đŸŒŸđŸ‡đŸ„ Eat's business đŸ•đŸ·đŸ§€ 2021-26

Bonjour Ă  toutes et Ă  tous, je vous propose cette newsletter dans laquelle vous trouverez quelques articles sur le monde de l’alimentaire qui m’ont semblĂ© intĂ©ressants dans la semaine prĂ©cĂ©dente. 

Pour ceux qui veulent la formule ristretto, les 3 articles que je vous conseille de lire en prioritĂ© cette semaine sont : 

Bonne lecture et bonne semaine Ă  toutes et Ă  tous!

Pour celles et ceux d’entre vous qui ont plus de temps pour la formule lungo :


Les Echos, Ces néopaysans qui bousculent le monde agricole, 03/09/2021

Un article trĂšs complet sur les “Nima”, autrement dit les “non issus du monde agricole”.

Comme l’explique l’article, ils sont “salariĂ©s ou cadres en quĂȘte de sens”, demandeurs d'emploi ou encore jeunes diplĂŽmĂ©s venus d'horizons divers... Bref, ils n’ont Ă  la base aucun lien avec le monde rural mais voient en l'agriculture “un nouveau tremplin d'Ă©volution professionnelle”. Ainsi, selon l’article, ils reprĂ©sentent pas moins de 60 % de ceux qui demandent une dotation jeune agriculteur (DJA). Et Ă©videmment cette tendance est intĂ©ressante quand on sait que, comme l’a rappelĂ© le ministre de l’Agriculture Julien Denormandie, « un exploitant sur deux va partir Ă  la retraite dans les cinq Ă  dix ans Ă  venir tandis que 70.000 offres d'emploi ne trouvent pas preneur ». Finalement, comme le prĂ©cise trĂšs justement le sociologue Jean-Baptiste ParanthoĂ«n, « on assiste un peu au phĂ©nomĂšne inverse de celui dĂ©crit par Bourdieu dans la crise de l'identitĂ© paysanne des annĂ©es 1980, lorsque les agriculteurs cherchaient Ă  quitter leurs exploitations pour devenir salariĂ©s et rejoindre la classe moyenne ».

Mais quelques obstacles se dressent pour ces néo-agriculteurs :

  • l’accĂšs au foncier car “les Safer (SociĂ©tĂ©s d'amĂ©nagement foncier et d'Ă©tablissement rural) privilĂ©gient encore largement les rachats par des exploitants dĂ©jĂ  en place et dĂ©sireux de s'agrandir”. 

  • un accueil pas toujours trĂšs bienveillant de la part du monde agricole.

Le Figaro, Livraison de courses express: dans les grandes villes, la bataille commerciale commence, 01/09/2021 + L’Obs, Livrer en moins de 10 minutes ? La guerre des courses contre la montre, 07/09/2021

L’étĂ© est passĂ© mais le Q-commerce n’en a pas fini de faire parler de lui et cette semaine ce sont deux articles qui lui sont consacrĂ©s.

Qu’apprend-on de nouveau ?

Que c’est Ă©videmment une course qui s’est engagĂ©e pour la recherche d’emplacements pour leurs dark stores entre la dizaine d’acteurs qui occupent ce crĂ©neau Ă  Paris. Ils sont dĂ©sormais tous “à l’affĂ»t de surfaces commerciales de 300 Ă  400m2 en rez-de-chaussĂ©e” et ils reprennent notamment les locaux d’anciens supermarchĂ©s situĂ©s dans des rues peu frĂ©quentĂ©es, d’anciennes salles de sport ou encore des agences bancaires.

Pour ce qui est de la rentabilitĂ©, selon Le Figaro “elle suppose d’augmenter le panier moyen des clients (20 euros seulement pour l’instant) et de traiter de plus gros volumes de commandes”. Ainsi, le directeur gĂ©nĂ©ral de Flink en France affirme “nous estimons qu’un magasin peut ĂȘtre rentable en 18 mois.  C’est possible Ă  condition d’absorber 400 Ă  500 commandes par jour. Nos coĂ»ts fixes sont infĂ©rieurs Ă  ceux d’un supermarchĂ© classique”. Le directeur commercial France de Flink prĂ©cise dans L’Obs que « Sur un rayon de 2 kilomĂštres Ă  Paris, on touche 150 000 personnes. Il suffit de convertir 10 % de ces habitants ». 

