đŸŒŸđŸ‡đŸ„ Eat's business đŸ•đŸ·đŸ§€ 2021-11

Bonjour Ă  toutes et Ă  tous, je vous propose cette newsletter dans laquelle vous trouverez quelques articles sur le monde de l’alimentaire qui m’ont semblĂ© intĂ©ressants dans la semaine prĂ©cĂ©dente. 

Pour ceux qui veulent la formule ristretto, les 3 articles que je vous conseille de lire en prioritĂ© cette semaine sont : 

Bonne lecture et bonne semaine Ă  toutes et Ă  tous!

Pour celles et ceux d’entre vous qui ont plus de temps pour la formule lungo :


Les Echos, Label rouge et bio portent la filiÚre volaille française, 10/03/2021

La filiĂšre volaille française a connu une bonne annĂ©e 2020, aidĂ©e en cela par la pandĂ©mie et les freins qu'elle a mis au commerce international. Les achats de volaille des français Ă©taient en effet en hausse de 12,4% l’an passĂ©, avec +10% pour les ventes de Label rouge et 6% pour le bio. 

L’article rappelle par ailleurs les efforts faits par la filiĂšre ces derniĂšres annĂ©es : montĂ©e en gamme, investissements dans de nouveaux bĂątiments, progrĂšs en matiĂšre de bien-ĂȘtre, rĂ©duction de 60 % de l'utilisation des antibiotiques en dix ans. Mais surtout, les Ă©levages français correspondent au modĂšle que souhaitent les Français et comptent 3 fois moins d’animaux que chez nos voisins europĂ©ens et 50 fois moins qu'au BrĂ©sil.

La filiĂšre française craint par contre la reprise des nĂ©gociations commerciales entre l’UE et l'AmĂ©rique latine qui pourrait potentiellement entraĂźner l’importation en Europe de “l'Ă©quivalent du quart des filets de volailles consommĂ©s aujourd'hui”. 

L’Usine Digitale, Gaspillage alimentaire : la pĂ©pite Phenix Ă©tend son empreinte en Europe, 10/03/2021

L’entreprise Phenix, spĂ©cialiste des solutions de lutte contre le gaspillage alimentaire, cherche Ă  se dĂ©velopper sur le continent europĂ©en et vise une dizaine de pays Ă  l'horizon 2023, notamment en Espagne, en Belgique et en Italie.

Pour rappel Phenix propose 3 services :

  • une plateforme qui connecte et digitalise le don alimentaire entre des professionnels - supermarchĂ©s, industriels et producteurs - et des associations caritatives.

  • une application mobile qui propose la vente Ă  prix cassĂ© des invendus alimentaires des commerçants de quartier aux consommateurs. LancĂ© en 2019,  elle compte dĂ©jĂ  1,5 millions d’utilisateurs et travaille avec environ 6 000 commerces

  • un outil dĂ©diĂ© aux promotions intelligentes en magasin, prenant en compte la mĂ©tĂ©o, la pĂ©riode de l'annĂ©e ou encore l'historique des ventes prĂ©cĂ©dentes. 

Depuis sa crĂ©ation en 2014, Phenix affirme avoir permis de sauver 115 millions de repas, soit l’équivalent de 120 000 repas par jour. Avec sa stratĂ©gie de dĂ©ploiement, PhĂ©nix cherche Ă  sauver l’équivalent de 450 000 repas par jour.

Le Monde, Pourquoi le beurre canadien ne ramollit pas ? La polĂ©mique du « Buttergate Â» met en cause l’utilisation de l’huile de palme, 05/03/2021

Focus sur ce que les mĂ©dias de l’autre cĂŽtĂ© de l’Atlantique appellent le #buttergate. Il se trouve en effet que, depuis plusieurs semaines, les Canadiens ont un problĂšme avec leur beurre, qui est devenu trop dur et s’étale mal.

Tout est parti d’un tweet publiĂ© le 5 fĂ©vrier par Julie Van Rosendaal, une blogueuse culinaire. Par la suite, cette derniĂšre a Ă©mis l’hypothĂšse que ce phĂ©nomĂšne proviendrait d’un changement dans l’alimentation des vaches laitiĂšres. Dans une tribune, elle accuse notamment l’huile de palme. Cette derniĂšre serait en effet utilisĂ©e comme complĂ©ment alimentaire afin d’augmenter la production de lait ainsi que sa teneur en matiĂšres grasses.

