đŸŒŸđŸ‡đŸ„ Eat's business đŸ•đŸ·đŸ§€ 2021-10

Bonjour Ă  toutes et Ă  tous, je vous propose cette newsletter dans laquelle vous trouverez quelques articles sur le monde de l’alimentaire qui m’ont semblĂ© intĂ©ressants dans la semaine prĂ©cĂ©dente. 

Pour ceux qui veulent la formule ristretto, les 3 articles que je vous conseille de lire en prioritĂ© cette semaine sont : 

Bonne lecture et bonne semaine Ă  toutes et Ă  tous!

Pour celles et ceux d’entre vous qui ont plus de temps pour la formule lungo :


Les Echos, Yoplait retombe dans les bras de Sodiaal, son créateur français, 05/03/2021

Le groupe amĂ©ricain General Mills a cĂ©dĂ© la partie europĂ©enne de Yoplait au groupe coopĂ©ratif Sodiaal (qui en dĂ©tenait jusqu’à prĂ©sent 49 %). Cette opĂ©ration ne concerne toutefois pas les activitĂ©s de Yoplait aux Etats-Unis ni au Canada. General Mills avait repris Yoplait en 2011, en payant 1,2 milliards de dollars Ă  PAI.

Dans cette opĂ©ration, Sodiaal reprend les 3 usines françaises de Yoplait ainsi que les filiales au Royaume-Uni, en RĂ©publique tchĂšque, en Slovaquie et en SuĂšde. Selon les information des Echos, cette cession, estimĂ©e Ă  environ 400 millions d’euros, se fait sans sortie de cash pour Sodiaal, qui renonce en Ă©change Ă  percevoir les royalties que devrait continuer de lui verser General Mills sur les activitĂ©s amĂ©ricaines.

Il s’agit d’une dĂ©ception pour le groupe amĂ©ricain, qui n’a pas rĂ©ussi Ă  faire dĂ©coller Yoplait aux Etats-Unis et qui a vu les ventes de la marque se tasser en France. L’article prĂ©cise en effet que Yoplait a perdu plus de quatre points de part de marchĂ© en 3 ans dans l’Hexagone, passant de 15 % des ventes de yaourts en 2016 Ă  10,7 % en 2019 selon Nielsen.

Le Parisien, Ces agriculteurs devenus stars des réseaux sociaux, 04/03/2021

Ils sont connus sur les rĂ©seaux sociaux sous leurs pseudos @agrikol, @agritof80 @agri_zoom, @d_forge ou encore @AgriSkippy, ces agriculteurs et agricultrices français ont pris d’assaut il y a maintenant plusieurs annĂ©es les rĂ©seaux sociaux afin de mieux faire connaĂźtre leur mĂ©tier aux consommateurs et aux citoyens. Certains de ces agriculteurs font partie de l’association FranceAgritwittos, qui regroupe Ă©galement des professions para-agricoles et dont la mission est de parler positivement de l’agriculture.

Selon la derniĂšre Ă©tude Agrinautes 2020, 68 % des agriculteurs sont prĂ©sents sur un rĂ©seau social. Ils Ă©taient seulement 1 % Ă  utiliser Twitter en 2015 et ils sont dĂ©sormais plus de 11 %. 

Ils sont sur les rĂ©seaux sociaux pour lutter contre une certaine forme de stigmatisation et de dĂ©nigrement de leur mĂ©tier. Ils ont donc dĂ©cidĂ© de jouer la carte de la transparence et s’affichent sur YouTube, Instagram, Twitter, voire mĂȘme TikTok, Snapchat ou Twitch.

N’hĂ©sitez pas Ă  aller dĂ©couvrir leurs posts et leurs vidĂ©os sur les rĂ©seaux sociaux.

L’Express, Guerre des prix dans l'alimentaire : il faut sauver le soldat Egalim, 02/03/2021

Cette annĂ©e les traditionnelles nĂ©gociations entre distributeurs et industriels ont Ă©tĂ© trĂšs tendues avec, d’un cĂŽtĂ©, les agriculteurs et industriels qui sont touchĂ©s par la crise Ă©conomique et font face Ă  une flambĂ©e des matiĂšres premiĂšres impactant leurs coĂ»ts de production et, de l’autre, des distributeurs qui sont plus que jamais dans une guerre des prix entre enseignes.

