đŸŒŸđŸ‡đŸ„ Eat's business đŸ•đŸ·đŸ§€ 2021-29

Bonjour Ă  toutes et Ă  tous, je vous propose cette newsletter dans laquelle vous trouverez quelques articles sur le monde de l’alimentaire qui m’ont semblĂ© intĂ©ressants dans la semaine prĂ©cĂ©dente. 

Pour ceux qui veulent la formule ristretto, les 3 articles que je vous conseille de lire en prioritĂ© cette semaine sont : 

Bonne lecture et bonne semaine Ă  toutes et Ă  tous!

Pour celles et ceux d’entre vous qui ont plus de temps pour la formule lungo :


Le Figaro, Labels alimentaires : deux nouvelles études révÚlent les écarts entre promesses et réalité, 28/09/2021

Plusieurs organismes (UFC-Que Choisir, WWF, Greenpeace et le Bureau d'analyse sociétale Basic) ont lancé deux études en parallÚle, la premiÚre pour vérifier la conformité des démarches par rapport aux exigences définies des SIQO (Signes officiels de qualité et d'origine) et analyser les raisons de non-conformité de certains produits. La seconde sur les démarches publiques et privées pour évaluer les impacts environnementaux et socio-économiques.

Ainsi, la premiĂšre Ă©tude s’est focalisĂ©e sur les cahiers des charges de huit AOP fromagĂšres, dont la promesse est «la fabrication d'un produit faite selon un savoir-faire reconnu dans une mĂȘme zone gĂ©ographique» et douze viandes Label Rouge qui garantissent «un produit de qualitĂ© supĂ©rieure». D’aprĂšs les rĂ©sultats de l’étude, trois AOP fromagĂšres sur les huit Ă©tudiĂ©es ne devraient pas bĂ©nĂ©ficier de l'appellation et le porc Label Rouge ne possĂšderait que peu de diffĂ©renciation avec le porc non Label Rouge.

La deuxiĂšme a Ă©tudiĂ© en dĂ©tail onze grandes dĂ©marches (dont AB, Agri Confiance, Haute Valeur Environnementale, AOP, Bleu Blanc CƓur ou C'est Qui le Patron) en les comparant Ă  travers sept critĂšres environnementaux (dĂ©rĂšglement climatique, pollution de l'air, dĂ©gradation des sols
) et sept critĂšres socio-Ă©conomiques (santĂ© humaine, bien-ĂȘtre animal, conditions de travail ou encore cohĂ©sion sociale).

Parmi les principaux rĂ©sultats : le bio «sort son Ă©pingle du jeu», avec notamment les bĂ©nĂ©fices socio-Ă©conomiques et environnementaux «les plus forts et les plus avĂ©rĂ©s» en terme d'impact notamment sur la santĂ© humaine. A l’inverse, la Haute Valeur Environnementale (HVE) n’a obtenu qu’une note de 1 sur 5 sur les critĂšres de santĂ© humaine, de biodiversitĂ© ou de ressources en eau.

Seule la deuxiĂšme Ă©tude est disponible en ligne ici.

RĂ©ussir, Les jeunes ont une opinion bien tranchĂ©e sur l’agriculture, 27/09/2021

D’aprĂšs un sondage en ligne rĂ©alisĂ© par BVA en avril dernier, si 71% des Français ont une trĂšs bonne opinion de l’agriculture, ils ne sont que 62 % chez les moins de 35 ans et 56% chez les 18-24 ans. Par ailleurs, les rĂ©sultats du sondage montrent qu’entre « une agriculture majoritairement bio quitte Ă  rĂ©duire notre production et devoir importer » et « une agriculture raisonnĂ©e qui assure notre indĂ©pendance alimentaire et Ă©vite de devoir importer », 47% des 18-24 ans dĂ©clarent choisir la premiĂšre option, contre seulement 20% chez les plus de 35 ans.