Comme le prĂ©cise Sylvain Charlebois, directeur scientifique du Laboratoire de recherche en sciences analytiques agroalimentaires Ă  l’universitĂ© Dalhousie, “il n’y a rien d’illĂ©gal Ă  donner de l’huile de palme aux vaches laitiĂšres, et rien n’empĂȘche les producteurs laitiers de le faire”.

Capital, Lidl suscite la polémique avec sa bouteille de Bordeaux à 1,69 euro, 12/03/2021

Pour sa foire aux vins du printemps, Lidl propose une bouteille de vin de Bordeaux AOP Ă  1,69 euro la bouteille. Ce prix cassĂ© fait Ă©videmment grincer des dents dans la filiĂšre. Selon CĂ©dric Roureau, prĂ©sident du Syndicat des Courtiers de Vins et Spiritueux de Bordeaux, de la Gironde et du Sud-Ouest, “Pour sortir Ă  1,69 euro, l'achat de vin a dĂ» se faire Ă  un niveau extrĂȘmement bas. Ce qui ne rend service Ă  personne d'avoir des bordeaux Ă  ce prix”. L’enseigne se dĂ©fend en arguant que ce prix a Ă©tĂ© obtenu grĂące Ă  “l’achat de volumes consĂ©quents, plusieurs centaines de milliers de cols pour la France et d’autres marchĂ©s”.

Challenges, La famille Holder vend Ladurée à Stéphane Courbit, 12/03/2021

Alors qu’il y avait beaucoup de prĂ©tendants Ă  la reprise de LadurĂ©e, Challenges nous apprend que c’est au final l’homme d’affaires StĂ©phane Courbit qui a emportĂ© la mise. Au delĂ  de son empire audiovisuelle, ce dernier est Ă©galement propriĂ©taire du groupe hĂŽtelier de luxe Airelles, qui va notamment prochainement ouvrir Le Grand ContrĂŽle, un Ă©tablissement de 14 chambres, situĂ© dans l'enceinte du ChĂąteau de Versailles. 

Selon les informations du magazine, StĂ©phane Courbit dĂ©tient dĂ©sormais 80% de LadurĂ©e, la famille Holder conservant les 20% restants.

L’Express, Danone : le PDG Emmanuel Faber Ă©cartĂ© par le conseil d'administration, 15/03/2021

AprĂšs avoir acceptĂ© dĂ©but mars d'abandonner son poste de directeur gĂ©nĂ©ral, pour ne garder que celui de prĂ©sident du conseil d'administration, Emmanuel Faber a fini par ĂȘtre remerciĂ© par le conseil d’administration de Danone. C’est Gilles Schnepp, qui a dirigĂ© le fabricant de matĂ©riel Ă©lectrique Legrand pendant prĂšs de 15 ans, qui va lui succĂ©der Ă  la tĂȘte du conseil d'administration. 

Ce sont 3 fonds (Artisan Parters, Bluebell Capital, Causeway Capital Management) qui critiquaient les mauvais rĂ©sultats du groupe français et ont demandĂ© le dĂ©part d’Emmanuel Faber.

En attendant qu’un nouveau directeur gĂ©nĂ©ral soit trouvĂ©, c’est un duo composĂ© de VĂ©ronique Penchienati-Bosetta, directrice gĂ©nĂ©rale international, et de Shane Grant, directeur gĂ©nĂ©ral AmĂ©rique du Nord qui assurera l’intĂ©rim Ă  la tĂȘte du groupe.

Les Echos, Galis se prépare à la démocratisation des truffes, 13/03/2021

Avec prĂšs de 16 000 chĂȘnes truffiers sur une trentaine d'hectares, Galis Truffe est l'une des plus grandes truffiĂšres de l’Hexagone. Reprise Ă  la fin des annĂ©es 90 par un ancien cuisinier, l’entreprise fournit des tables prestigieuses, du George V au Ritz en passant par le Plaza AthĂ©nĂ©e et le Jules Verne.