PromulguĂ©e en octobre 2018, la loi Egalim Ă©tait pourtant censĂ©e garantir la juste rĂ©partition de la valeur entre les diffĂ©rents acteurs et rĂ©Ă©quilibrer ces nĂ©gociations. Mais beaucoup d’acteurs font le constat que deux ans plus tard le compte n'y est pas.

Mais, selon l’article, au lieu d’une remise Ă  plat c’est plus l'hypothĂšse d'une adaptation qui tient la corde. Serge Papin, qui est chargĂ© par le ministĂšre de l'Agriculture d'une mission visant Ă  renforcer la mise en oeuvre de la loi, prĂŽne la mise en place de nĂ©gociations pluriannuelles, la nomination d'un tiers de confiance pour examiner les prix d'achat et les marges et un recours encore accru aux contractualisations.

Le Figaro, Les hypermarchĂ©s tentent de faire revenir les clients sĂ©duits par l’e-commerce, 05/03/2021

DĂ©laissĂ©s par les clients depuis maintenant une dizaine d’annĂ©es, les hypermarchĂ©s ont connu une chute importante de leur frĂ©quentation en 2020. Leur part de marchĂ© est en effet passĂ©e de 39,5% en 2019 Ă  37,3 % l'an passĂ© pour ce qui concerne les achats de produits de grande consommation. Emilie Meyer, directrice Ă  l’IRI avance plusieurs explications : “Les Français ont prĂ©fĂ©rĂ© faire leurs courses en ligne, ou dans les petites surfaces oĂč ils sont certes plus serrĂ©s, mais passent moins de temps”.

RĂ©sultat : le groupe Auchan, qui rĂ©alise selon l’article prĂšs de 75 % de ses ventes en France dans ses hypermarchĂ©s a vu son chiffre d’affaires rester stable dans l'Hexagone, alors que, dans l’ensemble, le secteur de la grande distribution a connu une forte croissance en 2020. MĂȘme chez Leclerc les hypermarchĂ©s n’ont pas Ă©tĂ© Ă  la fĂȘte.

Face à ce constat, les distributeurs cherchent à réinventer le format en misant sur la satisfaction client ou en transformant les hypermarchés en plateformes pour approvisionner les drives et les livraisons de courses à domicile.

Comme le rĂ©sume Edgar Bonte, le PDG d’Auchan, “L'hypermarchĂ© doit toucher autrement les consommateurs qui ne viennent plus Ă  lui”.

LSA, La Ruche qui dit oui ! ouvre son premier magasin en France, 08/03/2021

La Ruche Qui Dit Oui, connue initialement pour ĂȘtre une plateforme de mise en relation entre producteurs locaux et consommateurs, se lance dans la distribution physique. La Ruche vient en effet d’ouvrir son premier magasin Ă  Sceaux (92) et, selon l’article, compte ouvrir cinq autres magasins dans la petite couronne de Paris courant 2021. 

La surface du magasin de Sceaux est plutĂŽt restreinte (30m2) et l’offre compte entre 200 et 300 rĂ©fĂ©rences, dont beaucoup de fruits et lĂ©gumes, quelques produits carnĂ©s et laitiers, des produits vendus en vrac et de l'Ă©picerie. Au niveau de la transparence, le nombre de kilomĂštres depuis les champs est indiquĂ© pour chaque rĂ©fĂ©rence.

Comme pour la plateforme en ligne, ce sont les producteurs qui fixent leur prix et La Ruche Qui Dit Oui applique une marge aux alentours de 40 % correspondant aux frais liĂ©s Ă  la logistique et de fonctionnement.

L’article nous apprend Ă©galement que La Ruche Qui Dit Oui a dĂ©jĂ  ouvert un magasin physique Ă  Milan, en Italie, et qu’elle compte en ouvrir cinq autres autour de Milan en 2021.