Lors de l’assemblĂ©e gĂ©nĂ©rale d’#agridemain, un dĂ©bat (qui peut ĂȘtre visionnĂ© en ligne ici) s’est tenu sur la relation que les jeunes entretiennent avec l’agriculture.

Parmi les conclusions de ce dĂ©bat : pour mieux toucher les 18-30 ans, l’agriculture va devoir faire un effort de communication, notamment via des reportages et des tĂ©moignages sur les rĂ©seaux sociaux. Florence Gramond, directrice du dĂ©partement agriculture de BVA, a d’ailleurs pointĂ© quelques erreurs du monde agricole, comme les fermes pĂ©dagogiques avec lesquelles la profession s’est “peut-ĂȘtre trompĂ©(e) de cible” car “ça vĂ©hicule une agriculture Ă  la PrĂ©vert auprĂšs des enfants” plutĂŽt que de viser les adolescents. Parmi les autres solutions Ă©voquĂ©es lors du dĂ©bat : instaurer un dialogue avec les jeunes Ă  travers la cuisine et le goĂ»t.

Le Figaro, Le renouvellement des gĂ©nĂ©rations, dĂ©fi existentiel pour l’agriculture française, 27/09/2021

Comme l’a bien rĂ©sumĂ© le ministre de l’Agriculture, Julien Denormandie, il s’agit d’un “dĂ©fi colossal” pour le monde agricole. Les chiffres parlent d’eux mĂȘmes : 55 % des exploitants agricoles sont ĂągĂ©s de plus de 50 ans et 45 % des exploitants auront atteint l’ñge de la retraite d’ici Ă  2026. Les experts estiment ainsi qu’entre un tiers et la moitiĂ© des producteurs agricoles français cesseront effectivement leur activitĂ© dans les dix annĂ©es Ă  venir.

Comme l’explique Le Figaro, le problĂšme de l’attractivitĂ© de l’agriculture tient en partie au fait que “les difficultĂ©s Ă©conomiques des filiĂšres rebutent nombre de vocations”, ce qui fait que “le mĂ©tier est donc trop ingrat financiĂšrement pour voir affluer les postulants”.

Les Echos, Leonardo DiCaprio, nouveau parrain de la viande in vitro, 23/09/2021

AprĂšs les acteurs qui investissent dans les spiritueux, voici dĂ©sormais les acteurs qui investissent dans la viande in-vitro. L’acteur Leonardo Di Caprio vient en effet de faire deux investissements dans des startups de ce secteur, Ă  savoir la hollandaise Mosa Meat et l'israĂ©lienne Aleph Farms. Selon les dires de Leo, « Mosa Meat et Aleph Farms offrent de nouvelles façons de satisfaire la demande mondiale de viande de boeuf, tout en rĂ©solvant certains des problĂšmes les plus pressants de la production industrielle actuelle de viande bovine ».

France Inter, Six questions sur la défiscalisation des pourboires au restaurant par carte bancaire, 27/09/2021

D’aprĂšs une Ă©tude CSA, 35 % des Français ne laissent pas de pourboire par manque de monnaie. Comme l’explique l’article, de plus en plus de gens ont pris l’habitude de laisser un pourboire par carte bancaire.

Alors qu’Emmanuel Macron vient d’annoncer que les pourboires par carte bancaire seront dĂ©fiscalisĂ©s dans l’hĂŽtellerie et la restauration pour l’annĂ©e 2022 plusieurs questions se posent.

1) Comment cela va se passer? Quand vous rĂ©glerez l’addition avec votre carte, vous pourrez ajouter une petite somme supplĂ©mentaire destinĂ©e au serveur

2) Quel objectif ? Afin de rendre le métier de serveur plus attractif, le gouvernement souhaite que le pourboire redevienne un vrai complément de salaire, comme dans certains pays étrangers.

3) Comment cela fonctionnait jusqu’à prĂ©sent ? Il n’y aucune obligation en France sur les pourboires. Selon l’article, la coutume voudrait qu’on laisse 5% de l’addition. Et c’est en 1987 qu’un arrĂȘtĂ© a intĂ©grĂ© le service dans l’addition.