Ce qui fait sa particularitĂ© : JĂ©rĂŽme Galis, le propriĂ©taire, surgĂšle et met en conserve une partie de sa production. GrĂące Ă  ce procĂ©dĂ©, “la qualitĂ© est excellente plusieurs mois et permet aux chefs d'aromatiser leurs prĂ©parations Ă  base de truffe”.

Sa conserverie rĂ©alise jusqu'Ă  1 million d'euros de chiffre d'affaires par an, contre environ 400 000 euros pour l'exploitation agricole. Et si les restaurants sont fermĂ©s depuis des mois, un tiers de sa rĂ©colte de l’an dernier a Ă©tĂ© vendue Ă  des particuliers.  

Ouest France, Alimentation. Les fabricants n’ont plus obligation de mentionner l’origine du lait, 12/03/2021 + L’Usine Nouvelle, Trois questions pour comprendre la dĂ©cision du Conseil d'Etat sur l'origine du lait, 15/03/2021

Le Conseil d’État a annulĂ© un dĂ©cret gouvernemental datant du 19 aoĂ»t 2016 qui imposait, Ă  titre expĂ©rimental, l’étiquetage de l’origine du lait ainsi que du lait et des viandes utilisĂ©es comme ingrĂ©dient dans des denrĂ©es alimentaires prĂ©emballĂ©es. Initialement prĂ©vue pour courir jusqu’à fin 2018, la pĂ©riode d’expĂ©rimentation avait par la suite Ă©tĂ© prorogĂ©e par dĂ©cret jusqu’au 31 dĂ©cembre 2021.

Le groupe laitier Lactalis a demandĂ© l’annulation du dĂ©cret, arguant que cette obligation Ă©tait contraire au rĂšglement du 25 octobre 2011 du Parlement europĂ©en et du Conseil de l’Union europĂ©enne concernant l’information des consommateurs sur les denrĂ©es alimentaires. L’Usine Nouvelle prĂ©cise que, pour Lactalis, “l’obligation d'Ă©tiquetage reprĂ©sentait une complexitĂ©â€ car le groupe est “prĂ©sent dans plus de 100 pays Ă  travers le monde”.

L’administration n’ayant pas pu dĂ©montrer de lien entre origine gĂ©ographique et propriĂ©tĂ©s du lait (condition exigĂ©e par la Cour de justice de l’Union europĂ©enne pour autoriser un Etat Ă  imposer un tel Ă©tiquetage au nom de la protection des consommateurs), le Conseil d’Etat a donc donnĂ© raison Ă  Lactalis.

Dans sa dĂ©cision, le Conseil d’Etat prĂ©cise que, bien que les consommateurs donnent de l’importance Ă  l’origine des produits, “en dehors de cette approche subjective, il n’y avait pas objectivement de propriĂ©tĂ© du lait qui puisse ĂȘtre reliĂ©e Ă  son origine gĂ©ographique”.

Euractiv, Atouts et limites des indications gĂ©ographiques : la Commission europĂ©enne a publiĂ© son Ă©tude d’évaluation, 12/03/2021

Au 1er janvier 2020, l’UE comptait 3 286 indications gĂ©ographiques (IG) et de spĂ©cialitĂ©s traditionnelles garanties (STG), dont 734 rien que pour la France. Le vin et les produits agroalimentaires reprĂ©sentent respectivement 49% des IG et 44% des STG au niveau europĂ©en. 

Dans le détail, la France compte :

  • dans le vin : 363 appellations d’origine contrĂŽlĂ©e (AOC) ou protĂ©gĂ©e (AOP) ainsi que 74 indications gĂ©ographiques protĂ©gĂ©es (IGP)

  • pour les produits agroalimentaires : 143 IGP et 101 AOP

Dans une Ă©tude publiĂ©e dĂ©but mars, l’UE s’est interrogĂ©e sur l’efficacitĂ© de ces indications gĂ©ographiques. Selon l’article, la conclusion de l’étude est plutĂŽt positive. Ainsi, les IG reprĂ©sentent « un atout important des territoires ruraux Â» et sont un Â« outil important pour promouvoir l’identitĂ© rĂ©gionale et le patrimoine gastronomique, en particulier dans les pays ayant une longue histoire de protection des IG Â».

