đŸŒŸđŸ‡đŸ„ Eat's business đŸ•đŸ·đŸ§€ 2021-13

Bonjour Ă  toutes et Ă  tous, je vous propose cette newsletter dans laquelle vous trouverez quelques articles sur le monde de l’alimentaire qui m’ont semblĂ© intĂ©ressants dans la semaine prĂ©cĂ©dente. 

Pour ceux qui veulent la formule ristretto, les 3 articles que je vous conseille de lire en prioritĂ© cette semaine sont : 

Bonne lecture et bonne semaine Ă  toutes et Ă  tous!

Il n’y aura pas de newsletter la semaine prochaine car votre serviteur fait une pause. Prochaine newsletter le 15 avril.

Pour celles et ceux d’entre vous qui ont plus de temps pour la formule lungo :


Pleinchamp, NĂ©gociations commerciales : les 9 propositions de Serge Papin, 25/03/2021

La loi EGalim, entrĂ©e en vigueur en 2019, n’ayant au final pas eu les effets initialement escomptĂ©s et la guerre des prix Ă©tant repartie dans le contexte de la pandĂ©mie de Covid-19, le gouvernement avait missionnĂ© en octobre l’ancien prĂ©sident de SystĂšme U, Serge Papin, afin de trouver des solutions pour renforcer cette loi EGalim et de rĂ©Ă©quilibrer les rapports de force entre agriculteurs, transformateurs et distributeurs.

Il en ressort 9 propositions :

1) Garantir la « marche en avant du prix » dans un cadre pluriannuel : comme l’explique Serge Papin, “Le prix des matiĂšres premiĂšres agricoles sera arrĂȘtĂ© dans un contrat passĂ© entre les agriculteurs et les industriels de la premiĂšre transformation” et “sera fixĂ© Ă  partir d’indicateurs de coĂ»ts de production et dans la suite de la nĂ©gociation entre les industriels et les distributeurs”. De plus, “les distributeurs ne pourront plus nĂ©gocier la part agricole, qui sera en quelque sorte sanctuarisĂ©e”. Enfin, il propose la signature de contrats pluriannuels (3 ans minimum) pour sortir du « rapport de force Â». 

2) Tendre vers davantage de transparence dans les relations commerciales en expĂ©rimentant un outil de transparence : ce systĂšme vise Ă  pallier le manque de confiance entre les acteurs d’une mĂȘme filiĂšre. Il permettrait le partage d’informations confidentielles avec un tiers de confiance pour Ă©tablir des indicateurs anonymisĂ©s

3) AmĂ©liorer la perception de la valeur de l’alimentation en prĂ©cisant le rĂŽle des promotions : le rapport recommande notamment que pour les promotions concernant des dĂ©gagements, ce soit les interprofessions qui dĂ©finissent les pĂ©riodes de dĂ©gagement de produits sensibles pendant lesquelles la publicitĂ© sur le prix des promotions de ces produits serait interdite.

4) Renforcer la médiation : renforcer les pouvoirs du médiateur

5) Revoir la politique de pĂ©nalitĂ©s : le rapport recommande “du discernement sur les produits vivants”

6) Plus de patriotisme agricole : identifier systĂ©matiquement l’origine France des ingrĂ©dients et des produits, y compris en restauration collective

7) Encourager les agriculteurs Ă  se regrouper : encourager la crĂ©ation d’entitĂ©s plus fortes d’agriculteurs par le regroupement d’entitĂ©s existantes

8) AccĂ©lĂ©rer la transformation des coopĂ©ratives : accĂ©lĂ©rer leur transformation pour passer d’une logique de flux poussĂ©s Ă  une logique d’orientation de la production

9) Mettre en place une véritable éducation nutritionnelle : celle-ci serait mise en place dÚs la primaire

Le rapport peut ĂȘtre tĂ©lĂ©chargĂ© ici.

Terre-net, Rémunération des agriculteurs : les réponses de Julien Denormandie, 26/03/2021

Un entretien rĂ©alisĂ© avec le ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation suite aux propositions faites par Serge Papin.

Pour Julien Denormandie, “il est inacceptable que cette guerre des prix se fasse sur le dos des agriculteurs” et “ses propositions sont trĂšs concrĂštes, et doivent ĂȘtre mises en Ɠuvre”. Selon lui, “dans l’idĂ©al, les modifications nĂ©cessaires devraient ĂȘtre apportĂ©es dĂšs cet Ă©tĂ©â€ pour qu’elles puissent encadrer les prochaines nĂ©gociations commerciales.

