đŸŒŸđŸ‡đŸ„ Eat's business đŸ•đŸ·đŸ§€ 2021-17

Bonjour Ă  toutes et Ă  tous, je vous propose cette newsletter dans laquelle vous trouverez quelques articles sur le monde de l’alimentaire qui m’ont semblĂ© intĂ©ressants dans la semaine prĂ©cĂ©dente. 

Pour ceux qui veulent la formule ristretto, les 3 articles que je vous conseille de lire en prioritĂ© cette semaine sont : 

Bonne lecture et bonne semaine Ă  toutes et Ă  tous!

Pour celles et ceux d’entre vous qui ont plus de temps pour la formule lungo :


Les Echos, Restaurants : le casse-tĂȘte de la rĂ©ouverture en quatre questions, 03/05/2021

Evidemment c’est la bonne nouvelle de la semaine Ă©coulĂ©e. Le PrĂ©sident vient en effet de donner un horizon Ă  nos amis restaurateurs aprĂšs plus de 6 mois de refermeture.

Cela se fera par étapes, avec une réouverture des terrasses le 19 mai et des salles le 9 juin (mais avec une jauge limitée à 50 % de la capacité) avec un couvre-feu repoussé à 23 heures.

L’article s’est donc posĂ© 4 questions par rapport Ă  cette rĂ©ouverture :

  • Est ce rentable de rouvrir dĂšs le dĂ©but ? : seuls 25 Ă  30 % des Ă©tablissements disposent d'une terrasse. Et pour certains d'entre eux ouvrir pour n’avoir de l'activitĂ© qu’avec la terrasse n'est pas rentable. 

  • Comment retrouver ses salariĂ©s ? : aprĂšs une si longue pĂ©riode de fermeture certains salariĂ©s ont dĂ©cidĂ© de se rĂ©orienter et pour d’autres il y a des inquiĂ©tudes Ă  propos de leur forme physique et psychologique.

  • Que se passe-t-il cĂŽtĂ© approvisionnement ? : comment les producteurs travaillant avec les restaurateurs ont-ils passĂ© la crise?

  • Les clients seront-ils au rendez-vous ?  : selon Food Service Vision, une personne sur deux projette d'aller au restaurant dans les quinze jours suivant la rĂ©ouverture. 

Front Populaire, Uber Eats - Deliveroo – Just Eat, Ces ennemis intimes de la restauration
, 23/04/2021

Un rĂ©quisitoire d’Emmanuel Rubin contre les gĂ©ants de la livraison de repas.

En voici quelques extraits :

“Ils s’appellent Uber Eat, Just Eat, Deliveroo
 Des entitĂ©s florissantes de cette armĂ©e que l’on dira « financiarisĂ©e. » Des corps d’élite, sortes de GAFAM du food business, qui, le temps d’une crise, ont quasi installĂ© leur idĂ©e de la restauration d’aprĂšs. Celle d’une restauration nomade, montĂ©e en plateforme, prĂ©posĂ©e Ă  la livraison Ă  domicile, formatĂ©e dans le mondial et triomphant aujourd’hui en menant l’offensive dans les rangs mĂȘmes d’un secteur fĂ©brile et blessĂ©.”

“Un conflit entre deux approches de la restauration. D’un cĂŽtĂ©, encore une fois, la « financiĂšre », imposant la vision oxymoresque du resto chez soi : une restauration quasi virtuelle, productiviste, dĂ©sincarnĂ©e, plus proche de la notion de service que des vertus de partage et gĂ©nĂ©ralement sans grande plus-value gastronomique, tout entiĂšre dĂ©volue Ă  confiner l’appĂ©tit Ă  rĂ©sidence. Face Ă  elle, une restauration indĂ©pendante, d’esprit artisanal, souvent familiale, ancrĂ©e dans le paysage et la tradition, nourrie par un large tissu de moyennes, petites et trĂšs petites entreprises.”