Du cĂŽtĂ© de la grande distribution la riposte se met en place. Ainsi, d’aprĂšs Le Figaro, le distributeur alimentaire allemand Rewe a pris une participation dans Flink tandis que Carrefour a fait de mĂȘme dans Cajoo.

Qui sont les utilisateurs de ces applications? L’Obs en prĂ©sente quelques uns, dont Alexandre, 24 ans, Ă©tudiant en finance, qui “trouve plutĂŽt chouette de commander une baguette avant d'entrer sous sa douche et de la rĂ©cupĂ©rer en peignoir”.

L’article de L’Obs prĂ©cise Ă©galement que, jusqu’à prĂ©sent l’un des freins au dĂ©veloppement du e-commerce alimentaire Ă©tait les frais de livraison. Mais avec des livraisons Ă  2 euros, les nouveaux acteurs du Q-Commerce semblent avoir rĂ©glĂ© ce problĂšme.

Au final, comme le rĂ©sume L’Obs, “elles le savent, toutes ne passeront pas le cap de la viabilitĂ©â€. 

RĂ©ussir, « L’alimentation vĂ©gĂ©tale va connaĂźtre une croissance explosive », selon Bloomberg Intelligence, 03/09/2021

Selon un rapport de Bloomberg Intelligence intitulĂ© “Plant-based food poised for explosive growth”, le marchĂ© mondial des protĂ©ines vĂ©gĂ©tales pĂšsera plus de 162 milliards de dollars en 2030 (soit environ 7,7 % du marchĂ© mondial des protĂ©ines).

L’une des conclusions du rapport est que « les alternatives Ă  base de vĂ©gĂ©taux sont lĂ  pour rester et se dĂ©velopper Â». En effet, selon Bloomberg Intelligence, si les ventes et la pĂ©nĂ©tration des alternatives Ă  la viande et aux produits laitiers continuent d’augmenter,  â€œl'industrie alimentaire Ă  base de vĂ©gĂ©tal a le potentiel de devenir une option viable dans les supermarchĂ©s et les restaurants”. Par ailleurs, les auteurs du rapport soulignent que plus les consommateurs vont se familiariser avec les produits et initiatives Ă  base de vĂ©gĂ©taux, plus il y aura une Ă©volution dans les habitudes de consommation au cours de la prochaine dĂ©cennie.

Pour Bloomberg Intelligence, la croissance dĂ©mographique devrait aussi contribuer Ă  la croissance des aliments Ă  base de protĂ©ines vĂ©gĂ©tales.

Le Figaro, La vanille de La Réunion obtient le label convoité d'Indication géographique protégée, 27/08/2021

La vanille de l'Ăźle française de La RĂ©union a dĂ©crochĂ© le label recherchĂ© d'Indication gĂ©ographique protĂ©gĂ©e (IGP) attribuĂ© par la Commission europĂ©enne.

La Commission souligne notamment que cette vanille se prĂ©sente en gousses entiĂšres, transformĂ©es, et non vidĂ©es de leurs graines et Â« se distingue par sa finesse et sa douceur ».

La Revue du Vin de France, La filiÚre vin présente un plan d'adaptation au réchauffement climatique, 27/08/2021

La filiĂšre viticole française a prĂ©sentĂ© fin aoĂ»t sa feuille de route pour adapter les vignobles de l'Hexagone au changement climatique. Il s’agit d’un travail de rĂ©flexion qui est menĂ© depuis 2017.

Le rapport propose une quarantaine d'actions articulées autour de sept axes :

  • AmĂ©liorer la connaissance des zones viticoles

  • Agir sur les conditions de production

  • Favoriser un matĂ©riel vĂ©gĂ©tal adaptĂ©

  • Agir sur les pratiques Ɠnologiques

  • Suivre les Ă©volutions du marchĂ© et garantir la production

  • Renforcer la recherche, le dĂ©veloppement, le transfert et la formation

  • Contribuer Ă  l'attĂ©nuation du changement climatique 

Le rapport en question est disponible en pdf ici.

Le Figaro, Pour certains vins, le climat polonais est d'ores et déjà plus adapté que celui des régions françaises traditionnelles, 03/09/2021

Un article trĂšs intĂ©ressant sur l’avenir de la viticulture en lien avec le changement climatique.

