đŸŒŸđŸ‡đŸ„ Eat's business đŸ•đŸ·đŸ§€ 2021-28

Bonjour Ă  toutes et Ă  tous, je vous propose cette newsletter dans laquelle vous trouverez quelques articles sur le monde de l’alimentaire qui m’ont semblĂ© intĂ©ressants dans la semaine prĂ©cĂ©dente. 

Pour ceux qui veulent la formule ristretto, les 3 articles que je vous conseille de lire en prioritĂ© cette semaine sont : 

Bonne lecture et bonne semaine Ă  toutes et Ă  tous!

Pour celles et ceux d’entre vous qui ont plus de temps pour la formule lungo :


Madame Figaro, Pourquoi il ne faudrait plus manger de poke bowl, 16/09/2021 + LibĂ©ration, Poke bowl, l’indigestion, 07/09/2021

D’aprĂšs une Ă©tude rĂ©alisĂ©e par Deliveroo, le poke bowl est le 2Ăš plat le plus commandĂ© au monde sur l’appli derriĂšre le cheeseburger. Ainsi, comme le prĂ©cise Madame Figaro, la mode du poke bowl a gagnĂ© Paris et la province depuis maintenant 5 ans, surfant sur la vague de la “healthy food”.

Toutefois, comme le rappelle LibĂ©ration, le poke bowl tel que nous le connaissons en France “n’a parfois plus grand-chose Ă  voir avec la recette traditionnelle hawaĂŻenne du poke”, qui comprend du poisson de la pĂȘche du jour coupĂ© en dĂ©s associĂ© Ă  de l’huile de sĂ©same, du gingembre, des oignons et des lĂ©gumes locaux. Chez nous le poke bowl se dĂ©cline dĂ©sormais en de nombreuses versions avec des ingrĂ©dients aussi variĂ©s que des falafels, du tofu, voire du poulet panĂ© ou du porc au caramel. Bref cela n’a plus grand chose Ă  voir avec l’original.

Le plat plaĂźt Ă©galement pour son cĂŽtĂ© “diĂ©tĂ©tique”. Selon Alexandra Retion, diĂ©tĂ©ticienne, il contient des protĂ©ines, des vitamines, des fibres et des glucides, soit “tout ce dont le corps a besoin rĂ©uni en un seul plat”. Toutefois, comme le prĂ©cise Ninon Gouronnec, chargĂ©e de cuisine durable Ă  la Fondation Good Planet, “le riz utilisĂ© par la plupart des enseignes n'a pas le mĂȘme bienfait que celui qu'on lui attribue d'ordinaire” car il est “trop blanc, trop cuit...” et donc “son indice glycĂ©mique augmente”.

Autre critique : l’empreinte environnemental d’un poke bowl. Il est en effet composĂ©e en grande partie de saumon (une espĂšce qui est selon LibĂ©ration menacĂ©e de disparition Ă  l’état sauvage et dont l’élevage industriel est trĂšs polluant), d’avocat (dont la culture menace les rĂ©serves en eau notamment au Mexique, le premier producteur mondial) ou de mangue. Ces deux derniers produits Ă©tant, comme le rappelle Ninon Gouronnec, transportĂ©s par avion, bateau et camion avant d'ĂȘtre stockĂ©s dans des chambres de maturation.

Les Echos, Transition Ă©cologique : pourquoi le colza va devenir incontournable, 15/09/2021

Focus sur ce que l’on nomme dĂ©sormais “l’or jaune vĂ©gĂ©tal”, le colza.

Comme l’explique l’article, le colza est une “plante aux fleurs jaune acide et Ă  l'odeur proche du chou”. Le colza est un olĂ©agineux et est cultivĂ© au nord de la Loire et jusqu'en Scandinavie. Un des avantages du colza est “de produire des graines aussi riches en protĂ©ines que le soja aprĂšs extraction de l'huile”. Mais surtout, le colza a de nombreuses applications. On l’utilise aussi bien pour fabriquer de la colle, des glaces, de la viande, des agrocarburants et mĂȘme des composants automobiles.