4) Comment cela se passe Ă  l’étranger? Aux États-Unis, au Canada ou encore en Australie, une partie des revenus des serveurs et barmans dĂ©pendent des "tips" et le pourboire reprĂ©sente entre 10 et 20% de l’addition finale. Dans ces pays, les prix affichĂ©s sur les cartes ne comptent pas le service. En Angleterre, en Espagne, au Portugal, en Hongrie, le pourboire est souvent inclus dans l’addition. Au Japon, par contre, donner un pourboire peut ĂȘtre considĂ©rĂ© comme un manque de respect.

5) Qu’en pensent les premiers intĂ©ressĂ©s? Evidemment ils sont pour. Pour Roland HĂ©guy, le prĂ©sident confĂ©dĂ©ral de l’UMIH, “ça peut participer Ă  amĂ©liorer les conditions. Cet outil peut-ĂȘtre attractif pour les salariĂ©s”. Reste que de l’avis de certains restaurateurs ce n’est pas tant un problĂšme de salaires qu’un problĂšme d’horaires de travail.

EspĂ©rons en tout cas que ça redonnera envie Ă  certains serveurs parisiens d’ĂȘtre plus aimables avec les clients


L’OBS, Le cordon-bleu, « fer de lance des produits alimentaires ultra-transformĂ©s Â», bientĂŽt exclu des cantines scolaires Ă  Lyon, 01/10/2021

Voilà un débat comme on les aime.

Tout est parti d’une dĂ©cision de la mairie de Lyon qui a annoncĂ©, par l’intermĂ©diaire de Gautier Chapuis, conseiller dĂ©lĂ©guĂ© Ă  l'Alimentation locale et Ă  la SĂ©curitĂ© alimentaire, la suppression des cordons bleus dans les cantines scolaires de la ville. La raison Ă©voquĂ©e : “le cordon-bleu est un peu le fer de lance des produits alimentaires ultra-transformĂ©s, et Ă  ce titre il n'a plus de raison d'ĂȘtre dans les menus des Ă©lĂšves lyonnais”. 

Evidemment cette décision a provoqué de nombreuses réactions
 Et vous? Etes-vous pour ou contre les cordons-bleus à la cantine scolaire?

LSA, Quick commerce : Gorillas lĂšve 950 millions de dollars !, 24/09/2021

Pas une semaine sans une info sur le Qcommerce. Cette fois-ci c’est la startup allemande Gorillas qui vient de rĂ©aliser une nouvelle levĂ©e de fonds record pour le secteur du retail, avec prĂšs de 950 millions de dollars. A noter que la sociĂ©tĂ© de livraison allemande Delivery Hero et le conglomĂ©rat chinois Tencent ont participĂ© Ă  cette levĂ©e de fonds.

Cette levée de fonds va servir à consolider les positions de Gorillas en Allemagne, au Royaume-Uni, en Espagne et en France.

L'entreprise est dĂ©sormais valorisĂ©e 3 milliards de dollars (soit plus que le groupe français Casino qui a une capitalisation boursiĂšre de 2,5 milliards d’euros).

Le Figaro, L’élevage d’insectes dĂ©diĂ©s Ă  la nutrition en plein essor en France, 29/09/2021

La France possĂšde 3 startups de premier plan dans la production d’insectes Ă  destination de l’alimentation animale : Ynsect, Innovafeed et Agronutris. Cette derniĂšre vient de sĂ©curiser un financement de 98 millions d’euros sous la forme d’une levĂ©e de fonds de 50 millions d'euros auprĂšs de BPI France, de Mirova (filiale de Natixis), du groupe de complĂ©ments alimentaires Nutergia, et de l'investisseur Bertrand Jelensperger, complĂ©tĂ©e par un financement bancaire de 40 millions et de 8 millions octroyĂ©s dans le cadre du plan de relance. Cet argent servira Ă  financer la construction de son premier site industriel de production Ă  Rethel (Ardennes).