Comme l’explique l’article, des dizaines de rĂ©gions en Europe dĂ©pendent de la production de vin. Parmi celles-ci, beaucoup sont situĂ©es dans des vallĂ©es de montagne et sont donc exposĂ©es aux inondations et aux glissements de terrain. En Allemagne, les terribles inondations de cet Ă©tĂ© ont dĂ©truit 10 Ă  15% des surfaces viticoles de la vallĂ©e de l'Ahr. En Italie, les vignobles sont rĂ©guliĂšrement sous la menace des incendies. En France les vignobles ont Ă©tĂ© touchĂ©s par le gel, la grĂȘle ainsi que des vagues de chaleur. Et selon les scientifiques ces phĂ©nomĂšnes climatiques seront de plus en plus courants Ă  l’avenir. 

D’aprĂšs les donnĂ©es de la FAO, le raisin est le fruit qui rapporte le plus au niveau global en raison de la valeur du vin. Ainsi, l’article prĂ©cise qu’en 2018, la culture de raisin a gĂ©nĂ©rĂ© prĂšs de 74 milliards de dollars Ă  travers le monde (contre 51 milliards pour la pomme et 26 milliards pour l’orange).

Comme l’explique Pascal Chatonnet, propriĂ©taire d'un vignoble bordelais, « la qualitĂ© du vin dĂ©pend du terroir. C'est-Ă -dire d'une alchimie entre le climat, le terrain et la culture vinicole locale. Si le climat change, mĂȘme si le terrain et les mĂ©thodes restent les mĂȘmes, l'essence du vin va changer Â». Ainsi, l’article rappelle qu’un papier de recherche publiĂ© en fĂ©vrier 2020 dĂ©montrait que si la tempĂ©rature du globe augmentait de 2 degrĂ©s par rapport Ă  la pĂ©riode prĂ©industrielle, 56 % des vignobles actuels ne seraient plus adaptĂ©s Ă  la viticulture. Par ailleurs, en remplaçant les variĂ©tĂ©s de raisin cultivĂ©es actuellement par d'autres plus adaptĂ©es au rĂ©chauffement climatique, comme par exemple le cĂ©page xinomavro qui pousse exclusivement en GrĂšce, il serait possible de diminuera de moitiĂ© les pertes en surface de vignoble si les tempĂ©ratures moyennes montent effectivement de 2 degrĂ©s. 

Il existe actuellement environ 6000 variĂ©tĂ©s de vignes cultivĂ©es dans le monde mais seules 1100 sont cultivĂ©es Ă  grande Ă©chelle. Et en y regardant d’encore plus prĂšs, ce sont en fait seulement une douzaine de variĂ©tĂ©s qui sont les plus utilisĂ©es. L’article prĂ©cise ainsi que 12 variĂ©tĂ©s constituent 80 % des cultures en Australie, 78 % en Chine et 70 % aux Etats-Unis. Au niveau mondial, le cabernet sauvignon reprĂ©sente prĂšs de 7 % des vignobles mondiaux (2,5 % en 1990) et le merlot 6% (3% en 1990).

Autre fait intĂ©ressant mis en avant dans l’article : il y a 30 ans, Ă  peine 10 Ă  15 % des bouteilles traversaient une frontiĂšre. De nos jours, ce sont prĂšs de 50% des bouteilles qui voyagent. Cela s’explique notamment par la hausse de la production australienne ainsi que des productions chilienne et sud-africaine.  

La Croix, Au Sri Lanka, la révolution de l'agriculture biologique met en péril son industrie du thé, 01/09/2021

En avril dernier, le gouvernement sri-lankais a dĂ©cidĂ© d'interdire l'importation d'engrais, de pesticides et d'herbicides chimiques et de les remplacer par des intrants et des mĂ©thodes biologiques. Cette volontĂ© affichĂ©e de devenir le premier producteur mondial d'aliments 100% biologiques se heurte d’ores et dĂ©jĂ  Ă  la rĂ©alitĂ©.

En effet, l’industrie du thĂ© sri-lankaise, qui exporte pour environ 1,25 milliard de dollars de thĂ© par an, serait en danger selon un certain nombre de producteurs et d’économistes. Ainsi, comme l’affirme Herman Gunaratne, qui cultive une des variĂ©tĂ©s de thĂ© les plus chĂšres du monde, “si nous passons au tout biologique, nous perdrons 50% de la rĂ©colte, (mais) les prix eux n'augmenteront pas de 50%”. Pour Sanath Gurunada, qui gĂšre des plantations de thĂ© biologique et classique Ă  Ratnapura, la culture de thĂ© bio n’est pas viable car “le thĂ© bio coĂ»te 10 fois plus cher Ă  produire et le marchĂ© est limitĂ©â€.