Parmi les limites pointĂ©es par l’étude, il y a notamment « la faible notoriĂ©tĂ© et comprĂ©hension Â» des labels dans plusieurs pays europĂ©ens et le fait que  Â« malgrĂ© les nombreuses informations fournies aux consommateurs, [
] il subsiste une certaine confusion entre les diffĂ©rents dispositifs Â».

Le Monde, « Dark store Â» : plongĂ©e dans un supermarchĂ© de l’ombre en plein cƓur de Paris, 17/03/2021

Visite d’un magasin Monoprix pas comme les autres. SituĂ© dans le 13Ăš arrondissement de Paris, ce magasin de 1300 mĂštres carrĂ©s n'a ni façade ni vitrine car il se trouve en sous-sol et on n’y trouve aucun client. Ce dernier sert en effet uniquement Ă  prĂ©parer des commandes passĂ©es en ligne par les clients de son partenaire Amazon. Ce magasin est ce que l’on appelle un “dark store”, il est organisĂ© comme un vrai magasin mais est fermĂ© au public et sert en fait d’entrepĂŽt. NĂ©anmoins, comme le dĂ©crit l’article, “Ici, nul besoin que les produits soient rangĂ©s Ă  hauteur des yeux pour attirer les regards des clients, comme dans un supermarchĂ© classique. Ni de mettre en avant ceux en promotion”. Car en fait, comme l’explique Ferdinand Tomarchio, directeur de l'e-commerce alimentaire chez Monoprix, si l'agencement de ce dark store est similaire Ă  un vĂ©ritable supermarchĂ© c’est surtout pour permettre Ă  l'employĂ© de circuler plus vite dans les rayons. Au niveau de l’assortiment, un produit sur six est un produit de marque Monoprix, soit largement plus que dans un supermarchĂ© classique. 

Ce phĂ©nomĂšne des dark stores n’est d’ailleurs pas que franco-français mais il s’est dĂ©veloppĂ© un peu partout, poussĂ© en cela par le dĂ©veloppement fulgurant du e-commerce alimentaire suite Ă  la pandĂ©mie de Covid-19.

Concernant Monoprix, l’enseigne possĂšde deux dark stores dĂ©diĂ©s Ă  Amazon dans Paris pour les livraisons Ă  Paris et sa petite couronne. Pour les autres livraisons en Ile-de-France, les prĂ©parations se font depuis sept Monoprix dissĂ©minĂ©s en Ile-de-France. En province, les prĂ©parations se font depuis les magasins de Nice, Bordeaux, Lyon et Montpellier. 

LSA, Picnic prĂȘt Ă  se lancer en France en s’appuyant sur Cora, 15/03/2021

Nous vous parlions de cette enseigne de e-commerce alimentaire nĂ©erlandaise le mois dernier. VoilĂ  que Picnic va faire une incursion en France et, selon les informations de LSA, c’est Ă  Valenciennes que Picnic va lancer son offre dans le mois qui vient. Pour ses approvisionnements, l'entreprise nĂ©erlandaise aurait nouĂ© une alliance avec Cora.


Bloomberg, Amazon Quietly Began Building a Grocery Chain During Pandemic, 11/03/2021

Aux Etats-Unis, Amazon a commencĂ© Ă  multiplier les ouvertures de magasins Amazon Fresh depuis quelques mois. Le premier magasin a ouvert Ă  Los Angeles en septembre 2020, le 11Ăš a ouvert dĂ©but mars et Amazon travaillerait sur 28 nouvelles ouvertures cette annĂ©e, de Philadelphie Ă  la banlieue de Sacramento. Les magasins Fresh ont une surface allant de 2300 Ă  4200m2 et les 11 premiers magasins sont pour la plupart dissĂ©minĂ©s dans des zones suburbaines de classe moyenne supĂ©rieure. Ils sont installĂ©s Ă  la place d’anciens magasins de jouets Toys R’ Us et d’épiceries fermĂ©es. Amazon a utilisĂ© des analyses dĂ©taillĂ©es des habitudes d'achat pour dresser une liste de 15 000 produits Ă  mettre en rayon, un assortiment qui rĂ©pond aux besoins quotidiens de la plupart des clients. Les marques de distributeurs, dont la gamme Whole Foods 365, occupent une place de choix.