En France, le spĂ©cialiste du colza s’appelle Avril (anciennement SofiprotĂ©ol). Si le groupe est surtout connu du grand public pour ses marques d'huiles Lesieur et Puget, il fait partie des quatre + importants triturateurs de colza en Europe, derriĂšre les filiales des amĂ©ricains Cargill, Bunge et ADM. Le groupe rĂ©alise un chiffre d'affaires de 5,8 milliards d'euros et emploie prĂšs de 7 600 salariĂ©s.

L’article nous apprend Ă©galement que, jusqu'au dĂ©but des annĂ©es 2000, il n’existait que 2 dĂ©bouchĂ©s pour le colza, Ă  savoir les biocarburants et tourteaux. Mais dĂ©sormais, de nouveaux dĂ©bouchĂ©s ont vu le jour car “la pression environnementale pousse les industriels Ă  utiliser des matiĂšres premiĂšres vĂ©gĂ©tales moins contestĂ©es”. Ainsi, on utilise du colza pour fabriquer des biolubrifiants, qui sont utilisĂ©s notamment dans la marine. On utilise Ă©galement des dĂ©rivĂ©s du colza pour fabriquer les mousses des siĂšges automobiles ainsi que les panneaux d'isolation thermique des vĂ©hicules.

Le colza a Ă©galement un horizon bien dĂ©gagĂ© dans tout ce qui touche Ă  l’alimentation humaine. On peut en effet l’utiliser pour rĂ©aliser des galettes, des substituts vĂ©gĂ©taux Ă  la viande, des boissons et mĂȘme des glaces, des desserts et des barres pour sportifs.

Le seul problĂšme de cette culture en France : des surfaces qui stagnent et des rendements qui baissent. Ainsi, aprĂšs un pic de 1,5 million de tonnes en 2017, les rĂ©coltes sont redescendues Ă  1 million de tonnes l'an dernier.

Republic-retail, Le supermarchĂ© en ligne PicNic lĂšve 600 millions d’euros et sĂ©duit la fondation Bill & Melinda Gates, 16/09/2021 + ECommerce Mag, Picnic : "Nous voulons nous adresser Ă  un marchĂ© de masse", 20/09/2021

La startup nĂ©erlandaise PicNic vient d’annoncer l’une des plus grosses levĂ©es de fonds de ces derniers mois. Avec 600 millions d’euros, il s’agit, selon l’article, d’un nouveau record pour le secteur du retail. Cette levĂ©e de fonds est dĂ©jĂ  la 5Ăš pour PicNic (aprĂšs avoir levĂ© 10 millions d’euros en 2015, 35 millions d’euros en 2016, 100 millions d’euros en 2017 et 250 millions d’euros en 2018). Cette fois-ci, en plus des 4 investisseurs historiques, c’est la fondation Bill et Melinda Gates qui fait son entrĂ©e au capital. L’entreprise fait Ă©videmment son entrĂ©e dans le cercle fermĂ© des licornes.

PicNic vient par ailleurs de valider son test dans la région de Valenciennes et va se développer en France en se concentrant, dans un premier temps, sur les Hauts de France.

Cette nouvelle levĂ©e de fonds doit permettre Ă  PicNic d’accĂ©lĂ©rer son dĂ©veloppement, en investissant dans ses infrastructures (dĂ©veloppement de centres de distribution automatisĂ©s, renforcement de vĂ©hicules Ă©lectriques) et ses Ă©quipes, avec Ă  plus long terme l’objectif de s’implanter dans de nouveaux pays. Comme l’explique GrĂ©goire Borgoltz, responsable croissance et distribution de PicNic France, « notre but est de devenir le leader europĂ©en des supermarchĂ©s en ligne, mais nous nous concentrons en premier lieu sur les Pays-Bas, l’Allemagne et la France Â».

Dans l’article de Ecommerce Mag, le PDG et co-fondateur Michiel Muller dĂ©taille les grandes Ă©tapes du dĂ©veloppement de l’entreprise. L’entreprise a Ă©tĂ© lancĂ©e en 2015 aux Pays-Bas. Elle est devenue l’an dernier le n°2 des distributeurs en ligne hollandais devant Jumbo. En 2018, PicNic a rĂ©alisĂ© sa premiĂšre expansion Ă  l’étranger en s’installant dans 4 villes allemandes. Et en 2021, ce fut le tour de la France.