“L’idĂ©e est simple comme le vice : profiter du restaurant pour mieux l’assujettir, l’asservir bientĂŽt, en lui faisant miroiter la complĂ©mentaritĂ© et les promesses de nouvelles sources de revenus, d’une communication contemporaine, l’élargissement Ă  un public plus jeune.”

“Et pour mieux l’affaiblir, autant la soumettre en faisant mine de l’accompagner. Bonne vieille parade du cheval de Troie oĂč les fameux grands chefs, si souvent pressĂ©s de s’exhiber en porte-voix de la gastronomie, s’avĂšrent, dans le duel, d’un mutisme complet, d’une bienveillance naĂŻve voire d’une duplicitĂ© trĂšs active.”

Le Parisien, LĂ©vis-Saint-Nom: Ferme-Ă©cole de Xavier Niel... « Nous allons former des chefs d’entreprise agriculteurs », 30/04/2021 + Le Figaro, L’école d’agriculture de Xavier Niel prĂ©pare son ouverture, 29/04/2021

Nous en avions parlé début mars. On en sait désormais un peu plus sur le projet Hectar car la directrice Audrey Bourolleau a donné plusieurs interviews dans la presse la semaine derniÚre.

Hectar a pour ambition de former et sensibiliser 2 000 personnes Ă  l’agriculture par an. D’ailleurs Audrey Bourolleau insiste sur la terme “chefs d’entreprise agricole” qui, comme le prĂ©cise Le Figaro, lui tient Ă  cƓur car “il faudra Ă  ces nouveaux agriculteurs un solide bagage Ă©conomique pour faire prospĂ©rer leurs fermes dans de bonnes conditions”. 

Autre objectif d’Hectar : dĂ©velopper l’attractivitĂ© des mĂ©tiers de l’agriculture afin de “redonner du sens Ă  ces professions”. 

Enfin, Hectar comprend Ă  la fois un campus de formation, des espaces de recherche et d’expĂ©rimentation, un accĂ©lĂ©rateur de startups (pouvant accueillir Ă  terme pas moins de 50 startups), ainsi que des espaces de sĂ©minaires et pĂ©dagogiques.

Au niveau des formations proposées, il y aura deux offres :

  • la premiĂšre est un parcours “chef d’entreprise agriculteur” qui se dĂ©roule sur six mois et propose des cours pour savoir comment acquĂ©rir du foncier, se mettre au bio, Ă  quel distributeur s’adresser
 Gratuite et ouverte Ă  tous, elle s’adresse notamment Ă  des personnes en reconversion.

  • la seconde propose 400 heures de formation Ă  destination de celles et ceux qui veulent devenir salariĂ©(e) agricole. 

Les Echos, Le Google russe va lancer son service de livraison en 15 minutes Ă  Paris, 28/04/2021

Et un acteur de plus qui va s’attaquer au Q-commerce (livraison de courses en quinze minutes) Ă  Paris! Cette fois-ci il s’agit du gĂ©ant de l'internet russe Yandex, souvent qualifiĂ© de “Google russe” mais qui possĂšde Ă©galement un service de taxis Ă  la demande et qui est dĂ©jĂ  prĂ©sent dans plusieurs pays europĂ©ens.

Le service de livraison de courses de Yandex est dĂ©jĂ  prĂ©sent Ă  Moscou, quelques villes russes, ainsi qu’à Tel Aviv (sous la banniĂšre Yango Deli). Comme l’explique Maxim Avtoukhov, le directeur financier et commercial de Yandex.Lavka, Â« nous avons choisi Paris car sa population est compacte, comme Ă  Moscou, et l'e-commerce dĂ©jĂ  bien dĂ©veloppĂ©. La concurrence dans la livraison rapide est limitĂ©e Ă  des acteurs de petite taille, et face aux start-up Cajoo, Dija et Gorillas, nous arrivons avec notre technologie et notre expĂ©rience ». 