Ainsi, les propriĂ©taires d'usines de thĂ© demandent au gouvernement de reconsidĂ©rer l'interdiction des engrais en mettant en avant le fait que des mauvaises rĂ©coltes aggraveront la pĂ©nurie de devises et entraĂźneront une forte hausse du chĂŽmage. 

Les Echos, Nouveau bras de fer en vue sur la rémunération des agriculteurs, 01/09/2021

En ce mois de septembre, la proposition de loi Besson-Moreau visant Ă  protĂ©ger la rĂ©munĂ©ration des agriculteurs va ĂȘtre discutĂ©e au SĂ©nat. Ce texte propose de limiter les marges de nĂ©gociations des enseignes de grande distribution face aux agriculteurs et aux industriels de l’agroalimentaire.

La complexitĂ© sera Ă©galement au rendez-vous car, comme le prĂ©cise l’article, pour appliquer la future loi, il faudra dĂ©terminer pour chaque produit la part de la matiĂšre premiĂšre agricole. Par exemple pour une pizza il faudra regarder la part de farine, de jambon, de tomates, de fromage, 
 Ainsi, comme l’explique Ombline Ancelin, avocate associĂ©e en droit de la concurrence chez Simmons & Simmons « Plus la part de matiĂšre premiĂšre agricole dans le produit sera rĂ©duite, plus sa marge de nĂ©gociation restera importante ».

Plusieurs distributeurs estiment que, si elle est adoptĂ©e, la nouvelle loi les conduirait Ă  acheter plus Ă  l'Ă©tranger. Par ailleurs, si le texte entre en vigueur, les prix de l'alimentation augmenteront. L’Association nationale des industries alimentaires rĂ©clame par exemple des hausses de 9 %. 


New York Times, For France, American Vines Still Mean Sour Grapes, 30/08/2021

Un article consacrĂ© Ă  l’interdiction des cĂ©pages hybrides amĂ©ricains en France depuis prĂšs de 87 ans et Ă  la “rĂ©sistance” de certains vignerons français qui continuent de les cultiver. Comme le souligne l’article, ce sont le changement climatique et le regain de popularitĂ© des vins naturels qui donnent un coup de pouce Ă  ces “vignerons renĂ©gats”.

Ainsi, l’article rappelle qu’au moment des gels d’avril, les vignes d’HervĂ© Garnier, qui sont composĂ©es d’une variĂ©tĂ© hybride amĂ©ricaine appelĂ©e jacquez et qui est interdite par le gouvernement français depuis 1934, prenaient dĂ©jĂ  une teinte rouge.

Comme le prĂ©cise l’article, “le gouvernement français a essayĂ© d'arracher le jacquez et cinq autres cĂ©pages amĂ©ricains du sol français au cours des 87 derniĂšres annĂ©es, en faisant valoir qu'ils sont mauvais pour la santĂ© physique et mentale de l'homme et produisent du mauvais vin”.

En fait, tout a commencĂ© au milieu des annĂ©es 1800, lorsque des vignes originaires des États-Unis ont Ă©tĂ© importĂ©es en Europe. Mais celles-ci sont arrivĂ©es avec un parasite connu sous le nom de phylloxĂ©ra. Or, si les vignes amĂ©ricaines Ă©taient rĂ©sistantes Ă  ce parasite, ce n’était pas le cas des vignes europĂ©ens. Le phylloxĂ©ra a provoquĂ© par la suite la plus grande crise de l'histoire de la viticulture française. Pendant un quart de siĂšcle la culture traditionnelle du vin en Europe s’est effondrĂ©e et pour les experts du vin la raison Ă©tait toute trouvĂ©e : les vignes amĂ©ricaines. En rĂ©ponse, certains viticulteurs ont greffĂ© les vignes europĂ©ennes sur les porte-greffes amĂ©ricains rĂ©sistants et d'autres ont croisĂ© des vignes amĂ©ricaines et europĂ©ennes, produisant ce que l'on a appelĂ© les hybrides amĂ©ricains, comme le jacquez.

