đŸŒŸđŸ‡đŸ„ Eat's business đŸ•đŸ·đŸ§€ 2021-23

Bonjour Ă  toutes et Ă  tous, je vous propose cette newsletter dans laquelle vous trouverez quelques articles sur le monde de l’alimentaire qui m’ont semblĂ© intĂ©ressants dans la semaine prĂ©cĂ©dente. 

Pour ceux qui veulent la formule ristretto, les 3 articles que je vous conseille de lire en prioritĂ© cette semaine sont : 

Bonne lecture et bonne semaine Ă  toutes et Ă  tous!

Pour celles et ceux d’entre vous qui ont plus de temps pour la formule lungo :


L’Obs, Quand le high-tech met le vin en bouteille, 09/06/2021

Un article qui fait le point sur les avancĂ©es technologiques dans le secteur du vin. En effet, comme l’explique l’article, les accessoires connectĂ©s liĂ©s au vin se sont multipliĂ©s en quelques annĂ©es. Et, suite aux confinements successifs, Dominique Gandy, directeur d'activitĂ© « Blanc et Cuisine » pour Fnac Darty explique que « l'Ă©lectromĂ©nager plaisir est trĂšs en vogue et a mĂȘme connu en 2020 une apogĂ©e ». Ainsi, les caves Ă  vin connectĂ©es ont, par exemple, vu leurs ventes s’envoler de 316 %.

DerniĂšre nĂ©e dans ce domaine, la cave Ecellar 185 de La SommeliĂšre, intelligente et made in France. Cette derniĂšre est directement pilotable depuis son smartphone. Elle peut accueillir jusqu'Ă  185 bouteilles, avec, Ă  chaque emplacement, un capteur reliĂ© Ă  une application dĂ©diĂ©e (Vinotag). Ainsi, chaque ajout ou retrait d'un vin est automatiquement dĂ©tectĂ© et indiquĂ© sur son smartphone. Il est donc possible de connaĂźtre graphiquement et en temps rĂ©el le contenu de sa cave.

Les Echos, Cyberattaque : JBS a payĂ© une rançon de 11 millions de dollars, 10/06/2021 + L’Opinion, Agroalimentaire: la cyberattaque contre JBS met en lumiĂšre les failles de la numĂ©risation,

Le leader mondial de la viande a annoncé avoir payé pas moins de 11 millions de $ en bitcoin aux hackers qui ont paralysé les usines du groupe aux Etats-Unis et en Australie.

Comme le prĂ©cise Andre Nogueira, patron de la filiale amĂ©ricaine du groupe brĂ©silien, « Ce fut une dĂ©cision trĂšs difficile Ă  prendre pour notre entreprise et pour moi personnellement (
) Nous avons toutefois pensĂ© que cette dĂ©cision devait ĂȘtre prise pour prĂ©venir tout risque potentiel pour nos clients. »

Comme l’explique L’Opinion, cette attaque information rĂ©vĂšle “des fragilitĂ©s inquiĂ©tantes qui peuvent mettre en pĂ©ril le systĂšme”. En effet, il suffit finalement de “cibler un abattoir dans l’Utah” pour “crĂ©er des effets de souffle sur toute la filiĂšre”. Plus grave selon l’article, cette affaire met en lumiĂšre “les fragilitĂ©s nĂ©es de la numĂ©risation des process industriels” et le secteur agroalimentaire “apparaĂźt mal prĂ©parĂ©â€.

L’Opinion, Cages et Ă©levage: l’Europe n’est-elle pas en train de se piĂ©ger elle-mĂȘme ?, 11/06/2021

Le Parlement europĂ©en a votĂ© une rĂ©solution issue d’une initiative citoyenne menĂ©e par l’association animaliste CIWF dont le but est d’en finir avec les cages et la contention dans l’élevage dĂšs 2027. La fin des poules en cage Ă©tait initialement prĂ©vue en 2040 et, comme le prĂ©cise l’article, une interdiction des cages sous six ans risquerait de se traduire par la disparition de milliers d’élevages. 