Parmi les propositions faites, la plus importante selon le Ministre est celle de “la sanctuarisation des prix des matiùres premiùres agricoles”.

Julien Denormandie rappelle d’ailleurs que “le consommateur est un acteur majeur” car il doit “accepter qu’un concombre produit en France, issu de fermes ayant conduit une transition agroĂ©cologique, n’ait pas les mĂȘmes qualitĂ©s nutritionnelles et environnementales qu’un concombre importĂ© de pays qui ne respecte pas les mĂȘmes normes que nous, et donc que les prix soient diffĂ©rents”. Il met Ă©galement en avant le fait que “le "mieux manger" ne peut pas passer par la destruction de nos agriculteurs” et en appelle Ă  “sursaut collectif qui doit venir de la grande distribution, des industriels”.

Enfin, il donne sa triple vision dans le cadre de la nouvelle Pac qui est en nĂ©gociation : “la souverainetĂ© de notre agriculture, la qualitĂ© et la durabilitĂ© de notre production et la spĂ©cificitĂ© de nos territoires”.

BFM TV, Pourquoi les producteurs de cassis montrent la voie à l’ensemble du monde agricole, 28/03/2021

Alors que Serge Papin a proposĂ© dans son rapport de mettre en place des contrats pluriannuels entre les producteurs et les industriels transformateurs, BFM TV s’intĂ©resse Ă  une filiĂšre oĂč ces contrats existent depuis longtemps.

Dans le cahier des charges de l’indication gĂ©ographique « CrĂšme de cassis de Bourgogne », il est en effet prĂ©cisĂ© que "Les premiers contrats d’achats de baies de cassis entre producteurs et liquoristes, pour des baux allant de six Ă  douze ans, sont apparus dĂšs 1904. Cette pratique du contrat pluriannuel perdure aujourd’hui".

D’aprĂšs l’article, l'interprofession “Acteurs du cassis” a crĂ©Ă© il y a 15 ans des contrats de cinq ans. Ainsi, pendant 5 ans les agriculteurs bĂ©nĂ©ficient du mĂȘme prix d'achat de la part des liquoristes, qui disposent en retour de l'assurance d'avoir la matiĂšre premiĂšre. Pour Jean-Dominique Caseau, l'ancien prĂ©sident du Syndicat des producteurs de cassis de Dijon, “C'est une garantie de dĂ©bouchĂ©s. Un verger de cassis a une durĂ©e de vie de 15 ans mais il faut trois ans pour que ça produise”.

NĂ©anmoins, l’article prĂ©cise que le cassis est une petite production de moins de 1500 tonnes par an, avec un nombre limitĂ© de producteurs et seulement sept transformateurs de crĂšme de cassis. Ce qui fonctionne sur le cassis n’est pas aussi simple Ă  rĂ©pliquer sur des productions de plus grande Ă©chelle comme les pommes.

Les Echos, Vin en cubi, spiritueux et prosecco ont profité du confinement, 25/03/2021

Alors qu’en 2020, les ventes de vin rĂ©alisĂ©es dans les supermarchĂ©s et les hypermarchĂ©s ont augmentĂ© de 1,1 % en volume et de 1,3 % en valeur, cette hausse des ventes n’a pas bĂ©nĂ©ficiĂ© Ă  tous les segments.

Ainsi, l’article nous apprend que cette hausse a surtout bĂ©nĂ©ficiĂ© aux vins rosĂ©s ainsi qu’aux bag-in-box. Ces derniers ont mĂȘme, d’aprĂšs Les Echos, “reprĂ©sent(Ă©) la moitiĂ© de la totalitĂ© des vins pendant le premier confinement”. 

Par ailleurs, alors que le e-commerce a explosĂ© un peu partout en 2020, le secteur du vin fait office de forteresse gauloise. La part de l'e-commerce n'a en effet augmentĂ© que de 1,5 % et ne reprĂ©sente que 3,6 % de l’ensemble du commerce de vin.