Financial Times, Bitter brew for coffee roasters as Vietnam adds to Brazil woes, 29/08/2021

Les mesures de confinement strictes qui ont été prises au Vietnam, le deuxiÚme plus grand producteur mondial de café, ont entraßné une hausse des prix des grains de café en raison des inquiétudes concernant l'approvisionnement des exportations. Le pays est en effet le principal exportateur de café robusta, qui est notamment utilisé pour le café instantané ainsi que pour certains mélanges d'espresso.

L'indice de rĂ©fĂ©rence des contrats Ă  terme sur le robusta a donc atteint fin aoĂ»t son plus haut niveau depuis quatre ans, Ă  2 043 dollars la tonne, soit une hausse de prĂšs de 50 % depuis le dĂ©but de l'annĂ©e. Toutefois, comme le prĂ©cise l’article, certaines entreprises, Ă  l’instar de Starbucks, ont des contrats de couverture Ă  long terme et ne ressentiront pas les effets de la hausse des prix sur les marchĂ©s internationaux des matiĂšres premiĂšres. Ainsi, le groupe Starbucks a dĂ©clarĂ© fin juillet qu'il avait fixĂ© le prix de son cafĂ© pour son exercice allant jusqu'Ă  septembre 2021 ainsi que pour l'exercice suivant. D'autres entreprises ont choisi d’augmenter leurs prix afin de compenser la hausse des coĂ»ts du cafĂ©.

Financial Times, Is this the world’s most buttery snack?, 22/08/2021

Parce qu’il est toujours intĂ©ressant de voir la maniĂšre dont les Ă©trangers perçoivent certains fleurons de notre gastronomie. Cette fois il s’agit du kouign amann.

DĂ©crit par le New York Times comme “la pĂątisserie la plus grasse de toute l'Europe” l’article renchĂ©rit en affirmant que “compte tenu de l'histoire de l'Europe en matiĂšre de crĂ©ation de pĂątisseries merveilleusement indulgentes”, il s’agit d’un compliment.

Avec l'aide des rĂ©seaux sociaux et d'entrepreneurs avisĂ©s, le kouign amann est devenu un produit incontournable dans le monde entier. Ainsi, on en trouve dĂ©sormais aussi bien Ă  Singapour qu’à Londres ou encore au Japon.

Wired, The Poop About Your Gut Health and Personalized Nutrition, 26/08/2021

Un article assez complet sur la nutrition personnalisée et ses promesses.

Comme l’explique Wired, la nutrition personnalisĂ©e, aussi appelĂ©e nutrition de prĂ©cision ou nutrition individualisĂ©e, est une branche Ă©mergente de la science qui utilise des algorithmes de machine learning et des technologies dites "omiques" (gĂ©nomique, protĂ©omique et mĂ©tabolomique) pour analyser ce que les gens mangent et prĂ©dire comment ils y rĂ©agissent. ConcrĂštement, les scientifiques, les nutritionnistes et les professionnels de la santĂ© prennent les donnĂ©es, les analysent et les utilisent Ă  diverses fins, notamment pour identifier les interventions en matiĂšre de rĂ©gime alimentaire et de mode de vie. La nutrition personnalisĂ©e a fait son apparition suite au sĂ©quençage du gĂ©nome humain, qui a dĂ©butĂ© en 1990 et s'est achevĂ© en 2003. Cela a en effet permis aux scientifiques de faire plus facilement et plus prĂ©cisĂ©ment le lien entre l'alimentation et la gĂ©nĂ©tique.

Et c’est un business de plus en plus florissant. Ainsi, en 2019, selon ResearchandMarkets.com, la nutrition personnalisĂ©e Ă©tait un marchĂ© de 3,7 milliards de dollars. D'ici 2027, elle devrait peser 16,6 milliards de dollars.

Des entreprises s’appuient sur ce concept de nutrition personnalisĂ©e pour vendre des produits et des services tels que des complĂ©ments alimentaires, des applis qui utilisent des algorithmes de machine learning pour fournir une analyse nutritionnelle d'un repas Ă  partir d'une photo. Certaines vont mĂȘme jusqu’à vous demander des Ă©chantillons de selles dont les rĂ©sultats sont utilisĂ©s pour crĂ©er des conseils diĂ©tĂ©tiques personnalisĂ©s.