Cette rĂ©solution va au delĂ  des cages pour les poules mais, comme l’explique l’article, elle s’appliquerait aussi Ă  toutes les autres volailles, aux truies gestantes, aux lapins d’élevage, voire mĂȘme aux vaches en stabulation.

20 Minutes, Occitanie : Le logo Nutri-Score menace-t-il les produits du terroir sous label ?, 18/05/2021

Alors qu’un Rocamadour ou du jambon de porc noir de Bigorre obtiennent un Nutriscore peu flatteur de D ou E, un soda light plein d’édulcorants affiche pour sa part un B. C’est le cas Ă©galement d’un fromage emblĂ©matique : le roquefort. Pour JĂ©rĂŽme Faramond, le vice-prĂ©sident de la ConfĂ©dĂ©ration gĂ©nĂ©rale de Roquefort, « A la base, Nutri-Score a Ă©tĂ© crĂ©Ă© pour les plats cuisinĂ©s, pour Ă©valuer les produits transformĂ©s. Des progrĂšs sur la valeur nutritionnelle du Roquefort, il n’y en aura pas. Il a dĂ©jĂ  des qualitĂ©s, des apports en calcium, dont Nutri-Score tient trĂšs peu compte, alors qu’il met en avant les acides gras. Le lait cru qui entre dans sa fabrication est notre fiertĂ©, il respecte la tradition et le terroir Â».

Cette situation fait donc rĂ©agir les dĂ©putĂ©s de l’Occitanie, rĂ©gion dans lesquelles on trouve de nombreux produits du terroir. De plus, les producteurs de produits labellisĂ©s, rĂ©unis au sein de l’lnstitut rĂ©gional de la qualitĂ© alimentaire d’Occitanie (Irqualim), ont dĂ©cidĂ© de monter au crĂ©neau pour demander Ă  la Commission europĂ©enne Ă  ĂȘtre exemptĂ©s de ce systĂšme d’étiquetage.

The Conversation, Lobbying et alimentation : les « aliments traditionnels Â», le nouvel argument des anti-Nutri-score, 10/06/2021

Dans cet article, Serge Hercberg, qui est Ă  l’origine du Nutriscore, et certains de ses collĂšgues rĂ©pondent aux arguments des dĂ©fenseurs des produits locaux vis Ă  vis du systĂšme de notation. En effet, ils estiment que “cette tentative d’opposer Nutri-score Ă  un modĂšle alimentaire traditionnel (
) correspond Ă  une stratĂ©gie de dĂ©sinformation”. Pour les auteurs, “en mettant en avant le fait que les charcuteries et les fromages font partie du paysage culinaire et gastronomique d’une rĂ©gion ou d’un pays”, “les lobbys cherchent (
) Ă  entretenir une confusion dans l’esprit du public”.

Selon eux, le phĂ©nomĂšne dĂ©crit dans l’article prĂ©cĂ©dent n’est pas nouveau mais s’observe dans plusieurs autres pays europĂ©ens, dont l’Italie et l’Espagne oĂč il y a, selon eux, “l’émergence de nouvelles actions de lobbying anti-Nutri-score”.

Ainsi, ils admettent qu’au sein des charcuteries et des fromages, “une grande partie se trouve classĂ©e D et E, en raison de leur teneur Ă©levĂ©e en acides gras saturĂ©s et en sel, ainsi que de leur forte densitĂ© calorique”. NĂ©anmoins, selon eux, “il ne s’agit cependant pas d’une pĂ©nalisation intentionnelle ou nouvelle : le classement est opĂ©rĂ© en toute transparence et objectivitĂ© sur la base des donnĂ©es de composition de ces produits. Le Nutri-score ne fait que traduire de façon synthĂ©tique les informations de l’étiquette nutritionnelle obligatoire qui existait avant lui”.