Les Echos, Quand les marques de restauration et d'alimentaire estompent leurs frontiĂšres, 02/10/2021

Un article intĂ©ressant sur l’hybridation entre les marques vendues dans la distribution et celles de restauration.

L’article donne l’exemple de l’entreprise suĂ©doise Picadeli, connue pour ses bars Ă  salades implantĂ©s dans les supermarchĂ©s un peu partout dans l’Hexagone. Cette derniĂšre vient d’ouvrir son tout premier restaurant en France (dans le centre commercial Les 4 Temps Ă  La DĂ©fense). Selon David Bicheron, directeur gĂ©nĂ©ral Picadeli France et Belgique, “l'Ă©tablissement est un porte-drapeau pour la marque et doit dĂ©velopper sa notoriĂ©tĂ©. Il nous sert aussi de laboratoire pour tester de nouveaux concepts”.

D’autres, comme Mavrommatis ou Les Niçois, ont fait le chemin inverse de Picadeli. Il s’agit Ă  la base de restaurants qui ont lancĂ© par la suite des produits en grande distribution. Les Niçois ont mĂȘme rĂ©ussi Ă  faire rĂ©fĂ©rencer 4 de leurs produits chez Whole Foods aux Etats-Unis.

Comme l’explique Maria Bertoch, experte Foodservice France de The NPD Group, « le Royaume-Uni a Ă©tĂ© pionnier dans ce mĂ©lange des types de consommation entre les univers des grandes surfaces et de la restauration” et en France “le fait que des agrĂ©gateurs comme Uber Eats et Deliveroo pratiquent aussi bien la livraison de plats que celle de courses contribue Ă  accĂ©lĂ©rer le phĂ©nomĂšne”.

Le Monde, En SuÚde, le vin doucement mais sûrement, 28/09/2021

Et oui, le réchauffement climatique permet à certains pays insoupçonnés il y a encore de cela quelques années de produire du vin.

On apprend ainsi dans l’article que du vin est produit dans le sud de la SuĂšde par 250 vignerons sur une surface totale d’environ 120 hectares. Alors certes c’est peu par rapport Ă  la production hexagonale et la majoritĂ© des vignerons suĂ©dois reste des amateurs. NĂ©anmoins, ce qui paraissait encore farfelu il y a Ă  peine 5 ans est aujourd’hui rĂ©alitĂ©. C’est le cas par exemple de ce couple qui a dĂ©cidĂ© en 2016 de se lancer dans la viticulture et qui se retrouve 5 ans plus tard Ă  la tĂȘte d'un vignoble de 5 hectares et espĂšre produire environ 4 500 bouteilles cette annĂ©e.  

Et le succĂšs semble ĂȘtre au rendez-vous car la qualitĂ© de ces vins s’est amĂ©liorĂ©e d’annĂ©e en annĂ©e, au point de “concurrencer les blancs allemands”.

A terme, la prĂ©sidente de l’organisation Oenologi & Vitikultur estime que la SuĂšde pourrait avoir environ 10 000 hectares de vigne.  

Le Figaro, Le vin, ça se partage
 sur Tik Tok, 27/09/2021

Comme le dit bien l’article, “à premiĂšre vue, il n’existe aucun lien entre le monde du vin, trĂšs codifiĂ©, et Tik Tok, un rĂ©seau social pour (trĂšs) jeunes lancĂ© en septembre 2016”.