L’article prĂ©cise par ailleurs qu’en 2020, Yandex Lavka a enregistrĂ© un chiffre d'affaires de 11 milliards de roubles (soit 121 millions d'euros). 

LSA, E-commerce : La Belle Vie vise les 80 millions d'euros de chiffre d'affaires, 28/04/2021

Depuis un an, la plateforme de e-commerce alimentaire La Belle Vie a bien Ă©voluĂ©. Elle a notamment doublĂ© son nombre de rĂ©fĂ©rences, passant de 6000 rĂ©fĂ©rences en avril 2020 Ă  12 000 aujourd’hui, grĂące notamment Ă  deux partenariats stratĂ©giques avec SystĂšme U et La Grande Epicerie. Elle a rĂ©alisĂ© 30 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2020 et a rĂ©ussi une levĂ©e de fonds de 11,6 millions d’euros. Bref, 2020 a Ă©tĂ© une belle annĂ©e pour La Belle Vie et l’entreprise fait clairement partie des grands gagnants de la crise sanitaire.

Avec dĂ©sormais prĂšs de 50 000 clients actifs (au moins une commande tous les trente jours), La Belle Vie ambitionne d’atteindre 80 millions d’euros de chiffre d'affaires et 1000 salariĂ©s d’ici la fin de cette annĂ©e (contre 500 Ă  l’heure actuelle). Par ailleurs, alors que 95% de ses livraisons sont actuellement sous-traitĂ©es, l’entreprise s’est fixĂ© pour objectif d'avoir 90% de livreurs en CDI dans les 10 prochains mois selon son co-fondateur Paul LĂȘ. 

La DĂ©pĂȘche, Coca-Cola part en guerre contre un vieux vin corse, le Coca Mariani, 30/04/2021

La DĂ©pĂȘche nous relate une histoire un peu cocasse qui implique d’un cĂŽtĂ© le gĂ©ant amĂ©ricain Coca-Cola et de l’autre une petite maison viticole corse.

L’article nous raconte l’histoire de ce vin corse, le “Coca Mariani”, qui a Ă©tĂ© inventĂ© en 1863 par un apothicaire de Bastia. À l’origine, le Coca Mariani est composĂ© de vin blanc corse et d'extrait de feuille de coca de Bolivie, d’oĂč son nom. Au milieu des annĂ©es 1910, il se vendait pas moins de dix millions de bouteilles de Coca Mariani par an en France.

En 2014, un restaurateur corse a dĂ©cidĂ© de relancer le Coca Mariani en Corse. En 2019, ce dernier a mĂȘme dĂ©posĂ© le nom auprĂšs de l'office de l'Union europĂ©enne de la propriĂ©tĂ© intellectuelle. Et c’est Ă  ce moment-lĂ  que Coca-Cola Company a commencĂ© Ă  montrer ses muscles...  

Les Echos, Agriculture : les « nouveaux OGM Â», rĂ©volution sous haute tension, 01/05/2021

Qu’ils soient appelĂ©s « Nouveaux OGM Â» ou « nouvelles techniques gĂ©nomiques » (NTG), les produits agricoles issus de l’édition gĂ©nomique font dĂ©bat depuis maintenant plusieurs annĂ©es et sont strictement encadrĂ©s par le lĂ©gislateur europĂ©en. Mais un rĂ©cent rapport de la Commission europĂ©enne sur le sujet pourrait changer la donne pour leur avenir.

En effet, pour les auteurs de ce rapport, ces techniques (dont la plus cĂ©lĂšbre est CRISPR-Cas9, qui a valu Ă  la Française Emmanuelle Charpentier le prix Nobel de chimie en 2020) ont certaines vertus. Elles permettent par exemple de rendre les plantes “plus rĂ©sistantes aux maladies et aux conditions environnementales ou aux effets du changement climatique”, d’amĂ©liorer les “caractĂ©ristiques agronomiques ou nutritionnelles”, de rĂ©duire l’utilisation des intrants agricoles (y compris les produits phytosanitaires) et d'effectuer une sĂ©lection vĂ©gĂ©tale plus rapide.