Par ailleurs, les auteurs mettent en avant le fait que le Nutri-score ne s’oppose pas au rĂ©gime alimentaire de type mĂ©diterranĂ©en qui fait la part belle aux fromages, Ă  la charcuterie ainsi qu’à l’huile d’olive car, selon eux, le Nutri-score “classe plus favorablement tous les aliments qui sont pauvres en gras, sucre ou sel, et riches en fibres, fruits et lĂ©gumes, lĂ©gumineuses et fruits secs Ă  coque. Autrement dit, les Ă©lĂ©ments principaux de l’alimentation mĂ©diterranĂ©enne”. De plus, en attribuant un score de C Ă  l’huile d’olive, il la classe “dans la meilleure catĂ©gorie possible pour les matiĂšres grasses ajoutĂ©es”. Les auteurs prĂ©cisent d’ailleurs, qu’“aucune huile n’est classĂ©e A ou B, du fait de leur composition, il s’agit d’un produit composĂ© Ă  100 % de matiĂšre grasse”.

Les Echos, « Il faut sortir de la seule logique du profit », tranche le patron de La vache qui rit, 11/06/2021

Dans cette longue interview d’Antoine Fievet, le PDG du groupe Bel, celui-ci met en avant une vision originale de ce que doit ĂȘtre une entreprise Ă  l’avenir.

Il s’est notamment exprimĂ© sur les attentes des consommateurs. Selon lui, certaines ne sont pas atteignables de suite. Ainsi, comme il l’explique, “On nous demande d'ĂȘtre Ă  la fois extrĂȘmement responsables sur le plan Ă©cologique, d'avoir un passeport nutritionnel le plus sain possible, des produits les moins transformĂ©s possible qui se conservent en dehors du rĂ©frigĂ©rateur, tout en Ă©tant le moins cher possible”. Pour se conformer Ă  ces demandes multiples “cela suppose d'innover et prend du temps” car une entreprise comme Bel n’est pas “pas en mesure de changer toutes (ses) lignes de production du jour au lendemain”. 

Il revient Ă©galement sur le Nutriscore. Et selon lui, “c'est en partie le gras qui donne son goĂ»t au fromage et dans l'alimentation” et comme â€œle goĂ»t reste un Ă©lĂ©ment trĂšs important” forcĂ©ment le gras influe sur le score Nutriscore. Par ailleurs, il rappelle que le Nutriscore se base sur “des portions 100 grammes quel que soit le produit que vous consommiez”. Or, comme il l’explique, “100 grammes chez Bel, cela correspond par exemple Ă  5 Babybel” et “personne ne mange 5 Babybel par jour !”.

Mais surtout, il donne une vision nouvelle de la responsabilitĂ© d’une entreprise. Ainsi, il prĂ©cise la maniĂšre dont son groupe contribue Ă  dĂ©velopper une filiĂšre laitiĂšre plus durable. Comme il l’affirme, “on ne peut pas se satisfaire de voir un monde agricole qui souffre et qui ne suscite plus de vocations, des entreprises agroalimentaires Ă  la peine et une grande distribution qui cherche trop Ă  ne se diffĂ©rencier que par le prix et qui ne roule pas sur l'or”. Ainsi, il faut selon lui “sortir de la seule logique de profit, sinon nous allons nous autodĂ©truire”.

Le JDD, Agriculture biologique : "Supprimons le label bio!", 12/06/2021

Dans cette tribune, SĂ©bastien Loctin, fondateur de Biofuture, propose d’apposer un label "chimique" sur les produits non bio, ultra-transformĂ©s ou remplis d'additifs. En effet, d’aprĂšs lui “le label bio reprĂ©sente aujourd'hui un obstacle Ă  la poursuite de sa propre dĂ©mocratisation”. Ainsi, “en labellisant les bonnes pratiques (pas de pesticides, pas d'additifs
), il contribue Ă  les stigmatiser, Ă  les faire apparaĂźtre comme des exceptions
 alors qu'elles devraient ĂȘtre la norme!”.

Le Figaro, La Â« guerre de la saucisse Â» jette un froid entre Londres et les EuropĂ©ens, 13/06/2021

Eh oui, la saucisse peut aussi ĂȘtre source de gastrodiplomatie.