Comme le rappelle l’article, plus de dix ans aprĂšs avoir commencĂ© Ă  vendre des produits alimentaires, Amazon ne dĂ©tient qu'une infime partie du marchĂ© amĂ©ricain de l'alimentaire, qui reprĂ©sente 900 milliards de dollars. Selon les observateurs du secteur, les magasins Amazon Fresh sont un moyen pour le groupe de se rapprocher encore plus de ses membres Prime et de sĂ©duire un large Ă©ventail d'AmĂ©ricains, depuis les acheteurs Ă  faible revenu qui frĂ©quentent les discounters comme Walmart jusqu'aux clients plus aisĂ©s qui cherchent Ă  rĂ©cupĂ©rer leurs commandes en ligne. Les magasins Amazon Fresh ont un positionnement d’épicerie grand public, avec un assortiment de produits qui se situe quelque part entre les petits spĂ©cialistes comme Trader Joe's et les grands supermarchĂ©s.

Rappelons toutefois qu’Amazon avait rachetĂ© la chaĂźne de supermarchĂ© Whole Foods Market en 2017 pour 13,7 milliards de dollars. NĂ©anmoins, Whole Foods a eu du mal Ă  se rĂ©inventer en tant que destination grand public et les ventes des magasins ont stagnĂ©.

The Economist, The importance of "omnichannel" strategies, 13/03/2021

Un article sur les stratégies omnicanales, qui associent les stratégies physiques et numériques, des principaux distributeurs américains et chinois.

Tout d’abord, l’article s’intĂ©resse Ă  Walmart. Et l’accent mis sur l’omnicanal suggĂšre que le groupe n'a pas forcĂ©ment l'intention de donner la prioritĂ© au ecommerce pour son rĂ©seau de 4 000 magasins en AmĂ©rique. Le groupe considĂšre au contraire que les deux font partie du mĂȘme Ă©cosystĂšme centrĂ© sur le client. L’article prĂ©cise que, suite Ă  la crise sanitaire liĂ©e au Covid-19, Walmart a rapidement dĂ©veloppĂ© des services pour faciliter l'expĂ©rience en ligne et hors ligne, tels que le retrait en magasin, le drive et la livraison depuis ses magasins. Le groupe a Ă©galement lancĂ© Walmart +, un service d'abonnement similaire Ă  Amazon Prime qui offre aux membres une livraison express, des rĂ©ductions sur l'essence et d'autres avantages. De son cĂŽtĂ©, comme nous l’avons vu dans l’article prĂ©cĂ©dent, Amazon multiplie les ouvertures de magasins Amazon Fresh.

Le mĂȘme phĂ©nomĂšne est observĂ© en Chine ou les grandes plateformes telles qu'Alibaba (avec Freshippo) et JD.com, sont en train de construire de vastes chaĂźnes de supermarchĂ©s. Comme l’explique Leigh Hopkins, responsable de la stratĂ©gie internationale de Walmart, "en Chine, les actifs hors ligne connaissent un regain d'intĂ©rĂȘt".

Mais finalement, comme le dit bien l’article, la principale question est de savoir si ces stratĂ©gies omnicanales peuvent ĂȘtre rentables. Il est, en effet communĂ©ment admis que peu de dĂ©taillants, mĂȘme Amazon, peuvent gagner de l'argent en vendant des produits alimentaires en ligne, en raison du coĂ»t Ă©levĂ© de la livraison. Selon les analystes, dans un secteur tel que le commerce de dĂ©tail alimentaire, dont les marges ne dĂ©passaient pas 2 Ă  4 % avant le passage Ă  la vente en ligne, seules les entreprises les mieux capitalisĂ©es et les plus efficaces sont assurĂ©es de survivre Ă  l'assaut de la vente en ligne. Selon le cabinet Bain, Ă  moins que les distributeurs ne commencent Ă  facturer davantage les services en ligne, les pertes d'exploitation liĂ©es Ă  l'envoi de marchandises depuis les magasins ou les entrepĂŽts pourraient se situer entre 5 et 15 %.

Financial Times, Battle over food delivery intensifies as Deliveroo prepares listing, 13/03/2021

Un article sur les startups specialisées dans la livraison de repas qui se focalise sur les marchés anglais et américain et leur évolution depuis janvier 2020.