La diffĂ©rence entre les OGM et les NTG est avant tout technique. Selon l’article, un OGM a pour objectif “d’altĂ©rer le gĂ©nome d'un ĂȘtre vivant en y insĂ©rant un ADN Ă©tranger” (ce que l’on nomme la transgenĂšse) alors qu’un NTG “cherche Ă  favoriser l'apparition d'un caractĂšre en modifiant un gĂšne dĂ©jĂ  prĂ©sent dans le gĂ©nome” (ce que l’on nomme mutagenĂšse). Mais comme l’explique Peter Rokowsky, directeur de recherche en gĂ©nomique vĂ©gĂ©tale Ă  l'Inrae, en Europe “on est plus ou moins obligĂ© de parler d'OGM (
) parce que la rĂ©glementation actuelle les classe comme des OGM”, ce qui n’est pas le cas aux Etats-Unis, au Canada, en AmĂ©rique latine, en Australie, au Japon ou en IsraĂ«l.  

Enfin, toujours selon les auteurs du rapport, ces biotechnologies pourraient Ă©galement aider les agriculteurs Ă  tenir les objectifs fixĂ©s par le Pacte vert de l'UE (diviser par deux l'usage des pesticides et de 20 % des engrais d'ici 2030) sans provoquer d'effondrement de la production ou de flambĂ©e des prix alimentaires. 

L’Obs, Sucettes, Berlingots ou Crocos, des bonbons pour le moral, 02/05/2021

Un article consacrĂ© Ă  la relation qu’ont les adultes avec les bonbons.

Comme le rappelle l’auteure culinaire Nathalie Helal, “historiquement, ce sont les adultes qui mangeaient des bonbons” et, de plus, “les toutes premiĂšres sucreries Ă©taient consommĂ©es Ă  des fins thĂ©rapeutiques”. C’est au XIXe siĂšcle, avec la dĂ©couverte du sucre de betterave, que les bonbons se sont dĂ©mocratisĂ©s. Et c’est au XXI siĂšcle, avec l'industrialisation du bonbon et la publicitĂ© ciblant les plus jeunes que les adultes se sont dĂ©tournĂ©s des bonbons.

Ce n’est qu’à partir des annĂ©es 2000 que les adultes se sont remis Ă  acheter des bonbons pour leur propre consommation. Et, comme l’explique GĂ©raldine Bouchot, directrice de la prospective au sein du cabinet de tendances Carlin, “avant, un adulte se devait d'incarner une forme de sĂ©rieux et pour coller au statut, ne se mĂȘlait pas aux activitĂ©s associĂ©es Ă  l'enfance. Aujourd'hui, ces rĂšgles ont volĂ© en Ă©clats”.

Et les marques de confiserie ciblent de plus en plus les adultes. Comme par exemple Carambar, qui a lancĂ© des Â« Cub's » de chocolat noir fourrĂ©s au caramel ou M & M's et sa version « intense » avec 65 % de cacao. Des marques plus “healthy” sont Ă©galement arrivĂ©es sur ce marchĂ©, Ă  l’instar de Gimme Five, Fini Sanchez, la Butinerie, Yum Earth Organics, Okovital, NA... 

Le Monde, La machine Haribo grippée par le Covid-19, 04/05/2021

Le Monde nous apprend qu’Haribo n’a pas profitĂ© de la crise sanitaire.

L’entreprise allemande affiche en effet une baisse de chiffre d’affaires de l’ordre de 7% en France pour son exercice 2020, Ă  243 millions d’euros. Comme l’explique Jean-Philippe AndrĂ©, patron d’Haribo France, « nous avons perdu les boĂźtes que l’on amĂšne au bureau ou que l’on achĂšte pour les anniversaires des enfants. Nous avons aussi souffert de la chute de frĂ©quentation des aĂ©roports et des gares Â».