Dans ce cas prĂ©cis, la saucisse est au cƓur de l’accord du Brexit et de son application. En effet, l’article nous explique que l’Angleterre refuse pour le moment de mettre en place les contrĂŽles sur certaines marchandises, notamment la viande rĂ©frigĂ©rĂ©e. En effet, le pays affirme que cela pourrait faire disparaĂźtre les saucisses et nuggets de poulets britanniques des rayons des supermarchĂ©s nord-irlandais. Boris Johnson a mĂȘme lancĂ© Ă  Emmanuel Macron : «  Comment le prendrais-tu si la justice française t'empĂȘchait de transporter des saucisses de Toulouse Ă  Paris Â» ? Ce Ă  quoi le prĂ©sident français aurait rĂ©pondu que cela ne pouvait pas arriver « puisque Paris et Toulouse font partie du mĂȘme pays Â». Et Ă©videmment les Anglais l’ont mal pris


Le Figaro, Les marques se mettent au vrac
 à tñtons, 13/06/2021

Focus sur ces grandes marques qui dĂ©veloppent le vrac en test dans certains supermarchĂ©s, notamment chez Franprix ou Day by Day. Qu’ils s’agissent de Panzani, Kellogg's, Benenuts, Carte noire, Ebly, Uncle Bens, Taureau ailé  toutes essaient de se lancer dans le vrac.

Comme l’explique l’article, “conscientes de l'attrait des consommateurs pour ce mode de distribution et leur volontĂ© de rĂ©duire l'impact environnemental des produits qu'ils consomment, les grandes marques se mettent aussi au vrac petit Ă  petit”.

Ainsi, Lustucru et Michel et Augustin ont fait leur arrivĂ©e chez Day by Day. Et, selon l’article leur objectif est de « tester l'intĂ©rĂȘt et la rĂ©ponse des consommateurs, ainsi que le modĂšle Ă©conomique Â».

Mais pour les marques il s’agit de se rĂ©inventer pour attirer les clients car elles se retrouvent de fait “privĂ©es de leur support favori de communication (l'emballage)”. Une autre difficultĂ© mise en avant : la taille des meubles en magasin limite le nombre de rĂ©fĂ©rences dans les linĂ©aires. Enfin les coĂ»ts logistiques augmentent car il y a des Ă©tapes supplĂ©mentaires (contenants dĂ©diĂ©s...) alors que les produits en vrac doivent “par souci de cohĂ©rence” ĂȘtre vendus moins cher que les produits emballĂ©es. Et tout cela pĂšse Ă©videmment sur les marges des industriels.

Autres problĂšmes cette fois-ci cĂŽtĂ© distributeur : la rotation des produits et en moyenne trois fois plus faible que pour les produits emballĂ©s, il faut aussi prĂ©voir de la main-d'oeuvre supplĂ©mentaire pour approvisionner et laver les bacs ou encore ramasser les produits tombĂ©s par terre.

Le Monde, La culture de l’avocat Ă©puise les ressources en eau du sud de l’Espagne, 09/06/2021

Alors que le Mexique, premier producteur et exportateur mondial d’avocats, connaĂźt ce problĂšme depuis plusieurs annĂ©es, c’est dĂ©sormais au tour de l’Espagne de faire face Ă  l’épuisement des ressources en eau Ă  cause de la culture intensive de l’avocat.

C’est en Andalousie, oĂč autrefois les surfaces Ă©taient recouvertes de vignes et d’oliviers, que l’avocat est dĂ©sormais cultivĂ© sur prĂšs de 10 000 hectares, en faisant la premiĂšre rĂ©gion productrice d’avocats en Europe. Mais dans la rĂ©gion, “l’eau manque pour irriguer ce fruit en vogue, dont l’arbre peut mourir en quelques jours s’il n’est pas arrosĂ©â€. Comme le raconte un producteur, “en Ă©tĂ©, j’irrigue 35 % des racines des avocatiers, le reste est sec”.