Concernant les dĂ©penses effectuĂ©es par les clients, Michiel Muller prĂ©cise que la plupart d’entre eux effectuent une commande par semaine et 20% en font deux. Le panier moyen est compris entre 60-70 euros. Au niveau des anecdotes, le PDG explique que les allemands achĂštent beaucoup de pommes de terre, que le lait est l'article le plus achetĂ© aux Pays-Bas et que dans le Top 10 en France on trouve principalement des produits frais.

PicNic vise le milliard d'euros en volume d'affaires à la fin de cette année.

Les Echos, Livraison : la start-up de produits frais Epicery cédée à La Poste, 17/09/2021

La Poste a annoncé la semaine derniÚre avoir racheté, via sa filiale GeoPost/DPDgroup, 88,9 % des parts d'Epicery, une start-up qui permet de se faire livrer des produits frais de commerçants de quartier.

Epicery est une place de marché qui travaille avec environ un millier de commerçants et artisans et les aide à se développer en ligne et en leur permettant de livrer leurs clients à domicile. En échange, Epicery leur fait payer un abonnement et prélÚve une commission sur les ventes. La startup est actuellement présente dans 5 villes (Paris, Bordeaux, Toulouse, Lille et Lyon).

Comme l’explique Edouard Morhange, le fondateur, « notre volume d'affaires a augmentĂ© de 400 % entre 2019 et 2020 ».

Si le rachat par La Poste peut surprendre, l’article rappelle qu’Epicery travaille avec une filiale de La Poste, Stuart, pour la livraison. Ce rachat permettra d’accĂ©lĂ©rer la croissance d’Epicery, qui prĂ©voir de s’implanter dans une dizaine de villes françaises supplĂ©mentaires en 2022.

LSA, L'e-commerce plombe les marges des distributeurs alimentaires [Etude], 15/09/2021

Nous avions dĂ©jĂ  abordĂ© ce sujet en dĂ©but d’annĂ©e. Le dĂ©veloppement spectaculaire du e-commerce alimentaire suite Ă  la crise sanitaire pĂšse de plus en plus sur les marges des distributeurs. En effet, comme le prĂ©cise l’article, auparavant le client se dĂ©plaçait en magasin et choisissait ses produits dans les rayons. DĂ©sormais ce client lĂ  reste chez lui. Par consĂ©quent, toute cette partie des courses qui Ă©tait gĂ©rĂ©e par le consommateur est rebasculĂ©e sur le distributeur. Par consĂ©quent cela implique une hausse des coĂ»ts, notamment en ce qui concerne les frais de prĂ©paration de commande et Ă©ventuellement de livraison Ă  domicile.

Ainsi, d’aprĂšs une Ă©tude Euler Hermes parue mi-septembre, Ă  chaque fois qu'1% des ventes de produits alimentaires bascule de la commercialisation en magasin vers la vente en ligne, ce sont 500 millions d'euros de profits qui sont perdus pour les distributeurs des pays membres de l'Union europĂ©enne et du Royaume-Uni. Et encore, ce calcul est basĂ© sur hypothĂšse optimiste de marge e-commerce nulle. Pour une marge e-commerce de -5%, ce sont 1,2 milliard d'euros de profits qui sont perdus et 1,9 milliard si elles est de -10%.

Capital, Yuka de nouveau condamnĂ© face Ă  un industriel de la charcuterie, 13/09/2021+ Ecommerce Mag, [Tribune] L'application Yuka dans la tempĂȘte, 17/09/2021

Et encore une manche de perdue par Yuka face aux industriels de la charcuterie. L’appli a Ă©tĂ© condamnĂ©e le 13 septembre dernier par le tribunal de commerce d'Aix-en-Provence pour "pratiques commerciales dĂ©loyales" et "trompeuses" ainsi que pour "des actes de dĂ©nigrement" Ă  l'encontre du fabricant de charcuterie ABC Industrie. Le tribunal de commerce d'Aix-en-Provence a condamne Yuka Ă  verser Ă  ABC Industrie 25 000 € de dommages et intĂ©rĂȘts et Yuka devra retirer les qualificatifs "mauvais" et "mĂ©diocres" attachĂ©s aux produits concernĂ©s ainsi que l'apprĂ©ciation "risque Ă©levĂ©" attribuĂ© Ă  l'additif E250 (nitrite).