Les Echos, Lustucru prĂȘt Ă  racheter Panzani pour crĂ©er un champion français des pĂątes, 25/03/2021

Selon Les Echos, le français Lustucru serait prĂȘt Ă  faire une offre pour racheter les pĂątes Panzani au groupe espagnol Ebro. Si l’opĂ©ration venait Ă  aboutir, Lustucru mettrait la main sur un acteur qui pĂšse 3 Ă  4 fois plus que lui. La transaction pourrait se faire pour un montant avoisinant les 600 millions d’euros.

Selon Les Echos, la partie de Panzani qui pourrait ĂȘtre cĂ©dĂ©e comprend les pĂątes sĂšches et les sauces mais pas les pĂątes fraĂźches Lustucru (rachetĂ©es par Ebro il y a quelques annĂ©es).

Lustucru souhaiterait ainsi crĂ©er un champion français des pĂątes et maintenir les capacitĂ©s de production de Panzani dans l’Hexagone. L’article rappelle qu’une telle opĂ©ration ne devrait pas poser trop de problĂšme vis Ă  vis de l’AutoritĂ© de la Concurrence car sur les 593.659 tonnes de pĂątes consommĂ©es en France en 2020, 64 % ont Ă©tĂ© importĂ©es.

Les Echos, Trader Joe's, l'américain qui gentrifie le hard-discount, 30/03/2021

Un article sur une chaßne de supermarchés américaine assez méconnue chez nous mais qui mérite une visite lors de votre prochain séjour aux Etats-Unis.

Trader Joe’s est nĂ©e en Californie Ă  la fin des annĂ©es 1950 et appartient depuis plusieurs dĂ©cennies Ă  la famille allemande Albrecht, qui est Ă©galement propriĂ©taire du hard-discounter allemand Aldi. Ce qui dĂ©marque Trader Joe’s de ses concurrents amĂ©ricains : des magasins dont la surface varie de 750 Ă  1 100 mÂČ (contre 3500 mÂČ en moyenne pour un Whole Foods Market) et qui compte au maximum 4000 rĂ©fĂ©rences (contre jusqu’à 50 000 pour ses concurrents), : pas de viande ou de poisson Ă  la dĂ©coupe, peu de produits d'entretien et de beautĂ©, une dĂ©co cool et colorĂ©e, une prĂ©sence en ligne quasi inexistante, pas de carte de fidĂ©litĂ©, plus de 80 % de son offre est vendue sous sa marque propre et il n’y a aucune caisse automatique dans les magasins.

L’article rapporte d’ailleurs ces propos de Jon Basalone, le prĂ©sident chargĂ© des magasins, pour expliquer le succĂšs des magasins Trader Joe’s : « Le magasin est notre marque et nos produits fonctionnent mieux quand ils sont vendus comme une partie de cette expĂ©rience client Ă  l'intĂ©rieur du magasin ». Et comme le prĂ©cise Mark Gardiner,  un ancien publicitaire qui a consacrĂ© un livre Ă  cette enseigne « La seule maniĂšre de ne pas ĂȘtre tuĂ© par (Amazon) est de rendre le shopping agrĂ©able, de faire de l'expĂ©rience en magasin quelque chose de divertissant ».

L'enseigne compte actuellement 515 supermarchĂ©s et en ouvre une vingtaine par an. Son chiffre d’affaires annuel est estimĂ© Ă  environ 15 milliards de dollars. 

Process Alimentaire, Comment Nestlé utilise la pulpe de cacao pour son nouveau chocolat, 29/03/2021

Une innovation intĂ©ressante vient d’ĂȘtre mise au point par NestlĂ© : il s’agit d’une tablette de chocolat que l’on pourrait en quelque sorte traitĂ©e d’antigaspi. En effet, comme l’explique François Legeard, responsable marketing chocolat premium chez NestlĂ©, d’ordinaire le chocolat est travaillĂ© Ă  partir de la fĂšve de cacao. Or cette derniĂšre ne reprĂ©sente que 20 % de la cabosse et les 80% restants (70% de coque et 10 % de pulpe) sont jetĂ©s.