Cet article vient finalement un peu Ă  rebours du prĂ©cĂ©dent paru dans l’Obs. Et d’ailleurs la journaliste (au mĂȘme titre qu’Haribo) s’interroge sur les raisons qui ont poussĂ© les Français Ă  bouder les fraises Tagada et Ă  se tourner plutĂŽt vers le chocolat.

NĂ©anmoins, Haribo continue Ă  travailler ses recettes pour les rendre plus attractives pour les adultes avec, par exemple, des crocodiles qui sont allĂ©gĂ©s en sucre ou encore nouvel emballage recyclable pour les Dragibus. 

LSA, Marketplace: Direct Market lĂšve 1,7 million pour booster l'offre de produits locaux, 03/05/2021

La startup strasbourgeoise Direct Market est une place de marchĂ© B to B, qui met en contact producteurs et commerçants. A l’heure oĂč la demande pour les produits locaux augmente, des acteurs de la grande distribution tels que IntermarchĂ©, G20 ou encore Franprix font de plus en plus appel Ă  ses services pour s’approvisionner en fruits et lĂ©gumes locaux. Car comme le rappelle l’article, “pour les grandes surfaces alimentaires, servir ce marchĂ© est complexe” car il est nĂ©cessaire de “trouver des agriculteurs rĂ©gionaux, acheminer leurs fruits et lĂ©gumes jusqu'Ă  chacun de leurs magasins”.

L'entreprise a rĂ©alisĂ© 1,2 million d'euros de chiffre d'affaires en 2020 et vise 4 millions d'euros en 2021. Avec cette levĂ©e de fonds elle compte se dĂ©velopper en France mais vise Ă©galement un dĂ©veloppement en Italie, au Portugal, en Suisse et au Benelux. 

Direct Market fonctionne avec un systĂšme de commission (de 6 Ă  9%). Enfin, l’article nous apprend que Direct Market dĂ©ploiera d'ici septembre 2021 une solution de blockchain afin de garantir la provenance des produits Ă©changĂ©s sur sa marketplace.

Fortune, An indestructible Italian icon, the Moka pot is making a comeback with pod-snubbing coffee fans—and investors, 24/04/2021

Alors que Bialetti, le fabricant de l'emblĂ©matique cafetiĂšre italienne Moka, Ă©tait au bord de la faillite il y a Ă  peine trois ans, Fortune s’intĂ©resse au renouveau de cette marque. Son succĂšs rĂ©cent est dĂ» Ă  un regain d’intĂ©rĂȘt pour le cafĂ© Ă  domicile ainsi qu’au relooking de l’emblĂ©matique cafetiĂšre qui fĂȘte ses 88 ans.

Il faut dire que cette cafetiĂšre est une institution en Italie. Et l’article dĂ©crit parfaitement le processus de prĂ©paration du cafĂ© et son “expĂ©rience sensorielle”. Ainsi, “il y a le bruit grave du mĂ©tal sur le mĂ©tal lorsque les chambres du haut et du bas se vissent”. Puis, “quelques minutes plus tard, vous entendez le gargouillis du cafĂ© lorsque l'eau bouillante monte en bouillonnant Ă  travers les grains”. On parle mĂȘme de “rituel” pour cette prĂ©paration du cafĂ©.

On apprend Ă©galement que la cafetiĂšre a Ă©tĂ© crĂ©Ă© en 1933 par Alfonso Bialetti, un ouvrier de l'aluminium qui s’est inspirĂ© des machines Ă  laver de l'Ă©poque. La sociĂ©tĂ© Ă©ponyme fondĂ©e par Bialetti en a vendu plus de 200 millions d’exemplaires depuis et trois foyers italiens sur quatre en possĂšdent une.