La culture de l’avocat espagnol, qui consomme prĂšs de 800 litres d’eau par kilo, risque d’entraĂźner un « effondrement hydrologique » de la rĂ©gion andalouse. D’aprĂšs une Ă©tude de 600 pages coordonnĂ©e par Rafael Yus, chercheur en biologie, rĂ©alisĂ©e sur quatre ans et publiĂ©e en octobre 2020, le constat est alarmant. Ainsi, sur l’annĂ©e 2017, la quantitĂ© d’eau consommĂ©e dans la Axarquia dĂ©passait de 14,40 hectomĂštres cubes (l’équivalent de plus de 3 700 piscines olympiques) l’eau disponible. A elles seules, les cultures subtropicales excĂ©daient de 3 hmÂł les ressources disponibles Ă  des fins agricoles.

La culture de l’avocat s’est fortement dĂ©veloppĂ©e en Espagne ces derniĂšres annĂ©es et ce pour plusieurs raisons. Tout d’abord le prix de l’avocat est plutĂŽt stable (aux alentours de 2,40 euros le kilo). Ensuite, comme l’explique Miguel Gutierrez, secrĂ©taire de l’Association espagnole de fruits tropicaux, parce que « depuis une dizaine d’annĂ©es, les lĂ©gumes cultivĂ©s sous serre ne sont plus rentables, en raison de la concurrence du Maroc notamment”, ce qui explique que "de nombreux agriculteurs se sont convertis Ă  l’avocat”.

L’article rappelle Ă©galement que les Français ont englouti 41 % de la production espagnole en 2020.

Les Echos, Le mariage Panzani-Lustucru a du plomb dans l'aile, 15/06/2021

Nous en parlions il y a quelques semaines. Il semblerait d’aprĂšs Les Echos qu’il faille se rĂ©soudre Ă  ne pas avoir un “champion français des pĂątes”. En effet, selon plusieurs sources, Ebro aurait en effet souhaitĂ© une mise Ă  l'Ă©cart de la marque française Lustucru (Pastacorp) du processus de vente. D’aprĂšs des proches du dossier, Ebro “ne veut pas renforcer un concurrent en France dans les pĂątes sĂšches”.

Parmi les candidats encore en lice pour le rachat de Panzani selon Les Echos : le fonds d’investissement français PAI, le fonds britannique BC Partner, le groupe de plats cuisinĂ©s Cofigeo et enfin le groupe coopĂ©ratif Arterris (qui est le premier collecteur français de blĂ© dur).


Forbes, The Opportunities For Plant Based Dairy Alternatives, 09/06/2021

D’aprĂšs les rĂ©sultats d’une Ă©tude menĂ©e par la Plant Based Foods Association, les ventes de produits alimentaires Ă  base de protĂ©ines vĂ©gĂ©tales ont Ă©tĂ© en hausse de 27% en 2020 et ont dĂ©passĂ© les 7 milliards de $ de chiffre d'affaires aux Etats-Unis en 2020. Ce sont ainsi 57 % des mĂ©nages amĂ©ricains qui ont achetĂ© des aliments d'origine vĂ©gĂ©tale en 2020 (soit plus de 71 millions de mĂ©nages), contre 53 % en 2019. Et ce sont les laits vĂ©gĂ©taux qui sont en haut du podium avec des ventes qui ont totalisĂ©es 2,5 milliards de $ (+20,4%) devant les substituts Ă  la viande avec 1,4 milliard de $ (+45,3%) et les plats surgelĂ©s avec 520 millions de $ (+28,5%).

Comme l’explique l’article de Forbes, il y a une multitude de raisons Ă  cette croissance impressionnante pendant la pandĂ©mie :

  • le dĂ©sir des consommateurs de manger plus de protĂ©ines vĂ©gĂ©tales et moins de protĂ©ines animales,

  • le grand intĂ©rĂȘt pour la durabilitĂ© de la planĂšte,

  • la disponibilitĂ© accrue des aliments et des boissons Ă  base de plantes,

  • l'amĂ©lioration constante des recettes et des profils gustatifs de ces produits

  • la pĂ©nurie de lait et de produits Ă  base de lait dans les rayons des supermarchĂ©s au dĂ©but de la pandĂ©mie