La Revue du Digital, Multiplier les points de contact avec les clients : la stratégie de Picard Surgelés, 08/03/2021

L’enseigne Picard vise 2 milliards d’euros de chiffre d’affaires d’ici 5 ans. Pour atteindre son objectif, le groupe multiplie les initiatives en matiĂšre de mise Ă  disposition des produits auprĂšs de ses clients. Ainsi, l’article nous explique qu’aprĂšs avoir dĂ©veloppĂ© la livraison Ă  domicile (avec une croissance Ă  3 chiffres et une couverture du territoire passĂ©e de 25% Ă  100% en ayant recours Ă  Chronofresh) et le click & collect (testĂ© dans 120 magasins Ă  NoĂ«l) en 2020, Picard reprend le dĂ©ploiement de ses snacks bar connectĂ©s dans les entreprises (dont nous avions parlĂ© dans une newsletter prĂ©cĂ©dente).

Comme l’explique Nathalie Jacquot, directrice digital, e-commerce et omni-canal de Picard, “l’idĂ©e Ă©tait que Picard devienne le congĂ©lateur de ses clients qui n’ont pas tous le bon congĂ©lateur”.

Les Echos, Airbus et les vins français allégés des taxes douaniÚres américaines, 07/02/2021

Le vendredi 5 mars, la prĂ©sidente de la Commission europĂ©enne, Ursula von der Leyen, a annoncĂ© qu’un accord avait Ă©tĂ© trouvĂ© avec le prĂ©sident amĂ©ricain, Joe Biden, sur les droits de douane qui avait Ă©tĂ© imposĂ©s Ă  certains produits europĂ©ens par l'administration Trump dans le cadre des litiges entre Airbus et Boeing. Cette suppression durera, dans un premier temps, 4 mois en attendant un Ă©ventuel accord dĂ©finitif.

Ces droits de douane concernaient notamment les vins français (nous en parlions d’ailleurs ici) et ont coĂ»tĂ© environ 400 millions Ă  la filiĂšre en 2020. Pendant ce temps, les vins d’autres pays producteurs comme l’Italie (qui Ă©tait exemptĂ©e de ces droits de douanes) ont pris des parts de marchĂ© aux vins français.

Le Figaro, JeĂ»ne extrĂȘme, crudivorisme, instinctothĂ©rapie: les folies des nouveaux gourous de l'alimentation, 05/03/2021

Une enquĂȘte assez Ă©difiante sur ces gourous de l’alimentation qui ont profitĂ© de la pĂ©riode de la crise sanitaire liĂ©e au Covid-19 pour dĂ©velopper leurs communautĂ©s. On y dĂ©couvre notamment Gabriel, un Ă©nergĂ©ticien qui affirme qu'il est possible de se « nourrir de lumiĂšre Â», Claudette qui se demande si l'on « peut arrĂȘter de boire Â», IrĂšne qui prĂ©conise de « manger des aliments vivants, crus Â» ou Claude, qui fait la promotion de Â« l'instinctothĂ©rapie Â». On y parle Ă©galement du “pranisme”, qui consiste Ă  jeĂ»ner le plus longtemps possible en s’alimentant, soi-disant, d’infimes particules divines qui nous entourent.

Comme l’explique Charline Delporte, prĂ©sidente du Centre national d'Accompagnement Familial Face Ă  l'Emprise Sectaire (CAFFES), “l'angoisse liĂ©e au Covid a fait connaĂźtre du grand public tout un tas de pervers manipulateurs, qui ont fait de ces nouvelles pratiques alimentaires des mĂ©thodes de soin miracle, tout ça pour s’en mettre plein les poches”.   

Process Alimentaire, L’Inrae ouvre la voie Ă  la culture de la truffe blanche du PiĂ©mont en France, 05/03/2021

C’est l’un des mets les plus rares et les plus chers au monde, qui est rĂ©coltĂ©e en majoritĂ© dans la pĂ©ninsule balkanique. Mais l’article nous apprend que l’Inrae, en partenariat avec les pĂ©piniĂšres Robin, a rĂ©ussi Ă  acclimater ce champignon en France. Ils ont procĂ©dĂ© Ă  des tests dans quatre plantations rĂ©parties dans des rĂ©gions aux climats diffĂ©rents (RhĂŽne-Alpes, Bourgogne-Franche-ComtĂ© et Nouvelle-Aquitaine) et ont rĂ©coltĂ© trois truffes en 2019 et quatre en 2020. Ces premiĂšres truffes rĂ©coltĂ©es en dehors de l'aire de rĂ©partition gĂ©ographique naturelle de cette espĂšce sont donc une premiĂšre mondiale et ouvrent de belles perspectives pour la culture de la truffe blanche Ă  plus grande Ă©chelle en France.