Pourtant, en 2018, Bialetti Ă©tait endettĂ©e de plus de 70 millions d'euros et souffrait de la concurrence des machines Ă  cafĂ© Ă  capsules. Mais Fortune explique Ă©galement que la faiblesse commerciale de Bialetti c’est le fait que ses cafetiĂšres Moka sont pratiquement indestructibles. Le redressement de l’entreprise s’est donc fait grĂące Ă  une nĂ©cessaire stratĂ©gie de diversification. Bialetti s’est ainsi lancĂ© dans le cafĂ© moulu avec une nouvelle marque "Perfetto Moka" en plus d'une gamme de mugs, de tasses et d'autres articles liĂ© au cafĂ© comme des moulins Ă  cafĂ© et mĂȘme des cafetiĂšres non traditionnelles comme la “French press”.

Finalement, comme l’explique Jake Leonti, rĂ©dacteur en chef du magazine Coffee Talk "Je vois les cafetiĂšres Moka Express un peu comme des disques vinyles face aux CD et aux MP3 reprĂ©sentĂ©s par les machines Ă  cafĂ© Ă  dosettes. Et on voit Ă  quel point le vinyle se porte bien aujourd'hui".

Financial Times, Investors hungry for NotCo’s AI-derived alternatives to meat and milk, 27/04/2021 + Food Business News, Inside NotCo’s plant-based empire, 26/04/2021

Focus sur NotCo, une startup chilienne qui sera probablement l’une des futures licornes de la Foodtech. Cette derniĂšre propose des substituts vĂ©gĂ©taux Ă  la viande et aux produits laitiers. Si ce crĂ©neau est de plus en plus bataillĂ©, NotCo se distingue de ses concurrents par le fait qu’elle utilise un algorithme Ă  base d’intelligence artificielle pour suggĂ©rer des combinaisons vĂ©gĂ©tales inhabituelles qui imitent les sensations de la viande et des produits laitiers. Ainsi, le chou et l'ananas sont par exemple utilisĂ©s dans une recette qui permet Ă  NotMilk d'avoir un goĂ»t et une apparence aussi proches que possible du lait de vache. Comme l’explique le fondateur Matias Muchnick, “notre algorithme apporte de nouvelles combinaisons d'ingrĂ©dients auxquelles nous n'avions jamais pensĂ© pour gĂ©nĂ©rer certaines textures, odeurs, couleurs et arĂŽmes”. Selon lui, 30 % des consommateurs qui essaient le lait vĂ©gĂ©tal reviennent au lait de vache Ă  cause du goĂ»t.

LancĂ© en 2016, NotCo s’est fait connaĂźtre grĂące Ă  sa mayonnaise vĂ©gane NotMayo. LancĂ© au Chili en 2017, le produit Ă  base de lupin et de pois chiches a connu un succĂšs immĂ©diat (l’article prĂ©cise d’ailleurs que les Chiliens sont les troisiĂšmes plus grands consommateurs de mayonnaise par habitant au monde). NotCo a rĂ©ussi Ă  atteindre une part de 10 % du marchĂ© chilien avec NotMayo.

Du cĂŽtĂ© des producteurs laitiers, ce nouveau concurrent a commencĂ© Ă  faire peur et ils ont intentĂ© un procĂšs pour empĂȘcher l'utilisation du mot "lait" dans le nom de NotMilk.

NotCo ne divulgue pas de donnĂ©es chiffrĂ©es sur ses ventes ou sa rentabilitĂ©, mais l’entreprise affirme que son chiffre d'affaires n'a jamais Ă©tĂ© moins de trois fois supĂ©rieur Ă  celui de l'annĂ©e prĂ©cĂ©dente, et son fondateur prĂ©voit qu'il quadruplera cette annĂ©e. NotCo a dĂ©jĂ  levĂ© 115 millions de dollars et compte parmi ses investisseurs Jeff Bezos

Euronews, What is Airbnb Farming and Could It Improve Wasteful Supply Chain?, 06/04/2021

Euronews nous raconte l’histoire d’une success story espagnole.