Mais Emile Coddens, 24 ans et second de chai du domaine Plou et Fils s’est lancĂ© sur le rĂ©seau et cartonne. Le jeune homme s’est lancĂ© sur TikTok lors du 1er confinement et il compte dĂ©sormais plus de 465 000 followers. Il y prĂ©sente le domaine, donne des explications sur la fabrication du vin, le bio, les types de bouchons, le raisin
 Et comme l’explique l’article, “ne se fixe pas de limite sur les sujets abordĂ©s et rĂ©pond aux questions que se posent ses followers”. Comme il le prĂ©cise, “je me suis toujours dit: Tout ce qui est en rapport avec le vin, tu peux le filmer et le montrer. Je m’étais fixĂ© cette consigne, de dire ce que je pense, ma vision des choses, sans jamais prendre partie”. Son succĂšs est tel qu’il a sorti un ouvrage le 22 septembre dernier intitulĂ© â€œLe vin ça se partage”.

Pour une filiĂšre qui souffre d’une image vieillotte et trop codĂ©e, une telle initiative est intĂ©ressante Ă  suivre. D’une part l’audience d’Emile Codden est relativement jeune (environ 12-25 ans) et donc pas forcĂ©ment connaisseuse du vin. L’histoire ne dit pas par contre si son employeur a bĂ©nĂ©ficiĂ© de sa notoriĂ©tĂ© soudaine pour augmenter ses prix ou s’il a vendu beaucoup plus de bouteilles.


Financial Times, Soaring pea costs set to hit plant-based meat producers, 28/09/2021

Les entreprises spĂ©cialisĂ©es dans les alternatives vĂ©gĂ©tales Ă  la viande et qui utilisent le pois comme ingrĂ©dient principal risquent d'ĂȘtre touchĂ©es par la grave sĂ©cheresse qui sĂ©vit au Canada cette annĂ©e et qui a entraĂźnĂ© une flambĂ©e des prix. C’est le français Roquette qui a tirĂ© la sonnette d’alarme fin septembre en dĂ©clarant que le secteur des protĂ©ines vĂ©gĂ©tales Ă©tait "confrontĂ© Ă  une situation sans prĂ©cĂ©dent", que la disponibilitĂ© des pois Ă©tait "remise en cause" et que les augmentations de prix "conduiraient inĂ©vitablement Ă  un transfert des coĂ»ts vers les clients".

Le prix des pois a plus que doublé au Canada, le plus grand producteur mondial ayant subi de fortes baisses de production aprÚs la pire sécheresse du siÚcle. L'Europe a souffert de faibles rendements et en France, un autre grand pays producteur de pois, la récolte a été sévÚrement endommagée par le temps humide pendant la récolte selon Roquette.

Bien qu'ils ne reprĂ©sentent que 2 % de l'ensemble des protĂ©ines vĂ©gĂ©tales, les pois sont la catĂ©gorie qui connaĂźt la plus forte croissance dans l'industrie alimentaire. Ils bĂ©nĂ©ficient en effet d’une meilleure image que le soja. Plusieurs grandes entreprises du secteur se sont ainsi tournĂ©es vers le pois pour fabriquer leurs alternatives vĂ©gĂ©tales Ă  la viande, Ă  l’instar de Beyond Meat, NotCo, Meatless Farm, Tyson ou NestlĂ©.

Une hausse des prix n’est donc pas à exclure pour ces produits.

Financial Times, The pear is the prince of fruits. You just need to know when to eat them,

Un article intĂ©ressant Ă  propos d’un fruit dont on ne parle pas trĂšs souvent : la poire.

On y apprend notamment que cette annĂ©e la rĂ©colte de poires a Ă©tĂ© compliquĂ©e dans toute l'Europe Ă  cause d’un printemps humide et froid, juste au moment oĂč la pollinisation aurait dĂ» avoir lieu. En aoĂ»t dernier, la World Apple and Pear Association a ainsi annoncĂ© que la rĂ©colte de poires de l'UE devrait diminuer de 28 % par rapport Ă  2020.

Du cĂŽtĂ© de la consommation, le nombre de poires mangĂ©es par habitant est en baisse constante depuis le dĂ©but des annĂ©es 2000, mĂȘme dans les pays habituellement gros consommateurs comme l'Espagne et l'Italie. Les enquĂȘtes auprĂšs des consommateurs ont montrĂ© que la principale raison du rĂ©cent dĂ©clin des ventes de poires, en plus des inconvĂ©nients perçus de sa jutositĂ© et de sa forme, est le "manque de saveur".

