitions avec l’ouverture de 100 Ă©tablissements en 3 ans (Ă  titre de comparaison Chipotle en compte 94 actuellement).

Parmi les spĂ©cificitĂ©s de l’enseigne : une tarification variable selon les zones d’implantation. Ainsi, l’article explique qu’à Los Angeles le “poulet tinga” est le mĂȘme dans les deux Ă©tablissements mais “à University Park, il coĂ»te 5,10 $” alors que “à Monterey Park, Ă  15 minutes de route, il est Ă  8,35 $”. University Park est en effet un quartier d'Ă©tudiants et de familles de la classe ouvriĂšre. Cette tarification variable fait selon l’article “partie de l'approche Robin des Bois d'Everytable, qui vise Ă  rendre les aliments frais et sains accessibles Ă  tous”. Car aux Etats-Unis le problĂšme est trĂšs rĂ©sumĂ© : “les ingrĂ©dients frais sont plus chers que les ingrĂ©dients hautement transformĂ©s, ce qui se traduit par une offre de bols de cĂ©rĂ©ales plĂ©thorique pour ceux qui peuvent dĂ©penser 10 dollars ou plus par repas, et par une restauration rapide pleine de sel, de graisse et de sucre pour tous les autres”.

Ce qui est intĂ©ressant chez Everytable c’est indĂ©niablement l’approche qui a Ă©tĂ© prise pour proposer des produits sains Ă  des prix abordables. On apprend ainsi que l’entreprise a Ă©normĂ©ment travaillĂ© sur l’efficacitĂ© de sa chaĂźne d’approvisionnement. Ainsi, Everytable a en quelque sorte imitĂ© le fonctionnement des grandes chaĂźnes de fast-food avec des grandes cuisines centralisĂ©es, sa propre flotte de camions rĂ©frigĂ©rĂ©s pour livrer les aliments Ă  ses Ă©tablissements et aux clients Ă  domicile et un rĂ©seau croissant de clients abonnĂ©s et de rĂ©frigĂ©rateurs intelligents. Par ailleurs, chaque Ă©tablissement a une surface assez restreinte (entre 46 Ă  65m2), ce qui est “juste assez grand pour abriter un frigo vitrine, un four Ă  micro-ondes et deux employĂ©s pour garnir les Ă©tagĂšres et travailler Ă  la caisse”.

Comme le rĂ©sume le fondateur, “la question est de savoir comment produire des repas faits maison au mĂȘme prix que la restauration rapide. Nous pensons qu'il s'agit de construire le mĂȘme type d'infrastructure que les fast-foods, avec les mĂȘmes Ă©conomies, pour les aliments frais”. Il n’hĂ©site pas non plus Ă  prendre Amazon en exemple. Pour lui, ce qui fait la force d’Amazon est “son efficacitĂ© opĂ©rationnelle et logistique” et “son Ă©chelle”. Il rĂ©sume sa vision d’Everytable de la maniĂšre suivante : “honnĂȘtement, je pense qu'Everytable est dans une position similaire pour l'alimentation Ă  celle qu’avait Amazon en 1997”. Comme l’affirme un expert du secteur, “le succĂšs ici rĂ©side dans l'intĂ©gration de la chaĂźne” et le modĂšle d’Everytable lui permet de “peupler les zones mal desservies comme les zones plus riches”.

Et au niveau financier tout semble bien aller pour Everytable. En 2020, malgrĂ© la crise sanitaire et la fermeture temporaire de cinq de ses dix magasins de Los Angeles restaurants, Everytable a vendu 5,3 millions de repas et a vu son chiffre d'affaires passer de 6 millions de dollars en 2019 Ă  36 millions de dollars en 2020. Par ailleurs les marges d’Everytable se portent bien car le coĂ»t moyen de production et d'emballage d'un repas est d'environ 3,25 dollars.

Financial Times, Cost of breakfast foods hits 10-year high, 29/10/2021

L'indicateur du petit-déjeuner du Financial Times, qui suit l'évolution des prix à terme du café, du lait, du sucre, du blé, de l'avoine et du jus d'orange, montre que les prix sont en moyenne 63 % plus élevés qu'en 2019, une tendance qui s'est accélérée depuis cet été.

L’article explique ainsi que les problĂšmes liĂ©s Ă  la production de denrĂ©es alimentaires sont entrĂ©s en collision avec la hausse de la demande, le rebond de la pandĂ©mie s'Ă©tant avĂ©rĂ© plus fort que ce que la plupart des gens avaient prĂ©vu.


Ifop, Les Français et le gaspillage alimentaire, 25/10/2021

À l’occasion de la journĂ©e nationale contre le gaspillage alimentaire (samedi 16 octobre), l’Ifop a menĂ© pour Nous anti-gaspi une Ă©tude afin de rĂ©aliser un Ă©tat des lieux sur le rapport des Français au gaspillage alimentaire.

On y apprend que 90% des personnes interrogées se disent préoccupées par le gaspillage alimentaire. Par ailleurs, 41% des personnes interrogées estiment que la crise du coronavirus a renforcé leurs convictions sur le gaspillage alimentaire.

Enfin, 44% associent en premier lieu le gaspillage alimentaire Ă  la nourriture jetĂ©e Ă  la poubelle, que ce soit Ă  la maison ou au restaurant, tandis qu’une proportion similaire (42%) l’associe aux produits que les distributeurs n’arrivent pas Ă  Ă©couler en magasin. Ils sont d’ailleurs 36% Ă  penser que la plus grande part du gaspillage alimentaire est Ă  mettre au crĂ©dit de la distribution en magasin.

Pour rĂ©duire le gaspillage alimentaire au sein de leur foyer, la majoritĂ© des Français interrogĂ©s (57%) imaginent qu’ils pourraient davantage cuisiner leurs restes alimentaires.


Un thread twitter trĂšs instructif sur les transformations nĂ©cessaires dans l’agriculture et l’agroalimentaire pour tenir les engagements de limiter le rĂ©chauffement climatique Ă  1,5°C

Quand Elon Musk met un responsable du World Food Program de l’ONU qui affirme que 2% de sa fortune suffirait Ă  Ă©radiquer la faim dans le monde devant le fait accompli

Une proposition de StĂ©phane Layani (MIN de Rungis) sur l’éducation alimentaire

De Meta à Feta il n’y a qu’un pas



Eat’s Business #32 | La rĂ©volution du pain, les prix de l’alimentaire augmentent et les robots, nouveaux cuisiniers, 02/11/2021

Food Karma #15 | Mathilde Roellinger d’Epices Roellinger | Le goĂ»t des Ă©pices, 21/10/2021


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O. Frey