Au Royaume-Uni, le marché pesait 12,3 milliards de $ en 2020 et est dominé par 3 acteurs : Just Eat Takeaway, Uber Eats et Deliveroo. Aux Etats-Unis, le marché pesait 52,7 milliards de $ en 2020 et est également dominé par 3 acteurs : DoorDash , Uber Eats et Grubhub.

Evidemment, tous les acteurs ont profité à plein de la crise sanitaire liée à la pandémie de Covid-19. Ainsi, le volume des dépenses des consommateurs de Just Eat Takeaway a augmenté de 51 %, Deliveroo a fait état d'un bond annuel d'environ deux tiers des dépenses des clients. Uber Eats a plus que doublé son nombre de commandes, tandis que le volume de commandes sur la place de marché de DoorDash a triplé en 2020.

Mais l’article montre Ă©galement que ces entreprises sont encore loin de faire des bĂ©nĂ©fices. Ainsi, en raison de la campagne de livraison agressive de Just Eat, ce dernier a vu ses pertes avant impĂŽts bondir de 67 %, Ă  147 millions d'euros. La plupart de ses rivaux ont affichĂ© des pertes encore plus importantes, mais Deliveroo et DoorDash ont pu limiter leurs dĂ©penses de marketing l'annĂ©e derniĂšre, ce qui les a rapprochĂ©s de la rentabilitĂ©.

The Guardian, Eating up the rainforest: China’s taste for beef drives exports from Brazil, 16/03/2021

Comme le rĂ©sument bien les deux hommes d’affaires prĂ©sentĂ©s dans l’article, “Il y a peut-ĂȘtre 20 ans, les habitants des villages et des petites villes ne mangeaient pas beaucoup de viande, mais ceux des grandes villes oui. Aujourd'hui, les habitants des grandes villes sont plus soucieux de leur santĂ© et mangent plus de lĂ©gumes, mais ceux des petites villes ont plus d'argent. Maintenant, ils mangent vraiment beaucoup plus de viande. Ils pensent qu'ĂȘtre riche signifie manger plus de viande”.

Et cette envolĂ©e de la demande chinoise a permis aux ventes de bƓuf brĂ©silien d'atteindre des niveaux record. En effet, le BrĂ©sil a, selon les calculs du cabinet Safras & Mercado, reprĂ©sentĂ© 43% des importations de viande de la Chine en 2020 et les exportations de bƓuf du BrĂ©sil vers la Chine ont augmentĂ© de 76% l'an dernier. Et comme le prĂ©cise Thiago de Carvalho, professeur d'agrobusiness Ă  l'UniversitĂ© de SĂŁo Paulo, "La viande brĂ©silienne est [parmi] les moins chĂšres du monde", notamment Ă  cause de la dĂ©gringolade de la monnaie brĂ©silienne l'annĂ©e derniĂšre.

L’article rappelle toutefois que les Chinois consomment moins de viande par habitant que les AmĂ©ricains. Mais, alors que leur viande prĂ©fĂ©rĂ©e est le porc, une grande partie du cheptel porcin chinois a Ă©tĂ© dĂ©cimĂ© par la peste porcine africaine et les Chinois ont remplacĂ© le porc par le boeuf.

Ce boom a toutefois un coût environnemental élevé car l'Amazonie fournit environ un cinquiÚme des importations de la Chine.

Fast Company, 54 million Americans don’t have access to healthy food. That’s a design problem, 13/03/2021

Un article intĂ©ressant rĂ©digĂ© par un universitaire, spĂ©cialiste de l'urbanisme, qui s’intĂ©resse Ă  la disparitĂ© alimentaire aux Etats-Unis. La faim n’est, effectivement, pas rĂ©partie uniformĂ©ment sur le territoire amĂ©ricain, ni au sein de ses villes. Ainsi, mĂȘme dans les zones urbaines les plus riches des Etats-Unis, il existe des poches d'insĂ©curitĂ© alimentaire profonde et, le plus souvent, ce sont les communautĂ©s noires et latinos qui sont les plus touchĂ©es.