En effet, comme l’explique l’article, c’est le microbiome intestinal qui est la clĂ© de la comprĂ©hension de la nutrition et qui constitue la base de l'essor de la nutrition personnalisĂ©e. Par consĂ©quent, les analyses de sang, d'urine, d'ADN et de selles font partie de la panoplie de la nutrition personnalisĂ©e que les chercheurs, les nutritionnistes et les professionnels de la santĂ© utilisent pour mesurer le microbiome intestinal et les substances chimiques qu'il produit. Toutefois, comme le prĂ©cise une chercheuse, "nous n'en sommes pas encore Ă  un point oĂč nous pouvons spĂ©cifier ou prĂ©dire avec prĂ©cision ce que vous devez manger pour modifier votre microbiome sur le long terme". Un autre chercheur met en garde sur le fait que, si les tests de microbiome permettent d'identifier une grande partie des milliers de microbes prĂ©sents dans l'intestin, les rĂ©sultats et les recommandations peuvent varier en fonction de la sociĂ©tĂ© Ă  laquelle vous faites appel, car les diffĂ©rentes sociĂ©tĂ©s utilisent des protocoles et des normes de qualitĂ© diffĂ©rents.

Live Kindly, 3-Michelin Star Restaurant Atelier Crenn Will Add Cultured Meat to the Menu, 23/08/2021

La cheffe française Dominique Crenn, trois étoiles au guide Michelin, a décidé de proposer de la viande cultivée in-vitro dans un de ses trois établissements.

L’Atelier Crenn s’est ainsi associĂ© Ă  Upside Foods (anciennement connu sous le nom de Memphis Meats) pour introduire son produit phare “Upside Chicken”.

Dominique Crenn a notamment dĂ©clarĂ© “quand j'ai goĂ»tĂ© [le poulet Upside], je me suis dit "OK, c'est ça, je pense que c'est l'avenir". En tant que personne servant de la nourriture tous les jours, je veux ĂȘtre capable d'amĂ©liorer ce monde, et c'est ce que je recherche dans les entreprises”.

La cheffe trois Ă©toiles a acceptĂ©, en plus de servir de la viande de culture Upside Foods dans ses restaurants, de fournir le dĂ©veloppement de recettes et des "conseils culinaires" Ă  l'entreprise. Cependant, Upside Chicken doit d'abord ĂȘtre homologuĂ© aux Etats-Unis.

Financial Times, A Paris supermarket relied on volunteers — then the pandemic hit, 30/08/2021

Il y a quelques mois, nous vous avons déjà parlé de la Louve, ce supermarché coopératif qui a ouvert ses portes en 2016 à Paris.

L’article s’intĂ©resse au problĂšme auquel La Louve a dĂ» faire face suite Ă  la pandĂ©mie de Covid-19 : comment faire fonctionner un commerce qui repose sur des bĂ©nĂ©voles ?

Comme l’explique Tom Boothe, l’un des co-fondateurs, "le magasin n'emploie que 10 personnes Ă  titre permanent et compte sur ses membres pour couvrir la majeure partie du travail”. Mais, lorsque la pandĂ©mie de Covid a frappĂ©, les milliers de membres de la coopĂ©rative qui se portent rĂ©guliĂšrement volontaires risquaient de crĂ©er un “cluster”.

Avant la pandĂ©mie, chaque adhĂ©rent devait effectuer un service de trois heures toutes les quatre semaines. L’auteur de l’article explique d’ailleurs qu’étant lui-mĂȘme adhĂ©rent de la Louve, il avait pour habitude d’effectuer son service le samedi matin, Ă  6 heures, pour rĂ©ceptionner les livraisons et approvisionner le rayon fruits et lĂ©gumes. Mais suite Ă  la pandĂ©mie, Tom Boothe a informĂ© les membres que la coopĂ©rative allait "passer d'un systĂšme de participation organisĂ©e" Ă  une "coopĂ©ration spontanĂ©e". Ainsi, il explique avoir demandĂ© aux adhĂ©rents de ne venir que pour faire leurs courses mais que s’ils/elles voyaient une boĂźte par terre ils/elles pouvaient la remettre sur l'Ă©tagĂšre. Cette dĂ©cision impliquait que La Louve, qui fonctionnait essentiellement avec ses quelques employĂ©s permanents, Ă©tait donc en sous-effectif. La coopĂ©rative a donc essayĂ© de s'en sortir en laissant par exemple les gens passer Ă  la caisse eux-mĂȘmes mais des problĂšmes tels que l'augmentation des vols Ă  l'Ă©talage et les blessures du personnel sont vite apparus. La Louve a donc Ă©tĂ© contrainte d’embaucher du personnel supplĂ©mentaire.