Mais, comme l’explique l’article, un rapport de l’International Food Information Council qui est sorti rĂ©cemment donne un aperçu des dĂ©fis auxquels sont confrontĂ©s les fabricants d’alternatives vĂ©gĂ©tales au lait. D’aprĂšs ce rapport, la plupart des AmĂ©ricains consomment plus souvent des produits laitiers que des produits d'origine vĂ©gĂ©tale. Mais surtout, il montre que c’est Ă©galement une question de gĂ©nĂ©ration. Ainsi, 79,8 % des personnes ĂągĂ©es de 55 ans et plus ont dĂ©clarĂ© acheter des aliments ou de boissons Ă  base de produits laitiers plusieurs fois par semaine contre 66,8% des 18-34 ans. En revanche, seulement 9,9 % des 55 ans et plus ont consommĂ© des substituts de produits laitiers Ă  base de protĂ©ines vĂ©gĂ©tales, contre 34,1 % des 18-34 ans.

Selon l’article, la comparaison la plus frappante concerne le fromage, pour lequel seulement 4 % des consommateurs ont optĂ© pour des fromages d'origine vĂ©gĂ©tale, 74 % pour des fromages laitiers et 20 % pour des fromages mixtes, ce qui montre qu'il est possible d'amĂ©liorer le goĂ»t, la texture ou la commercialisation des fromages d'origine vĂ©gĂ©tale.

Vox, Where’s the “Impossible Burger” of cheese?, 05/06/2021

Si l’article reprend la plupart des chiffres qui ont Ă©tĂ© publiĂ©s rĂ©cemment Ă  propos des alternatives vĂ©gĂ©tales aux produits laitiers, il se distingue par un focus sur ce qui fait que certains segments des produits laitiers sont pour le moment plus ou moins hors de danger.

En effet, si les ventes de lait sont effectivement en chute libre aux Etats-Unis, le nombre de vaches laitiĂšres a par contre lĂ©gĂšrement augmentĂ© au cours de la derniĂšre dĂ©cennie. Et, selon l’article, cela s'explique, en partie, par l'amour des AmĂ©ricains pour le fromage. La consommation de fromage par habitant a en effet augmentĂ© de 25 % depuis le dĂ©but des annĂ©es 2000, ce qui a contribuĂ© au maintien de la production de lait Ă  un niveau Ă©levĂ©, puisqu'il faut prĂšs de 10 livres de lait pour faire une livre de fromage (la consommation de beurre augmente encore plus vite, et il faut plus de 21 livres de lait pour faire une livre de beurre).

Par ailleurs, s’il existe des alternatives au fromage Ă  base de plantes sur le marchĂ©, elles se divisent gĂ©nĂ©ralement en deux catĂ©gories :

  • La premiĂšre est celle des fromages Ă  tartiner fermentĂ©s et coĂ»teux, souvent composĂ©s de noix, d'assaisonnements et de cultures (et parfois d'huiles, de gommes et d'amidons), qui ont rĂ©ussi Ă  impressionner les papilles des critiques gastronomiques omnivores. Les leaders de cette catĂ©gorie se nomment Miyoko's Creamery, Kite Hill et Treeline Cheese.

  • La seconde comprend les sachets de mozzarella ou de cheddar rĂąpĂ©s ou en tranches, souvent fabriquĂ©s avec de l'huile et de l'amidon de pomme de terre ou de maĂŻs, qui ne fondent pas et ne s'Ă©tirent pas (et n'ont pas le mĂȘme goĂ»t) que le fromage au lait de vache.

Comme le dit malicieusement l’article, “le problĂšme est bien rĂ©sumĂ© par la blague sur l'incendie de la maison d'un vĂ©gĂ©talien dont la seule chose qui n'a pas fondu est son fromage”. Ainsi, malgrĂ© les millions de dollars levĂ©s, aucune start-up n’a pour le moment rĂ©ussi Ă  crĂ©er un ersatz de fromage rĂąpĂ© ou en tranches "rĂ©volutionnaire", comme l’ont Ă©tĂ© Beyond ou l'Impossible burger dans les substituts Ă  la viande.