Selon l’auteur, le dĂ©veloppement de ces zones, oĂč l'accĂšs Ă  une alimentation saine est limitĂ©, est liĂ© depuis longtemps aux politiques d'urbanisme et de logement. Pour lui, “pendant plus d'un siĂšcle, l'urbanisme a Ă©tĂ© utilisĂ© comme une boĂźte Ă  outils pour maintenir la suprĂ©matie blanche qui a divisĂ© les villes amĂ©ricaines selon des lignes raciales”. Cela a contribuĂ© au dĂ©veloppement de ce que l'on appelle les "dĂ©serts alimentaires", Ă  savoir des zones oĂč l'accĂšs Ă  des aliments sains, culturellement pertinents et Ă  des prix raisonnables est limitĂ©, ainsi que des "marĂ©cages alimentaires", Ă  savoir des lieux oĂč l'on trouve une prĂ©pondĂ©rance de magasins vendant des aliments "rapides" et "vides".

Le ministĂšre amĂ©ricain de l'agriculture estime que 54,4 millions d'AmĂ©ricains vivent dans des zones Ă  faible revenu oĂč l'accĂšs Ă  une alimentation saine est limitĂ©.


France Inter, Les insectes comestibles, l'alimentation de demain ?, 10/03/2021

En janvier dernier, l’AutoritĂ© europĂ©enne de sĂ©curitĂ© des aliments (EFSA) a rendu publique sa premiĂšre Ă©valuation de produits alimentaires dĂ©rivĂ©s d’insectes. Selon elle, les larves du tĂ©nĂ©brion meunier, aussi appelĂ©es "ver de farine", peuvent ĂȘtre consommĂ©es sans danger "soit sous forme d'insecte entier sĂ©chĂ©, soit sous forme de poudre". 

De son cĂŽtĂ©, Just Philippot a rĂ©alisĂ© un film sur l'Ă©levage et la consommation d'insectes intitulĂ© "La NuĂ©e " qui devrait sortir prochainement sur nos Ă©crans.

A noter Ă©galement l’intervention de Christophe Lavelle, Chercheur en biophysique molĂ©culaire, Ă©pigĂ©nĂ©tique et alimentation, au MusĂ©um national d’histoire naturelle (MNHN) au CNRS, et Ă  l’Inserm.


Cette semaine je vous propose 2 Ă©tudes rĂ©alisĂ©es par les services du MinistĂšre de l’Agriculture :

  • La premiĂšre dĂ©crit les principales externalitĂ©s nĂ©gatives de la pĂȘche et de l'aquaculture sur l'environnement, et prĂ©sente certaines solutions pour y remĂ©dier. Elle est disponible ici.

  • La seconde s’intĂ©resse Ă  l'essor de la Chine au sein du commerce international de produits agroalimentaires. Elle analyse les tendances Ă  l’Ɠuvre, en distinguant les Ă©lĂ©ments structurels et conjoncturels, et propose des Ă©lĂ©ments de rĂ©flexion prospective, notamment sur l'incidence de ces Ă©volutions chinoises sur les autres pays du monde. Elle est disponible ici.


A noter que la sĂ©rie Gaufrette & Mochi vient de sortir sur Netflix. Il s’agit d’un programme culinaire pour enfants qui est prĂ©sentĂ© par Michelle Obama.

Tout au long des dix épisodes, la série met en scÚne deux marionnettes qui parcourent le monde pour "assouvir leur curiosité gastronomique et apprendre à cuisiner à base d'ingrédients frais", selon Netflix.

Les thĂšmes abordĂ©s sont : la tomate, le sel, la pomme de terre, le cornichon, le riz, l’oeuf, les Ă©pices et fines herbes, le maĂŻs, le champignon et l’eau.

Voici la bande annonce de l’émission :


L’eau de mer vendue 24 euros le litre dans un magasin bio




À CĂŽtĂ© D'La Plaque #19 | Mory Sacko – DĂ©voreur de vie et passionnĂ© de tout, il construit sa carriĂšre sur les valeurs de demain, 11/03/2021

Eat’s Business #10 | Agriculteurs stars, culture de truffe blanche en France et eaux gazeuses alcoolisĂ©es | avec la participation de David Forge, agriculteur et youtubeur, 16/03/2021

Sur le Champ #5 | Aquaponie | FĂ©lix Haget – Eauzons, 17/03/2021


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O. Frey