Les Echos, La livraison pourrait peser prĂšs de 20 % des ventes des restaurants en 2024, 09/03/2021

Selon une Ă©tude rĂ©alisĂ©e par Food Service Vision, la livraison de repas devrait peser 19 % du chiffre d'affaires de la restauration commerciale en France Ă  l’horizon 2024, soit prĂšs de 10,3 milliards d'euros. A titre de comparaison, en 2018 la livraison de repas pesait 6 %  du chiffre d'affaires de la restauration commerciale, soit 3,3 milliards.

Selon François Blouin, le prĂ©sident fondateur de Food Service Vision, « La livraison est devenue un ingrĂ©dient incontournable de la restauration. L'accĂ©lĂ©ration que l'on constate est Ă  la fois conjoncturelle et structurelle ». Il prĂ©cise par ailleurs que « la part des consommateurs rĂ©guliers, commandant au moins une fois par mois, a augmentĂ©. Et la moitiĂ© y a recours au moins une fois par semaine contre un tiers il y a deux ans ».

Plus surprenant, si 36 % des commandes sont passĂ©es via une application sur smartphone, 32 % le sont encore par tĂ©lĂ©phone. 

Les Echos, PrĂȘt pour la Bourse, Deliveroo a livrĂ© 5 milliards d'euros de repas l'an dernier, 08/03/2021

Alors que Deliveroo prépare son introduction à la bourse de Londres, on en apprend plus grùce aux documents dévoilés dans le cadre de la préparation de cette introduction.

Ainsi, l’entreprise de livraison de repas Ă  domicile est prĂ©sente dans douze pays. En 2020, le montant des commandes passĂ©es par son intermĂ©diaire a augmentĂ© de 64% pour se monter Ă  4,1 milliards de livres TTC (4,7 milliards d'euros). Deliveroo livre environ 6 millions de clients par mois et travaille avec 115 000 restaurants, Ă©piceries et commerces de proximitĂ© dans 800 villes Ă  travers le monde. 

Au niveau de la performance financiĂšre, l’Ebitda est encore nĂ©gatif Ă  -9,6 millions de livres (contre -231,6 millions de livres en 2019). Au global, Deliveroo affichait une perte nette de 223,7 millions en 2020.

Infodujour.fr, Le premier restaurant expérimental Zéro Covid est en Alsace, 02/03/2021

En Alsace, un groupe de travail s’est constituĂ© dĂšs fin septembre 2020 sur les risques potentiels et les bonnes pratiques possibles Ă  mettre en Ɠuvre dans la restauration. Le restaurant Ă©toilĂ© ”La Maison des TĂȘtes” Ă  Colmar sert dĂ©sormais de petit “laboratoire de l’innovation”. Le groupe de travail a voulu mettre en lumiĂšre les solutions possibles dans le cadre d’un futur plan de reprise pour les professionnels de la restauration et du domaine alimentaire.

5 axes sont privilégiés :

1-L’hygiĂšne des mains et des surfaces : de l’entrĂ©e des clients Ă  la table en passant par la cuisine et les sanitaires, l’hygiĂšne est pensĂ©e globalement.

2- Un revĂȘtement auto-dĂ©contaminant : Coversafe 

3- Des séparations de tables design anti-postillons : Nora distribution

4- La mise en place d’une solution en Trilogie LED UV Ă  diffĂ©rentes Ă©tapes par Concept Light

5- Le pré-testing salivaire : EasyCov par Skillcell

LSA, Face à la crise, la difficile résilience de la filiÚre foie gras, 05/03/2021

Avec un chiffre d'affaires en baisse de 2,7% en GMS et des ventes en volume en recul de 3,2%, selon les donnĂ©es IRI (cam Ă  P13 2020), le marchĂ© du foie gras a plutĂŽt limitĂ© la casse en 2020 alors que la filiĂšre craignait initialement le pire.

L’article rappelle par ailleurs que les circuits de distribution du foie sont les suivants : 40% en GMS, 40% en restauration et 15% Ă  l'export. Et, au premier semestre 2020, les ventes dans ces deux derniers circuits ont reculĂ© de 46%, puis de 26% au second semestre. Au global, les ventes de foie gras ont reculĂ© de 36% dans le circuit de la restauration en 2020. 