Or la pulpe est sucrĂ©e et NestlĂ© a dĂ©cidĂ© de la valoriser pour sucrer son chocolat. Avec ce procĂ©dĂ©, le groupe rĂ©ussit ainsi non seulement Ă  raccourcir la liste des ingrĂ©dients mais Ă©galement Ă  rĂ©duire les dĂ©chets et Ă  amĂ©liorer le revenu des producteurs. Cette innovation est le fruit de 3 annĂ©es de R&D pour trouver le bon process de sĂ©chage pour que la pulpe ait la bonne consistance, la bonne viscositĂ©s et le goĂ»t souhaitĂ© afin d’ĂȘtre intĂ©grĂ©e au chocolat.

CommercialisĂ©e sous le nom Incoa, on la trouve depuis ce mois-ci chez La Grande Épicerie Paris.

Courrier International, Confinement. Les cafĂ©s, l’ñme de l’Europe, 26/03/2021

Un article tirĂ© du journal polonais Polityka consacrĂ© Ă  l’évolution des cafĂ©s, qui sont apparus en Europe au XVIIe siĂšcle.

Les cafĂ©s Ă©taient dans un premier temps des “Refuges de la bourgeoisie Ă©clairĂ©e” et Ă©taient “surtout prĂ©sents dans les grandes villes comme Paris, Vienne, Londres ou Berlin”. L’article rappelle d’ailleurs que Paris comptait 380 cafĂ©s en 1720 et 600 Ă  la fin du XVIIIe siĂšcle.


Sifted, On-demand grocery delivery: The competitors, compared, 29/03/2021

Un article trĂšs intĂ©ressant sur un segment naissant mais qui se dĂ©veloppe Ă  vitesse grand V Ă  coups de centaines de millions d’euros : le Q-commerce. Leur offre de service se rĂ©sume en quelques mots : elles proposent aux clients environ 1 000 Ă  2 000 produits d'Ă©picerie, stockĂ©es dans des "dark stores", qui peuvent ĂȘtre commandĂ©s via une application et arrivent chez vous en moins de 15 minutes.

L’article balaie et compare les diffĂ©rents acteurs au niveau europĂ©en. On y apprend notamment qu’hormis la turque Getir, qui existe depuis 2015, ces startups ont toutes Ă©tĂ© lancĂ©es depuis janvier 2020.

Par ailleurs, elles ont multiplié les grosses levées de fonds depuis quelques semaines :

  • Getir a levĂ© 300 millions de $ la semaine derniĂšre, ce qui la valorise Ă  2,6 milliards de $

  • l’allemande Gorillas, qui a Ă©tĂ© lancĂ© en juin 2020, a Ă©galement levĂ© 285 millions d’€ la semaine derniĂšre et est dĂ©jĂ  valorisĂ©e 1 milliards d’€

Le marchĂ© sur lequel la compĂ©tition est la plus fĂ©roce pour le moment est l’Angleterre, oĂč elles sont pas moins de 7 Ă  s’ĂȘtre aventurĂ©es.

A noter Ă©galement que certaines de ces startups visent Ă©galement une implantation sur le marchĂ© français. C’est le cas de Getir ou encore de Gorillas.

Si les investisseurs se jettent tous sur ces startups, elles ont tout de mĂȘme plusieurs challenges devant elles : elles doivent multiplier rapidement le nombre de dark stores, elles ne seront pas rentables avant au moins 2 ans, la prime au premier arrivĂ© est trĂšs importante, leurs marges sont encore faibles, les grands acteurs de la livraison de repas Uber Eats et Deliveroo se sont Ă©galement lancĂ©s sur ce crĂ©neau, Ă  moyen/long terme les loyers des dark stores peuvent ĂȘtre amenĂ©s Ă  augmenter plus ou moins fortement.

Foodnavigator, ‘Alternative’ proteins could account for 11% of global protein market by 2035, predicts report, 24/03/2021

Un nouveau rapport intitulĂ© “Food for Thought: The Protein Transformation” et publiĂ© par le Boston Consulting Group et Blue Horizon Corporation prĂ©dit que les protĂ©ines alternatives (protĂ©ines d'origine vĂ©gĂ©tale, microbienne, cellulaire) Ă  la viande, aux Ɠufs et aux produits laitiers pourraient reprĂ©senter 11 % (290 milliards de $) du marchĂ© d'ici 2035, contre 2 % en 2020.