Il s’agit de la 2Ăš condamnation pour Yuka cette annĂ©e pour pratique commerciale trompeuse et dĂ©nigrement. Comme l’indique l’article de Ecommerce Mag, “les juges ont relevĂ© que Yuka Ă©tait, non pas une ONG de type association de la Loi de 1901, mais une sociĂ©tĂ© commerciale”. Ils ont Ă©galement considĂ©rĂ© que “les fondements scientifiques des critiques de Yuka n'Ă©taient pas objectifs”.

Le Figaro, Forces cosmiques, rituels Ă©sotĂ©riques et ĂȘtres surnaturels : ce qui se cache derriĂšre les vins «biodynamiques», 17/09/2021

Alors que les vins bio dynamiques se dĂ©mocratisent chez les cavistes et dans les bars et les restaurants, Le Figaro s’est intĂ©ressĂ© d’un peu plus prĂšs Ă  ces vins que certains voient comme “plus bio que bio”. La pratique de la biodynamie reste trĂšs minoritaire dans l’Hexagone. Ainsi, on estime qu’environ 0,4% des viticulteurs sont certifiĂ©s et 0,03% des maraĂźchers.

Il faut en prĂ©ambule bien comprendre ce qu’est la biodynamie. A l’origine de la biodynamie il y a un homme : Rudolf Steiner, qui est connu pour avoir fondĂ© l’anthroposophie qui est, selon l’article, un “mĂ©lange pĂȘle-mĂȘle d’élĂ©ments du Nouveau Testament, de croyances classiques de l'occultisme occidental (magie, astrologie...), de bouddhisme, de karma et de rĂ©incarnation”. Ainsi “la biodynamie n'est donc rien d'autre que l'application des croyances anthroposophiques Ă  l'agriculture”.

Les principes de la biodynamie, Ă©tablis par Steiner en 1924, reposent sur la croyance en des « forces cosmiques Â», l'influence de la lune, des planĂštes et du zodiaque sur la croissance des plantes, l'homĂ©opathie ou l'existence d'ĂȘtres surnaturels invisibles (gnomes, ondines, esprits de l'air et du feu...). A l’image de ce curieux mĂ©lange qui consiste Ă  “mettre de la bouse de vache dans une corne, l'enterrer puis la laisser fermenter pendant tout un hiver avant d'ĂȘtre diluĂ©e et pulvĂ©risĂ©e sur les champs”.

MalgrĂ© tous ces principes un peu bizarres, l’article prĂ©cise toutefois que “l'absence de fondement scientifique ne remet pas pour autant en cause la qualitĂ© du vin produit en biodynamie”. Mais cette qualitĂ© s’expliquerait plus par le fait que « les agriculteurs qui se mettent Ă  la biodynamie sont des gens qui se posent des questions, qui cherchent Ă  amĂ©liorer leurs pratiques, qui sont attentifs Ă  leurs cultures, qui prennent grand soin de leurs parcelles Â».

Comme le rĂ©sume bien Marc-AndrĂ© Selosse, professeur de microbiologie et de botanique au MusĂ©um national d'Histoire naturelle Ă  Paris, “il ne faut pas confondre l'imposture intellectuelle que reprĂ©sente la biodynamie et la sincĂ©ritĂ© des gens qui la pratiquent”.

Le Figaro, Aubert de Villaine, Domaine de la Romanée-Conti : «J'espÚre avoir réussi à faire vivre cet héritage», 18/09/2021

Un entretien trĂšs instructif avec celui qui est a la tĂȘte du domaine viticole le plus prestigieux du monde, la RomanĂ©e-Conti, et qui va bientĂŽt passer la main.

Il y parle notamment de transmission du patrimoine et du savoir-faire, des aléas climatiques et de la spéculation sur les vins du domaine.

Ainsi, il explique comment le domaine a rĂ©introduit le labour dans les rangs Ă  cheval au dĂ©but des annĂ©es 2000. Il explique Ă©galement les problĂšmes de transmission dans les vignobles bourguignons car, selon lui, “la vraie valeur d’une propriĂ©tĂ© viticole, qui est une entreprise comme les autres, me semble devoir ĂȘtre liĂ©e Ă  ses rĂ©sultats et non pas Ă  la valeur extravagante qu’elle peut prendre Ă  certaines Ă©poques oĂč la spĂ©culation l’emporte sur la raison”. Il en appelle ainsi Ă  l’Etat car “le problĂšme, c’est que si les valeurs sont telles que les familles ne peuvent plus se transmettre les domaines, nous prenons le risque que l’arrivĂ©e de grands investisseurs français ou Ă©trangers”.