Mais, comme l'Ă©crivait Edward Bunyard dans The Anatomy of Dessert en 1929, la poire "cache ses secrets aux simples affamĂ©s" car elle doit ĂȘtre cueillie non mĂ»re mais mangĂ©e mĂ»re.

Wall Street Journal, Robots Take Over Italy’s Vineyards as Wineries Struggle With Covid-19 Worker Shortages, 03/10/2021

En Italie, comme un peu partout dans le monde, les problĂšmes de main d’oeuvre ont pris une tournure inĂ©dite avec la fermeture des frontiĂšres suite Ă  la crise sanitaire. Les viticulteurs italiens ont Ă©tĂ© particuliĂšrement touchĂ©s par cette pĂ©nurie de saisonniers l’an dernier. A tel point que certains ont dĂ©cidĂ© d’investir dĂšs cette annĂ©e plusieurs dizaines de milliers d’euros dans des robots vendangeurs.

L’article s’intĂ©resse donc Ă  l’automatisation croissante des vignobles en Europe et suit notamment un vigneron toscan qui a sautĂ© le pas malgrĂ© la petite taille de son exploitation viticole (13 hectares).

The Counter, Lab-grown meat is supposed to be inevitable. The science tells a different story,

Un article complet et critique sur l’avenir de la viande in-vitro et la vision un peu trop optimiste qu’en donne le Good Food Institute. Le Good Food Institute est un organisme qui milite pour le dĂ©veloppement de la viande in-vitro et exhorte les gouvernements du monde entier Ă  investir dans la viande in-vitro.

L’article met notamment en avant une analyse critique d’un rĂ©cent rapport rĂ©alisĂ© par le Good Food Institute. En effet, ce rapport prĂ©voit, selon un expert, des baisses de coĂ»ts irrĂ©alistes et laisse des aspects clĂ©s du processus de production de la viande in-vitro non dĂ©finis, tout en sous-estimant considĂ©rablement les dĂ©penses et la complexitĂ© de la construction d'une installation appropriĂ©e pour une production Ă  grande Ă©chelle. D’ailleurs l’article prĂ©cise que Open Philanthropy (qui est l'un des principaux bailleurs de fonds de Good Food Institute) avait rĂ©alisĂ© quelques mois plus tĂŽt sa propre Ă©tude sur le sujet. Selon cette derniĂšre, une industrie de la viande in-vitro mature et Ă  grande Ă©chelle pourrait Ă©ventuellement atteindre un ratio de seulement trois Ă  quatre calories entrantes pour chaque calorie sortante, contre 10 pour le poulet et 25 pour le bƓuf. Elle concluait nĂ©anmoins que la viande in-vitro ne serait probablement jamais un aliment compĂ©titif en termes de coĂ»ts.

The Economist, Treating beef like coal would make a big dent in greenhouse-gas emissions, 02/10/2021

Un article qui présente de maniÚre graphique les émissions de gaz à effet de différents produits alimentaires.

Le postulat de l’article est de dire que si l’on traitait le bƓuf comme on traite le charbon, cela permettrait de rĂ©duire considĂ©rablement les Ă©missions de gaz Ă  effet de serre. En effet, d’aprĂšs l’article, l'impact de l'alimentation sur les Ă©missions de gaz Ă  effet de serre (GES) peut passer inaperçu.

L’article prĂ©sente ainsi diffĂ©rents graphiques comparant le boeuf Ă  d’autres aliments.

Marketwatch, Thailand Covid: Idle taxis used to grow food for out-of-work drivers, 17/09/2021

Voilà une idée un peu loufoque mais qui finalement a du sens. Face aux sévÚres restrictions imposées par la Thaïlande en réponse à la crise sanitaire de nombreux chauffeurs de taxi se sont retrouvés au chÎmage et ont quitté Bangkok pour retourner dans leurs villages d'origine en laissant leurs taxis derriÚre eux.