Cette prĂ©diction est basĂ©e sur un scĂ©nario dit “de base” qui repose sur plusieurs hypothĂšses : l'intĂ©rĂȘt des consommateurs et des investisseurs pour la durabilitĂ© et des alternatives qui seraient proches des protĂ©ines animales en termes de goĂ»t, de texture et de prix. Par ailleurs, dans ce scĂ©nario de base, les protĂ©ines d'origine vĂ©gĂ©tale atteindraient la paritĂ© de prix d'ici 2023, les protĂ©ines issues de la fermentation microbienne d'ici 2025 et les protĂ©ines issues de la culture cellulaire d'ici 2032. Cela suppose Ă©galement une augmentation modeste de la production animale d'ici 2035. Pour atteindre cette part de marchĂ© il faudra par contre investir pas moins de 30 milliards de $ de capital d'investissement pour les biorĂ©acteurs nĂ©cessaire Ă  la viande cellulaire ainsi que 11 milliards de $ de nouvelles capacitĂ©s d'extrusion pour la viande d'origine vĂ©gĂ©tale.

Selon 2 autres scĂ©narios alternatifs, les protĂ©ines alternatives reprĂ©senteront, en 2035, une part de 16 % pour l’un ou de 22 % pour l’autre. Mais ce 2Ăš scĂ©nario signifierait que l'Europe et l'AmĂ©rique du Nord atteindraient le "pic de viande" en 2025.

Le rapport évoque également les obstacles technologiques à surmonter pour améliorer la viabilité des protéines alternatives.

NĂ©anmoins, comme l’indique l’article de FoodNavigator, tout le monde n’est pas d’accord avec ces prĂ©visions. C’est le cas notamment des reprĂ©sentants de la filiĂšre lait amĂ©ricaine qui, par la voix de son responsable communication affirme Ă  propos de ce rapport : "Ce n'est pas de la recherche. C'est un document de marketing".

Le rapport BCG/Blue Horizon est disponible au format pdf ici.

New York Times, This Is Your Brain on Junk Food, 25/03/2021

Dans son nouvel ouvrage "Hooked", Michael Moss, auteur connu notamment pour son prĂ©cĂ©dent ouvrage “Salt Sugar Fat” explore la science de la dĂ©pendance et dĂ©montre que les entreprises alimentaires ont minutieusement conçu des aliments transformĂ©s qui dĂ©tournent les circuits de rĂ©compense de notre cerveau, nous poussant Ă  trop manger et contribuent Ă  alimenter une Ă©pidĂ©mie mondiale d'obĂ©sitĂ© et de maladies chroniques. Il suggĂšre notamment que les aliments transformĂ©s tels que les cheeseburgers, les chips et les glaces ne crĂ©ent pas seulement une dĂ©pendance, mais qu'ils peuvent mĂȘme ĂȘtre plus addictifs que l'alcool, le tabac et les drogues.

L’auteur rappelle Ă©galement que les entreprises agroalimentaires ont commencĂ©, Ă  la fin des annĂ©es 1970, Ă  racheter un grand nombre de sociĂ©tĂ©s de rĂ©gimes populaires, citant par exemple Heinz, qui a rachetĂ© Weight Watchers en 1978 pour 72 millions de dollars, Unilever, qui a rachetĂ© SlimFast en 2000 pour 2,3 milliards de dollars pour SlimFast en 2000 ou encore NestlĂ©, qui a rachetĂ© Jenny Craig en 2006 pour 600 millions de dollars.

New York Times, Is Coffee Good for Us? Maybe Machine Learning Can Help Figure It Out, 28/03/2021

Faut-il boire du cafĂ© ? Si oui, quelle quantitĂ© ? Ces deux questions simples n’ont toujours pas de rĂ©ponse claire de la part de la communautĂ© scientifique. Les conclusions des diffĂ©rentes Ă©tudes sur le sujet changent constamment et se contredisent frĂ©quemment.

L’article raconte cette anecdote : en 1991, l'OMS a classĂ© le cafĂ© comme potentiellement cancĂ©rigĂšne car des Ă©tudes d'observation avaient mis en Ă©vidence un lien possible entre le cafĂ© et les cancers de la vessie et du pancrĂ©as. Mais il s'est avĂ©rĂ© que ces Ă©tudes n'avaient pas pris en compte le fait que les fumeurs Ă©taient plus nombreux Ă  boire du cafĂ© que les non fumeurs. Et in fine c’était bien le tabagisme qui augmentait leur risque de cancer et non le cafĂ©. Suite Ă  cette constatation, le cafĂ© a Ă©tĂ© retirĂ© de la liste des substances cancĂ©rigĂšnes par l’OMS en 2016.