Le TĂ©lĂ©gramme, NestlĂ© va investir plus d’un milliard d’euros dans l’agriculture rĂ©gĂ©nĂ©ratrice, 16/09/2021

NestlĂ© a dĂ©voilĂ© un programme destinĂ© Ă  encourager dans sa chaĂźne d’approvisionnement une agriculture visant, selon le communiquĂ©, Ă  « protĂ©ger et restaurer l’environnement, amĂ©liorer le niveau de vie des agriculteurs et renforcer le bien-ĂȘtre des communautĂ©s agricoles Â».

Ce programme s’articule autour de 3 axes : assistance technique aux agriculteurs, soutien aux investissements et primes pour les matiĂšres premiĂšres issues de l’agriculture rĂ©gĂ©nĂ©ratrice.

Le groupe compte ainsi investir 1,2 milliard de francs suisses (1,1 milliard d’euros) au cours des cinq prochaines annĂ©es dans l’agriculture rĂ©gĂ©nĂ©ratrice. Parmi les projets, NestlĂ© compte par exemple travailler avec 30 fermes laitiĂšres dans 12 pays pour tester les pratiques d’agriculture rĂ©gĂ©nĂ©ratrice qui peuvent ĂȘtre mises en Ɠuvre Ă  plus grande Ă©chelle.

Le Figaro, Picard se met enfin à l’e-commerce, 19/09/2021

En 2020, les ventes de Picard ont augmentĂ© de 15%, grĂące en partie Ă  la crise sanitaire mais Ă©galement grĂące au dĂ©veloppement du canal e-commerce par l’enseigne.

Le dĂ©veloppement du e-commerce s’est fait sous l’impulsion de la nouvelle PDG, Cathy Collart-Geiger, arrivĂ©e il y a un peu plus d’un an. Comme l’explique cette derniĂšre â€œavant ma prise de fonction, il ne reprĂ©sentait que 2 % des ventes de Picard, et nous ne livrions que 25 % du territoire”. DĂ©sormais, Picard livre dans toute la France. L’enseigne a Ă©galement mis en place un systĂšme de « click and collect » qui sera disponible dans ses 1 050 points de vente d'ici la fin de l'annĂ©e. Picard a Ă©galement nouĂ© un partenariat avec Deliveroo pour de la livraison express.

Ainsi, les ventes en lignes reprĂ©sentent dĂ©sormais 4% des ventes de Picard. La PDG s’est fixĂ©e pour objectif qu’elles reprĂ©sentent 10 % en 2026. Et l’enjeu est d’importance car, comme elle le prĂ©cise, “les clients omnicanaux, qui commandent en ligne sans cesser de se rendre en magasin, consomment deux fois plus que les autres clients”.

Picard compte Ă©galement ouvrir 200 nouveaux magasins d'ici 2026 car, comme l’explique la PDG, “une des raisons qui font que des clients potentiels ne viennent pas chez nous est qu'ils habitent Ă  plus de quinze minutes d'un point de vente”.


The Guardian, One in three Britons drink plant-based milk as demand soars, 17/09/2021

Selon un rĂ©cent rapport de Mintel, prĂšs d’un Britannique sur trois a bu du lait vĂ©gĂ©tal en 2020 (contre un sur quatre un an auparavant). Ce taux est encore plus Ă©levĂ© chez les 25 Ă  44 ans (44 %).

Ainsi, les consommateurs britanniques ont dépensé 100 millions de livres de plus en 2020 par rapport à 2019 pour les alternatives végétales au lait. Ce marché pÚse désormais prÚs de 400 millions de livres par an.

Selon Amy Price, analyste senior en alimentation et boissons chez Mintel, le fait que prĂšs d'un tiers des adultes britanniques consomment du lait vĂ©gĂ©tal est “la preuve de son statut de produit grand public et de son attrait bien au-delĂ  des populations vĂ©gĂ©taliennes ou vĂ©gĂ©tariennes”.