Pour 2021 le Cifog, l’interprofession du foie gras, anticipe une baisse de la production de 20% par rapport Ă  2020, notamment Ă  cause de l'Ă©pizootie d'influenza aviaire qui a ravagĂ© les Ă©levages du Sud-Ouest et qui a entraĂźnĂ© l’abattage prĂ©ventif de 2,5 millions de canards.


Financial Times, How hard seltzer’s viral success could transform the drinks market, 06/03/2021

Un article intĂ©ressant qui analyse la percĂ©e des “hard seltzers” au Etats-Unis Ă  travers leur succĂšs sur les rĂ©seaux sociaux. On y apprend ainsi que la marque White Claw est devenue Ă  la fois l’objet de blagues en mĂȘme temps qu’un choix de vie sur le rĂ©seau social TikTok au travers de refrains viraux tels que “Ain’t no laws when you’re drinking Claws” qui se moquent de l'amour que porte les millenials Ă  cette alternative Ă  la biĂšre Ă  faible teneur en glucides.

Les hard seltzers sont des eaux pétillantes alcoolisées à saveur de fruits qui se sont imposées en quelque sorte comme une boisson de régime. Bien qu'elles ne soient pas forcément une boisson saine, elles sont "pauvres en glucides" et "pauvres en calories" en comparaison avec la plupart des boissons alcoolisées. Les marques varient dans leur mode de fabrication : certaines, comme High Noon, Smirnoff et Two Brooks, ajoutent de l'alcool à de l'eau gazeuse quand d'autres, comme White Claw, sont fabriquées à partir de sucre fermenté.

Pour un consultant, “La hard seltzer est le plus grand phĂ©nomĂšne dans le secteur de la biĂšre (aux Etats-Unis) depuis le lancement de la Miller Lite en 1975 et de la Budweiser Light en 1982”. Et le succĂšs de ces boissons se traduit dans les chiffres : selon Bernstein, les hard seltzers devraient prendre plus de 15 % du marchĂ© amĂ©ricain de la biĂšre et du cidre d'ici 2024. Alors qu’en 2018, elles ont reprĂ©sentĂ© un chiffre d’affaires de 708 millions de dollars au Etats-Unis, en 2020 Nielsen a estimĂ© le chiffre d’affaires des hard seltzers a au moins 4,1 milliards de dollars rien que pour les ventes de boissons Ă  domicile, soit plus du double des ventes au dĂ©tail de l'annĂ©e prĂ©cĂ©dente, selon les donnĂ©es de la sociĂ©tĂ© d'Ă©tudes de marchĂ© Nielsen. En rĂ©ponse Ă  ce succĂšs, les grandes marques se sont empressĂ©es de se joindre Ă  la fĂȘte. En 2016, le marchĂ© des hard seltzers se composait de White Claw, Truly et d'une marque peu connue appelĂ©e SpikedSeltzer. En 2018, on dĂ©nombrait 10 marques dans les magasins et en 2019, il y en avait 26. Aujourd'hui, selon Nielsen, il en existe plus de 65.

Financial Times, Pandemic shift to premium brands leaves drinks makers in high spirits, 06/03/2021

La pandémie de Covid-19 a remodelé la culture mondiale de la boisson. Ainsi, les ventes mondiales de tequila, de vodka et de liqueurs ont surperformé en 2020, les consommateurs confinés chez eux ayant pris l'habitude de siroter des spiritueux haut de gamme et de préparer leurs propres cocktails.

Par ailleurs, les consommateurs les plus aisĂ©s se sont retrouvĂ©s avec un revenu disponible supplĂ©mentaire et en ont profitĂ© pour se faire plaisir en achetant des bouteilles haut de gamme. Ainsi, les ventes de spiritueux de prestige (plus de 100$ la bouteille) devraient, selon la sociĂ©tĂ© d’analyse IWSR, augmenter de plus de 40% d'ici 2024, soit environ 4 fois plus vite que les marques standard et prĂšs de 2 fois plus que les bouteilles premium. Diageo a par exemple dĂ©clarĂ© que ses ventes de tequila ont augmentĂ© de 80 % en 2020, grĂące aux marques haut de gamme Don Julio et Casamigos. Le PDG de Diageo a d’ailleurs dĂ©clarĂ© “la tendance Ă  se tourner vers les spiritueux plutĂŽt que vers la biĂšre et le vin s'est accĂ©lĂ©rĂ©e pendant la pandĂ©mie”.