Mais, comme l’explique l’article pour aller au fond de la question sur la nocivitĂ© ou non du cafĂ©, il faudrait connaĂźtre le type de grain de cafĂ© utilisĂ©, la façon dont il a Ă©tĂ© torrĂ©fiĂ©, la quantitĂ© exacte ingĂ©rĂ©e, sa tempĂ©rature, la quantitĂ© et le type d'Ă©dulcorant ou de produit laitier ajoutĂ©. A cela il faudrait prendre compte toutes les autres variables qui influencent le mĂ©tabolisme et l'Ă©tat de santĂ© gĂ©nĂ©ral du buveur de cafĂ© comme le gĂ©nome, le microbiome, le mode de vie


Une Ă©tude rĂ©cemment publiĂ©e dans la revue Circulation de l'American Heart Association suggĂšre que deux Ă  trois tasses (ou plus) de cafĂ© par jour peuvent rĂ©duire le risque d'insuffisance cardiaque. Cette derniĂšre a utilisĂ© des donnĂ©es d'observation, mais son objectif initial n'Ă©tait pas d'Ă©valuer la relation entre le cafĂ© et l'insuffisance cardiaque mais de rĂ©pondre Ă  la question “quels sont les facteurs de la vie quotidienne qui ont un impact sur la santĂ© cardiaque que nous ne connaissons pas et qui pourraient potentiellement ĂȘtre modifiĂ©s pour rĂ©duire le risque”. Pour y rĂ©pondre, les chercheurs ne sont pas partis d’une hypothĂšse mais ont utilisĂ© un algorithme de machine learning pour rechercher des liens entre des milliers de caractĂ©ristiques de patients recueillies dans le cadre de la cĂ©lĂšbre Ă©tude de Framingham et la probabilitĂ© que ces patients dĂ©veloppent une insuffisance cardiaque. Une telle analyse, qui ne part d'aucune idĂ©e prĂ©conçue sur ce que les donnĂ©es pourraient dire, peut rĂ©vĂ©ler des liens auxquels personne n'avait pensĂ© auparavant.


Stripfood, À table ! par Xavier Alberti, 29/03/2021

Un article de Xavier Alberti que l’on pourrait Ă©galement intitulĂ© “Ode Ă  la table”. Il y met en avant l’importance du repas Ă  table dans notre culture française, Ă  la fois par le temps que l’on y passe (un record mondial) mais Ă©galement Ă  travers toutes ces conversations et souvenirs qui s’y rattachent.


La Fondation Carrefour lance un nouvel appel Ă  projets intitulĂ© “Étudiants & Innovation alimentaire” qui a pour but de soutenir les initiatives qui Ɠuvrent pour favoriser l’accĂšs des Ă©tudiants Ă  une alimentation saine et abordable.

Cet appel Ă  projet est ouvert aux associations de France mĂ©tropolitaine et d’Outre-Mer, il rĂ©compensera 10 structures Ă  hauteur de 30 000 € par laurĂ©at.

Le dossier de candidature est à télécharger ici.


Un thread intéressant sur le prix de la viande de poulet et ce qui revient in fine aux éleveurs. On y apprend que 15cts de plus par poulet cela représenterait 350 euros par mois en plus pour cet éleveur. Pour une famille qui mange un poulet par semaine cela représenterait 7,80 euros de plus par an.

Une nouvelle marque proposée par le groupe coopératif Limagrain et qui met en avant les légumineuses. Elle compte 24 références qui sont distribuées pour le moment principalement dans le Sud Ouest.


À CĂŽtĂ© D'La Plaque #20 | HĂ©lĂšne Darroze | Cheffe Ă  l’attitude irrĂ©sistible : positive, gourmande, douce et gĂ©nĂ©reuse, 25/03/2021

Eat’s Business #12 | L’évolution du Bio en 2020, Lactalis rachĂšte Leerdammer Ă  Bel et la consommation d’eau en bouteille, 30/03/2021


Dans le nouvel Ă©pisode de son podcast La ClĂ© des Champs, Louise Lesparre a interviewĂ© le ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation, Julien Denormandie.

A Ă©couter ici.


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O. Frey