Le rapport rĂ©vĂšle Ă©galement que c’est le lait d'avoine qui est devenu l’alternative de prĂ©dilection. Les britanniques ont dĂ©pensĂ© 146 millions de livres sterling pour le lait d'avoine en 2020 (contre 74 millions en 2019) et 105 millions de livres pour le lait d'amande (contre 96 millions en 2019).

L’article rappelle nĂ©anmoins que le lait de vache pĂšse 3,2 milliards de livres sterling en Grande-Bretagne.

Financial Times, Lab-grown meat isn’t about sustainability, it’s big business, 18/09/2021

Comme l’explique l’auteur de l’article, sur le sujet de la viande cultivĂ©e en laboratoire “de grandes sociĂ©tĂ©s internationales de relations publiques voulaient que nous enthousiasmions nos lecteurs pour quelque chose qui n'avait pas encore eu lieu” et ce, malgrĂ© le fait que “pour le moment nous ne pouvions pas vraiment en voir”.

Il prĂ©cise en outre qu’il n'y a pas beaucoup de propriĂ©tĂ© intellectuelle dans l'industrie de la viande. Ainsi, les entreprises qui font actuellement la promotion de la viande cultivĂ©e en laboratoire dans le cadre d'un avenir plus durable souhaitent surtout que le grand public soit intriguĂ© par l'idĂ©e... et qu'il la considĂšre comme importante pour l'avenir de la planĂšte. NĂ©anmoins, comme il l’explique, “il ne faut pas croire que la durabilitĂ© est le principal moteur de ces entreprises”. La raison selon lui ? “Sauver la vie d'animaux, empĂȘcher la destruction de la forĂȘt tropicale, rĂ©duire les pets des vaches
 n'excitent pas les investisseurs” car “ces changements ne peuvent pas se traduire par des bĂ©nĂ©fices”. Dans le secteur, le Saint Graal est, selon lui, de “remplacer la viande que nous consommons par un produit propriĂ©taire, en dĂ©tenant la propriĂ©tĂ© intellectuelle de la viande”.

Finalement la viande cultivĂ©e en laboratoire ne vise, selon l’auteur, “qu'Ă  remplacer une dĂ©pendance Ă  la viande par quelque chose de plus facile Ă  breveter”, une sorte de “Meathadone”. In fine tout est ici question de propriĂ©tĂ© intellectuelle. Breveter la viande cultivĂ©e en laboratoire permettrait de crĂ©er une vache Ă  lait encore plus importante que les produits brevetĂ©s en leur temps par Coca-Cola et McDonald’s.

The Guardian, Meat wars: why Biden wants to break up the powerful US beef industry, 06/09/2021

Un article qui se focalise sur l’industrie de la viande aux Etats-Unis.

Un peu de contexte pour commencer : 4 entreprises (Tyson, JBS USA, Cargill et National Beef) contrĂŽlent plus de 80 % du marchĂ© amĂ©ricain du bƓuf. Et cette concentration des pouvoirs de marchĂ© aux mains d’un petit nombre d’acteurs ne plaĂźt pas Ă  l'administration Biden.

Une rĂ©cente action exĂ©cutive signĂ©e par le prĂ©sident Biden vise Ă  accroĂźtre la concurrence dans l'industrie du bƓuf. En effet, le document met en avant le fait qu'au cours des cinq derniĂšres annĂ©es, "la part des agriculteurs dans le prix des ventes de bƓuf a chutĂ© de plus d'un quart - de 51,5 % Ă  37,3 % - alors que le prix du bƓuf a augmentĂ©".

L’article retrace tout l’historique (depuis 1906 tout de mĂȘme) qui a menĂ© Ă  une telle concentration dans l'industrie de la viande bovine amĂ©ricaine. On dĂ©couvre ainsi que les 4 leaders du marchĂ© ne contrĂŽlaient pas plus de 20 % du marchĂ© au milieu des annĂ©es 70.

Qu'est-ce qui a fait qu’ils sont devenus si gros ? La rĂ©ponse est Ă  chercher chez les producteurs de maĂŻs et chez la grande distribution.