Tout a commencĂ© en 2011, lorsque les frĂšres Úrculo ont cherchĂ© Ă  relancer l'entreprise fruitiĂšre familiale. Ces derniers ont rapidement rencontrĂ© des problĂšmes, que ce soit les prix bas payĂ©s pour leurs produits ou le fait qu’une partie de la rĂ©colte Ă©tait toujours gaspillĂ©e parce qu'ils ne pouvaient pas la vendre.

En rĂ©ponse, ils ont eu l'idĂ©e de supprimer les intermĂ©diaires et de rĂ©colter les fruits "Ă  la demande" pour des clients individuels. Ils ont d’abord mis leurs arbres en "adoption", permettant aux gens de payer pour l'entretien de chaque arbre en Ă©change de la rĂ©colte lorsque celle-ci Ă©tait prĂȘte.

En 2017, ils ont lancĂ© CrowdFarming.com, une plateforme qui fonctionne un peu comme Airbnb pour l'agriculture. Les clients peuvent se connecter, se renseigner sur une ferme, sur les personnes qui la dirigent et sur les mĂ©thodes qu'elles utilisent. Ils peuvent ensuite adopter une plante ou une partie d'un champ pour recevoir la rĂ©colte - qu'il s'agisse d'avocats en Espagne, de pommes de terre en Allemagne ou mĂȘme de vin en France.

Le site a bénéficié à plein de la pandémie et a notamment triplé ses ventes et doublé le nombre d'agriculteurs adhérant au programme en 2020. CrowdFarming affirme qu'il approvisionne désormais prÚs de 200 000 ménages en Europe.

Nielsen, "The good, the bad, and the ugly of Instacart for grocery retailers" , 23/04/2021

Focus sur une plateforme encore mĂ©connue chez nous mais qui cartonne aux Etats-Unis et qui a inspirĂ© des startups europĂ©ennes comme Everli, j’ai nommĂ© Instacart.

D’aprĂšs Nielsen, Instacart a eu un Ă©norme impact sur le secteur des produits grande consommation (PGC) en 2020. Fournisseur de services de livraison et de ramassage d'Ă©picerie par des tiers, l’entreprise a connu une croissance insolente l’an dernier. Son chiffre d’affaires a augmentĂ© de plus de 15 milliards de dollars, ce qui le place au deuxiĂšme rang derriĂšre Amazon pour la croissance des ventes de PGC.

Comme l’explique Nielsen, Instacart a changĂ© la façon dont les gens font leurs courses. Par ailleurs, de nombreux petits commerces ont cherchĂ© Ă  s'allier avec la plateforme pour en faire leur unique canal e-commerce. L’entreprise leur offre en effet une solution de e-commerce clĂ© en main, qui leur Ă©vite de faire des investissements lourds en capital et en ressources pour rĂ©pondre Ă  la demande des consommateurs. D’autant plus que mĂȘme ceux qui ont investi dans leur propre plateforme de e-commerce utilisent Instacart pour atteindre une base d'acheteurs plus large.

Nielsen met toutefois en garde les petits commerces qui seraient tentés de conclure un partenariat avec Instacart. En effet, en externalisant leur maillon e-commerce de bout en bout à Instacart, ceux-ci cÚdent en fait à un tiers le contrÎle de leur relation avec le client.

The Spoon, Researchers Develop Lactic Acid Bacterium to Extend Shelf Life of Food, 30/04/2021

Un article qui va intéresser les industriels du lait. En effet, des chercheurs de l'Institut national de l'alimentation de l'Université technique du Danemark ont mis au point une nouvelle méthode biologique permettant de prolonger la durée de conservation des aliments et de lutter contre le gaspillage alimentaire.