L’article explique que l’absence de bons fromages Ă  base de protĂ©ines vĂ©gĂ©tales s’explique par deux facteurs :

  • un problĂšme de demande : la viande fait l'objet d'une attention beaucoup plus grande que le fromage en raison de ses effets nĂ©fastes sur l'environnement et sur le bien-ĂȘtre des animaux. On n'entend ainsi pas forcĂ©ment beaucoup parler de gens qui essaient de rĂ©duire leur consommation de fromage.

  • un problĂšme liĂ© Ă  l'innovation : il est beaucoup plus difficile de reproduire un fromage fondant et extensible comme celui fabriquĂ© Ă  partir de lait de vache que de reproduire des variĂ©tĂ©s Ă  pĂąte molle ou Ă  tartiner.

Agfundernews.com, Cargill CEO MacLennan says plant-based will ‘cannibalize’ its protein business, 09/06/2021

Le PDG de Cargill, a déclaré que son entreprise se préparait à un grand bouleversement de ses activités au cours des prochaines années, car la demande des consommateurs pour la nouvelle génération de substituts à base de protéines végétales grignote des parts de marché à la viande provenant d'animaux.

Comme il l’a affirmĂ© rĂ©cemment lors d'une confĂ©rence “notre analyse est que dans [...] trois ou quatre ans, les produits Ă  base de plantes reprĂ©senteront peut-ĂȘtre 10 % du marchĂ©. Nous sommes un grand producteur de viande bovine et cela reprĂ©sente une grande partie de notre portefeuille. Il y aura donc une certaine cannibalisation”.

BBC, Tech firms use remote monitoring to help honey bees, 14/06/2021

Un article qui s’intĂ©resse aux startups dĂ©diĂ©es Ă  l’apiculture.

C’est le cas par exemple de Best Bees, qui installe des ruches sur des propriĂ©tĂ©s commerciales et rĂ©sidentielles. Pour surveiller la santĂ© de ses colonies d’abeilles, l’entreprise utilise un systĂšme logiciel avancĂ©. Les donnĂ©es sont ensuite partagĂ©es avec des chercheurs de l'universitĂ© de Harvard et du MIT, afin de les aider Ă  mieux comprendre la situation critique des insectes. Best Bees est rĂ©munĂ©rĂ© par les propriĂ©taires et les entreprises, rĂ©colte et met en bouteille le miel pour qu'ils le conservent.

De son cĂŽtĂ©, la startup irlandaise ApisProtect, fabrique des capteurs sans fil disposĂ©s Ă  l'intĂ©rieur des ruches et qui collectent et transmettent des donnĂ©es Ă  un "tableau de bord" en ligne. Comme l’explique Fiona Edwards Murphy, la directrice gĂ©nĂ©rale “nous recueillons des donnĂ©es sur la tempĂ©rature, l'humiditĂ©, le son et l'accĂ©lĂ©ration [des abeilles qui s'envolent de la ruche]”. Elle prĂ©cise ainsi que cela permet de dire Ă  l’apiculteur “quelles ruches sont en croissance et quelles ruches sont en dĂ©croissance, ou quelles ruches sont vivantes et quelles ruches sont mortes”.

La startup israélienne Beewise vise à réduire encore davantage le besoin d'intervention humaine. Elle a créé "Beehome", une sorte de grande boßte alimentée par l'énergie solaire qui peut abriter 24 ruches distinctes. Capable de fonctionner de maniÚre autonome ou via une application sur le téléphone ou la tablette de l'apiculteur, chaque Beehome est équipée d'un ensemble de caméras, de capteurs et de bras robotisés qui prennent en charge les actions qui, autrement, nécessiteraient une intervention humaine. Ainsi, grùce à ce systÚme, les seules actions nécessitant une intervention humaine sont de s'assurer que les abeilles ont accÚs à une source de nourriture et d'eau, et d'aller récupérer le miel récolté par la machine.