Aujourd'hui, une entreprise a décidé d'utiliser les toits des taxis inactifs pour en faire de petits potagers avec pour objectif de nourrir les chauffeurs et autres employés au chÎmage. Les employés de la coopérative de taxis de Ratchaphruek ont donc construit des jardins miniatures en tendant des sacs poubelles noirs sur des cadres en bambou et en les recouvrant de terre. Ils ont ensuite planté diverses cultures, notamment des piments, des concombres et des courgettes.


France Stratégie, Pour une alimentation saine et durable, Septembre 2021

La France est confrontĂ©e Ă  des dĂ©fis multiples : Ă©conomique, avec un enjeu d’autonomie alimentaire ; Ă©conomique et social avec un vieillissement de la population agricole, un manque d’attractivitĂ© et la faiblesse des revenus des mĂ©tiers de l’agriculture ; environnemental, car l’agriculture et l’alimentation constituent une source non nĂ©gligeable de gaz Ă  effet de serre et de pollutions diffuses ; de santĂ© publique, avec un taux d’obĂ©sitĂ© Ă  un niveau historiquement Ă©levĂ© mĂȘme s’il reste plus faible que chez la plupart de nos voisins europĂ©ens, et avec des modes de production agricole qui ont contribuĂ© Ă  l’émergence de nouvelles prĂ©occupations liĂ©es aux contaminants chimiques.

Dans ce rapport, France Stratégie propose un large spectre de recommandations :

  • Proposer un meilleur accompagnement du consommateur est nĂ©cessaire. Cela passe d’abord par l’éducation Ă  l’alimentation, tout au long de la vie. Au-delĂ  du choix des aliments, les consommateurs doivent ĂȘtre sensibilisĂ©s aux modes de consommation, forts contributeurs aux inĂ©galitĂ©s de santĂ©, ainsi qu’à l’activitĂ© physique, dans le cadre d’une approche unifiĂ©e de la nutrition.

  • AmĂ©liorer l’information nutritionnelle et environnementale auprĂšs du consommateur, notamment via l’étiquetage. En effet, le consommateur est confrontĂ© aux moyens publicitaires et aux stratĂ©gies marketing des producteurs et marchands de produits de faible qualitĂ© nutritionnelle. La publicitĂ© doit ainsi ĂȘtre mieux encadrĂ©e.

  • Utiliser les leviers de la fiscalitĂ© comportementale ; il faut ainsi notamment Ă©valuer la faisabilitĂ© et l’intĂ©rĂȘt de la proposition discutĂ©e au Parlement europĂ©en de moduler la TVA sur les aliments en fonction des bĂ©nĂ©fices nutritionnels et de leur empreinte carbone. 

  • AmĂ©liorer l’accĂšs Ă  une alimentation de qualitĂ© qui, souvent, diffĂšre suivant les territoires et les publics ;

  • Renforcer les moyens allouĂ©s Ă  l’aide alimentaire et sa qualitĂ©. 

  • Soutenir les actions locales en renforçant les partages d’expĂ©riences entre collectivitĂ©s locales.


Evidemment, je ne pouvais pas passer Ă  cĂŽtĂ© d’une telle info ;)

Pour alimenter le débat sur les cordons bleus

L’équipe premier degrĂ© a encore frappĂ©

Effectivement, nous étions en pensée avec elles pendant cette panne ;)

Une parodie sympa sur les dark kitchen


Eat’s Business, Episode 28, 28/09/2021

Basics of Bouffe | Saison #2 – L’ Italie | Alessandra Pierini – RAP, 04/10/2021


C’est tout pour aujourd’hui.

Si vous apprĂ©ciez cette newsletter n’hĂ©sitez pas Ă  la partager.

Et si vous voulez vous pouvez mĂȘme me payer un cafĂ© ;-)

Offrir un café

A la semaine prochaine!

O. Frey