Selon un article de blog publiĂ© rĂ©cemment sur le site web de l'universitĂ©, les scientifiques ont crĂ©Ă© une bactĂ©rie lactique naturelle qui sĂ©crĂšte de la nisine, un peptide antimicrobien, lorsqu'elle est cultivĂ©e sur des dĂ©chets laitiers. La nisine est un conservateur qui peut prolonger la durĂ©e de conservation des aliments, et peut donc ĂȘtre utilisĂ©e pour rĂ©duire le gaspillage alimentaire. L'utilisation de la nisine est autorisĂ©e dans un certain nombre d'aliments, oĂč celle-ci peut empĂȘcher la croissance de certains micro-organismes d'altĂ©ration ainsi que de micro-organismes qui rendent les consommateurs malades. En thĂ©orie, elle pourrait par exemple ĂȘtre ajoutĂ©e au lait frais pour prolonger sa durĂ©e de conservation.

Autre fait intéressant : cette découverte permet également de mieux utiliser les grandes quantités de lactosérum générées lors de la fabrication du fromage.


C’est une initiative intĂ©ressante de la part d’une entreprise de cette envergure. Le groupe coopĂ©ratif Sodiaal, qui pĂšse un peu de 5 milliards d’euros de chiffre d’affaires et possĂšde des marques telles que Candia, Entremont ou encore Yoplait, vient de lancer une consultation auprĂšs du grand public.

L’objectif pour la coopĂ©rative est de “construire une vision partagĂ©e du lait de demain” et de travailler sur “le rĂŽle (qu’elle) jouera dans ce monde laitier”

Ainsi, parmi les interrogations de Sodiaal :

  • “Que devons-nous prĂ©server ou dĂ©velopper dans la filiĂšre laitiĂšre de demain ?”

  • “Quels sont les engagements que doit prendre notre coopĂ©rative pour faire face aux dĂ©fis de demain comme le rĂ©chauffement climatique ou le renouvellement des gĂ©nĂ©rations ?”

Pour participer Ă  cette consultation cela se passe ici


CrĂ©dit Agricole, Ce qu’achĂšte le consommateur aujourd’hui : du prix, du goĂ»t...
et du sens !
, Prisme n°33, Avril 2021, page 8.

Un dossier intĂ©ressant rĂ©alisĂ© par les Ă©quipes du CrĂ©dit Agricole sur les perspectives offertes par le dĂ©veloppement de l’alimentation responsable.

Pour vous vendre des aliments, les industriels et les marketeurs ont d’abord jouĂ© tout Ă  tour sur le prix bas, la saveur, l’allĂ©gation santĂ© (plus de vitamine, moins de sel, sans gluten
). Bref, sur des innovations qui Ă©taient avant tout “destinĂ©e(s) Ă  amĂ©liorer le bien-ĂȘtre du consommateur”

Mais dĂ©sormais, comme l’explique l’article, il s’agit “non seulement de produire les aliments au profit de celui qui les consomme mais aussi au profit du milieu oĂč ils prennent naissance, dans le sens le plus large qui soit : la terre qui les porte, les ĂȘtres vivants dont ils proviennent, les professionnels qui les travaillent...”


Un peu de fact checking breton ;)

Les travers du bio importé

Un tweet déniché par Eileen Cho. Nous vous parlions il y a quelques semaines de ce phénomÚne des Baked Tomato Pasta. Et bien cela arrive jusque sur les étiquettes ;)

Comment on voyait le futur de la livraison de repas Ă  domicile en 1940


Food Karma #3 | Pascal Beillevaire – Fondateur des fromageries Beillevaire | Rendre accessibles les bons produits laitiers au plus grand nombre, 29/04/2021

Eat’s Business #16 | VariĂ©tĂ© de cafĂ© rĂ©sistante au rĂ©chauffement climatique, les repas dans l’espace et nouveau record de consommation de viande en 2021 | avec la participation de David Nigel Flynn de CafĂ©s Belleville, 04/05/2021


C’est tout pour aujourd’hui.

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O. Frey