Enfin, l’article mentionne un projet de technologie apicole encore plus futuriste. Il s’agit du projet paneuropĂ©en Hiveopolis, qui Ă©tudie la possibilitĂ© de placer de minuscules robots "dansants" Ă  l'intĂ©rieur des ruches pour influencer le comportement des abeilles.


McKinsey, The state of grocery in North America, 08/06/2021

Une Ă©tude qui s’intĂ©resse au secteur de la grande distribution aux Etats-Unis. Selon McKinsey, l’évolution du secteur en 2021 et au-delĂ  sera façonnĂ©e par cinq grands facteurs. En prĂ©ambule, l’étude rappelle que le chiffre d’affaires de la grande distribution Aux to, qui connaĂźt traditionnellement une croissance de 1 Ă  2 % par an, s’est envolĂ© d'environ 12 % en 2020.

Les 5 facteurs identifiés par McKinsey sont :

  • La pĂ©nĂ©tration du e-commerce a gagnĂ© 5 ans en seulement quelques mois : fin 2019, le e-commerce reprĂ©sentait environ 4 % des ventes. À la fin du printemps 2020, la pĂ©nĂ©tration e-commerce avait atteint 10 Ă  15 % des ventes au global, avec des pointes Ă  20% dans certaines zones urbaines Ă  forte densitĂ©

  • Le passage Ă  l'achat Ă  un guichet unique : les consommateurs se dĂ©placent moins frĂ©quemment qu’avant la pandĂ©mie (actuellement le nombre de dĂ©placements ne reprĂ©sente que 35 % des niveaux prĂ©pandĂ©miques) et, selon McKinsey, il est peu probable que cela revienne un jour au mĂȘme niveau qu’avant

  • L’accĂ©lĂ©ration de l'adoption d'habitudes saines : l'intention de se concentrer sur une alimentation et une nutrition saines devrait augmenter de 38 points de pourcentage par rapport Ă  2020, les consommateurs recherchant spĂ©cifiquement des aliments naturellement sains, riches en protĂ©ines, pauvres en sucre et en calories

  • L'accent est mis de plus en plus sur l'accessibilitĂ© financiĂšre : lorsqu'ils choisissent l'endroit oĂč faire leurs courses, 45 % des consommateurs indiquent qu'ils prĂ©voient de chercher des moyens d'Ă©conomiser de l'argent, et 32 % d'entre eux cherchent un Ă©quilibre entre le prix et la qualitĂ© des produits proposĂ©s. Ainsi, en 2020, les ventes de marques de distributeurs ont augmentĂ© de plus de 13 % chez Albertsons et Kroger

  • L'attente croissante de la personnalisation comme norme : 60 % des principaux distributeurs ont indiquĂ© qu'ils avaient rĂ©alisĂ© des investissements en 2020 pour amĂ©liorer les capacitĂ©s Ă  mieux personnaliser les promotions et les prix. Dans la bataille pour conserver des parts de marchĂ©, la personnalisation et sa mise en Ɠuvre continueront probablement Ă  gagner en importance

Parlement europĂ©en, PremiĂšres incidences de la pandĂ©mie de COVID-19 sur l’agriculture europĂ©enne: analyse sectorielle des systĂšmes alimentaires et de la rĂ©silience des marchĂ©s, 28/05/2021

L’étude propose une premiĂšre analyse quantitative et qualitative des rĂ©percussions de la COVID-19 sur l’agriculture europĂ©enne et la chaĂźne d’approvisionnement agroalimentaire au vu des mesures prises par l’Union europĂ©enne et ses États membres pour en attĂ©nuer les effets.


AprĂšs les gels douche, UshuaĂŻa se lance dĂ©sormais dans l’alimentaire


Voilà une pub dont Coca-Cola se serait bien passé


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Business of Bouffe #37 | Alexandre Cammas – Fooding, 14/06/2021

Eat’s Business #22 | AXA vs les restaurateurs, 100% français au restaurant et le durian, un fruit Ă©pineux | avec la participation de Victor Mercier du restaurant FIEF


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O. Frey