Business Insider, Instacart's latest multi-million dollar cash injection will help it scale its business post-pandemic, 04/03/2021

La sociĂ©tĂ© amĂ©ricaine de livraison d'Ă©picerie en ligne Instacart vient de finaliser une nouvelle levĂ©e de fonds (sa 4Ăšme en moins d’un an) d’un montant de 265 millions de $, ce qui porte sa valorisation Ă  environ 39 milliards de dollars, soit le double de sa valorisation lors de sa levĂ©e de fonds d’octobre 2020.

Instacart prévoit d'utiliser ces fonds pour augmenter ses effectifs de 50 % ainsi que pour des initiatives telles que Instacart Marketplace, qui aide à mettre les clients en contact avec les détaillants, et Instacart Enterprise, la solution de e-commerce tout en un pour les épiciers.

Il faut dire que le climat est propice pour l’entreprise. Les chiffres publiĂ©s par Insider Intelligence indiquent que les ventes de produits d’épicerie en ligne ont augmentĂ© de 54 % en 2020 pour atteindre une valeur de 95,82 milliards de dollars. Selon des donnĂ©es d'Apptopia, les tĂ©lĂ©chargements quotidiens pour Instacart ont augmentĂ© de 218 % le 15 mars 2020, par rapport Ă  la moyenne des tĂ©lĂ©chargements quotidiens en fĂ©vrier 2020.

Selon l’article, la force d’Instacart par rapport Ă  des concurrents comme Walmart's ou Kroger's c’est la variĂ©tĂ© d'options d'Ă©picerie proposĂ©es qui lui permet de rĂ©pondre Ă  un Ă©ventail de prĂ©fĂ©rences d'achat des clients.

New York Times, Is the burger nearing extinction?, 06/03/2021

Alors que McDonald's teste le McPlant burger, que Burger King vend un Impossible Whopper sans viande depuis 2019, que Dunkin' Donuts propose un Beyond Sausage Breakfast Sandwich et que Bill Gates vante les galettes sans viande de la startup Nature’s Fynd (dans laquelle il a investi), l’auteur s’interroge sur l’avenir du burger.

Selon ses dires, “c'est l'avenir : pas un avenir sans viande - pas de sitĂŽt - mais un avenir avec moins de viande. J'en suis maintenant certain”. Selon lui, c'est la morale du McPlant et c’est Ă©galement la leçon Ă  tirer de Nature's Fynd, “dont l'histoire n'est pas seulement une parabole de l'innovation et de l'imagination, mais aussi un aperçu de la poussĂ©e de plus en plus musclĂ©e vers des sources de protĂ©ines alternatives et du marchĂ© en croissance rapide qu'elles reprĂ©sentent”.

La viande est attaquée selon trois axes :

  • le 1er axe est celui reprĂ©sentĂ© par Impossible Foods et Beyond Meat, qui se concentrent sur le raffinement des produits Ă  base de plantes qui permettent de mieux en mieux de retrouver les plaisirs de la viande.

  • le 2Ăš est celui des "viandes cultivĂ©es", c'est-Ă -dire la viande essentiellement cultivĂ©e Ă  partir de cellules souches d'animaux. Mais pour l'instant, c'est une proposition coĂ»teuse et incertaine.

  • le 3Ăš est celui auquel appartient Nature's Fynd, Ă  savoir des protĂ©ines issues de la fermentation, fabriquĂ©es Ă  partir de micro-organismes, comme les champignons

Selon l’auteur, ce 3Ăš axe est sans doute le plus passionnant, que ce soit en termes d'accessibilitĂ©, de polyvalence, de respect de l'environnement et de possibilitĂ©s inexploitĂ©es.

Stourbridegenews, Tesco plans controversial change to meat aisles by 2025, 07/03/2021

Le distributeur anglais Tesco s’est fixĂ© pour objectif de proposer une fausse viande comme alternative Ă  chaque produit carnĂ© vendu dans ses magasins d'ici 2025.

Tesco va essayer d'encourager les clients à opter pour une alternative à viande, selon les propositions envoyées dans un email interne au groupe.