Ainsi, comme l’explique l’article, le dĂ©but et le milieu des annĂ©es 70 ont Ă©tĂ© une pĂ©riode de croissance explosive et de forte demande de produits agricoles. À cette Ă©poque, les agriculteurs et les Ă©leveurs disposant de liquiditĂ©s et ayant accĂšs Ă  des financements bon marchĂ© ont cherchĂ© Ă  rĂ©aliser des investissements dans leurs entreprises agricoles afin d'amĂ©liorer leur trĂ©sorerie. Ces annĂ©es ont Ă©tĂ© marquĂ©es par un boom du nombre et de la taille des parcs d'engraissement, ainsi que par des progrĂšs dans le domaine des antibiotiques, des aliments pour animaux et des technologies gĂ©nĂ©tiques bovines. À la fin des annĂ©es 70 et au dĂ©but des annĂ©es 80, les conditions du marchĂ© ont entraĂźnĂ© une surabondance de cĂ©rĂ©ales et, bien que de nombreux agriculteurs aient subi des pertes historiques, ceux qui avaient investi dans les parcs d'engraissement ont pu acheter des aliments bon marchĂ© pour engraisser le bĂ©tail. Ainsi, alors qu’en 1979, les bovins nourris au grain reprĂ©sentaient un quart de la production totale de viande bovine aux États-Unis, ce chiffre a grimpĂ© en flĂšche au cours des 40 derniĂšres annĂ©es pour atteindre plus de 60 % aujourd'hui.

En parallĂšle, la consolidation du secteur de l'Ă©picerie aux États-Unis Ă©tait dĂ©jĂ  bien avancĂ©e dans les annĂ©es 90. A cette Ă©poque, les 20 premiers acteurs de la grande distribution du pays reprĂ©sentaient prĂšs de 40 % de l'ensemble des achats de produits d'Ă©picerie au dĂ©tail. En 2019, ils Ă©taient 4 (Walmart, Target, Albertsons et Kroger) Ă  capturer ces 40 % selon l'USDA. Evidemment, ces 4 acteurs sont capables d'exercer un pouvoir trĂšs important sur leurs fournisseurs, et mĂȘme sur les quatre grands acteurs de viande mentionnĂ©s plus haut.


Pour ceux qui sont intĂ©ressĂ©s, La Banque des Territoires a lancĂ© un Appel Ă  Manifestation d’IntĂ©rĂȘt sur le thĂšme “AccĂ©lĂ©rer la transition alimentaire”

Sont Ă©ligibles Ă  cet AMI les structures qui placent l’utilitĂ© sociale et sociĂ©tale au cƓur de leur action :

  • Associations 

  • CoopĂ©ratives

  • SociĂ©tĂ©s commerciales d'utilitĂ© sociale (ESS, ESUS, sociĂ©tĂ©s Ă  mission, ...)

  • Entreprises publiques locales

  • Structures de l'insertion par l'activitĂ© Ă©conomique et du travail protĂ©gĂ© et adaptĂ©

Les projets devront prĂ©senter un modĂšle Ă©conomique viable et un besoin de financement suffisant (de plus de 500 K€), pour envisager un co-investissement de la Banque des Territoires.

Le dossier de candidature complet est à télécharger ici.

Si vous avez envie d’y rĂ©pondre mais que vous avez besoin d’un accompagnement n’hĂ©sitez pas Ă  m’envoyer un mail Ă  : contact@olivierfrey.com


AprĂšs Pepsi qui se sĂ©pare des ses jus et smoothies, c’est au tour de Coca de se sĂ©parer de sa marque de smoothie Odwalla. Et le taux de sucre de ses boissons explique en partie ces ventes.

La Belle Vie vient de passer le million de commandes. Bravo Ă  toute l’équipe!

A lire, ce double coup de gueule de Culs de Poule contre Omnivore et contre Bernard Boutboul. Comment un consultant en restauration peut-il nier ce problĂšme en 2021?


Basics of Bouffe | Saison #1 – La mer | Episode #13- Les huütres | Charles Guirriec – Poiscaille.

Eat’s Business #27 | Surplus de lait bio, abonnements pour les supermarchĂ©s et les donuts contre l’industrie du pĂ©trole


C’est tout pour aujourd’hui.

Il n’y aura pas de newsletter la semaine prochaine, rendez-vous dans 2 semaines.

Si vous apprĂ©ciez cette newsletter n’hĂ©sitez pas Ă  la partager.

Et si vous voulez vous pouvez mĂȘme me payer un cafĂ© ;-)

Offrir un café

A dans 15 jours!

O. Frey