AprĂšs six mois de travail et d’échanges avec des experts de l’alimentation, MediacitĂ©s dĂ©bute la publication de la sĂ©rie « Se nourrir dans nos villes ». Cantines scolaires, malbouffe, initiatives pour manger sain et local
 Au menu, une trentaine d’articles pour comprendre les mutations Ă  l'Ɠuvre dans nos assiettes.

C’est à lire ici.


Gambero Rosso, Oyasai Crayons: Japanese crayons made with food waste scraps, 26/08/2021

Dans la famille anti-gaspillage alimentaire je vous présente les crayons de couleur.

Cela se passe au Japon oĂč les crayons Oyasai de Mizuiro Inc. sont proposĂ©s dans une gamme de 10 couleurs et fabriquĂ©s d’une part Ă  partir de cire de son de riz et de l'huile de son de riz solides, deux sous-produits du processus de polissage du riz. Pour les pigments, l’entreprise utilise des restes d'oignon, de patate douce, de bardane (une plante herbacĂ©e), de maĂŻs, de carotte, de pomme, de pomme de terre violette, de cassis, ou encore de takesumi (charbon de bambou).


D’aprĂšs un article de Live Kindly, un nouveau documentaire intitulĂ© Meat Me Halfway met en avant l'idĂ©e qu'il n'est pas nĂ©cessaire d'ĂȘtre complĂštement vĂ©gan pour avoir un impact positif profond sur soi-mĂȘme, les animaux ou l'environnement. Selon ce documentaire il existe un chemin accessible Ă  tous pour rĂ©duire sa consommation de viande de diverses maniĂšres afin de protĂ©ger la planĂšte. Meat Me Halfway soutient que le fait d'amener les mangeurs de viande Ă  rĂ©duire simplement (et non Ă  supprimer) la quantitĂ© de viande qu'ils consomment est la clĂ© pour en finir avec l’élevage industriel.

Le documentaire est pour le moment disponible sur les principales plateformes de streaming mais uniquement en version originale. Ne l’ayant pas encore vu je m’abstiens pour le moment d’en faire une critique.

France 5, Du rififi dans le surimi

BĂątonnets, dĂ©s, suprĂȘmes, mĂ©daillons, rillettes, rĂąpĂ©, dĂ©coupĂ© en tranche : le surimi existe sous toutes les formes. Apparu sur le marchĂ© europĂ©en il y a une vingtaine d'annĂ©es, son succĂšs est fulgurant. Chaque famille française en mange en moyenne trois kilos par an : l'Hexagone est le second consommateur mondial aprĂšs le Japon. Ni gras, ni trop protĂ©inĂ©, le surimi n'est composĂ© ni de crabe ni de dĂ©chets de poissons. Pourtant, Ă  l'origine, ce produit est un art. AppelĂ© Kamaboko au Japon, signifiant "chair de poisson", le surimi traditionnel en contient presque 100%. Du surimi japonais cinq Ă©toiles au bĂątonnet de crabe industriel, le secret de sa recette commence Ă  600 mĂštres de profondeur dans l'ocĂ©an.

Disponible en replay jusqu'au 04/11/21.


En parlant de kouign amann


Cette sĂ©rie de tweets d’un amĂ©ricain qui s’extasie suite Ă  un repas Ă  la Pataterie a bien fait rire la twittosphĂšre

Le monde d’aprùs ressemble fortement au monde d’avant
 ici un livreur de repas qui livre une commande alors que des pluies torrentielles s’abattaient sur New York


Food Karma #11 | Pascale Weeks | Manger bon tous les jours grĂące au batch cooking, 26/08/2021

Sur le Champ #11 | La rĂ©tro – innovation en transhumance | Olivier et FloĂ© – La bergerie de Coucourde, 01/09/2021

Eat’s Business SpĂ©cial EtĂ© | Champagne Russe, Carrefour investit dans Cajoo et foie gras en labo, 07/09/2021


C’est tout pour aujourd’hui.

Si vous apprĂ©ciez cette newsletter n’hĂ©sitez pas Ă  la partager.

Et si vous voulez vous pouvez mĂȘme me payer un cafĂ© ;-)

Offrir un café

A la semaine prochaine!

O. Frey