Le PDG de Tesco, Ken Murphy, a par ailleurs déclaré : "Nous nous sommes également fixé un objectif ambitieux et trÚs ambitieux d'augmenter les ventes de substituts de viande d'origine végétale de 300 % d'ici 2025. Nous y parviendrons grùce à une série de décisions en matiÚre de prix, de promotion et de placement qui, selon nous, conduiront à une réduction de la consommation de viande".

The Guardian, China’s appetite for meat fades as vegan revolution takes hold, 09/03/2021

AprÚs de nombreuses années de hausse de la consommation de viande chez les classes moyennes chinoises, pour qui manger du porc tous les jours était un signe extérieur de richesse, une petite révolution végétalienne est en cours depuis 2 ans. Bien que la Chine consomme encore 28 % de la viande mondiale, dont la moitié du porc, et que la marché de la viande y pÚse 86 milliards de $, les substituts à la viande à base de plantes commencent à se faire une place chez une nouvelle génération de consommateurs de plus en plus alarmés par des crises telles que le coronavirus et la peste porcine africaine. Selon un rapport de Good Food Institute, le marché chinois des substituts à la viande à base de plantes devrait connaßtre une croissance annuelle de 20 à 25 %.

Il faut dire qu’en 2016, le gouvernement chinois a prĂ©sentĂ© un plan visant Ă  rĂ©duire de 50 % la consommation de viande du pays. Et les substituts Ă  la viande Ă  base de plantes sont considĂ©rĂ©s comme une voie possible pour atteindre cet objectif. Sur ce crĂ©neau, plusieurs entreprises chinoises comme OmniFoods, Z-Rou, Zhenmeat ou Starfield se sont fait une place aux cĂŽtĂ©s de grands groupes internationaux tels que Cargill, Unilever et NestlĂ©, ainsi que les dĂ©sormais incontournables Impossible Food et Beyond Meat.


Cette semaine deux Ă©tudes Ă  signaler.

Une Ă©tude rĂ©alisĂ©e par l’IRI qui s’intitule “2020 Growth Leaders” et s’intĂ©resse Ă  la performance des entreprises leaders des produits de grande consommation aux Etats-Unis en 2020. Vous pouvez la tĂ©lĂ©charger ici.

Un rapport rĂ©digĂ© par l’UNEP (United Nations Environment Program) qui s’intitule “Food Waste Index”. Alors que l'objectif de dĂ©veloppement durable 12.3 vise Ă  rĂ©duire de moitiĂ© le gaspillage alimentaire et Ă  diminuer les pertes de nourriture d'ici 2030, il s’agit du premier rapport prĂ©sentant l'indice de gaspillage alimentaire. Il donne un aperçu de l'ampleur du gaspillage alimentaire au niveau mondial et propose une mĂ©thodologie permettant aux pays de mesurer les niveaux de rĂ©fĂ©rence et de suivre les progrĂšs accomplis dans la rĂ©alisation de l'objectif du SDG. Le rapport estime que les dĂ©chets alimentaires provenant des mĂ©nages, des Ă©tablissements de vente au dĂ©tail et de l'industrie de la restauration totalisent 931 millions de tonnes chaque annĂ©e. Vous pouvez le tĂ©lĂ©charger ici.


Un entretien avec le ministre de l’Agriculture, Julien Denormandie, par la journaliste Emmanuelle Ducros sur le thĂšme “La France Ă  la reconquĂȘte de sa souverainetĂ© alimentaire”.


Un tweet qui date de fin février mais qui a fait beaucoup parler

Et des explications en plusieurs tweets Ă  la suite sur le prix auquel un Ă©leveur vend sa viande

Pendant ce temps Leo fait de la pub auprùs de ses followers pour une boüte dans laquelle il a investi



Business of Bouffe #36 | Cyril Lignac et Laurence Mentil – Groupe Cyril Lignac | L’histoire d’un duo iconique d’entrepreneurs avant-gardistes et heureux d’ĂȘtre libres, 07/03/2021

Eat’s Business #9 | Ecole d’Agriculture par Xavier Niel, restaurants ouverts en Italie et l’engouement pour le vrac alimentaire | avec la participation de CĂ©lia Rennesson, Directrice gĂ©nĂ©rale de RĂ©seau Vrac, 09/03/2021


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O. Frey